‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.38Chapitre 97 sur 113 · ÉTAT ACTIF. ÉTAT SÉDENTAIBE · texte numérisé non relu

ÉTAT ACTIF. ÉTAT SÉDENTAIBE

Chez les femmes à profession sédentaire nécessitant l'habitude de la station assise, privée d'exercice et de mouvement pendant la plus grande partie du jour On voit survenir comparativement aux présentations du sommet

Face. ... 1 : 159 . 1 : 137

Tronc ... 1 : 139 1 : 45,8

Siège ... 1 : 46 1 : 14,7

Enfin nous ajouterons, comme dernière preuve à l'appui de notre manière de voir, que dans 18 cas, où, après avoir constaté dans le dernier mois de la grossesse, chez des femmes multipares dont la paroi abdominale était lâche, des mutations de présentation du fœtus, nous avons pu, en renforçant la paroi abdominale à l'aide d'une paroi artificielle \ faire accommoder le fœtus de telle

* Il suffit d'appliquer, dans ce cas, une ceinture formée de tissu élastique et ayant la forme et l'étendue de la paroi abdominale.

Quelques-unes de ces observations sont consignées dans un mémoire que nous avons lu à la Société de chirurg-ie en 1876, et qui a pour titre : Accommodation du fœtus ou cames des diverses présentations.

Chez les femmes dont la profession met en jeu les muscles de la vie de relation , à profession active, nécessitant l'exercice, le mouvement

FŒTUS (axatomik et nnsioLooiii). 507

façon qu'aucune mutation ne lut plus constatée et que dans tous les cas les accouchements eurent lieu par le sommet.

En résumé, la situation du fœtus dans la cavité utérine pendant les six premiers mois de la grossesse n'a rien de fixe, cependant le plus souvent l'extrémité céphalique occupe le fond de l'utérus.

Dans les trois derniers mois, l'extrémité céphalique gagne le plus souvent le segment inférieur de l'utérus, y séjourne et de plus pénètre dans l'excavation.

Les changements de présentation et de position tiennent à l'absence d'un ou de plusieurs des facteurs, dont la résultante est l'accommodation.

Les causes de la présentation du sommet sont toutes matérielles, physiques, et sous la dépendance de nombreux facteurs.

Elles ne résident ni dans la pesanteur plus considérable du segment inférieur du corps du fœtus, ni dans la volonté instinctive.

Elles sont passives et actives.

Causes passives.

Causes actives

Forme de l'utéi-us et du fœtus pendant les différentes périodes de la grossesse.

Pelotonnement du fœtus, surface glissante, présence du liquide amniotique.

Contraclion du muscle utérin pendant la grossesse.

Contraction et tonicité des muscles de la paroi abdominale.

Nutrition. Dès que le placenta est développé, c'est par son intermédiaire que le fœtus puise dans l'organisme maternel les matériaux propres à sa nutrition. Nous ne discuterons pas ici l'opinion étrange et surannée de quelques physiologistes, qui ont pensé que le fœtus déglutissait le liquide amniotique et s'en nourrissait, car ce sont ces mêmes physiologistes qui admettent l'existence de la sécrétion urinaire pendant la vie intra-utérine, et on comprend difficilement que le fœtus urine dans le liquide amniotique, puis l'avale et s'en nourrisse. On sait de plus que les acéphales se développent très-bien, et l'hypothèse de Brugmans, à savoir l'absorption du liquide amniotique par les lymphatiques de la peau, est inadmissible ; enfin les analyses du liquide amniotique démontrent qu'à aucun titre il ne peut être considéré comme un liquide nourricier.

L'opinion des partisans de la déglutition du liquide amniotique ne mérite d'autre sort que celle d'Hippocrate basée sur la succion directe des cotylédons par le fœtus.

La question de savoir comment se font au niveau du placenta les échanges nutritifs a attiré de tout temps l'attention des physiologistes ; si aujourd'hui plusieurs points importants sont élucidés, d'autres, et de nombreux, sont encore bien imparfaitement connus.

Pendant longtemps on admit l'existence d'anastomoses, entre la circulation maternelle et la circulation fœtale ; aussi la nutrition du fœtus s'expliquait-elle facilement. Aujourd'hui, qu'il est parfaitement démontré que ces anastomoses n'existent point, deux théories subsistent. La première, déjà ancienne et universellement admise, est basée tout entière sur l'existence de phénomènes osmotiques, se passant au niveau des membranes épithéliales qui séparent les vaisseaux maternels des vaisseaux fœtaux.

