ÉPÉE
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Voy. Classiques, traités de médecine opératoire, de pathologie externe, de chirurgied'armée, etc. F. L.
ÉPAZOTii. Nom, au Mexique, du Chenopodium ambrosioides L. {voy. Chekopodium). Ed. Lef.
ÉPEAUTRE. Nom sous lequel on désif^ne commune'ment plusieurs espèces de Graminées du genre Triticum [voy. Blé).
Le grand Épeaulre ou Froment rouge est le Triticum spelta L., le petit Épeautre ou Blé locitlar, Engrain commun (Einkorn des Allemands), le Triticum monococcuniL., enfin ï Épeautre ou Blé amidonier, le Triticum dicoccum Schrank,
La culture des Epeautres, autrefois très-répandue, surtout dans les contrées pauvres, est aujourd'hui presque complètement abandonnée. Le Triticum spelta se rencontre encore dans le midi de l'Allemagne et la Suisse allemande, mais il tend de plus en plus à disparaître à mesure que se développent les nouvelles méthodes de culture. Le Triticum monococcum est un peu moins délaissé. On le sème surtout dans les régions montagneuses, en France, en Espagne et dans l'Europe orientale. Il s'accommode des sols les plus mauvais et les plus rocailleux. Il est peu productif, mais il donne des gruaux très-estimés. Quant au Triticum dicoccum, qui est le Triticum amylaceum de Seringe, on le cultive surtout en Suisse pour l'amidon que l'on retire de ses caryopses.
Ed. Lef.
ÉPÉE (Charles-Michel, abbé de l'). Nous ne saurions passer sous silence ce philanthrope. Tout le monde connaît ses droits à la reconnaissance de l'humanité entière. C'est à lui qu'est due la première idée de mettre les sourds-
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muets en relation avec le monde au milieu duquel ils vivent sans le comprendre et sans être compris de lui, c'est lui, en un mot, qui fonda l'art d'instruire ces deshérités de la nature.
L'abbé de l'Epée, né à Versailles le 25 novembre 1712, se destinait au sacerdoce, mais au moment de recevoir la tonsure il refusa de signer une formule de foi contraire à ses principes et tourna ses vues du côté du barreau. L'évêque de Troyes lui ayant offert un canonicat dans son diocèse, il accepta avec empressement et prêcha l'Evangile jusqu'au jour où ses opinions jansénites le hrent frapper d'interdiction. La vue de deux jeunes filles sourdes et muettes lui suggéra l'idée de rechercher un langage de gestes qui permit de les mettre en rapport avec les autres personnes. 11 fixa les éléments de ce langage qui depuis a été singulièrement perfectionné. Tout son patrimoine passa à soulager les sourds-muets indigents, et, ses revenus ne lui suffisant plus pour entretenir ses pauvres enfants adoptifs, il sollicita une dotation du gouvernement; les ministres firent des promesses, le roi Louis XVI donna une somme annuelle snr sa cassette, et ainsi l'établissement de l'abbé de l'Epée, qui fut rendu national par la Révolution, vivotait au jour le jour. Cet éminent philanthrope mourut à Paris, le 25 décembre 1789. On a de lui :
I. Relation de la maladie et de la f/uérisoii miraculeuse ope'rée sur Marie-Anne Pigalle. Paris, 1757, in-12. — II. Institution des sourds et muets, ou liecueil des exercices soutenus par les sourds et muets pendant les années 1771, 1772, 1775 et 1774, etc. Paris, 1774, in-12. — III. Institution des sourds et muets par la voie des signes me'thodiques. Paris, 1776, in-12. — IV. 1m véritable manière d' instruire les sourds et muets, confirme'e par une longue expérience. Paris, \l'6i, in-12 (c'est une nouvelle édition corrigée du précédent). — V. Dict. général des signes employés dans la langue des sourds-muets, resté inachevé, a été mené à bien par l'abbé Sicard (voy. l'Éloge historique de l'abbé de l'Épée, prononcé en 1819 par Bébian devant l'Académie des sciences qui le couronna, 1 vol. in-8°). L. Hn.
