‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.37Chapitre 19 sur 65 · FALCO · texte numérisé non relu

FALCO

Faick (N.-D.). Médecin et chirurgien anglais né à Londres, vers le milieu du dix-huitième siècle ; nous ne savons rien de ses premières études médicales. Il s'est surtout occupé de l'hygiène et des maladies des marins, des maladies vénériennes, de leur traitement par le mercure, et même de la valeur de cet agent médicamenteux en dehors de son action spécitique. 11 le préconisait dans toutes les affections de la peau, dans les scrofules, le scorbut, aussi bien que dans les inflammations et les fièvres. On devine qu'il est grand partisan « de l'âcreté des humeurs; » c'est elle, selon lui, qui est la cause des désordres du système nerveux. 11 faut ajouter que son traité sur les propriétés médicales du mercure renferme peu d'observations ; il eut néanmoins beaucoup de succès. Falck est mort en 1798 ; nous connaissons de lui :

I. The readi/ Observator, or an Infaillible Method of determining Ihe Latitude at Sea, by Altitudes of the Sunat amj Time ofthe Daij, independent of n Meridianal Observation. Londres, 1771, in-4°. — II. Treatise on the Venereal Diseuse ; en three parts, illustiated with copperplates. Londres, 1722, in-8°. — III. The Seeman's Médical Instructor, ai- Lectures on Accidents and Diseases incident ta Seamen, in various Climatcs of the World. Londres, 1774, in-8°. — IV. A Philosophical Dissertation on the diving Vesscl jnojected bij M. Day and Sun/c in Plyniouth Sound, etc., to which is added an Appendix showing the Various Methods of weigking Ships in gênerai. Londres, 1775-76, in-4°. — V. ^4 Trealiae ou the Médical Qualilies of Mercury, in tliree parts: 1" On the Natural Propcrties of Mercury and Us Opération in the Animal OEconoiny ; 2° On the Principal Préparations of Mercury; 5° Oit the Médical Qualilies of ^.ercury in Various Diseases. Londres, 1776, in-12. — YI. Account and Description of an improved Steam-Engine, with a Plate. Londres, 1776, in-S". — VII. Guardian of Health, or an Anatoinical and Physical Description oflhe Human Body ; the Animal Economy in Health and Diseasc, Rcginien, Diet and Rules of preserving Health. Londres, 1779, in-8°. — VIII. Edition de l'ouvrage de Rich VVilke : Historical Eisny on the Dropsy. Londres, 1777, in-S». A. D.

FALCO, OU FAUCOX (Jean). Ce médecui, que Symph. Champier [Les lunettes dea chirurgiens.... in-lS, goth.) regarde comme « très-savant et bien renommé' en France, n était d'un bourg du royaume d'Aragon, nommé Sarimena. Il vint étudier la médecine à Montpellier sur la fm du quinzième siècle, il y prit ses degrés, s'y établit et s'y maria. Il y fut même nommé doctem" en 1502, et doyen en 1529. 11 mourut en 1552, et laissa deux iils de beaucoup de mérite, qui firent fortune, l'un dans la robe, l'auti^e dans l'Église, par la protection de la maison de Joyeuse à laquelle ils s'étaient attachés. Telle fut la réputation de Jean Falco, que François I", atteint sans doute de l'affection des voies urinaii^es (syphilis ?) qui finit par le tuer, le manda de Montpellier pour lui donner ses soins. Dans le compte particulier de Nicolas Le Lay, notaire du roi, qui avait été chargé de tenir les comptes de dépenses occasionnées par les funérailles de François I*', on lit en effet cet article :

« A maistre Jehan Falco, docteur régent en médecine à Montpellier, la somme de quatre cent dix livres tournoys, qui luy a été ordonnée par le roy nostro dit seigneur.... par lettres patentes données à Fontainebleau le pénultième jour de juillet 1528 ; pour le récompenser des frais, mises, dépenses, peines et travaux qu'il a eus en un voyage qu'il a fait.... de la ville de Montpellier jusqu'au dit Fontainebleau, et pour son retour en icelle ville de Montpellier.... )) [Bibl. nat. Suppl. franc. 1140, in-fol. fol. 66). Jehan Falco a écrit des commentaires sur Antoine Guainer et sur Guy de Chauliac, qui ont paru sous ces titres :

I. Additiones ad praclicam Antonii Guainerii . Papine, 1518, in-4''. — II. Noiabilia super Gxddoncm scripta, aucla, recognita. Liigd.. 1550, in-4°. A. C.

164 FALCONET (les quatre).

FALCOXER (Les deux).

Falconer (Wili.iam). Ce médecin, cet homme de bien, aussi recommandable par son excellent caractère que par l'étendue et la variété de ses connaissances, naquit à Londres en 1743, et mourut à Bath en 1824. Il a écrit, depuis 1766 jusqu'en 1805, un très-grand nombre de traités (en anglais) sur divers sujets de médecine, qui jouissent tous d'une réputation méritée. Il s'est exercé aussi, et non sans succès, dans le champ de la littérature et de l'histoire ; on lui doit de ce côté une traduction du Voyage (V Ariane sur le Pont-Euxin, auquel il a joint une Dissertation géographique et Trois discours préliminaires (1805, in-4). Ses ouvrages relatifs aux sciences médicales sont :

1. Dissrrt. de ncphritidc vcrâ. Edinb. 1766. in-8°. — II. An Essay on the Bath Waters. Lond., 1770, in-12; -1" édit., 1772, in-S". — III. Observations on the Dr. Cadogan's Dissertation on the Goût and ail Chronic Diseases. Lond., 1791, in-8°. — IV. Observations and Experiments on the Poison of Coppcr. Lond., 1774, in-12. — V. An Essay onlhe Waters commonly xised in Diet, at Bath. Lond., 1777, in-8°. — VI. Observations on some Articles of Dief and Begimen nsually reconunendcd to Va/etudiiiarians. Lond., 1778, in-12. — VII. Brmarks on the Influence of Climate, Situation, Nature ofCountry, Population, Nature of Food, and Way of Life; on the Disposition and Temper, Manner and Behaviour, Intellects, Laws and Customs, Forms of Governement , and Beligion of Munkind. Lond., 1781, in-4°. — VIII. Account of the Epidémie Catarrhal Fever commonly callcd thr Influcma, as it appearcd at Bath, 1782. Lond., 1782, in-8''. — IX. A Dissertation upon the hifluence of the Passions iqjon the Disorders ofthc Body. Lond., 1788, in-8°. Trad. en trançais par De la. Montagne. l'aris, 1788, in-8°. — X. An Essay on the Préservation of the Health of Persans employed in Agriculture (Bath), 1789, in-8°. — XI. Miscellaneous Tracts and Collections relating to Natural Ilistory, selected from the principal Writtcrs of Antiquity on that Subject. Lond., 1793, in-4''. — XII. Observations rcsjyccting the Puise. Lond., 1796, in-8°. — XIII. An Essay en the Plaguc. Balli, 1801, in-S" — XIV. Plusieurs articles dans les Mém. de la Soc. de méd. de Londres, t. II, p. 75, 201, 1789; t. III, p. 25,368, 527, 1792; t. VI, p. 1, 174, ISOl

