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ÉMOLLIENTS

actuellement professeur de médecine légale à l'Université de Berne, est un chirurgien très-distingué, auteur d'un Traité de chirurgie en 2 volumes, dont la 5= édition a été publiée à Leipzig en 1870, et d'un grand nombre d'autres publications importantes.

Enimert (Emil). Fils du précédent, né à Berne le 1" décembre 1844, est un opbthalmologiste remarquable, auteur de nombreux travaux sur l'ophthalmologie, qu'il enseigne en qualité de privat-docent, à l'Université de Berne, depuis 1870. L. Un.

EMMUT (Les).

Emmet (Thomas-Addiso.n). Médecin et homme politique irlandais, né à Dublin en 1765, mort à I\ew-York en 1827. 11 se fit recevoir docteur à Edimbourg en 1784 [Diss. de aère fixa seu acido) et fit la même année un discours d'ouverture devant la Société des médecins. Il alla ensuite étudier le droit à Londres, revint dans sa patrie, fut arrêté par le gouvernement en 1801, pour ses opinions. Il se fixa aux États-Unis en 1804 et fut nommé, en 1812, avocat général de l'Etat, à New- York. On connaît de lui : Pièces of Irish Historij, etc., imprimé à New-York, en 1807, dans un recueil publié par son compatriote Mac-Xeven.

Emmet (Joh.n-Petter) . Né à Dublin, comme le précédent, reçu docteur en médecine à New- York, en 1822, mort jeune en 1842, habitait Charlottesville et était professeur de chimie et de matière médicale à l'Université de Yirginie. On a de lui :

I. On the Ckemistry of Animated Matter. New- York, 1822. — II. Divers articles sur la chimie et la physique dans Silliman's Journal. L. Hn.

£:viOLLlEi%'TS (de emollire, amollir). On donne ce nom aux médicaments ayant la propriété d'amollir, de relâcher les tissus enflammés et de diminuer leur sensibilité, ils constituent un groupe important de la médication antiphlogistique. Fonssagrives en forme un sous-chapitre des dépresseurs de la thermogenèse et considère les émollients comme des adoucissants. Hardy leur donne le nom de médicaments atoniqnes.

Les émollients peuvent se diviser en plusieurs groupes : les uns sont appliqués à l'extérieur ou agissent localement, ce sont les émollients locaux (cataplasmes, gargarismes émollients, lavements émollients, etc.) ; les autres font partie de la médication interne et constituent les tisanes émoUientes, On divise aussi les émollients selon leur composition, c'est ainsi que Trousseau et Pidoux les classent en deux groupes : les mucilagineux et les huileux, et ils placent parmi les substances émollientes végétales la gomme arabique, la gomme adragante, le lin, les mauves et la guimauve, la bourrache, la violette, le tussilage, la réglisse, l'orge, le chiendent^ le riz, le gruau, le sucre, etc., enfin les différentes fécules et les huiles; ils rangent parmi les substances émollientes animales les graisses, la gélatine, l'albumine, Fhuile d'oeuf, le miel, le lait, la glycérine, etc.

Rabuteau étudie surtout parmi les émollients quatre espèces de corps, ce sont : 1" les gommes; 2° les mucilages; 5° la glycérine et les corps gras ; 4° la

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réglisse; il y ajoute les matières amylacées, humectées d'un liquide aqueux. Fonssagrives divise les émollients en deux groupes : les émollients aqueux et les émollients invisquants.

L'action physiologique des émollients résulte de bien des facteurs : de la température du corps employé ; le plus ordinairement cette température est tiède et uniforme, elle permet de soustraire ainsi les vasomoteurs à des perturbations trop vives.

Ils agissent aussi comme enduit isolant et en soustrayant les parties atteintes aux modifications et perturbations extérieures. C'est ainsi qu'agissent les émollients gras et mucilagineux; c'est ainsi que certains corps isolants, tels que la toile de caoutchouc, ouïes enduits isolants, tels que le collodion, occupent une place considérable dans la médication antiphlogistique locale et auraient à juste titre le droit d'être classés dans le groupe des émollients.

