‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.36Chapitre 34 sur 49 · DU-BASSIN, DE-VAI'EUR. OU DELAMARRE · texte numérisé non relu

DU-BASSIN, DE-VAI'EUR. OU DELAMARRE

Sulfate de soude . i

- potasse ....::.:.: : :! ^-o'^ o-"'*^ «-^^^

Chlorure de sodium i , „ ,„„ „ „

- potassium .:.::.:.::( «-^^^ o,i6o 0,208

Bicarbonate de tliaux ,

— soude 0,220 0,378 0,221

— magnésie 1

— stioutiane i

fer et manganèse \ ^''""''- "'""*• "'='"'•

Silicate de soude 0,U6 0,120 0,192

— chaux et alumine 0,122 0,520 0,213

Sulfhydrate de soude indices. indices. indices.

Bromures et iodures alcalins, matière organique azotes traces. tr. sensibl. traces.

Total des matières fixes 1,759 1,722 1,789

Gaz azote avec un peu d'oxygène indét. indét. indét.

8» Sources de la Piscine-Ronde. Elles sortent en divers points du fond du bassin circulaire ou ancienne piscine romaine, dont les murs ont été restaurés, et qui est encore entouré par les bancs de pierre à dossier de marbre tels qu'ils étaient autrefois. La piscine ronde, tapissée à son fond de conferves brunâtres, ayant la même apparence que celles des bassins froids de INéris, sert de refroidissoir. Elle a 9™,50 de diamètre, 3"%o0 de profondeur, et alimente un second bassin où la température de l'eau prend le degré convenable pour être administrée en bains. La réaction est très-légèrement acide; l'air extérieur étant à 29", 5 centigrade, l'eau mélangée des sources de la Piscine-Ronde a 59 degrés. Elle n'a jamais été analysée.

9" Source Marien. Ce puits, profond de l mètre et recouvert d'une pierre plate, est tout entier de construction romaine. Il est à 7 mètres du Puits-del'Escalier, et à 20 mètres du rocber opposé à ce puits. Son eau est versée dans un ^etit bassin circulaire où se développent des conferves d'un vert clair à la circonférence. La saveur est fade et rendue presque désagréable par un goût de noisette trop prononcé, et par sa haute tliermalité. Sa réaction est neutre; la température de l'air étant de 28", 5 centigrade, celle de l'eau est de 51 degrés. On n'est pas exactement renseigné sur sa composition cbimique.

10° Bassin-des-Cinq-Sources. Ce grand bassin, de 7", 10 de longueur, de 4 mètres de largeur et de 1™,50 de profondeur, est alimenté par des sources captées dans cinq puits, dont les margelles sont distinctes. Des bulles gazetises assez grosses viennent s'épanouir à la surface. Les conferves, brunâtres sous l'eau, paraissent jaunâtres lorsqu'elles sont détachées et en contact avec l'air. La réaction est acide, et la température de 38",! centigrade. Celte eau n'a pas encore été analysée.

H" Puits-Desglaudes. Ce puits, de forme conique, profond de G", 20, est du côté opposé au Puits-de-l'Escalier, à i'^,50 du rocher. L'eau, continuellement traversée de bulles gazeuses, est recouverte d'une couche épaisse de conferves jaunâtres venant du fond. La réaction de cette eau inodore est légèrement acide. La saveur est fade, et la température est de 49^,9 centigrade, celle de l'air étant de 27",!. On ne connaît pas exactement sa composition élémentaire.

412 ÉVAUX (Eaux minérales d').

Iî2" Deux sources Chaudes. Les deux puits qui contiennent ces sources sont à ["",^0 l'un de l'autre, et des tuyaux de plomb les mettent en communication. Le surplus de leur eau se rend dans le puits Desglaudes. Leur température est de 4G degrés centij^rade, celle de l'air étant de 2 i degrés. Leur composition n'est pas connue.

13** Source du Midi. Son point d'émergence est à 2 mètres du rocher de gauche, à l'angle du pont. L'eau de ce griffon est traversée sans cesse par une colonne de gaz dont les bulles forment chapelet. Sa réaction est acide et sa température de 54 degrés centigrade. Sa composition chimique n'a pas été publiée.

14° Puits du Premier-Juillet. Ce puits, profond de 4 mètres, se trouve entre le premier puits des Sources Chaudes, à 13 mètres duquel il est situé, et le Puits Marien, dont il n'est éloigné que de 5 mètres. La saveur de cette eau est très-fade, sa léaction très-acide et sa température de 48 degrés, l'air extérieur étant à 25 degrés centigrade. Klle n'a jamais été analysée.

15° Ptiits-des-Mcdailles. Son ouverture, rectangulaire, est à fleur de terre, à 2 mètres du Puits-Delamarre; sa profondeur est de 2 mètres. L'eau du Puitsdes-Médailles est reçue dans le même canal qui servait du temps des Romains.

11 se forme sur le bord supérieur de la surface de cette eau une couche de conferves d'un beau vert, qui devient chaque jour plus épaisse, plus tomenteuse et plus aréolaire. Des bulles gazeuses, intermittentes et d'un assez gros volume s'épanouissent à sa surface. La saveur de l'eau des Médailles est franchement alcaline, et elle parait être d'une digestion plus facile que celle do la plujiart des sources d'Évaux. Sa réaction est pourtant complètement neutre et sa température est de 420,8 centigrade, l'air étant à 27 degrés. Son analyse chimique n'a jamais été faite.

16'^ Source du Centre-du-Bassin-de-gauche. Elle sort au centre du ba?sin carré de gauche, qui est creusé dans le roc et couvert de conferves d'un vert foncé. Son goiîl semble calcaire, sa réaction est un peu acide ceiendant; sa température est de 38", 1 centigrade. Elle n'est pas gazeuse, n'a point été analysée et n'est point employée.

17" Puits-Triangulaire. Il est à 6 mètres du bassin des Cinq-Sources et de la piscine. Sa profondeur est de 5 mètres. La saveur de l'eau est fade ; c'est la plus froide de toutes les sources de cette station, 28", 8 centigrade. Aucune conferve n'y prend naissance.

18^ Sources Ferrugineuses. Elles sortent du rocher de gauche, contre le remblai du pont. Elles laissent déposer un sédiment abondant, jaunâtre, composé d'un principe ferrugineux. Leur saveur est styptique, notablement martiale, et donne à penser que ces sources chaudes (la plus abondante a 58°, 5) ont des indications précieuses et bien définies. La station d'Évaux rappelle celle de Luxeuil, dont le bain ferrugineux n'a pas de pareil en France.

Etablissements. Ils se nomment le Petit-Établissement ou l'Établissement- Ancien, l'Établissemenl-Nouveau ou Grand-Établissement; le troisième bâtiment abrite la piscine.

i" Le Petit ou l'Ancien-Établissement se compose de 12 cabinets ; 8 ont deux baignoires, 2 eu ont tiois et 2 n'en ont qu'une.

L'eau des Puits-de-l'Escalier, César et Delamarre, alimente le Petit-Établissement. La source du Puits-de-César fournit exclusivement l'eau chaude aux baignoires de faïence encaissées dans l'aire dallée de cette division.

