II. Emploi. Voy. Ergot de seigle
ERGOTIMIIVE. G"FP»xVz''0*^ § I. Chimie, M. Tanret a découvert, dans le seigle ergoté, un alcaloïde, Vergotinine, auquel il attribue l'action thérapeutique du seigle ergoté. 11 prépare cet alcaloïde de la manière suivante : on fait avec l'ergot de seigle finement pulvérisé, par déplacement, avec de l'alcool à 95 degrés, une teinture concentrée. On ajoute à cette (einture do la soude caustique jusqu'à réaction franchement alcaline, et l'on distille au bain-marie, pour retirer presque la totalité de l'alcool. Le résidu est agité vivement avec de l'éthcr (2 litres pour 1 kilogramme de seigle ergoté employé). La solution éthérée, fortement colorée, est décantée et agitée avec de l'eau; après quelque temps de repos, il se forme deux courbes parfaitement limpides, la courbe supérieure légèrement colorée en jaune, l'autre fortement colorée. Lu liqueur supérieure éthérce décantée est agitée à plusieurs reprises avec une solution concentrée d'acide citrique. La solution citrique de l'alcaloïde est lavée avec del'élher, puis on la décompose, en présence d'une grande quantité d'éther, par du carbonate de potasse, 1 alcaloïde mis en liberté se dissout dans l'éther, la solution est décolorée par le charbon, et distillée. Quand la liqueur commence à se troubler, on la verse dans un vase bouché que l'on place à l'obscurité dans un endroit frais, le lendemain le vase est tapissé de cristaux d'ergotinine ; enfin on évapore à siccité, et on obtient un résidu spongieux légèrement coloré en jaune qui est incristallisable, mais qui possède toutes les propriétés thérapeutiques de l'ergotinine cristallisée.
Propriétés. L'ergotinine cristallise en fines aiguilles prismatiques presque microscopiques; elle est blanche, mais elle se colore rapidement à la lumière, surtout au contact de l'air. L'ergotinine cristallisée est inodore, mais à l'état amorphe elle possède une odeur due à la présence d'une petite quantité d'un alcaloïde volatil, isolé également par M. Tanret. L'ergotinine est insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool, l'éther et le chloroforme. La chaleur la décompose sans la volatiliser.
Une solution d'ergotinine cristallisée est sans action sur les réactifs colorés, mais l'ergotinine amorphe possède une réaction alcaline due à la présence de l'alcaloïde volatil dont la réaction est fortement alcaline. C'est une base faible; aussi tous ses sels ont une réaction acide; l'acide acétique, par exemple, dissout abondamment l'ergotinine, mais Teau la précipite de cette solution, et cette dernière évaporée à l'air perd tout son acide et ne laisse que de l'ergotinine. Les sels qu'elle forme avec les acides minéraux sont incristallisables. Lotz.
§ II. Emploi. Voy. Ergot de seigle.
ERGOTliSME. Allemand, ergotismus, kriehelkrankeit.
Cette, affection a pour cause l'usage du pain et de la farine de seigle ergoté. Linné lui donnait le nom de Raphania, Wepfner, celui de ConvuJsio ah mtilagine, d'autres celui de Convulsio cerealis, et le vulgaire ceux de Feux Saint- Antoine, fièvre maligne, convulsion de Sologne.
Cette affection a régné épidémiquement en Silésie, en Prusse, en Bolième, en
ERGOTISME. 447
Saxe, en Suède, dans quelques provinces du centre de la France, dans l'Orle'anais et en particulier en Sologne. Parmi ces epide'mies, les plus classiquement célèbres ont été décrites par Srine (épidémie de Wurtemberg, en 1755), par Burghart (épidémie de Silésie), par Dodart (épidémie du Gatinais, en 1G74), par Noël d'Orléans (épidémie du Blaisois et de l'Orléanais, en 1700) et par Langius (épidémies de Lucerne, de Berne et Zurich).
Ces épidémies s'observaient après des années pluvieuses et à l'époque où le seigle entrait largement dans l'alimentation. Elles étaient dues à la négligence des habitants des campagnes qui se bornaient à enlever seulement les ergots volumineux. La farine provenant de ce seigle mélangée d'ergot donnait un pain de couleur violacée, d'odeur désagréable et d'une saveur à la fois âpre et niordicante.
