‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.36Chapitre 3 sur 49 · ESPÈCE. RACE. TAILLE. DIFFÉRENCE. RAPPORT · texte numérisé non relu

ESPÈCE. RACE. TAILLE. DIFFÉRENCE. RAPPORT

Cliien ) Petit épagneul O^jSOo I

(longueur) I Chien de montagne l'",528 ( '""'-"^ ^'^

Lapin j Niçard 0"',20 ^ „ ,,,

(longueur) 1 Bélier 0"',00 i "''^*" 0,o

Cheval t Slieltie 0",7t; I

(liduleui) l Cheval de hrasseur l'",80 ( ^"''"' *'' '

Mouton l 0",5'25 | „ „.„

(hauteur) 1 l'M90 i "'"''^^^ "'-^

Homme l Boschimans l-iôT ) ^„ ,^

(taille moyenne) . . ( Patagons 1»,77 ( ""'•'" '''^

Bien (jue les rapports indiqués ne soient qu'approximatifs, on voit que la "variation est presque deux fois plus considérable chez le cheval que chez l'homme ; plus de deux fois chez le mouton et le lapin et près de quatre fois chez le chien.

Dans nos races domestiques, les portions centrales du squelette sont ellesraème atteintes. Eyton a vu chez diverses races de porcs le nombre des vertèbres dorsales varier de 15 à 15 ; celui des lombaires, de 4 à 6; celui des sacrées, de 4 à 5; celui des caudales de 13 à 23. La colonne entière du porc anglais compte 54 vertèbres et celle du porc d'Afrique 44 seulement.

Rien de pareil ne s'est montré chez l'homme. Quelques cas isolés de vertèbres surnuméraires ont été signalés chez des soldats nègres venus du Kordofan et du Sennaar; Vrolick a même rencontré une famille hollandaise oit ce trait paraissait être héréditaire, mais on voit qu'il y a loin de là à ce qui se montre chez le porc dans plusieurs races.

Je terminerai cette courte revue en disant quelques mots de la stéatopygie. On sait que l'on appelle ainsi le singulier développement que prend le tissu adipeux des fesses chez les femmes de race boschismaneouhottentote. Il va sans dire que l'on a voulu y voir un caractère d'espèce. Mais la stéatopygie n'existe pas seulement chez les populations du Cap. On l'a rencontrée se manifestant d'une manière plus ou moins erratique chez des tribus franchement nègres habitant bien plus au nord. Livingstone nous apprend en outre qu'elle commence à se manifester chez les femmes Boers d'origine hollandaise. Comprend-on un caractère spécifique passant ainsi d'une espèce à l'autre ?

Enfin ce même trait en apparence si exceptionnel existe aussi chez les DXT. ex:. XXXVL I

animaux et caracléi'ise une race de moutons observée par Pallas dans l'Asie centrale. Dans cette race la queue est remplacée pyr un court coccyx que l'on sent avec le doigt. A droite et à gauche de cette queue rudimentaire sont placées deux masses de graisse hémisphériques, pesant de 15 à 20 kilogrammes. Il est évident que, toute proportion gardée, la stéatopygie n'atteint jamais chez les Houzouanas de pareilles proportions. Dira-t-on encore que ces moutons sont une espèce spéciale et distincte de ceux à qui manquent ces masses graisseuses? L'expérience montre le contraire, car, lorsque les Russes ont essayé de les introduire chez eux, ces animaux ont perdu au bout de quelques générations précisément ce caractère qui les avait fait rechercher et sont redevenus des moutons ordinaires.

Ainsi, que l'on s'adresse aux animaux ou aux végétaux, on reconnaît à bien peu près toujours — toujours, pourrais-je dire — que les limites de variation de race à race sont plus étendues que de groupe humain à groupe humain. Cela même peut d'abord surprendre, et l'on doit se demander pourquoi l'homme semble ici faire exception à une règle générale. Mais il est bien facile de lever celte difficulté. Si les animaux et les plantes ont subi des changements si nombreux et si grands, c'est que l'homme a employé son intelligence à les modifier. Chaque fois que le milieu a produit une variété présentant un trait quelconque pouvant satisfaire à un de ses besoins ou de ses caprices, il s'est appliqué à la conserver, à la développer par la sélection (voy. les mots Espèce et Races). C'est ainsi qu'il a multiplié les races et poussé aux extrêmes que l'on sait les modifications du type premier. Or l'homme ne s'est guère appliqué à lui-même la sélection; il a partout employé son industrie à se défendre contre le milieu : il est donc tout simple qu'il ait moins varié que les espèces animales ou végétales soumises à son empire.

Ce fait n'en a pas moins une signification bien nette pour la solution du problème qui nous occupe. Le polygénisme invoque en sa faveur les différences qui distinguent les groupes humains ; il affirme que ce sont des caractères d'espèce. Mais, puisque dans les deux règnes organiques des différences aussi grandes ou même plus considérables ne sont que des caractères de races, on doit admettre tout au moins qu'il peut en être de même pour l'homme, à moins de vouloir faire de celui-ci une exception. Ces considérations, purement morphologiques, placent donc déjà les deux doctrines sur le pied de légalité.

C. Fusion et entre-croisement des caractères. Sans quitter le terrain de la morphologie, le seul sur lequel les polygénistes aient sérieusement cherché à lutter, on rencontre des faits qui témoignent hautement contre leurs doctrines. Les groupes humains présentent à un haut degré ce que j'ai appelé la fusion et Ventre- croisement des caractères. Lorsqu'on les étudie avec détail, la difficulté n'est pas de trouver des ressemblances, mais bien de préciser des différences. Là, par exemple, où le Nègre et le Rlanc se sont mêlés depuis des siècles, comme en Abyssinie, on passe d'un type à l'autre par des nuances tellement intensibles et les caractères se juxtaposent avec si peu de régularité que la couleur et la chevelure ont perdu leur signification ordinaire. On ne reconnaît plus le Nègre qu'à la saillie exagérée du talon (d'Abbadie). Mais sur la côte occidentale d'Afrique ce caractère manque à des tribus entières.

Je pourrais multiplier les exemples de cette nature, mais il me paraît préférable de reproduire ici deux tableaux oii le caractère se traduit par des chiffres. Ces données numériques faciles à saisir et à comparer mettront plus

facilement en relief le résultat général. Le premier de ces tableaux comprend 165 mensurations prises sur divers groupes humains. Je l'ai dressé en ajoutant «n certain nombre de données à celles qu'avait réunies le docteur Weisbach, de la Novara. J'emprunte à Broca le second, relatif à l'indice céphalique de 51 groupes, me bornant à rétablir l'ordre sériai là oii il a été négligé et ù réunir par une accolade les groupes dont l'indice, exprimé en centièmes, reste le même. J'aurais pu étendre bien davantage ce tableau, en employant les mesures que M. Hamy et moi avons publiées dans nos Crania Ethnica. Mais il m'a semblé que le nom de mon émincnt et regretté collègue serait aux yeux de bien des lecteurs une garantie de plus.

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