FLUCTUATION
fait b'observe fréquemment dans les cas d'hjdrocèle de la tunique vaginale, dans certains cas d'hématocèle, dans certaines tumeurs kystiques.
Lorsque le liquide d'une tumeur est très-épais, il donne aux doigts explorateurs une sensation de mollesse, peut-être, mais non la sensation précise de la fluctuation.
En résumé, la profondeur d'une collection liquide, l'épaisseur des parois qui la renferment, la rigide tension de ces parois, la consistance épaisse du liquide lui-même, sont autant de circonstances qui s'opposent à la facile perception de la fluctuation.
Quand on a affaire à des abcès ou tumeurs d'un trop petit volume pour que deux doigts puissent s'y appuyer à la fois, ou à des abcès situés au fond d'une cavité, au fond du gosier, dans le pharynx, le vagin, le rectum, où les deux mains ne peuvent pénétrer, et qu'on a souvent beaucoup de peine à atteindre même avec un seul doigt, on cherche la fluctuation par une manœuvre différente de celle que nous avons indiquée. Pour les petits abcès, on les presse avec le bout du doigt explorateur; on arrive souvent, au moins, à déprimer assez la paroi superficielle sur laquelle on appuie pour la mettre en contact avec la paioi profonde. On agit à peu près de même pour les abcès des cavités. L'extrémité du doigt qui les atteint appuie sur leur partie saillante, les déprime brusquement, et ce doigt ne les abandonnant pas, restant attentif, pour ainsi dire, perçoit la sensation d'une sorte de reflux, d'un choc en retour du liquide déplacé.
Nous avons indiqué la manière habituelle de chercher la fluctuation ; ajoutons qu'il faut souvent la modifier suivant les cas et s'aider de ressources appropriées, prévues ou impi'ovisées : ainsi de l'emploi d'un cathéter pour certains abcès de la prostate ou du tissu cellulaire qui l'entoure. Je n'insiste pas davantage sur ce sujet, n'ayant pas à faire ici l'exposition des nombreux détails des manœuvres diagnostiques particulières, pour lesquelles je renvoie aux articles spéciaux.
Les collections liquides, avons-nous dit, ne donnent pas toujours la sensation de la fluctuation ; par contre, certains tissus mous, mais solides, la donnent pari'ois à s'y méprendre; tous les chirurgiens le savent à leurs dépens, même les plus habiles. La sensation trompeuse dont nous parlons est celle qu'on appelle la fausse fluctuation. On la trouve surtout dans les fongosités des tumeurs blanches, dans certains lipomes, dans les tuméfactions formées par des matières amorphes infiltrées à travers la substance des différents tissus. Robin et Littié condamnent ce mot de fausse fluctuation dans les cas de tumeurs graisseuses ou d'infiltration de matières amorphes, attendu, disent-ils, qu'il s'agit alors de véritables substances liquides, dont les vésicules, il est vrai, sont contenues dans des enveloppes. Ils ont raison, sans doute, au point de vue de la pure logique, mais non au point de vue clinique. Conservons donc ce mot, dont l'intelligence nous est précise et familière.
Ce n'est pas seulement dans les tissus morbides qu'on perçoit la fausse fluc- . tuation, mais aussi dans les tissus sains. Chez les malades alités depuis lontjtemps, dont les chairs sont devenues flasques et molles, l'exploration des masses charnues, des muscles de la cuisse, du mollet, donne souvent une sensation de fluctuation telle, que des doigts même exercés peuvent s'y tromper. J'insiste sur ce fait.
Aucun signe précis ne différencie les sensations de vraie et de fausse fluctuations ; on n'arrive à en distinguer la perception que par l'exercice intellinent du toucher, l'éducation chirurgicale du sens du tact. Ajoutons que la fluctuation DICT. ENC. 4° s. IL 27
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n'est pas le seul signe diagnostique, le signe univoque de l'existence d'une collection liquide; dans les cas douteux, le chirurgien se servira de tous les moyens que la science et l'expérience cliniques mettent à sa disposition.
Servier.
FLUDD (Robert), de son nom latinisé DE FLUICTIBUS, l'un des théosophes les plus rêveurs du dix-septième siècle, était fils de sir Thomas Fludd, payeur des troupes anglaises sous la reine Élisaheth. 11 naquit en 1574, à Milgate, dans le comté de Kent. 11 songea d'abord à embrasser la carrière des armes, mais il renonça bientôt à cette idée, et dès l'âge de dix-sept ans, en 1591 , se rendit à l'Université d'Oxford et y étudia avec ardeur la philosophie, la théolocfie, les mathématiques, les littératures classique et orientale, et par-dessus tout la médecine, pour laquelle il éprouvait un goût tout particulier. Api'ès avoir pris ses grades, il entreprit une série de voyages et employa six ans à parcourir la France, l'Espagne, l'Italie et l'Allemagne, ne négligeant aucune occasion d'accroître ses connaissances ou de se lier avec les savants de ces différents pays. Ce n'est qu'à son retour à Oxford, en 1605, qu'il prit le bonnet de docteur en médecine ; puis il alla pratiquer l'art de guérir à Londres et s'y fit agréger au Collège des médecins. Il mourut à Londres le 8 septembre 1637.
