‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.34Chapitre 9 sur 62 · xymèl scillitique · texte numérisé non relu

xymèl scillitique

Infusion de polygala loO

A prendre par cuillerées dans le croup, pour faciliter l'expulsion des fausses . membranes.

Grammes,

Émétique 0,30

Infusion de tilleul orangé 150

Sirop diacode 30

Par cuillerées; contro-stimulante, dans la pneumonie (Louis). Bien d'autres formules de potions expectorantes, sudorifiqiies , hydragogues, pectorales, etc., ont été donnée^, sans grand profit pour le praticien.

VIX ANTINONIÉ

Émétique 2 grammes.

Vin de Malaga 600 —

50 grammes de ce vin renferment 10 centigrammes de principe actif.

Enfin l'émétique entre dans la composition d'eauv laxatives : eaux émétisées, médecine de Napoléon; de tablettes vomitives ou expectorantes; à' électuaires fébrifuges, etc., dont on trouve d'innombrables formules dans les anciennes pharmacopées.

Lémélique entre encore dans la composition 'des grains de santé de Franck, du Bolus ad quartanam, toujours usités.

Injection intra-veineuse. Il n'y a dans la science que de rares cas d'injection veineuse du tartre stihié chez l'homme. Bien qu'on obtienne ainsi un effet vomitif très-rapide et puissant, supérieur (Magendie, Dupuy) à celui de l'ingestion stomacale, je ne conseille à personne cette voie d'introduction du médicament.

Incompatibles. L'émétique est précipité par tous les alcalis minéraux, certains acides, le tannin et les décoctions astringentes.

Il est dénaturé (Mérat et de Lens) par la limonade, le petit-lait, la décoction de tamarin, sans perdre cependant de son action.

Les opiacés, les stimulants diffusibles, l'alcool, l'éther, seront employés après les tanniques dans un cas d'empoisonnement par l'émétique dès qu'on aura assuré l'évacuation du poison. Er>est Labbée.

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Il a été prouvé que tantôt les émétiques impressionnaient l'estomac, tantôt agissaient sur le centre vomitif directement, et qu'enfin quelques-uns jouissent des deux modes d'action, c'est-à-dire qu'ils influencent également bien le re'servoir alimentaire et le centre nerveux. C'est ainsi que l'ipéca et son principe, l'émétine (l'Oi/. ce mot), sont des émétiques par impression gastrique; que l'apomorphine agit sur le centre vomitif, tandis que le tartre stibié a des effets mixtes : c'est-à-dire affecte l'estomac et le centre nerveux. Voilà donc trois types bien tranchés de vomitifs dont on pouria certainement rapprocher les iiutres émétiques.

Malheureusement la science n'est pas encore en mesure de désigner d'après des données expérimentales les agents propres à chacun des trois groupes.

Je n'ai pas l'intention d'énumérer ici et à plus forte raison d'étudier les nombreux vomitifs que la médecine pratique peut utiliser, je me bornerai à signaler les principaux d'entre eux.

Le règne végétal nous fournit, outre Vipécacuanha {yoij. ce mot), d'usage si constant aujourd'lmi, divers médicaments d'une très-grande énergie, jadis trèsemployés, mais actuellement délaissés, peut-être à cause de leur action trop violente. Ce sont : I'Hellébore, si vantée par la médecine antique; les Veratrum et leur alcaloïde principal la vératrine : Veratrum album, V. viride, V. sabatilla, V. lobelianum, etc. ; les Euphorbes, dont presque toutes les racines ont des vertus émétiques, principalement celles des Euphorbia lathyris, E. cijparissias, E. gerardiana et E. sijlvaiica., d'aprèslebeau travail de Loiseleur-Deslongchamps ; le Colchique et la colchicine; la Digitale et la digitaline; la Scille, le Cyclamen, la Gratiole, etc. A la suite de ces agents violents, je placerai la série des Fauxipécas, où l'on fait entrer les végétaux suivants, réellement pourvus d'effets

