FEIST
mus. Ibid. Dec. 1, A. 2, 1671. — Vil. De urlnœ inconlinentla. Ibid. Dec. 1, A. 6 et 7, 1675 et 1676. — VIII. De aneurismate et varicibus; cum addemiis Ros. Lentilii. Ibid. Dec. 1, A. 6 et 7, 1G75 et 1676 ; Dec. 5, A. 7 et 8, 1699 et 1700. — IX. De noxa carnh animalium œgrolantium; cum addendis Dos. Lentilii. Ibid. Dec. 1, A. 6 et 7, 1675 et 1676 ; Dec. 5, A. 7 et 8, 1699 et 1700. — X. Epistolœ niuiuœ AncoNAUTJs ad Nestohem. Augustœ Vindelicorum, 1677, in-4°. C'est la correspondance de Feiir avec Welsch. — XI. De arnica lapsorum panacea. In Miscell. Acad. Nat. Curios. Dec. 1, A. 9 et 10, 1678 et 1079. — XII. De nalura tindurœ Bezoardicœ. Edit. God. ScliuUz. Halle, 1678, in-8°. — XllI. Scrulinium ciniiabaritim, seu triga cinnabriorum. Halle, 1680, in-8°. — XIV. Calnlrp^x stalaria periodica. In Miscell. Acad. Nat. Cur. Dec. 2, A. 1, 1682. — XV. Fistula umbilici féliciter curnia. Ibid. Dec. 2, A, 1, 1682. — XVI. Anatomia lujdropici et lien monslrosus. Ibid. Dec. 2, A. 1, 1682. — XVII. Jjactis vaccini virtus in curanda podagro. Ibid. Dec. 2, A. 2, 1685. — XVIII. De fluxu hepatico. Ibid. Dec. 2, A, 5, 1684. — IX. De unicornu fossili. léna, 1666, in-12.
Fehr (JoH.-LoRENTz), fils dii précédent, est né à Scliweinfurth. Il suivit la même carrière que son père et fut admis sous le nom A' Argonaida II parmi les membres de l'Académie des Curieux de la nature ; on retrouve une foule d'observations à son nom dans les Mémoires de cette Académie; il mourut, enlevé prématurément à la science, dans sa ville natale, le 22 septembre 1706.
Il ne faut pas confondre les deux auteurs qui précèdent avec :
Fehr (Joh.-Heinricii), connu seulement par une dissertation sur la (aille, où il se prononce en faveur du procédé de Rau.
Diss. de calcula vesicœ ejnsgue per sectioncm auferendi niethodo. BasileîE, 1716, in-4°.
Fehr {.(osEPu). Né à Dùsseldorf le 24 juin 1742, étudia dès son jeune âge l'anatomie et la chirurgie, sous la direction d'un médecin-major du nom de Duband, puis continua ses études à Duisbuurg, oîi il se rendit en 1759. Après avoir fait du service dans divers hôpitaux et même dans un régiment de dragons autrichiens comme chirurgien de batailli)n (1762), il fut nommé, en 1765, chirurgien-major du régiment de cavalerie de Munster, commandé par le major général von Geldern ; c'est là qu'il prit goût à la médecine vétérinaire à laquelle il se proposait d'apporter diverses réformes importantes, et pour s'y perfectionner il fit en 1777 un voyage dans le Nord de l'Allemagne, aux frais de son gouvernement ; ea 1779 nous le retrouvons à Munster, en qualité de professeur ordinaire de médecine vétérinaire et de directeur de l'Institut vétérinaire, fondé par lui dans cette ville.
On a de lui :
I. Auch noch ein Hehammen-Katechismus: ans einer gefundenen Ilandscitrifi. Rotbenburg an der Fulda, 1778, in-8°; autre édition, ibid., 1780, in-8°. — II. Elwas ûber die Hundswuth. Munster, 1784, in-8°; nouv. édit., ibid., 1789, in-8">. — III. AusfiilirUche Nachricht von einer tôdtltchen Krankheit nach dem toUen Hundesbisse; nebsl ciner Uebersicht der Zufâlle derWuth bei Hunden und Uenschen, etc. Gôltingen u. Munster, 1790, in-S". — IV. Trad. de Carl-Jos. Wirtensoun, vom Mohnsafle; aus dem Lat. Gassel, 1778, in-8°, et in Sammlung f. Aerzte. Ed. IV, 1784. — V. Un grand nombre d'ouvrages sur l'art vétérinaire dont l'énuinération serait trop longue (voy. Gel. Teutschl., t. XIII, 1808, et t. XVII, 1820, et Kaïseb, Index, libr., t. Il, p. 190; 1854). L. Un.
FEIST (Frakz-Ludwig). Médecin allemand, né vers le commencement de ce siècle, exerça d'abord son art à Berusheim, puis s'établit à Mayence en 1853; il acquit dans cette dernière ville une grande réputation comme accoucheur ; il était membre de la Société d'histoire naturelle de Mayence et de plusieurs autres sociétés savantes. Il a publié :
I. Eine Beobachtung ûber Phlegmatia alba dolens puerperarum. In Deutsch. Zeitschr. fur Geburtsk. Bd. II, H. 2, p. 584, 1827. — II. Ueber die gùnstige Wirkung des àtzenden Quecksilbersublimats bei wunden Brustworzen. Ibid. Bd. IV, H. 2, p. 240, 1829.
422 FELDMANN.
III. 1° GeivaUsame Erôffung der Mutlcrmiindes, etc. ; 2° Incarcération einer verwachsenen Placenta; 3° Sabina gegen Mutlerblutfliissen ; 4° Angeborene Missbildungen des Ohres. Ibid. Bd. IV, H. 4, p. C09, 1829. — IV. Zwei Beobachtungen ûber Bliachitis acuta neonalorum. Ibid. Bd. V, H. \, p. 101, ISSO. — V. Beobachtung eines Morbus hœmorrhagicus Werlliofd. In Heidelb. kiin. Annal. M. IV, H. 2, p. 226, 4828. — VI. Ueber den Kopfblidgeschwitlst der Neugeborcnen. Mainz, 1859, iri-4°. — VII. Ueber die Heilquellen zu Homburg vor der Hôhe. Mainz., 1842, gr. in-S". — VIII. Ueber Gebârmutlerwassersucht wàhrend der Schwangerscliaft. In Monatssclir. f. Geburtsk. Bd. III, H. 2, 1854. — IX.. Ueber die Wirkiing des Secale cornutum auf das Uterinsysiem. Ibid. Bd. III, H. 4,1854. — X. Ueber die Lehre vom Stilrzen des Kindes in den lelzten Monaten der Schwangerschaft. Ibid. Bd. m, II. 5, 1854. — XI. Articles et nombreuses revues dans Heidelberger klinische Annalen, Schmidl's Jahrbùchcr der Medicin, Zeitschr. fiir Geburtsk. et Monalsschrift fiir Geburtskwnde . L. Un.
