L. Hn
FOlIMiVNN. 557
FOGEIj (Martin) et non TOGE L, naquit à Hambourg en 4652. 11 étudia d'abord la théologie, mais, ayant plus de goût pour la médecine, il s'adonna exclusivement à cette science, contre le gré de ses parents. Après avoir terminé ses études, il se rendit en Italie et prit le bonnet de docteur à Padoue en 1663 ; de retour dans sa patrie, en 1666, il y exerça la médecine avec distinction, puis en 1675 fut nommé professeur de philosophie au gymnase de la ville. 11 mourut le 21 octobre 1675, avant d'avoir pu publier divers ouvrages historiques dont il avait recueilli les matériaux; il laissait entre autres en manuscrit Vliistoria lynceorum dont James Plancus, ou Bianchi, a fait imprimer le précis dans son édition du Phytobasanos de Colonna (1744). On connaît encore de Fogel :
I. Joachuni Juiigii prœcipuce opiniones physicœ passim rcceplce, hrcviler quklcm, sed accuratissimè examinatœ. llamburgi, 1679, in-l". — II. Observaiio de submcrsis non siiffocatis. Iii Epliemerid. Naturœ Curiosorum, n" 115. — III. Le catalogue de sa bibliothèque, riche eu livres de médecine (llamboui'g-, 1098, in-12). , L. Un.
FOGLI4. (Jean-Antoine), médecin de Gifuni, dans le royaume napolitain, fut nommé premier professeur de médecine théorique à la faculté de Naples en 1620. 11 est connu par un petit ouvrage qui était tombe dans un oubli à peu près absolu, mais qui a, sinon rajeuni, du moins acquis une certaine importance historique, depuis que l'on s'occupe d'une manière particulière des angines malignes, gangreneuse, croupale, diphthéritique. Cet ouvrage est intitulé : De anginosa passione, crustosis malignisqne lonsillarum et fauciiim ulcerihus, per inclytamneapolitanam civitatem multaqiie regni loca vagantibus (Neapoli, 1620, in-4). C'est la description de cette même épidémie de Naples qui a été relatée dans une dissertation de Th. Bartholin, et antérieurement dans un ouvrage de Marc-Aurèle Severino. Foglia rapporte dans son ouvrage que les enfonts étaient plus exposés que les adultes à cette maladie épidémique, et qu'avant d'atteindre l'espèce humaine elle avait exercé ses ravages sur le bétail. L. HiN.
FOll.TlAl\!V (Vincent), né à Assmannstedt en 1794, fit ses études médicales à l'Université de Heidelberg. Élève de Tiedemann, il devint, peu après avoir pris son grade doctoral, professeur au Théâtre anatomique de Heidelberg, puis membre de la Société des naturalistes et des médecins de la même ville; enfin en 1827 il fut appelé à Liège pour y occuper la chaire ordinaire d'anatomie et de physiologie. Il remplit ces fonctions avec le plus grand succès jusqu'au moment où la maladie qui devait l'emporter le força à y renoncer ; il mourut le 25 septembre 1857, âgé seulement de quarante-trois ans. A son autopsie, on trouva une inflammation de la moelle épinière, des méninges, du cerveau et du poumon [Gazette médicale de Paris, 1857, p. 659, 752).
Folunann a laissé des travaux importants, principalement sur les vaisseaux lymphatiques ; Breschet utilisa et signala ses découvertes dans cette voie, dans son mémoire sur les lymphatiques (Paris, 1856), et traduisit même la première monographie de Fohmann sur ce sujet [Bullet. de la Soc. me'd. d'emid., 1821). H s'occupa encore de quelques autres sujets d'anatomie et d'histoire naturelle, et publia entre autres des travaux sur l'iguane, sur l'œil des reptiles, dans lequel il a constaté la présence du pecten, etc., dans les Mémoires de VAcad. des sciences et belles-lettres de Bruxelles. Il avait de plus entrepris des recherches du plus grand intérêt sur l'analyse microscopique des tissus des animaux, mais il n'eut pas le temps de les publier. Nous citerons de lui :
J. Anatomische Untersiichungen iiber die Verhindung der Saugadern mit den Yenen.
558 FOIE (anatomie).
Mit einer Vorrede von Fr. Tiedeniann. Heidelberg, 1821, in-S». — II. Das Saiigadersysteni der Wirbeltliiere . H. 1, Das Saugadersijstem der Fische. Heidelberg u. Leipzig, 1827 (1826), in-fol., pi. — m. Lacis de vaisseaux lymphatiques découvert sur le gros intestin d'un lion et les intestins grêles d'autres animaux, communiquant directement avec les veines voisines. Extr. in Journ. complém. du Dict. des se. méd., t. \'II, p. 285, 1820. — IV. Mémoire sur les communications des vaisseaux lymphatiques avec les veines et sur les vaisseaux absorbants du placenta et du cordon ombilical. Liège, 1852, in-4°. En allem. in Tiedeniann' s Zeitschr. f. Physiol., Bd. IV, St. 2, p. 276, 1832. — Y. Mémoire sur les vaisseaux lymphatiques de la peau, des membranes muqueuses, séreuses, du tissu nerveux et musculaire. Liège, 1835, in-4°, avec 10 pi. — VI. Sur l'état présent de nos connaissances relativement au système lymphatique. In Journ. complém., t. XXVII, p. 123, 1827. — VII. Sur le mécanisme de l'absorption, d'après la disposition anatomique du système lymphatique des poissons. Ibid., p. 226. L. Un.
FOIE. § I. Anatomîe, I. Anatomie DESCRIPTIVE. Le foie est un organe glanduleux, impair, asymétrique, que l'on rencontre à la partie supérieure de la cavité abdominale, au-dessous du poumon droit et du cœur, dont il est séparé par le diaphragme et par son centre phrénique, au-dessus de l'estomac et de la masse intestinale, qui constituent un coussinet mou et élastique sur lequel il repose. Volumineux à son extrémité droite, il va s' amincissant à mesure qu'on le considère plus près de son extrémité gauche, si bien que sa forme a pu être comparée à celle du segment qu'on obtiendrait sur un ovoïde par une section légèrement oblique par rapport à son grand axe, de telle sorte que ce segment comprenne toute la grosse extrémité de l'ovoïde et la moitié supérieure de la petite. En effet, la face supérieure du foie est arrondie, comme la surface d'un ovoïde, et sa face inférieure presque plane, comme le serait une surface de section.
Mais, ainsi que le fait remarquer M. Sappey, même en dehors de l'état pathologique, la forme du foie peut varier accidentellement. Chez les individus à rate volumineuse ou chez ceux dont les replis du péritoine sont surchargés de graisse, le contour du foie tend à devenir circulaire, et cet organe représente alors plutôt un segment de sphéroïde qu'un segment d'ovoïde. Quand la poitrine est rétrécie à sa base par l'usage ou l'abus du corset, le foie se raccourcit plus encore dans le sens transversal, mais s'allonge en même temps dans le sens vertical, en s'insinuant entre les parois de l'abdomen et la masse intestinale : il offre alors un aspect cunéiforme, qui s'accuse d'autant plus que la base du thorax est plus rétrécie. Le foie, comme les autres glandes, se développe donc dans les points où il éprouve le moins de résistance à le faire, et il suffit de pressions insolites s'exerçant à sa surface dans une direction déterminée, pour modifier son expansion dans cette direction même , et l'obliger à se développer dans un autre sens.
Pour mieux préciser la situation des divers organes contenus dans la cavité abdominale, on divise arbitrairement celle-ci en un certain nombre de régions qui, comptées de haut en bas, sont au nombre de trois ; la région supérieure, ou épigastrique, est séparée de la région moyenne, ou ombilicale, par une ligne s'étendant horizontalement du rebord des fausses côtes d'un côté au rebord correspondant du côté opposé. La région moyenne, ou ombilicale, se délimite de la région inférieure, ou épigastrique, par une ligne qui joindrait l'une à l'autre crête iliaque. Chacune de ces régions se subdivise en trois parties, une moyenne et deux latérales, par deux lignes verticales, partant, de chaque côté, de l'épine iliaque antérieure et inférieure, coupant à angle droit les lignes horizontales, et s'élevant jusqu'au rebord costal. La région épigastrique se trouve ainsi sub-
FOIE (anatomie). 559
divisée en trois parties : une moyenne ou épigastre, et deux latérales dites aussi hypochondres et distingués en droit et gauche. Ces préliminaires étant posés, il nous devient facile de déterminer la situation du foie dans la cavité abdominale, en disant qu'il remplit la presque totalité de l'hypochondre droit, occupe une forte partie de l'épigastre et vient se terminer dans l'hypochondre gauche. Il se trouve là disposé de telle sorte que sa face convexe regarde en haut et en avant, sa face plane en bas et en arrière ; que son bord antérieur ou tranchant est situé plus bas que son bord postérieur, qui occupe un plan plus élevé que lui.
Etudions les rapports que le foie nous offre avec les organes voisins.
Sa face convexe, ou antéro-supérieure, lisse et unie, est divisée en deux parties inégales par l'insertion d'un double repli péritonéal qui, dirigé d'arrière en avant, contribue à assurer la fixité du foie, et qu'on désigne sous le nom de ligament suspenseur. Cette face répond à la face inférieure du diaphragme, qui la sépare de lu base du poumon droit, de la face inférieure du cœur et de la face interne des six ou sept dernières côtes. Elle répond en outre à la paroi abdominale antérieure, au niveau de la partie supérieure de l'épigastre. Revcr nons sur ces divers rapports avec plus de détails.
Étant immédiatement appliqué au ^diaphragme, le foie prend parfois l'empreinte des plis saillants que peuvent former accidentellement les faisceaux de fibres de celui-ci : dans ces cas, on observe des dépressions linéaires correspondant exactement à la direction des saillies musculaires du diaphragme. N'étant séparé de la base du poumon et de la cavité pleurale que par la mince épaisseur de celui-ci, on conçoit facilement que les abcès ou collections liquides (kystes hydatiques) formés dans sa profondeur puissent aller s'ouvrir dans la plèvre, ou, ayant déterminé des adhérences entre les deux feuillets de celle-ci, s'ouvrir directement dans des ramifications bronchiques. Enfin, la concavité par laquelle la base du poumon droit répond à la convexité du foie, toujours avec interposition du diaphragme, présente une direction telle que la corde qui la sous-tendrait serait oblique de haut en bas et d'avant en arrière, en sorte que le poumon vient, en arrière, s'interposer entre le foie et la face interne des dernières côtes. C'est pour cela qu'un coup d'épée porté horizontalement dans les derniers espaces intercostaux peut intéresser en même temps le foie, le diaphragme et le poumon, ainsi que les séreuses péritonéale et pleurale.
Le voisinage de la face inférieure du cœur nous rend compte de la moindre convexité du foie, à gauche de l'insertion du ligament suspenseur, et même de la légère dépression qu'on y observe parfois, notamment en cas d'hypertrophie cardiaque.
■ Les rapports de la face convexe du foie avec les côtes et la paroi abdominale donnent lieu à des considérations importantes. Nous avons dit que le foie répondait aux sept dernières côtes, s'élevait par conséquent jusqu'à la cinquième ; qu'il ne touchait la paroi abdominale qu'à la partie supérieure de l'épigastre et que, par conséquent, il ne dépassait pas, dans l'hypochondre droit, le bord inférieur des cartilages costaux. C'est là ce que l'on constate, en effet, en dehors de tout état pathologique, sur le cadavre, c'est-à-dire surim sujet en état d'expiration, et étendu sur un plan horizontal. Or, il y a ici deux conditions spéciales, état d'expiration d'une part, position horizontale de l'autre, dont nous devons tenir un grand compte, parce que des modifications dans l'une ou l'autre de ces conditions doivent entraîner des changements dans les rapports du foie avec
560 FOIE (anatomie).
les côtes et les parois de l'abdomen. Et en effet, lors de l'inspiration ordinaire, le diaphragme s'abaissant, d'une part, et de l'autre, provoquant, par le fait de sa contraction, un mouvement ascensionnel des dernières côtes, la limite supérieure du foie, se trouve correspondre, non plus à la cinquième côte, mais audessous d'elle ; et il est probable que, dans une inspiration forcée ou dans un violent effort, le foie descend plus bas encore.
Sans avoir de données précises, de mensurations exactes sur ce sujet, nous pouvons admettre que, dans la station verticale, le foie descend également, et que son bord inférieur vient correspondre, dans l'hypochondre droit, à une étendue variable de la paroi abdominale, au-dessous du rebord costal. Les expériences faites sur le cadavre ne prouvent que bien peu, car la résistance que le diaphragme oppose à la descente du foie, qui lui est comme appendu par son ligament suspenseur, et celle qu'opposent aussi les muscles des parois abdominales par le fait de la pression qu'ils exercent sur les organes contenus dans l'abdomen, ces résistances, dis-je, doivent varier considérablement, selon que les muscles sont flasques et à l'état cadavérique, ou bien, au contraire, doués encore de leur tonicité et de leur contractilité. Aussi j'accorde peu d'importance aux expériences cadavériques de Winslow, cité par Malgaigne, « qui faisait voir dans ses cours combien le foie débordait ^es fausses côtes dans une position verticale. » Par contre, les hils chirurgicaux dans lesquels on voit un coup d'épée pénétrer à un ou deux ti^avers de doigt au-dessous du rebord costal droit, et l'autopsie démontrer que la blessure avait atteint le foie, alors que cet organe possédait son volume normal et qu'aucune cause pathologique ne l'avait dévié, ces faits sont de véritables expériences faites sur l'homme vivant et sain : aussi me semblent-ils concluants.
Outre ces variations de rapport avec les côtes et la paroi abdominale, variations relatives à l'état d'inspiration ou d'expiration, à la situation verticale ou horizontale du corps, nous devons mentionner brièvement celles qui sont dues à des états pathologiques divers du foie ou d'organes voisins. Une augmentation de volume du poumon, un épanchement liquide ou gazeux dans la cavité pleurale, refouleront en bas le foie et lui feront contracter des rapports plus étendus avec la paroi de l'abdomen ; mais un épancliement abondant dans le péritoine, le développement exagéré d'un des organes abdominaux, refouleront la glande hépatique au-dessus du rebord costal; enfin, l'augmentation pathologique de volume du foie lui-même pouiTa, selon le sens dans lequel il se développe le plus, lui faire affecter des rapports plus étendus, ou avec la face interne des côtes seulement, ou avec la paroi abdominale seulement, ou avec ces deux choses à la fois, si l'organe se développe simultanément par en haut et par en bas.
