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elles se monlrentdès la première phase de segmentation du vitellus et continuent dès lors à se produire avec une complication croissante jusqu'à la fin du développement : aussi nous paraît-il difficile de séparer absolument les phénomènes morphologiques qu'on observe au cours de l'évolution d'un animal des phénomènes concomitants d'histogenèse et d'appropriation fonctionnelle. Sans doute ces trois ordres de faits sont loin de suivre toujours dans le développement une marche parallèle, et les rapports qu'ils affectent sont très-variables suivant les points considérés, mais c'est peut-être aller bien loin que de refuser, par exemple, aux trois feuillets du blastoderme, toute signification histologique ou physiologique (Gœtte, KôUiker), pour leur attribuer une valeur exclusivement morphologique.
Pour chaque catégorie de cellules, il vient un moment où la différenciation s arrête et où la reproduction, lorsqu'elle se poursuit, ne fournit plus que des cellules filles semblables à leur cellule mère. C'est à partir de ce moment que ces catégories d'éléments anatomiques méritent le nom à'espèces. Tous les faits connus tendent à démontrer que les espèces une fois établies conservent invariablement leurs caractères essentiels. Mais il faut bien remarquer que ces derniers ne sont pas accusés nettement dès le début; comme tout être vivant, lu cellule traverse après sa naissance une série de transformations et n'arrive que peu à peu à l'état adulte où elle présente des caractères distinctifs bien tranchés, permettant de la reconnaître en tant que musculaire, conjonctive, épitliéliale, adipeuse, etc. Les cellules jeunes, encore dépourvues de ces caractères, se ressemblent toutes plus ou moins (comme les jeunes embryons d'un même groupe zoologique, par exemple). Mais ce fait ne suffit point à justifier les vues hypothétiques constituant ce qu'on a appelé la théorie des cellules embryonnaires, cellules de granulation, cellules formatives, etc., vues qui jouissent encore d'une certaine vogue, surtout en anatomie pathologique. D'après cette théorie, la plupart des productions morbides seraient constituées au début par des cellules dites embryonnaires ou indifférentes, de provenance variable et souvent indéterminée, et capables d'évoluer ultérieurement, par suite d'influences extérieures également indéterminéees (action de contact, etc.), en ceUules conjonctives, osseuses, cartilagineuses, épithéliales, etc., suivant les cas. A'irchow, dont pourtant l'école a surtout contribué à propager cette doctrine, s'exprime on ne peut plus nettement à cet égard : « Je ne veux pas dire pour cela que ces cellules soient entièrement indifférentes, mais elles nous apparaissent telles ; elles ne présentent aucun caractère qui nous fasse reconnaître leur particularité; il en est comme des cellules de l'embryon, dont il nous faut bien admettre qu'elles renferment déjà, chacune en particulier, quelque chose qui motivera leur développement ultérieur, bien que cependant nous ne puissions rien en distinguer. » (Virchow, Traité des tumeurs.)
11 est possible qu'il y ait parmi ce que nous considérons comme espèces histologiques des catégories d'éléments non encore complètement différenciés, ou bien susceptibles de se modifier ultérieurement sous l'influence d'agents extérieurs. Ainsi formulée, la question revêt une forme scientifique et revient en somme, pour le second cas, à poser le problème du transformisme sur le terrain de l'tiistogénie. Quant à la théorie qui supprime d'un trait de plume toute influence héréditaire et qui fait en quelque sorte de la jeune cellule un projectile lancé au hasard que le moindre obstacle peut faire dévier de sa direction, elle repose sur une hypothèse que ne vient étayer aucune observation positive, et ne saurait résister à l'examen.
L'impulsion communiquée à l'ovule par l'acte de la fécondation ne se répartit
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pas également sur tous les éléments anatomiques issus du vitellus. Cliacun d'eux reçoit en naissant une certaine dose de puissance évolutive, dose qui n'est point la même pour tous, ni même pour tous les individus d'une même espèce. A mesure que les élémenls épuisent leur part de cette force d'impulsion initiale, ils disparaissent. Ils font place à d'autres soit de même espèce [renouvellement cellulaire), soit d'espèce différente, ces derniers pouvant être issus d'eux (différenciation) ou au contraire d'origine étrangère (phénomènes de substitution; de l'os au cartilage, par exemple). De là les inégalités dans la rapidité et l'étendue de la croissance des éléments, ainsi que dans leur durée, inégalités d'où résulte en dernier ressort l'ensemble des dispositions morphologiques que présente l'organisme aux diverses périodes de l'existence.
Non-seulement la force évolutive de chaque cellule lui est mesurée à l'avance au point de vue quantitatif, mais encore l'impulsion première lui est imprimée dans une direction déterminée : elle possède une somme donnée de ressources et elle doit la dépenser suivant un programme tracé.
Quant à la nature de ce quid ignotum dont parle Virchow, elle nous échappe entièrement dans son essence, et nous ne sommes guère plus avancés actuellement à cet égard que ne l'était Wolff avec sa vis essentialis. iNous ne pouvons que constater l'existence d'un plan général d'évolution et d'organisation qui préside au développement de chaque élément en particulier, et par suite à celui de tout l'être, lequel représente la résultante des évolutions individuelles des unités anatomiques dont il est formé. Les phénomènes d'épaississement, ■d'incurvation, de reploiement, etc., que nous révèle l'étude de l'embryogénie, sont dus simplement à l'action réciproque que les élémenls exercent les uns sur les autres dans l'accroissement général du corps, et c'est avec raison que Kôlliker s'élève contre le rôle prépondérant attribué par His à ces facteurs mécaniques agissant sur un disque embryonnaire doué d'une élasticité supposée.
En ce qui concerne spécialement le mécanisme d'après lequel se produisent les cellules, il semble que la division indirecte (karyokinèse) soit h-, mode le plus universellement répandu. Qu'il s'agisse du germe pris à la période embryogénique ou de l'organisme adulte, que l'on étudie la génération des cellules à l'état normal ou dans les productions pathologiques, les faits que l'on observe sont toujours de même ordre. D'ailleurs, pour peu que l'on envisage les choses à un point de vue général, il est facile de voir que les divisions répondant aux différentes périodes de l'existence sont purement artificielles {voij. ci-dessus, p. 652) ; l'organisme vivant est à l'état d'évolution incessante et, outre la rénovation moléculaire qui résulte du mouvement nutritif, on constate à toutes les époques des phénomènes de rénovation cellulaire parfaitement caractérisés. Sans parler des éléments caducs proprement dits (globules sanguins, épithéliums), il ■est infiniment probable que la plus grande partie des éléments constitutifs de nos tissus n'a qu'une existence transitoire. C'est du moins ce que tendent à démontrer de plus en plus les recherches contemporaines.
iSous ne pourrions pas refaire ici l'histoire détaillée du développement de tous les éléments anatomiques des tissus et des systèmes. Nous nous contenterons d'indiquer dans les tableaux qui suivent la descendance des trois feuillets du blastoderme et la destinée des cellules qui les constituent. Ces tableaux réunis représentent ainsi une sorte d'arbre généalogique, résumant la descendance des diverses espèces d'éléments anatomiques qui composent le corps humain. F- Tourneux et G. Herumann.
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