FELATADS. Tribu (le l'Afrique centrale, qui est, d'après Vater, de la même race que les Foulahs de la Sénégambie [voij. Foulahs et Sénéga>ibie), dont ils ont les caractères anthropologiques et parlent la langue. Les Felatahs, suivant les renseignements pris sur place par le capitaine Clapperton, sont originaires du pays de Melli, dans lequel sont compris les états Foulahs de la Sénégambie. D.
FELDMAIVIK (Bernhard). Médecin et naturaliste assez distingué, naquit à Cceln sur la Sprée, le H novembre 1701. Il commença ses études de bonne heure à Berlin, sous la direction des professeurs Neumaim, Pott, EUer, Buddeus, Ludolf et Senf; il se rendit à Halle en 1726 et étudia à l'Université de cette ville pendant quatre ans. 11 fut rappelé à Berlin par un cours d'anatomie, puis se rendit en Hollande après avoir terminé ce cours, se lia à Amsterdam avec le fameux Séba et le célèbre chirurgien Vilhoorn, enfin alla à Leyde suivre les leçons de Gaubius et de Boerhaave. C'est dans cette dernière ville qu'il soutint, en 1752, sa thèse inaugurale intitulée : De comparatione plantarum et animalium, bon travail qui témoignait de son goût et de ses aptitudes pour l'histoire naturelle. A son retour en Allemagne, le collège de Berlin lui octroya la licence d'exercer la médecine et il s'établit, en 1733, à Neu-Ruppin où il fut nommé médecin pensionné et sénateur. En 1738 il devint médecin de tout le cercle de Piuppin et acquit bientôt une telle réputation qu'en 1 740 le grand Frédéric lui offrit une place de médecin militaire dans ses armées. Mais Feldmann, qui tenait avant tout à conserver la nombreuse et excellente clientèle qu'il s'était formée et les loisirs que lui laissait son existence sédentaire pour l'étude des sciences naturelles, refusa ce poste honorable, et vécut à Neu-Ruppin tranquille et estime jusqu'au mois de janvier 1777; quelques années avant sa mort, en 1770, il avait été appelé aux fonctions de troisième bourgmestre de Ruppin, et en 1773, la Société d'histoire naturelle de Berlin l'avait récompensé pour ses travaux intéressants, publiés dans divers recueils, en lui accordant le titre de membre honoraire. On a de lui :
I. Disserlalio inaug. de comparatione plantarum et animalium. Ludg-uni Batav., 1732, in-4°. — II. Il a publié dans les années 1734. et 1735 du Commercium litterarium Norimbergense, plusieurs observations de médecine et d'histoire naturelle : Ohservationes de lumbrico renali. — De vitro deglulito. — De niorbo Kriebelkranklieit . — De succino in minera martis ex paludibus hc^ ZehAemk. — de gentiana angusiifolia aw<Mm;(«/i bey îSeu-liuppin. — III. Bemerkungen von Sleinschneiden, Schleifen und Poliren. la Berliner Magazin, Bd. III, IV. — IV. Beobachtungen einer Verrenkung des Huftbeins von eineni Absatze oder Metastasis eines ungewôhnlichen Ilustens. — Vom Nutzen der Haarseile bcy den Pocken und krâlzigen Ausschlâgen. — Vom Nutzen des liamphers in starker Dosis. In Berliner Samndungen zur Befôrderung der Arznetjwissenscliaft. Bd. lY. — V. .articles in Mannigfaltigkeiten publiées par D. F. H. W. Martini à Berlin. — Nota : Feldmann contribua à la formation du cabinet conchyliologique de M rlini. L. Hn.
FÉLIX (les deux). ^425
FELFAL-TAVIE, OU FELFEL-TAVIL. Sous ce nom, Piosper Alpin décrit et figure une plante jonciforme, à suc jaune, qui est, dit-il, employée contre les douleurs rhumatismales. Pour cela ou la mêle avec de l'huile rosat. Il est difficile de dire, d'après la figure qu'en donne l'auteur, à quelle espèce on a affaire. Linné la rapportait à une euphorhe. Bory pensait que c'était le Cynanchuum viminale, et Sprengel a adopté la même opinion.
Prosper Alpin. De plantis Mgypti, p. 96. — Mérat et de Lens. Diciioniiaiic tie madère médicale, III, 224. — Spkengel. Historia Rei herbariœ, II, 385. I'l.
FELICI OU FELICE (GiusEPPE M. di). Né en Italie vers la fin du dix-huitième
siècle, a été un médecin et un anatomiste assez distingué. Établi à l'adoue, il
était professeur à l'Université de cette ville, et de plus remplissait les fonctions
de conservateur du cabinet d'anatomie pathologique et comparée. Nous citerons
de lui :
I. Ohservaliones in nosocomio Ticinensi inslitiitœ, sive fada medica quœ mrdiillam in febribiix intermiltcntibus ac continuis ulilinreni exhibent, et in/Iammationiun (juorumdam annorum naturam illustrant. Ticini, 1803, in-S". — II. Phiiosophica mcdcndi ratio in nosocomia Ticinensi adhibita. Ibid., 1805, in-8°. — 111. Osservazioni fisiologiclœ sopra le funzioni délia milza, délia vena porta, del fegalo, de' polmoni. Edit. 5. Milano, 1818, in-8°. — IV. Memoria sut una gravidanza susscguila da aiiasarca, fcliccmente curata colla sciringa. Milano, 1824. — V. Cenni di una nova idea sulla natura del tc/<siilo cellulare. In Annali icniv. di Medicina, t. 111, n" 7, 1817. L. IL\.