Falconer (Magncs). Chirurgien et professeur d'anatomie à Londres, du dernier siècle. 11 n'a rien publié qui lui soit propre, mais après avoir vécu pendant trois ans dans la plus intime amitié avec l'anatomiste William Hewson {voy. ce nom), il recueillit après la mort de ce dernier, arrivée à la suite d'une piqûre anatomique, le l'"' mai 1774, les matériaux qu'il avait laissés pour la troisième partie de ses recherches sur l'appareil lymphatique et sur le sang, et publia l'ouvrage suivant, dont les quatre derniers chapitres ont été entièrement rédigés par lui :

Expérimental Inquiries, containing a Descriiition of the Bed Particles of the Blood in the Uuman Subject and in other Animais, with an Account of the Structure and Offices of the Lymphatic Glands, of the Thymus Glands and of the 5/)ZeeH. London, 1776, in-8''. k. C.

FAiiCOiV'ET (Les quatre). Cette célèbre famille de médecins s'est fort distinguée dans les sciences et dans les belles-lettres, pendant près de 200 ans.

Falconet (Charles). Sieur de Saint-Cervais, issu d'une famille honorable de la ville d'Exilés, en Piémont, exerça longtemps son art à Roanne, et quitta cette ville pour se rendre auprès de Marguerite de France, fille de Henri II, première femme de Henri IV, et si célèbre par des poésies bien agréables qu'elle a composées, et par des Mémoires pleins d'intérêt, qui ont été imprimés plusieurs fois. Mais la mort de cette princesse, arrivée en 1615, brisa tout à coup une position aussi enviée, et Charles Falconet dut revenir à Roanne, y reprendre le rude métier de praticien. 11 mourut dans cette dernière ville dans le mois de février 1641. 11 n'a rien publié.

Falconet (André). Fils aîné du précédent. Il naquit le 12 novembre 1612,

FALCONET (les quatre). in5

et après avoir étudié chez les jésuites de Roanne, il fut envoyé à Montpellier, où

il reçut le bonnet de docteur en 1634. Il vint ensuite s'établira Lyon (1656), se

fît agréer au collège des médecins de cette ville (1641), fut nommé commissaire

de la Santé, alla ensuite à Valence pour se faire recevoir docteur en droit

(12 Juin 1641), obtint en 1656 des lettres de conseiller-médecin ordinaire de

Louis XIV, acquit la première place auprès de Christine de France, fdle de Henri IV,

mariée alors à Victor-Amédée II, duc de Savoie, et mourut en 1691. Ce fut lui

qui obtint que les bains d'Aix, en Savoie, fussent réparés ; ils tombaient en ruines et

étaient abandonnés depuis longtemps. D'après Andry, André Falconet serait auteur

des deux opuscules suivants :

I. Moyens préservatifs et la méthode assurée jiour la parfaite connaissance et f/iiérison du scorbut. Lyon, lOi'i, in-8°; 108^. in-8°. — II. La ]>résence des absents, ou moyen de retidre 2>réseni au médecin l'état d'un malade absent, par les médecins consultants de Paris. Paris, 1642.

Rappelons que c'est à ce Falconet (André) que Guy Patin écrivit plus de quatre cents lettres, lesquelles ont été imprimées, mais dont les originaux semblent être perdus. Nous allons voir son fils aîné, Noël Falconet, vivre pendant quelques années dans la maison de Guy Patin, au milieu de la famille de ce dernier, c'està-dire à la source de l'instruction .

Falconet (Noël), Est né à Lyon le 16 novembre 1644, et ce fut fort jeune qu'il vint à Paris chez Guy Patin, qui veilla sur sa conduite et ses éludes. Il fit son cours de philosophie au collège de Navarre, étudia la botanique, retourna à Lyon en 1662, et fut reçu l'année suivante docteur en médecine à Montpellier, devint agrégé au collège des médecins de sa ville natale, suivit plus tard (1678) Louis de Lorraine, comte d'Armagnac et grand écuyer de France, et vmt mourir à Paris, le 14 mai 1734, âgé de 90 ans.

Niceron assure que Noël Falconet présida à la dixième édition du Cours de

cAmie de Lémery, laquelle parut à Paris, in-8°, en 1715. Ce qu'il y a de plus

sûr, c'est qu'il signa ouvertement les deux ouvrages suivants :

I. La méthode de M. de Lucques sur la maladie de Madame Duç/ué. Lyon, 1675, in-4*. — II. Système des fièvres et des crises selon la méthode d'Hippoc rate. Paris, 1725, in-12.

Falconet (Camille). Fils du précédent et de Marguerite Monin, né à Lyon Je 1" mars 1670. C'est le plus célèbre des quatre Falconet. C'est lui qui a laissé cette magnifique bibliothèque de 19,978 ouvrages, et de 50,000 volumes, laquelle fut vendue en 1 763 ; 11,000 volumes passèrent dans celle du roi; son catalogue qui a été imprimé, in-8°, est fructueusement consulté par les érudits. C'est encore Camille Falconet qui, par l'intermédiaire de la Curne de S ainte-Palaye, a doté notre grande bibliothèque de Paris de 50,000 cartes, fruit de ses lectures et de ses réflexions, et pleines d'anecdotes, d'extraits et de discussions critiques. Son immense collection de livres était au service de tous ; volontiers il eût inscrit sur chacun d'eux ce qu'y mettait Grollier : Ex Ubris Grollerii et amicorum. Ce grand bibliophile appartenait à l'école de Paris, oii il fut reçu docteur le 27 novembre 1710 ; il était écuyer, médecin consultant du roi, médecin de la grande chancellerie, doyen du collège des médecins de Lyon, pensionnaire de l'Académie des inscriptions et belles-lettres ; son érudition égalait son amour pour les livres. Il mourut à Paris, rue Traversière-Saint-Honoré, le 8 février 1762, et fut inhumé deux jours après dans l'église de Saint-Roch. Sa femme, qui l'avait précédé de quelques années dans la tombe, était une demoiselle Marie-Anne Verdan. Ses publications portent ces titres :