Le Grand-Établissement contient 27 salles. 20 ont une seule baignoire, 4 en ont deux. Le robinet qui leur fournit l'eau chaude est alimenté par les sources

EVAl X (Eaux minérales h). 415

du Mur, du Pelit-Cornet, du Milieu-du-Bassin et du Bain-de-Vapeur. Le roLiuet d'eau froide laisse couler l'eau du Puits-Triangulaire. Chacune des baignoires est pourvue d'un appareil de douches descendantes de toutes formes, de tout calibre, ayants mètres dépression. Des 5 autres salles la première renferme un appareil de douche écossaise ; la seconde, celui d'une douche ascendante, et la troisième est réservée à des bains généraux de vapeur. Chacun des cabinets de bains est voûté; leurs baignoires, encaissées dans le sol et construites en pierres de Saint-Amand, devraient avoir un peu plus de profondeur.

Le troisième Établissement comprend une piscine et 10 compartiments qui servent de vestiaires. La piscine est principalement alimentée par l'eau des sources de la Piscine-Ronde, des Cinq-Sources et du Midi, qui s'y rend pour réchauffer le bain commun. Les deux sexes y ont accès à des heures difiérenles; 50 personnes peuvent s'y baigner à la fois.

Mode d'admimstration et doses. Les eaux d'Evaux s'administrent à l'intérieur et à l'extérieur. Les sources Marien, Ferrugineuses, du Grand-Mur et du Petit-Cornet, servent principalement en boisson. Mais le traitement thermal d'Evaux est, comme celui de Néris, avec lequel il a beaucoup de ressemblance, à peu près complètement extérieur et consiste en bains, en douches d'eau et en cataplasmes do conferves. Les eaux du Petit-Cornet, du Grand-Mur, auxquelles leur principe sulfureux donne des propriétés particulières, et les sources Ferrugineuses, s'emploient à la dose de 2 à 6 verres, qui s'ingèrent de demiheure en demi-heure, le matin à jeun. Elles sont assez désagréables à boire, et surtout d'une digestion difficile. Les vertus des bains et des douches d'Evaux ne sont pas sensiblement différentes de celles des bains et des douches d'eau commune ordinaire chauffée au même degré de température. Comme les conferves de Néris, celles d'Evaux n'ont pas une action émolliente, mais un elfet stimulant diffusible.

Effets i'hysiologiques et thérapeutiques. Les remarques que nous avons à présenter ont été faites déjà à propos de la sttXtion de ISéris. On doit prescrire dans les rhumatismes les bains et les douches avec l'eau des sources les plus chaudes, les bains de vapeur naturelle, et l'application localisée des conferves. Dans les névralgies et dans les névroses, ce sont les bains et les douches des sources protothermales qu'il faut employer de préférence, surtout en bains de piscine. L'eau d'Evaux est employée à l'intérieur d'une manière avantageuse dans les catarrhes simples et chroniques du larynx et des bronches, surtout l'eau des sources du Petit-Cornet et du Grand-Mur, qui augmente la toux et les crachats dans les premiers Jours, mais les rend ensuite progressivement plus faciles et les fait même disparaître complètement. Le traitement thermal externe est presque alors inutile. L'eau du Grand -Mur et du Petit-Cornet, en boisson, mais concurremment avec les bains et les douches d'eau et de vapeur ou les applications de conferves, réussit dans les affections cutanées, l'herpès, l'eczéma, le lichen, le prurigo, le psoriasis, l'acné. L'emploi extérieur de l'eau et des conferves d'Evaux rend des services remarquables dans les désordres du mouvement, les contiactures, les déformations articulaires, suite de plaies par armes de guerre, de blessures graves, de luxations et de fractures. Les bains et les douches d'eau et de vapeur à haute thermalité, les cataplasmes de conferves, stimulent énergiquement la peau : les membres deviennent plus souples, les articulations déformées ou malades reprennent progressivement leur jeu, et les mouvements sont moins douloureux et plus faciles. Il en est de même des atrophies rauscu-

414 EYEh.NIÂ.

laires localisées, auxquelles une cure par les bains et surtout par les douches remédie presque toujours, en rendant aux faisceaux musculaires ou aux muscles malades leur vigueur et leur conlractilité pi ornières. Ajoutons seulement que les sources ferrugineuses, naturellement chaudes, d'Evaux, ont des indications qui les rapprochent singulièrement de celles de Luxeuil et Szliâcs. Nous renvoyons à ces deux articles.

La durée de la cure est de vingt à vingt-cinq jours.

On n exporte l'eau d'aucune des sources d'Évaux. A. Rotureao.

EVE (Paul-Fitzsimmons). Médecin américain, né près d'Augusta (Géorgie), le 26 juin 1806, mort à Nashville, le 3 novembre 1877. Reçu docteur à Philadelphie en 1828, il ht un voyage en France et en Angleteire, servit en 1831 dans les hôpitaux de Varsovie, fut nommé en 1852 professeur de chirurgie au Collège de médecine fondé récemment à Augusta, succéda à Gross en 1850 à l'Université de Louisville, et l'année suivante prit la chaire de chirurgie à N.disville. 11 assista à la guerre d'Italie en 1859, puis à la guerre de Sécession. Ce fut un professeur distingué. En 1870, il communiqua à V American Médical Association un mémoire sur 100 cas de lithotomie pratiqués par lui. Les articles publiés par lui dans les journaux sont extrêmement nombreux. Son ouvrage le plus important a pour litre : Collection of Remarhable Ca»es inSurgerij, Philadelphia, 1857, in-8". L. lis.

ÉVETV'TRATIOI^. On donne ordinairement ce nom à la hernie survenue en un point quelconque de la paroi abdominale à la suite d'une plaie pénétiante, d'une rupture musculaire ou d'un écartenient des fibres de la ligne blanche [voy. Abdomen, p. 150, 165).

On dit encore qu'il y a éventralion lorsque, à la suite de grossesses multiples, il se produit un relâchement considérable des parois abdominales avec distension de la ligne blanche {voy. Grossesse, p. 42).

Enfin en tératologie on donne le nom de monstres par éventration aux monstres Célosoniiens {voy. ce mot); si l'éventration atteint la région thoracique, on les nomme Pleiirosomiens {voy. ce mot). L. Hn.

EVERIV'IA^ {Evernia Ach.). Genre de Lichénacées, du groupe des Parméliécs.

Les Evernia croissent sur les arbres, plus rarement sur les rochers. Leur thalle fruticuleux, étalé, dressé ou pendant, est profondément divisé, à expansions diversement laciniées, de couleur blanc cendré ou verdâtre. Les apothécies, d'un brun roux, sont en forme d'écuelles à peu près circulaires et situées sur de courts pédoncules vers les bords du thalle. Les thèques renferment huit petites spores simples, hyalines. Les spermogonies sont noires à l'extérieur, hyalines à l'intérieur, et les stérigmates, articulées, portent des spermaties droites aciculaires.

On ne connaît que quelques espèces de ce genre. La plus répandue est VEvernia Prunastri Ach. {Lichen Prunastri L.), qu'on trouve sur plusieurs arbres ou arbustes, notamment sur le Prunellier. 11 renferme un principe astringent qui l'a fait employer autrefois en médecine. Forskal rapporte qu'en Egypte on le réduit en poudre et on le mêle à de la farine pour faire le pain azyme. D'après Roumeguère, il pourrait constituer un excellent fourrage pour les animaux. Ed. Lef.