FELICIAKUS {Jean Bernard). Linguiste, philosophe et littérateur fort distingué, ce médecin, qui florissait vers l'année 4520, s'est surtout rendu célèbre par l'éclat dont il sut entourer la chaire de belles-lettres qu'il occupa à Pavie, joignant la pratique à la théorie, exerçant ses élèves à parler en public sur les objets les plus importants de la politique et de l'administration. Ou lui doit, entre autres publications, les suivantes :
1. Pardi /Eginetce liber sextus de chirurgiâ. Bàle, 1533, in-S". — II. Eusthatii et aliorum insigniorum peripateticorum comment, in librum Aristolelis de moribus. Paiis, 1545, in-fol. — III. Porphirii de abslinentiâ ab es» animalium. Venise, 1547, in-4''. — IV. Explanatio veterum SS. Patnim grœcorum, etc. Venise, 1556, in-8'. — y. Galen. JAb. de Hippocratis et Plalonis Decretis. Venise, 1557, in-4'>. — VI. Galeni de fœlus formatione. Item, ejusdem, de semble libri 11; Item, de septimestri partit. Venise, 1557, in-4''.
FÉLI1KE (Monomanie). Voy. Lvcanthropie.
FÉLIX (Les deux) . De Vaux a consacré deux notices à ces deux fameux chirurgiens, dans son Index funereus. Nous ne pouvons mieux faire que de les traduire en les faisant suivre de quelques réflexions.
Félix de Tassy (FfiAisçois). « Né à Avignon, conseiller et premier chirurgien du roi Louis XIY, et chef de la chirurgie du royaume. Il était également bien versé dans la théorie et dans la pratique chirurgicales, et fort considéré du roi et de toute la cour. Il mourut le 5 août de l'année 1676. On peut dire, au reste, que cet habile chirurgien fut heureux de nom et d'effet, et même trèsheureux d'avoir eu deux fils qui ont illustré son nom, chacun à sa manière : son aîné en remplissant bien dignement sa charge près de la personne du roi ; le second, qui avait embrassé l'état ecclésiastique, étant devenu un très-habile docteur en théologie, se distingua par ses prédications dans les chaires de Paris, en sorte qu'il mérita premièrement d'être pourvu de la dignité de trésorier de
42i FELIX (les deux).
la Saintc-Chapellc de Vincenncs, puis d'être élevé à l'évêché de Digne et d'ètie installe enfin sui' le siège de Chalon-sur-Saône, s'étant rendu recommandable dans ses deux prélatures par ses vertus épiscopalcs, et particulièrement par une l'ésidence continuelle dans son dernier diocèse. »
Pour être juste, il faut reconnaître que François-Félix de Tassy n'a rien laissé qui permît de juger de ses capacités. Premier chirurgien du Roi-Soleil pendant vingt-sept ans (1655-1682), il n'a guère eu l'occasion qu'une fois d'exercer ses talents sur la personne du monarque. Nous voulons parler de cette « dislocation entière du bras gauche » que Louis XIV se fit en chassant dans la forêt de Fontainebleau et que son chirurgien « remit fort lieureusement. »
Félix (Charles-François). « Fils du précédent, né à Paris, ancien prévôt, conseiller et premier cliirurgien du roi, chef de la chirurgie du royaume, s'éleva moins au premier grade de sa profession par le droit, qui semblait lui être acquis de succéder à son illustre père, que par ses études et son application à se rendre un très-habile chirurgien dans les hôpitaux de Paris et des armées, où il voulut bien même, pour donner des preuves incontestables de sa capacité, subir bien régulièrement les épreuves que l'on propose aux autres aspirants pour acquérir le titre de maître chirurgien. Dès qu'il fut en état de paraître à la cour en celte qualité, il s'y distingua par son exactitude à remplir ses devoirs, par sa sagesse et son affabilité ; outre que, donnant également ses soins aux grands seigneurs et aux moindres officiers, il s'acquit l'estime des uns et des autres. 11 guérit le grand monarque d'un mal fâcheux qui le mettait en danger, le rendant, pour ainsi dire, par l'opération qu'il lui fit, aux vœux de toute la France. Et il ne réussit pas moins, à quelque temps de là, dans le traitement d'un anthrax des plus malins dont le prince fut attaqué. Ces signalés services lui méritèrent la confiance la plus intime du roi, et les bienfaits dont Sa Majesté le combla lui donnèrent lieu d'augmenter ses fonds, d'élever sa famille, de lui donner de solides établissements et beaucoup de lustre, ce monarque lui ayant accordé la noblesse sur des motifs qui lui sont bien honorables, dans les lettres qu'il lui fit expédier. La considération qu'il eut pour la Compagnie des Chirurgiens, dont il était le chef et le protecteur, lui fit employer plus d'une fois la faveur dont le roi l'honorait, et le crédit qu'il avait auprès des ministres, pour faire modérer à son égard les taxes que les nécessités de l'État obligeaient d'imposer sur toutes les communautés. Enfin, le loi lui ayant accordé, en cas de besoin, la survivance de la charge de contrôleur général de sa maison, dont son fils était revêtu, il mourut le 21 mai de l'année 1703, moins chargé d'années que de la belle réputation qu'il s'était acquise par son mérite tout supérieur. »
Tout bien considéré, le « mal fâcheux », c'est-à-dire la fistule à l'anus dont Louis XIV fut atteint, devint la cause du principal titre de gloire à Charles- François Félix. Dégagé de la pourpre royale, vu, en quelque sorte, en robe de chambre, le Roi-Soleil est tout autre que le personnage que l'on a coutume de considérer; ce n'est plus l'orgueilleux potentat habitué à faire trembler le monde, ni le brillant héros dont chacune des beautés de la cour cherche à fixer les regards ; c'est d'abord un jeune homme valétudinaire, atteint successivement de maladies fort graves : « mal singulier « (lisez blennorrhagie), petite- vérole, rougeole, fluxion de poitrine ; puis un homme toujours souffrant, condamné à un régime sévère, et obligé de supporter de graves opérations : fistule à l'anus,
FELLANIQUE. 425
anthrax au cou, et pour terminer, un vieillard podagre, continuellement tourmenté par la gravelle, et dont la gangrène vient enfin terminer l'existence.