166 FALGUCCI DE FALCONE.

I. An f'œfui sanguis malcriius alimento? (Nég.), févr. 1711. — II. Dissert. hisl. et crd. sur ce que les Anciens ont cru de l'aimant. In Mcm. de l'Acad. des incviptions,i. IV, p. 615, 1717. — IIÎ. Dissert, sur les Bœtyles. Ibid., t. "VI, p. 515; 1721. — IV. Observations sur nos jjremirrs traducteurs français, avec un essai de bibliothèque française. Ibid., t. VII, p. 292. 1727. — V. An cduccndo calcula, cœteris anteferendus apparatus lateralis? {Mi.], 11 mai 1750. — VI. An potus ex foliis The ad saniorem diœtain apud nos pertinet? (Neg.), 1759. — VII. Dissertation sur les Assasins, peuple de l'Asie. In Mém. de l'Acad. des inscript., t. XVII, p. 127, 147 ; 1745. — VIII. Dissert, sur les principes de l'étymologie par rapport à la laïufue française. Ibid., t. XX, p. 1; 1745. — IX. Dissert, sur Jacques de Dondis, auteur d'une horloge singulière. Ibid., t. XX, p. 440; 1745. — X. Dissertation sur la Pierre de la Mère des Dieux. Ibid., t. XXIII, p. 215 ; 1750. A. C.

FALCOiViDÉ!«>. La famille des Falconidés appartient à l'ordre des oiseaux de proie. C'est une famille très-riche, contenant près de trois cents espèces, pai'mi lesquelles les aigles, les vautours, les buses, les gerfauts, etc. Elle est caractérisée par la forme courbe de leur bec dans toute sa longueur ; par la disposition de la mandibule supérieure qui est armée de chaque côté, à son extrémité , d'une et quelquefois de deux dents, et par la seconde penne de leurs ailes qui est un peu plus longue que la première.

C'est le Faucon commun qui a donné son nom à la famille des Falconidés {voy. Faucon). Pour Cuvier, les Faucons ^jropj'emenfrfiïs, ordinairement nommés oiseaux de ■proie nobles, formaient, dans le genre Falco, une section particulière, comprenant le faucon et le gerfaut, spécialement propres à la fauconnerie. L'autre section était composée des oiseaux de proie ignobles, c'est-à-dire non aptes à la chasse ; ainsi : l'aigle, l'autour, l'épervier, la harpie, le milan, le busard. Mais cette division n'a pu être conservée. Isidoi'e Geoffroy-Saint-Hilaire en a proposé une autre. 11 nomme acutipennes les espèces à ailes aiguës et qui ont le vol haut (Faucons, Busards), et les obtusipennes les espèces de bas vol, qui ont l'aile obtuse.

Les Falconidés, malgré leur petite taille, sont des oiseaux de proie très-redoutables ; ils se nourrissent de chair vivante et attaquent des animaux d'un volume relativement considérable. D.

F.4I.CUCCI DE FALCOX'E (NicoLAs). Célèbre médecin de Florence, florissait à la fin du quatorzième siècle et au commencement du quinzième. Il était loin d'être sans mérite, vir non mediocris, dit Haller : vivant à une époque ou presque tous les médecins ne produisaient que des compilations , il a donné beaucoup de résultats de sa propre expéi'ience. Les détails anatomiques dans lesquels il entre à l'occasion des maladies des différents organes sont véritablement remarquables pour le temps : dans la partie de ses œuvres qui est relative à la chirurgie, comme il cite souvent son observation particulière, on peut croire qu'il a lui-même exercé cet art. Mais au total, la fatigante prolixité de son ouvrage a lassé la patience de Haller; un médecin, dit-il, qui aurait du loisir, rendrait un véritable service à la science en extrayant les parcelles d'or qui se trouvent contenues dans ce fati'as.

Plusieurs auteurs ont confondu Nicolas Falcucci avec Niccolo Niccoli de Florence.

On place la mort de Nicolas Falcucci en 1412.

Voici le titre de l'ouvrage de lui qui a été imprimé :

Sermones VU médicinales. Venetiis, 1491, in-foL, 4 vol. Ibid., 1507 et 1555, in-fol., 4 vol. Ce vaste travail est divisé en sept parties : 1" De la conservation de la santé , sujet de la médecine ; 2° Des fièvres (cette partie se trouve

FALLOPIO. lt)î

aussi dans la Coll. de Febribus, Yenet., 1576) ; 3°0rg. de la tête ; 4° Organes de la respiration ; 5° Organes naturels ; 6° Organes de la génération ; 7° De la chirurgie.

Comment, in Aphorismos Hippocratis. Bononiaî, 1522, in-8.

On possède à la Bibliothèque de Paris et à celle de Florence un manuscrit contenant un Antidotarium et de Subjecto medicince et de febribus. Cette dernière partie se prouve certainement dans les Sermones. Bgd.

FALGUEROLLES (Jean-Pierre). Né à Brème, le 17 février 1763, ce médecin étudia sjon art à léna et à Eilangue, prit le titre de docteui- dans cette dernière université, en 1785, revint ensuite dans sa patrie, où il exerça plusieurs années, et partit en 1803 pour l'Amérique, d'où il passa aux Indes oi'ientales. Il est mort à Batavia en 1804. On a de FalgueroUes les deux ouvrages suivants:

I. Dissertatio de cxtremitatum analocjiâ. Erlangue, 1785, in-4"'. — II. liiine Nachricht ûbei- die kûnstlichen Bâder, wclchc im Sommer 1800 zu LiLiciilhal am/elcql worden sind. Brème, 1800, in-8°. ' A. C.

FALKrvER. Nom de plusieurs médecins anglais, parmi lesquels :

Faïkncr (Thomas). Né à Manchester en 1710, fils d'un chirurgien de la ville, fit ses études médicales à Londres. Doué d'un esprit romanesque et aventureux, il partit ensuite pour visiter l'Afi'ique et l'Amérique. Etant tombé malade à Buenos-Ayres, il fut recueilli et soigné par des missionnaires jésuites, qui le guérirent et le déterminèrent à entrer dans leur ordre. Falkner, qui joignait à un grand sens médical une grande habileté opératoire, rendit de très-grands services dans toutes les missions qui lui furent confiées. 11 s'est fait l'emarquer par des qualités réelles d'observateur et a publié parmi de nombreux mémoires, disséminés çà et là, une monographie très-complète sur la Patagonie et les Patagons traduite et publiée dans les principales langues de l'Europe. 11 s'est occupé également, non sans succès pour l'époque, de climatologie, et a publié plusieurs mémoires sur les maladies de l'Amérique. Nous citerons de lui :

I. De anatome corporis humani. Lond.,2 vol. in-S", 1754. — II. A Descript. of Patagonia and the Adjoining Paris of South America. Hereford et Londres, 1774, in-4°. — HI. A Treatise on American Disteîn^wrs cured by American Drugs. Londres, 1775, in-8°.