La face inférieure et postérieure du foie, que l'on désigne aussi sous le nom de face plane, bien qu'elle soit légèrement concave, regarde en bas et en arrière, mais non directement, car en même temps elle s'incline un peu aussi vers la ligne médiane, c'est-à-dire en dedans et à gauche. Dans sa configuration et dans ses rapports, elle présente bien plus de particularités que n'en offrait la face convexe, car elle entre en connexion avec des organes plus nombreux et plus variés, et, de plus, elle donne accès aux vaisseaux et nerfs qui abordent le foie et au canal excréteur qui en émerge. Nous la diviserons en trois régions : une moyenne et deux latérales.
La région moyenne est parcourue et limitée latéralement par deux sillons à
FOIE (anatomie). 5GI
direction antéro-posténeure, l'un droit et l'autre gauche; ils sont reliés l'un à l'autre, un peu en arrière de leur partie moyenne, par un sillon à direction transversale, sillon transverse, en sorte que leur ensemble i-appelle la forme de la lettre H.
L'espace compris enti'e les deux sillons antéro-postérieurs se trouve donc divisé en deux parties par le sillon transverse : la portion située en avant de ce sillon est décrite sous le nom d'éminence porte antérieure ou lobe carré ; celle qui se trouve en arrière forme une saillie appelée éminence porte postérieure ou lobe de Spigel. Étudions maintenant chacun de ces sillons et chacune de ces éminences.
Le sillon antéro-postérieur gauche, dit aussi sillon de la veine ombilicale et du canal veineux, s'étend du bord antéro-inférieur au bord postéro-supérieur du foie, et se trouve divisé en doux parties inégales par la rencontre à angle droit du sillon transverse. La partie antérieure, qui est aussi la plus longue et la plus étroite, loge chez l'adulte un cordon fibreux qui représente le vestige de la veine ombilicale du fœtus. Cette veine part de l'ombilic, suit pour arriver au foie le bord inférieur du ligament suspenseur, le quitte au moment où il aborde à l'extrémité du sillon antéro-postérieur gauche, se loge dans ce sillon, puis, arrivée au point de jonction de celui-ci et du sillon transverse, rencontre la branche gauche de la veine porte dans laquelle elle se jette, mais en partie seulement; car elle émet une branche de bifurcation, dite canal veineux d'Aranzi. Celle-ci, située dans la partie du sillon antéro-postérieur gauche, qui est postérieure à la rencontre du sillon transverse, va déboucher en arrière dans la veine cave inférieure. On voit donc que,, chez le fœtus, le sang qui revient du placenta par la veine ombilicale se rend en partie au foie par la branche gauche de la veine porte et en partie directement à la veine cave inférieure par le canal veineux d'Aranzi. Après la naissance, la veine ombilicale et le canal veineux s'oblitèrent, et ne laissent à leur place qu'un cordon fibreux.
La partie de ce sillon anléro-postéi'icur qui longe le canal veineux est plus courte et plus large que celle qui contient la veine ombilicale : on ne la voit pas accidentellement transformée en canal, comme l'est parfois cette dei'nière, dans une étendue variable, par un pont de tissu hépatique ou encore par une simple languette membraneuse, étendue du lobe carré à la porlion du foie située à gauche du sillon qui nous occupe.
Le sillon antéro-postérieur droit, que l'on nomme aussi gouttière de la vésicule biliaire et de la veine cave inférieure, va du bord antéro-inférieur au bord postéro-supérieur du foie. L'extrémité droite du sillon transverse, qui vient se terminer sur lui, le divise en deux parties inégales, l'une antérieure plus longue, qui loge la vésicule biliaire ; l'autre postérieure et plus courte, qui reçoit la veine cave inférieure. La gouttière de la vésicule biliaire est plus large dans sa partie antérieure, qui reçoit l'extrémité la plus évasée de cette vésicule, que dans sa partie postérieure {voy. pour plus de détails : Dlct. encyclop. des se. méd., art. Biliaire). La gouttière où se place la veine cave inférieure n'est pas rectiligne, mais se dirige obliquement en haut et à gauche, comme pour contourner le bord postérieur du lobe de Spigel. Nous ne voyons à signaler là que les orifices de veines hépatiques qui vont déboucher directement dans la veine cave inférieure.
Le sillon transverse est aussi décrit sous le nom de bile du foie, ou sillon de la veine porte. Etendu transversalement du sillon antéro-poslérieur droit au
DICT. ENC. i^ s. If. 50
5G2 FOIE (anatomie).
sillon antéro-postérieur gauche, il ne les divise pas en deux parties égales, mais se i-approclic plus, comme nous l'avons yu, de leur extrémité postérieure et par conséquent du bord postéro-supérieur du foie que de leur extrémité antérieure ou du bord antéro-inférieur du foie. Il est large de près de deux centimètres. A droite, ainsi que le fait remarquer M. Sappey, il dépasse le sillon antéro-postérieur droit sous forme d'un prolongement anguleux qui fait, avec le reste du sillon transverse, un angle obtus ouvert en avant et en bas. C'est dans son excavation qu'on voit la veine porte, l'artère hépatique et les neifs qui les accompagnent pénétrer dans le foie, qu'on voit le canal hépatique se former par la réunion des conduits biliaires qui doivent le constituer, et de nombreux troncs lymphatiques émerger de la profondeur de l'organe. Ces vaisseaux et conduits sont entourés par une double lame péritonéale qui, sous le nom d'épiploon gastro-hépatique, va du sillon transverse à la petite courbure de l'estomac et au bor(3 supérieur de la première portion du duodénum.
L'éminence porte antérieure est limitée, ù droite, par la partie du sillon antéropostérieur droit qui loge la vésicule biliaire; à gauche, par celle du sillon antéro-postérieur gauche qui contient la veine ombilicale ou le cordon fibreux qui la remplace ; en avant et en bas, elle se confond insensiblement avec le bord antérieur du foie; en arrière, elle devient plus saillante et s'arrête auboi'd antérieur du sillon transverse du foie qui la limite. Elle repose sur la face supérieure de cette partie de l'épiploon gastro-hépatique qui va de la scissure transverse du foie à la première portion du duodénum, ainsi que sur cette pi'emièfe partie de l'intestin grêle.
Le lobe de Spigel, ou éminence porte postérieure, mérite bien mieux que le lobe carré le nom d'éminence, car il fait cà la face inférieure du foie une saillie bien plus accusée que lui. En avant, il se limite au bord postérieur du sillon transverse et se comporte différemment à l'extrémité gauche et à l'extrémité droite de celui-ci ; à gauche, il recouvre en partie le sillon transverse sous forme d'une saillie à bords et à sommet également mousses; à droite, il émet un prolongement allongé, dirigé en bas, à droite et en avant, et qui, après avoir passé entre le col de la vésicule biliaire et la branche droite de la veine porte situés en avant de lui, et la veine cave inférieure, située en arrièi'e, va former la lèvre postérieure de la scissure que nous avons précédemment mentionnée comme partant de l'extrémité droite du sillon transversc. A gauclie, le lobe de Spigel est limité par le sillon qui loge le canal veineux, à droite, par celui de la veine cave inférieure, assez profondément creusé dans son épaisseur. En arrière, il se termine par une facette plane an point de jonction de la veine cave inférieure et du canal veineux, et envoie en ai-rière et à droite, sur la veine cave inférieure, un piolongement flottant désigné par M. Sappey sous le nom de prolongement postérieur du lobe de Spigel. Voilà pour ses bords ou faces latérales. Sa face inférieure convexe ne nous offre rien de bien spécial à signaler.
Les rapports du lobe de Spigel sont les suivants : contenu dans l'arrière-cavilé des épiploons, il répond, en arrière, aux piliers du diaphragme, et plus particulièrement an pilier droit, plus antérieur que le gauche; en bas, au tronc cœliaque, au plexus solaire, au bord supérieur du pancréas et à la petite courbure de l'estomac, surtout lorsque cet organe est en état de réplétion : alors, en effet, il vient s'interposer, dans une étendue variable, entre les deux feuillets âe l'épiploon gastro-hépatique, et, de ce chef, il se rapproche déjà de la scissure
FOIE (anatomie). 565
transverse du foie et du lobe de Spigel; mais en outre, le léger mouvement de rotation qu'il subit autour de son grand axe a pour effet d'amener sa petite courbure à regarder plus ou moins en arrière, et, parlant, à venir mieux s'adapter à la convexité du lobe de Spigel. A sa gaucbe, se voit l'extrémité inférieure de l'œsopbage escortée des nerfs pneumo-gastriques. En avant, il est recouvert par l'épiploon gastro-hépatique qui le masque.
Passons maintenant à l'étude des régions latérales de la face inférieure du foie.
La configuration de la région latérale gauche se rapproche de la forme triangulaire. Elle est légèrement concave et repose, en arrière, sur le lobe de Spigel, dont la sépare l'épiploon gastro-hépatique, tandis que sa partie antérieure s'applique sur la face antérieure de l'estomac. Ce dernier rapport devient plus étendu ({uand l'estomac est en état de réplétion, puisque, comme nous l'avons indiqué précédemment, sa petite courbure s'élève alors et se porte un peu en arrière, se rapprochant ainsi du lobe de Spigel : la face antérieure de l'estomac vient alois se mettre en contact avec une partie bien plus considérable de la région latérale gauche de la face inférieure du foie.
La région latérale droite, plus étendue que la précédente, de forme irrégulièrement quadrilatère, est remarquable par la présence de trois empreintes, dont l'une est postérieure, l'autre moyenne, et la dernière antérieure. Chacune de ses empreintes ou facettes indique le point de contact de cette région avec chacun des organes qui affectent des rapports avec elle. L'empreinte postérieure, ordinairement plane, répond à la capsule surrénale droite, qui y adhère assez lâchement. Ce rapport du foie avec la capsule droite est constant; car celle-ci, ainsi que le fait remarquer M. Sappey, adhérant par sa base à la face externe de l'enveloppe cellulo-fibreuse du rein qui, elle, ne se déplace jamais, ne peut pas suivre cet organe dans les changements de situation qu'il présente accidentellement, et reste fixe comme l'enveloppe cellulo-fibreuse. La facette moyenne, plus étendue, concave, correspond à la face antérieure du rein droit, sur laquelle elle s'applique. Enfin, la facette antérieure, plane ou légèrement excavée, correspond à l'angle que forme le côlon ascendant, en se continuant avec le côlon transverse. Cette facette antérieure, appelée aussi empreinte colique, est séparée de la moyenne, ou empreinte rénale, par le sillon que nous avons dit partir de l'extrémité droite du sillon transverse et se diriger en avant, en bas et à droite, ainsi que par le prolongement antérieur droit du lobe de Spigel, qui vient former la lèvre postérieure de ce sillon.
Le bord antéro-inférieur du foie est remarquable par sa minceur, surtout lorsqu'on le compare au bord postéro-supérieur : de là le nom de bord tranchant. On y remarque deux échancrures correspondant l'une et l'autre à l'origine de chacun des sillons antéro-postérieurs : aussi l'échancrure droite, assez large, reçoit le fond de la vésicule biliaire, et la gauche, la veine ombilicale accompagnée du ligament suspenseur. Ce bord, dans l'hypochondre, répond au rebord costal, ou ne descend que peu au-dessous de lui ; mais il s'éteud probablement plus bas dans la station verticale et à l'état de vie. A l'épigastre, il répond à la paroi abdominale antérieure.
Le bord postéro-supérieur est épais, arrondi, surtout à son extrémité droite, et devient d'autant plus mince qu'on l'observe plus près de l'extrémité gauche du foie. Il est rçlié au diaphragme par deux lames péritonéales laissant entre elles un intervalle variable suivant les sujets, et rempli de tissu cellulaire : ces
bG4! FOIE (anatomie).
deux lames constituent le ligament coronaire. On observe sur ce bord une échancrure profonde, faisant suite au sillon de la veine cave sur la face inférieure, et située à la partie postérieure du lobe de Spigel : c'est là que nous verrons les veines sus-hépatiques aboutir à la veine cave inférieure.
La grosse extrémité du foie remplit l'iiypochondre droit et se moule sur la concavité du diaphi^agme. La petite extrémité, représentant la partie la plus mince d'un segment d'ovoïde, est aplatie en forme de languette, s'étale sur l'extrémité gauche de la f;ice antérieure de l'estomac et parfois s'étend jusqu'à la rate, avec laquelle elle peut même contracter des adhérences plus ou moins intimes. Sur un sujet, M. Cruveilhier a vu cette extrémité gauche du foie complètement séparée du reste de l'organe, ou du moins n'y étant reliée que par un pédicule vasculaire. Il interpréta cette anomalie par un tiraillement exercé sur le corps du foie par la rate, à laquelle cette extrémité était fortement adhérente. L'extrémilé droite et l'extrémité gauche du foie sont chacune reliées au diaphragme par un repli péritonéal : ligament triangulaire droit et ligament triangulaire gauche.
Tels sont les rapports du foie : éludions maintenant les moyens de tixité qui lui permettent de les conserver.
Quatre ligaments ou replis péritonéaux contribuent à fixer le foie dans la situation qu'il occupe ; ce sont : le ligament suspenseur, qui prend origine suivant une direction antéro-postérieure sur toute la face convexe du foie; le ligament coronaire et les ligaments triangulaires droit et gauche qui semblent n'être que les trois parties d'un seul et même ligament, et qui s'attachent au bord postéro-supérieur de l'organe.