Ce fut le 18 novembre 1686, à Fontainebleau, que Félix pratiqua à Louis XIV l'opération de la fistule, en présence de madame de Maintenon, du P. de la Chaise, de Daquin, Fagon, Bessières et Laraye, ce dernier élève ou plutôt le garçon de l'opérateur. L'affaire réussit à merveille, et les récompenses furent dignes de la guérison. Félix reçut 150,000 livres et la teri-e des Moulineaux. La somme des autres dons, y compris le précédent, monta à près d'un million de notre monnaie ; le peuple seul avait à craindre que de semblables maladies se renouvelassent souvent. La fistule à l'anus devint à la mode comme l'eut fait un nouveau ruban porté par Sa Majesté. « Plusieurs de ceux qui la cachaient avec soin, écrit Dionis, n'eurent point honte de la rendre publique; il y eut même des courtisans qui choisirent Versailles pour se soumettre à l'opération, parce que le roi s'informait de toutes les circonstances de cette maladie. Ceux qui avaient quelques petits suintements ou de simples hémorrhoïdes ne différaient point à présenter leur derrière au chirurgien pour y faire des incisions. J'en ai vu plus de trente qui voulaient qu'on leur fît l'opération, et dont la folie était si grande qu'ils paraissaient fâchés lorsqu'on les assurait qu'il n'y avait point nécessité de la faire. »
Voir des détails curieux sur 1' « opération royale » dans le Mercure galant de l'année 1686. A. C.
FÉLIX-DES-PALLIÈRES (SAIIXT-) (Eau MINÉRALE de). Athemiale, amétallite, bicarbonatée ferrngineitse faible, carbonique moyenne. Dans le département du Gard, dans l'arrondissement du Vigan, émerge une source gazeuse dont l'eau est claire, limpide et transparente; elle laisse déposer sur les parois intérieures de son bassin un enduit ocracé peu abondant, elle n'a pas d'odeur, sa saveur est un peu fade et légèrement ferrugineuse, sa température est de 13", 0 centigrade, sa densité n'est pas connue. M. Henry (Ossian) en a fait l'analyse chimique en 1844, il a trouvé que 1000 grammes de cette eau renferment :
Bicarbonate de chaux i
magnésie j "■"^**
— soude 0,021
— fer 0,046
— manganèse tiaces.
Crénatedefer 0,005
Silicate de soude 0,105
Sulfate de soude et de chaux 0,030
Chlorure de sodium 0,085
— potassium et magnésium. . . 0,005
Silicates de chaux et d'alumine 0,025
Matière organique traces.
Total des matièhes fixes 0,406
i azote indéterminé, acide carbonique 1/10" de volume.
L'eau de la source de Saint-Félix-des-Pallières est employée en boisson seulement par quelques dyspeptiques et quelques chloro-anémiques des environs.
FELLAHS. C'est le nom des paysans égyptiens, chez lesquels on a cru remarquer des traces d'infusion des races du type mongolique {yoy. Afrique, p. 79, et Egypte). D.
FELLAMIQUE (Acide). Berzélius, en faisant agir l'acide chlorhydrique sur
426 FELS (les).
de la bile ancienne, obtint, enti'e autres produits plus ou moins intéressants et plus ou moins mal connus, un principe acide auquel il donna, pour rappeler son ori'^ine, le nom d'acide fellanique. Des travaux plus récents de Mulder il résulterait que l'acide fellanique provient de la décomposition de la biline en ammoniaque, taurine, et en un groupement moléculaire C^^'H^^O"' susceptible de divers degrés d'hydratation. Ce groupement donnerait naissance à la série suivante :
Dyslysine, Cm^'0\ HO,
Acide cholinique, C^«H''«0^2H0,
Acide fellanique, C=^»1P0«,3H0,
Acide felliniquc, (?<'IP«0^4II0,
Acide cholique, C^«IP^0S5H0, dont l'acide J'cllanique formerait le troisième membre.
L'existence de ce corps n'a pas été confirmée par les recheixhes faites ultérieurement par les chimistes de l'époque actuelle. L. Un.
FELLAXIS. Voy. FOULAHS.
FELLATAS. VoiJ. FoULAHS.
FELLER (Ciiuistian-Gotthold). Né à Lœbau, le 1'^'' mai 1755, et mort le 14 septembre 1785, à l'âge, par conséquent, de 33 ans, ce médecin qu'attendaient, sans cette fm prématurée, de grands succès, a laissé pourtant un nom distingué dans la science et dans la pratique. Il a surtout montré un zèle bien méritoire à chercher à introduire l'électrothérapie dans la pratique; c'est à lui aussi qu'on doit la connaissance des procédés opératoires imaginés par Casaamata et Simon pour guérir la cataracte, procédés qu'il eut l'occasion de voir pratiquer et qu'il rendit aussitôt publics. Dézeimeris a analysé avec soin les principaux ouvrages de Feller, ouvrages qui portent ces titres :
I. Dinserfatio de utero canino. Leipzig, 1780, in-i". — II. Epistola gratulatoria, quœdam de enemalïbus atqiie nova fumum tabaci hiflandi methodus. Leipzig, 1780, 12 pag. in-4°. — III. Dissertalio de rnelhodis quibus Casaamata et Simon catmactce operationem celebrarunt. Leipzig, 1782, in-S", p. 72. — IV. Vasorum lacteoruniatque lympltalicorum anatotnicophysiologica Descriptio, fasciculus I. Leipzig, 1784, in-4°. — IV. Qissertatio inauguralis exhibens quœdam de therapiâ per electrum. Leipzig, 1785, in-4°, p. 22. A. C.
FELEIXIQUE ou FELLIQUE (Acide). A été obtenu par Berzélius par l'action de l'acide chlorhydrique sur la bile fraîche ou ancienne. D'après les recherches de cet éminent chimiste et celles de Mulder, l'acide fellinique préexisterait dans la bile fraîche, combiné à la biline et à la soude sous forme de bilifellate de soude.
La formule de l'acide fellinique ne diffère de celle de l'acide fellanique que par un équivalent d'eau en plus : C^°IP^0^,4H0, et prend naissance en même temps que lui quand on traite la bile ancienne par l'acide chlorhydrique [Voy. Fellanique (Acide)]. Tous deux précèdent l'apparition de la dyslysine, premier degré d'hydratation du groupement C^"H^^O^
La remarque faite à propos de l'acide fellanique s'applique également à l'acide fellinique. L. Hn.
