CAUSE EST INTÉRIEURE ET PAR CONSÉQUENT INDÉTERMINÉE
Premier ordre. 31aladies aiguës, généralisées, survenant après une fatigue, une impression morale vive, une irritation réflexe, et en général provoquées par toutes les causes banales qui peuvent exciter le système nerveux central. En l'absence de toute lésion appréciable, ces maladies ne sont caractérisées que par leur évolution fébrile.
1" Fièvre éphémère, qui n'offre à l'observation qu'un mouvement fébrile passager, sans lésions autres que des congestions multiples, diffuses et sans valeur spécifique, sans aucun symptôme différent de ceux qui caractérisent la fièvre considérée en général.
2° Fièvre synoque ou éphémère prolongée, succédant à l'influence de causes banales, le plus souvent impossibles à préciser, caractérisée par son évolution fébrile et parfois par quelques déterminations locales peu prononcées, vagues, insuffisantes pour servir à la caractériser (érythèmes multiples), ou par des symptômes (cérébraux, pulmonaires, gastriques, bilieux) qui ne pourraient qu'indiquer le point de départ de l'irritation réflexe qui a provoqué le mouvement fébrile.
Deuxième ordre. Maladies fébriles primitivement généralisées, mais liées bien que non subordonnées à l'existence d'un processus organique ou d'un travail fonctionnel qui, sans être nécessairement phlegmasique, active les com-
bastions et exagère les propriétés de nutrition et par conséquent les échanges intra-organiques. — Maladies sans lésion locale appréciable, ou avec des lésions multiples, ou enfin précédant l'explosion d'un travail inflammatoire.
1° Fièvres de croissance, fièvres liées à la dentition, à la menstruation, à la lactation, etc.
2° Fièvres rhumatismales, fièvres tuberculeuses (tuberculose miliaire aiguë), f.èvres herpétiques, fièvres syphilitiques, etc.
5" Pneumonie, ou fièvre à évolution cyclique, liée mais non subordonnée à un travail inflammatoire localisé.
Des transitions insensibles peuvent être établies entre ce groupe de fièvres et les types fébriles évidemment consécutifs à un travail phlegmasique primitivement localisé.
Deuxième groupe. Maladies fébriles pouvant être direcïemekt rattachées
A UNE cause OCCASIOINNELLE DÉTERMINÉE.
Troisième ordre. Maladies fébriles déterminées par un miasme d'origine évidemment tellurique, non épidémiques, non transmissibles, ni contagieuses, sans lésions caractéristiques, à type fébrile variable, le plus souvent intermittent, et guérissant par le quinquina.
1° Fièvres intermittentes simples et pernicieuses; fièvres rémittentes et pseudo- continues d'origine tellurique, comprenant la rémittente bilieuse hématurique des pays chauds [Voy. Inteumitteinte (fièvre)].
2" Suette miliaire, maladie qui naît sous l'influence d'un miasme tellurique, présentant sans doute les plus grandes analogies avec le miasme paludéen, qui sévit en même temps que les fièvres intermittentes ou qui alterne avec elles, qui ne se reproduit pas dans l'organisme et qui, par conséquent, n'est ni transmissibleni épidémique, enfin dont les caractères spécifiques sont un type fébrile rémittent, irrégulier, et une éruption spéciale.
Quatrième ordre. Maladies fébriles d'origine infectieuse, probablement tellurique, à déterminations morbides diffuses, à type irrégulièrement rémittent. — Maladies infccto-contagieuses et épidémiques.
1" Grippe, « qui dépend avant tout de l'influence tellurique et reconnaît pour cause quelque perturbation dans les agents physiques qui modifient la surface de notre planète » ; (Graves) qui ne présente comme lésions anatomiques que des hyperémics diffuses, déterminations secondaires de la maladie générale; dont les symptômes fébriles sont inconstants et sans évolution cyclique déterminée ; dont les symptômes nerveux adynamiques et le développement épidémique sont sui'tout caractéristiques. ,
2° Dengne (fièvre épidémique de Calcutta, fièvre éruptive de l'Inde, fièvre articulaire des pays chauds, etc.), maladie générale et fébrile, éminemment contagieuse, préscnlant d'assez grandes analogies avec la grippe, due à un miasme d'origine tellurique, et dont le cycle fébrile est rémittent. Cette maladie, par sa contagiosité et sa tendance aux éruptions exanthémateuses, est intermédiaire entre les fièvres d'origine tellurique et les fièvres éruptives.
3° Fièvre jaune, due à un miasme végéto-animal dont l'origine primitive est probablement tellurique, qui se transmet par l'homme malade ou les objets contaminés— maladie dont les lésions anatomiques sont diffuses et consistent dans une stéatose de tous les viscères avec lésion des petits vaisseaux et hémorrhagies multiples; dont les manifestations fébriles comprennent une fièvre d'invasion suraiguë, à laquelle succède une rémission de courte durée, puis un type fébrile
rémittent irrégulier durant lequel surviennent des localisations secondaires et principalement l'ictère, les hémorrliagies, les éruptions diverses, etc.
Ces maladies intermédiaires entre les fièvres intermittentes, les fièvres typhiques et les fièvres éruptives, ne peuvent être rigoureusement rattachées à aucun de ces trois groupes de maladies.