Le ligament suspenseur, ou falciforme, peut être assimilé à un triangle trèsallongé et recourbé sur lui-même. Il s'étend de l'anneau ombilical au ligament corohaire, d'une part, de la face convexe du foie à la face inférieure du diaphragme d'autre part. Sa forme, à peu près triangulaire, nous permet de lui considérer une base, deux côtés et un sommet ; sa base, qui représente le plus court des trois côtés du triangle, s'étend de l'ombilic au bord tranchant du foie, au niveau de l'échancrui-e qui indique, sur ce bord, le sillon antéro-postérieur gauche. Elle contient dans son épaisseur la veine ombilicale, transformée en cordon fibreux chez l'adulte, et la conduit ainsi de l'ombilic jusqu'au sillon de la face inférieure du foie qui la reçoit. Son bord inférieur, dont la concavité regarde en bas, s'attache à la face convexe depuis le bord tranchant jusqu'au bord postéro-supérieur où il rejoint le ligament coronaire. Il partage ainsi la face supérieure du foie en deux parties très-inégales que les anatomistes ont distinguées longtemps en lobe droit, plus volumineux, et lobe gauche, beaucoup moins étendu. Mais nous verrons, en étudiant la structure de cette glande, qu'il est impossible de lui reconnaître des lobes distincts les uns des autres, vu l'arrangement tout spécial des lobules qui la constituent. Le bord supérieur également courbe et à concavité regardant en bas commence à l'ombilic : au-dessus de lui, il s'attache à la face postérieure de la ligne blanche abdominale, puis à la face inférieure du diaphragme jusqu'au point oii il rencontre le ligament coronaire sur lequel il vient se terminer.
Les bords supérieur et inférieur ne sont pas situés sur un même plan vertical, car le supérieur est à la gauche de l'antérieur ; on conçoit donc qu'avec une telle disposition la face droite du ligament suspenseur regarde non pas directement à droite, mais bien à droite et en avant, et la face gauche non directe-
FO[E (anatomie). 505
ment à gauche, mais à gauche et en arrière. Par son sommet, tronqué, ce ligament vient se terminer sur la face supérieure du ligament coronaire.
Deux lames périlonéales adossées l'une à l'autre par leur l'uce profonde et séparées par une faible quantité de tissu lamineux constituent le ligament falciforme. Entre elles cheminent quelques troncs lymphatiques provenant du foie, et des veinules dont l'importance, presque nulle à l'état normal, devient considérable en cas de cirihose. Leurs anastomoses avec des ramifications de la veine porte d'un côté et des veines épigastriques de l'autre permettent, ainsi que l'ont démontré les injections de M. Sappey, à une circulation collatérale de s'établir entre les ramifications de la veine porte et les veines des parois abdominales, notamment les veines épigastriques.
Le ligament coronaire a une direction transversale et relie le bord postérosupérieur du foie à la face inférieure du diaphragme. Sur sa face supérieure vient se terminer le ligament suspenseur. A chacune de ses extrémités se trouve l'un des ligaments triangulaires. Chacun de ceux-ci, le droit comme le gauche, a la forme d'un triangle dont un bord adhère au foie, l'autre à la face inférieure du diaphragme, et dont le troisième est libre. Par l'un de ses angles, ce triangle se continue avec l'extrémité voisine du ligament coronaire. Ces trois ligaments doivent être considérés comme ne formant qu'un seul et même système dont la partie moyenne est constituée par le coronaire et chacune de ses extrémités par le triangulaire correspondant. Leur structure présente la plus grande analogie : deux lames péritonéales adossées l'une à l'autre viennent de la face concave du diaphragme vers le bord postéro-supérieur du foie, et de là se continuent l'une sur la face supérieure, l'autre sur la face inférieure de l'organe. Dans les ligaments triangulaires, ces lames ne sont séparées que par un peu de tissu conjonctif, et assez souvent, surtout dans le ligament triangulaire gauche, par des conduits biliaires isolés, décrits sous le nom de vasa aberrantia. Dans le ligament coronaire, les deux lames péritonéales sont beaucoup plus éloignées l'une de l'autre, si bien que le bord postéro-supérieur du foie se trouve dépourvu de revêtement péritonéal, et n'est séparé de la face inférieure du diaphragme que par le tissu conjonctif qui unit les deux lames entre elles.
Piemarquons que tous ces ligaments s'étendent du diaphragme au foie, sauf la partie initiale du ligament falciibrme, qui s'attache à la portion susombilicale de la paroi abdominale antérieure. Leur effet est donc de fixer solidement le foie au diaphragme ; et comme les uns (ligaments coronaires et triangulaires) ont une direction transversale, l'autre (ligament suspenseur) une direction antéro-postérieure, il en résulte que le foie ne peut éprouver, par rapport au diaphragme, ni de mouvement de torsion, empêché par tout cet ensemble de ligaments, ni de déplacement dans le sens transversal, empêché par le ligament coronaire, ni de déplacement antéro-postérieur arrêté par le ligament falciforme.
Ce serait une erreur que de supposer ces ligaments toujours tendus, toujours en action pour soutenir le foie. La masse intestinale sur laquelle il repose supporte la majeure partie, sinon la totalité de son poids ; dans l'inspiration , il est refoulé sur elle par le l'ait de l'abaissement du diaphragme sur lequel, par conséquent, il n'exerce aucune traction à ce moment; dans l'expiration, l'élasticité des gaz que contient l'appareil digestif, comprimés pendant l'inspiration, doit suffire à ramener le foie à sa situation primitive. Le rôle des ligaments est donc surtout d'empêcher des déplacements latéraux du foie, mais non
566 FOIE (anatomie).
de le soutenir, de le maintenir appendu à la voûte diaphragmât ique qui supporterait son poids. Tout au plus peuvent-ils jouer jusqu'à un certain point ce rôle d'appareils de suspension en cas de vacuité de l'estomac et du tube digestif; c'est pour cela que certains physiologistes avaient attribué la sensation de la faim, qui se traduit, comme on le sait, par un sentiment de tiraillement à la région épigastrique, à une véritable traction exercée sur le diaphragme par le foie, que l'estomac et le tube digestif, à l'état de vacuité, ne pourraient plus suffisamment soutenir : hypothèse inadmissible, et qui n'expliquerait le mécanisme de la faim que chez l'homme, en dehors du décubitus horizontal, et chez les animaux à station verticale.
(( Le foie, dit Cruveilhier, est le plus volumineux et le plus pesant de tous les organes; bien plus, à lui'seul, il l'emporte en poids et en volume sur la masse totale des glandes du corps humain. » Cette assertion est vraie, surtout quand on compare la masse du foie à celle des glandes qu'on peut isoler par les seules ressources de la dissection ; on constate alors un avantage énorme au profit du premier. Pour faire cette comparaison, on laisse d'ordinaire de côté toutes les glandes vasculaires sanguines, on prend le poids moyen des deux parotides, soit 60 grammes; des deux glandes sous-maxillaires, soit 16 grammes; des deux sublinguales, soit 6 grammes; du pancréas, soit 70 grammes; des deux reins, soit 340 grammes ; des deux testicules, soit 42 grammes ; de la prostate, soit 10 à 15 grammes, au total, 549 grammes.
Quand on compare ce total au poids moyen du foie, que nous verrons être de 1450 grammes, on reste surpris de la différence des résultats, et l'on est tenté de s'exagérer par trop l'importance du foie comme organe de sécrétion. Mais de combien ne diminuerait pas cette différence, s'il était possible d'avoir le poids exact de tout l'appareil glandulaire de l'organisme ; qu'on réfléchisse aux millions de glandules répandues dans la trame même ou à la face profonde de la plupart des muqueuses ; et, sans parler de petites glandes, telles que les glandes lacrymales, les glandes de Nuhn, etc., laissées de côté dans notre énumération, qu'on se rappelle le nombre infini de glandes plus ou moins microscopiques semées à profusion dans ou sous les muqueuses de l'appareil digestif (glandules labiales, de la voûte et du voile du palais, pharyngiennes, œsophagiennes, gastriques, de Brunner, de Lieberkuhn), dans l'appareil respiratoire (glandes des muqueuses laryngées, trachéales et bronchiques); dans l'appareil cutané (glandes sudoripares et sébacées), dans l'appareil génital mâle et femelle, etc. Quand on songe à la vaste étendue des surfaces muqueuses ou de la peau, à l'espace considérable qu'occupent dans leur épaisseur toutes les glandes qu'elles recèlent, n'est-on pas en droit de se demander si, étant donné la possibilité de calculer le poids et le volume de toutes ces glandes, on n'arriverait pas à trouver que leur masse, jointe à celle des glandes dont nous avons pu apprécier plus haut le poids, égale et peut-être même surpasse la masse totale du foie?
Quand on considère son volume aux divers âges, sans le comparer à celui du corps tout entier, on voit qu'il va en augmentant depuis la période embryonnaire jusqu'à l'époque de complet accroissement. Quand, au contraire, on examine la proportion qui existe entre la masse du foie et celle du corps, on trouve que c'est chez le fœtus qu'elle est le plus élevée. D'après Walter, cité par Milne-Edwards, le poids du foie, chez un fœtus humain d'environ trois semaines, était égal à la moitié de celui de tout le reste du corps. Huschke, de son
FOIE (anatomie). 5G7
côté, a trouvé que le poids du foie était à celui du corps comme 1 est à 1 chez un embryon humain de trente jours ; comme 1 est à 5 chez un embryon de trois mois; comme 1 est à 16 chez un embryon de cînq mois; comme 1 est à 18 ou 20 chez des fœtus de sept à huit mois. Meckel a trouvé que, chez le fœtus à terme, le poids du foie constitue j^ à yô du poids du corps, tandis que chez l'adulte il n'en forme environ que ^z- On conçoit, du reste, que ce rapport puisse varier chez l'adulte dans des proportions notables, puisque la masse du corps peut varier considérablement selon l'état de maigreur, d'obésité, de développement du système musculaire, etc., tandis que le foie lui-même varie fort peu à l'état de santé. C'est à cause de ce volume considérable du foie chez le fœtus qu'on voit chez lui le bord inférieur descendre plus ou moins bas audessous du rebord costal; pendant les premiers mois de la vie intra-utérine, il descend au-dessous de l'ombilic ; à la naissance il n'est remonté qu'un peu audessus de celui-ci. Cette situation du foie cliez le fœtus et chez l'enfant du premier âge est due , non-seulement au volume relativement considérable qu'il présente, mais encore à l'étroitesse de l'hypochondre qui doit loger sa gi'osse extrémité. La cage thoracique du fœtus et du nouveau-né est aplatie, déprimée latéralement, tandis que le sternum est projeté en avant, disposition qui rappelle celle qu'on rencontre cliez les animaux non clavicules. L'hypochondre droit perd donc de ce chef une partie de l'espace qu'il pourrait offrir à l'extrémité droite du foie, et celui-ci, déjà très-volumineux, par rapport aux autres organes, est obligé de se loger en partie au-dessous de l'hypochondre.
Pour- obtenir une moyenne exacte de son volume chez l'adulte, M. Sappey a mesuré sur des sujets adultes et de divers âges le foie dans ses trois dimensions principales : dimension transversale, dimension antéro-postérieure et dimension verticale. Les moyennes obtenues ont été : pour la dimension transversale 28 centimètres, pour l'antéro-postérieure 20 centimètres, et pour la verticale 6 centimètres. On peut constater des variétés individuelles, mais, en dehors de l'état patliologique, la plus grande différence que JI. Sappey ait pu observer entre le foie le plus petit et le foie le plus gros excédait à peine un tiers.
En dehors de ces variations purement individuelles, et de celles d'ordre pathologique dues aux altérations diverses du foie, dont nous n'avons pas à nous occuper dans un article d'anatomie normale, il en est un certain nombre que nous devons mentionner et dont la cause doit être cherchée dans l'état de réplétion plus ou moins grande du système circulatoire du foie. Quand, sur le foie d'un cadavre, on injecte un liquide par la veine porte, on voit cet organe augmenter de volume et devenir turgescent ; si on laisse librement s'écouler le liquide injecté, le foie revient à ses dimensions premières. De même, sur un animal vivant, quand on comprime la veine porte, le foie diminue de volume et semble se flétrir; quand on cesse la compression, l'afflux sanguin rend à la glande ses dimensions primitives. Ces faits, c'est-à-dire le résultat des injections liquides faites par la veine porte sur le cadavre et de la compression de la veine porte sur l'animal vivant, nous prouvent donc que l'état de vacuité ou de réplétion de ses vaisseaux influe notablement sur le volume du foie. Aussi faut-il s'attendre à trouver sur les cadavres le foie plus volumineux quand le retour du sang veineux vers le cœur était entravé, ainsi que cela s'observe en cas d'affections pulmonaires, cardiaques, etc., que quand la mort était due à des •causes d'ordre différent, à une hémorrhagie, par exemple : dans le premier cas.
508 FOIE (anatomib).
le foie est gonflé et ses vaisseaux sont congestionnés ; dans le second, il est exsangue et rapetissé.
Chez le nouveau-né, dès que la respiration s'est établie, et que les vésicules pulmonaires déplissées ont laissé un passage plus facile à travers leurs capillaires au sang qui sort du cœur droit, le retour du sang veineux vers le cœur devient par ce fait même plus facile, et alors on remarque que le foie diminue de poids et de volume. Bernt a même indiqué cette diminution du poids et du volume du foie après la naissance comme un signe médico-légal d'une certaine importance pour déterminer si le sujet soumis à l'expertise a ou n'a pas respiré.
Le volume du foie varie même, sur l'animal vivant, avec les mouvements d'inspiration et d'expiralion. Pendant le premier de ces mouvements, la diminution de pression qui se produit dans la cavité thoracique sollicite le sang des vaisseaux qui pénètrent dans cette cavité à s'y précipiter : il y a donc appel du sang veineux en général et par conséquent du sang de la veine cave inféiieure et des veines sus-hépatiques, d'où une première cause de déplétion du système vasculaire du foie. Mais en outre, pour produire l'inspiration, le diapiiragme s'abaisse, comprime tout le contenu de la cavité abdominale et par conséquent le foie, nouvelle cause qui contribue à faire sortir de cet organe le sang qui y est contenu, à le refouler vei's la cavité thoracique, où la diminution de pression qu'on y constate l'appelle déjà. Cette double cause : aspiration du sang veineux dans la cavité thoracique , compression du foie par le fait de l'abaissement du diaphragme, a donc pour résultat de désemplir l'appareil vasculaire de cette glande, et par conséquent de lui donner un moindre volume. Pendant l'expiration, un effet inverse se produit : l'augmentation de la pression intra-thoracique y retarde l'afflux du sang veineux, ainsi qu'on le constate facilement par le gonflement de veines superficielles et voisines du thorax; celui-ci s'accumule alors plus ou moins dans les veines extra-thoraciques et par conséquent dans celles du foie en particulier ; et comme cet organe n'est plus comprimé par le diaphragme, le sang de la veine porte vient aisément remplir ses nombreux vaisseaux.