FALLOPIO (Gabriel). Ce médecin célèbre, et dont le nom est si retentissant dans la science anatomique, naquit àModène, en 1523, et mourut le 7 octobre 1562, âgé par conséquent de 39 ans. ïomasini, Castellan, Haller, Guilandini, de Thou, Douglas, etc., ont beaucoup varié sur ces dates. Il était cependant bien simple de recourir aux œuvres mêmes de Fallope, à.ses Opéra omnia, imprimés in-fol., à Francfort, par Claude Marni et Jean Aubri (année 1600), lesquels, dans la préface au 1^ tome, disent positivement que le grand analomiste mourut à 39 ans, septième jour d'octobre 1562. Les détails sur sa vie manquent ; il y a lieu d'en être étonné, lorsqu'il s'agit d'un savant dont le nom a brillé et brille encore d'un si grand éclat. Ce qui paraît certain, au moins, c'est qu'il fit ses études médicales en partie à Ferrare, sous Brasavola, et en partie à Padoue, où il fut le disciple du grand Vésale. Pendant quelque temps il posséda un canonicat à la cathédrale de Modène, mais l'état ecclésiastique ne s'accordant pas avec son goût pour la dissection, il renonça bientôt à ce bénéfice afin de pouvoir se livrer en toute liberté à l'anatomie. Il enseigna, à Padoue, non-seulement «ette science, mais encore les plantes médicinales et la botanique.

On l'a dit avec jusle raison : Fallopio lait époque dans l'histoire de l'anatomie ; l'ostéologie, surtout, lui est redevable d'une multitude d'observations parfaitement justes, entre lesquelles on doit particulièrement citer celles qui ont rapport aux épiphyses, au périoste, et aux os de la tète en particulier; sa description de l'oreille interne est supérieure à toutes celles qu'avaient données ses prédécesseurs; le premier il a fait connaître l'aqueduc, aujourd'hui désigné sous son nom, par lequel passe la portion dure de la septième paire ; il a légué son nom au ligament qui, de l'épine antérieure de l'os coxal, se* porte à la symphyse pubienne; les trompes utérines (trompes de Fallope), il les a décrites de la manière la plus lumineuse, tandis qu'on n'en avait eu jusqu'alors qu'une notion très-confuse ; il les a comparées à une trompe métallique, et leur a donné le nom de trompes de l'utérus, iiteri ttibœ (voir les Opéra omnia de Fallope, 1. 1, p. 421). Aux deux osselets, l'enclume et le marleau, signalés par Carpi, il a ajouté l'élrier ; ce nom vient même do lui (Stapes) ; Opéra omnia, t. I, p. 498. En un mot, ce grand anatomistc décrit minutieusomont toutes les parties du corps, et en examine jusqu'aux momdres dimensions, en indique la structui'e, et propose des conjectures louchant leurs usages. Plein de modestie, grand admirateur de Vésale, s'il coirige les fautes de ce restaurateur de l'anatomie, c'est avec la plus grande modération, et sans jamais manquer aux droits de l'amitié envers personne. Au reste, Fallope ne s'est pas seulement illustré par ses découvertes en anatomie : il a cmjjrassé encore, avec un égal succès, plusieurs autres branches des connaissances médicales, ainsi qu'on peut le voir par la liste de ses ouvrages :

I. Observationcs anatoiuicœ. Voiietiis, loGt, in-S" ; Parisiis, 1562, in-S", avec les ouvrages de Coi.LMBus. Coloniœ, 1562, in-S". — II. Libcili duo, altcr de ulceribus, aller de lumoribus prceler naluram. Yenetiis, 1565, in-4°; Erfurli, 1577, 111-4°. — III. De Iheiinalibus aquis libri septem. De mctallis et fossilibus liber. Veneliis, 1504, in-4°. — IV. De morbo gallico tracta/us. Veneliis, 1564, in-4''; Patavii, 1564, in-4°. — V. De simplicibiis mcdicmncntis purganlibiis. Veneliis, 1666, in-4''. — VI. Opmcula varia. Patavii, 1566, in-4°. — Vit. Exposilio in librum Galciii de ossibus. Veneliis, 1570, in-4°. — VIII. De composilione medicamentoritm. Veneliis, 1570, in-4°. — IX. De humani corporis anatome compendium. Veneliis, 1571, in-8°. — X. Lccliones de partibus similarilns hvmani corporis. Korimbergce, 1575. m-fol. — XI. Opéra omnia. FrancoL, 1600, 2 vol. in-lol. — XII. Opéra genuina omnia, Veneliis, 16U6, 5 vol. in-lbl. A. C.

FAL1.0T (Louis-Salomo>). Né à La Haye le 11 mars 1785 d'une 1;uuille française d'origine qui, comme tant d'autres, avait émigré en Hollande, lors de la révocation de l'édit de Nantes. Fils et petit-fils de médecin, il était destiné à la carrière sacerdotale, lorsqu'il résolut d'étudier la médecine, son frère aîné ayant renoncé à succéder à son père, dans l'exercice de cette profession. Ses études lurent couronnées de succès, puisqu'il fut reçu candidat à l'âge de 25 ans. La thèse de doctorat, qui n'était alors en Belgique qu'une simple formalité, nécessitant le versement d'une somme assez importante, Fallot remit à une autre époque sa réception de docteur. Il se fit attacher à l'hôpital militaire de La Haye et partit ensuite pour Paris, où il devint l'un des disciples de Bayle ; il se livrait avec ardeur à l'étude de l'anatomie, lorsqu'il fut rappelé à La Haye pour y recevoir en octobre 1807 une commission de médecin temporaire, à l'effet de se rendre à l'hôpital de Berg-op-Zoom, poste qu'il quitta bientôt pour l'hôpital français de Middelbourg. Son service terminé, il fut congédié, revint à La Haye, et, ayant fait sur ses appointements quelques économies, se fit recevoir docteur on 1808. Six semaines après nouvelle commission de médecin-adjoint, pour les ambulances de Walcheren, et départ pour l'armée d'Allemagne ; il assiste à la