La cuisson et la panification, fort incomplètes le plus souvent d'ailleurs, ne suffisaient pas pour enlever à l'ergot ses propriétés toxiques. Cependant on a élevé des doutes sur l'étiologie de l'crgotisme, et, se fondant sur la localisation des épidémies dans quelques centres, on a pensé qu'il fallait en attribuer l'origine à la misère et à l'hygiène défectueuse des populations.
Linné l'attribuait à la présence dans le seigle des semences d'un végétal, le Haphania raplianislntm, et au mélange de ses graines avec le seigle. Aujourd'hui, comme l'a montré Bacquias, l'étiologie du feu Saint-Antoine n'est plus en discussion, après les ti'avaux de nombreux observateurs et entre autres de Barrier (de Lyon), Millet (de Tours), de Conphaut et de Lasègue,
Vintoxication aiguë «u ergotisme consistait surtout dans des vertiges, de la céphalalgie, de l'hébétude, des troubles de la vue et de l'ouïe et une sorte d'enivrement : l'ivresse ergotique. Ces troubles disparaissaient quand on cessait l'usage du médicament.
Vintoxication chronique ou ergotisme constitutionnel de quelques auteurs se présente sous deux formes cliniques, suivant la prédominance des phénomènes convulsifs ou des accidents gangreneux, mais dans les deux formes on observe, au début, la phase prémonitoire à'ivresse ergolinique. Au reste, elles prédominent l'une ou l'autre, suivant les épidémies et aussi suivant la masse de la dose ingérée.
L'ergotisme convulsif se caractérise par des mouvements convulsifs intermittents dans les membres, l'hébétude, les vertiges, l'obnubilation de la vue, la dilatation pupillaire, la diminution de l'acuité visuelle et, à une période avancée, par le délire et le coma. Dans les formes à marche rapide, rares d'ailleurs, on a vu la mort survenir sans production de gangrène. Telle était la maladie de convuhion ou maladie céréale.
Les accidents de ['ergotisme gangreneux étaient précédés de fourmillements, de picotements et de douleurs dans les membres menacés de sphacèle ; une sensation de brCdure, puis de froid glacial, les envahissait; la sensibilité se perdait; il se produisait des contractures; la peau pâlissait, se ridait et se maculait de taches violacées ou noirâtres. C'était une gangrène sèche qui s'établissait en même temps que le pouls se ralentissait, que la circulation s'arrêtait, et finissait par disparaître. Plus tard l'eschare s'éliminait.
On a signalé encore l'arrêt de la sécrétion mammaire et la formation de cataractes. Par contre, dans cette forme, les avortements ne paraissaient pas plus fréquents. Enfin, Davidson, dans une observation classique, a noté des hématuries et des hématémèsc.'î aussi rebelles que celles de la diatlièse hémorrhagique.
448 ERliARD (Les).
Tous les accidents de l'ergolisme ont pour origine, est-il besoin de l'écrire? le resserrement spasniodique des uretères et les troubles de nutrition qui en sont la conséquence. Ils rappellent ceux de l'asphyxie locale des extrémités. On a prétendu, et M. Léon Colin a discuté ces diverses objections {voij. l'article Raphania), que la maladie désignée sous le nom d'ergotisme relevait de causes autres que l'ingestion de l'ergot de seigle.. Après les expérimentations de Vétillart. Boucher, Bonjean, Holmes, Wright, Millet et autres, la discussion paraît close. Le rôle de l'ergot de seigle dans celte intoxication ne saurait plus être mis en doute.
Le traitement de l'ergotisme a consisté, suivant les temps, les lieux et les observateurs, en saignées, émétiques, purgatifs, toniques, excitants et révulsifs les plus variés. L'opium était en faveur auprès des uns, mais les autres, avec Gourhaut, lui préféraient l'ammoniaque. Aujourd'hui ce traitement n'a plus guère qu'un intérêt historique. Les épidémies de feu saint Antoine ne s'observent plus, et les rares cas d'ergotisme qui peuvent accidentellement se rencontrer sont justiciables du traitement des empoisonnements par l'ergot. Ch. Éloy.
Bibliographie. — Voy. Ergot.
ERIIARD (Les deux).