On conçoit que les changements de volume du foie dus à l'état de réplétion ou de déplétion de son appareil vasculaire puissent être assez notables. En effet, M. Sappey, pour évaluer son poids moyen, ne se borna pas à peser un certain nombre de foies de sujets adultes, pris tels qu'on les trouve sur le cadavre, c'està-dire avec leurs vaisseaux presque toujours à peu près vides de sang. Il fit une double pesée de chacun d'eux, d'abord tels qu'on les rencontre dans une autopsie, et le poids moyen fut dans ce cas de 1451 grammes : c'est là ce qu'il appelle le poids cadavérique. Avant de pratiquer la seconde pesée, il injecta de liquide les vaisseaux sanguins, et le poids moyen obtenu alors fut de 1957 grammes : c'est là ce que M. Sappey appelle le poids physiologique, c'cst-à-dir. le poids que doit avoir le foie pendant la vie. La différence entre le poids cadavérique et le poids physiologique est donc de 486 grammes, soit le quart environ du poids réel de l'organe, ce qui nous explique parfaitement l'influence de la réplétion ou de la déplétion de ses vaisseaux sur ses variations de volume.
Les chiffres que nous venons d'emprunter à M. Sappey ne représentent qu'une moyenne, et il importe d'être prévenu qu'on peut rencontrer de très-grandes différences dans le volume et dans le poids de foies qui ne présentent cependant aucune altération pathologique. On cite d'ordinaire les phthisiques, les gens à tempérament bilieux, comme ayant un foie volumineux; mais chez les premiers on constate souvent une infiltration graisseuse de ses cellules, et chez les se-
FOIE (anatojiie). 569
couds le fait est bien loin d'être démontre'. Quoi qu'il en soit, on rencontre accidentellement, et sans que rien puisse le faire présupposer, des foies qui trèsvolumineux, qui beaucoup moins développés, et malgré cela exempts d'altérations morbides. Les plus grandes variations pourraient, d'après M. Cruveilhier, aller du simple au triple, et du simple au double seulement, d'après M. Sappey.
Le poids spécifique serait de 1,0467, et d'après Krause de 1,0625 à 1,0855.
La couleur normale du foie est rouge brun : en l'examinant de près, on voit que cette coloration n'est pas due à une teinte uniforme et uniformément répandue. En effet, l'aspect du foie est comme granité, chacun des grains du granit représentant, ainsi que nous le dirons à propos de sa structure, un lobule. C'est en examinant chacun de ces grains ou lobules qu'on y constate la présence de deux teintes différentes : tantôt la périphérie du lobule est plus foncée que le centre, et tantôt c'est le centre qui l'est davantage. Cet effet est dû à l'état de réplétion ou de vacuité relatives des petits vaisseaux appartenant à chaque lobule : quand le vaisseau central contient seul du liquide sanguin, le centre du lobule apparaît plus foncé que sa périphérie ; et quand, au contraire, c'est dans les petites ramifications vasculaires qui entourent la périphérie du lobule que le sang s'est accumulé, c'est l'effet inverse qu'on observe. Notons encore que la teinte du foie peut virer plus ou moins vers le jaune, soit également sur toute la surface de l'organe, soit sur une partie seulement par suite de l'accumulation de granulations et gouttelettes graisseuses dans les cellules hépatiques. Ou bien encore la rétention de la bile dans les canaux biliaires et sa diffusion post raortem en dehors d'eux peuvent changer la couleur du foie en une teinte olivâtre.
Le foie est assez dur et résiste assez bien sous le doigt qui le presse ; il n'en conserve l'empreinte qu'en cas de dégénérescence graisseuse assez accusée. En même temps, il est assez fragile et peut, sous l'influence de violentes commotions, présenter des solutions de continuité plus ou moins superficielles : de là ces déchirures suivies de péritonite mortelle à la suite d'une chute faite d'un lieu élevé, d'un coup violemment appliqué vers la région du l'oie, alors que les téguments voisins et les muscles sous-jacenls, plus résistants, n'ont parfois subi aucune atteinte de la contusion.
Le foie reçoit le sang de l'artère hépatique et celui de la veine porte ; de lui émergent les veines sus-hépatiques ainsi qu'un nombre considérable de vaisseaux lymphatiques. Nous allons étudier rapidement ces divers vaisseaux, ainsi que les nerfs qui accompagnent certains d'entre eux, notre but n'étant pour le moment que d'en montrer la provenance, les points où ils abordent le foie ou en émergent, etc. Quant à leur distribution dans l'intimité de la glande, elle sera étudiée avec la structure même de celle-ci dans la partie histologique de cet article.
L'artère hépatique est l'une des trois branches que fournit le tronc cœliaque. Dès son origine, elle se porte obliquement à droite, décrivant une courbe à concavité supérieure qui embrasse la convexité du lobe de Spigel; ensuite, elle prend une direction ascendante pour atteindre le sillon transverse du foie, où elle se divise en deux branches terminales, l'une droite et l'autre gauche. Dans la dernière partie de son trajet, elle est comprise dans l'épaisseur du bord droit de l'épiploon gastro-hépatique, et contribue, avec le canal cholédoque et la veine porte, situés au devant d'elle, mais compris aussi dans le bord droit du même épiploon, à limiter en avant l'hiatus de Winslow. Les branches collatérales de celte artère (pylorique, gastro-épiploïque droite et cystique), n'abou-
570 FOIE (anatomie).
tissant pas au foie lui-même, n'ont rien qui nous intéresse. Le trajet des branches terminales droite et gauche et la terminaison de leurs ramifications ultimes seront étudiés ultérieurement,
La veine porte est le tronc que forment les veines splénique et mésaraïque supérieure, par leur réunion au niveau de l'extrémité droite du pancréas. Elle se dirige en haut et un peu à droite, est comprise dans le bord droit de l'épiploon gastro-hépatique, en avant de l'artère hépatique, et aboutit à la scissure transverse. Pendant son trajet, elle l'eçoit les veines coronaire stomachique, hépatique et cystique, ainsi que des branches veineuses provenant du pancréas et du duodénum. Elle est dépourvue de valvules. Arrivée au sillon transverse du foie, elle se divise en deux branches, l'une droite, l'autre gauche, la première étant plus volumineuse, mais moins longue que la seconde. Ces deux branches semblent si bien se prolonger l'une l'autre qu'on a donné à leur ensemble le nom de sinus de la veine porte.
Les veines sus-hépatiques conduisent à la veine cave inférieure le sang qui sort du foie. Elles sont multiples : les unes ne sortent pas de la glande et viennent directement se jeter dans cette partie de la veine cave qui se loge dans le sillon que lui présente la face inférieure du foie ; les autres sont volumineuses, au nombre de deux, trois au plus, et n'ont qu'un trajet extrêmement court, car à peme sorties du foie elles aboutissent à la veine cave immédiatement audessous de l'orifice diaphragmatique qu'elle va traverser.
Les lymphatiques du foie sont nombreux et faciles à injecter : c'est pour cela que certains analomistes conseillent de piquer la surface de cet organe avec le tube à injections, pour arriver à injecter du même coup le canal thoracique. Selon qu'ils proviennent des parties superficielles ou des parties profondes du foie, on les distingue en superficiels et profonds. Nous empruntons, pour les décrire, les principaux passages de la l'emarquable description qu'en donne M. Sappey dans son Traité d'anatomie :
« Les lymphatiques superficiels, très-nombreux, se subdivisent en ceux de la face supérieure et ceux de la face inférieui^e. Les profonds, plus volumineux, se partagent en descendants, ou satellites delà veine porte, et ascendants, ou satellites des veines hépatiques.
« Les lymphatiques supeificiels de la face supérieure ou convexe du foie suivent des directions très-variées : ceux de la partie moyenne gagnent le ligament suspenseur ; ceux qui naissent des extrémités se portent vers les ligaments triangulaires de la glande ; ceux de la partie postérieure se dirigent vers le ligament coronaire.
« Les lymphatiques inhérents au ligament suspenseur se divisent : 1° en ascendants, qui traversent le diaphragme derrière l'appendice xiphoïde, pour se rendre dans un ganglion situé au devant de la base du péricarde ; ils se dirigent ensuite vers les lymphatiques mammaires internes et se terminent, avec ces derniers, dans le canal thoracique, près de son embouchure; 2" en descendants; ces dei'uiers gagnent le sillon longitudinal du foie, puis se réunissent plus bas aux troncs partis de la face inférieure et à ceux qui suivent le trajet de la veine porte. Les lymphatiques qui se portent des parties latérales de la convexité du foie vers les ligaments triangulaires se dirigent d'avant en arrière, passent entre les deux feuillets qui forment ces ligaments, s'appliquent à la face inférieure du diaphragme, puis se réfléchissent pour descendre sur la partie antérieure des piliers de ce muscle, et se terminent enfin, après un long trajet, dans
FOIE (anatomie). 'j?!
les ganglions sus-pancréatiques. Les lymphatiques qui émanent de la partie postérieure et moyenne de la convexité de l'organe se portent directement d'avant en arrière, traversent le centre phrénique dans le voisinage de la veine cave inférieure, et se jettent dans un petit groupe de trois ou quatre ganglions situés autour de cette veine, entre le péricarde et le diaphragme. Très-fréquemment, on voit un ou deux de ces vaisseaux s'appliquer à la veine cave inférieure et se confondre, au niveau de l'embouchure des veines sus-hépatiques, avec les troncs qui accompagnent ces veines.
« Les lymphatiques superficiels de la face inférieure ou concave du foie se distinguent : 1» en ceux qui naissent entre la circonférence du foie et la vésicule du fiel : réunis à quelques rameaux venus de la face convexe, ils se dirigent en bas et à gauche pour se terminer dans les glandes sus-aortiques ; 2° en ceux qui naissent de la vésicule : ils forment autour de ce réservoir un plexus, duquel partent deux ou trois troncs qui se rendent aux glandes situées derrière le pylore, au-dessus de la tète du pancréas ; 3" en ceux qui naissent entre la vésicule et le sillon longitudinal : tantôt ils se réunissent aux précédents, et tantôt ils se mêlent aux lymphatiques satellites de la veine porte ; ¥ en ceux qui naissent à gauche du sillon longitudinal : la plupart se joignent aux lymphatiques qui rampent sur la veine porte; quelques-uns se portent vers le cardia, où ils se confondent avec les lymphatiques satellites des vaisseaux coronaires de l'estomac.
« Les lymphatiques profonds et descendants du foie rampent sur la capsule de Glisson qui les sépare de la veine porte, de l'artère hépatique, des canaux hépatiques et des nerfs correspondants ; ce n'est qu'après avoir abandonné la substance du foie, c'est-à-dire au niveau du sillon transverse, qu'ils s'appliquent immédiatement sur la veine porte. Parvenus dans ce sillon, ils se réunissent à quelques troncs de la face inférieure et se terminent dans un ganglion situé sur le sommet du col de la vésicule biliaire.
(( Les lymphatiques profonds et ascendants sont à la fois et plus nombreux et surtout beaucoup plus volumineux que les descendants. Ils forment autour de chacune des divisions des veines sus- hépatiques une gaine plexiforme facile à injecter. Les vaisseaux fournis par ces divers plexus rampent à la surface des parois veineuses et convergent comme ces parois vers la veine cave inférieure. Arrivés auprès de cette veine, ils forment cinq ou six troncs considérables qui traversent avec elle l'ouverture correspondante du diaphragme, s'unissent immédiatement au-dessus de cet orifice aux troncs venus de la convexité du foie, et se jettent dans les ganglions sus-diaphragmatiques ; de ces ganglions, ils descendent sur la face postérieure des piliers du muscle, pour se terminer dans le canal thoracique, au voisinage de son origine » [voy. aussi l'art. Lymphatique, p. 416). Les nerfs du foie viennent de deux sources : du plexus solaire et du pneumogastrique gauche directement. Les ramifications émanées du plexus solaire arrivent au foie principalement par la voie de l'artère hépatique : elles l'enlacent de leurs branches, forment autour d'elle un véritable plexus nerveux et arrivent avec elle jusqu'au sillon transverse. Quelques rameaux nerveux moins nombreux suivent aussi ou la veine porte ou le canal cholédoque, pour aboutir avec eux à la face inférieure du foie. Ces divers rameaux proviennent tous du plexus solaire, et comme ce dernier est lui-même constitué par des branches du grand sympathique (nerfs grand et petit splanchnique), du pneumogastrique droit, des deux nerfs phréniques, et plus particulièrement du droit, il en résulte que
572 FOIE (anatomie).
les nerfs qui vont du plexus solaire au foie possèdent probablement des fibres provenant de ces trois origines.
Le pneumo-gastrique gauche, arrivé dans l'abdomen, donne une partie de ses ramifications à l'estomac, tandis que l'autre partie, suivant d'abord sa petite courbure, et ne lui abandonnant que peu de fibres, ne tarde pas à s'engager entre les deux feuillets de l'épiploon gastro-hépatique, pour aboutir au sillon transverse. C'est donc là que se rendent les filets nerveux fournis par le plexus solaire et par le pneumogastrique gauche ; l'étude histologique nous montrera que, dans l'intimité du foie, ces fibres nerveuses s'accolent aux ramifications des vaisseaux et des conduits biliaires qui, eux aussi, aboutissent à ce sillon.