ÉVIAN (Eaux minérales d'). 415

ÉYERIVIIMIME. G*H"0^. Matière analogue aux sucres, extraite par Stude d'un lichen, V Evertua prunastri. C'est une poudre amorphe, jaunâtre, insipide, soluble dans l'eau chaude, insoluble dans l'alcool et dans l'éther. De même que le glycogcne, l'inuline, la lichénine et la gomme, l'évernine empêche la précipitation du sulfure et du sulfate de plomb. L. Hn.

ÉVER!\ii\iiQUE (Acide). C'H'"0*. Cet acide, homologue de l'acide orsellique, isomère de l'acide ombellique et de l'acide hydrocaféique, est un produit de la décomposition de l'acide évernique [voy. ce mot). Il forme de fins cristaux incolores, présentant une certaine ressemblance avec ceux de l'acide benzoïque, presque insolubles dans l'eau froide, très-solubles dans l'eau chaude, lalcool et l'éther, fusibles à 157 degrés. Une solution aqueuse d'acide éverninique est colorée en violet par le perchlorure de fer.

L'acide nitrique dissout à chaud l'acide éverninique en donnant naissance à un composé nilré, Vacide évernilique, qui cristallise en longues aiguilles jaunes, solubles dans l'eau chaude, l'alcool et l'éther. L. H.n.

ÉVERINIQCJE (Acide). G'^H"''0''. Cet acide, homologue de l'acide lécanorique, se rencontre dans un lichen, VEvernia Prunastri. On le relire de cette plante en l'épuisant par un lait de chaux, puis décomposant la solution filtrée par l'acide chlorhydrique. Il forme de petites sphères cristallines, à peine solubles dans l'eau bouillante, solubles dans l'alcool et l'éther, insipides, fusibles à 164 degrés.

Par la distillation sèche, l'acide évernique donne de l'orcine; sa solution ammoniacale se colore en rouge à l'air. Soumis à l'ébullition avec les alcalis ou la baryte, il se décompose en acide éverninique et en acide orsellique ou en ses produits de décomposition, orcine et acide carbonique. L. Hn.

EVERS (Otto-Justus). Célèbre chirurgien allemand, né à Iber, près d'Eimbeck, le 28 août 1728. Il étudia la chirurgie à Berlin, fut ensuite chirurgien d'hôpital et de régiment et après la guerre de Sept Ans vint à Paris, puis à Rouen, où il fut pendant sept mois pensionnaire de Lecat. Evers mourut à Ludion le 17 janvier 1800. Il a publié un grand nombre d'articles dans les recueils périodiques et de plus : Neue voUstàndige Bemerk. u. Erfahr. zw Bereicherung der Wundarzneikunst, etc. Gôltingen, 1787, in-8". — Praclische Anleilung ivie der heilende Wundarzt hti einer gerichtUch angeklagten Kur an criminell verwundelen Personen sich zu verlialtoi habe, Slendal, 1791, in-8". — Ueber die Infarctus, Steudal, 1794, in.80. L. Hn.

ÉVIAIV ET AMPHlOiV (Eaux minérales d'). Athennales,amétaliiles ou ferrugineuses faibles, carboniques faibles. Dans le département de la Haute- Savoie, dans l'arrondissement de Thonon, Evian est une petite ville d'environ 2000 habitants, en amphithéâtre sur la rive gauche du lac Léman, à 384 mètres au-dessus du niveau de la mer. La température d'Évian est sensiblement plus douce que celle de Genève. A mesure que l'on parcourt le lac, en venant du Bouveret, les montagnes s'abaissent progressivement pour disparaître tout à fait lorsqu'on est à la pointe de terre couverte par les habitations d'Évian, d'où l'on découvre un magnifique panorama. Les excursions et les promenades sont très-nombreuses et très-intéressantes. Amphion est à 2 kilomètres d'Évian. Un

416 ÉVIÂN (Eaux miniîrm.es d').

service régulier de voitures publiques relie ces deux stations plusieurs fois par jour, et permet aux baigneurs de visiter souvent les bôtels et l'établissement d'Amphion, oîi quelques malades résident même tout à luit. La chartreuse de Ripaille, ancien cliâleau bâti par Amédée V de Savoie, qui devint pape sous le nom de Félix V; Tlionon, dont la position est si leraarquable ; Neuvecelle, rendu célèbre par son cbiilaignier gigantesque ; les carrières de la Meillerie, petit village de pécheurs dont les rochers ont été chantés par J.-J. Rousseau et Ryron; Saint- Gingolph, aux limites de la Savoie et du Valais, etc., sont des points assez rapprocliés d'Évian pour être visités par les baigneurs, auxquels ces promenades laissent le temps de suivie leur traitement minéral. Le petit port d'Évian est très-l'réquenlé par les yachts et les embarcations de plaisance. La saison commence le 10 juin et finit le 1.^ septembre.

Des fouilles, pratiquées en 1789, firent découvrir les fontaines d'Évian, dont les sources émergent de moraines; elles sont au nombre de G, dont 5 sont principalement exploitées. On les nomme Sources Cachât, Gidllol, Bonnevie, du Lavoir, Monlmasson et de Corporau. Nous ne décrivons que les trois premières. Source Cachai. Sa fontaine est sous le pont qui unit les deux parties du jardin des bains et conduit à la Trinkhalle où se promènent les buveurs pendant les jours de pluie. Le grillon sort de bas en haut et son captage est formé par une cloche de zinc, à laquelle aboutit un tuyau de plomb qui se bilurque, d'un côté vers les buvettes, et de l'autre vers l'établissement de bains qu'il alimente d'eau froide. La buvette siq)érieure se trouve dans le jardin même de l'établissement, à 2 mètres seulement du griffon. Un monticule formé de rochers artificiels, recouverts de fraisiers sauvages et de plantes grimpantes, supporte à son milieu le robinet de cuivre, se fermant à volonté, qui donne l'eau de la source Cachât. Une porte permet aux buveurs d'avoir accès au robinet pendant les heures réglementaires. La buvette inférieure est à 40 mètres de la précédente, dans la cour de la maison des bains. On descend à son pavillon par une allée suivie dun grand et bel escalier de pierre, au bas duquel on a élevé une colonne surmontée d'un buste d'Ilippocrate qui porte un robinet semblable à celui de la première buvette, versant à volonté l'eau de la source dans un bassin de marbre de Saint-Tiphon. Cette eau est claire, limpide, transparente, inodore, incolore et sans goût prononcé; reçue dans un verre et examinée avec soin, elle ' contient des bulles de grosseur moyenne qui mettent dix secondes à monter à sa surface, et d'autres beaucoup plus petites qui mettent cent quinze secondes à y arriver. Sa réaction est parfaitement neutre et sa température est de 11", 5, celle de l'air étant de 18 degrés centigrade. Le débit de la source Cachât en vingt-quatre heures est de 5800 litres. Son analyse est à la suite de la description de la source Bonnevie.

2" Source GuUlol. Elle émerge à 555 mètres de la buvette qu'elle alimente, dans un jardin conligu à celui de l'établissement. Son eau est reçue sous une cloche de zinc où aboutissent des tuyaux de ciment romain qui la conduisent à un réservoir établi sous la terrasse inférieure voisine du Grand hôtel des bains. Un tuyau de plomb, à deux embranchements, alimente la buvette Guillot et le bassin de l'étage supérieur de la maison des bains. L'eau descend de là à la chaudière, dans laquelle on élève sa température et d'où elle se rend aux baignoires, où elle se mêle à l'eau de la source précédente. La buvette Guillot est à l'",2o de la buvette Cachât supérieure. L'eau a les mêmes caractères physiques et chimiques que la source Cachât, seulement son goût est sensiblement ferru-

ÉVIAN (Eaux minérales d'). 417

gineux; sa température est de 12", 1 centigrade, celle derairétanl de 14», 2. Son analyse est au tableau de la source suivante.