55 EMSU.

vomitifs, mais d'une valeur thérapeutique infe'rieure à celle de l'ipe'cacuanlia : Euphorbia ipecaciianha (Euphorbiacées), C//na«c/m??i ipecacuanha{Ksclépïadées), lonidion ipecaciianha^ parviflorum, hrevicaule (Violariées), lonidion itouha, dont on utilise les racines. J'en rapprocherai l'Asclépiade blanche, Asclepias vincetoxicum, les Polygala : vulgaris, glandulosa, senega, plutôt employés comme expectorants ou incisifs que pour provoquer le vomissement Toutefois le dernier ou Polygala de Virginie est certainement actif et son principe, l'acide polygalique, est d'une puissance dangereuse. La racine de violette doit être signalée également; elle contient un principe actif, la violine, tout à fait comparable à j'émétine; c'est assez dire sa valeur. Enfin je citerai encore deux médicaments vomitifs dignes d'intérêt, mais malheureusement presque ignorés de notre génération ; ce sont : VAsarum eiiropœum et le narcisse des prés, Narcissus pseudo-narcissus {voy. Asaret et Narcisse). Suivant Gazin, la poudre de racine d'asarum agit à la même dose que celle d'ipécacuanha.

Quant au narcisse, son bulbe et ses lleurs sont surtout actifs : le premier à la dose de 1 à 2 grammes en nature (Loiseleur-Deslongchamps), les fleurs à celle de 2 à 4 grammes en infusion (Armetet Wallecamp [de Valenciennes], Guersant, Blache).

Les émétiques minéraux sont également très-nombreux. Rabuteau a établi la proposition suivante : les selssolubles des métaux dont le poids atomique est égal ou supérieur à celui du zinc provoquent le vomissement. On conçoit facilement, d'après cela, à quel chiffre élevé on arriverait, si on voulait en faire la numération.

Toutefois les praticiens n'emploient guère que quatre à cinq émétiques minéraux : le sulfate de cuivre, le sulfate de zinc, le tartrate d antimoine et dépotasse, etc.

Hannon a proposé de faire inhaler Yhydrogène antimonié, qu'il considère comme doué de tous les avantages des préparations stibiées. Eu dehors de la question de dosage toujours si difficile pendant l'inhalation des médicaments gazeux, nous avons encore à objecter à cette proposition la difficulté de préparation de ce gaz.

Propriétés générales des émétiques. Au point de vue physiologique, ils se caractérisent par leur action spéciale sur les voies digestives et les centres nerveux, d'où résultent le vomissement d'abord et secondairement la purgation. Il est bien rare, en effet, que celle-ci fasse défaut quand la dose est convenable, et je n'ai guère à signaler que l'apomorphine comme émétique dépourvu d'action cathartique parmi nos nombreux vomitifs : ce sont au fond des éméto-cathartiques et nous n'arrivons à scinder leur action que grâce à des dosa^-es appropriés.

Harnack a signalé une autre propriété commune à ces médicaments; tous aussi sont des poisons delà fibre musculaire qu'ils affaiblissent ou paralysent.

La résolution musculaire bien connue qui suit le vomissement aurait peutêtre là son explication. Cette opinion est sans doute trop absolue. Nos grands vomitifs agissent vraisemblablement sur la moelle épinière et paralysent plus ou moins son pouvoir excito-moteur {voy. Cathartiques, Émétine et Purgatifs).

Ernest Labbée.

ÉMEU. Les Émeus {Dromaius V.) sont des oiseaux de grande taille qui appartiennent à l'ordre des Coureurs ou Struthioniens {voy. ce mot) et qui

ÉMEU. 57

habitent exclusivement l'Australie. Ils ont été souvent confondus avec les Casoars {voy. ce mot), mais ils s'en distinguent facilement par la tête dépourvue de toute protubérance et par leur corps revêtu chez l'adulte d'un plumage terne, d'un brun grisâtre ou noirâtre, plus ou moins tacheté de noir et, chez les jeunes, d'une livrée blanchâtre ou jaunâtre, rayée de brun ou de noir. Les individus des deux sexes portent le même costume et ne diffèrent que légèrement sous le rapport de la taille.

Les formes des Émeus sont plus lourdes et plus ramassées que celles des Autruches; leur tête, relativement plus grosse, est portée sur un col court; leur bec plus comprimé latéralement offre des sillons plus marqués le long de l'arête dorsale ; leurs jambes sont emplumées jusque dans le voisinage immédiat des tarses, qui se font remarquer par leur épaisseur et qui sont garnis de larges écailles; leurs doigts sont toujours au nombre de trois ornés d'ongles puissants; leurs ailes, presque atrophiées, se réduisent à un rudiment de moins sur lequel s'implantent des plumes entièrement semblables aux autres, et leur corps ne présente en arrière aucun vestige de queue.

