FLOURENS
lariens ; ces petits animaux vivent dans les eaux douces ; on les trouve de préférence dans les mares ou les étangs. P. Gerv.
FLOUREniS (Jean-Pierre-Marie). Cet homme célèbre, et dont la gloire grandira dans la postérité, parce qu'elle a pris pour dépositaire, en quelque sorte, le public intelligent et curieux, est mort à Mongeron, près de Paris, le 6 décembre 1867. Il était né à Thézan, canton de Murviel, arrondissement de Bcziers (Hérault), le 15 avril 1794. J'ai souligné Thézan parce que dans toutes les biographies on fait naître ce savant à Maureillan, petite ville qui est bien du département de l'Hérault, mais qui n'appartient pas au même canton. Dans sa thèse doctorale, Flourens a signé lui-même le lieu de sa naissance. Après avoir été reçu docteur à Montpellier, le 17 décembre 1815, il vint à Paris, muni d'une lettre de De Candolle, son maître, et fut introduit auprès de Georges Cuvier, c'est-à-dire que tout jeune encore il put ainsi pénétrer au foyer intellectuel de l'Europe. Dès ce moment, Flourens n'eut qu'un but : celui de faire servir son zèle, son ardeur, sa légitime ambition, son amour pour le travail, ses aptitudes, à l'élucidation des questions les plus importantes de la physiologie expérimentale.
Nous ne le suivrons pas dans ses travaux fameux qui ont attaché son nom aux problèmes les plus ardus de la physiologie. Claude Bernard a rendu assez d'hommages à son illustre prédécesseur. Nous ne pouvons mieux faire que de lui emprunter ces quelques lignes :
« Flourens a été un auteur fécond, ses publications sont considérables et embrassent une période de près d'un demi-siècle Ses recherches physiologiques furent nombreuses, et dans ce genre de travaux il se montra un physiologiste habile, unissant toujours les ressources d'un esprit ingénieux aux vues larges d'un généralisateur. A dater de 1841, il s'élève au-dessus de cette sphère purement physiologique, et publie une suite de traités philosophiques, scientifiques et littéraires.... Aux qualités du savant Flourens joignait les qualités de l'écrivain; par ce côté encore il rendit service à la physiologie; il a inspiré le goût de cette science et l'a fait aimer d'un public qui, sans lui peut-être, ne l'eût jamais connue. 11 a popularisé ainsi la physiologie sans l'abaisser, et l'a
rendue accessible à tous par le charme du style A la fois savant, écrivain,
professeur et doublement académicien, Flourens eut une vie des mieux remplies. 11 devint un des physiologistes les plus renommés et les plus populaires de son temps ; il dut moins encore cet éclat à son ascendant sur la jeunesse qu'à son talent d'écrivain et à la diffusion de ses travaux parmi les gens du monde. Il se consacrait entièrement à ses devoirs d'académicien et de secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences. Il était chez lui comme dans une retraite. Absorbé par ses recherches et emporté par ses idées, il s'identifiait avec les grands hommes dont il traçait l'histoire scientifique ; il habitait au Muséum d'histoire naturelle l'appartement de Buffon, et s'y inspirait du souvenir de son génie.... Flourens parcourut une heureuse carrière sans éprouver les luttes pénibles ou les déceptions amères qui trop souvent aigrissent et découragent l'âme. Une volonté ferme, orientée dans ses desseins par un caractère droit, un esprit élevé, secondé par une heureuse habileté et soutenu par un grand travail, le fit arriver à la renommée qu'il avait rêvée dès sa jeunesse. Il jouissait des honneurs en remplissant les devoirs de ses nombreuses fonctions ; mais au foyer domestique il retrouvait le calme et le repos si nécessaires au savant qui tra-