5° Source Bonnevie. Une pente assez rapide conduit en cinq minutes des sources Cachât et Guillot à la source Ronnevie, dont le griffon sort directement de la terre, et a un débit de 72 000 litres en vingt-quatre heures.

La buvette Bonnevie est à 6 mètres du point d'émergencf de la source, sous une grotte formée par la saillie d'un rocher artificiel. Un tuyau, scellé dans le rocher, laisse couler sans cesse son eau dans une cuvette de pierre garnie de mousse. Des canaux, aboutissant au fond de celte cuvetle, alimentent le réservoir de la maison des bains IJonnevic. L'eau a les mêmes caractères physiques et chimiques qu'aux deux premières sources, sauf que la saveur est beaucoup plus agréable et nullement ferrugineuse. Les bulles gazeuses, moins nombreuses, mais plus grosses, mettent cinquante secondes à monter à la surface d'un verre. La température est de 11",1, celle de l'air étant de 14», 1 centigrade. L'analyse de 1000 grammes des eaux de la source Cachât et de la source Bonnevie, pratiquée eu 1851 dans le laboratoire de l'École des mines de Paris, et l'examen de l'eau de la source Guillot, fait en 1861 par Pyrame Morin, ont donné les résultats qui suivent :

souncK souncE source

CACHAT. CmU.OT. UONNEVIE.

Bicarbonate de magnésie O.Ol'O 0,2439 0,0150

— chaux 0,19i(i (J,1ffi6 0,2210

— soude (1,0200 0,0194 0,0200

— potasse 0,0060 0,0062 0,0070

— (jroloxyde de fer » 0,0033 »

— ammoniaque » 0.0006 »

Phosphate de soude O.OOU \ 0,0017

Oxyde de manganèse » (

Combinaison do prolosyde de fer et de ma- | traces

lière organique » /

Sulfate de magnésie » 0,0068 »

Nitrate de chaux >• 0,0100 »

Chlorure de sodium » 0,0037 »

Silice " 0,0080 »

Alumine •• 0,0027

Glairine » 0,0350

Matière bitumineuse » quantité insens. »

Total des matières fixes 0,2341 0,4652 0,2647

/ acide carbonique libre 0,0610 0,77 0,0970

Gaz. . I azole » 7,69 »

^ oxygène " 1,54 »

Total des gaz » 10.000

Sources du Lavoir, de Montmasson et de Corporau. Bien qu'elles n'aient aucun usage balnéothérapique, nous en donnons l'analyse chimique, faite à l'École des mines de Paris, afin de montrer la complète analogie de composition de toutes les sources d'Évian, 1000 grammes de l'eau de chacune de ces trois sources, destinées à être certainement bientôt employées, contiennent :

source sodrce source

DU LAVOIR. montmasson. CORPORAU.

Bicarbonate de magnésie 0,0120 0,0240 0,0210

chaux 0,0200 0,0150 0,0200

soude 0,1920 0,1870 0,1810

potasse 0,0080 0,0040 0,0060

Phosphate de soude 0.0015 0,000"? 0>0»^^

Total des matières fixes 0,2353 0,2287 0,2294

Gaz acide carbonique libre 0,0650 0,0560 0,0290

i)icT, ENC. XXXVL 27

418 ÉVIAN (Eaux minérales d').

Etablissements. La station d'Evian en a deux qui se nomment bains Cachât et bains Bonnevie. Les moyens balnéothérapiques de l'étaWissemeiit Cachât se composent de 32 baignoires dans 26 cabinets, 6 étant à baignoires doubles. Toutes les salles du rez-de-chaussée se ressemblent, elles n'ont pas de vestiaire ; deux ont un bassin de zinc qui permet l'application des douches au moyen de tuyaux en caoutchouc. Les baignoires réserve'es aux dames sont pourvues d'une planche de bois, s'élevant à volonté et portant à son centre un entonnoir de ferblanc. Cet entonnoir reçoit l'eau versée par la malade qui la conduit, au moyen d'un tube flexible, dans ses organes génitaux, lorsque les douches vaginales sont nécessaires. Les cabinets sont suflisamment grands, bien éclaiiés et bien ventilés, mais les 4 cabinets de douches qui sont au sous-sol sont trop bas et trop sombres. Deux servent à l'administration des grandes douches dont l'eau vient de l'étage le plus élevé, c'est-à-dire de 10 mètres de hauteur. Les deux autres contiennent des appareils très-complets de douches ascendantes. Un beau chalet, bâti à 20 mètres de la buvette, constitue l'établissement Bonnevie. 20 cabinets occupent son rez-de-chaussée : 2 de ces cabinets servent de vestiaire, 16 baignoires isolées garnissent les autres, et les deux derniers sont munis d'appareils de douches. Les salles de bains sont un peu trop petites ; elles laissent beaucoup moins à désirer cependant que celles des douches. Le jet de celles-ci est trop faible en raison du })eu de hauteur de leurs bassins, qui n'est élevé que de 5 mètres ; on a été obligé de faire communiquer ces bassins pour suppléer à leur étroitesse. Chacun des cabinets de bains a les appareils convenables pour l'administration des douches ascendantes.

Amphion. La station d'Amphion n'est qu'à 2 kilomètres d'Évian, sur une magnifique route, liès-fréquentée des baigneurs, qui suit lu rive gauche du lac Léman. Trois sources émergent à Amphion : lu Grande Source, la Petite-Source et la Source-de-V Hôtel.

\° Grande-Source. La Grande-Source est enchambrée à 10 mètres du lac par une maçonnerie qui a 1"',20 de hauteur, afin d'exhausser le niveau de l'eau qui se rend à l'établissement de bains et de douches. Un canal unique aboutit à ce bassin ; il se bifurque, et son eau se rend aux deux robinets d'une buvette, et à la division des bains et des douches de l'établissement. Cette eau, très-claire et très-limpide, est incolore et inodore ; la saveur en est à la fois ferrugineuse et piquante, quoique les bulles gazeuses qui la traversent semblent rares et assez petites. Sa réaction avec les préparations de tournesol est alcaline, et sa température est de 110,2, celle de l'air étant de 14", 4 centigrade. Son débit est en vingt-quatre heures de 20 160 litres. Gaultier de Claubry a publié en 1861 l'analyse de l'eau de la Grande-Source d'Amphion, et il a trouvé dans 1000 grammes les principes suivants :

Bicaibouate de chaux 0,1810

— magnésie 0,1210

— soude 0,0310

Phosphate de fer 0,0060

Silice 0,0160

Chlorure de sodium 0,0013

Azotate d'ammoniaque )

Matière organique S OjOlyo

Sulfates traces.

Total des matières fixes 0,4020

Un pavillon octogonal abrite la buvette de la Grande-Source, dont l'eau

ÉVUN (Eaux minéralks d'). 419

s'écoule par deux tuyaux, de 5 centimètres de diamètre, dans une vasque dont les parois internes sont recouvorlcs de rouille.