FÉLOUPES. Nègres de la Sierra leojve.
FELS (Les).
Fels (Friedrich-Ferdinand). Né à Leipzig en 1797, étudia la médecine dans sa ville natale et y prit le bonnet de docteur, le 5 août 1827 ; il exerça la méde-
cine avec distinction à Leipzig, mais ne put tenir tout ce qu'il promettait, car
la mort vint prématurément l'enlever le 7 mars 1853, à l'âge de 56 ans. On
cite de lui :
I. Disxertatio inauguralls de gastromalacia infantum. Lipsise, 1827, in-4°. — II. Nâhere Erôrlerung der Krankheit und des organischen Felders des a»i 17 Fcbr. d. J. vcrsturbenen Domherrn D' Tzschirner. Leipzig, 1828, in-4'', avec 1 pi. ; se trouve analysé dans Grâfe u. Wallher's Journal der Chirurgie. Bd XI, II. 5, p. 539, 1828. L. Hn.
L'auteur précédent n'a rien de commun avec
Fels (MAnTiN-GoTTFitiED), qui fut chirurgien du prince d'Anlialt-Cotlien; il était né à Gôlhen, et avait pris son grade de docteur à Erl'urt en 1789 ; il n'est connu que par sa dissertation inaugurale :
Diss. inaiig. de cancro labiorum observaliones aliquot. Erfordiae, 1789, in-4''. L. Un.
FEMMES. Les Védas nous apprennent que Brahma divisa son corps en deux moitiés qui, en s'unissant, engendrèrent Viradji, père du divin Manou, maître du monde. La Genèse reste tout aussi affirmative sur le caractère androgyne du premier être. « Dieu, dit-elle, créa l'homme mâle et femelle. » On sait, d'ailleurs, comment d'une côte arrachée à Adam pendant son sommeil Dieu forma Eve, et la division des sexes fut consommée. C'est là ce que le professeur liaeckel, au point de vue de l'histoire naturelle, a lui-même et tout récemment avancé : « La forme la plus simple et la plus ancienne de reproduction sexuée, dit-il, est l'hermaphroditisme. Elle existe dans la grande majorité des plantes et chez une minorité des animaux, par exemple, chez le colimaçon, la sangsue, le lombric et beaucoup d'autres vers. Dans l'hermaphroditisme, tout individu isolé produit les deux substances génératrices, l'œuf et la semence. Chez la plupart des végétaux supérieurs, chaque fleur renferme aussi bien les organes mâles que les femelles, style et ovaire. Tout limaçon possède, en un point de ses glandes génératrices les œufs, et en un autre, la semence. Beaucoup d'hermaphrodites peuvent se féconder eux-mêmes ; chez d'autres, une copulation, une fécondation réciproque de deux individus est nécessaire. Ce dernier cas marque déjà le passage à la séparation des sexes. La reproduction par sexes séparés {gonochorismus), la plus parfaite des deux formes de génération sexuée, est évidemment provenue de l'hermaphrodisme à une époque plus récente de l'histoire organique de la terre » {Histoire de la Création, trad. Martins, p. 176). Plus loin le même auteur cite la parthénogenèse comme un retour vers la génération sexuée, et comme un état intermédiaire entre les deux formes. Darwin est aussi un fervent disciple des traditions des Védas et de la Genèse ; mais il y a une nuance : pour lui, les caractères sexuels secondaires existent à l'état latent dans l'autre sexe; c'est ainsi que nombre de femelles d'oiseaux prennent, en vieillissant ou après l'ablation des ovaires, le plumage, la voix, les ergots des mâles; le contraire s'observe également [Variations des Animaux et des PUmtes, II, p. 54). Nous voyons dans le genre humain des faits analogues. Ceci semblerait indiquer que la séparation n'est pas aussi radicale que les procédés sommaires des livres sacrés hindous et hébraïques pourraient le faire penser. D'ailleurs on trouvera dans la Gazette hebdomadaire (1876, n" 51) la relation d'un cas d'hermaphrodisme vrai qui ne laisse aucun doute sur la possibilité de cette singulière anomalie qui, selon- la méthode de Darwin, serait un phénomène de réversion ou d'atavisme {voy. Atavisme).
Yoilà donc cette moitié de nous-mêmes, cette côte transformée, placée à
côté de riiommo, et subissant dans son évolution sociale d'innombrables fluctuations chez les fils de Manou et d'Adam, comme chez les autres, jusqu'au jour où un éloquent ami des femmes, philosophe illustre, développe cette thèse que c'est pour avoir tenu trop longtemps nos compagnes en servage que les progrès de la civilisation sont ralentis : « Je crois, dit-il, que les relations sociales qui subordonnent un sexe à l'autre, au nom de lu loi, sont mauvaises en ellesmêmes, et forment aujourd'hui l'un des principaux obstacles qui s'opposent aux progrès de l'humanité ; je crois qu'elles doivent faire place à une égalité parfaite sans privilège ni pouvoir pour un sexe, comme sans incapacité pour l'antre » (J. Stuart Mill, De V assujettissement des femmes, trad. Gazelles, 1876). Telles sont les origines sacrées et la phase actuelle d'un long procès qui n'est pas près d'être définitivement jugé, et qui touche de trop près à l'anthropologie comme aux sciences médicales pour que nous n'en mettions pas quelques points sous les yeux de nos lecteurs.
Les particularités anatomiques et biologiques, qui, en dehors de la sexualité proprement dite, distinguent les sexes, ne sont pas d'une importance tellement considérable qu'il y ait lieu d écrire, sur ces points, un chapitre fort étendu. L'opinion contraire est cependant fort répandue, et ils sont nombreux ceux qui pensent que les deux sexes ont une manière d'être, de voir, de sentir, d'expi'imer et d'agir, profondément distincte. Le fait est qu'il existe dans le genre humain des types abstraits, créations spontanées du cerveau, autour desquels gravitent, dans leur évolution, tous ceux qui, par éducation, par distinction sociale, ou par constitution organique, appartiennent à une catégorie déterminée ; mais il est facile de s'apercevoir que, par une sorte de paradoxe, cette o-ravitation s'opère en dehors des conditions de sexe. Le sexe ne constitue pas par lui-même un idéal; les aptitudes, les défauts, lès vices, les vertus que l'on prête aux femmes, sont aussi communs chez les hommes. Il n'est point de défaillances supposées féminines, au sujet desquelles on ne puisse dire avec
La Fontaine :
Et je sais même sur ce point
Bon nombre d'hommes qui sont femmes.
