FERRI
formée fut léguée par lui à la ville de Gènes (Guyot de Fère). Nous n'avons pas réussi à nous procurer la liste de ses publications. L. IL\.
FERRET (Laurem). Né à Paris, prit le bonnet de docteur à la Faculté de médecine de sa ville natale en 1738. Sa réputation s'établit rapidement et en 1745 il fut nommé professeur de chirurgie dans les écoles de la Faculté; il inaugura ses cours par un Discours sur les moijens de former les parfaits chirurgiens. Cet habile chirurgien dut pins tard renoncer aux succès de la pratique, à cause du mauvais état de sa santé, et il se retira à Cambrai où il venait d'obtenir une prébende. « Depuis un temps immémorial, dit Éloy, il y a un canonicat de cette église destiné à un médecin qui doit au moins se faire recevoir au sous-diaconat. Ferret s'est conforme à cet usage, et par l'accord des vertus de son état avec les qualités d'un grand praticien, il a non-seulement mérité l'estime et la confiance des chanoines ses confrères, mais encore celle de la principale noblesse de Cambrai et de ses environs. » En 1764, il retourna à Paris |)Our présider a une thèse dont il était l'auteur, travail remarquable par la science profonde qu'y a mise l'auteur et par l'érudition dont il y fait preuve en exposant, dans un espace si restreint, toute l'histoire de la chirurgie instrumentale pour ainsi dire.
On connaît de lui :
I. An senium a fibravum riyicUlale ? Aff. Paris, 1759, iii-i". — II. An dolor a soluta unitate, moi-bus ? Aff. Paris, 1741, in-i°. — III. An in aculis dicela e solis vegetantibus ? Aff. Paris, 1749, in-4°. — IV. An clivi Mendonici situs, ut amœnus, sic salubiis? Aff Paris, 1751, in-4°; trad. en français. Paris, 1751, in-4''. — V. Oratio super restiluta serenisslmi delphini vnletudine. Paris, 1752, in-4°. — VI. An chirurgia recens instrumenlalis antiqua perfeclior? Aff Paris, 1764, in-4°. L. Un.
FERREi'RA. Voy. Ferreira.
FERRI (Alphonse). Plus connu sous son nom latinisé de Ferrus ou Ferrius, l'un des premiers auteurs qui aient traité des plaies par armes à feu, naquit à Faenza, suivant quelques auteurs, à Naples, selon d'autres ; il est pi'obable que Faenza fut sa patrie et qu'il y vint au monde vers l'an 1515. Il fut docteur es arts et en médecine, selon Nicolas Toppi {Biblioth. napolit.), ou simplement chirurgien, selon Van der Linden. Ce qui est certain, c'est qu'il enseigna tout d'abord la chirurgie à Naples — lui-même nous l'apprend — et que plus tard sa réputation le fit appeler à Rome où il remplit le même office. Le pape Paul m le choisit pour son premier chirurgien. Ferri mourut octogénaire, vers 1595, après avoir joui d'une réputation extraordinaire que lui valait son talent de professeur de chirurgie et d'anatomie autant que son habileté comme praticien. 11 ne fut certainement pas un homme ordinaire et ses ouvrages renferment une foule d'idées originales, à côté d'erreurs grossières, il est vrai, et d'hypothèses absurdes ; mais il n'eût pas été de son temps, s'il n'était tombé jusqu'à un certain point dans les errements de ses prédécesseurs et de ses contemporains.
Le principal ouvrage de Ferri, celui qui est relatif aux plaies par armes à feu renferme un grand nombre de détails intéressants et d'aperçus nouveaux ; mais l'auteur supposant les plaies d'armes à feu vénéneuses, propose de les traiter par l'huile bouillante ou de les cautériser par quelque autre moyen. Il fallut tous les efforts de Moggi et d'Ambroise Paré pour déraciner ce préjugé. Dans le même ouvrage on trouve la description d'un tire-balle de son invention connu sous le nom à'alphonsin ; cet instrument peu pratique n'a été guère employé.
