FLOURENS
vaille. Sa compagne, si dévouée, si digne de le comprendre et de l'apprécier, s'était identifiée avec sa vie intellectuelle, qu'elle agrandissait en lui dissimulant les soucis mêmes de l'existence. »
Ces soucis, si tant est que Flourens en eut, furent compensés par ces titres : professeur au Jardin des Plantes, député de l'Hérault (1850), membre de l'Institut , secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences, membre de l'Académie française en remplacement de Michaud, commandeur de la Légion d'honneur, associé à presque toutes les sociétés scientifiques et littéraires de l'Europe, arbitre des jeunes talents qui venaient frapper à la porte de l'Institut, honoré, aimé des savants du monde entier, entendant la Renommée proclamer son nom dans les salons, dans les réunions des curieux de l'époque, avides d'entendre un grand interprète de la science vulgariser, sans les faire déchoir, les conquêtes scientifiques du jour. Dans la liste suivante, nous croyons résumer les principales publications de Flourens :
I. Analyse de la philosophie anatomique , ou l'on considère plus parliculièrement Vinfluence qu'aura cet ouvrage sur Vélat actuel de la physiologie . Paris, 1819, in-S". — II. Observations pour servir à l'histoire naturelle de la taupe. In Mémoires du Muséum, 1820. — III. Recherches sur les propriétés et les fonct'ions du grand sympathique. In Académie des sciences, 1823. — lY. Mémoire sur les fonctions spéciales des diverses parties qui composent la masse cérébrale. In Académie des sciences, 1823. — V. Recherches sur les effets de la coexistence de la réplétion de l'estomac avec les blessures de l'encéphale. In Académie des sciences, 1823. — VI. Note sur la délimitation de l'effet croisé dans le système nerveux. Paris, 1825, in-8°. — VII. Recherches expérimentales sur les propriétés et les fonctions du système nerveux dans les animaux vertébrés. Paris, 1824, in-S". Tiaduit en allemand par Q.-W. Becker (1825). — VIII. Expériences sur le système nerveux. Paris, 1825, in-S". — IX. Observations sur quelques maladies des oiseaux. In Académie des sciences, 1828. — X. Expériences sur l'action de la moelle épinicre sur la circulation. 1829, in-S".
— XI. Nouvelles expériences sur quelques effets de l'action du froid sur les animaux. In Revue encyclopédique, septembre 1829. — XII. Observations sur l'action de l'émélique sur les animaux ruminants (1832). — XIH. Cours sur la génération, Vovologie et l'embryologie, fait en 1836 au Muséum d'histoire naturelle, recueilli et publié par M. Deschamps. Paris, 1836, in-8°; planches. — XIY. Analyse raisonnée des travaux de Georges Cuvier, -précédée de son éloge historique. Paris, 18il, in-12; 1845, 2'' édit. — XV. De l'instinct et de l'inlelligence des animaux; résume des observations de Frédéric Cuvier sur ce sujet. Paris, 1841, 1845, in-8''. — XVI. Recherches sur le développement des os et des dents. Paris, 1842, pi. color. — XVII. Mécanisme de la respiration des poissons; Paris, 1843, gr. in-4° ; planches;
— XVIII. Anatomie générale de la peau et des membranes muqueuses. Paris, 1843, in-4<' ; • planches. — XIX. Ruffon. Histo'ire de ses travaux et de ses idées. Pai'is, 1844, in-12. —
XX. Examen de la phrénologie, réfutation des doctrines matérialistes deGall, Spurzheim et Rroussais. Paris, 1842, in-S" ; 1845, in-8°. — XXI. Fontenelle, ou de la philosophie moderne relativement aux sciences jyhysiques. Paris, 1847, in-12. — XXII. Théorie expérimentale de la formation des os. Paris, 1847, in-8°. — XXIIi. Nouvelles recherches touchant l'histoire de la découverte cle la circulation du sang. In Journal des savants, 1849.
XXIY. Histoire de la découverte de la circulation du sang. Paris, 1854, in-18. — Paris, 1854, in-12. — XXV. Recueil des éloges historiques lus dans les séances publiques de l'Académie des sciences. Paris, 1856-1862,2 vol. in-18. — XXVI. Cours de physiologie comparée. De l'ontologie ou élude des êtres. Leçons professées au Muséum d'histoire naturelle, colligées par M. C. Roux. Paris, 1856, in-8>'. — XXVII. De la longévité humaine et de la quantité de vie sur la terre. Paris, 1856, in-12, 3= édit. — XXVIII. De la vie et de l'intelligence. Paris, 1858, in-12. — XXIX. Ontologie naturelle. Paris, 1861, in-18. — XXX. De la raison, du génie et de la folie. Paris, 1861, in-18. — XXXI. Psychologie comparée. Paris, 1864, in-18.