L'établissement des bains, construit près de l'émergence de la Grande-Source, se compose de quatre corps de logis : au rcz-de-cliaussée du premier sont les salons de conversation, de lecture, les deux cabinets de l)ains ot de douches, et une très-belle terrasse dont le pied est baigné par les eaux du lac. Le deuxième et le troisième bâtiments servent aux logements des baigneurs, et enfin le quatrième est un pavillon qui recouvre la piscine à eau courante, alimentée par la Grande-Source dont l'eau arrive à sa température primitive. Un escalier de f» marches de bois descend à cette piscine, de 5"', 50 de longueur, de 1"',60 de largeur et de l^joO de profondeur. Le pavillon de la piscine est éclairé par sa partie supérieure. On doit construire un premier étage autour duquel des cabinets de bains isolés seront établis.

2° Petite-Source. Le griffon de cette source est un filet, trouvé en 1862, au bord même du lac. Son eau a presque le même goût que celui de la source précédente ; il est seulement un peu moins ferrugineux et un peu moins piquant. Sa réaction est la même qu'à la Grande-Source, et sa température est de 12", 2, celle de l'air étant de 15", 4 centigrade. Son débit en vingt-qualrc heures est de 2880 litres. L'eau d'Amphion n'est presque jamais employée, et son analyse chimique exacte n'est pas connue.

o» Source-de-l" Hôtel . Son griffon est à 45 mètres du lac, et à 170 mètres de celui de la Grande-Source. Ses caractères sont les mêmes que ceux des deux autres sources d'Amphion, dont elle ne diffère que par sa saveur, qui n'est aucunement ferrugineuse, et sa température beaucoup plus élevée, 16 degrés centigrade, l'air étant à 14°,5 centigrade. Son débit en vingt-quaire heures est de 12 960 litres. Un robinet de cuivre, fixé dans le mur méridional de l'hôtel, verse l'eau dans une cuvette de zinc, d'où un canal la conduit au lac.

Cette eau n'a actuellement aucun usage et elle n'a pas encore été analysée. Elle rendra d'utiles services, si les eaux d'Amphion sont jugées trop froides, car il faudra moins de combustible, afin d'élever la température native de l'eau de la source de l'Hôtel au degré convenable pour son administration à l'extérieur. Toutes les sources d'Amphion, et notamment la Petite-Source, sont assez rapprochées du lac pour qu'on suppose une communication possible. Nous avons noté cependant que la température de l'eau du lac de Genève étant à 16°,2 centigrade, celle de l'air à 14", 9 centigrade, les trois sources d'Amphion avaient invariablement le nombre de degrés que nous avons indiqué en parlant de chacune d'elles.

Mode d'administration et doses. Le mode d'administration et les doses de toutes les sources d'Évian et d'Amphion sont exactement les mêmes , elles se donnent en boisson, en bains et en douches ; mais la cure intérieure est de beaucoup la plus importante. Les eaux d'Évian et d'Amphion se prennent de 4 à 10 verres, le matin à jeun et à un quart d'heure d'intervalle. Beaucoup <le malades même retournent aux sources avant de dîner, et ingèrent de 1 à 4 verres. La plupart d'ailleurs reçoivent l'avis de mêler l'eau d'Evian et d'Amphion au vin qu'ils boivent aux repas. Les bains et les douches à Évian et à Amphion doivent avoir la même durée que les bains ou douches à l'eau de

rivière.

Action physiologique et thérapeutique. L'action des bains et des douches d'Évian et d'Amphion n'est pas assez marquée sur l'homme sain pour qu'il soit

420 KV[AN (Eaux mimîrales d').

facile d'en affirmer les résultats. Ceux qui boivent ces eaux s'aperçoivent qu'elles ont une action physiologique sensible cependant sur les voies urinaires ; ils transpirent aussi davantage et ont quelquefois des selles assez fréquentes. 11 faut tenir compte, en constatant ces résultats, de la grande quantité d'eau ingérée, car ou doit supposer que cette absorption combinée avec un exercice assez actif et une température assez élevée peut déterminer les manifestations que nous avons indiquées. 11 est donc difficile de soutenir que les eaux d'Évian et d'Arapliion sont éminemment diurétiques, diaphorétiques et purgatives, car une eau minérale est, à proprement parler, diurétique toutes les fois seulement que la quantité d'urine excède la proportion d'eau ingérée; diapborétique, quand elle augmente la perspiration cutanée et détermine la sueur par son activité; |)urgative enfin, si elle stimule les villosités ou les glandules intestinales, sans qu'on ait besoin, pour expliquer cette augmentation de sécrétion, d'alléguer l'indigestion occasionnée par une dose trop forte. Un appétit plus vif, une assimilation |)lus prompte et plus complète, un sentiment de force et de bien-être, sont les effets physiologiques les plus marqués des eaux d'Évian et d'Amphion. Mais doit-on attribuer cette action salutaire à l'ingestion seule des eaux? Cela est au moins douteux, et on doit faire la part de la pureté de l'air, du voisinage du lac, du changement d'habitude, de climat, de nourriture, et des distractions des malades. L'eau de la source Guillot, et surtout celle de la Grande- Source d'Amphion, ont une activité plus reconstituante à la longue que toutes les autres sources de ces deux stations, ce qui s'explique aisément par la proportion de fer que toutes les deux tiennent en dissolution et qui les fait conseiller de préférence, quand on veut augmenter les globules rouges du sang. Les propriétés physiques et chimiques, la température et les effets physiologiques des eaux d'Évian et d'Amphion à l'intérieur et à l'extérieur, ne peuvent conduire à la connaissance de la vertu curative de ces eaux. De ce que ces vertus ne peuvent être expliquées, s'ensuit-il pourtant qu'elles n'existent pas ? Non assurément, et, quoi qu'en aient dit certains auteurs, souvent mieux inspirés, qui ont rangé les eaux d'Kvian au nombre des inutiles, se basant surtout sur leur minéralisation peu marquée et sur leur athermalité, les eaux d'Évian et d'Amphion ont une efficacité certaine dans les états pathologiques qui nous restent à indiquer. Qu'il nous soit permis auparavant d'attirer l'attention sur l'analyse chimique que Pyrame Moriii a publiée de l'eau de la source Guillot, et que nous avons rapportée. Si, en effet, nous ne regardons pas toujours les analyses chimiques comme un critérium suffisant en hydrologie médicale, elles sont pourtant un élément que le médecin ne doit jamais négliger. Morin termine son travail par les conclusions suivantes : l'eau de la source Guillot est alcaline, elle contient, à côté d'autres carbonates, du bicarbonate de magnésie, de l'azotate de chaux, de la glairine, une substance bitumineuse, du fer avec un peu de manganèse. Son influence diurétique doit être attribuée, au moins en partie, au nitrate de chaux. La présence de matières organiques, la glairine, qui est azotée, et la matière bitumineuse, doivent lui donner une action spéciale qui mérite d'attirer l'attention. Les gaz qu'elle dissout, l'absence de sulfate de chaux et la faible proportion d'autres combinaisons, font que non-seulement l'eau de la source Guillot est légère à l'estomac, mais qu'elle est digeslive. Morin explique eu chimiste les propriétés que l'observation médicale a maintes fois constatées sur ceux qui ingèrent l'eau des sources d'Évian, mais cette explication, si vraie en général qu'elle soit, ne peut conduire stirement à leur action thérapeu-