bataille do Wagram, tombe malade du typbus, revient à Paris en congé de convalescence, et repart en 1810 pour le Portugal. Il est fait prisonnier à Coimbre, endure mille tourments, puis est embarqué pour l'Angleterre, où il est placé avec tant d'autres sur un ponton. Pendant une étape d'un endroit à un autre, Fallot fut autorisé à rendre visite au célèbre Fowler à Salisbury, mais il ne paraît pas que ce dernier put faire quelque cliose pour adoucir la position de son mallicureux confrère. Enfin, en décembre 1812, on lui donne son passe-port pour rentrer en France. Il n'y reste pas longtemps et reçoit le 18 février 1815 une commission de médecin ordinaire pour Magdebourg, puis il est attaché à un régiment de la garde. Il assiste à l'aflairc de Bautzen, y rend de grands services, et Larrey le propose pour la croix d'honneur. Fallot suivit l'armée dans sa retraite, fit la campagne de France 1815-1814, et rentra chez lui, à la paix, le 1"' août 1814. Mais sa qualité d'ancien militaire français lui attirait de nombreuses déceptions ; il se trouvait sans emploi et sans solde, lorsque la rentrée de Napoléon en France fit augmenter le nombre des officiers de santé de l'armée hollandaise, et Fallot fut nommé médecin à Veuloo, puis à Namur, où il résida jusqu'en 1848, passant successivement par les grades d'officier de santé de première classe, de chirurgien-major, de médecin en chef d'hôpital, de médecin principal d'armée. Retraité avec ce titre à l'âge de 65 ans, il se rendit à Bruxelles, se livra à la pratique de l'oculistique, s'y rendit célèbre, fit partie de nombreuses sociétés savantes, et des diverses commissions officielles relatives à la médecine, des jurys d'examen, etc., et il jouissait de la considération publique, entouré des témoignages d'estime de tous ses confrères compatriotes et étrangers, lorsqu'il perdit en 1858 sa femme, son petit-fils et son fils. Il supporta cette triple et douloureuse épreuve avec la tristesse et la résignation des stoïciens, mais son activité dut s'en ressentir, et c'est après une longue affection qu'il mourut le 11 février 1872 à i'àge de 90 ans, se trouvant depuis fort longtemps éloigné de la vie scientifique. Fallot était membi'e étranger de l'Académie de médecine de Paris, et très-connu des médecins français de passage à Bruxelles, par son aménité , son obligeance et la vivacité de son esprit. Nous citerons parmi ses écrits, qui touchent à une foule de sujets :

I. Croup aigu observé chez un homme de 26 ana. In Journal complémentaire , t. IX, p. 177- 184; 18'21. — II. Obs. sur une phlébite générale, accompagnée d'une arlérile jiarlielle, par cause interne. Ibid., t. X, p. 80-84. — III. Cas de guérison d'une hydrocéphalie interne. Ibid., p. 559-3C5. — IV. Observations sur l'emploi du sulfate de quinine dans la fièvre intermittente. Ibid., t. XII, p. 282-285. — Y. Nombreuses observations des maladies diverses [laryngite, croup, squirrhe, gastrite, etc.), guéries par les émissions sanguines. Ibid., pass., et Annales de la médecine phijsiologique. — VI. Observation d'inflamtnation successive de plusieurs organes, à la suite de la guérison brusque d'une dartre dont le retour a fait disparaître tous les autres symptômes d'irritation. Ibid., t. XiII, p. 182. — VII. Considérations nouvelles sur la manière dont l'opium agit sur l'économie vivante. Ibid., p. 29-51. — VIII. Dilatation avec hypertrophie du ventricule gauche du cœur. Ibid , t. IV, p. 525-338.

— IX. Observation d'une hépatite chronique avec anasarque. In Journal complémerdaire, t. XXHI, p. 151-105 ; 1825. — X. Observation de carie des os de la base du crâne, de ramollissement des nerfs facial et grand hypoglosse gauches, avec paralysie des mouvements des muscles faciaux et de la langue. Ibid., t. III, p. 287-291. — XI. Faits relatifs à l histoire du squirrhe. In Journal complémentaire, t XXIV, p. 146, 147; 1826. — XII. Encéphalite accompagnée de quelques circonstances peu communes. Ibid., t. XXVIII, p. 315-318; 1827.

— XIII. Observation de croup aigu chez une femme de 29 ans, guéri par des émissions sanguines locales répétées et très-abondantes. Ibid., t. XXIX, p. 533-334. — XIV. Nouveaux faits propres à établir l'efficacité des fonctions hydrodatées en combinaison avec les saignées locales dans les orchites chroniques. In Observateur médical. Liège, décembre 1828. — XV. Essai sur l'expectation, in-12, Liège, 1828. — XVI. Observation d'un cas d'asphyxie par la vapeur du charbon de terre. In Journal complémentaire, t. XXXIII, p. 232-236; 18-29 .

— XVII. Nouveau fait propre à constater les bons effets des saignées abondantes, suivies de révulsions énergiques, dans les asphyxies par la vapeur de c/tarhon de terre. Ibid., t. XXXIII, p. 232-258. — XVIII. Observation de conjonclivilc intermittente, guérie par le sulfate de quinine. Ibid., t. XXXIV, p. 262. — XIX. Observations propres à prouver l'efficacité de l'artériototnie dans les gastro-encéphalites aiguës. Ibid., t. XXIX, p. 82-88. — XX. Note sur le solidisme. In Observateur médical. Liège, janvier 1829. — XXI. Note sur V empoisonnement du pain par le sulfate de cuivre. Ibid. — XXII. Lettre au rédacteur du Courrier des Pays-Bas, sur l'Ophllialmie. Ibid., février, 1829. — XXIII. Observation d'inflammation de la membrane interne du cœur, des gros vaisseaux et de la majorité des séreuses des grandes articulations. Ibid., t. XXXVI, p. 287-291 ; 1830. — XXIV. Observation d'inflammation des méninges et de la substance cérébrale, terminée par ramollissement, épanchement et abcès. Ihid., p. 291-293. — XXV. Observation de mort subite occasionnée par le déchirement de la rate. Ibid., p. 400-403. — XXVI. Observation d'entéro-péritonite chronique, avec hydropisie des extrémités inférieures. Ibid., t. XXXVII, p. 02, 65. — XXVIL Observation d'inflammation de la substance et des méninges du cerveau et de la moelle spinale, ibid., p. 64-67. — XXVIII. Observations de tumeurs stercorales^en imposant pour d'autres maladies, et traitées infruclHcusemenl par des saignées. Ibid., p. 297-500. — XXIX. Note sur le traitement de la syphilis sans mercure. Ibid., p. 500-502. — XXX. Observation de plilébite, avec inflammation articulaire et méningo-céphalite hydrocéphalique. Ibid., 309-513. — XXXI. Observation d'induration rouge du lobule antérieur gauche du cerveau, avec désordres très-étendus dans l'appareil urinaire. Ibid.. p. 513-315. — XXXII. Observations d'hématorachis ou apoplexie spinale. Ibid., p. 420-424. — XXXIII. Observât, sur l'emploi de la saignée dans le choléra. In Gazette médicale belge, 28 octobre 1832. — XXXIV. Recherches sur les causes des tumeurs spléniques consécutives aux fièvres intermittentes. In Bulletin médical belge, t. II, p. 53-57 ; 1855. — XXXV. Projwsition concernant la resjionsabililé médicale et l'habileté des tribunaux pour en connaître, développée au Congrès médical belge t/e 1855. Ibid., p. 257. — XXXVI. Maladie de Brighl. Ibid,, p. 255-259. — XXXVII. Note topographique sur l'hôpital militaire de Namur. Ibid., p. 25-26, février 1837. — XXXVIII. Tumeur iliaque survenue après une fièvre grave. — XXXIX. Maladie de Bright. Ibid., p. 204-200, novembre 1837. — XL. Mémorial de l'expert dans la visite sanitaire des hommes de guerre. Bruxelles, 1837, in-8°. — XLI. Observation remarquable de maladie du rein droit, de l'uretère et de la vessie, avec désorganisation du poumon et ulcérations intestinales. Ibid., p. 24, 25, janvier 1838. — XLII. De l'action de l'acide nitrique sur le sérum du sang et les urines des ictériques, p. 43-44, février 1838. — XLIII. Quelques mots sur la cautérisation des gramdalions palpébrcdes. In Annales d'oculistique, t. I, p. 45, 205, 1858. — XLIV. Nouvelles recherches physiologiques et statistiques sur Vophthalmie des armées. Bruxelles, in-S". — XLV Propositions de physiologie pathologiques sur la fièvre typhoïde. Gand, 1840, in-8°. — XLVI. Pannus charnus et opacités des cornées. Guérison par l'emploi du nitrate d'argent. In Annales d'oculistique, t. V, p. 127; 1841. — XLVII. Ophthalmie purulente ayant régné épidémiquement dans la salle des granulés du 9° de ligne, à Namur, en 1841. Ibid., t. VI, p. 53; 1852. — XLVIII. Noie sur les affections oculaires, observées à l'hôpital militaire de Namur. Ibid., t. VII, p. 271 ; 1842. — XLIX. Observation d'un calcul uréthral. In Bulletin de l'Académie de médecine de Belgique, 1. 1, p. 747; 1842.