Les plumes elles-mêmes ne resemblent pas à celles des autres oiseaux : elles sont réunies deux par deux sur une même tige, au moins à l'âge adulte, et chacune de leurs barbes, conservant sou individualité, affecte la forme d'un poil allongé. Enfin, chez les individus des deux sexes parvenus à leur développement complet, il existe, sur le devant du cou, une poche plus ou moins vaste, qui communique avec la trachée par une fente longitudinale résultant de l'interruption de neuf ou dix anneaux trachéens. Cette poche, véritable sac anévrysmal, ne se retrouve chez aucune autre espèce d'oiseau, mais peut être comparée à la dilatation qui existe normalement chez certains Sauriens, tels que les Caméléons, dans la région postérieure du larynx. Elle a été considérée par certains auteurs comme une vessie natatoire, mais, quoique les Émeus nagent facilement, elle ne paraît pas jouer un rôle important dans la locomotion aquatique. 11 est plus notable qu'elle constitue un simple organe de renforcement des sens et qu'elle contribue à donner à la voix des Émeus un accent guttural.

Son maximum d'expansion correspond du reste à la saison du rut, époque à laquelle ces trois Struthioniens font entendre des sons de ventriloque.

Les femelles de ces Struthioniens pondent une douzaine d'oeufs, dont elles abandonnent l'incubation à leurs époux. Ce sont les mâles aussi qui s'occupent de l'éducation des jeunes. Ceux-ci sont très-robustes et supportent assez facilement les rigueurs de notre climat : aussi les Émeus ne sont-ils pas rares dans les jardins zoologiques de l'Europe.

En Australie, les Émeus sont activement chassés par les aborigènes et parles colons anglais. La chair de ces oiseaux, surtout lorsqu'ils sont jeunes, est saine et agréable, quoique un peu douceâtre au goût, et la graisse fondue passe pour un excellent remède contre la goutte et d'autres maladies.

Trois espèces ont été signaléees successivement dans le genre Émeu ou Dromaius. La première, Dromaivs Novœ HoUandise Lath., habite l'est du continent australien ; la seconde, D. irrorains Bartl , qui se distingue par un plumage finement moucheté, vit dans le sud et dans l'ouest, et la troisième, D. ater V., qui était de petite taille et portait une livrée foncée, se trouvait cantonnée dans l'île des Kanguroos ou île Uecrès, où elle a été complètement anéantie dans les premières années de notre siècle. E. Oostalet.

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58 EMISSOLE.

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É9IIDES. Voy. Émydes.

EMILIAXI (LuiGi). Médecin italien de la première moitié du siècle actuel, professeur de clinique médicale et de médecine pratique à l'Université de Modène, membre de plusieurs sociétés savantes, était un partisan fervent du brownisme, puis du rasorisme. Plusieui's de ses ouvrages traitent de Vinflammation (Modène, 1824, in-8 ; ibid., 1826, in-8 ; ibid., 1855, gr. in-8°). Celui qu'il consacra à ï Analyse des propositions fondamentales de la théorie de Brown parut à Bologne, 1801, in-8"; celui où il examine la théorie du controstimulisme {Memoria intorno al tema proposta délia Società Italiana délie Scienze, col suo programma del 22 Luglio] 1824) fut couronné par la Société italienne des sciences. B'Iorence, 1824 (extr. dans Ach. gén. de méd., t. V,^ p. 565, 1824). On cite encore d'Emiliani :

I. Stoi-ia particolare di un caso di rabbia. Reggio, 1835, in-8°. — II. E egli il choiera d'oggi giorno veramente cantagioso ? Bologna, 1856, in-8''. L. Hn.

EMILIATUO (Giovanni). Médecin et naturaliste du seizième siècle. On cite de lui un ouvrage d'histoire naturelle, dont le titre est souvent donné d'une manière inexacte. Cet ouvrage est plus hypothétique que pratique : c'est l'Historia naturalis de ruminantibus et ruminatione. Venise, 1584, in-4°. A. D.

ÉMtiSSOLE. Les Mustéliens sont des Squales {voy. ce mot) qui ont des dents semblables à celles des Raies {voy. ce mot), c'est-à-dire petites, plates, disposées en pavé; l'anale est distincte; il existe deux dorsales, la première de ces nageoires se trouvant insérée entre les pectorales et les ventrales; la membrane nictitante est visible, ainsi que les évents.