EVODI.V. -421

tique. A quoi en effet attribuer que ces eaux soient aussi actives que la pratique le constate sur les affections calculeuses et catarrhales des voies urinairesV Gomment se rendre compte surtout de leur effet antispasmodique sur les malades qui sont depuis longtemps en proie à des souffrances névralgiques de l'appareil uro-poétique? Avec la faible proportion de principes solubles contenus dans ces eaux, remarquables par la glairine, la matière bitumineuse et l'azote quelles contiennent en proportion notable, ce qui les rapproche jusqu'à un certain point de plusieurs sources sulfurées, il est impossible de comprendre comment elles peuvent agir assez puissamment et dans un temps assez court sur des affections chroniques ayant profondément altéré la santé. Les eaux d'Évian doivent être conseillées avant toutes dans les gravelles, et spécialement dans celles des reins, alors surtout que ceux qui en souffrent ont un tempérament très-irritable et de la tendance aux sjiasmes de l'un des points des voies urinaires. L'usage intérieur et extérieur, intérieur surtout, des eaux d'Évian, est donc très-utile dans les néphralgies, les cystalgies et les douleurs nerveuses de l'urèthre, quand ces douleurs sont le résultat des manœuvi-es de la litholritie et sont accompagnées ou non de calculs ou de graviers siégeant dans l'un dos points des conduits de l'urine. L'eau dos mêmes sources convient aussi lorsqu'il s'agit de remédier aux accidents d'une goutte caractérisée par une acidité générale des humeurs et par une production trop active d'acide urique. Une seule cure, en général, suffit pour alcaliniser les goutteux, qui rendent de petits calculs ou des graviers à base de chaux combinés avec l'acide uriquo, ou se débarrassent au moins de la surabondance de cet acide dans le sang ou dans le liquide sécrété par les reins. Les eaux d'Evian conviennent encore, en boisson surtout, aux dyspeptiques et aux gastralgiques dont les liquides stomacaux sont plus acides et plus abondants qu'ils ne doivent l'être; elles corrigent assez promptement cet état morbide ayant résisté jusque-là à tous les moyens de la matière médicale. Les eaux d'Evian, et particulièrement celles de la source Guillot, et les eaux d'Amphion, surtout celles de la Grande-Source, guérissent la chlorose et l'anémie, mais Amphion est indiqué lorsqu'on a besoin d'employer une eau ferrugineuse plus active. Les bains de piscine de courte durée à l'eau courante, et à la température de la Grande-Source d'Amphion, doivent constituer le traitement principal à cette dernière station, dont les eaux sont particulièrement toniques et reconstituantes.

La durée de la cure, à Évian comme à Amphion, est d'un mois, en générai.

On exporte principalement l'eau de la source Cachât d'Évian, et celle de la Grande -Source d'Amphion, mais en proportion beaucoup moins considérable. A. ROÏUREAU.

Bibliographie. — Davet de Beal-repaire. Histoire et description des sources minérales du royaume de Sardaigne [Évian et Amphion). Paris, i8o2, in-S". — Dessaix. La Savoie historique {Évian et Amphion). Chanibéry, 18G0. — Morin (Pyrame). Analyse de l'eau de la source Guillot d'Évian. Neufchàtel, 1861. — Bertier (Francis). Des eaux minérales de la Savoie. Évian et Ampliion (Haute-Savoie), pp. 81-85. Évian-les-Bains (Haute-Savoie). Sources Cachât, Bonnevie, Guillot, Montmasson et Vignier. Paris, 1879, brocli. de 8 p. in-S". — Taberlet. Évian, ses eaux minérales et leur valeur thérapeutique. Nice, 1881, broch. de 107 p. in-8°. k.W.

ÉVIDEME!>IT. Voy. RlîSECTIONS et PÉRIOSTE.

ETODIA. (Evodia Forst.). Genre de plantes de la famille des Rutacées et du groupe des Zanthoxylées. Ce sont des arbres ou des arbustes à feuilles opposées,

/*22 EWEIIT.

à fleurs hermaphrodites ou polygames, disposées en cymes terminales. Ces fleurs sont tétramères ou pentamères avec des élamines en même nombre ou en nombre double de celui des pétales. L'ovaire, libre, quadri- ou quinquéloculaire, devient à la maturité une capsule renfermant plusieurs graines albuminées.

Les Evodia habitent les régions tropicales de l'Asie, la Polynésie et les îles Mascareignes. On en connaît une vingtaine d'espèces, dont plusieurs sont utilisées en médecine dans leurs pays d'origine. Tels sont notamment VE. latifolia DC, VE. hortensis Forst. {Fagara Evodia L. f.), qu'on emploie, le premier aux Moluques, le second dans la Polynésie, comme toniques et vulnéraires. En Chine et au Japon, on préconise comme purgatifs et sudorifiques les fruits de VE. rutcecarpa Benth. et Hook. ou Go-sju-ju des Japonais.

VEvodia febrifuçja A. S. IL, dont l'écorce, amère et astringente, est employée au Brésil comme succédané du quinquina, est YEsenbechia febrifuga de Martins {voy. Esenbeckia). Quant à VEvodia Ravensara Gaertn., c'est VAgatophyllum aroniaticum Wild. ou Ravensara aromatica Sonnerat, de la famille des Lauracées {voy. Ravensara). Ed. Lef.

ÉVODYLE. C'II-^O. Groupement homologue de l'acétyle et dont l'hydrure ou aldéhyde e'vodique, CIL^^O, constitue la partie la plus importante de Vessence de rue. L. Hn.

ÉVOiiUTioiv. \'oy. Développement.

ÉvoiVYitillVi:. Substance amère, cristalline, insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool et l'éther, extraite des baies du fusain, Evonymus europaeus. L. H.n.

É¥Oî\ifMlTE. C4I"0^ = C*'H*(0H)^ Variété de sucre retirée du cambium des branches de fusain, ainsi que du Melampyrum nemoroswn, du Scrofularia nodosa et du Rhinanthus crista-galli. Elle est identique avec la dulcile extraite de la manne-dulcite de Madagascar, dont l'origine est inconnue [voy. Dulcite). L. Hn.

EVOi\ïMLS. Voy. Fusain.

E\¥ERT (Christian -Hein.rick) et non Evert. Né à Stralsund le 5 avril 1759. Il étudia la chirurgie à Stockholm et obtint le grade de (chirurgien sousaide, dans le corps de santé de la marine, où il devint chirurgien, à la suite do diverses campagnes. Reçu maître en chirurgie en 1795, il fut promu successivement chirurgien de régiment dans l'artillerie, chirurgien d'hôpitaux militaires, membre du Collège royal des médecins en 1804, et pensionné en 1810, comme chirurgien delà ville de Gôtheborg, où il est mort, le 10 mai 1831. On cite de lui :

I. Uerâttelse oni naagra kirurgisk hândelser. In Làkare och naturf., t. XIII, p. 140. — II. Om galvanhmens verkan i Paralysie. In Gôtheborg k. vef. och Vetlerh. satnhàll. trya handlingar, 1808, p. 84. A. D.

