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PASTILLES

Grammes.

Sucre 120

Émétine pure 0,40

F. s. a., tablettes de 4e'.50,

20 ÉMÉTIQUE (chimie).

Les substances chimiquement incompatibles dans les formules sont les agents tanniques, et particulièrement le tannin et la noix de galle, qui forment avec l'émétine des combinaisons insolubles, c'est-à-dire inertes.

Ernest Labbée.

Bibliographie. — Pelletier et Magendie. Becherclies chimiques et physiologiques sur l'ipécacuanha. In Journ. universel des sciences médicales, t. IV, et Jourii. de pharmacie, t. III, 1817. — Richard et Barruel. Histoire naturelle et médicale des ipécacuanhas. Paris, 1820.

— Klissmasn. De emetinâ. Thèse de Berlin, 1825, in-S". — Perey. Thèse inaugurale. Paris, 1854. — Pécholier. Recherches sur l action physiologique de l'ipécacuanha. In Montpellier médical, 1862. — D'Ornellas. De Vaction physiol. de Vémétine. Contribution à l'étude thérapeutique de l'ipécacuanha. In Mémoires de la Société de thérapeutique, 1874. ~ GnouppE. Progrès médical, 1874. — Polichronie. Étude expérimentale sur l'action thérapeutique et physiologique de l'ipécacuanha et de son alcaloïde. Thèse de Paris, n" 411, 1874.

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ÉMÉTIQUE. g I. Cbiniie. Émétiques OU Tartrates d'a.ntimoine. On admet que ces sels renferment le groupe antimonyle (Sb-0'), résidu monoatomique remplaçant un équivalent d'hydrogène. Sous l'influence de la chaleur, ils perdent une molécule d'eau et se transforment en sels basiques.

Il existe un grand nombre de tartrates doublés d'antimonyle et de métaux monoalomiques ou diatomiques auxquels on a donné le nom générique d'e'meiiques, parce que l'émétique ordinaire ou tartrate d'antimonyle et de potassium est le plus anciennement connu.

Le nom d'émétique a aussi été appliqué aux tartrates doubles fournis par les éléments voisins de l'antimoine, comme l'arsenic, le bismuth, le bore, l'urane. Dans tous ces composés, on peut admettre l'existence d'un radical hypothétique {WO^) substitué à un équivalent d'hydrogène.

Tartrate neutre d'antimonyle. G*H*(Sb''0^)^O^MI-0^ Se prépare en dissolvant l'anyde d'antimoine dans l'acide tartj-ique et en précipitant la solution par l'alcool.

Poudre blanche, grenue, perdant à 100 degrés son eau de cristallisation; vers 180 degrés, elle perd encore une molécule d'eau et se convertit en tortrate basique d'antimoine.

Le tartrate acide, C*fP(Sb-0^jO'^ s'obtient en précipitant par l'alcool une solution concentrée du sel suivant. Il ne perd de l'eau qu'à la température de 210 degrés (Soubeiran et Capitaine).

Le tartre suracide résulte de l'union du tartrate acide avec une molécule d'acide tartrique. Il est sous forme d'un sirop qui laisse déposer à la lono^ue de grands cristaux transparents, orthorhombiques. 11 est très-soluble dans l'eau et tombe en déliquium à l'air humide (Péligot).

Tartrate D'A^TIMONYLE et d'ammoniu.m.

( Équivalent. G«ir'(AzH\Sb20^)0*2-{-Aq.

Formules : ^ ^^^^^ C'^H*0«(SbO)AzH^Aq. ^^^''^ gélatineuse, qui

se transforme peu à peu en cristaux octaédriques, que l'on obtient en dissolvant à une douce chaleur de l'oxyde d'antimoine dans une solution aqueuse de bitartrate d'ammoniaque. On connaît un grand nombre de composés analogues : les tartrates d'antimonyle et d'argent, de baryum, de calcium, de cadmium, de glucinium, etc.

ÊMÉTIQUE (pharmacologie). 21

Tartrate d'antimonyle et de potassium.

i Équivalent. C«ll^{Sb^O^K)0'MPO^ ^ . ^, ,^.

^«'■^"^^^ ■• ( Allome. C.*H^Oe(SbO)K,H^O. Synonymie. hmeUque ordi-

naire. Tartre stibié. Tartrate antimonio-potasûque. Ce sel a été découvert en 1651 par Adrien de Mynsicht; sa préparation régulière, au moyen de la crème de tartre et des fleurs argentines d'antimoine, est due à Glauber (1648).