Ei-hard (Johann-Benjamun). Né à Nuremberg, le 5 février 1766, étudia les sciences et la médecine à Wurtzbourg et fut reçu doetetir à Altdorf en 1782. Il exerça quelques années la médecine dans sa ville natale, puis se rendit à Berlin et devint membre du Conseil de santé de cette capitale, mais il s'occupa surtout de philosophie. Il est mort à Berlin, le 28 novembre 1827.
I. Dissertalio idea organi medici. Alldorf, 1792, in-S". — II. Théorie der Geselze. die sich auf das kôrperliclie Wohlseijn der Buerger beziehen, und die Benuizung der lleilkunde zum Dicnstder Gesetzgebung. Tubinn;ue, 1800, in-S». — III. Ses œuvres diverses ont été publiées après sa mort. Stuttgart et Tubingue, 1850, in-S". A. D.
Erhard (IlEiNniCH-AuGosT). Né à Erfurt eu 1795, reçu docteuren 1812, fut nommé privat-docent à la Faculté de philosophie de sa ville natale en 1815 puis en 1814 remplit les fonctions de médecin en chef d'un lazaret provincial militaire et suivit l'armée en 1815. Revenu à Erfurt après la guerre, il ouvrit en 1816 un cours de philosophie, qu'il dut cesser lors de la suppression de l'Université. Il abandonna la médecine et fut nommé successivement bibliothécaire à Erfurt en 1821, archiviste à Magdebourg en 1824, et enfin partit pour Munster en la même qualité en 1851. 11 était membre de l'Académie des sciences de Berlin, et mourut le 22 juin 1851. Nous citerons de lui :
I. Diss. sislens historiam fœtus humani pathologicam.Y.ï^îovà\?i, 1812. — II. Jaiin (Fried). Klinik der chronischen Krankheiten . Erfurt, 1815-1821, gr. in-S", 4 vol. (le 1" vol. seulement de cet ouvrage est de Jahn). — III. Hecuer (Aug.-Fr.). Lexicon medicum theoreticopracticum reale, oder allgemeines Wôrlerhuch der gesammien theoretischen und praktischen Heilkunde, etc., publié par Erhard, Gotha, 1816-1827, 4 vol. gr. in-S". A. D.
Erhavd (Juuus). Médecin auriste, né à Berlin, croyons-nous, en 1827. Il fit ses études dans cette capitale et fut reçu privat-docent à l'Université, en 1861. Souffrant personnellement des oreilles, il découvrit sur lui-même, indépendamment de Yearsley, de Londres, les propriétés curatives spéciales du
ERIGA. U9
tampon de ouate humide enfoncé jusqu'au tympan, et faisant en quelque sorte office de tympan artificiel ; une de ses dissertations est consacrée à ce fait {De auditu quodam difficili nondurn observato, Berolini. 1849), de même qu'un ouvrage paru plus tard : Veber Schwerhôrigkeit, heilbar durch Dnick. Leipzig, 1856). Erhard mourut à Berlin, le 4 mars 1873, laissant entre autres :
I. Das Gehôr und die Schwerhôrigkeit. Berlin, 1855, gr. in-S". — II. Reform der Ohreuheilkuiide. Sendschreibeii, etc. Herlin, 1855, gr. in-S». — III. Batiotirllr Oliatrih nach klinischen Beobachlungen bcarbeitet. Erlangen, 18")9, gr. in-8°, <ig. — IV. Klinische Otiatrie. Berlin, 18G3, gr. in-S", fig. — V. Vademecum fur klinische Otiatrie. Berlin, I8G4, in-12, — VI. Vorlrâge ûber die Krankheiten des Ohres, gehalleii an der Friedrich-Wilhelms Universitàt zu Berlin. Leipzig, iSlô, gr. in-8", posthunne. L. Un.