DICT. ENC. 4° s, I. 46
718 FERRICYANURES.
A la suite du traité sur les plaies par ai'mes à feu se ti'ouve généralement imprimé un petit traité sur les carnosités du col de la vessie, dont il prétend avoir parlé le premier et pour lesquelles il propose différents modes de traitement, mais surtout l'usage des bougies. Ajoutons enfin qu'emporté par un enthousiasme exagéré pour le bois de gaïac., il en fait une espèce de panacée, mais le préconise surtout contre les maladies vénériennes. Les ouvrages de Ferri ont pour titres :
I. De ligni saiicti multiplici medicina et v'ini exhibitione libri IV. Romœ, 1537, in-S". Basilese, 1538, in-8°. Parisiis, 1540-1542; in-12. Lugd., 1547, in-1'?. En franc., 1540, in-12. En allem. par G.-II. Ryss. Strasb., 1541, in-8°. — II. Demorbo gallico, ligni sancti natura, tisuque multiplici, libri IV (même ouvrage). Dans le 1" tome de la collection de Louis Lusinus, sur les maladies vénériennes. Venise, 15C6, in-foi. — III. De sclopelorum, sivearchibusorum vulneribus, libri III. Corollaritim de sclopeto ac similiuiii tormentorum j^ulvere. — De caruHcula, sivc callo, quœ cervici vesicœ innascitur. Romse, 1552, in-4°; Lugd., 1553, in-4°; Tiguri, 1555, in-fol. (dans la coll. de Gesner); Venetiis, 156G, in-S". Francol'., 1575, ^1-4"; IGIO, in-fol. Antverpiœ, 1585, in-4°. L. Un.
FERRLiR (John). Médecin anglais des plus distingués, naquit à Chester en 1763. D'après Doering et la table qui termine le Thésaurus dissertât. Edinb. de Smeilie, il fit ses études médicales à Edimbourg et fut reçu docteur en J781, âgé seulement de dix huit ans. II s'établit à Manchester oiî il devint médecin de l'infirmerie et du dispensaire ainsi que du Lunatic Asylum. II mourut à Manchester le 4 février 1815, laissant des regrets unanimes.
Ferriar était un savant ; non-seulement il s'occupait de médecine, mais encore de littérature et de philosophie; les annales littéraires de son pays renferment de lui mainte pièce aussi remarquable par la vigueur de la pensée que par la pureté et l'élégance du style. Cependant la médecine avait sa préférence, et il a beaucoup fait pour les progrès de cette science, comme l'attestent ses nombreux écrits médicaux. La nature l'avait doué d'une intelligence remarquable et d'un jugement sur et prompt. Avec toutes ces qualités, il ne pouvait manquer de devenir un praticien accompli et un observateur et écrivain de premier ordre. Nous citerons de lui :
I. Médical Historiés and Reflections. London, 1792, in-8°, t. II; ibid., 1795, in-8°; t. III, ibid.,1798, in-8°. Nouv. édit. de l'ouvr. entier. London, 1810-15, in-S", 4 vol. On trouve dans Dézeimeris le détail des articles très-variés que renferme ce recueil. — II. Illustrations of Sterne, wilh other Essays- London, 1798, in-S". — III. An Essatj on the. Médical Properties of the Digitalis purpurea or Fox-Glove. Manchester, 1799, in-12. — IV. Bibliomania ; an Epistle ta Richard Hebcr, esq. London, 1809, in-8°. — V. An Essay toivards a Theory of Apparitions, London, 1813, in-12. — VI. Ofpopular Illusions and particularly of Médical Demonology. In Mem. of the Liter. a. Phil. Soc. of Manchester, t. III, p. 31,
1790. — VII. Observations concerning the Vital Principle. Ibid., t. III, p. 216.
VIII. Case of Hydrophobia with the Appearances on Dissection. In Simmons's Med. Facts and Ohserv., t. I, p. 1, 1791. — IX. Régulation of tlie Police in the Town of Manchester and Salford for the Prévention of Disease. In Med. Commentaries, 1793. — X, Proposais for the Prévention of Disease. Ibid., 1794. — XI. On the Médical Use of Digitalis. In Annals of Med., t. IV, p. 505, 1799. — XII. Remarks on his Essay on Conversion of Diseuses. In Edinb. Med. a. Surg. Journ., t. IV, p. 328. L. Hn.