— L. Rapport sur : Coup d'œil sur l'état de l'enseignement médical à Paris, comparé à celui qui se donne en Belgique, par Van Meeebeck. Ibid., t. H, p. 84, 1842-1843. — LI. Rapp. sur l'abolition de la jialetite des médecins. Ibid., t. II, p. 40. — LU. Éludes cliniques. Bruxelles, 1843, in-S". — LUI. Note sur Vophthalmie qui a régné épidémiquement dans la garnison de Namur en 1842. In Annales d'oculistique, t. IX, p. 152 ; 1845. — LIV. Affreux coup de feu traversant la poitrine. In Journal de médecine, chirurgie, etc., de Bruxelles, avril 1844. — LV. Chlorose guérie par la monésia. Ibid., août.— LVI. Cas de pohjdipsie. Ibid., sept. — LVII. Lettre à Cimier sur le danger de l'emploi de quelques collyres. In Annales d'oculistique, t. XI, p. 155; 1844. — LVIII. Cas de mydriase sans aucun phénomène subjectif Ibid., t. XII, p. 89, — LIX. Observations d'iritis intermitlenle, t. XII, p. 169 ; 1844.

— LX. Communication relative à un cas de cyanose. In Bulletin de l'Académie de méd. de Belgique, t. IV, p. 692 ; 1844-45. — LXI. Tableau relatif à l'antagonisme des fièvres intermittentes paludéennes et de la phHiisie pulmonaire. In Journal de médecine de Bruxelles, t. III, p. 46; 1846. — LXII. Note sur la monésia. Ibid., t. III, p. 459.— LXIII. Asphyxie par altération du sang. In Bull, de l'Académie de médecine de Belgique, t. VI, p. 359; 1846-47. — LXIV. Observation de photurie ou miction lumineuse. Ibid., t. VII, p. 239; 1847-1848. — LXV. Note sur l'inoculation de la matière blennorrhoïque dans le traitement du pannus. In Annales d'oculistique, t. XX, p. 91; 1848.— LXVI. Quelques mots sur la choroïdite. Ibid., p. 153. — LXVII. Discours sur la profession de médecin. In Mémoires de l'Académie de médecine, t. I, p. 154-178 ; 1848. — LXVIII. Note sur le feu sacré. In Bull, de l'Acad. de médec. de Belgique, t. IX, p. 14; 1849-1850. — LXIX. Note sur les caractères

différentiels de Vophthalmie gonorrhéique et des autres bleniwphfhalmies aiguës. In Ann. d'oculistique, t. XXIV, p. 229. — LXX. Note sur la crépitation des tendons. In Journal de médecine de Bruxelles, t. VIII, p. 57 ; 1851. — LXXI. Aperçu de la médecine dans ses rapports avec les maladies internes. BraxeUes, i85i, in-12. — LXXII. De la maladie et de ta force vitale. In Bidletin de l'Académie de médecine de Belgique, t. XV, p. 437-447, 1855-56. — LXXIII. Coup d'œil sur la situation des officiers de santé militaires. Bruxelles, 1856, in-S". — LWn . Conjectures sur l'ctiologie des tubercules pulmonaires. In Bull, de VAcad. de médecine de Belgique, 1'"' série, t. I, p. 540; 1857-1858. — Nombreux articles de bibliographie, des rapports, etc., insérés dans les publications ci-dessus indiquées.

FALRET (Jean-Pierre), né à Jlarcillac (Lot), le 26 mai 1794, mort dans cette dernière ville, le 28 octobre 1870, pendant le siège de Paris. Ce savant, recommandable par les qualités du cœur et de l'esprit, a passé toute sa vie dans l'étude des maladies mentales. Élève d'Esquirol, il a continué les œuvres du maître, et n'a pas été étranger aux progrès d'une spécialité qui offre tant de difficultés, de desiderata et d'impedimenta. Outre un assez grand nombre d'articles recueillis par plusieurs feuilles périodiques, on lui doit les ouvrages suivants :

I. Traité de riiypochondrir et du suicide. Paris, 1822, in-8* — II. Considérations générales sur les maladies mentales, Paris, 1845, in-S". — III. Leçons cliniques de médecine mentale. Paris, 1854, in-8''. — IV. Des maladies mentales cl des asiles d'aliénés. Paris, 1865, in-8''. — V. Visite à rétablissement d'aliénés d'illenau. Paris, 1845, in-8°. — VI. Discours prononcé sur la tombe d'Esquirol. Paris, 1841, in-S". — VII. Notice sur les asiles d'aliénés de la Hollande. Paris, 1862, in-S".