ERICA. {Erica L.) Genre de plantes, qui a donné son nom à la famille des Éricacées. Ce sont de petits arbrisseaux très-rameux, à feuilles simples, persistantes, verticillées ou alternes, quelquefois opposées, dépourvues de stipules. Leurs fleurs, de couleur purpurine ou rose, plus rarement blanches ou d'un vert jaunâtre, sont disposées, au sommet des tiges et des rameaux, en panicules spiciformes ou en grappes compactes plus ou moins allongées, parfois en ombelles simples subglobuleuses. Chaque fleur présente un calice gamosépale, divisé au sommet en quatre parties ordinairement peu profondes, une corolle gamopétale, le plus souvent marcescente, tubuleuse ou hypocratérimorphe, à quatre lobes alternes avec les divisions du calice et huit ctamines, dont les filels libres portent des anthères biloculaires s'ouvrant à leur partie supérieure par des pores ou par des fentes longitudinales. L'ovaire, supère, est surmonté d'un style fdiforme, à extrémité sligmatique capitée ou peltée, ordinairement divisée en quatre lobes courts. Cet ovaire devient, à la maturité, une capsule quadriloculaire, dont la déhiscence est loculicide et qui contient dans chaque loge de nombreuses graines ovoïdes ou comprimées, parfois ailées.
Le genre E^-ica compte actuellement plus de 400 espèces, dispersées dans les diverses parties de l'Europe et du sud de l'Afrique. Ces espèces sont désignées indistinctement sous le nom vulgaire de Bruyères. Elles n'offrent pour ainsi dire aucun intérêt au point de vue médical, mais un grand nombre d'entre elles, provenant surtout du cap de Bonne-Espérance, sont cultivées comme plantes d'ornement à cause de l'élégance de leur port et de la beauté de leurs fleurs. Cependant VE. arborea L., espèce de la région méditerranéenne, a joué un rôle assez important dans la médecine du moyen-age; on lui attribuait notamment la propriété de dissoudre les calculs de la vessie. D'autre part, YE. cinerea L., ou Bruyère franche, qui abonde dans le nord et dans l'ouest, surtout dans les landes et les friches sablonneuses des bords de l'Océan, a été indiquée comme diurétique, diaphorétique et aslringente. Il en est de même de VE. vulgaris L. , ou Bruyère commune, Brande, qui est devenu le type du genre Calluna Salisb., à cause de sa capsule dont la déhiscence est septicide. Cette dernière espèce croît abondamment dans les landes, les terrains en friches, les clairières des bois sablonneux. Elle est d'un grand usage en économie domestique. On l'emploie notamment pour faire de la litière aux bestiaux et pour chauffer les fours. Dans le nord, on la mêle à l'écorce de chêne pour le tannage des cuirs et on la substitue quelquefois au houblon dans la fabrication de la bière.
Dans la Sologne orléanaise, dans les Landes et en Provence, on fait, avec les tiges desséchées de YE. scoparia L., des balais employés journellement aux DicT. ENr. XXXV. 29
450 ERICHSEN.
usages domestiques. Ces balais sont vendus, en Provence, sous le nom de Scoiido de bruse. Ed. Lef.
ÉRICACËES OU ÉRiCirvËES {Ericacece Lindl., Ericineœ Br.). Famille de plantes Dicotylédones, dont le caractère essentiel réside dans la placentation qui est axile. Les fleurs, hermaphrodites et régulières, sont groupées en épis, en grappes ou en ombelles simples, plus rarement solitaires. Elles sont pentamères ou tétramères, avec un calice à sépales libres ou plus ou moins soudés, une corolle dialypétale ou gamopétale et un androcée composé d'étamines eu nombre égal ou double de celui des divisions de la corolle, et dont les anthères biloculaires sont pourvues souvent, à la base, d'appendices en forme de cornes et s'ouvrent par des porcs ou par des fentes longitudinales. L'ovaire, supère ou infère, est ordinairement divisé en plusieurs loges contenant chacune plusieurs ovules analropes. 11 devient à la maturité soit une capsule loculicide ou septicide, parfois enveloppée dans le calice persistant et devenu charnu, tantôt une baie ou une drupe. Les graines renferment, sous leurs téguments, un embryon droit entouré d'un albumen charnu.
Les Éricacées sont des arbrisseaux ou des arbustes à feuilles ordinairement simples, alternes ou verticillées, dépourvues de stipules. Elles ont des représentants dans presque toutes les régions du globe, mais elles sont répandues surtout dans l'Afrique australe, en Europe et dans l'Amérique du Nord. Elles sont remplacées, en Australie, par les Épacridacées, qui n'en diffèrent guère que par leurs anthères uniloculaires. Les espèces, au nombre de plus de 1500, se répartissent dans trois tribus : Érigées {Erica L., Calluna Salisb., Arbidiis Tourn., Arctostaphylos Adans., Gaidtheria L., Andromeda Don, etc.); Rho- DODENDRÉES {Rhododeiidroti L., Azalea Desv., Kalmia L., Ledum L., etc.), et Vacciniées {Vaccinium L., Oxycoccos Tourn., Macleania Hook., etc.), auxquelles on rattache aujourd'hui les Pyrolées [Pyrola Tourn., Chimaphila Pursh., etc.), dont les représentants sont des herbes vivaces, et les Monotropées {Monotropa L., Hypopifys Dillen, etc.), qui sont des plantes huraicoles, dépourvues de chlorophylle, à feuilles réduites à des écailles incolores.