FERRlCTAîXLRES. Ces composés se produisent par l'oxydation des ferrocyanures et correspondent au cyanure ferrique comme ceux-ci correspondent au cyanure ferreux. Ce sont les sels d'un acide complexe dont la composition est représentée par la formule
Fe^Cyi*H« ou Fe^Cy\oHCy ==Fe^Cy«IP.
Not. atomique. Notation ou équivalents.
FERRICYANURES. 719
On obtient le sel de potassium par l'action du chlore sur le ferrocyanure de potassium. Cette transformation est offertuéc du reste par la plupart des agents oxydants. Inversement, les agents réducteurs ramènent les lërricyanures à 1 état de ferrocyanures. Cette réaction inverse se produit par exemple par l'ébullition du ferricyanure avec de la potasse et du sucre de raisin.
Les ferricyanures alcalins et alcalino-terreux sont solubles dans l'eau et cristallisent facilement; les cristaux sont rouges et leur solution est rouge verdàtre. Tous les autres ferricyanures sont peu solubles ou insolubles et s'obtiennent par double décomposition.
Acide ferricyanhydrique. On l'obtient par l'action de l'acide sulfurique dilué sur le ferricyanure de plomb et évaporant la solution à une douce chaleur. Il cristallise eu aiguilles brunâtres, rpii sont très-altérables, solubles dans l'eau et dans l'alcool, insolubles dans l'étlier. 11 bleuit à l'air et laisse dégager de l'acide cyanhydrique.
Ferricyanure d'ammonium. On le prépare comme celui de potassium. Prismes rhomboïdaux obliques d'un beau rouge, inaltérables à l'air, très-solubles dans l'eau.
Ce sel est employé pour l'impression des toiles peintes en noir d'aniline.
Ferricyanure de potassium Fe^Cy^^Iv® (soit Fe^Cy^.oCyK) {pnissiate rouge, cyanure rouge). On dirige un courant de chlore à travers une solution de ferrocyanure jusqu'à ce que cette solution ne précipite plus les sels ferriques, pour les colorer seulement en brun. Un excès de chlore décomposerait le l'erriovanure en donnant du cyanure feriique vert. On filtre et concentre pour faire cristalliser. C'est cette réaction qu'utilise l'industrie pour préparer le cyanure rouge. Un procédé plus élégant que celui-ci a été indiqué par M. Williamson. 11 donne un produit immédiatement beaucoup plus pur et repose sur l'action du ferrocyanure de potassium sur le sel bleu qu'on obtient par l'action de l'acide nitrique sur le ferrocyanure ferroso-potassique, sel bleu qui constitue un ferrocyanure ferrico-potassique. Voici dans la notation atomique l'équation qui représente cette réaction :
(FeCy«)^ (Fe^) K^ + 2FeCy^K* = Fe^Cyi'-K« + 2(FeCy«)2FeK^
Le composé FeCy^FeK^ est le sel blanc verdàtre ferroso-potassique qui donne le sel bleu par l'action de l'acide nitrique.
Le ferricyanure de potassium cristallise en prismes volumineux, rhomboïdaux obliques, rouge de sang, anhydres, inaltérables à l'air. 11 se dissout dans 5,8 parties d'eau froide et dans une quantité moindre d'eau bouillante ; il est insoluble dans l'alcool. La lumière altère cette solution en transformant une partie du sel en ferrocyanure jaune.
L'acide chlorhydrique décompose à chaud la solution de ferrocyanure en donnant un dépôt de bleu de Prusse.
L'acide azotique dissout les cristaux de ferricyanure en donnant un liquide brun qui renferme de l'azotate de potasse et du Nitro-ferricyanure de potassium [voy- ce mot).
Chauffé avec de l'oxyde de cuivre, le cyanure rouge devient incandescent ; avec l'azotate d'ammoniaque, il détone facilement.
Une foule d'oxvdes métalliques, susceptibles de se désoxyder ; l'hydrogène sulfuré, une foule de métaux réduisent le ferricyanure à l'état de ferrocyanure. Cette transformation est facilement accusée par le précipité de bleu de Prusse que donne la solution avec les sels ferriques.