A ces deux actions produites par leur température sur leur pouvoir isolant Fonssagrives ajoute un troisième effet : il veut que les émollients agissent par une action délayante produite par la pénétration endosmotique dans les vaisseaux de la région endammce de la partie aqueuse de ces substances émollientes. Cette troisième action est des plus hypothétiques et ne peut s'appliquer qu'aux émollients internes, car il paraît démontré aujourd'hui que la peau recouverte intégralement par son épilhélium ne peut absorber les substances aqueuses.

Quant aux muqueuses, cette absorption est possible, mais, une fois ces parties aqueuses ayant pénétré dans le sang, l'action locale disparaît pour faire alors place à une action générale. D'ailleurs les effets locaux des substances émollientes sont suffisamment expliqués par leur action isolante et leur température égale sans avoir recours à ce troisième effet hypothétique de la pénétration de ces substances dans l'économie.

Quoi qu'il en soit, les émollients constituent un groupe important de la thérapeutique et dans toutes les inflammations ou phlogoses légères ces émollients nous rendent d'importants services. Nous renvoyons, pour les détails concernant chacun des médicaments constituant le groupe des émollients, aux articles Importants que le Dictionnaire a déjà consacrés à chacun d'eux (Lavements, Cataplasmes, etc.). Dujardin-Beaumetz.»

Bibliographie. — Trousseau et Piboux. Traité de thérapeutique, vol. I, p. 678. — Fonssagrives. Thérapeutique appliquée, p. 735. — Rabuteau. Traité élémentaire de thér. et pharmacol., 4» édit. Paris, 1884, p. 1086. D.-B.

ÉiMO;«]V0T (Jean-Baptiste). Médecin français, né à Saint-Loup-de-la-Salle (Saône-et-Loire), fit ses études à Gaen et y fut reçu docteur en médecine. 11 vint ensuite à Paris et continua ses études sous les auspices de Yicq-d'Âzyr. En 1800, il fut reçu membre de la Société libre de médecine de Paris et en devint le président. Plus tard il fut nommé membre honoraire de l'Académie de médecine.

Emonnot a publié quelques Rapports à la Société de médecine et deux Mémoires sur la vaccine, imprimés dans le Journal général de médecine de Sédillot. On a encore de lui : Des fièvres et des inflammatioîis, trad. du latin de Quarin. Paris, 1800, 2 vol. in-S". L. Hn.

EMOTIVITÉ. Impressionnabilité, Guislain a désigné sous le nom de sens émotif celte sphère spéciale de sensibilité morale ou psychique qui semble être

comme le x"éservoir commun où se forment et d'où émanent toutes nos émotions: d'où le néologisme émotivité que l'on a créé pour exprimer l'aptitude à s'émouvoir. Cet éminent psychologue a attribué à cette région spéciale de notre personnalité psychique un rôle considérable dans la pathogénie des psychoses et une part prépondérante aux phénomènes purement émotifs sur les phénomènes d'ordre purement intellectuel. Pour lui, comme l'avaient pressenti déjà Esquirol, Falret, Baillarger, et devaient le démontrer plus tard Morel et Westphal, et plus récemment Maudsiey, Foville, Magnan, L"egrand du Saulle et d'autres, la folie est bien plus souvent un trouble de la sensibilité primitivement ébranlée qu'un trouble de l'inlelligence. « La plupart du temps, écrivait Morel en 1866, les perturbations mentales ne sont que le contre-coup d'un ébranlement émotif. »

Mais, avant de déduire de ce point de vue les diverses applications qu'il comporte pour l'interprétation d'un certain ordre de phénomènes morbibes et particulièrement des psychoses qui traduisent l'exagération d'un état fonctionnel, étudions d'abord cet état fonctionnel en lui-même, dans ses limites physiologiques et dans ses connexions avec la psychologie.

Au point de vue psychologique, l'aptitude à s'émouvoir, très-variable d'ailleurs par ses degrés, plus développée chez certains sujets que chez le commun des hommes, beaucoup plus en général chez la femme que chez l'homme, entraîne à sa suite, lorsqu'elle est excessive, ce que l'on est convaincu d'appeler, au sens moral, la mobilité. Elle comprend, en effet, d'après la juste remarque de Cerise, qui a fait de ce sujet l'objet d'une étude toute spéciale, trois ordres de faits qui occupent une grande place, particulièrement dans le caractère de la femme. Ces faits sont : la succession rapide des émotions les plus diverses ; le besoin d'en rechercher sans cesse de nouvelles ; enfin un empire presque irrésistible sur les idées, liées par une étroite solidarité avec les émotions qui leur communiquent leur instabilité, sur les raisonnements et sur le jugement auxquels elle impriment parfois une fausse direction.