ÉPE1I16E (îTTEtpw, je fais un tissu). Genre d'Aranéides créé par Waickenaer et renfermant les plus grosses et les plus belles araignées de nos climats. A l'origine, le genre Épeire avait pour caractères principaux : huit yeux presque égaux entre eux, disposés sur deux lignes, les yeux intermédiaires figurant un quadrilatère, les latéraux écartés sur les côtés et rapprochés par paires. Lèvre large à sa base, arrondie ou ovoïde à son extrémité. Mâchoires larges, courtes, arrondies au sommet, étroites à leur insertion. Pattes allongées, la première paire plus longue, ensuite la seconde, la troisième paire plus courte que la quatrième (Waickenaer, Histoire nahtrelle des Insectes Aptères, t. II, p. 29. Roret, Paris, 1857). Tous les auteurs ont adopté le genre Epeira, mais il a été divisé et subdivisé en sous-genres peu caractérisés; Miranda Koch; Atea Koch; Eriophora E. Simon; Neoscona E. Simon; iVeopora E. Simon; Cyrptophora E. Simon, etc. Le genre Épeire, même réduit, renferme un grand nombre d'espèces d'une couleur jaune avec des taches brunes, rouges, noirâtres ou blanches. Toutes les Épeires sont sédentaires, construisent de grandes toiles très-régulières très-remarquables, auprès desquelles elles se retirent dans des abris soyeux ou simplement dans des feuilles réunies ensemble. Elles aiment aussi à rester sur leur toile servant de piège. Ce beau genre paraît répandu sur toute
la terre.
La toile fiibriquée par les Épeires se compose de rayons partant d'un centre et coupés de cercles concentriques, ceux-ci formés d'un seul fil enroulé sur le même plan, adhérent, parsemé de plusieurs petits globules arrondis de matière soyeuse. Cette toile est suspendue entre deux ou trois fils très-forts, prenant
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souvent attache à de grandes distances, surtout pour les espèces exotiques. Quand un insecte a touche' le piège d'une Épeire, celle-ci imprime à sa toile un petit mouvement brusque, s'assiirant ainsi de la présence et de la force d'une proie. Puis elle s'élance sur sa victime, colle un til sur le corps, puis la fait tourner avec vivacité jusqu'à ce que, enveloppée par les fils sortis constamment des filières, elle soit rendue incapable de se mouvoir. Pour cela, l'araignée emploie ses pattes antérieures et souvent celles de la quatrième paire ; celleà de la seconde et de la troisième paire lestent étendues et iixées comme point d'appui. Quand la proie est garrottée, l'Épeire coupe tous les lils qui la reliaient à sa toile et finalement elle la transporte suspendue à l'une de ses pattes postérieures, soit au centre de sa toile, soit dans la retraite, pour la sucer à son aise.
Le cocon est constitué par une bourre soyeuse, d'une couleur différente de celle de la toile, presque toujours sans enveloppe extérieure. Blackwall a observé l'Épeire construisant ce cocon; les œufs sont pondus, agglutinés en une niasse lenticulaire. Alors l'insecîe commence par appliquer ses filières pour y coller un fil, elle soulève ensuite l'abdomen, puis elle s'applique de nouveau sur les œufs, très-près du premier point, de manière à former ainsi une petite boucle soyeuse. A côté de cette [tremièrc boucle elle en place d'autres jusqu'à ce que les œufs en soient couverts entièrement ; le cocon est alors terminé. La disposition des fils s'oppose à ce qu'ils puissent être dévidés et utilisés comme ceux des Bombyx [voy. Bombyx, Paoxs de .nuit et Ver a soie). Les œufs des Épeires sont attaqués par des Ichneumonides surtout du genre Pimpla, mais les larves dévastatrices ne dévorent ordinairement qu'une partie des œufs (A. Laboulbène, ISoles sur les mœurs de la Pimpla oculatoria et sur les ravages quelle peut produire dans les nids d'Araignées, in Annales de la Société entamologique de France, 1871, p. 444).
