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EXHIBITIONNISTES

Mme X., monte sur l'impériale, espérant voir l'objet de sa passion au travers des croisées.

La seconde catégorie d'exhibitionnistes, ceux qui font montre de leurs organes génitaux, comprend des individus atteints de manifestations morbides diverses.

Un mot d'abord sur la manière de procéder ordinaire de ces malades : « Un individu, presque toujours, sinon toujours un homme, est arrêté pour outrage public à la pudeur. Il a fait montre de ses organes génitaux, non pas au hasard, devant les passants quels qu'ils soient, mais aux mêmes endroits, en regard des mêmes personnes, car le plus ordinairement le manège s'est répété nombre de fois avant qu'il ait donné lieu à une plainte, motivé la surveillance et amené l'arrestation... » (Lasègue). La première pensée qui se présente à l'esprit est qu'il s'agit d'un homme vicieux ayant épuisé les débauches et réduit aux dernières ressources des excitations impuissantes. 11 n'en est rien. L'enquête prouve, en effet, surabondamment, que le prévenu a les antécédents les plus honorables; cpi'il n'était pas forcément aux limites de la virilité; sa situation d'argent, son mdépendance de tout lien, lui permettaient et lui rendaient faciles les satisfactions autorisées.

On a donc affaire à un acte délirant, qui porte l'empreinte des états pathologiques : « L'instantanéité, la périodicité, son non-sens reconnu par le malade, l'absence d'antécédents génésiques, l'indifférence aux conséquences qui en résulteront, la limitation de l'appétit à une exliibition qui n'est jamais le point de départ de lubriques aventures, toutes ces données imposent la croyance à la maladie » (Lasègue).

Mais ces accès d'exhibitionnisme ne constituent pas une maladie: il faut donc rechercher, par l'examen des faits, dans quelles formes d'aliénation mentale on peut les rencontrer.

La majorité des exhibitionnistes sont des vieillards (sur les sept malades cités par Lasègue, quatre avaient dépassé la soixantaine), qui, soit avant, soit après cette bizarre manifestation symptomatique, avaient présenté des accidents cérébraux : hémiplégie, éblouissements, accès vertigineux avec confusion intellectuelle, etc. En un mot, on se trouve en présence d'individus à intelligence affaiblie, par suite d'apoplexie, de ramollissement cérébral ou de démence sénile.

Mais cet acte délirant n'est pas seulement accompli par des vieillards ; on l'observe aussi chez des hommes jeunes, soit au début, soit dans le cours de la paralysie générale. On cite de nombreux malades qui, dans la période prodromique ou dans les autres phases de la maladie, découvreut, en pleine rue, au milieu de la foule, leurs organes génitaux. Tel paralytique entre dans un magasin de modes et exhibe aux ouvrières de l'établissement ses organes pour les faire admirer. Tel autre en fait montre aux personnes de son entourage « parce que, dit-il, ils sont en or ».

Chez les épileptiques peuvent se rencontrer aussi des exhibitionnistes. Un peut considérer comme tel ce président d'un tribunal de province, dont Trousseau cite l'observation, qui, affecté d'accidents nerveux épileptiques, se levait au milieu de l'audience, en marmottant entre ses dents quelques paroles inintelligibles, passait dans la chambre du conseil, y urinait, puis, après avoir reboutonné sa culotte, rentrait dans la salle des séances, ne se doutant nullement de ce qu'il venait de faire (Trousseau, Clinique médicale, ''2^ édit., t. II, p. 59). 11 en est de même de cet oflicier supérieur observé par Lasègue, qui, sujet à des accès

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vertigineux avec confusion intellectuelle et parfois subdélirc, allait tous les deux jours se placer devant la grille d'une maison où habitaient des jeunes filles, découvrait ses organes génitaux, puis, après quelques minutes, reboutonnant son pantalon, continuait sa promenade périodique (Lasègue, loc. cit., p. 712). D'ordinaire ces malades n'ont aucune conscience de l'acte commis, ou bien n'en ont qu'une conscience incomplète.

On connaît la prédominance des impulsions instinctives chez les aliénés héréditaires et les dégénérés : on ne sera donc pas étonné de rencontrer chez eux cette tendance à étaler en public les organes génitaux. D'ailleurs quelques uns des laits rapportés par Lasègue reiitrent bien dans cette catégorie de malades {voy. Saury, Étude clinique su7^ la folie héréditaire. Paris, 1880, p. 157 et suiv.).

Lasègue, dans son article, ne cite que des exemples d'exhibitionnisles-hommes; il assure n'avoir vu qu'une seule femme ainsi entraînée à faire montre en public de ses organes génitaux.

La question traitée dans cet article présente une importance incontestable au point de vue médico-légal. Chez tout exhibitionniste le délit d'outrage à la pudeur est évident, mais la manière dont il est commis donne souvent l'éveil, et le médecin légiste est appelé à se prononcer. L'examen direct n'apprend rien, d'ordinaire. En effet, a l'individu, honteux, se renferme dans l'expression ou phitôl dans l'explosion de ses regrets ou de ses remords. [1 lui semble que toute réponse serait compromettante, et que moins il rendra compte de ses sentiments, plus on croira à une impulsion excusable, parce qu'elle a été inconsciente » (Lasègue). Il est donc indispensable de bien se rendre compte des conditions dans lesquelles l'acte s'est accompli, puis d'étudier avec soin les antécédents pathologiques du malade. On découvre alors que « cette aberration génésique n'est qu'un chaînon dans la chaîne des perversions intellectuelles qui avaient passé inaperçues ». Et de fait, en médecine mentale, comme le dit excellemment le professeur Lasègue {loc. cit., p. 715), « les observations rétrospectives sont toujours les plus précises et les plus probantes ; des renseignements qu'on aurait sollicités vainement avant la chute se produisent en foule dès que les observateurs non médicaux sont mis sur la voie par la maladie confirmée ». Am. Ritti.

EXHUMATION. Sous peine de constituer le délit de violation de sépulture, puni par l'article 560 du Code pénal, toute exhumation doit être faite par ordre de la justice ou après autorisation de l'administration. Dans un intérêt de salubrité ou pour toute autre cause d'intérêt général, l'administration municipale, à qui se trouvent soumises a l'autorité, la surveillance et la police des lieux de sépulture, » peut ordonner des exhumations générales (suppression d'un cimetière) ou des exhumations partielles. Celles-ci peuvent aussi être prescrites sur la demande des particuliers, mais à la condition qu'une nouvelle inhumation ait lieu immédiatement et que des mesures de salubrité soient prises en vue d'éviter tout accident. Alors que l'on demande de procéder à une exhumation il faut que la requête soit adressée au préfet de police par un des parents du défunt. Si l'autorisation est accordée, un commissaire de police est désigné pour assister à cette opération. Il se fait accompagner par un médecin et rédige un procès-verbal établissant que toutes les formalités ont été remplies. Un seul procès-verbal suffit lorsque l'inhumation a lieu tout

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