« Fludd fut, sous tous les rapports, l'un des hommes les plus remarquables de son siècle, et sans l'extrême mobilité de son imagination, sans le penchant décidé qui l'entraînait irrésistiblement vers tout ce qui porte le caractère du merveilleux, il aurait brillé au premier rang, avec ses illustres contemporains, Kircher, Mersenne et Gassendi. On l'a comparé à Paracelse sous le rapport de l'enthousiasme et du mysticisme, mais il est infiniment supérieur au fanatique Allemand, et ses vastes connaissances, tant en médecine qu'en physique et en chimie, lui permirent de faire une application bien plus étendue et plus extraordinaire des rêveries théosophiques dans lesquelles l'entraîna son imagination délirante. Malheureusement il a écrit en termes si obscurs, qu'il est difficile, souvent même impossible, de se former une idée exacte de ses principes philosophiques « (Jourdan). Aussi n'essayerons-nous pas d'exposer les doctriiies philosophiques de Fludd, qui n'étaient qu'un éclectisme grossier et absurde, tendant à concilier les clioses les plus incohérentes, ni son système physique, qui n'était qu'un alexandrinisme exagéré ; peut-être est-ce lui qui a donné à Van Helmont l'idée de l'archée et des puissances secondaires dont il peupla l'organisme humain; nous ne dirons pas grand'chose non plus de ses doctrines médicales ; « dans cette science (la médecine), dit Dézeimeris, nous ne pensons pas qu'il soit possible de faire quelque chose de plus absurde que les œuvres de Fludd. » Voici en quelques mots son système : Les forces fondamentales de la nature sont le chaud et le froid ; les maladies doivent être distinguées en diurnes et en nocturnes ; elles se trouvent en corrélation étroite avec les directions principale^ des vents; la vie présente un côté oriental et un côté occidentrd, etc. Comme cause particulière de maladie, Fludd signale le péché et l'influence d'une foule de démons, qu'il décrit en détail ; comme moyen de guérison, il signale spécialement la prière et la grâce divine. N'oublions pas que Fludd a imaginé une sorte de thermomètre pour déterminer la chaleur du sang.
Tel est cet homme si savant, si bien doué par la nature, qui ne sut utiliser ses nombreuses connaissances qu'à édifier des systèmes dénués de sens commun et qui par cela même exerça une influence si fâcheuse sur la science, in-
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lluence qui se serait fait sentir bien plus profondément, s'il n'avait eu pour ad- ■ versaires des hommes comme Kepler, Mersenne et Gassendi. Fludd, que son esprit portait toujours vers les choses mystérieuses, n'avait pas manqué d'entrer dans la Société des Rose-Croix, et même il en fut un des frères les plus zélés. Libavius ayant attaqué cette société, il la défendit contre lui dans un ouvrage apologétique dont on trouvera le titre dans l'énumération suivante de ses œuvres :
I. Vtriusgue cosmi, majoris scilicet et minoris, metaphy&ica, phijsica atqiie technica historia. Oppenheimii, 1617, in-fol. 2 vul. — II. Tractatus secundus de naturœ simia, seii technica microcosmi historia. Oppenheimii, 1618. Franco!.. 1624. — III. Tomus secundus de supernatiirali, tiaturali, prœternatiirali et contranalurali microcosmi historia. Oppenheimii, 1619. — lY. Tomi secundi tractatus primi sectio sccunda de technica microcosmi natura (sans lieu ni date d'impression). — V. Tomi secundi tractatus secundus de prœternaturali utriuscjue mundi historia (sans lieu ni date d'impression). — VI. Veritatis proscenium. Francof., 1621 (apolofrie contre Kepler). — VII. Anatomiœ amphitheatrum effigie triplici, more et conditionc varia designatufn. Francof., 1625, in-fol. — VIII. Monochordon mundi symphoniacum, seu replicalio ad apologiam J. Kepleri. Francof., 1622, in-4°. — IX. Philosophia sacra et vere christiana, seu meteorolor/ia cosmica. Franco!., 1626, in-fol. — X. Medicina catholica, seu mysticum artis medicandi sacrarium in tomos divisum duos. Francof., 1629, 1631, in-fol. — XI. Pulsus seu nova et arcana pulsuum historia, etc. francof., 1629. — XII. Sophiœ cum ynoria certamen (Francof.)., 1629. — XIII. Summum bonum, cjuod est verum magiœ, cabalœ et alchymiœ verœ ac fratrum Rosece crucis subjeclum (Francof.), 1629. — XIV. Integrum morborum nnjstcrium seu medicince catholicœ tomi primi tractatus secundus. Francof., 1651, in-fol. — XV. Kaôo^.tzov mcdicortwi xc/.Tonrpov, seu tomi primi tractatus secundi sectio secunda (Francof.), 1631, in-fol. — XVI. Clavis pthilosophiœ et alchymiœ Fluddance. Francof., 1633, in-fol. — XVII. Philosophia mosaica. Gondœ, 1638, in-fol. Amstelsedami, 1640, in-fol.; Irad. en ang'l. Londres, 1659, in-fol. — XVIII. Responsum ad hoplocrismaspongumM. Fosteri. Francof., 1638 (cet ouvrage avait d'abord paru en anglais. Londres, 1 651 , in-4°) . — XIX. Tractatus apologeticus integritatem societaiis de rosea cruce defendens. Leyde, 1617, in-S" ; 1627, in-S"; en allem. Leipzig, 1782, in-S". — XX. Pathologia dœmoniaca. Gondse, 1640, in-fol. — XXI. Tractatus theologico-philosophicus de vita, morte et resurrectione. Oppenheimii, 1617, in-4° (publié sous le pseudonyme de Rod. Otreb).