Cinquième ordre. Maladies fébriles infectieuses dues à un miasme d'origine humaine ; maladies endémo-épidémiques capables de se développer spontanément et pouvant, d'autre part, se transmettre par contagion ; caractérisées par des lésions primitives du sang, des déterminations locales spléniques et lymphoïdes, et par une évolution fébrile à cycle déterminé, souvent suivie d'une période d'infection secondaire :
1" Les fièvres typfiiques proprement dites, comprenant :
La fièvre typhoïde;
Le typhus exanthématiqne ;
Le typhus récurrent simple ou bilieux {voy. ces mots).
2" La peste, qui naît, comme le typhus, dans les conditions d'encombrement et de famine, par suite d'émanations animales concentrées, mais qui est localisée dans certaines régions et qui paraît, dans certains cas, primitivement locale, se rapprochant ainsi des maladies charbonneuses, de la pustule maligne, de la morve, etc.
Sixième ordre. Maladies fébriles dont l'origine première est inconnue, mais qui paraissent dues à un virus transmissible soit par contages diffusibles, soit par inoculation ; maladies endémo-épidémiques éminemment contagieuses, caractérisées par les déterminations morbides qui se font du côté de la peau et par un cj'cle fébrile toujours spécifique.
1" Fièvres éruptives, comprenant : la variole, la varicelle, la vaccine, la rougeole, la scarlatine {voy. ces mots), et peut-être : les oreillons et la bronchite capillaire épidémique.
2° Érysipèle de la face. Maladie fébrile tantôt primitive, tantôt consécutive à des lésions primitivement localisées, toujours caractérisée par une fièvre précédant l'éruption, à évolution cyclique préfixe, et s'accompagnant quelquefois d'états généraux graves qui rapprochent cette maladie des fièvres d'origine infectieuse.
Septième ordre. Maladies fébriles dont l'évolution est subordonnée à l'introduction dans l'organisme d'une substance septique, née sous l'influence d'un traumatisme, ou pénétrant par un orifice d'inoculation, première lésion locale, qui précède la généralisation de la maladie.
1" Fièvres puerpérales. Toujours consécutives à nne lésion primitive, mais présentant des caractères spéciaux dus à l'infection secondaire de l'organisme.
2° Fièvres symptomatiques de la pustule maligne, de la morve, de la pyohémie, etc.
Cette classification des fièvres par séries est certainement artificielle. Mais il nous paraît impossible de séparer rigoureusement les uns des autres les divers ordres que nous avons ainsi établis. Il ne faut jamais oublier, en effet, que la maladie, l'espèce morbide, n'est pas une individualité réelle, un être concret, que l'on peut, déterminer et classer comme une espèce animale ou végétale. La maladie n'est qu'un état particulier d'un organisme vivant, qui évolue d'une manière anormale ; et, comme l'ensemble des actes physiologiques, elle dépend à la fois de l'organisation vivante, d'une part, et d'autre part, des causes exté-
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rieures ou occasionnelles qui l'impressionnent. Les fièvres, en particulier, c'est-à-dire les maladies caractérisées par l'état fébrile et non par des lésions anatomiques toujours variables et secondaires, succèdent tantôt à l'influence exercée sur l'organisme par des agents spécifiques qui déterminent toujours une maladie à peu près invariable dans son évolution, tantôt à des influences causales si complexes et si difficiles à interpréter, que l'on est bien souvent obligé de rattacher le processus fébrile à une cause prochaine qui réside dans l'organisme et qui l'engendre et l'entretient. Il en est dès lors de ces fièvres comme de ces manifestations morbides variées dans leur forme et dans leur siège, qui caractérisent pour nous les différentes phases des maladies diathésiques. La fièvre, dans ces cas, mérite de conserver son nom aussi bien que l'arthrite, que l'adénite, l'ostéite ou l'érythème cutané, qui peuvent se montrer avant, pendant ou après qu'elle se sera déclarée, et qui cependant ne sauraient être considérés comme seuls capables de lui donner naissance. Mais, dans ces circonstances, la fièvre n'est plus qu'un symptôme, et, par conséquent, le groupe que nous avons placé en tête de notre classification conduit peu à peu au groupe des fièvres symptomatiques d'une lésion locale.
Quant au deuxième groupe, celui que nous avons établi en cherchant à rattacher les maladies fébriles qu'il comprend à la cause occasionnelle qui semble les déterminer, il réunit, en effet, un assez grand nombre d'espèces pathologiques bien spécifiées, et que rapprochent un certain nombre de caractères symptomatiques, anatomiques et étiologiques communs. Mais, par cela même que ces maladies ont pu être classées d'après leur cause occasionnelle et non exclusivement d'après leur type fébrile, elles ne méritent plus de conserver le nom de fièvres, et il est probable que, dans un avenir plus ou moins prochain, on les distinguera toutes par des noms spéciaux, n'exprimant plus seulement un des symptômes de la maladie, mais servant à désigner une entité pathogénique, une espèce bien déterminée. Dès lors ces maladies, dont la pathogénie sera bien connue, devront être classées parmi les maladies infectieuses ou les maladies virulentes, et la fièvre, considérée exclusivement comme un symptôme commun à un grand nombre de maladies, ne pourra plus servir à les spécifier.