On trouve, en outre, dans les Comptes rendus de F Académie des sciences, un grand nombre de communications, dont voici les principales :
XXXII. Recherches sur la structure du cordon ombilical (I, 27, 180). — XXXIII. Recherches concernant l'action de la garance sur les os (X, 143, 505, 429; XII, 276). — XXXIV. Recherches sur le développement des os.... (XIII, 755; XV, 875; XIX, 621; XXI, 1229; XLVIII 848). — XXXV. Notes touchant les effets de l'inhalation de Vétiier sur la moelle épinière (XXIV, 161, 245, 253, 540, 482). — XXXVI. Notes touchant l'action de diverses substances
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injectées dans les artères (XXIV, 905; XXIX, 57). — XXXVII. h'otes sur le point vital de la moelle allongée (XXXIII, 457 ; XLV'II, 805; L(V, 514). — XXXIII. JSotes sur la sensibilité de la dure-mère, des ligaments et des tendons (XLIV, 801). — 'XXXIX. Note sur la circulation nerveuse (XLVI, 505). — XL. Note sur le développement des os en longueur (LU, 186). — XLI. Nouvelles expériences sur V indépendance relative des fonctions cérébrales (LU, 675). — XLII. Sur la coloration des os d'animaux nouveau-nés par la simple lactation de mères à la nourriture desquelles on a niclé de la garance (LIV, 65). — XLIII. Note sur la curabilité des blessures du cerveau (LV, 745). — XLIV. Note sur l'infection purulente (LVI, 241, 409, 1039). — XLV. Examen du livre de M. Darwin sur l'origine des espèces (LVIII, 470). — XLVI. De l'unité de composition (LX, 497). — XLVII. Note sur la reproduction de l'os et de la membrane médullaire par le périoste (LX, 540).
Voir encore :
Journal complémentaire du Dictionnaire des sciences médicales. IV, 149; XV, 44; XVIII, 145. — Annales des sciences naturelles. XVI, 3; XVIII, 57, 271; XX, 15, 169; XXI, 555; XXII, 225, 537; XXVII, 36, 79; XXVIII, 65. A. C.
FLOUVE. Anthoxanthîimh. Genre de plantes monocotylédones, appartenant à la famille des Graminées. La seule espèce intéressante du groupe est hFtouve odorante [Anthoxanthum odoratum L.), qui est commune dans tous les prés de la France et de l'Europe moyenne, et qui donne aux foins leur odeur agréable. C'est une plante haute de 50 à 40 centimètres, à chaumes dressés, à feuilles linéaires aiguës d'un vert gai. Les fleurs forment une panicule spiciforme, dense, cylindrique oblongue. Les épillets, très-brièvement pédicellés , renferment trois fleurs dont les deux inférieures stériles et la supérieure hermaphrodite. Les deux glumes sont carénées et très-inégales. Les étamines sont au nombre de deux. Le caryopse est glabre, luisant, un peu comprimé sur le côté, non canaliculé.
L'odeur de la Flouve, qui se développe surtout lorsque la plante est sèche, lui a fait attribuer des propriétés toniques et cordiales. En réalité, elle n'est pas usitée en médecine. Vogel en a retiré un corps particulier qu'il croit être de l'acide benzoïque, mais qui probablement n'est autre chose que de la coumarine {voy. ce mot).
Linné. Gênera Plantarum, W 42. — Endlicher. Gênera Plantarum, n" 736. — De Can- DOLLE. Flo7-e française. II, p. 2. — Grenier et Godron. Flore de France. III, 442. Pl.