Falret ne dédaignait pas non plus le commerce des muses ; dans ses heures <ie loisir il aimait se laisser entraîner à des épanchements poétiques qui dénotent Ja profondeur et la vivacité de ses sentiments. Les circonstances ont fait qu'il a rendu le dernier soupir dans son cher Marcillac, sur les rives du Celle, et que ses vœux les plus ardents ont été exaucés :

Combien de fois, assis sur le roc qui surplombe Les ri\es du Celle... j'ai dit : Voici ma tombe! Où l'on reçoit le jour il est doux de mourir. Et près de son berceau l'on aime à s'endormir !

FALSIFICATION. Nous n'cuvisagerons les falsifications qu'au seul point de ■vue médical, c'est-à-dire en ce qui touche l'hygiène, la thérapeutique et la médecine légale.

Cette restriction une fois admise, la falsification peut être définie : une altération volontaire et calculée d'une substance, et dont l'effet est de produire pour son auteur un gain illicite.

Cette altération consiste le plus souvent en une addition de substance non dénommée, de prix inférieur, et qui passe inaperçue de l'acheteur. Elle est toujours commise par le vendeur, et lèse finalement le consommateur.

On voit que la présence d'un corps étranger de valeur moindre ne suffit pas pour qu'il y ait nécessairement falsification. Ainsi, par exemple, un corps peut être impur par suite d'un accident de préparation, ou même parce que la préparation commerciale ne comporte une purification complète qu'à la condition d'une augmentation considérable du prix. Dans ce cas, il n'y a pas eu intention et calcul de la part du fabricant, dont le gain n'est pas sensiblement augmenté.

Lorsqu'une substance est délivrée pour une autre, même avec intention et dans le but de gain illicite de la part du vendeur, on dit qu'il y a substitution, ^t non falsification. Si, par exemple, un marchand vend de l'iodure de potassium

contenant 10 ou 15 pour JOO de bromure, il peut y avoir là falsification. Je dis en ce cas que la falsification est possible, probable même, mais non certaine, car l'intention de tromper l'acheteur n'est pas démontrée, et le mélange susindiqué peut être réellement accidentel. Si le marchand délivre du bromure pur (comme cela est arrivé) à la place d'iodure, il y a, dans ce cas, substitution et non falsification ; reste à rechercher si celte substitution est frauduleuse, c'esl-àdire commise intentionnellement et dans le but de bénéficier de la différence de prix entre l'iodure et le bromure, ou si elle est accidentelle. Dans ce dernier cas, il arrive quelquefois que le vendeur est en perle, ce qui éloigne immédiatement toute idée de fraude.

Au point de vue purement médical, il est indifférent que l'altération soit accidentelle ou frauduleuse ; celte distinction est au contraire capitale au point de vue de la répression des fraudes; de ce chef, elle intéresse indireclement le médecin et surtout l'hygiéniste.

Importance de la sophistication. « L'adultération, dit le docteur Normanby, est un mal largement étendu, qui a envahi toute branche de commerce. Tout ce qui peut être mélangé ou sophistiqué, tout ce dont la valeur peut être diminuée, est déprécié par tous les moyens possibles. » C'est en Angleterre que le savant hygiéniste dont nous venons de citer le nom a formulé ces tristes conclusions.

Malheureusement elles sont applicables aussi en France, et la fraude sévit en notre pays avec tout autant d'activité. Quelle que soit la marchandise achetée, on peut être sûr que, si l'adultération est possible, elle est commise dans l'immense majorité des cas. Les drogues qui servent à falsifier sont préparées en grand et falsifiées elles-mêmes. La fraude est une industrie, on pourrait dire une science, si ce n'était profaner ce mot, car le fraudeur, chose triste à dire, est quelquefois expert; il sait comment il pourra, en toute sécurité, tromper l'acheteur et entraver l'analyse chimique. Depuis longtemps, il existe des livres spéciaux qui traitent des falsifications au point de vue de la répression ; et chaque édition nouvelle se trouve augmentée par suite de l'extension du sujet traité, qui, à l'époque actuelle, pourrait presque alimenter un journal. Knfin, un grand nombre de chimistes habiles sont joui^nellement occupés à démasquer et faire poursuivre l'adultération, lorsque cela est possible. Insister davantage serait tout à fait inutile ; l'importance du sujet est malheureusement trop prouvée.

11 est inutile également de dire que le véritable et seul mobile qui guide le fraudeur est le gain qu'il réalise ; toutefois, te gain est en apparence diminué dans une certaine proportion, de manière à présenter la marchandise à un prix un peu moindre, et à étendre les opérations en attirant ainsi l'acheteur. Ce procédé a pour effet certain d'augmenter le gain total, et de ruiner le marchand honnête qui ne peut soutenir la concurrence. Pierre et Paul sont tous deux marchands de vins et peuvent (y compris un bénéfice convenable) vendre leur vin àO^'jSO le litre. Chacun d'eux vend cent litres par jour. Pierre falsifie son vin, et de deux litres en fait trois ; il pourrait en continuant à vendre le mélange à 0 '"",50 réaliser un bénéfice de 16 '^SO par jour, mais il préfère vendre à 0 ^%45, et diminue ainsi de 5 francs son gain journalier qui devient 11 ^%20, parce que tous les clients de Paul viennent chez lui, doublent ses opérations, et portent finalement son gain à 22 ^',40. Paul est obligé de cesser son commerce, et une fois cette concurrence fâcheuse éloignée, le premier pourra même rehausser les prix.

11 y a un autre client qui est lésé dans cette opération : c'est le fisc. Si chaque litre de vin lui rapporte tV^SO, les 200 litres, dont nous parlions plus haut, doivent mettre dans sa caisse la somme de 40 francs, mais comme le fraudeur, pour 200 litres qu'il vend, n'en fait entrer à l'octroi que 155, c'est 77 lois0f%20 ou 15 f%40 qu'il perd. Or, le fisc ne peut pas perdre, par la raison qu'aussitôt que ses dépenses dépassent ses revenus, il augmente ceux-ci en frappant de nouvelles taxes. Ce sont donc, en définitive, les contribuables (au nombre desquels se trouve l'acheteur déjà nommé) qui doivent fournir la somme en question. Telles sont pour les falsifications les conséquences budgétaires qu'on voit, et celles qu'on ne voit pas. 11 suffit, pour se faire une idée juste de la grandeur du dommage cauâé à la société, de substituerdesmillions aux centimes dont nous avons parlé plus haut. On pourra également déduire du peu de mots que nous venons de dire que l'impôt, augmentant le bénéfice du fraudeur, est indirectement et malgré lui un stimulant pour la fraude. Pour le vin, par exemple, c'est dans les villes comme Paris, où les droits d'octroi sont lourds, que la falsification tend à se développer.