Il importe à bien des points de vue qui ressortissent à la médecine d'étudier cette question avec moins de parti pris, moins de préjugés qu'on ne l'a Utit iusqu'à ce jour, et de faire une sorte d'enquête comparative sur les conditions relatives des sexes dans les principales races humaines. D'ailleurs, quand on s'écarte quelque peu de l'observation limitée au cas présent et accidentel, on reconnaît que de l'étude du rôle social des femmes, de leurs attributions, des conditions de mariage et de parenté, résultent pour l'hygiène sociale, pour la descendance, pour la civilisation et pour l'ordre, qui est une des sources étiologiques de l'hygiène, des conséquences de la plus haute importance, puisqu'elles nous permettent d'intervenir scientifiquement dans une série de problèmes d'oii dépend l'avenir des sociétés humaines, et qui, jusqu'à ce jour, semblaient livrés à des solutions d'aventure. Les questions morales et sociales ont le plus souvent, in radice, leur origine dans des faits d'histoire naturelle.
Les différences anatomiques entre les deux sexes ne se manifestent qu'à une période assez avancée de la vie fœtale ; elles s'accroissent insensiblement et finissent par s'atténuer dans la vieillesse. Il semHerait, que l'on nous pardonne cette image, que la « côte d'Adam « est chargée d'une mission, et que l'ayant accomplie, elle s'efforce de rentrer dans le rang.
Les différences sexuelles ne portent pas seulement sur les caraclcres extérieurs, elles se retrouvent aussi dans le squelette. Ackermann [De discrimine sexûs prceter (jenitalia), Sœmmering {Tabula sceleti fœmince), et Albinus {Tabula sceleti honiinis), ont les premiers signalé ces différences, qui sont assez tranchées. Le squelette de la femme est généralement plus petit, plus grêle, plus délicat que celui de Thomoie : la différence moyenne de hauteur et de 40 à 12 centimètres, le thorax est plus court, moins grand, plus mobile ; la colonne vertébrale est plus allongée dans la région lombaire ; les troncs des os coxaux ne sont pas ovalaires comme chez l'homme, mais ils sont plus arrondis ; la direction du col du fémur est plus transversale; le corps des vertèbres est surbaissé, les apophyses transverses moins accentuées, moins droites, et un peu inclinées en arrière, le trou rachidien et les trous de conjugaison {)lus petits. Le sternum est, en général, proportionnellement plus long et plus étroit chez la femme que chez l'homme : plusieurs anatomistes, du Laurens et Riolan entre autres, pensaient que le petit trou que l'on remarque parfois sur la face cutanée de cet os se rencontrait plus fréquemment chez la première que chez le second, mais l'expérience n'a pas confirmé leur assertion. Les côtes de la femme sont d'ordinaire plus droites que celles de l'homme, la réunion des segments antérieur et postérieur est plus brusque et la courbure de celui-ci est moins prononcée, d'où la cage thoracique est plus étroite ; en outre ces os sont plus minces et leurs bords sont plus tranchants. Quant à leur longueur projiovtionnelle, Meckel a remarqué que généralement les deux côtes supérieures sont plus longues chez la femme que chez l'homme, tandis que la longueur des autres côtes est relativement la même dans les deux sexes. Les saillies transversales de la fixée interne de l'omoplate, sur lesquelles s'insèrent les muscles sous-scapulaires, sont bien moins prononcées que chez l'homme ; les courbures en S de la clavicule sont moins prononcées ; la gouttière de torsion de l'humérus moins accusée, le tubercule antérieur du tibia où s'insère le triceps fémoral, la tubérosité radiale où s'attache le biceps huméi\nl, sont moins saillants ; en un mot, la saillie des crêtes et des apophyses, les dépressions, gouttières et empreintes, sont généralement moins accusées chez la femme que chez l'homme, de même que toutes les aspérités servant d'insertion aux muscles sont plus prononcées sur le squelette de l'ouvrier que sur celui de l'homme de bureau : elles se développent, en effet, en proportion de l'activité déployée par les muscles.
Ce sont les proportions relatives des différentes parties du squelette, non moins que les grandeurs absolues, qui constituent les différences géométriques ; l'homme est en général plus grand que la femme de 5 à \0 centimètres, le poids de son corps est moindre d'un tiers. C'est surtout le bassin qui offre des différences caractéristiques : il est plus large de 14 millimètres en movcnne • le rapport de sa largeur à sa hauteur maxima est chez la femme de 155 • chez l'homme de 125, et toutes les parties du bassin participent à cette pi'épondérance de dimensions transversales.
Topinard, dans ses recherches sur \e?. proportions générales du bassin (congrès de l'Assoc. fr. Lille, 1874), a constaté que par rapport à la hauteur, les femmes européennes ont le bassin plus large que l'homme dans la proportion de 139 à 1 27. Mais chez les négresses d'Océanie et chez les négresses d'Afrique les bassins ne difièrent pas autant d'un sexe à l'autre. Ainsi, chez les nègres océaniens l'indice de la hauteur, par rapport à la largeur, est chez la femme de 129, chez les DICT. ENC. Â' s. I. 28
hommes de 128 ; il est vrai que chez les nèyres d'Ah-ique on a pour la iemme 153 et pour les hommes 121, ce qui se rapproche sensiblement des chiffres d'Européens. Toutefois, on peut dire qu'en général le bassin des races inférieures est [)lus lai^ge chez les hommes, moins large chez les femmes, qu'il ne l'est dans les races supérieures.
Ce n'est pas ici le lieu d'insister sur les autres différences du squelette locomoteur, qui sont plutôt liées chez les femmes au genre qu'à leur nature propre : saillies, crêtes, lignes d'ouverture, empreintes, gouttières, apophyses, le tout généralement moins saillant, plus atténué chez la femme, mais dans la même proportion que chez les individus à vie sédentaire, par rapport aux ouvriers aianuels.