II. Histologie. Lorsqu'on examine soit la surface extérieure du foie, soit la surface produite artificiellement dans son épaisseur par une section ou une déchirure, on constate aisément que la majeure partie de sa masse est formée par l'accumulation de grains ou lobules juxtaposés les uns à côté des autres, et présentant tous sensiblement le même volume. En les étudiant ou à la loupe, ou mieux encore sur des coupes minces et avec un très-faible grossissement, on remarque — surtout sur le foie de porc, qui se prête parfaitement à cette étude — que ces lobules sont tous séparés de leurs voisins par des espaces égaux remplis principalement d'un tissu conjonctif unissant. Nulle part on ne voit que certains lobules se réunissent en groupes spéciaux, que ces groupes soient séparés des groupes voisins par une épaisseur plus grande de tissu conjonctif; en un mot, chaque lobule apparaît indépendant des autres lobules, ne se réunit pas à eux pour former des lobes distincts, et on n'observe rien qui rappelle la structure des glandes en grappe. D'autre part, en examinant soit la surface extérieure, soit des surfaces de section du foie, on constate qu'en aucun point on ne peut déterminer l'existence de lobes distincts, isolables les uns des autres, comme ceux qu'on observe si facilement sur la plupart des glandes. Le résultat de ces premières observations est donc d'établir : 1° que le foie est constitué par une accumulation de lobules qui forment la majeure partie de sa masse glandulaire ; 2° que ceux-ci ne se réunissent pas les uns aux autres pour former des lobes distincts, ainsi que le font les lobules des glandes eu grappe, et que, par conséquent, la structure du foie n'a rien de commun avec celle de cet ordre de glandes.
Et cependant ces lobules, qui semblent à première vue entassés pêle-mêle les uns à côté des autres, présentent un arrangement spécial que nous allons étudier dès maintenant.
Pour bien comprendre leur agencement, rendons-nous compte d'abord de la disposition des veines sus-hépatiques, autour desquelles ils viennent se grouper. Celles-ci, que nous n'avons encore décrites qu'à partir de leur point d'émergence hors du foie, naissent de toutes les parties de la glande, par des ramifications très-tenues : s'unissant à leurs voisines, elles formerft des branches veineuses d'un calibre plus considérable qui , par le fait des anastomoses successives qu'elles présentent, finissent par constituer les troncs veineux qui émergent du foie. Ces ramificalions des veines sus-hépatiques se distinguent parles caractères suivants : elles sont dépourvues de valvules; leur direction est transversale, tandis que celle des ramifications de la veine porte est antéro-postérieure; quand on les sectionne, elles restent béantes, et l'on constate sur la surface de section qu'elles ne sont pas séparées du tissu propre du foie qui les avoisine par une gaîne conjonctive, comme celle qui entoure les branches de la veine porte : aussi
FOIE (anatomie). 573
ces dernièi'es, loin de rester béantes, s'affàissent-elles. Enfin, en examinant attentivement la surface interne des veines sus-hépatiques, de moyen et de petit calibre, on voit qu'elle est criblée d'un grand nombre de petits orifices assez régulièrement espacés, et séparés les uns des autres par un intervalle qui représente à peu près l'épaisseur d'un lobule. Chacun de ces orifices répond à l'abouchement d'une très-petite veine — veine intra-lobulaire — que nous verrons partir du centre de chacun des lobules, et qui vient se jeter directement dans la branche la plus voisine des veines sus-hépatiques ; en sorte que les lobules entourent chacune des ramifications de celles-ci; ils s'implantent directement sur chacune d'elles par un très-court pédicule, lequel n'est autre chose que la veine efférente du lobule. Autour de chacune des ramifications des veines sus-hépatiques, il n'y a donc qu'une seule épaisseur de lobules, reliés chacun à elle par leur veine intra-lobulaire ou efférente, accolés les uns aux autres par leurs faces latérales, et constituant ainsi par leur ensemble une véritable gaine cylindrique à chacune des innombrables ramifications des veines sus-hépatiques.
L'agencement des lobules du foie peut donc se résumer ainsi : qu'on se représente dans tout l'espace qu'occupe le foie les innombrables ramifications des veines sus-hépatiques, affectant surtout une direction transversale et se répartissant dans les divers points de la glande; qu'autour de chacune de ces ramifications, et surtout de celles de moyen et de petit calibre, on se représente une véritable gaîne constituée par un seul plan de lobules juxtaposés les uns à côté des autres, unis chacun à elle par leur veine efférente, et l'on aura l'idée de la disposition de ces lobules. On conçoit donc qu'on ait pu comparer l'ensemble des veines sus-hépatiques et des lobules du foie « à un arbre dont les rameaux seraient couverts de feuilles polygonales appliquées les unes contre les autres, et tellement serrées que l'ensemble du feuillage ne formerait en quelque sorte qu'une seule masse. »
Ces premières données étant bien établies, il devient facile de nous rendre compte des autres particularités que nous offre la structure du foie, car c'est autour du lobule, dont nous connaissons désormais la situation exacte, que viennent converger les autres éléments constitutifs de la glande. Nous avons dit plus haut que par le sillon transverse de sa face inférieure on voyait y pénétrer la veine porte et l'artère hépatique ainsi que des nerfs, et en sortir le canal hépatique et des vaisseaux lymphatiques : or, les ramifications de la veine porte et de l'artère hépatique ainsi que celles des voies biliaires viennent, en dernière analyse, aboutir à la péripliérie des lobules où les plus fines branches de la veine porte prennent le nom de veines périlobulaires ou extra-lobulaires ou encore inter-lobulaires ; là, le sang qui provient de la veine porte et de l'artère hépatique s'engage dans les capillaires qui convergent de la périphérie vers le centre du lobule, pour y former, par leur réunion, la veine intra-lobulaire. Les dernières ramifications des voies biliaires aboutissent aussi à la périphérie des lobules, dans l'intimité desquels elles prennent origine par des radicules déliées. Toutes les branches de la veine porte, de l'artère hépatique, des canaux biliaires, des nerfs et d'une partie des lymphatiques profonds du foie, cheminent accolées les unes aux autres, et, de plus, entourées d'un tissu conjonctif qui les isole des lobules voisins, tandis que celles des veines sus-hépatiques cheminent isolément dans l'intimité du foie et sont en contact direct avec les lobules qui les entourent, sans interposition aucune de tissu lamineux.
Enfin, à la surface du foie existe une double membrane d'enveloppe : l'une,
574 FOIE (anatomie).
séreuse, qui ne recouvre pas la totalité de sa surface ; l'autre, fibreuse, qui non-seulement l'enveloppe entièrement à l'extérieur, mais même se réfléchit au niveau du sillon transverse, pour pénétrer dans l'intimité de l'organe sous le nom de capsule de Glisson. C'est cette partie réfléchie qui constitue la gaîne conjonctive que nous venons de signaler autour des ramifications des vaisseaux et nerfs qui pénètrent par le sillon transverse, et de celles du canal hépatique qui les accompagnent.
De cet aperçu général sur la structure du foie il résulte que nous aurons à étudier successivement :
1» La structure des lobules hépatiques.
2° Les vaisseaux et les nerfs.
3° L'enveloppe fibreuse et la capsule de Glisson.
4° L'enveloppe péritonéale.
Quant aux conduits biliaires, aux glandes qui y sont annexées, à la structure de la vésicule, etc., toutes ces choses ont été déjà décrites dans ce Dictionnaire [yoy. Biliaires (voies), t. IX].
Lobule hépatique. C'est chez le porc que les lobules se trouvent le plus nettement circonscrits, isolés qu'ils sont de leurs voisins par du tissu conjonctif. Aussi a-t-on pour habitude d'étudier la forme et les limites du lobule hépatique sur le foie de cet animal, avant de les étudier sur celui de l'homme : conformons-nous à cette tradition. Sa forme est irrégulièrement polygonale; ses dimensions, peu variables d'un lobule à l'autre, oscillent de 1 à 2 millimètres. A l'œil nu, on reconnaît à sa périphérie une limite, un liséré blanchâtre, formé par le tissu conjonctif qui l'entoure. Si, à l'exemple de Kôlliker, on racle une tranche du foie de porc avec le manche d'un scalpel, les lobules « se détachent sous la forme de petites masses égales et anguleuses, et les capsules qui les entourent restent sur la tranche comme de petites cases vides ou comme les alvéoles d'une ruche d'abeilles. Ces capsules deviennent plus évidentes encore lorsqu'on malaxe doucement sous l'eau, avec les doigts, un petit fragment de foie, qu'on le nettoie complètement, et qu'on l'examine ensuite sur un fond noir; de cette manière, quelques-unes des cases sont à peine déchirées, demeurent presque complètement closes, et se montrent nettement comme de véritables capsules. Chaque lobule du foie, d'après Beale, est entouré d'une capsule propre, mais ces capsules sont unies entre elles par du tissu conjonctif plus lâche ; il en résulte une sorte de réseau, étendu dans toute l'épaisseur du foie, et dans les mailles duquel sont contenus les lobules hépatiques. Lorsqu'on examine de plus près les capsules ou cloisons de séparation des lobules, on trouve qu'elles sont constituées principalement par les prolongements de la couche de tissu conjonctif qui accompagne la veine porte et l'artère hépatique. »
Tels sont la configuration et le moyen d'isolement dans les lobules du foie de porc; en est-il de même dans celui de l'homme? 11 est facile de se convaincre qu'il existe entre les deux une différence considérable, et consistant surtout en ce que, chez le dernier, le tissu conjonctif qui, chez le porc, isolait les lobules les uns des autres, est fort peu développé ; c'est pourquoi la masse du lobule d'un foie humain, sur la plus grande partie de sa surface, se confond avec celle des lobules voisins. En effet, le tissu conjonctif, dans le foie humain, se rencontre presque exclusivement autour des ramifications de la veine porte et des canaux biliaires qui les accompagnent ; or, ces veines périlobulaires ne recouvrent pas toute la surlace des lobules et ne se voient qu'en certains points,
FOIE (anatomie). 575
faciles à déterminer, de la périphérie des lobules. Rappelons-nous que ceux-ci ont la forme d'une masse polyédrique qui, par conséquent, est limitée extérieurement par des surfaces planes en jorme de facettes. Les points de rencontre, de jonction des facettes d'un même lobule, forment des crêtes ou arêtes, et c'est au niveau de ces arêtes que cheminent les dernières branches de la veine porte, les ramifications des conduits biliaires et des nerfs du foie. Ces arêtes, au lieu d'être aiguës, sont émoussées, ce qui fait que dans les points où deux ou plusieurs arêtes de lobules voisins viennent à se rencontrer, il existe un véritable espace que Hering appelle canal interlobulaire, et où peuvent se loger les vaisseaux, nerts et conduits biliaires. Comme c'est autour de ceux-ci qu'on rencontre presque exclusivement le tissu conjonctif périlobulaire du foie de l'homme, il résulte que ce n'est qu'au niveau des arêtes qu'il sépare nettement les lobules les uns des autres ; il n'envoie que des prolongements très-peu accusés et rares sur les autres points de leur surface, c'est-à-dire sur les facettes planes qui les limitent, si bien que, sauf au niveau des arêtes, la délimitation d'un lobule d'avec ses voisins est peu nette, et, au niveau des facettes planes qui les limitent, la masse des lobules se confond avec celle de leurs voisms.
La forme du lobule du foie humain est irrégulièrement polyédrique, et trèssouvent allongée; car, si sur une coupe transversale, c'est-à-dire faite perpendiculairement à la veine intra-lobulaire, le contour du lobule apparaît assez régulièrement polygonal, sur une coupe longitudinale, c'est-à-dire parallèle à l'axe du vaisseau central, il prend un aspect allongé. C'est pourquoi Hering reconnaît au lobule une base, des faces latérales et une cime ou sommet. La base repose sur la face externe de la veine sus-hépatique dans laquelle va se jeter la veine efféiente du lobule ; les faces latérales répondent à celles des lobules voisins ; elles peuvent s'unir si intimement à elles que, surtout au voisinage de leur base, les contours des divers lobules ne soient plus accusés'; c'est là ce que Hering a décrit sous le nom de lobules composés. Ce ne sont, en somme, que des lobules allongés, placés les uns à côté des autres, qui se seraient complètement soudés par la partie de leurs faces latérales et des arêtes correspondantes la plus voisine de leur base, et dont les contours sont restés plus distincts dans la portion des faces latérales le plus rapprochée de leur sommet.
Les dimensions moyennes du lobule de foie humain sont, pour le diamètre transversal, 1 millimètre, et pour le diamètre longitudinal i°>"%5 à 2 millimètres. M. Sappey a cherché à en évaluer le nombre total. Gomme on en compte soixante à soixante-dix sur une surface de 1 centimètre carré, i centimètre cube en contient environ cinq cents. Or le foie, d'après les calculs du même auteur, cubant en moyenne 2240 centimètres cubes, on trouve, en multipliant ce dernier chiffre par 500, que le nombre total des lobules d'un foie de dimensions moyennes doit être d'environ onze à douze cent mille.
La charpente du lobule est formée par la veine intra-lobulaire et les vaisseaux capillaires qui l'unissent aux branches de la veine porte entourant le lobule, au niveau de ses arêtes. La veine intra-lobulaire de Kiernan, appelée aussi veine centrale du lobule par Krukenberg, occupe exactement l'axe de celui-ci : sur une coupe perpendiculaire à sa direction, on la trouve également éloignée de toutes les veines inter-lobulaires les plus proches de 0"™,5, soit exactement la moitié du diamètre transversal du lobule. Celui-ci ayant une forme allongée, elle ne s'étend pas jusqu'à son sommet, car sur une coupe transversale assez
576 FOIE (anatomie).
rapprochée de ce dernier on ne voit pas de surface de section d'une veine centrale, mais seulement des coupes de capillaires ; quand la coupe porte plus bas, alors on aperçoit au centre du lobule la section de la veine centrale. L'aspect de celle-ci et des capillaires qui l'unissent aux' veines périlobulaires peut être compare à celui d'une branche très-courte, émettant de tous les points de sa périphérie des rameaux qui la quittent en formant un angle à peu près droit avec sa direction, et fournissant, à son extrémité terminale, un véritable pinceau de branches rayonnant dans tous les sens. L'étude des coupes faites sur les loijules à diverses hauteurs et dans diverses directions vient à l'appui de cette manière de voir. Si la section est perpeudiculaii^e à la veine intra-lobulaire, on voit celle-ci au centre du lobule sous forme d'un orifice arrondi vers lequel convergent les vaisseaux capillaires, comme le feraient des rayons de roue. La coupe, tout en étant perpendiculaire à la direction de la veine centrale, a-t-elje porté près du sommet du lobule, au-dessus du point d'origine de celle-ci, alors on ne voit plus que des surfaces de section de capillaires, arrondies pour les centraux ovoïdes, pour ceux rapprochés de la périphérie du lobule, ce qui prouve que les centraux ont été coupés perpendiculairement à leur direction, et les périphériques obliquement. De ces faits nous pouvons conclure que les capillaires qui émergent de l'extrémité de la veine intra-lobulaire s'en vont en divergeant comme les poils d'un pinceau vers tous les points de la surface du sommet du lobule.
