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FLANELLE

leur sombre est le plus défavorable, puisqu'il permet l'absorption de ces rayons. C'est pour obvier à cet inconvénient qu'on fabrique en Algérie de petits burnous en flanelle blanche qui s'arrêtent un peu au-dessous de la taille, gt sont pourvus d'un capuchon. Ce vêtement n'est pas ajusté, mais à demi flottant. Il est d'un excellent usage. Tous les officiers et les colons aisés en sont pourvus. Il permet de supporter une température qui sans lui produirait des accidents. Une expérience plusieurs fois séculaire avait depuis longtemps appris à l'Arabe l'avantage de la couleur blanche pour le vêtement extéiieur. Son burnous le protège contre l'ardeur du soleil pendant le jour, et contre le rayonnement nocturne et le refroidissement qui l'accompagne, lorsqu'il dort en plein air.

Dans l'état actuel de notre civilisation, le vêtement en contact avec la peau est ordinairement en coton, et le tissu de laine est réservé pour la partie externe. II y a quelquefois exception à cette règle pour la flanelle qui est mise directement en contact avec la peau. Ce contact est bien moins doux que celui du coton, dont les fibres s'aplatissent facilement, et sous son influence la peau devient le siège d'une légère irritation qui se traduit par un peu de rougeur et quelques démangeaisons. Ces dernières surtout passent, aux yeux du public, pour produire l'effet salutaire qu'il attribue à la flanelle. Plus celle-ci gratte (qu'on nous pardonne d'employer l'expression populaire), plus son influence sur la sanlé est certaine. Il est inutile, je pense, d'insister sur ces préjugés dans lesquels on retrouve la trace de l'ancienne doctrine médicale des dérivatifs, appliquée ici, même au cas où l'action dérivative n'a pas d'objectif, le sujet étant eu bonne santé.

Les véritables conséquences hygiéniques de l'emploi de la flanelle découlent de la nature même de la fibre textile qui la compose. Les fonctions du vêtement sont multiples. Parmi celles du tissu qui se trouve en contact avec la peau, on trouve les suivantes : 1" Il ne doit pas entraver la transpiration ; et 2<>, lorsque celle-ci devient assez abondante pour ne plus pouvoir s'évaporer au fur et à mesure qu'elle se produit, il doit l'absorber, sans déterminer de refroidissement. La comparaison des aptitudes du coton et de la laine à remplir ces deux indications montrera dans quels cas l'emploi de la flanelle peut être avantageux. Lorsque la sueur se produit à la surface du corps, elle tend à disparaître par évaporation d'abord, et si elle est trop abondante, par écoulement sur 'le sol ou par imbibitiou dans les vêtements. Pour que les fonctions de la peau s'accomplissent normalement, surtout lorsqu'elle se recouvre de transpiration, il est indispensable qu'elle ait le contact de l'air. Chacun a éprouvé le sentiment de gêne qui accompagne l'application sur la peau d'un corps inerte, mais imperméable, comme le diachylum des chirurgiens, ou une feuille de papier d'étain ou de taffetas ciré. L'entrave apportée dans ce cas aux fonctions de la peau est telle qu'on peut ainsi déterminer la mort des animaux. A ce point de vue, les étoffes de coton et de laine diffèrent complètement. Le coton, dès qu'il est imprégné de sueur, se colle sur la peau parce que ses fibres n'ont aucune élasticité, et se couchent les unes sur les autres. L'étoffe touche la peau par toute sa surface, et les phénomènes capillaires qui tiennent fixés l'un à l'autre deux corps mouillés se produisent ici sans obstacle. Pour l'étoffe de laine il n'en est pas ainsi. Les fibrilles conservent leur rigidité même dans l'eau, et l'étoffe ne touche la peau que par les parties saillantes de ces fibrilles. Une expérience fort simple met ces propriétés en évidence. On prend, sur des vêtements en service, deux morceaux d'étoffe, l'un de coton et l'autre de flanelle. Tous deux sont plongés dans l'eau

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