Cette famille des Mustéliens ne comprend que le genre Émissole avec deux espèces, l'Emissole vulgaire {Mustelus vulgaris Mûll. Henl.) et l'Émissole lisse [Mustelus lœvis Blainv.). Le caractère distinctif entre ces deux espèces qui se trouvent sur les côtes de France, au Brésil, au Cap, en Polynésie, est tiré de la dentition : chez l'Émissole vulgaire les dents postérieures ne sont pas dentelées au bord externe, tandis que l'on voit une dentelure aux dents de l'Emissole lisse qui, en plus, a les nageoires pectorales plus courtes.

Ces deux espèces, reconnues par Aristote, ont un mode de reproduction complètement différent. Chez l'Émissole lisse, le petit contracte des adhérences intimes avec la mère, au moyen d'un véritable placenta formé par la vascularisalion de la vésicule ombilicale; chez l'Émissole vulgaire les fœtus sont privés de placenta, mais ils ont la bin^sa entiana, c'est-à-dire un diverticulum de duodénum ou A'ésicule ombilicale interne bien développée; les fœtus sont plus nombreux chez cette espèce que chez l'Émissole lisse. H.-E. Sauvage.

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EM-MÉiNAGOGUES. o9

EMiliÉX.4.eoeL^ES (de '£u.7.r,vaY'J7Ô5, de s'au/iva, menstrues, et de aystv, pousser). On donne ce nom aux médicaments qui ont la propriété de provoquer ou de favoriser l'apparition des règles. Trousseau et Pidoux classent ces médicaments parmi les excitants; pour eux, tous les excitants généraux peuvent être des emménagogues, puisque le système utérin n'échappe pas à la stimulation que ces agents produisent dans tous les appareils organiques.

Fonssagrives, avec plus de raison, place les emménagogues parmi les stimulants des appétits physiques et dans le groupe des modificateurs de l'ovulation et il les décrit sous le nom fort heureux de stimulants ovariques.

On a divisé les emménagogues en deux grands groupes : les emménagogues directs, c'est-à-dire ceux qui ont une action immédiate sur l'utérus et ses annexes, et les emménagogues indirects. Mérat et de Lens ajoutent même un troisième groupe à cette classification, celui des emménagogues accessoires, groupe qui serait plutôt constitué par certains moyens hygiéniques, comme la marche, le saut, la danse, etc.

On a beaucoup discuté sur les emménagogues directs, les uns, comme Mérat et de Lens, affirmant que certains médicaments ont une action immédiate sur l'utérus et les annexes, les autres leur déniant cette action. Aujourd'hui la plupart des thérapeutes se rangent à cette dernière opinion et nient à la rue, à la Sabine, au safran, à l'asa fœtida, toute propriété emménagogue directe. En effet, l'étude de l'action physiologique de ces substances ne signale aucun foit positif pouvant permettre d'affirmer que ces médicaments congestionnent l'utérus et favorisent l'ovulation, et tout le monde paraît d'accord pour reconnaître à l'emploi de ces substances plus de dangers que d'avantages.

D'ailleurs l'aménorrhée {voij. ce mot) a des causes tellement multiples que l'on comprend facilement qu'il ne puisse pas exister de médicaments emménagogues, mais seulement des médications emménagogues, c'est-à-dire un ensemble d'agents thérapeutiques variant suivant les états que l'on veut combattre et qui constitue Je groupe des emménagogues indirects.

Quelle que soit la vertu ou la puissance que l'on suppose à ces emménagogues indirects, ils ne peuvent agir qu'au moment présumé de l'époque des règles, là où les médications emménagogues sont donc des médications intermittentes qu'on ne peut employer qu'au moment de l'apparition des règles et que l'on doit cesser lorsque cette époque est passée.

Les agents de ces médications emménagogues sont très-complexes : les uns, comme l'aloès, s'adressent aux propriétés congestives de ce médicament, pour les organes placés dans le petit bassin et en particulier pour le rectum ; on se fonde, pour admettre l'action emménagogue de ces substances, sur les relations si intimes qui unissent la circulation rectale à celle de l'utérus et de l'ovaire. Les autres s'adressent à des stimulants directs.de l'utérus, comme les injections irritantes et particulièrement l'électricité, qui a été surtout vantée par Duchenne et par Tripier.