Ewert (Christian-Fredrik). Fils du précédent, né le 20 juillet 1804, à Gôtheborg. Étudia la médecine à Upsal, fut reçu médecin-candidat en 1826, et licencié en 1827. Attaché à l'hôpital des Séraphins de Stockholm en 1827 et

EXANTHÈME. 423

1828 et après son stage à la Maternité, il fut promu docteur en médecine en 1827 à Upsal et maître en chirm-gie le 24 avril 1830. Il pratiqua d'abord la médecine, puis fut nommé chirurgien dans un régiment d'artillerie, devint médecin de province, médecin d'hôpital et directeur du service de la vaccine à Gôtheborg. On cite de lui :

I. Exercitationum chirurgicarum in nosocomio Academico Upsaliensi. Upsal, 1827, iii-4°. — n. Berâtlelse om cholerafarsoten i Gôtheborg, 1834. In Svenska Lâkare Sâllskapet mja handlingar, 1835, p. 28. — III. Beràllelse om en s. k. Bluter. In Svenska Lâkare Sallskapet Aarsber., 1837, p. 92. — IV. Ett pathologiskt fynd. In Ibidem, 1859, p. 78. — V. Minnestal ofver hôgslsalig H. M. K. Cari XIV johan haallet uti Alltnàn Frimurare-Loge i Gôtheborg d. 8 sept. 1844. Gutheborg, 1844, in-8°. A. D.

EWicn (Johann von). Médecin allemand, né à Glèves en 1525, fit ses études à Venise et à Padoue et fut reçu docteur à cette dernière Université en 1551. Il se fixa à Brème, fut nommé médecin pensionné en 1562 et premier professeur de médecine au gymnase de cette ville en 1584. Il mourut le 7 février 1588, laissant entre autres :

I. De officia fidelis et prudentis magistratus tempore pestilentiae rempublicam a conlagio pracservandi liberandique libri II. Brème, U)5t5, in-8°; trad. en allemand., Mùhlhausen,158i, in-S". — II. Die Pestilem, ob sic cine anfâlligc Seuche sei, etc. liasel, 1582, in-8°. — m. De sagarum quas vulgo vencficas appcllant natura, etc. Brème, 1583, in-S". L. Hn.

EXACUM {Exacum L.). Genre de plantes de la famille des Gentianacées, caractérisé surtout par les anthères biloculaircs, déhiscentes par deux pores terminaux, et par la capsule qui s'ouvre en deux valves septicides. Ce sont des herbes asiatiques à feuilles opposées et à fleurs roses ou violettes, disposées en cymes dichotomes.

Les Exacum tenuifoUum et E. guianense d'Aublet, qui sont préconisés à la Guyane comme fébrifuges, appartiennent maintenant, le premier au genre Apophragma Griseb., le second au genre Schultesia Mart., sous le nom de Schiiltesia stenophylla Mart. Ed. Lef.

EXAlVTnÈnE. Étymologie. ilâ-DQniioi, è^otvOïjdiç, IÇavôîîv, fleurir; de ï;, hors, et âvôoç, fleur. SyiNonymie. Allemand, Ausschlag; anglais, Eruptions, Eruptive Diseases, Rash; hollandais, uitslag; danois, udslag, udslat; italien, esa7itemi; espagnol, escupiduras, exanthemas.

Le mot exanthème, si l'on s'en tient uniquement à son sens étymologique, ne peut signifier en dermatologie autre chose qu'efflorescence ou éruption, dans l'acception la plus large. Celse dit que les Anciens donnaient le nom générique d'exanthème à toute espèce d'éruption faisant saillie sur la peau, avec ou sans modification de couleur.

Sauvages le premier, au dix-huitième siècle, rompit avec la tradition. Partant de ce principe qu'une classification véritablement méthodique doit s'inspirer surtout de la nature des affections, il entreprit de réunir sous le même chef les différentes pyrexies dans lesquelles l'élimination cutanée des principes morbifiques détermine siir la peau des phénomènes éruptifs. Pour distinguer ce groupe, il lui assigna la dénomination spéciale d'exanthème : Morbi exanthematici sunt illi qui a maierie exanthemafum erumpente, retenta vel repuisa foventur; ah ex, extus, et hm^mk,florescentia, quasi efflorescentia :

424 EXANTHÈME.

taie est virus viraolœ, rubeolœ, scabiei, herpetis, etc. (Boissier de Sauvages, JSosologin method., 1768, t. II, p. 656). Cette déviation imposée par Sauvages au sens primitif du mot exanthème devait être le point de départ d'une longue et fâcheuse confusion. C'était sans doute un grand progrès que le rapprochement nosologique des diverses fièvres éruptives, ou du moins des affections prises pour telles, mais le terme choisi pour désigner le nouveau groupe était des moins heureux, car, s'il est admis en logique que la détînition de nom est lihre, il n'en est pas moins abusif de changer la signification d'un mot lorsqu'elle est conforme à Tétymologie et consacrée depuis des siècles par l'usage. L'innovation de Sauvages fut acceptée par CuUen, puis par Borsieri (CuUen, Sijnopsh nosologiœ 7nethodicœ. FAÏiinhourq,, 1112. — Borsicrii Institut, med. prat. Milan, 1785), mais elle resta longtemps lettre morte pour les autres nosographes. Pinel ne fit de l'exanthème qu'une phlegmasie cutanée {Nosogmphie philosophique, an VI, t. H, p. 21). Vers la même époque, Robert Willan, dans sa classification générale des maladies cutanées, décrivit simplement l'exanthème comme une lésion élémentaire, sans tenir aucun' compte de l'idée de nature, et il le plaça au même rang que les papules, les vésicules et les squames. « On appelle rash ou exanthème une rougeur de la peau, d'étendue et de couleur variables, reconnaissant pour cause une réplétion exagérée des vaisseaux avec ou sans extravasation partielle. De ces exanthèmes ou rashs quelques-uns seulement sont contagieux; les uns sont fébriles, les autres apyrétiques; les uns présentent une évolution régulière, les autres ont une durée incertaine (B. Willan, 0« Cut. Diseases, 1798). L'exanthème constitue l'Ordre 111 de Willan, et comprend à la fois la rougeole, la scarlatine, l'urticaire, la roséole, le purpura et l'érythème. Ajoutons que, d'après l'auteur anglais, la varicelle et la vaccine appartiennent à l'ordre des vésicules, et que la variole est reléguée dans celui des pustules. Bateman, dans son livre, reproduit textuellement la définition de son maître (Th. Bateman, Abrégé prat. des maladies de la peau, trad. Bertrand, 1820, p. 24). En France, Biett, Schedel et Cazenave, se rallient à la manière de voir de Willan et considèrent les exanthèmes « comme des phlegmasies de la peau, caractérisées par une rougeur plus ou moins vive, disparaissant momentanément sous la pression du doigt et accompagnées le plus ordinairement de symptômes généraux » (Abrégé prat. des maladies de la peau, o" cdit., p. 2). Pour Rayer également, les exanthèmes sont « des inflammations de la peau caractérisées par une teinte rouge généralisée de la peau, ou par des taches distinctes, rouges ou rougeâtres, disséminées à sa surface et qui se terminent par résolution, délitescence ou desquamation » [Traité méd. et prat. des mal. de la peau, t. I, p. 3).

La plupart des dermatologistes français ont adopté longtemps, à la suite de Biett et de Rayer, la définition de Willan, en la modifiant légèrement.