Ces capillaires, capillaires radiaux ou rayonnes, présentent encore certaines particularités fort bien mises en évidence par Hering, et qui ont trait surtout à leurs bifurcations et aux anastomoses qu'ils présentent entre eux. On les voit, peu après leur origine, présenter des bifurcations dichotomiques en s'avançant vers la périphérie du lobule : d'où cette conséquence que le réseau des capillaires est aussi serré dans les parties périphériques que dans les parties centrales du lobule, ce qui ne saurait être, si, comme on le croyait autrefois, les capillaires avaient marché directement et sans se bifurquer de la veine intra-lobulaire vers les vaisseaux extra-lobulaires. Il est évident qu'avec une telle disposition l'espace qui sépare des capillaires voisins devrait être plus considérable à la périphérie qu'au centre du lobule. Enfin, de courtes anastomoses unissent entre eux les capillaires radiaux, nouvelle cause de multiplication du nombre des capillaires dans la masse du lobule. Elles ont lieu non pas seulement dans le sens transversal, c'est-à-dire entre deux capillaires situés sur un même plan horizontal, mais aussi dans le sens vertical, c'est-à-dire entre un capillaire radié et ceux qui sont situés au-dessus et au-dessous de lui. Aussi le réseau qu'ils forment est-il très-serré, et l'espace qui sépare deux capillaires voisins équivaut à peine, en certains points, au double de la largeur d'un capillaire ; celle-ci étant de 0"'"S01 , l'espace qui sépare deux capillaires voisins égale 0'""',015.
Remarquons que les dimensions que nous donnons ici ne sont que des moyennes ; le diamètre des capillaires peut atteindre O^^SOS, et l'espace qui sépare deux capillaires voisins 0"™,04. Ces vaisseaux de calibre plus considérable se rencontrent surtout au voisinage des veines périlobulaires ou de la veine centrale, et c'est vers la partie moyenne de l'espace qui sépare ces deux ordres de veines que se trouvent les capillaires les plus fins. Les mailles qu'ils laissent entre eux et dont les dimensions moyennes oscillent entre 0™",015 et 0™'",04, offrent une forme variable suivant qu'on les considère dans la partie centrale ou dans la partie périphérique du lobule; dans la partie centrale, la forme en est
FUIE (anatojue). - 577
allongée, tandis qne, à la périphérie, elle devient arrondie ou polygonale; on s'expliquera facilement ce fait en se rappelant que les anastomoses transversales des capillaires radiaux se montrent surtout dans les points les plus voisins de la périphérie du lobule.
Entre les ramifications des capillaires du lobule se trouvent les cellules hépatiques qui remplissent tout l'espace que ceux-ci laissent entre eux. Leur étude va maintenant nous occujier, tant au point de vue de leur forme, de leur aspect, de leur structure intime, etc., qu'à celui de leur agencement et de leurs rapports avec les capillaires sanguins et biliaires. Bien que ces derniers aient été décrits dans un autre article de ce Dictionnaire [voy. Biliaires (voies), t. IX] et que, par conséquent, nous n'ayons plus à faire d'eux une description spéciale, nous aurons cependant à revenir sur leur compte et à dire quelques mots des diverses manières dont leur disposition et leur structure ont été comprises par les divers observateurs qui s'en sont occupés ; c'est qu'en effet certaines des théories qui ont été émises sur la nature des canalicules biliaires ont eu pour conséquence d'amener les observateurs à modifier sur certains points les idées qui avaient cours sur la structure et les rapports de la cellule hépatique.
La cellule hépatique, appelée aussi cellule glycogène, parce qu'on la considère comme l'organe de la fonction glycogénique du foie, s'isole avec une grande facilité. En raclant la surface de section d'un foie, ou obtient un liquide où nagent un grand nombre de ces cellules, les unes isolées, les autres unies encore à leurs voisines. Leur forme est assez régulièrement polygonale, et par conséquent, leur contour est limité par un certain nombre de facettes : parmi cellesci, les unes sont planes, ce sont celles qui correspondent à des facettes analogues de cellules voisines ; les autres sont excavées dans le sens de leur longueur, et l'excavation semble à Kolliker correspondre au point de contact de la cellule avec un capillaire sanguin. D'après Kolliker, elles seraient plus longues que larges, et se rapporteraient à un type commun, qui est celui de petites colonnes à cinq ou six pans, ayant par conséquent sept à huit faces, dont quatre excavées et formant gouttière pour loger des capillaires sanguins. 11 a été conduit à cette conclusion par l'aspect variable que présentent les contours de ces cellules sur des coupes diverses de lobules hépatiques. Ainsi, dans les coupes transversales, ces éléments ont leur plus grand diamètre dirigé dans le sens des capillaires radiaux et leur plus petit perpendiculaire à la direction de ces derniers ; on ne voit d'eux que quatre à six faces dont une ou deux sont en contact avec des vaisseaux sanguins. Sur des coupes parallèles à la direction de la veine intra-lobulaire, on ne remarque plus d'inégalité entre les diamètres des cellules et, toujours d'après Kolliker, par quatre de leurs faces latérales, qui sont planes, on les voit entrer en contact avec les cellules voisines, tandis que, par les quatre autres faces, excavées, elles touchent les parois des capillaires voisins. Hering dit avoir constaté dans les lobules du foie la présence de cellules de forme tout à fait différente, et qu'il considère néanmoins comme glycogènes, les unes ayant un aspect lamelleux, d'autres celui de fuseaux plus ou moins allongés, et possédant à leur centre un noyau assez long.
La dimension moyenne des cellules hépatiques oscille entre 0'"",018 et Qmm Q^e. D'après Frey, elles pourraient, dans leurs plus grandes variations, allerdeO'"^011 à 0^^,021.
On s'accorde généralement à refuser toute membrane d'enveloppe à ces cellules. L'examen direct ne permet jamais de constater à leur surface une double
mcT. E.Nc. 4° s. II. 57
57S FOIE (anatomie).
lio^ue de contour comme on en observe autour de bon nombre des éléments anatomiques doués d'une membrane d'enveloppe. Si l'on traite ces cellules par l'eau, jamais on ne voit ce liquide, ainsi que cela se passe sur diverses cellules pourvues d'une membrane d'enveloppe, pénétrer au-dessous d'une cuticule enveloppante, l'isoler du protoplasma sous-jacent, et la rendre ainsi plus distincte. On ne voit pas non plus, après l'action de l'eau, les granulations s'animer de mouvement brownien, fait qui, pour M. Robin, serait une preuve de l'existence d'une membrane d'enveloppe. Enfin, si l'on comprime de ces cellules isolées entre la plaque porte-objet et le couvre-objet, on les voit, surtout si elles sont empruntées à un foie frais et non durci, se comporter comme une masse molle, filante, cédant sous la pression, mais ne se rompant pas et ne laissant pas écbapper un contenu par une déchirure faite à une membrane enveloppante. Tous ces faits nous prouvent donc surabondamment que la cellule hépatique est dépourvue de toute enveloppe, et cette opinion est admise par presque tous les observateurs de nos jours. Il est même tellement évident qu'elle fait défaut que les histologistes qui, comme Eberth, croyaient que les canalicules biliaires intra-lobulaires n'étaient autre chose que des espaces vides entre les cellules hépatiques, et qui, en même temps, comprenaient la nécessité d'une membrane d'enveloppe aux cellules hépatiques pour qu'elles pussent limiter de tels espaces lacunaires, ces histologistes, dis-je, n'accordaient à la cellule glycogène qu'une membrane d'enveloppe partielle, ne la recouvrant qu'en des points très-limités, et correspondant aux points de contact d'un capillaire biliaire avec la cellule.
Son protoplasma est mou, semi-liquide, chargé d'un nombre considérable de granulations fines, qui s'accumulent plus spécialement au voisinage du noyau, au point de le rendre parfois complètement invisible (Robin). Ces granulations sont de diverse nature : les unes, par l'action de l'iode, prennent une coloration rouge violacé, rouge vineux, et sont considérées par Cl. Rernard, Robin et Schiff, comme constituées par de la matière glycogène. Elles disparaissent, d'après Frey, dans les cellules du foie d'animaux soumis à la famine.
Cl. Bernard, par un procédé spécial, isole ces cellules et rend plus évidente la matière glycogène de celles qui résistent au réactif qu'il emploie, tandis que celles qui ont été détruites par lui laissent à l'état de liberté les granulations glycogéniques qu'elles contenaient. Il laisse macérer pendant quelque temps un petit fragment de foie dans une solution alcoolique concentrée de potasse caustique : les cellules sont en partie dissociées, en partie détruites ; mais la matière glycogène étant insoluble dans ce réactif, on ti'ouve au fond du verre à expérience une matière blanchâtre qui offre à l'examen microscopique soit la forme primitive des cellules conservée, soit des granulations amorphes. Si alors, sous le microscope, on sature l'excès de potasse par de l'acide acétique cristallisable, qui ne dissout pas non plus la matière glycogène, et qu'on ajoute ensuite à la préparation de la teinture d'iode, on voit la coloration rouge vineux apparaître, même avec plus d'intensité que si l'on opérait sur les cellules fraîches.
Bock et A. Hoffmann contestent à la matière glycogène la forme de granulations : celles que Scliiff et Cl. Bernard considèrent comme étant de nature glycogénique seraient, d'après eux, de toute autre espèce. Ils emploient comme réactif une solution de 1 partie d'iode et de 10 parties d'iodure de potassium dans 500 grammes d'eau, et, sur des foies de lapins que l'analyse chimique montre dépourvus de glycogène, ils disent avoir rencontré dans les cellules les granulations que Schiff et CI. Bernard regardent comme glycogéniques, et
FOJE (anatomie). 579
cependant ces granulations ne se coloraient pas par leur réactif ou ne prenaient qu'une teinte jaune clair. Au contraire, sur des foies contenant de la matière glycogène, leur réactif iode faisait apparaître dans chaque cellule, autour du noyau, un cercle plus ou moins complet, brun foncé, dont la teinte va en diminuant d'intensité du noyau à la périphérie : les granulations restent colorées en jaune clair. Les cellules chargées de glycogène et qui se colorent ainsi se verraient accumulées de préférence dans le voisinage de la veine centrale.
Les cellules hépatiques ne commencent à contenir des granulations de matière glycogène que vers le milieu de la vie intra-utérine. Avant cette époque, chez les mammifères, la matière glycogène qui fait défaut dans le foie se rencontre et dans les plaques amniotiques décrites par Cl. Bernard, et dans les tissus limitants en général (épithéliums cutanés et muqueux), et aussi dans les fibres musculaires de l'embryon, mais seulement à partir de l'époque où il a atteint une longueur de 15 à 20 centimètres (les observations ont porté sur des embryons de vache). Dès que les cellules glycogènes des plaques amniotiques commencent à subir la dégénérescence graisseuse et à se détruire, alors les granulations glycogéniques apparaissent dans celles du foie.
D'autres granulations semblent de nature pigmentaire, de couleur brun ou brun jaunâtre, et sont généralement considérées comme étant de même natui'e que la matière colorante de la bile. En dehors de l'état pathologique, elles sont fort peu nombreuses; les plus volumineuses mesurent à peine 0,002 de diamètre, et, d'après Kolliker, elles se comportent à l'égard des réactifs absolument comme la matière colorante de la bile qui se précipite dans le canal intestinal ; c'est dire que l'acide nitrique ne change rien à leur coloration, et qu'elles résistent à l'action des alcalis caustiques.
Chez les animaux, le protoplasma des cellules hépatiques ne contient que rarement des substances graisseuses ; chez l'homme, il est très-fréquent d'en rencontrer sous forme de gouttelettes, qui se voient surtout au voisinage du noyau et qui se reconnaissent facilement à la manière dont elles réfractent les rayons lumineux qui les traversent, et à la façon dont elles se comportent vis-à-vis des réactifs microchimiques des substances grasses (éther, chloroforme, acide osmique, etc.). Leur nombre est variable à l'état normal, et on n'en rencontre même pas dans toutes les cellules ; mais il devient très-considérable en cas de dégénérescence graisseuse; elles peuvent s'accumuler au point de constituer la majeure partie de la masse de la cellule hépatique. C'est dans des cas analogues que l'analyse chimique du foie a pu donner à Frerichs l'énorme proportion de 78 pour 100 de substances grasses dans la substance hépatique privée de son eau. Ces gouttelettes graisseuses, ainsi que Virchow l'a fait remarquer, commencent d'abord à apparaître dans les cellules situées à la périphérie du lobule et le plus rapprochées par conséquent des ramifications ultimes de la veine poite ; ce n'est que consécutivement que les gouttelettes gi-aisseuses apparaissent dans les cellules plus voisines de la veine intra-lobulaire. Si l'on rapproche de cette observation de Virchow celles dues à d'autres auteurs et qui prouvent que ces gouttelettes existent normalement chez les enfants à la mamelle et aussi chez les animaux nourris encore par leur mère alors qu'elles disparaissent chez eux sitôt la période d'allaitement terminée : si l'on remarque avec Frey qu'on peut artificiellement provoquer la présence de la graisse dans les cellules hépatiques en soumettant les animaux à une alimentation grasse ; que, chez l'homme adulte abondamment nourri on trouve ordi-
580 FOIE (anatomie).
nairement le foie gras, n'est-on pas admis à supposer, en présence de tous ces faits, que les gouttelettes graisseuses ne sont pas, le plus souvent, un produit de l'élaboration des cellules hépatiques, comme l'est leur matière glycogène, mais qu'elles leur sont i'ournies par le sang qui arrive au lobule, et par conséquent leur viennent directement des produits de la digestion. On sait en effet que pendant celle-ci, surtout après un repas copieux et riche en substances grasses, le sérum sanguin est chargé de granulations graisseuses, au point d'en prendre parfois un aspect louche. Or, ce sang de la circulation générale arrive au lobule par les ramifications de la veine porte et de l'artère hépatique, et lui apporte les matières grasses dont il est chargé. Mais c'est surtout la veine porte qui, pendant le travail digestif, se charge de fournir une notable proportion de matières grasses aux cellules hépatiques : les analyses du sang de cette veine y ont révélé la présence de 12 à 18 grammes de substances grasses pour 1000 grammes de sang, tandis que dans le sang de la circulation générale ces matières ne représentent que 2 à 5 grammes pour 1000. Cl. Bernard, de son côté, a constaté que, si l'on ajoute une émulsion graisseuse au sang de la veine porte, elle ne passe que très-difficilement dans les veines sus-hépatiques et se fixe dans le tissu du foie. De Sinéty a vu de son côté qu'en introduisant de l'huile dans l'appareil digestif des lapins, ou simplement en injectant dans la jugulaire une émulsion graisseuse, on faisait apparaître de nombreuses gouttelettes dans les cellules hépatiques voisines de la périphérie des lobules. De ces faits il semble résulter qu'on doit considérer les gouttelettes graisseuses qu'on rencontre dans le foie à l'état normal comme provenant fort probablement non de phénomènes nutritifs s'étant produits dans les cellules, mais bien comme ayant été empruntées par elles directement au liquide sanguin chargé de principes gras. Loin de moi l'idée de nier que les cellules hépatiques ne puissent subir une dégénérescence graisseuse comme tant d'autres ; c'est là un phénomène d'ordre pathologique commun aux cellules en général, et qui provoque dans leur intérieur la présence de granulations et de gouttelettes graisseuses ; mais il me semble difficile de considérer comme im état non pliysiologique la présence de ces gouttelettes qu'on rencontre presque constamment sur les foies humains ou sur ceux d'animaux soumis à une alimentation abondante, riche en substances grasses, comme cela a lieu pendant que les animaux sont à la mamelle. Chez les femelles, depuis le début jusqu'à la fin de la sécrétion lactée, la graisse s'accumule également dans le foie; mais, ainsi que M. Ranvier l'a montré à la Société de biologie en 1872, les gouttelettes et granulations graisseuses ne se montrent alors que dans les cellules situées au centre du lobule et non pas, comme dans les cas cités précédemment, dans les cellules voisines de sa périphérie.