Les différences sexuelles sont marquées. Le mâle est souvent d'un quart plus petit que la femelle. Ces petits mâles sont adultes les premiers; la durée de leur vie paraît courte et, après l'époque de la reproduction, ils disparaissent complètement; ils ne construisent pas de toiles et se tiennent près des endroits habités par les femelles. L'accouplement a lieu après de longues hésitations sur la toile de la femelle, qui tue fréquemment le mâle peu après, rarement les sexes se réunissent dans une retraite {voy. Araignées).
Parmi les espèces les plus remarquables du genreEpcire, je signalerai d'abord I'Epeira diademata Clerck, Araneus diadematus Cl. (1757) ; Aranea diademala Linn. ; Aranea cruciger De Géer; Aranea papalis Fourcroy; Epeira diadema Walckenaer. Cette grande et belle araignée, extrêmement commune à l'automne, mesure de 12 à 20 millimètres. Sa couleur est jaune, plus ou moins rougeàtre et même noirâtre; l'abdomen offre des taches blanches disposées en croix, d'oij le nom d'Araignée porte-croix, d'Araignée croix de Saint-Denis, que lui donnent les jardiniers. La femelle de cette Épeire est une des plus féroces, au moment de l'accouplement le mâle ne s'approche qu'avec crainte, parfois elle se jette sur lui et le dévore. L'Épeire diadème s'accouple en été, les œufs sont pondus en automne pendant le mois d'octobre; ils sont d'un beau jaune, enveloppés d'un cocon globuleux, d'un tissu serré, recouvert d'une bourre lâche et de couleur jaunâtre. L'Épeire les place sur le rebord des toits, des murs abrités, etc. Il n'y a pas de nid soyeux proprement dit relié à la toile, l'Araignée se tient à couvert sous des feuilles rapprochées et recourbées, maintenues par de simples fils. La toile placée dans les lieux éclairés, à travers les
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allées de jnrdin, dont les points d'attache sont parfois très-éloignés, peut avoir vingt-huit à trente ceiclcs concentriques. Eugène Simon a décrit les manœuvres de l'Epeire; Tirby, de Louvain, et Pavesi, ont confirmé ses observations.
Pour arriver à construire sa grande toile, soutenue au milieu de l'air par de longs fils disposés en triangle, l'Épeire diadème emploie : de grands fils suspenseurs destinés à tout soutenir, des rayons qui maintiennent les cercles el finalement les lils des cercles qui forment comme la trame de la toile (E. Simon, Histoire naturelle des Araignées, p. 205, fig. 121, 1864).
En prenant une Epeire jeune, moins craintive et moins farouche que l'adulte, Eugène Simon a vu ses manœuvres qui ont lieu le soir, temps où elle file de préférence. Placée en jjlein air, sur un point d'appui à proximité d'objets élevés, l'Épeire exécnle son curieux travail sans s'inquiéter d'être suivie de près. Elle se met bientôt à l'œ.uvre, explorant la surface de l'objet sur lequel on l'a placée, va, vient et s'arrête sur un endroit convenable, ordinairement disposé en saillie. L'Araignée lixe là un petit peloton de soie ; pendant ce travail elle se laisse glisser le long d'un fil, puis remonte, peut-être pour aider au dévidement. Le peloton fixé, l'Épeire reste tranquille, mais en l'examinant alors avec grande atlentiou on voit sortir des tilières un fil extrêmement lin, qui s'allonge et qui soulevé par l'air piend une position oblique, puis horizontale, en se dirigeant du côté opposé au vent. Ce fil est tellement délié qu'on le perd facilement de vue; cependant il s'allonge toujours jusqu'enfin son extrémité libre atteigne un des objets environnants et y prenne adhérence. L'Épeire constate cette attache, tend son fil, s'élance hardiment dessus, et c'est merveille de la voir franchir l'espace pour aller reconnaître le point d'attache du fil et pour l'amarrer solidement.