« Aujourd'hui encore, dit M. Hardy, le mot exanthème s'applique à une tache rouge, plus ou moins saillante, disparaissant à la pression et constituée par une congestion des vaisseaux capillaires de la peau. Néanmoins cette définition diffère de celle de Willan, en ce sens qu'elle sépare des exanthèmes les taches hémorrhagiques, et qu'elle ne permet plus de comprendre le purpura parmi les maladies exanthématiques. D'après la manière de voir généralement acceptée aujourd'hui, les maladies caractérisées par des taches exanthématiques sont la rougeole, la scarlatine, la roséole, l'érythème et l'érysipèle. J'ajouterai qu'on trouve encore des taches exanthématiques dans certaines affections cuta-

EXCJ:CARIA. 425

nées appartenanl à la syphilis et à la scrofule. Dans la pellagre également, la lésion cutanée est constituée par une éruption exanthématique ayant des caractères tout spéciaux de siège et d'évolution. » En résumé, l'exanthème n'est pour M. Hardy qu'une congestion des vaisseaux les plus superficiels de la peau ; il se rencontre dans des maladies de nature très-opposée, et la signification séméiologique de cette lésion anatomique est tellement variable qu'il est impossible d'en faire une histoire générale (Dict. de méd. et de chir. prat., t. XIV, 1871).

Cependant Alibert, dès 1832, avait repris l'idée de Sauvages et fait du mot exanthème le synonyme de fièvre éruptive. « Il est, avait-il dit, nécessaire de restreindre la signification du mot exanthème et de ne point l'étendre jusqu'aux maladies qui dépendent d'un état purement inflammatoire de la peau. En effet, les dermatoses exanthémateuses semblent être le produit d'une sorte de fermentation interne qui a pour but ultérieur la santé de l'homme; ce qui prouve cette destination finale, c'est, par exemple, le virus vaccinal qui, lorsqu'il est introduit artificiellement dans le système lymphatique, modifie la peau de manière à la rendre presque inaccessible au virus de la variole. Ces affections ont, en outre, des stades bien marqués ; elles ont leur moment d'incubation, leur moment d'invasion, leur moment d'apparition, leur moment de maturation, leur moment de dessiccation, comme les fleurs des végétaux auxquelles les patfiologistes les comparent » [Monogr. des dermat., 1. 1. — Dermatoses exanthémateuses, p. 258).

Dans cette énumération des caractères spéciaux à l'ordre des exanthèmes Alibert n'avait pas signalé l'importance de la contagiosité. Bazin, qui accepta la conception de Sauvages et d'Alibert, la compléta sur ce point. Pour lui les affections qui correspondent aux dermatoses exsudatives aiguës de l'Ecole allemande contemporaine doivent être divisées en deux groupes : les exanthèmes et les pseudo-exanthèmes. Les exanthèmes ont, d'après Bazin, une place tout à fait à part dans le cadre nosologique, et présentent comme caractères essentiels la contagion, l'évolution régulière, la durée fixe et la fièvre d'invasion. Les pseudo-exanthèmes, au contraire, ne sont pas contagieux; ils peuvent évoluer sans fièvre et leurs périodes ne sont pas absolument réglées, bien que leur marche soit typique.

A ces signes distinctifs donnés par Bazin MM. Besnier et Doyon ajoutent comme caractère clinique important que les exanthèmes ne récidivent jamais au sens médical du mot et que les pseudo-exanthèmes, au contraire, récidivent très-ordinairement, souvent un très-grand nombre de fois, chez le même sujet.

D'après cette distinction, de plus en plus acceptée aujourd'hui dans le langage scientifique, il faut comprendre comme exanthèmes la rougeole, la scarlatine, la variole, la varicelle, ainsi que leurs dérivés et leurs analogues. Quant aux pseudo-exanthèmes, ils constituent la série si confuse des érylhènies aigus simples, vésiculeux, huileux, hémorrhagiques, desquamatifs, etc. ; ils simulent souvent, de très-près, les exanthèmes véritables, notamment la rougeole et la scarlatine {voy. Besnier et Doyon, trad. et annot. de Kaposi, t. I, p. 258 et 260). A. PiGNOT.

EXC^CABIA (Excœcaria L.). Genre de plantes de la famille des Euphorbiacées, qui a donné son nom au groupe des Excsecariées.

Ce sont des arbres ou des arbustes à feuilles alternes, souvent accompagnées

426 lEXENCÉPIIMlEN.

de stipules. Les fleurs, unisexuées et le plus ordinairement monoïques, sont disposées en grappes ou en épis terminaux. Elles sont apétales ou pourvues d'un périanthe dimère ou trimère; les milles, avec un androcée formé de deux ou de trois élamines à anthères extrorses; les femelles, avec un ovaire à deux ou trois branches stigmatifères. Le fruit est une capsule formée de deux ou trois coques, qui s'ouvrent avec élasticité pour laisser échapper des graines, le plus souvent caronculées, pourvues d'un albimien charnu oléagineux.

Les Excœcaria sont répandus dans toutes les régions chaudes du globe, mais surtout en Amérique. Ils laissent découler, par incisions de leur tronc ou de leurs branches, un suc laiteux acre et vénéneux, utilisé dans certains endroits comme sudorifique, dépuratif et antisyphilitique. Tel est notamment le cas pour \E. sjmiosa L., VE. hihcvnka L. et VE. agallocha L. Cette dernière espèce, connue sous les noms vulgaires d'Agalloche, faux Calambac, est ÏArbor excœcans de Rumphius [llerh. amboin., II, 237, t. 79, 80) et le Commia cocliinchinensis de Loureiro {FI. cochinch., éd. 1790, p. 606). Il croît communément sur les plages maritimes dans les régions tropicales de l'ancien monde. Son latex, extrêmement acre et corrosif, qui irrite la peau et les muqueuses et produit des ophlhahuies intenses quand il tombe dans les yeux, lui a fait donner le nom d'irfcre aveuglant. Son bois ferrugineux, puant, compacte et extrêmement résineux, est le faux Bois (V aigle ou de Calambac du commerce. 11 s'enflamme facilement et brûle en répandant une odeur agréable, ce qui le fait substituer quelquefois au Bois d'aloès.

VE. sylmtica Michx {Sapium sylvaticum L.) est un arbuste de la Virginie, de la Floride et du Texas, connu sous le nom vulgaire de Queens Delight. Sa racine amère ou Yaw-root des Américains est employée journellement aux Etats- Unis comme remède des affections cutanées, syphilitiques et scrofuleuses.

Citons encore l'^. guianensis Aubl. ou Mapronnier de la Guyane, dont l'écorce est employée dans la teinture, et 1'^. sebifera Muell. [Croton sebiferum L.), ou Arbre à suif, espèce de l'Amérique du Nord, dont les graines sont entourées d'une couche épaisse d'une matière grasse, de couleur blanche, appelée suif végétal, suif de Chine, avec laquelle on fait des bougies. Ed. Lef.

EXCisiox. Voy. Opératio>;s.

EXCITABILITÉ. Voy. Nerveux, Moelle et Irritabilité.

EXCITANTS. Voy. Stimulants.

£X€RÉM£]\T1TIELLES (Matières). Voy. FÉCALES {Matières), Urines et

SÉCRÉTIOiVS.

EXCRETA. En hygiène, les substances rejetées du corps de l'homme ou des animaux. L. Hn.

EXCRÉTIOIV. Voy. Sécrétion.

EXEl%C£PnALl£i\ (de s;, dehors, et sY/.Écpa>oç, encéphale). Les Exencéphahens sont des monstres caractérisés par la conformation vicieuse de la tête, surtout dans sa partie occipitale, qui est ouverte et laisse sortir une partie plus

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