Cette succession rapide d'émotions, qui est à la fois, pour les personnes qui les subissent, un besoin et un tourment, aboutit aussi trop souvent, comme nous le montrerons plus loin, non-seulement à un trouble moral, mais au trouble de la santé générale.

Voyons maintenant le côté physiologique du sujet, qui nous touche de plus près.

Le mécanisme physiologique de l'émotion ou de la mise en action de l'émotivité a été étudié et exposé méthodiquement par 51. Luys, dans son Traité clinique et pratique des maladies mentales. Nous ne saurions nous servir d'un meilleur guide dans cette analyse délicate. Voici comment il s'exprime : Au moment oii un ébranlement quelconque émané du milieu ambiant vient à retentir dans l'intimité des réseaux de l'activité psychique, le pliénomène immédiat et fatal qui le développe, en raison même des appareils mis en jeu, c'est un choc, un saisissement émotif qui se produit. Immédiatement après, la réaction du tissu vivant sensitif se produit et, suivant que l'impression a été blessante ou agréable, elle se manifeste par la douleur ou par la satisfaction. Il arrive alors l'un des effets suivants : ou propagé au sein des réseaux du sensorium, l'ébranlement va se répercuter tantôt sur tel centre de la vie organique avec lequel il est plus intimement associé, tantôt vers tel ou tel groupe de muscles dont les contractions synergiques involontaires et inconscientes

exprimeront ou traduiront le caractère de l'émotion subie. Tantôt ce seront les centres vaso-moteurs de la face qui la trahiront par la pâleur ou par la rougeur imprimée aux téguments. D'autres fois ce sera sur l'innervation viscérale que se propagera l'ébranlement primordial. C'est ainsi que le cœur se trouve mis en mouvement. La peau, le foie, l'intestin, les muscles inspirateurs, seront tour à tour susceptibles d'être associés aux ébranlements irradiés du sensorium. De même que le saisissement émotif a été instantané et inéluctable, de même la réaction qui le sui^ est fatale et automatique.

Enfin, M. Luys fait cette remarque, que dans les conditions normales de la vie psychique le conflit du monde extérieur avec les éléments de notre personnalité intime ne s'élève pas d'habitude aux paroxysmes extrêmes de la joie ou de la douleur. Suivant la nature et le tempérament de chacun, les choses se passent le plus souvent dans des limites moyennes d'une simple perception, la plupart du temps indifférente. II y a, en effet, de grandes réserves à faire au point de vue de la perception des choses courantes, suivant le degré d'impressionnabilité individuelle, le tempérament cérébral, l'émotivité propre de chacun, suivant le sexe, l'âge, les habitudes sociales, enfin, suivant les différentes phases de l'existence d'un même individu.

On vient de voir comment, à l'état normal, dans les conditions physiologiques de santé et d'équilibre des fonctions organiques et sensitives, les effets d'une impression sur le sensorium sont suivis de réactions aussi fatales et aussi irrésistibles qu'elle-même; que ces réactions varient d'intensité et de durée, suivant l'intensité même du choc, plus ou moins vives et persistantes, faibles et fugitives, pouvant dans quelques cas passer même presque inaperçues, tandis qu'elles laisseront, au contraire, après elles, des traces plus ou moins profondes et durables, suivant que l'émotion a été faible ou forte; en un mot, que les réactions sont en général proportionnelles et adéquates à l'action. Mais si, dans ces conditions, les effets des ébranlements émotifs se dissipent le plus souvent sans laisser de traces, si la succession et la variété des émotions contenues dans les limites physiologiques semblent être plutôt une condition du maintien du sensorium dans son état d'intégrité, comme la diversité des occupations, dans la sphère intellectuelle, est une des conditions de la fonctionnalité régulière du cerveau, il n'en est plus de même lorsque l'émotion excessive dans son intensité ou trop fréquemment répétée [vient surprendre et saisir un organisme sensoriel déjà troublé ou prédisposé à entrer facilement en éréthisme. Il n'est même pas toujours nécessaire que l'émotion soit vive ou profonde, la plus légère même qui passerait sans trouble sur un sujet dont le système nerveux est bien équilibré laissera une empreinte durable ou produira des réactions excessives et disproportionnées avec leur cause, chez ces sujets à émotivité exagérée, toujours tendue et comme en éveil en face de chaque événement de la vie, qui constitue comme une sorte de tempérament morbide et devient une cause de souffrance ou de perturbations nerveuses de tous les instants. C'est là surtout, dans cette disproportion entre la cause et l'effet, que consiste le caractère de l'émotivité morbide dont Thistoire des grands névropathes nous offre tant d'exemples. C'est J.-J. Rousseau se pâmant d'émotion à la vue d'une pervenche, le grand Frédéric éprouvant un sentiment de terreur lorsqu'il trouvait sur sa table un couteau et une fourchette entre-croisés. Ce sont ces hommes de lettres dont parle Lorry, tellement susceptibles qu'ils tombaient en faiblesse en lisant les plus beaux morceaux d'Homère et de Virgile. C"est madame de Sévigné écrivant à sa fille :

