‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.38Chapitre 63 sur 113 · FLANELLE · texte numérisé non relu

FLANELLE

et, après imbibition, serrés entre les doigts de manière à chasser l'excès de liquide ; ils sont ensuite appliqués bien uniformément sur une plaque de verre, et celle-ci est retournée. Dans ce cas, l'étoffe de laine tombe, tandis que l'autre reste adhérente. Si nîaintenant nous supposons deux hommes également couverts de sueur et revêtus de chemises de coton et de flanelle, voici ce qui se passera : chez le premier, l'étoffe devenue moite s'applique sur la peau et agit h la manière d'un tissu imperméable, puisqu'il est déjà saturé de liquide. Le contact de l'air est supprimé. Son vêtement se colle sur la peau, et il en résulte un sentiment de oêne qui le porte instinctivement à le décoller. Ce décollement (c'est une expérience que tout le monde a faite) est suivi d'un sentiment de bien-être qui accompagne l'éloignement de toute entrave à l'accomplissement d'une fonction, mais au moindre contact l'adhérence se rétablit. Pour l'individu revêtu d'une chemise de laine, il n'en est pas ainsi. Cette adhérence n'a jamais lieu, la peau subit incessamment le contact normal de l'air, et le sentiment de gène qu'éprouve son camarade n'existe pas pour lui, dont aucune fonction n'est entravée.

Nous avons dit que le vêtement en contact avec la peau devait également absorber l'excès de transpiration lorsque celle-ci devient ruisselante. Il agit alors à la manière d'une éponge, et le meilleur est celui qui peut retenir le plus d'eau d'interposition. Or, dans des expériences faites sur le drap, on a trouvé que 1 gramme d'étoffe de laine relient mécaniquement lsr,4 d'eau, tandis que le même poids d'étoffe de coton retient environ 0s'',84 de ce liquide {voy. Expériences sur les étoffes. Journal de la physiologie de l'homme et des animaux. Janvier 1858, Baillière).

Les étoffes sont susceptibles d'absorber de l'eau dite d'hydratation, dont on peut constater la présence en pesant, par exemple, un morceau d'étoffe desséché sur l'acide sulfurique, puis exposé pendant quelques instants à l'air. L'augmentation du poids constatée est due à l'eau d'hydratation, bie]i différente de l'eau d'interposition dont nous venoHS de parler. La quantité d'eau d'hydratation varie avec l'état hygrométique de l'air dans lequel l'étoffe est plongée. Dès que la perspiration cutanée s'active, l'état hygrométrique de la couche d'air voisine augmente, et l'étoffe absorbe aussitôt une quantité d'eau correspondante. Il est trèsremarquable, au point de vue de l'hygiène, quedans ce cas l'évaporation àla surface de la peau ne soit point accompagnée de sensation de froid ; en réalité la sueur en s'évaporant produit toujours l'abaissement de température que tout le monde connaît, mais comme la vapeur formée se condense aussitôt dans le tissu qui touche la peau, elle restitue exactement au système le calorique qui avait disparu. C'est pour cette raison que l'application sur le corps mouillé d'un linge bien sec fait disparaître toute sensation de froid. On peut, du reste, mettre ce fait en évidence en revêtant d'étoffe la boule d'un thermomètre et en plongeant successivement celui-ci dans de l'air sec, puis dans de l'air humide. Dans ce dernier cas, on voit la température s'élever pai' suite de la condensation de l'eau hygrométrique. Or 1 gramme de laine et de coton tissés absorbent respectivement 0s'",180 et 08%105 d'eau hygrométrique. On voit donc que, sous ce rapport, la flanelle a encore un grand avantage sur le tissu de coton employé pour faire les chemises.

Ces avantages varient nécessairement avec l'épaisseur des tissus employés. Les poids de deux chemises d'officier, l'une en flanelle et l'autre en coton, toutes deux en service et de taille assez grande, ont été trouvés d'environ 300 grammes. Le tableau suivant permet de comparer l'action de l'une et de l'autre au

FLARER.

point de vue de l'absorption de la sueur. Il faut supposer en moyenne que les étoffes mises en usage contiennent déjà la moitié de l'eau hygrométrique qu'elles sont susceptibles de condenser.

La dernière colonne du tableau suivant, qui résume la somme des effets utiles des deux vêtements, contient des chiffres qui, dans la pratique, sont trop élevés, par la raison que les vêtements dont il s'agit n'arrivent jamais à être saturés par les produits absorbés ; toutefois, le rapport de ces deux chiffres peut être considéré comme exact.

Enfin, comme agent protecteur contre le froid, la flanelle jouit, en tant qu'étoffe de laine, des propriétés qui seront exposées à l'article Vêtement. Ces pro-

COMPAEAISON AU POKM DE VUE DE L ABSORPTION DES LIQUIDES DE DEUX CHEMISES, l'une EN FLANELLE, l'aUTRE EN COTON.

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