FLOYER (Jean). Médecin anglais, né vers 1655 à Hinters, dans le comté de Stafford ; fit ses études médicales à l'Université d'Oxford, où il fut reçu docteur en médecine en 1680. 11 alla résider à Lichûeld oii il exerça la médecine avec un succès tel, que sa réputation grandit de jour en jour et qu'il fut anobli par le roi d'Angleterre. Ses nombreux ouvrages eurent presque tous plusieurs éditions et furent ti'aduits en diverses langues. Tout en demeurant un bon observateur et souvent un esprit original, Floyer était partisan un peu outré de l'humorisme et chimiâtre. lia préconisé avec persévérance l'usage des bains froids en thérapeutique dans presque toutes les maladies, et ne craint pas d'assurer que, si les rachitiques sont aussi nombreux en Europe, c'est que l'on a renoncé à l'usage de l'Église primitive, qui prescrivait le baptême par immersion. Jourdan ajoute à cette occasion que les anabaptistes furent sur le point de porter l'auteur en triomphe. On lui attribue à tort, selon nous, d'avoir le premier appelé l'attention sur l'importance d'observer le nombre et la quotité des pulsations artérielles dans un temps donné. En dépit de la trop grande imagination avec laquelle ont été conçus et écrits ses ouvrages, ceux-ci se lisent encore avec plaisir. Leur auteur est mort en 1754. Nous connaissons de lui :
I. *«p/A«zoêoT«vo;, or the Touchstone of Medicines, discovering the Virtues of Vegetables
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and Animais, bytheir Tastesand 5meiZs. Londres, 1687, in-S"; 1691. — II. The Preternaluval State of Animal Humours described by their sensible Qualities which dépend on Différent Degrees of their Fermentation ; with two Appendices : I. About the Nature of Fevers ; IL Concerning of the Effervescence of the several Cacochymies, especially in the Goût and Asthma. Londres, 1691), in-S» ; 1698. — III. An Inquiry into the Right Use of Baths. Londres, 1697, in-8'> ; autres éditions, 1702, 1709, 1715, 1722, trad. en allemand. Breslau, 1749, in-8°. — IV. A Treatise on the Aslhna. Londres, 1698^ in-S" ; autres éditions, 1710, 1717, 1726. Trad. en français par Jault. Paris, 1761, in-12 ; trad. en allemand par J.-G.-F. Scherf. Leipzig, 1782, in-S". — V. Of two Monstrous Pigs and a double Turkey. In Philosoph. Transact., t. IV, p. 458. — VI. A Letter concerning the Rupture of the Lungs. Londres, 1710, in-8°. — VII. The Physician Pulsewatch, to explain the Art of seeling the Puise and to impare it by the Pulsewatch. Londres, 1707, in-S»; autre édition, 1710 ; traduit en italien, Venise, 1715, in-4°. — Vlll. The Sibylline Oracles, translated from the Greek and compared with the sacred Prophéties. Londres, 1713, in-8°. — IX. Essai to restore Dipping of Infants in their Bapiism. Londres, 1722, in-8"'. — X. Medicina Gerocomica of preserving Old Mens's Health, with an Appendix concerning the Use ofOil and Unction, and a Letter on the Regimen of Younger years. Londres, 1725, in-S". — XI. Commentaria on fourty-two Historiés described by Hippocrales in the I. and II L Books of his Epidémies, Londres, 1726, in-S". A. D.
FLLCTUATiox {Fluctuatio, de fluchiare, flotter). On a désigné, sous le nom de fluctuation, un signe diagnostique qui permet de ï'econnaître la présence d'une collection liquide formée au sein des tissus.
D'une manière générale, ce signe consiste en ceci : que le doigt appuyé sur les parties qu'il explore perçoit une sensation particulière, sensation de mollesse et de flot, sensation de mouvements limités d'oscillation, dont l'exercice développe la perception exacte.
On ne peut pas décrire les diverses sensations du tact, aussi n'essaierai-je pas de le faire. Chacun sait qu'on arrive à distinguer, par le toucher, la consistance plus ou moins dure, plus ou moins molle des différents corps. Une comparaison peut donner l'idée de ce qu'on entend par la sensation de fluctuation : c'est, à peu près, celle que ferait éprouver une pression légère exercée avec le bout des doigts sur une vessie remplie d'eau. Je m'empresse de dire que cette comparaison, quoique acceptable, n'est pas absolument juste. Du reste, l'étude que nous allons faire des diverses façons de rechercher, et des moyens d'obtenir la sensation de fluctuation, en donnera l'intelligence bien plus précise que toutes les définitions que j'arriverais à formuler.
On sait dans quelles circonstances on recherche la fluctuation ; c'est de beaucoup le plus souvent pour arriver au diagnostic des abcès, pour constater la formation du pus au sein des parties ; c'est aussi pour reconnaître le contenu d'une tumeur. Pour l'obtenir, il faut d'abord fixer la tumeur, afin qu'elle ne fuie pas sous le doigt, précaution très-importante sur laquelle nous insistons; puis il faut placer sur elle le bout des index, la pulpe du doigt de chaque main, à une petite distance l'un de l'autre, et appuyer légèrement avec un des doigts, tandis que l'autre reste immobile, et renouveler plusieurs fois cette manœuvre en appuyant tantôt avec un doigt, tantôt avec un autre, mais sans que jamais ni l'un ni l'autre n'abandonnent les parties ainsi explorées. Le doigt qui reste immobile perçoit alors une sensation de soulèvement due à un liquide déplacé qui vient le heurter très-légèrement, et appuyant à son tour, il provoque des mouvements oscillatoires, avec alternatives d'expansion et de retrait, justifiant le nom de fluctuation qu'on a donné à l'ensemble de ces faits.
Voilà le procédé qui, modifié suivant les circonstances, convient à la plupart des cas. Mais il peut se faire qu'il soit inapplicable ou insuffisant ; on agira alors d'une autre manière, comme nous le verrons tout à l'heure.