FLANDRIN. 5C
chauffée au rouge arrête lu flamme de l'hydrogène bicarboné, mais non celle de l'hydrogène.
C'est sur ce pouvoir refroidissant des toiles métalliques qu'est fondée la belle invention de Davy, nous voulons parler de celle de la lampe de sûreté, qui permet de pénétrer sans danger dans les galeries de mines envahies par le grisou, c'est-à-dire par l'hydrogène protocarboné ou gaz de marais qui se dégage des fissures de la houille. Ce gaz produit avec l'air un mélange détonant d'une terrible énergie ; tout le monde connaît les effets désastreux qu'entraînent les accidents dus à cette cause. Or la toile métallique arrête la propagation de l'inflammation d'un mélange détonant, aussi bien qu'elle arrête une flamme ordinaire- Si dans un mélange détonant artificiel, par exemple, un mélange de vapeurs d'étheret d'air atmosphérique, on plonge une lampe de Davy, le mélange détonant pénétrera dans la lampe et y fera explosion, mais l'explosion se bornera à l'intérieur de la lampe sans se propager dans le mélange ambiant. ' La lampe de Davy est une lampe à huile entourée de toutes parts d'une toile ■"métallique et dont la mèche plate peut être maniée de l'extérieur à l'aide d'un fil de fer recourbé, permettant d'élever la mèche sans ouvrir la lampe. Celle-ci est fermée avec une clef et la cheminée de toile métallique est assujettie de telle sorte que le mineur ne peut ouvrir la lampe. La lampe telle que l'avait imao-inée Davy a l'inconvénient d'être très-peu lumineuse. On a remédié à cet inconvénient en entourant la flamme d'un cylindre de verre, qui n'intercepte que peu de lumière; la toile métallique termine ce cylindre de verre et isole le foyer de la combustion de l'air extérieur.
La présence du grisou dans une mine est annoncée par l'aspect de la flamme de la lampe de sûreté; cette flamme augmente de volume. Quand le orisou forme le douzième du volume de l'air des galeries, l'intérieur de la lampe se remplit d'une flamme bleuâtre faible, à travers laquelle on distin-^ue la flamme de la mèche. Pour une plus forte proportion, les gaz en combustion dans la" lampe prennent plus d'éclat et la lumière de la mèche disparaît ; enfin, si la proportion de grisou atteint une certaine limite, la flamme de la lampe s'éteint complètement. Pour que le mineur ne soit pas dans l'obscurité, si ce fait se produit, on suspend dans la lampe des spirales de fil de platine de 0"'",3 d'épaisseur ; ces spirales restent alors incandescentes et répandent assez de lumière pour que le mineur ait le temps de quitter la galerie envahie. Lorsqu'il rentre dans une autre galerie où l'air est plus abondant, le platine incandescent met le feu au gaz qui pénètre dans la lampe et la mèche elle-même peut se rallumer.
Les principaux efforts faits par les inventeurs pour perfectionner la lampe de sûreté ont porté sur les moyens de la rendre plus éclairante, en même temps que de rendre impossible son ouverture par l'ouvrier mineui-, l'imprudence de ce dernier n'étant que trop souvent la cause des funestes accidents causés par le grisou, accidents dont il est forcément la première victime. E. W.
FLAMnilLA. Nom donné à un certain nombre de plantes acres et caustiques ; elles appartiennent surtout au groupe des Renonculacées : Ranunculus F lammula ou? etite Douve, et C/emaiisF/ammM/a. Le nom officinal de Flammula Jovis se rapporte à une plante du même groupe, le Clematis recta L. Pl.
FLiilVDRIlV (Pierre), célèbre médecin vétérinaire et anatomiste, naquit à Lyon le 12 septembre 1752. Neveu de Chabert, il fit ses études sous les aus- DICT. ENC. i' s. II. 24