Excuses présentées pour justifier les falsifications. Nous venons de voir que le gain illicite était la cause seule et uni(iue de la l'raude ; mais il n'est jamais le motii avoué. Suivant le vendeur, la falsification qu'il commet est uniquement dans l'intérêt de l'acheteur.

Tantôt la fraude est un perfectionnement (quelquefois breveté) dont le public est le premier admis à bénéficier.

Tantôt le vendeur est obligé d'agir ainsi pour satisfaire les goûts et les caprices du public.

Les couleurs vénéneuses ne décorent les pièces de pâtisserie ou les bonbons que pour en permettre la vente. Cette excuse est certainement vraie, mais ne justifie que l'emploi des couleurs inoll'ensives {voy. à ce sujet : Couleurs).

Dans une autre circonstance, le motif invoqué est la conservation de la marchandise, qui, pure, ne tarderait pas à se détériorer au préjudice du consommateur. Tel est le cas du vinaigre, auquel on est obligé d'ajouter de l'acide sulfurique.

Une autre excuse se trouve dans l'impossibilité absolue de vendre au prix admis par le public, sans falsifier. Cet avilissement du prix provient de la concun'ence que se font entre eux les fraudeurs. Cette excuse mérite d'être prise en considération quand le prévenu démontre qu'elle est réelle ; et le seul remède à un pareil état de choses consiste à poursuivre activement les fraudeurs, de manière à supprimer sur le marché les ventes au-dessous du cours. Sans doute le public est appelé par le bon marché; mais il suffit de signaler à son attention les manœuvres dont il est finalement la dupe, pour qu'il rénonce de lui-même à ce bon marché fictif. L'affichage des jugements rendus à la porte des délinquants est une excellente méthode. 11 est vrai que les affiches sont aussitôt arrachées, mais il serait facile de l'empêcher, et d'exiger que ces affiches restassent apposées pendant un temps assez long dans la boutique même.

Une autre excuse mise en avant est la parfaite bonne foi du marchand, qui ne croyait pas mal faire et qui a agi sans y penser autrement. Il fait ressortir d'ailleurs que la fraude commise par lui est absolument sans danger pour la santé, sans quoi il se serait bien gardé de la commettre.

Souvent aussi l'excuse présentée se trouve dans la petite quantité de substance étrangère ajoutée, et dans la quasi-nullité du dommage éprouvé par le consommateur ; tout le monde en fait autant, etc.

iU FALSIFICATION.

Enfin quelques fraudeurs avancent, pour se défendre, des raisons entièrement dénuées de sens, ou d'une effronterie audacieuse. Tel est l'auteur d'une brochure sur le plâtrage du vin, où il est expliqué que le plâtre n'a pas d'autre effet que d'absorber Vaqueux de ce liquide. Tel était encore ce laitier qui, interpellé par le président sur l'addition d'eau à son lait, allégua une diminution de mortalité observée par lui dans l'hôpital dont il était fournisseur, depuis qu'il avait imaginé cette pratique. On pourrait, sans peine, multiplier ces exemples.

En réalité, toutes ces excuses sont mensongères. En examinant les faits, on trouve toujours le gain illicite qui est la pierre de touche. L'intérêt que le vendeur porte à l'acheteur est illusoire. L'unique préoccupation du premier est de tromper le second, sans se préoccuper du dommage causé. Si les falsifications dangereuses pour la santé sont de beaucoup les plus rares, c'est parce que les fraudeurs savent fort bien que la pénalité qu'ils encourent dans ce cas est beaucoup plus grave. Quant aux fraudes innocentes pour la santé, ou supposées telles, et présentées comme perfectionnements, moyens de conservation, etc., il y a pour le vendeur un moyen fort simple de les rendre licites, c'est àe prévenir le public au moyen d'une étiquette visible apposée sur (a marchandise. Dans ce cas, il n'y a plus aucun motif de poursuivre la vente du vinaigre fabriqué sans vin, du vin plâtré, du lait écrémé et allongé d'eau, du café à la chicorée, etc. Mais le vendeur se garde bien de mettre dans la confidence le client, qui ne manquerait pas de stipuler une réduction du prix. C'est cette réduction non effectuée qui constitue le gain iUicite, caractérise la fraude, et rend le vendeur passible d'une peine, pour n'avoir pas loyalement appelé la chose vendue par son véritable nom.

Conséquences de l'adultération au point de vue médical. (Hygiène et thérapeutique.) Ces conséquences varient, suivant que l'altération porte sur les aliments, ou sur les médicaments.

I. Les falsifications des aliments entraînent des conséquences variables suivant la nature de la substance employée pour opérer les falsifications.

1" Falsifications par des substances toxiques. Si la substance vénéneuse est employée à haute dose, il peut se produire un véritable empoisonnement, suivi d'accidents graves et quelquefois mortels. Tel est, par exemple, le cas de cette servante qui, pour tuer les vers qui se trouvaient dans un fromage, a^ait ajouté à celui-ci de l'arsenic. Ce fait s'est reproduit plusieurs fois.

Le plus souvent, la proportion de substance vénéneuse employée est minime, et ne peut produire immédiatement des accidents qu'on puisse rapporter avec certitude à l'introduction du poison dans l'économie. Cette faible dose est même l'excuse incessamment mise en avant par les fraudeurs. La quantité est tellement petite, qu'elle ne saurait, suivant eux, causer aucun mal. Le médecin ne peut admettre une semblable manière de voir. 11 sait que l'action nocive, si faible qu'elle soit, peut par la répétition acquérir une grande puissance ; il ne faut pas oublier en outre que certains poisons administrés à doses réfractées s'accumulent dans l'économie, et produisent, à un moment donné, un effet considérable. L'impossibilité où il se trouve souvent de pouvoir rattacher avec certitude un phénomène pathologique à l'ingestion du poison incriminé ne saurait être une raison de tolérance. 11 lui est souvent impossible de distinguer, au milieu de la complexité des causes morbides, la part exacte qui revient à l'introduction minime, mais journalière, d'un poison dans l'économie ; cette part existe cependant, cela est certain, et cette circonstance suffit pour que jamais on ne doive tolérer, même à dose minime, l'introduction dans un aliment d'un corps véné-

neux. Si on admettait une thèse contraire, il serait impossible d'assigner une limite définie de l'addition tolérée. On devra proscrire en conséquence, et d'une manière absolue, le plomb dans l'étamage, la strychnine et la noix vomique dans la bière (voyez à ce mot la composition des bières anglaises), le cuivre dans le pain, toutes les couleurs à métaux toxiques dans les sucreries, etc., bien que ces poisons soient employés en assez minime proportion pour qu'il soit impossible de constater chez ceux qui en font usage un effet toxique immédiat. Voici suivant Hassall (voyez la bibliographie) la liste des substances toxiques actuellement employées pour frauder des objets de consommation :

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