Les Éricacées n'offrent qu'un médiocre intérêt au point de vue médical. Elles sont en général astringentes et diurétiques. Plusieurs, comme les Airelles (Vaccinium), les Arbousiers [Arbtilus, Arctostaphylos), ont des fruits comestibles; d'autres sont riches en tannin et servent au tannage des peaux. Un grand nombre enfin, notamment les Erica, les Rhododendron, les Azalea, sont cultivées comme plantes d'ornement pour la beauté de leurs Heurs. Ed. Lef.
Bibliographie. — Endliciier. Gen., p. 750. — De Candolle. Prodrom., VII, p. 613. — Bentham et HooKEii. Gen., II, p. 590. — Bâillon (II.). Leçons sut- les familles natur. des plantes, p. 224. — Van Tieghem. Traité de botanique, 1884, p. 1528. Ed. Lef.
ERIcnSEïiv (JoHANNEs). Médecin russe, né à Pétersbourg, le 21 novembre 1833. Reçu docteur à Dorpat en 1857, il fit un voyage à l'étranger et visita les plus célèbres cliniques et chercha surtout à augmenter ses connaissances en anatomie pathologique et en histologie. En 1860, il entra comme aide à l'hôpital Marie, de Pétersbourg, oii dix-huit mois après, il devint prosecteur. Il fonda en 1861 le Petersbiirger medicinische Zeitschrift. En 1864, Erichsen devint médecin titulaire à l'hôpital 3Iarie.
Erichsen fit beaucoup pour l'hygiène publique à Pétersbourg; la théorie delà
ÉRIGÉRON. 451
nappe souterraine de Pettenkofer avait attiré toute son attention; il fut un ardent défenseur du système des baraquements pour hôpitaux. L'assainissement de la capitale n'avait pas de plus zélé partisan que lui et il prit une part prépondérante à tout ce qui y fut fait dans cette voie ; en 1877, il fut élu membre consultant de la Commission sanitaire de Pétersbourg.
Ce savant médecin est mort prématurément, d'un cancer de la langue, le 13 février 1880. Il a mis au jour un grand nombre d'excellents mémoires, publiés pour la plupart dans le Pefersb. med. Zeitschrifl. L. Hn.
ÉRICIKÉES. Voy. ÉUICACÉES.
EBlCSSOl%l ou ERIKSSO.\ (Gustaf). Médecin suédois, né à Marstrand, le 4 aoiit 1789, fît ses études à Aabo et à Upsal et fut reçu docteur en pi)ilosophie dans cette dernière ville en 1812, docteur en médecine en 1817, maître en chirurgie en 1819. Il se fixa à Norrkoping, où il devint dès 1819 médecin pensionné, et il obtint en 1824 le titre de professeur « caractérisé ». Il était membre du Collège de santé et de la Société médicale suédoise. En 1832, il se démit de ses fonctions de médecin pensionne. Il mourut à Norrkoping en 1865, Ericsson a été un écrivain assez fécond. Outre des ouvrages politiques et des articles dans les journaux de médecine et les journaux politiques, il a publié :
I. Spec. oecon. sislens reflexiones nonnullas ciica nutritionem vegctabilium, quatenus e natura $o(i haec iinprimis pendeat. Upsaliae, 1815. — II. Diss. inaug. de idiosyncrasia (praes. P. Afzelius). Upsaliae, 1817. — III. Om brànvmet och dess missbruk. Norrkoping, 1851, in-S". — IV. Lâkemedlens igenknnnande och pv'ôfiiing vid apotehsvisitalioner. >Yexi(i, 1838, in-8°. — V. Anmârkningar rôrande det medicinska studiet i Sverige. jSorrkôpinp-, 1841. — VI. An kalt vatlcns dietetiska, etc. iSorrkoping, 1842, — VII. Om mennisken be- Iraklad, etc. (Erebro, 1861. L. Hn.