Chez les femmes, les formes sont généralement plus minces, plus arrondies, moins riides, moins saillantes que chez l'homme; leurs tissus sont plus fins, plus sou[)les ; leur organisation jilus délicate. Les systèmes lymphatique et cellulaire prédominent et conliibuenl, dans toutes les parties de l'organisme, à l'effaceîiient des saillies musculaires et aux contours plus gracieux des membres. Le& différences squelettiques se manifestent même à ti'avers les parties molles : le cou est plus long, plus délié; la poitrine plus courte, plus éAasée, plus proéminente et plus large d'avant en arrière; le bassin est plus ample ; les cuisses plus obliques. Et si, comme l'a fait Pierre Camper, on trace dans deux aires elliptiques d'égale grandeur la projection horizontale des contours du corps de l'homme et de celui de la femme vus de face, on remarque que le bassin de la femme se trouve sur les limites de l'ellipse qui enserre ses épaules, tandis que chez l'homme le bassin est renfermé dans l'aire même de l'ellipse, mais que ses épaules la débordent de beaucoup.
De plus, la femme a l'abdomen plus large, plus saillant par rapport aux épaules et à la poitrine ; les hanches plus écartées ; le bras et la cuisse plus arrondis, le tronc plus court, les membres abdominaux proportionnellement plus longs et par conséquent le milieu du corps plus bas que chez l'Iiomme.
Quant aux différences sexuelles de la boîte crânienne, ce n'est que toul récemment que des recherches anthropologiques sont parvenues à les établir avec une certitude suffisante. Jacobœus, Sœmmering, Ackermann, Bichat, Gall, Ollivier, s'étaient déjà, il est vrai, occupés de cette question, mieux étudiée chez les anthropologistes modernes, parmi lesquels il iaut citer Parchappe, Antelme, Huschke, Barnard Davis, Thurnam, Welcker, Manlegazza et Broca. Plus récemment encore, M. Bureau a publié dans la Revue d'anthropologie, t. Il, p. 475 et suiv., un remarquable travail sur les caractèi'es sexuels du crâne humain, et M. Topinard a résumé ces différences dans son Anthropologie.
On croit généralement que le crâne de la femme est plus allongé que celui de l'homme : c'est l'opinion soutenue par Yogt et Welcker entre autres. Ce dernier auteur, dans une étude qui a porté sur soixante crânes allemands, a trouvé que l'indice céphalique moyen de 50 femmes était supérieur de quatre unités à celui de 50 hommes. On peut donc conclure de là que, pour cette série du moins, les femmes ont la tête plus longue que les hommes. Toutefois, reprenant l'étude de cette question chez les nègres, la différence entre les deux sexes n'était plus que d'une demi-unité. Broca a critiqué la conclusion de Welcker, en tant que l'on voudrait la généraHser. S'il est vrai que dans la race européenne le crâne masculin est un peu plus allongé que le crâne féminin, d'autres races lui ont fourni un résultat inverse, et notamment les nègres occidentaux, les néo-
FEMMES. 'iôl
Calédoniens, les Guanches, etc. 11 ne serait donc pas exact d'établir sur ce point une règle absolue. Le degré de dolicbocépbalie et de bracbycéplialie varie considérablement avec les races ; le crâne féminin est tantôt plus allongé, tantôt plus arrondi que celui de l'homme, tantôt sensiblement égal sous ce rapport à ce dernier ; et il résulte de ses mensurations que « les divergences dans le développement relatif du crâne chez les deux sexes sont dues à la différence des éléments ethniques » . Remarquons en passant qu'au point de vue purement analomique le crâne de l'homme semble présenter une plus grande fixité de caractères que celui de la femme, tandis qu'au point de vue ethnologique la tète de celle-ci conserve plus lidèlement les traits de son origine ethnique. En outre, les caraclèrcs sexuels du crâne sont souvent atténués par les progrès de l'âge. ^"'**«»
En ce qui concerne les diverses mesures du prognathisme, on peut dire d'une manière générale que, pour l'indice alvéolo sous-nasal {voy. Craniolocie), les femmes sont incontestablement plus prognathes dans les races blanches et moins prognathes dans les races noires, et ([ue, pour l'indice focial supérieur, elles sont généralement moins prognathes, à l'exception des nègres d'Afrique ; quant à l'indication fournie par l'indice maxillaire, elle n'a rien de constant.
Le crâne de la femme est toujours plus bas, mais très-souvent plus allongé, d'où l'indice vertical ou rapport de la hauteur à la longueur du crâne est presque toujours, à quelques exceptions près, ])lus petit que chez l'homme. La capacité crânienne est notablement plus considérable chez l'homme que chez la femme : cette différence varie en moyenne dans les races les plus diverses de 151 à 201 décimètres cubes. 11 en est de même pour le poids du crâne : le crâne masculin pèse plus que le crâne féminin, et cette différence, d'après les registres crâniométriques de Broca, varie de 72 à 95 grammes. Il y a également lieu de croire qu'à âge égal l'épaisseur des os du crâne est moins considérable chez la femme que chez l'homme, mais il n'a pas encore été fait à cet é<^ard de recherches définitives.
Le diamètre antéro-postérieur et les diamètres transverses sont en moyenne plus grands surle crâne masculin que sur le crâne féminin : pour le premier, la différence varie de 6 à 11 millimètres. M. Broca, comparant le diamètre antéro-postérieur ordinaire aboutissant à la glabelle {point sus-nasal) avec le diamètre antéro-postérieur qui aboutit au point métopique, c'est-à-dire au milieu du front a reconnu que ce dernier était, sur le crâne féminin, fréquemment 6"al ou même supérieur au diamètre glabellaire, tandis que celui-ci est, sur le crâne masculin, généralement plus grand que le diamètre métopique. Cela tient à ce que le front de la femme est, comme celui de l'enfant, assez souvent bombé ou très-vertical dans sa moitié inférieure. Le métopisme peut donc être regardé comme un bon caractère sexuel.