« Votre imagination va trop vite... voilà les tours que me fait la mienne à chaque instant. 11 me semble toujours que tout ce que j'aime, tout ce qui est bon va m'échapper ; et cela donne de telles tristesses à mon cœur, que, si elles étaient continuelles, comme elles sont vives, je n'y pourrais résister ». « Ne rien voir, ne rien dire, ne rien penser sans être émus, passionnés, transportés, telle €st leur existence >), dit Réveillé-Parise à propos de ces émotifs.

Lorsque les émotions viennent s'abattre sur des sujets prédisposés par l'hérédité, qui joue ici un si grand rôle, ou déjà malades et dont le système nerveux est fortement compromis, les effets en sont généralement très-prolongés et parfois même permanents. C'est ainsi que des émotions vives, chez des individus atteints de paralysie générale à la première période et dont le cerveau est hyperémié, persistent souvent à l'état d'émotion fixe, comme M. Baillargeren avait déjà fait la remarque et comme M. Luys en rapporte quelques exemples dans l'ouvrage précité.

11 est, par contre, des circonstances où l'émotivité, loin d'être facilement mise en jeu et exaltée, est au contraire al languie ou même complètement éteinte. Mais cette diminution ou cette abolition de la faculté émotive, cette anesthésie morale reste chez beaucoup d'individus à l'état latent et ne se dénoterait le plus souvent par aucun caractère, aucun signe spécial autre que celui d'une sorte d'apathie, si elle ne venait parfois à se révéler par des actes excentriques, parfois honteux, dont leurs auteurs ne paraissent avoir nullement conscience, leur sens moral et affectif étant anéanti, alors même que leurs facultés intellectuelles sont restées entièrement intactes.

Ceci nous conduit à parler de l'émotivité morbide proprement dite.

Nous avons dit plus haut que l'on avait attribué à l'émotivité un rôle considérable dans la pathogénie des psychoses et une part prépondérante aux phénomènes de cet ordre sur ceux de l'ordre purement intellectuel. C'est surtout à Morel que l'on doit d'avoir mis ce fait en saillie et de l'avoir détaché du grand groupe des maladies mentales pour en constituer une névrose particulière qu'il a décrite sous le nom de délire émotif.

Ce sagace aliéniste désigne ainsi une forme de délire dont les éléments se composent de faits d'impressionnabilité avec prédominance de certaines idées fixes, de certains actes anormaux, sans que l'on puisse arguer, dans tous les cas, de la compromission forcée et absolue des facultés intellectuelles. Il s'agit de ces individus à tempérament d'une sensibilité et d'une impressionnabilité excessives qui, sans être des aliénés proprement dits, tout en conservant intactes leur conscience et leur intelligence, sont susceptibles de se livrer, dans certains moments de crise nerveuse, à des actes irre'fléchis, excentriques, ridicules, dans quelques cas, dangereux et même crimiuels dans certains autres.