ÉRIGÉROIV [Erigeron L.). Genre de plantes de la famille des Con>posées et du groupe des Astérées. Ce sont des herbes annuelles ou vivaces, à feuilles entières, à capitules hémisphériques, solitaires ou groupés en cymes corymbiformes ou racémiformes. L'involucre est formé de bractées linéaires, imbriquées sur plusieurs rangsj; le réceptacle, presque plan, est alvéolé ou chargé de quelques paillettes; les fleurs du centre, de couleur jaune, sont hermaphrodites et tubuleuses; celles de la circonférence, femelles et disposées sur plusieurs rangs, sont ligulées avec un limbe très-étroit, dressé, d'un rose violacé ou d'un blanc jaunâtre. Les achaines, oblongs et comprimés, sont >surmontés d'une aigrette à soies capillaires, d'un blanc sale ou roussàtre, disposées sur un seul rang.
Les Erigeron sont répandus dans les régions tempérées du globe. L'£. canadense L., originaire de l'Amérique du Nord, s'est naturalisé en Europe, où il pullule en automne dans les décombres, les terrains vagues, les lieux incultes, les jardins et les champs en friche, au pied des murs dans les villages. On l'appelle vulgairement Vergeretle et Queue de renard. On lui attribue des propriétés antidiarrhéiques assez actives; il figure à ce titre dans les pharmacopées américaines sous la dénomination d'Herba cura floribus et seminibus Erigerontis canademis. Il donne, par incinération, une certaine quantité de carbonate de potasse (l/5« de son poids environ): d'où l'emploi que l'on fait de ses cendres, dans certaines contrées, pour blanchir le linge. Ses achaines four-
452 ERIOCEPHALE.
Dissent par expression une huile, dite huile cfÉrigéron, que l'on a préconisée, surtout aux États-Unis, contre les métrorrbagies et les uréthrites.
Une espèce voisine, l'E. acre L., également commune en Europe dans les décombres, sur les pelouses sèches et les coteaux arides, a été indiquée comme incisive et béchique. C'est YHerbri. Conyzœ min&ris s. cœruleœ des pharmacopées anciennes. On en retire une essence qui sert, dit-on, à falsifier l'essence de menthe.
Enfin, dans l'Ame'rique du Nord, on emploie communément VE. philadelphicumL., en infusion ou en décoction, comme diurétique et sudorifique, surtout contre l'ascite et la gravelle. Il en est de même de VE. heterophyllum Miiehl. {Pkalacroloma acutifoUum Cass.) ou Sweet Scabious, Daisy Fleabane des Américains, espèce très-commune aux États-Unis, qui a été introduite depuis Irès-longtemps en Europe et est naturalisée aujourd'hui sur les bords du Rhin L't. dans le nord de l'Italie [voy. H. Bâillon, Traité de botanique médicale, 1884, p. 1128.) Ed. Lef.
ÉRIG^^ES. Crochets dont se servent les anatomistes et les chirurgiens pour retenir, soulever et écarter les organes ou parties d'organes qu'ils se préparent .•1 disséquer ou qu'ils se proposent d'isoler ou d'enlever. Les parties se trouvent ainsi fixées, n'échappent pas au bistouri et ne gênent plus l'opérateur. L'érigne se compose d'une tige terminée par un crochet souvent fixé sur un manche; elle est dite simple lorsqu'il n'y a qu'un crochet, double lorsque la tige se bifurque et se termine par deux crochets. On fait des érignes qui sont simples ou doubles à volonté, le crochet étant fendu et ses deux divisions faisant ressort lorsqu'on fait glisser d'avant en arrière un anneau qui les maintient en contact. Vérignede Rico ri est formée de deux branches glissant l'une sur l'autre ; elle est utile pour saisir une tumeur située au fond d'une cavité ou d'une plaie étroite. 11 existe encore des érignes à chaîne, des érignes à anneau, qui servent plus spécialement aux anatomistes pour maintenir des parties écartées sans l'intervention d'un aide, comme lorsqu'on se sert d'érignes à manche.