Au centre de la cellule hépatique est un noyau arrondi ou ovoïde, ayant 0'"'",006 à 0'"'",009 de diamètre. 11 est parfois masqué par les granulations du protoplasma qui s'accumulent de préférence autour de lui; mais l'action de l'acide acétique, qui pâlit le corps de la cellule en respectant le noyau, suffit pour le mettre en évidence. 11 devient tout à fait invisible en cas d'accumulation d'un certain nombre de gouttelettes graisseuses dans le protoplasma cellulaire. Sur bon nombre de cellules le noyau est unique ; mais assez souvent on peut constater la présence d'un double noyau. L'existence d'un nucléole à son centre n'est pas constante.
Ajoutons à l'histoire de ces cellules que Leuckart, les examinant isolées et immédiatement après la mort, prétend avoir constaté chez elles l'existence de
FOIE (anatomie). 581
mouvements amiboïdes analogues à ceux des leucocytes, lents, mais fort distincts d'après lui.
Voici, d'après Kolliker, comment ces cellules se comportent vis-à-vis des principaux réactifs : « Quand on les traite par l'acide nitrique, elles se colorent en jaune verdâtre. — Le sucre et l'acide sulfurique les colorent en rouge. — L'eau y de'termine un précipité abondant de granulations foncées qui, pour la plupart, se dissolvent facilement dans l'acide acétique ; de sorte que les cellules pâlissent plus ou moins, souvent très-notablement, ainsi que cela a lieu quand on les traite directement par cet acide. Quand on fait cuire le foie, le tissu durcit, et les cellules paraissent ratatinées et friables. Les alcalis caustiques attaquent rapidement les cellules liépatiques des animaux et les dissolvent. Celles du foie humain résistent un peu mieux ; mais immédiatement elles se gonflent au double de leur volume, deviennent très-pâles, et finissent par disparaître également. L'étlier et l'alcool les rendent plus petites et granuleuses, il en est de même des acides sulfurique et nitrique. »
Les cellules glycogéniques du lobule hépatique constituent la masse au milieu de laquelle cheminent et les capillaires sanguins du lobule et les origines des conduits biliaires. Occupons-nous d'abord de leurs rapports avec les capillaires sanguins. Supposons avec Ilcring de nombreux pieux enfoncés en terre et assez rapprochés les uns des autres pour que l'intervalle qui sépare deux pieux ne soit que de bien peu supérieur à leur diamètre ; supposons ces pieux reliés çà et là à leurs voisins par des branches transversales, et nous aurons une idée de la disposition des capillaires du lobule que les pieux représentent, et des anastomoses transversales de ces capillaires que simulent les branches transversales unissant les pieux à leurs voisins : qu'on suppose une masse quelconque jetée, interposée entre ces pieux, et cette masse représentera la disposition de la masse des cellules glycogènes du lobule, qui ne font que remplir les espaces laissés vides entre les capillaires. Il résulte de ce qui précède que l'ensemble de ces cellules ne peut être considéré comme formant des masses cylindriques qui constitueraient un véritable réseau tissé à travers le réseau des capillaires du lobule, ainsi que Wcber, Eberth et d'autres l'ont admis, mais qu'on ne peut et ne doit considérer l'ensemble de ces cellules que comme une masse homogène traversée par des capillaires qui s'anastomosent.
Les résultats des recherches de Ilcring, contlrmées par celles de Kolliker, nous rendent exactement compte du nombre de cellules qu'on rencontre dans chacune des mailles qui existent entre les capillaires. Rappelions-nous que ceuxci ont une direction radiée, que grâce aux collatérales qu'ils émettent et qui affectent également une direction radiée, ils ne sont pas plus éloignés les uns des autres à la périphérie du lobule qu'au centre ; rappelons-nous encore qu'ils sont unis à leurs voisins par des anastomoses transversales; que l'intervalle qui sépare deux capillaires radiés est sensiblement égal au diamètre d'une cellule hépatique, et nous pourrons alors interpréter les figures obtenues sur des coupes perpendiculaires à la veine intra-lobulaire et sur des coupes parallèles à celle-ci. Sur les coupes transversales on voit des cellules disposées en séries simples et longitudinales, à une seule de front, et limitées de chaque côté par un capillaire radié. Chacune de ces rangées de cellules ne compte dans son grand diamètre que trois ou quatre cellules placées bout à bout, tandis que, transversalement, on ne voit qu'une cellule d'épaisseur. Chaque rangée se trouve interrompue et séparée de celle qui lui fait suite par une branche trans-
582 OIE ( a:jatowie").
versaie d'anastomose entre les capillaires radiés. Sur une coupe parallèle à la veine centrale du lobule, on voit que l'épaisseur de chacune de ces rangées de cellules n'est égale qu'à celle d'une seule cellule hépatique. En effet, quand la coupe n'a pas porté sur la veine centrale elle-même, les capillaii'es radiés se montrent coupés les uns perpendiculairement, les autres obliquement à leur axe, sous forme d'espaces vides, arrondis ou obliques, nombreux et rapprochés les uns des autres. Toute la surface de la préparation qui n'est pas occupée par ces surfaces de section est remplie par des cellules hépatiques; mais comme chaque capillaire n'est pas assez distant d'aucun de ses voisins pour que deux cellules d'épaisseur puissent trouver place entre eux, il résulte qu'entre deux capillaires on ne constate jamais qu'une seule cellule d'épaisseur, et il résulte aussi qu'une cellule hépatique est le plus souvent en rapport avec deux, trois et même quatre capillaires avec chacun desquels elle entre en contact par l'une de ses faces ou de ses arêtes, d'après Hering. Chaque cellule hépatique n'entoure qu'une partie du contour d'un capillaire sanguin, et c'est pourquoi chacun de ceux-ci, lorsqu'il est de petit calibre, se montre entouré par trois à cinq cellules sur une coupe perpendiculaire à son axe, la plupart de celles-ci servant aussi, par une ou deux de leurs autres facettes, à limiter une partie du contour de capillaires voisins. Si le vaisseau est plus volumineux, comme le sont les capillaires voisins de la veine centrale, il peut être limité par cinq à neuf cellules.
Il ne nous suffit pas de connaître la situation des cellules hépatiques par rapport aux vaisseaux sanguins ; il nous faut étudier maintenant leurs rapports avec les canalicules biliaires et en même temps la disposition et la structure de ceux-ci.
L'existence de ces derniers a été longtemps méconnue ; on connaissait les canaux biliaires qui entourent les lobules, et l'on ignorait leur origine intra-lobulaire. M. Robin d'un côté, MM. Morel et Kuss de l'autre, constatèrent que des petits rameaux périlobulaires naissent des cœcums qui pénètrent peu profondément dans les lobules et s'y terminent en cul-de-sac. Ils sont revêtus à l'intérieur d'une couche unique de petites cellules mesurant 0"='",01 de diamètre, ayant une forme polyédrique régulière et un contenu finement granulé, ordinairement privé de graisse. Les observations de MM. Morel et Kuss avaient porté sur deux foies, l'un cirrhotique, l'autre syphilitique; elles prouvaient que la partie biliaire du foie est tout à fait distincte de sa partie glycogénique.
Mais, d'autre part, des injections heureuses des voies biliaires avaient indiqué pour celles-ci des origines bien différentes, et se faisant sous forme de canalicules extrêmement fins qui prennent naissance entre les cellules glycogènes elles-mêmes, cheminent entre elles pour venir se jeter dans les canaux biliaires interlobulaires. Natalis Guillot, LerebouUet, en France, Henle, Gerlach, en Allemagne, furent des premiers à obtenir ces résultats de leurs injections. Ce mode d'origine des voies biliaires au centre même du lobule est admis aujourd'hui par la plupart des anatomistes; exposons-le donc dès maintenant.
Les canalicules biliaires ont une forme régulièrement cylindrique et un diamètre moyen de 0°'°^, 0012 à 0'"™,00I5 : on n'observe aucun renflement au point où deux canalicules s'abouchent. Ils prennent origine entre les cellules hépatiques, probablement sous forme de caecums, de culs-de-sac terminaux, car on voit même sur les pièces dont l'injection a le mieux réussi des canalicules biliaires se terminer sous forme de culs-de-sac entre deux cellules hépatiques. Ils
FOIE (anatomie). 583
cheminent entre elles et présentent avec elles, d'après les rechei'ches récentes de Hering et de KoUiker, les rapports suivants : ils ne sont habituellement limités que par deux cellules hépatiques voisines, et répondent à l'adossement des deux facettes latérales par lesquelles ces cellules se correspondent. Jamais d'après Hering, i-arement d'après Kôlliker, le canalicule biliaire longerait les arêtes des cellules ; ce dernier observateur admet exceptionnellement une telle situation parce qu'il a vu sur certaines coupes un capillaire biliaire, sectionné perpendiculairement à son axe, en rapport avec trois cellules hépatiques, et qu'un tel résultat n'est possible qu'à la condition que ce capillaire soit en rapport avec les arêtes de celles-ci.
Les canalicules biliaires n'ont donc de rapports -qu'avec les facettes des cellules qui ne touchent pas les capillaires sanguins : aussi ne les voit-on jamais, dans leur trajet, s'accoler à ces derniej's (Andréjevié et Brùcke, contrairement à Mac-Gillavry). Andréjevié, cependant, les faisait cheminer le long des arêtes des cellules. Leur direction générale est radiée, c'est-à-dire allant du centre à la périphérie du lobule, mais ils présentent entre eux des anastomoses transversales; de là des mailles dans ce l'éseau des capillaires biliaires, mailles dont la dimension est égale à celle de la cellule hépatique qui remplit chacune d'elles. En effet, chaque cellule est encadrée au moins par une de ces mailles des capillaires biliaires; Hering, vu les anastomoses des capillaires biliaires situés sur un plan horizontal quelconque avec ceux qui sont sur un plan supérieur et inférieur, admet même que chaque cellule glycogène est entourée de deux cercles capillaires biliaires, perpendiculaires l'un à l'auti'e. Les cellules hépatiques ayant une forme un peu allongée , on conçoit que les capillaires à direction radiée correspondent à l'une des facettes latérales de ces cellules, et que les anastomoses transversales s'appliquent sur leurs facettes terminales. Les canalicules biliaires viennent aboutir, à la périphérie du lobule, aux conduits biliaires interlobulaires, dans lesquels ils se jettent perpendiculairement à leur direction, en pénétrant entre les cellules de l'épithélium pavimenteux qui tapisse la face interne de ces derniers ; d'autres fois, d'après Hering, ces cellules ont déjà pris, sur la face du conduit biliaire qui est tournée vers le lobule, les caractères des cellules glycogéniques, tandis que l'autre face est tapissée des cellules épithéliales propres à ces conduits.
Telle est la disposition que les travaux récents de Hering, confirmés, pour les choses essentielles, par ceux de Kôlliker, assignent aux canalicules biliaires. Les auteurs qui les ont précédés étaient arrivés à des résultats semblables sur certains points, contradictoires sur d'autres; mais j'ai cru devoir passer sous silence bon nombre de travaux antérieurs à ceux de ces deux auteurs, de peur d'obscurcir par une multiplicité de citations et d'opinions contradictoires reconnues fausses aujourd'hui la description toujours difficile à faire et pénible à comprendre de la situation respective des éléments constitutifs du lobule hépatique.
Eberth, cependant, s'était fait de la disposition des cellules hépatiques autour des canalicules biliaires une idée. toute particulière. Il comparaît la structure du foie de l'homme et des vertébrés supérieurs à celle du même organe envisagé chez les amphibiens, les poissons et les reptiles. Chez ces espèces animales, l'ensemble des cellules hépatiques représente un arrangement qui rappelle celui de l'épithélium des glandes en tube. Leur ensemble constitue de véritables cylindres qui viennent s'enchevêtrer dans les mailles des capillaires sanguins
581 FOIE (anatomie).
du lobule ; chacun de ces cylindres contient à son centre un canal excréteur qui constitue le canalicule biliaire; celui-ci représente donc le canal central d'une glande en tube et les cellules hépatiques l'épithélium qui l'entoure dans une telle glande : aussi un canalicule biliaire, chez les vertébrés inférieurs, au lieu de se montrer, sur une coupe perpendiculaire à son axe, comme limité seulement par deux facettes de cellules voisines accolées l'une à l'autre et le aissant passer entre elles vers leur partie moyenne, l'est-il par cinq à sept cellules disposées tout autour de lui. La seule différence qui existe, chez ces animaux, entre les canalicules biliaires et les autres glandes en tube, c'est que, chez ces dernières, le revêtement épitliélial est peu épais relativement aux dimensions du canal central, tandis que, dans les capillaires biliaires, le canal excréteur est réduit à des dimensions minimes par la prépondérance de celles de l'cpitliélium qui le limite. Ce que nous avons dit plus haut nous dispense de réfuter l'opinion d'Eberth qui voudrait assimiler la structure du foie des vertébrés sapérieurs à celle qu'on observe chez les vertébrés inférieurs.