Le délire émotif, qui a, comme on le verra tout à l'heure, ses causes, sa marche, ses terminaisons spéciales, présente toutes les péripéties pathologiques qui constituent une névrose d'un ordre déterminé- II a, comme la plupart des névroses, ses phases d'intermittence, ses périodes aiguës et chroniques, ce qui, par parentlièse, a dès longtemps contribué à le faire méconnaître et à le faire confondre avec l'hypochondrie ou l'hystérie. Mais il s'en distingue par ce caractère pathognomonique essentiel, la facilité avec laquelle les malades subissent une impression particulière et y conforment leur pensée, sans que la raison et l'expérience leur viennent en aide pour la rectifier. II se manifeste, en effet, comme on vient de le dire, par des actes insolites, étranges, qui sont en désaccord non-

seulement avec la raison et le bon sens, mais avec les habitudes, le caractère et la manière d'être antérieure des individus qui en sont atteints. Ceux-ci auront une répugnance invincible à toucher tels ou tels objets, à subir l'approche ou le contact de telle ou telle personne, ou à accomplir les actes les plus indispensables et les plus simples de la vie. C'est surtout le contact des objets métalliques, les pièces de monnaie, les boutons de porte, des instruments quelconques de ménage ou de toilette d'un maniement usuel, parfois même le contact des étoffes, le simple frottement des vêtements de la personne voisine, qui inspirent à ces sujets une répugnance invincible et provoque une anxiété et un malaise indicibles. Ceux-là, gens de haute intelligence, de grande culture, graves par leur caractère aussi bien que par l'importance de leur position sociale ou de leurs fonctions, s'abandonneront à certains moments à des impressions d'une pusillanimité ou commettront des actes d'une puérilité des plus contradictoires avec leurs habitudes. D'autres ne pourront se trouver seuls dans la rue ou en rase campagne, en face d'un grand espace ou sur un lieu élevé, sans éprouver des vertiges, de l'angoisse ou un sentiment de terreur. Ce sont tous ces cas de délire portant sur une idée ou un objet unique, déjà décrits ou désignés sous les noms de monomanie, de folie avec conscience, et dont on a fait encore dans ces derniers temps des espèces spéciales, telles que la folie du doute avec délire du toucher, l'agoraphobie ou peur des espaces [voy. pour ces divers états l'art. Folie, in Dictlonn. encyclop., paragr. Folie avec conscience), que Morel a réunis et groupés en un genre unique, auquel il a donné le nom de délire émotif, en se fondant sur cette considération, que la plupart de ces cas procèdent d'une même origine, l'hérédité morbide, consistent dans le même phénomène essentiel, la surexcitabilité nerveuse excessive, et ont pour siège principal le système nerveux ganglionnaire viscéral.

Les troubles des fonctions de l'ordre moral qui en constituent la symptomatologie principale, craintes sans motifs, terreurs ridicules (panophobie), perversions étranges de la sensibilité morale et affective, répulsions et antipathies pour les personnes les plus inoflensives ou souvent même les plus sympathiques et les plus affectueuses, ou pour les objets les plus indifférents, impressions irrésistibles, irréiléchies, quoique conscientes, etc., s'accompagnent parfois aussi d'un certain ordre de troubles physiques, tels que des désordres dans l'appareil circulatoire et dans l'appareil digestif, des hyperesthésies ou des anesthésies générales ou locales, des inégalités dans la répartition du calorique, etc.

Le délire émotif ne serait pas placé en dehors de la loi des transformations morbides qui domine, comme on lésait, la pathologie des névroses. Morel en a cité quelques exemples, entre autres celui d'une jeune fille, née d'un hypochondriaque, qui, après avoir éprouvé pendant quelque temps les sensations morbides propres aux délirants émotifs, eut par la suite des hallucinations et manifesta plus lard des tendances au suicide et à l'homicide.

Nous aurons peu de chose à dire ici du traitement de cet état qui rentre dans les indications générales que nous avons formulées à l'article Nerveuses [Maladies). C'est surtout aux divers procédés du traitement hydrothérapique, aux alfusions ou immersions froides, à l'enveloppement dans des draps mouillés, et aux opiaciés à l'intérieur, à doses progressives, que Morel a eu recours dans la période aiguë ou la phase active de la maladie. Quelques-unes des observations qu'il a rapportées ont été suivies de guérlson. 11 réservait les antipériodiques pour les cas où la maladie présentait des rémissions et les toniques pour la convales-

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