Il est des instruments qui tiennent à la fois de l'érigne et de la pince : c'est lorsque, comme dans la pince-érigne de Laugier, la piiice de Museux, la pince-érigne de Larrey, chacune des branches de la pince est terminée par une érigne simple ou double ou par une griffe {noy. Pisces).
On se sert d'une érigne spéciale à branches divergentes pour saisir les hémorrhoïdes, des érignes à crochet aigu et à crochet mousse de Sims, ainsi que de la pince-érigne à deux branches de Laugier dans l'opération de la fistule lacrymale, enfin de Yérigne à coulisse de Desgranges dans les rétrécissements du va^rin pour saisir le repli de la muqueuse destiné à s'engager entre les mors de la pince électro-caustique. L. H>'.
ÉRIOCÉPHAJLE. Sous le nom d'Eriocephalus, Linné {Gen., n" 994) a établi uu genre de plantes de la famille des Composées, dont les représentants sont des arbrisseaux très-rameux, propres à l'Afrique australe. M. H. Bâillon (Hist. des plantes, t. VIII, p. 280) le considère comme une simple section du genre Aihanasia L.
L'espèce type, E. afrieanus L., croît au cap de Bonne-Espérance, où on l'emploie, d'après Thunberg {Voyage, t. I, p. 538), dans le traitement de Ihydropisie. Ed. Lef.
ERIODENDRON. 453
ÉRIODE. Les Ériodes sont des Singes américains {voy. le mot Singes) qui offrent de grandes affinités avec les Atèles, mais qui se distinguent de ceux-ci par leurs foiraes plus robustes, leur tête relativement plus volumineuse, leurs narines séparées par une cloison moins épaisse. Ils ont la face nue, les oreilles petites et velues, les dents molaires bleu développées, les incisives au contraire assez petites, le corps revêtu d'une fourrure épaisse et serrée, généralement d'un brun fauve ou d'un jaune grisâtre, et les mains antérieures munies d'u:i rudiment de pouce. Comme beaucoup de Singes du Nouveau Monde ils ont une voix extrêmement sonore et remplissent les forêts de leurs cris quand ils s'en vont par petites bandes à la recherche de leur nourriture. On ne les voit presque jamais à terre, et ils circulent d'un arbre à l'autre avec une extrême agilité. Eu les voyant ainsi courir le long des branches, dans la pénombre des grands bois, en agitant leurs longues pattes velues, on comprend parfaitement que les voyageurs les aient fréquemment désignés sous le nom de Singes araignées. Dans leurs pays natal, c'est-à-dire le long de la côte orientale du Brésil, ces animaux bizarres sont l'objet d'une chasse très-active, non-seulement à cause de leur chair que l'on mange fraîche ou fumée, mais encore à cause de leur fourrure avec laquelle les Indiens fabriquent des vêtements ou des objets de parure.
Le genre Ériode {Eriodes I. Geoff.), dont l'aire d'habitat est des plus restreintes, ne compte qu'un très-petit nombre d'espèces dont les deux plus connues sont VEriodes hypoxantlms Wied et VE. arachnoides I. Geoff.
E. OUSTALET.
Bibliographie. — Isid. Geoffroy St-Hilaire, Prévost (F.) et Puchera.v. Cat. mélh. de la C.oflection des Mammifères, 1851, Singes, jt. 51. — Servais (P.). Hist. nat. des Mammifères, 1854, t. I, p. 121. — Schlegel(H.). Muséum des Pays-Bas, Simiae, 1876, p. 184. E. 0.
EKiODE!\DROi\. De Candolle a établi, sous ce nom, un genre de Malvacées, du groupe des Bombacées, dont les représentants, voisins des Bombax [voy. Fromager), en diffèrent siu-tout par la colonne staminale, qui est divisée au sommet en cinq languettes supportant chacune ou une seule ou un petit nombre d'anthères.
Les Eriodendron habitent les régions tropicales. On en connaît seulement sept ou huit espèces. Ce sont de grands arbres à feuilles digitées et à fleurs pédonculées, axillaires ou latérales, solitaires ou en cymes fasciculées. Leur tronc est parfois couvert d'aiguillons coniques très-durs. Le fruit est une capsule ligneuse ou coriace, à cinq loges contenant chacune de nombreuses graines entourées d'une bourre laineuse abondante.