Oxyde d'antimoine préparé par voie humide. ... 75 grammes.

Crème de tartre 100 —

Eau dinillée '00 —

On ajoute à l'oxyde et au hitartrate une quantité suffisante d'eau bouillante pour former une pâte demi-liquide que l'on abandonne à elle-même pendant vingt-quatre heures; on ajoute ensuite le reste de l'eau et on fait bouillir jusqu'à dissolution complète, en ayant soin de remplacer l'eau au fur et à mesure qu'elle s'évapore. On filtre et on concentre jusqu'à 1,21 au densimètre ; par le refroidissement, l'émétique cristallise.

L'émétique est un sel incolore, qui cristallise dans le système orthorhombique. Il est soluble dans 14,5 parties d'eau froide et dans 1,9 parties seulement d'eau bouillante; son soluté aqueux, qui précipite par l'alcool, rougit le tournesol, possède une saveur métallique désagréable.

11 perd son eau de cristallisation à 100 degrés; à air libre, ses cristaux deviennent opaques, par suite d'une déshydratation partielle; vers 'JOO degrés, il perd une nouvelle molécule d'eau et se transforme en tartrate basique d" antimoine et de potassium.

Les alcalis, potasse, soude, chaux, ammoniaque, ainsi que les carbonates alcalins, déterminent dans sa solution un précipité floconneux d'oxyde d'antimoine, devenant cristallin avec le temps, mais la potasse et la soude en excès redissolvent le précipité, qui est d'ailleurs soluble dans la potasse.

Les acides chlorhydrique, nitrique et sulfurique donnent un précipité blanc de sous-sel d'antimoine, soluble dans un excès de réactif; l'acide tartrique lui-même précipite de la crème de tartre. Certains métaux, notamment le fer, le zinc, l'étain, précipitent de l'antimoine métallique. Avec le sublimé on obtient du calomel ; avec l'hydrogène sulfuré, un dépôt jaune orangé de sulfure d'antimoine; avec les sels de calcium, de baryum, de strontium, de plomb, d'argent, etc., des précipités blancs d'émétiques correspondants, qui se forment par double décomposition.

Au rouge blanc, l'émétique est détruit, avec formation d'un alliage d'antimoine et de potassium, mêlé de charbon, mélange pyrophorique et explosif, qui devient incandescent au contact d'une petite quantité d'eau.

§ IL Pharmacologie. L'émétique est un sel toxique, qui produit à faibles doses des nausées, de l'horripilation, de la salivation; à la dose de 5 centigrammes, ces phénomènes s'exagèrent et sont bientôt suivis de vomissements, puis de selles diarrhéiques. A la dose dé 25 à 50 centigrammes et au delà, il détermine des désordres fonctionnels, qui ont été décrits sous le nom de choléra stibié; enfin, à doses massives ou en solution concentrée, il provoque une vive irritation qui peut se traduire par des ulcérations plus ou moins profondes du tube digestif.

A l'extérieur, soit en poudre, soit en solution concentrée, il détermine sur

22 ÉMÉTIQUE (emploi médical).

la peau un travail phlegmasique, avec persistance de la couche épidermique.

Après son absorption, surtout par la muqueuse gastro-intestinale, on le retrouve dans le sang (Taylor), dans les principaux viscères de l'économie (Orfila), puis, au bout de quelques heures, dans la bile (Lewald), dans le lait, dans l'urine et dans la sueur (Hepp).

A doses élevées et longtemps continuées, c'est un poison irritant, corrosif, hyposthénisant, et les cas mortels peuvent survenir à la suite de cette médication.

Le tartre stibié est administré à l'intérieur comme vomitif controstimulant (Rasori). On le donne en poudre, en pilules, en solution aqueuse étendue, dans une potion ou du vin de Malaga.

L'agent le plus propre à combattre son action toxique est le tannin de la noix de galle, celui du quinquina, du café, du thé, ne pouvant la neutraliser qu'incomplètement.

Voici quelques-unes de ses formes pharmaceutiques :

EAD BÉKITE DE LA CHARITÉ

Tartre stibié 50 centigramme?.

Eau 230 grammes.

LIMONADE STIBIÉE

Tartre stibié 5 centigrammes.

Limonade tartrique 1000 grammes.

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