Tripier, qui considère ce moyen comme le plus actif des emménagogues, préfère la faradisation directe et immédiate de l'utérus, c'est-à-dire celle obtenue par l'introduction d'un réophore dans l'utérus. Ce procédé est incontestablement plus efficace que la faradisation médiate dirigée du sacrum au pubis dont il faut se contenter chez les jeunes filles; Tapplication du courant doit durer de cinq à dix minutes.

Comme l'aménorrhée est un symptôme habituel de la chlorose, il est facile

40 EMMEREZ (Les).

de comprendre l'importance capitale de la médication tonique et ferrugineuse employée comme emménagogue. En effet, toute médication reconstituante qui permet de restituer au sang ses propriétés vivifiantes peut être considérée comme appartenant au groupe des emménagogues indirects.

Pour rétablir le flux menstruel ainsi interrompu, ou pour s'opposer aux déviations sanguines qui peuvent en être la conséquence, on a aussi conseillé comme emménagogues des moyens artificiels pour provoquer un écoulement sanguin vers les parties génitales, et les uns ont proposé d'appliquer des sangsues aux parties génitales, les autres plus hardis ont fait porter les émissions sanguines sur l'utérus lui-même, soit par des scarifications, soit par des sangsues.

Comme l'aménorrhée tient quelquefois, comme l'a montré Raciborski, à des influences morales, désir ou crainte d'une grossesse, on peut ranger aussi dans le groupe des emmémigogues indirects les impressions morales qui dissipent cette crainte ou ce désir de la grossesse.

Enlin, les moyens hygiéniques que Mérat et de Lens classaient parmi les emménagogues accessoires ayant une influence considérable sur l'ovulation, on comprend limportance capitale qu'ils occupent dans les médications emménagogues lorsqu'ils sont employés méthodiquement. Dljap.di.\-Beaometz.

Bibliographie. — Junker. Diss. de emmenagogis eorumque operandi modo et usu. In Resp. c. s. Brunsclunlz, Halro, 1647, in-4°. — Fibbas (J.-B.)- Diss. de medicameutis emmenagogis. Yiennse Austi'iœ, 1789, in-4°. — Mérat et de Less. Dict. de mat. méd., vol. III, art. Emménagogde. — TnocssEAu et Pjdoux. Traite' de thérapeutique, vol. II, p. 914. — Fo.xssagrives. Thérapeutique appliquée, vol. I, p. 275. — Barbier. Dict. des se. méd., vol. XI, p. 548, art. Ewménagogue. — >"oTH.\AGEL ct RossEACH. Traité de matière médicale, trad. Bouchard, p. 507, 1880. — Tripier. Leçons cliniques sur les maladies des femmes. Paris, 1885, p. 265. — FoDRKiER. De la syphilis chez la femme, p. 946. D.-B.

EMmEREZ (Les). Habiles membres de la profession.

Emmerez (Paul). Le chef de cette famille de médecins embrassa la carrière chirurgicale. D'après de Vaux, il naquit à Paris, le 7 septembre 1690. Le nom de Paul Emmerez est inséparable de la transfusion du sang; c'est lui qui, en qualité de chirurgien, aida Denis dans les expériences sur les animaux ct dans les tentatives faites sur l'homme ; c'est lui qui tenait le scalpel dans cette fameuse transfusion pratiquée le 19 décembre 1668, sur l'aliéné Mauroy, à l'aide d'un sang de veau. Denis lui rend hommage dans ces lignes : « Et je m'assure que vous y admirerez l'adresse et la vigilance de M. Emmerez, et que vous avouerez que son industrie le rend aussi heureux dans cette opération (transfusion) qu'en plusieurs autres de chirurgie, qui sont bien plus difficiles, puisque celle-cy se fait aussi promptement qu'une saignée » [voy. les articles Deinis [Jean] et Transfusion de ce Dictionnaire) .