La direction du trou occipital ne varie pas sensiblement suivant les sexes • mais sous le rapport de la forme et de la grandeur, il est plus petit et plus étroit chez la femme que chez l'homme. Cela résulte des recherclies de MM. Weisbach, Mantegazza et Bureau. La courbe de cette partie de la base du crâne est, d'après M. Barnard Davis, plus accentuée chez la femme que chez l'homme. La ligue naso-basilaire, qui va de la suture naso-fronfale au trou occipital, est assez fréquemment plus grande sur le crâne féminin que sur le masculin. Les diverses courbes crâniennes et les angles de la région cérébrale
sont plus petits sur le premier que sur le second : ces derniers ont été spécialement étudiés par M. Sauvage, dans ses Recherches sur létal sénile du crâne. 11 convient également d'ajouter que la protubérance externe de l'occipital et les deux lignes courbes où s'insèrent les muscles de la nuque sont moins saillantes chez la femme que chez l'homme.
Chez l'homme les arcades sourcilières sont toujours plus accentuées que chez la femme, et l'on doit considérer ce caractère comme étant de premier ordre, à cause de sa fréquence. 11 en est un autre, tout aussi important, signalé par M. Broca : c'est la disposition plus amincie et plus tranchante chez la femme que chez l'homme de la moitié externe du bord supérieur de l'arcade sourcilière. Les diamètres de l'orbite sont à l'extérieur plus grands chez l'homme que chez la femme, et l'espace intcrorbitaire est, d'après Weisbach, moins large chez cette dernière. La courbe des deux bords alvéolaires est plus régulière sur le féminin, les bords de l'os malaire moins grossiers, et la fosse canine moins profonde.
Comme il est naturel de s'y attendre, les différences sexuelles doivent également atteindre les diverses apophyses ; les mastoïdiennes surtout sont incontestablement plus développées chez l'homme, malgré les exceptions signalées par MM. Ikuiiard Davis et Mantegazza. Il en est de même pour l'apophyse styloïde, qui a tant de rapports avec l'appareil vocal, et que M. Broca a toujours, ou presque toujours, trouvée plus effilée et moins grosse chez la femme. Il en est de même encore pour toutes les arcades, l'arcade zygomatique principalement, qui sont moins massives, moins lourdes, moins épaisses, plus fragiles, et qui affectent toujours des courbes plus gracieuses sur le crâne féminin que sur le crâne masculin.
11 résulte de ce qui précède qu'il n'est pas encore permis de désigner un caractère particulier du crâne de la femme comme absolument constant, mais que l'ensemble de caractères plus ou moins accentués peut toujours aider à distinguer les sexes, à l'exception de quelques cas douteux que l'on peut évaluer au dixième environ : certains hommes, en effet, présentent des caractères féminins, et certaines femmes des cai"actèi'es masculins qui rendent la détermination du sexe difficile. D'après M. Mantegazza, ce dernier cas est plus fréquent que l'autre. En outre, plusieurs caractères varient suivant les races, l'âge et probablement la taille.
Tout récemment Morselli a étudié le poids du crâne et du maxillaire inférieur dans ses rapports avec les sexes {Siil peso del cranio e délia mandibula in rapporta col sesso. In Arch. per l'antr. et Vetnol.). Après avoir pesé 100 crânes masculins et 72 féminins, il a constaté que les variations de ces 172 crânes s'étendaient du minimum de 515 grammes au maximum de 910 grammes; que la moyenne des 172 crânes de toutes races était de 566 grammes; celle des masculins de 602,9, celle des femmes de 516,5, et que, par conséquent, le poids du crâne de la femme est à celui du crâne de l'homme dans le rapport de 85,7 : 100.
Les différences sexuelles fournies par le poids de la mandibule sont encore plus grandes que celles fournies par le poids du crâne. Les variations des 1 72 mandibules se sont étendues du minimum de 43 grammes au maximum de 130; la moyenne totale a égalé 75,5; celle des maxillaires masculins était de 80 grammes, et celle des mandibules féminines de 63 grammes. Ainsi, en ce qui concei'ne le poids du maxillaire inférieur, le rapport entre les deux moyeu-
nés sexuelles est comme 78,5 : JOO. En outre, chez la femme, la mandibule comparée au crâne pèse toujours moins que chez l'homme.
Les différences sexuelles que Morselli a remarquées dans le poids du crâne et des maxillaires inférieurs peuvent être regardées comme constantes dans ton les les races. Chose remarquable, ces différences, d'après le même savant, se remarquent aussi chez les anthropoïdes. Il a trouvé, en effet, que la capacité crânienne du mâle est toujours plus grande que celle de la femelle, et que le crâne de celle-ci pèse moins que celui du premier; que le poids de la mandibule des mâles adultes dépasse beaucoup celui de la mandibule des femelles adultes, et qu'enfin les femelles des anthropoïdes se rapprociicnt plutôt des mâles trèsjeunes que des adultes.
11 résulte donc des recherches récemment publiées par Morselli que la plus sérieuse, la plus importante divergence sexuelle entre l'homme et la femme doit être recherchée dans le caractère du poids du maxillaire inférieur.
En résumé, les caractères les plus facilement appréciables, les plus constants et par conséquent les plus importants qui servent à la détermination sexuelle des crânes, sont la grosseur du crâne, son poids, sa capacité, sa hauteur, le développement des arcades sourcilières et l'effacement de la glabelle, l'amincissement du bord supérieur de la cavité orbilaire, la direction du front, les lieux d'attaches musculaires et le développement des apophyses et des arcades en général.
On voit donc qu'il n'y a pas ici de différences que l'on ne puisse rapporter dans une large proportion aux circonstances au sein desquelles s'écoule la vie des femmes. Et encore, il importe de le dire, ce sont surtout les femmes eiu'opéennes, c'est-à-dire celles qui, au plus haut degré, doivent porter la responsabilité de la division du travail social, qui ont été l'objet des études que nous résumons.
Le poids du cerveau nous donne des différences assez notables. Wagner donne pour les hommes un poids moyen de 1410 grammes, et pour les femmes de 1262. Huschke reste dans les mêmes proportions, 1424 pour les hommes, 1272 pour les femmes.
Galori (de Bologne) a donné le poids des cerveaux italiens des deux sexes, en divisant les sujets en brachycéphaliques (index au-dessus de 80), et dolichocéphaliques (index au-dessous de 80); voici le tableau important qui résulte de ses pesées :
POIDS DE l'encéphale.
201 hommes.
70 femmes.
104 hommes.
44 femmes.