Il est impossible de méconnaître l'analogie qui existe entre la disposition des canalicules biliaires autour des cellules hépatiques et celle des canalicules analogues décrits dans certaines glandes en grappe (pancréas, glandes salivaires, glandes de Brunner) autour des cellules préposées à la sécrétion par Langerhans, Saviotti, Boll et Schwalbe. A première vue, une telle analogie semble infirmer totalement la théorie de la dualité fonctionnelle du foie, fondée sur les expériences physiologiques de Claude Bernard et sur les observations microscopiques de MM. Ch. Bobin, Morel et Kuss; nous aurons à discuter cette question dans la partie physiologique de cet article, en prenant en considération la découverte faite par Legros de l'épithélium propre aux capillaires biliaires.
Les moyens employés pour mettre en évidence les canalicules biliaires consistent en une injection colorée du canal hépatique par une solution de bleu de Prusse, par exemple, sous une pression constante de 20 à 30 millimètres de mercure (Mac Gillavry). Il faut avoir la précaution de tuer l'animal par hémorrhagie, et d'ouvrir la veine cave inférieure de façon à laisser un libre écoulement à tout le sang que contient le foie. Chrzonzczewski injecte dans le sang de l'animal vivant et à plusieurs reprises du carmin d'indigo, et le sacrifie après quelques instants, de façon à trouver les canaux hépatiques remplis de matière colorante. Je dois à la vérité de dire que presque toutes les recherches relatives aux canalicules biliaires ont porté sur le foie du lapin, qui se prête parfaitement à ce genre d'injections. Celles qu'on a tentées sur les foies humains n'ont pas réussi jusqu'à présent, probablement à cause de l'impossibilité de s'en procurer immédiatement api^ès la mort. Hering dit cependant que, si le foie de l'homme n'a pu encore être bien injecté, on est arrivé cependant à constater à de très-forts grossissements l'existence de ses canalicules biliaires, et leur ai'rangement presque identique à celui qu'on a trouvé dans le foie d'autres mammifères. La différence la plus importante que signale Hering consiste en ce que, dans le foie de l'homme, les canalicules biliaires longent parfois les arêtes des cellules hépatiques, au lieu de ne se mettre en contact qu'avec les facettes qui les limitent.
La structure de ces canalicules a donné lieu aux interprétations les plus diverses, jusqu'au moment où M. Robin a publié les résultats obtenus par Legros. Etant donné la disposition des canalicules biliaires admise aujourd'hui et exposée précédemment, si nous laissons de côté diverses théories abandonnées,
FOIE (anatomie). ^85
(elles que celles de Weber, etc. (voy. Dict. encijclop., Voies biliaires, t. IX, p. 296), nous voyons que les diverses théories émises sur la structure des pavois des canalicules biliaires peuvent, malgré quelques variantes, se réduire à trois : ou ils n'ont pas de paroi propre, ou celle-ci existe, mais est constituée par une membrane amorphe, ou enfin elle est formée pas des cellules épithéliales analogues à celles qui limitent les capillaires sanguins.
Pour certains observateurs, les canalicules ne sont que des espaces vides entre les cellules glycogèncs; ils ne sont limités que par la portion de la périphérie de ces cellules qui leur correspond, et n'ont aucune enveloppe spéciale ; c'est là l'opinion qu'émit Natalis Guillot, qu'adoptèrent de nombreux histologistes et que professe encore aujourd'hui Hering. D'autres les considèrent comme possédant une paroi extrêmement mince et amorphe qui aurait la forme d'un tube de substance amorphe, indépendant des cellules voisines (Frey, Chrzonzczewski, Irminger, Andréjevié, Mac-Gillavry). Budge considérait même ce tube amorphe {membrana propria) comme possédant des noyaux. Pour Eberth et KoUiker, le canalicule n'est pas limité par une membrane propre qui lui soit spéciale, et qui puisse être comparée à un tube de substance amorphe ; ils supposent que la portion seulement de la surface des cellules hépatiques qui limite les canalicules voisins possède, au niveau de ces canalicules seulement, un rudiment de membrane d'enveloppe qui sert à les limiter. Eu 1874, M. Robin publia dans son Journal de Vanalomie les recherches de Legros relatives à la structure des canalicules biliaires. Après avoir fait passer pendant quelques instants dans les voies sanguines du foie de lapin un courant d'eau, il en injecta le canal hépatique avec une solution de gélatine contenant ■— de nitrate d'argent ; l'injection est faite sous une pression faible, mais soutenue pendant une ou deux heures. Les préparations faites sur un foie ainsi injecté montrèrent les contours colorés en noir de cellules épithéliales qui constituent les parois des canalicules biliaires; elles sont assez larges, plates, et disposées autour des capillaires biliaires comme le sont, autour des capillaires sanguins, les cellules plates qui en forment leur paroi. Récemment G. Asp a constaté aussi leur existence et leur disposition, telle qu'elle a été décrite par Legros (G. Asp, Travaux du laboratoire de Leipzig, 1875).
Il nous reste encore à décrire dans le lobule hépatique le tissu conjonctif qu'on y l'cncontre. Il n'y . existe qu'en proportion très-laible, et se continue, vers la périphérie, avec celui qui entoure les vaisseaux inlerlobulaires. Pour l'étudier, il convient de pratiquer des coupes très-minces sur des fragments de foie durcis dans l'acide chromique : l'action de ce réactif durcissant possède, entre autres avantages, celui de diminuer l'adhérence des cellules hépatiques entre elles, d'oiî la possibilité, soit en agitant la coupe dans de l'eau, soit en la traitant légèrement par le pinceau, d'obtenir certains segments de lobules privés de leurs cellules hépatiques, et où les capillaires et le tissu conjonctif intralobulaire se voient facilement. Sur des préparations ainsi faites, voici ce qu'on observe : des trabécules très-minces d'un tissu où l'on distinsuc des fibres lamineuses peu nombreuses s'étendent le long des capillaires sanguins intralobulaires et leur forment une sorte de gaîne, surtout dans leur partie qui est le plus rapprochée de la périphérie du lobule. De ces travées périvasculaires partent des prolongements très-délicats, traversant çà et là les mailles laissées vides entre les vaisseaux, et alLant aboutir à un capillaire voisin. On observe en outre quelques noyaux, les uns rapprochés des capillaires, d'autres plus rares,
586 FOIE (anatomie).
situés sur les prolongements fins qu'on voit aller d'un capillaire à l'autre. Tel est l'aspect qu'oflre ce tissu ; voyons les diverses interprétations auxquelles il a donné lieu.
Pour M. Robin, il n'est pas autre chose que du tissu lammeux, et les trabécules qui s'étendent dans les mailles des capillaires sont formées de fibres conjonctives, tandis que Kôlliker reste incertain sur leur nature et tend à les considérer comme des capillaires ou en voie de formation, ou en voie de régression, ou bien encore comme les prolongements de cellules étoilées du tissu conjonctif. Quant aux noyaux qu'on observe, ils sont regardés par Kôlliker, E. Wagner, Engel-Reimers, Fôrster, comme les noyaux de corpuscules du tissu conjonctif, tandis que Hiss, Uenle et Hering nient la présence de ces cellules ; ce dernier observateur se demande même si on n'aurait pas pris pour des éléments cellulaires du tissu conjonctif ces cellules glycogènes fusiformes, irrégulières, sur l'existence desquelles nous avons précédemment attiré l'attention.
Vaisseaux et nerfs du foie. Le trajet et les rapports des vaisseaux et des nerfs en dehors du foie, ainsi que leur provenance, ont été étudiés avec l'anatomie descriptive de cet organe ; nous ne les envisagerons donc plus qu'au point de vue de leur distribution dans le foie lui-même.
Les veines sus-hépatiques affectent une direction essentiellement transversale. Elles ne sont accompagnées ni des voies biliaires, ni de nerfs, ni de ramifications artérielles. Dépourvues de valvules à leur face interne, elles ne sont, à leur face externe, entourées d'aucune gaine de tissu conjonctif, et adhèrent immédiatement au tissu propre du foie ou, pour mieux préciser, à la base des lobules dont la veine efférente vient aboutir à elles : c'est pourquoi, après une section du foie, ces veines restent béantes. Lorsqu'on les ouvre suivant leur longueur, on les voit, surtout lorsqu'elles sont de moyen ou de petit calibre, criblées de petits orifices dont les plus gros répondent à l'abouchement de branches veineuses moins considérables, et dont les plus fins représentent autant de points où viennent déboucher les veines centrales des lobules qui entourent la branche veineuse qu'on a ouverte. Ces veines ne communiquent, chez l'homme, avec la veine porte et l'artère hépatique que par l'intermédiaire des capillaires des lobules ; mais Claude Bernard a vu, chez les animaux, des voies de communication bien plus larges exister entre les branches de la veine porte et les veines sus-hépatiques ou la veine cave inférieure sous forme de canaux de dérivation analogues à ceux que M. Sucquet avait dit exister en divers points de l'organisme, entre les ramifications artérielles et les ramifications veineuses. Chez le cheval, on voit très-bien ces veinules aller se jeter directement dans la veine cave inférieure : elles se ramifient svu" sa face extérieure et offrent au premier abord l'aspect d'un abondant réseau de vasa vasoruni; mais on peut constater que beaucoup de ces rameaux, au lieu de se subdiviser en capillaires, s'enfoncent brusquement à travers les parois de la veine cave pour s'ouvrir dans sa cavité. D'après M. Sappey, les grosses branches des veines sus-hépatiques sont remarquables par le développement de leur tunique musculaire, surtout chez les animaux : chez le bœuf et le cheval notamment, elle offre à elle seule une épaisseur de o à 4 millimètres.
La veine porte constitue avec la veine ombilicale le système veineux afférent du foie. Cette dernière a été décrite à propos de la configuration et des rapports de la face inférieure du foie ; et, de plus, comme elle s'oblitère après la naissance, je n'ai pas à m'en occuper ici. Je ferai seulement remarquer que si, chez
FOIE (anatomie). 587
le fœtus, le lobe gauche du foie possède, relativement au lobe droit, un développement plus considérable que chez l'adulte, ce fait a été attribué à ce que, l'une des branches de bifurcation de la veine ombilicale venant se jeter dans la branche gauche de la veine porte, tout le sang qui arrive à la partie latérale gauche du foie contient une notable proportion du sang qui s'est artérialisé dans le placenta. Les branches droite et gauche de la veine porte se ramifient dans le foie, accompagnées de l'artère hépatique, des conduits biliaires, et entourées de la gaine de tissu conjonctif lâche dite capsule de Glisson : c'est pour cela qu'on voit ces veines s'affaisser après qu'on les a sectionnées. Ses branches restent indépendantes les unes des autres, et ne s'anastomosent pas entre elles. Leurs ramifications ultimes se voient à la périphérie des lobules; on en compte de cinq à sept autour de chacun d'eux, mesurant de 0'"'",018 à 0""",036, et c'est d'elles que partent les capillaires qui vont converger vers la veine intralobulaire. Il est à remarquer que chacune de ces veines inter-lobulaires ne fournit pas seulement des capillaires au lobule qu'on voit entouré par elles, mais aussi à chacun des lobules voisins aux arêtes desquels elle correspond. Ces veines elles-mêmes ne s'anastomosent pas ensemble, alors même qu'elles semblent marcher à la rencontre l'une de l'autre , mais elles se résolvent en capillaires.
Les deux branches de bifurcation de Vartère hépatique s'accolent, par toutes leurs subdivisions successives, à celles de la veine porte et des conduits biliaires, et leur sont unies par la capsule de Glisson. Les capillaires qu'elles fournissent sont destinés en petit nombre au tissu lamineux qui les avoisine, en petit nombre aussi aux tuniques des branches de la veine porte, dont ils constituent les vasa vasoimm ; mais ils se répandent en très-grande abondance dans les conduits biliaires et dans les glandules qui leur sont annexées ; c'est pour cela que M. Sappey, injectant l'artère hépatique avec une solution de gomme colorée au bleu de Prusse, a vu ces conduits prendre une coloration aussi foncée que le tronc artériel, tandis que les branches de la veine porte prenaient une teinte beaucoup moins accusée. Outre ces branches de terminaison de l'artère hépatique dans les parois de la veine porte, des conduits biliaires et dans la capsule de Glisson, il en est d'autres destinées à l'enveloppe fibreuse du foie et aux lobules hépatiques eux-mêmes. Les rameaux qui arrivent à la périphérie du foie se résolvent dans le tissu conjonctif de son enveloppe fibreuse en capillaires trèsespaces, souvent disposés en forme d'étoiles, s'anastomosant, d'après Hering, en certains points, avec de fines branches des artères mammaire et diaphragmatique ; bon nombre d'entre eux vont se terminer aux lobules les plus superficiels. Quant aux branches terminales de l'artère hépatique qui aboutissent directement aux lobules, elles arrivent à leur périphérie conjointement avec les branches périlobulaires de la veine porte, mais ayant un calibre bien inférieur au leur ; elles ne s'anastomosent pas entre elles et se jettent dans les capillaires qui convergent vers la veine centrale.
De tout ce qui précède il résulte que, une fois Ja veine ombilicale oblitérée, le sang arrive au foie par deux voies : celle de la veine porte et celle de l'artère hépatique. Mais il est encore d'autres sources qui, bien que peu abondantes, contribuent à l'irrigation sanguine de cet organe, et, de plus, nous avons à indiquer comment le sang que l'artère hépatique fournit aux capillaires de la veine porte, des voies biliaires, de la capsule de Glisson, sort de ces organes pour aboutir aux lobules. C'est cet ensemble de nouveaux vaisseaux afférents que l'on connaît