Emmerez (Fraaçois). Également chirurgien, fils aîné du précédent, né à Paris, et mort le 27 décembre 1701. De Vaux ne le ménage guère : « Il aurait laissé de luy une meilleure idée, si le désir de prendre part à un gain sordide ne l'avait porté à se laisser séduire par un de ses collègues avec lequel il était lié d'une étroite union, pour donner les mains à la fabrique de nouveaux règlements contre l'honneur et les intérêts de sa compagnie. »

EMMERT (Les). 41

Emmerez (Guy-Érasme). Second fils de Paul Emmerez. Il embrassa la carrière médicale, fut reçu docteur à Paris, le 17 juin \ 685, et obtint les honneurs du decanat dans les deux années 1720 et 1721, fonctions qu'il remplit avec zèle et grand honneur. Né à Paris, en 1657, il avait été tenu sur les fonts par Guy Patin, qui lui donna son nom, et mourut, le 29 octobre 1729, à l'âge de soixante-douze ans. Dans un registre (brûlé sous la Commune) de la paroisse Saint-Euslache, nous avons relevé l'acte de son inhumation, qui est ainsi conçu :

Du dit jour, 30° (octobre 1729), M' Guy-Érasme Emmerez, docteur et ancien doyen de la Faculté de médecine de Paris, âgé de soixante-douze ans trois mois, demeurant rue des Deux-Écus, décédé du 29" du présent mois, a été inhumé au cimetière des Saints-Innocents, en présence de François Boulduc, premier apothicaire du corps du Roy, son beau-frère, et de messire Pierre Le Paige, prestre, docteur de Sorbonne et chanoine du Saint-Sépulchre, cousin germain, et de M. Paul-Érasme-François Emmerez, avocat au Parlement, son neveu.

BouLDDc; Le Paige; Emmerez.

C'est Guy-Erasme Emmerez qui donna à la Faculté de médecine de Paris le beau portrait de Guy Patin, peint par Masson, en 1670, et qui n'est pas le moindre ornement de la salle d'assemblées de notre École.

Emmerez (Louis-Simon). Fils du précédent, docteur, le 17 avril 1751, mort à trente-six ans, le 10 juillet 1752, sans doute d'une manière subite, puisque l'acte de son inhumation, que nous avons sous les yeux, déclare qu'il succomba rue des Boucheries, chez Dunan, aubergiste. 11 avait épousé Louise Emarre, et ses restes furent portés à Saint-Sulpice. A. G.

E]ii:viERiCH (Georg). Médecin allemand, né à Kônigsberg, le 5 mai 1672- Il fit ses études à Leyde et y prit le diplôme de docteur en 1692. L'année suivante, il obtint le titre de professeur adjoint dans sa ville natale et il devint titulaire en 1710. Emmerich remplit également les fonctions de bourgmestre à Lœbenicht et à Kônigsberg. Il mourut dans cette ville le 10 mai 1727. On a de lui un assez grand nombre d'opuscules académiques, parmi lesquels :

l. Positiones physico-medicae. Lugduni Batav., 1692, in-4°. — II. Diss- de phlebofomia. Regiomonti, 16'J5, in-4°. — III. De ralione et experientia medica. Regiom., 1093, in-4°. — IV. Theaelogia ejusque infusum, etc. Regiom., 1698, in-4°. — V. De morbu marino, navigantihus prima imprimis vice familiart. Reu:iom., 1700, in-4''. — VI. De frigore correptis. Regiom., 1701, in-4°. — VII. De duumviratu Ilelntontiano, ventiiculo nimbum et splene. Regiom., 1702, in-4». — VIII. Concionatorum diœla, etc. Regiom., 1707, in-4°. — IX. De febre virginum amatoria. Regiom.. 1708, in-4°. — X. De coiijugio Astreae cum Apolline, inspeclione cadaverum. Regiom., 1710. — \l. De vulneribus lethalibus in specie, 1715, îii4°. L. Hn.

E.I111ERT (Les).

Emmert (August-Gottfried-Ferdina>d). Médecin et toxicologiste allemand de grand mérite, que Dezeimeris confond avec son frère plus jeune, Cari- Friedrich.

Notre Emmert naquit vers 1775 et fut reçu docteur à Tubingue en 1800 {Diss. De incomhuslibiUum nonnullorum vi in aerem atmosphœricum, etc.). 11 fut professeur de physiologie à Tubingue et mourut le 22 août 1819. Sa santé avait été ruinée par les nombreuses expériences toxicologiques qu'il avait faites sur lui-même. On peut lui appliquer ce que dit Dezeimeiis : « Comme médecin praticien, Emmert fut un bon observateur ; comme physiologiste, un expérimenta-