Une fois le premier fil tendu, l'Épeire s'occupe de trouver un troisième point d'appui pour y attacher le second des grands fils suspenseurs. Le lieu où elle se trouve, la disposition des objets environnants, influent sur la direction et la longueur de ce fil : aussi l'araignée ne le tend pas constamment de la même manière. Souvent l'Épeire revient sur son premier fil et, après on avoir fixé un nouveau sur lui jusqu'à la moitié de sa longueur, elle se laisse glisser pour arriver à pouvoir en attacher un autre perpendiculairement ;iu-dessous. D'autres fois, en revenant sur le premier fil, l'Épeire en dévide un autre, non adhérent et qu'elle va fixer à quelques décimètres plus bas, ou bien elle sait tendre un fil parallèle au premier, puis, revenant au milieu de ce fil doublé, elle appuie ses filières sur le nouveau tendu et alors, se jetant à terre, elle l'attire sans le briser et forme un triangleen abandonnant le premier fil. Pour donner au triangle la forme polygonale, l'Épeire coupe les angles par de petits fils obliques et le cadre limitant la toile se trouve tout préparé. Pour construire les rayons et les cercles concentriques de celte toile verticale, l'Épeire, placée sur le point le le plus élevé de son cadre polygonal, y colle un fil et se laisse choir en ligne droite sur le point le plus bas : l'intérieur du polygone est ainsi divisé en deux par un diamètre parfaitement vertical. L'araignée en apprécie la longueur, elle se rend à la moitié, y fixe un petit ilocon de soie blanche sur lequel doivent s'appuyer tous les rayons, et de ce point elle monte verticalement sur le fil déjà construit en dévidant un fil parallèle; arrivée en haut et sans lâcher le fil tenant aux filières, elle s'écarte de celui sur lequel elle est montée et va fixer le nouveau à la distance convenable. Ce dernier forme un rayon sur lequel elle redescend au centre pour remonter et en même temps en tendre un troisième;
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elle fait ainsi de la mêrne manière tout le tour de sa toile jusqu'à ce qu'elle arrive au premier rayon vertical. Parfois elle tend un rayon supérieur et un ravon inférieur alternativement.
Le petit flocon central est le point de départ de FÉpeire pour construire les cercles concentriques. Après avoir collé un fil sur le ilocon, elle tourne autour de lui et passe de rayon en rayon, appliquant ses filières sur chacun, et y attachant un fil avec ses pattes postérieures. En résumé, elle s'écarte de plus en plus du centre en décrivant des cercles jusqu'à ce qu'elle arrive au cadre extérieur, et forme de la sorte des séries très-régulières. Arrivée au point le plus éloigné, l'Épeire recommence de même, allant cette fois de la périphérie au centre, jusqu'à ce qu'elle ait rencontré le petit flocon central, où elle arrive à se reposer et sur lequel elle se tient aux aguets, sa toile teiminée, la tète en bas.
11 est bon de remarquer que la confection d'une trame si savamment compliquée dure une heure environ : aussi l'Epeire sait-elle la reconstruire de suite quand elle a été détruite par un accident. L'araignée a l'habitude, quand sa toile est brisée, d'en rassembler aussitôt les fils épars et d'en former un petit peloton qu'elle avale en s'aidant de ses pattes pour l'introduire entre ses mandibules. Ceci rappelle les chenilles dévorant après la mue la peau qu'elles \iennent de quitter. ,
L'Épeire diadème ne construit pas de coque ou de nid soyeux auprès de sa toile comme beaucoup d'autres Épeires ; elle rapproche et maintient seulement ensemble plusieurs feuilles qui lui forment une retraite et un abri. Un fil particulier plus fort que les autres va de sa retraite au flocon central. Si un insecte se pi'end au lilet tendu, l'Araignée descend sur le gros fil avec une rapidité extrême; elle attaque aussitôt une proie faible, une mouche, par exemple. Si la proie est plus forte, elle l'enroule en la couvrant de fils et la faisant tourner avec une surprenante adresse au moyen de ses pattes antérieures. On peut provoquer cette manoeuvre, et je l'ai fait bien des fois, en jetant une grosse mouche sur la toile de l'Épeire.