L'espèce lapins importante est ÏE. anfractuosum DG-, qui, pour beaucoup d'auteurs, comprend deux espèces, ÏE. orientale Spreng. et VE. occidentale Spreng., selon qu'il croît aux Antilles ou aux Indes Orientales. Il a été figuré par Rumphius {Amb>, I, tab. 30) sous le nom à' Eriophoros javana et décrit par Linné sous celui de Bo)nbax pentandrum. C'est un très-bel arbre, qui atteint jusqu'à 25 mètres de hauteur et dont le tronc, parsemé d'aiguillons coniques très-durs, est recouvert d'une écorce verdàtre réputée émétique. Son bois sert à faire des pieux et des palissades pour séparer les habitations. Sa capsule, longue de 12 à io centimètres, présente à peu près la forme d'un concombre très-rétréci vers la base; elle renferme un grand nombre de graines, de la grosseur d'un pois, enveloppées d'une laine abondante qui constitue une
454 ERITHALE.
bourre employée, surtout à Java, pour faire des coussins, des matelas, des édredons, etc., mais qui est trop courte pour être filée et tissée. Ed. Lef.
ERiOPnOROS. Sous le nom d'Eriophoros javana Rumphius [Amb., I, tab. 50) a figuré un arbre qui est le Bombax pentandruni L. et VEriodendron anfractuosum DC. {voy. Eriodendron.) Ed. Lef.
ERIOPIIORUM. Genre de Cypéracées, établi par Linné et dont on connaît une quinzaine d'espèce répandues surtout en Europe et dans l'Amérique septentrionale et arctique. Ce sont des plantes vivaces, remarquables par les soies capillaires, de couleur blanche, qui entourent la base des achaines, s'accroissent après la floraison et dépassent très-longuement les écailles des épillets.
Les E. latifolium Iloppe et E. angnstifolium Roth., que Linné réunissait en une seule et même espèce sous la dénomination d'E. polystachyon, se rencontrent communément dans les prairies spongieuses et les marais tourbeux. Leurs épillets, plus ou moins nombreux et solitaires à l'extrémité de pédoncules inégaux, ordinairement penchés, qui terminent la tige, ressemblent, à la maturité, à des iiouppes soyeuses d'une belle couleur blanche. On les a préconisés, en Russie, contre les affections spasmodiques. Les Lapons en emploient les aigrettes soyeuses pour remplir des matelas, des coussins, et pour faire des tissus grossiers. Ed. Lef.
ÉRIPE. Voy. Araignées, p. 783.
ERIPHIOIV. Apulée, au dire de Dodoens, désignait sous ce nom le Corydalis bulbosa DG. [Fumaria bulbosa L.), plante de la famille des Fumariacées, dont la souche bulbiforme sert de nourriture aux Kalmoucks et renferme un principe immédiat, la Corydaline, préconisé en Amérique comme fébrifuge [voy. Corydaline). Ed. Lef.
ERITHALE [Erithalis h.) Genre de plantes de la familles des Rubiacées et du groupe des Chiococcées, composé d'arbustes glabres, à feuilles opposées, pétiolées, très-entières et pourvues de stipules interpétiolaires unies en gaine. Les fleurs, disposées en corymbes terminaux pédoncules, ont un calice gamosépale, persistant, une corolle subrotacée ou brièvement hypocratériforme, à limbe partagé en cinq ou dix lobes oblongs, et cinq ou dix étamines insérées à la base de la corolle, à anthères basifiques. L'ovaire, supère, devient à la maturité une drupe couronnée par les dents du calice et contenant cinq ou dix noyaux dans chacun desquels est une graine descendante, pourvue d'un albumen charnu.
Le genre Erithalis compte seulement quatre ou cinq espèces qui habitent les Antilles, la Floride et le Venezuela. La plus importante, E. fruticosa L. {E. odorifera Jacq.), est un arbuste de trois à quatre mètres, qui croît communément dans les bois à la Martinique, à la Jamaïque, à Saint-Domingue. On t'appelle vulgairement Epanille, bois citron, bois jasmin, bois de chandelle. Ses fleurs, de couleur blanche, exhalent un parfum analogue à celui du Lilas ou du Jasmin. Son bois, de couleur jaune citron, est utilisé pour faire des torches qui répandent en brûlant une odeur agréable. C'est un des bois néphrétiques du commerce. La résine qu'il renferme est astringente et préconisée contre les affections des reins et de la vessie.