42 EMMEKT (Les).

teur ingénieux, et comme toxicologiste il tient rang parmi ceux qui ont su tirer les résultats les plus positifs des expériences faites sur les animaux ». En première ligne, parmi ses travaux toxicologiques, il faut mentionner : Ueber Gifte, aus einem Briefe {Med.-chir. Zeitung, 1813, Bd. 111, p. 162), puis Bemerkungen ûber die Wirkungsart iind chémische Zusammensetzung der Gifte [MeckeVs deutsches Archiv f. d. Physiologie, Bd. I, p. 176, et Tiihinger Blàtter, Bd. ÏI, p. 88) ; un mémoire sur la fausse angusture [Exifeland's Journal, 1815), sur divers poisons [ibid., 1817), enfin sur l'upas ou poison américain, dans Meckel's d. Archiv, Bd. IV, p. 165, 1818, etc.

C'est probablement sous sa présidence que furent soutenues la thèse de ScHABEL (A.), De effectibus veneni radicum veratri albi et hellebori nigri, Tubingae, 1817, et celle de J.-P. Emmert, probablement l'un de ses parents : Bissert. de veneno americano, Tubingae, 1817, cet Emmert mourut peu après sa promotion, également à la suite d'expériences faites sur lui-même avec des poisons.

On a encore de notre Emmert un mémoire Sur V indépendance oii est la petite circulation de la respiration {ReiVs Archiv f. d. PhysioL, 1802, Bd. V, p. 401) et un autre Sur Vinfluence du pneumogastrique sur la digestion {ibid., Bd. IX, p. 580).

Emmert (Carl-Friediuch). Frère du précédent, né àGottingue en 1777, fit ses études à Tubingue et soutint, en 1805, sous la présidence de Kielmeyer, une thèse inspirée par son frère : De venenatis acidi borussici in animalia effectibus, in-8°. Il fut nommé peu après professeur de médecine vétérinaire à Berne; en 1812, il remplaça Schifferli dans les chaires réunies de chirurgie et d'accouchement et devint directeur de l'école vétérinaire. Ce savant médecin mourut à Inlerlaken, le l^mai 1854, laissant des mémoires importants sur la physiologie et l'embryologie, puis sur la médecine et la chirurgie pratiques. Nous citerons :

I. Untersuchung ûber die Entwickelung der Eidechsen in ihren Eyern, avec Hochstetter. In Heil's Archiv f. d. PhysioL, Bd. X, p. 84, 1811. — II. Untersuchungen ûber das Nabelblâschen. Ibid., p. 42. — III. Xachtrag. . . Ibid., p. 357. — IV. Beob. ûber einige anatomische Eigenheiten der Vôgel. Ibid., p. 537. — V. Nachtrag zu den Beob. ûber den Einflwss des Stimmnervens auf die Bespiration, etc. Ibid., Bd. XI, p. 117. — YI. Ueber die (Jnterhindung der Gekrôsblutader . Ibid., Bd. XII, p. 255. — VII. Plan zu einer Bearbeitung und Beobachtung der Krankheiten. In Hufeland's Journal der pracl. Heilkunde, sept. 1811, p. 3.

— YIII. Bemerkungen ûber die Hornhaut. In Meckel's Archiv f. Physiologie, Bd. IV, p. 557.

— IX. Bemerk. ûber die Ab- und Aussondcrung der Milch. Ibid., p. 558. — X. Ueber einen die hintere Gliedmasse eines Lamnies vorstellenden Acephalus. Ibid., Bd. VI, p. 1, 1820.

— XI. Autres articles dans Medicin.-chirurg. Zeitung, Allgem. med. Annalen, etc.

Emmert (Wilhelm). Fils du précédent, né à Berne en novembre 1810, reçu docteur à Berlin, en 1855, la même année que son frère plus jeune Cvrl Emmert, hodie vivens. Il devint ensuite directeur de la section chirurgicale de l'hôpital cantonal de Berne et chargé de cours à l'Université de cette ville. Il mourut là le 4 juillet 1880, laissant :

I. Diss. de inflammatione, turgore et erectione. Berolini, 1835. — II. Kurze practische Verbandlehre. Solothurn, 1849, in-8°. — III. Praktische Anleitung zur Krankenpflege mît besonderer Berûcksichligung chirurgischer Abtheilungen. Bern, 1872, gr. in-8\ — IV. Hepetitorium der chirurgischen Verbandlehre. Bern, 1872, in-S".

Emmert (Garl). Frère cadet du précédent, né à Berne, le 18 avril 1813,

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