Les œufs au nombre non pas de cent, comme le dit Walckenaer, mais de sept à huit cents, ce qui explique le grand nombre d'individus de cette espèce, passent l'hiver et ils éclosent à la fin du printemps suivant; les petites Épeires restent près d'un mois en société; chacune d'elles file à sa manière et le tout forme un gros flocon fourmillant d'araignées. Les jeunes Epeires sont jaunes avec une tache noire sur la partie postérieure de l'abdomen; vers la fin de juin, les jeunes se dispersent et bientôt on voit apparaître leurs toiles innombrables, délicates et soulevées par le vent, entraînant quelquefois l'araignée qui voyage ainsi dans les airs. Ces fils d'Épeire, blanchis par la rosée, coulribuent a fournir les longs flocons appelés vulgairement : Fils de la Vierge [voy. Araignées).
L'Épeire diadème est commune en France et dans plusieurs parties de l'Europe, aussi bien dans les jardins, les vergers, que dans les bois et les montagnes, où on la trouve jusqu'à 2000 mètres de hauteur ; elle est plus petite et plus colorée dans les pays alpestres. Elle ne vit qu'une saison, la femelle meurt peu de temps après sa ponte.
L'Epeira marmorea Clerck [Araneus 1757), Aranea aurantio-maculata DeGéer, Aranea sccdaris Panzer-Wùlckenaer, est une des plus belles espèces du genre, très-grosse, d'un jaune citron ou blanche, rarement rougeàtre avec un parallélogramme noir à la partie postérieure de l'abdomen ; les pattes rouges à la base, annelées à l'extrémité. Sa toile, grande et régulière, est plus légère et
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plus lâche que celle de l'Épeire diadème. L'Épeire marbre'e ne construit pas de coque, mais rapproche des feuilles ou bien les roule en cornet. Elle se trouve dans les bois et les jardins, surtout au bord des étangs et des mares, au mois d'aoiit et de septembre, en France, en Belgique, etc.
L'Ei>EiR\ QUADRATA Glcrck [Armieus 1757), Aranea macidata De Géer, est encore une belle espèce, grande, avec l'abdomen ovale, court, jaune clair, ou jaune orangé, et de petites taches blanches bordées de noir disposées en carré. Elle varie pour la taille et la couleur : les individus grands sont de couleur claire et des pays de plaines, les variétés petites et foncées dominent dans les montagnes. L'Épeire quadrille est commune à la fin de l'été et en automne, sur les hautes berbes, surtout dans les prés humides. La toile est assez grande, à mailles larges; au centre les cercles sont remplacés par des fils irrégulièrement croisés. A côté de la toile est une coque, presque sphérique, ouverte en dessous et d'un lissu blanc, peu serré. En octobre, la femelle de l'Épeire quadrille attache à la tige d'une plante un gros cocon subglobuleux, formé d'une bourre peu serrée d'un jaune vif et contenant de 900 à un millier d'oeufs de couleur jaune.
L'Epeiha cucurbitina Clerck {Araneus 1757), Aranea oclopiinclata Linné (1767), Araiiea viridipunctaîa De Géer (1775), Miranda cucurbitina Koch (1859), est beaucoup plus petite et moins commune que les précédentes. Elle est facile à reconnaître à sa belle couleur jaune ou verdàtre uniforme, à de petits points noirs très-visibles sur le dos de l'abdomen, et à une tache rouge superanale. Elle se trouve au printemps principalement dans les jardins et les bois §ur les feuilles des arbres, ainsi que sur les buissons et les taillis peu élevées. La toile est orbiculaire, petite, très-régulière et horizontale. L'araignée se tient au centre. L'accouplement a lieu en mai et juin; peu après, la femelle attache à une tige ou une feuille voisine de sa demeure un cocon d'un beau jaune contenant de 150 à 160 œufs également jaunes.
L'ErEiRA coRNUTA Clerck (1757), Aranea apoclysa Walckeuaer (1802), Epeira arundinacea Koch (1855), est une espèce très-intéressante. Un peu plus petite que l'Épeire diadème, elle a des couleurs vives, son abdomen blanc ou jaune est taché de brun ou de noir foncé. Elle est commune, depuis le printemjis jusqu'à la fin de l'automne, dans les prairies humides; elle fixe sa toile, qui est grande, sur les plantes élevées qui existent au bord des cours d'eau ou des marais. A proximité de la toile est une cellule ou retraite, d'un tissu blanc et serré, où pendant l'été elle s'enferme avec le mâle; celui-ci cohabite avec elle en toute siireté, car elle n'a rien de la férocité de l'Epeire diadème. Peu après elle y pond ses œufs, qui forment plusieurs cocons de soie jaune et qui contiennent chacun environ 220 œufs d'un brun paie et fortement agglutinés. La femelle vit plusieurs années, passant l'hiver dans une cellule, dont le tissu est renforcé par des débris de feuilles sèches.
A côté des Épeires proprement dites viennent les Argiopes ou Ar(j7jopes de Savigny {ap^ypoii, argent, o'-ô;, aspect) appelés aussi par Koch Néphiles (véw, filer ; yiXÉw, j'aime), qui comprennent des araignées à corps plus allongé, à pattes plus grêles, et qui étaient les Épeires allongées de Walckenaer. La seule espèce d'Europe, Argiope BrueniMchi Scop'oli [Araiiea 1772); Aranea zébra Snhcr (1776); Epeira fasciata Walckenaer; Nephila fasciala Koch, est une des plus grandes et des plus belles araiguées de France; elle est commune dans le Midi, je l'ai prise à Thomery près de Fontainebleau. La couleur de l'ab-
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domen est d'un beau jaune avec de petites lignes transversales, noires et blanches.
La toile de la Népliile fasciée ou de Bruenuich est très-grande, régulière ; mais, au milieu des rayons droits soutenant les cercles concentriques, il en est d'irrégullers et à lignes brisées. Il n'y a pas de retraite soyeuse à côté de la toile. Le mille est trois fois plus petit que la femelle et souvent il est de'voré par elle après l'accouplement; le cocon des œufs est très-remarquable, en forme de ballon ovoïde, piriforme, tronqué en baiit et fermé par un opercule; le tissu extérieur est fort épais, fauve, veiné de noir (E. Simon, Les Arachnides de France, t. l''^ Epeiridœ, p. 51-55, 1874).
Plusieurs Argyopes exotiques sont très-belles pour la coloration. L'A. chrijogastre des Indes Orientales a 10 centimètres de long, avec le dos marqué de bandes noires et le ventre uniformément doré. L'i. géniculée de la Martinique, presque aussi grande, est brune avec l'abdomen recouvert d'un duvet argenté qui forme des bandes blanches.
Le genre Gasteracanthe établi par Latreille (■j'aar-/io, ventre ; a/.avOa, épine) est voisin des Épeires et renferme les araignées les plus singulières que l'on connaisse ; elles ont la peau de l'abdomen durcie et solide. Cet abdomen, plus large que long, présente de quatre à six épines dirigées soit latéralement, soit obliquement, et même disposées en longues pointes recourbées en dedans (E. Simon, Histoire naturelle des Araignées, p. 284-290, fig. 127 à 155, I8G4 \voy. Araignées, Lycoses, Taheintules, Tégénaires]). A. Laboulbène.
KPEXDïME. On désigne sous ce nom la membrane qui tapisse le canal centi'al de la moelle et des ventricules cérébraux {voy. Moelle et Ventriccles).