La seconde, émise pour la première fois par Eschricht, n'est plus guère soutenue aujourd'hui que par Ercolani ; elle repose sur l'existence d'un organe glandulaire se développant pendant la grossesse dans le placenta maternel, et

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destiné à élaborer les sucs nutritifs (le lait utérin) nécessaires à l'enfant. De même, dit Ercolani, que dans les premiers temps de la vie extra-utérine l'enfant se nourrit du lait maternel absorbé par les villosités intestinales, de même, pendant la vie intra-utérine, le fœtus trouve sa nourriture dans l'humeur ou le lait de l'utérus sécrété par l'organe glandulaire et absorbé par les villosités choriales.

Les recherches anatomiques ont fait découvrir le fait brut. La physiologie et la chimie feront connaître les secrets de la fonction.

En raison de l'existence, jusqu'à présent problématique, de cet organe glandulaire et de la connaissance de la structure de la muqueuse inter-utéro-placentaire, telle qu'elle est admise aujourd'hui {voy. Placenta), au moins dans l'espèce humaine, la théorie d'Ercolani a trouvé peu d'adhérents ; et c'est la théorie reposant sur l'existence des phénomènes osmotiques qui rallie à l'heure actuelle la plupart des suffrages.

Quels sont les matériaux qui passent de la mère à l'enfant ? Sous quelle forme passent-ils ? Avec quelle rapidité se font ces échanges ?

Il est encore impossible de répondre d'une façon complète à ces différentes questions, cependant déjà élucidées grâce aux travaux de Claude Bernard, Zuntz, Benicke, Zweifel et Fehling.

Claude Bernard, par ses magnifiques recherches, a démontré la fonction glycogénique des annexes du fœtus et du fœtus lui-même pendant sa période d'évolution. « Le fœtus ne reçoit de la mère que des matériaux liquides dissous dans le plasma sanguin ; et comme nous savons que la matière glycogène est incorporée chez la mère à des éléments figurés solides, à des cellules glycogéniques , nous n'admettons pas qu'elle puisse passer ainsi dans le fœtus. Nos recherches ont établi que la production glycogénique, condition indispensable au développement, existe soit dans le fœtus lui-même, oii elle est diffuse avant de se localiser définitivement dans le foie, soit dans les organes embryonnaires transitoires, dont le rôle est terminé au moment de la naissance. »

En démontrant l'existence d'éléments cellulaires ayant pour fonction d'élaborer la matière glycogène, Claude Bernard a par cela même démontré, d'une façon indirecte, le passage des éléments constituants de cette même matière glycogène à travers les membranes épithéliales des villosités.

Pour bien étudier la nature des matériaux arrivant au fœtus, il faudrait pouvoir analyser le sang de la veine ombilicale et celui des artères ; mais la petite quantité de sang qu'on pourrait recueillir ainsi rend l'analyse directe impossible ou tout au moins extrêmement difficile, et elle n'a pas, du reste, autant que nous le sachions, été encore tentée.

Fehling, en étudiant la répartition des matériaux chez le fœtus, a fait avancer considérablement la question. Ainsi qu'on a pu le voir au chapitre Accroissement, l'analyse quantitative des parties constituantes du fœtus, aux différents mois de la grossesse, permet de se rendre un compte assez exact du nombre et de la quantité des différents matériaux puisés par le fœtus pendant les différentes périodes de son développement.

De plus, appuyé sur les données de la physiologie expérimentale, il admet avec Claude Bernard qu'aucun élément figuré ne traverse cette membrane mince, intermédiaire, de la mère au fœtus.

Ainsi pour lui l'observation de Reitz, qu'on trouve citée dans tous les auteurs

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et qui leur suffit pour admettre le passage des particules solides, ne lui paraît point démonstrative. Reitz n'a observé le passage du cinabre du sang de la mère dans celui du fœtus qu'une seule fois.

Hoffmann et Langerhans renouvelèrent l'expérience sur des lapins et ne retrouvèrent point le cinabre.

Jassinsky tenta l'expérience sur des chiennes avec du carmin et ne retrouva aucune particule de ce corps dans le sang du fœtus.

Fehling varia ses expériences, en fit de nombreuses, et ne retrouva jamais dans le sang du fœtus les granulations fines qu'il avait injectées dans le sang de la mère.

Quant au passage des éléments figurés vivants, bien que la théorie de la diapedèse puisse l'expliquer, il n'a jamais été constaté. Claude Bernard le nie, Fehling également, et les expériences de Davaine, de Brauell et de Bollinger, démontrent également que les poisons solides ou figurés sont également retenus au niveau des deux placentas, et ne peuvent communiquer leur action nocive au fœtus.

Ainsi, la maladie du charbon, ou sang de rate, déterminée par la prolifération de certains organismes ou ferments figurés infectant la mère, ne se propage pas au fœtus.

Le sang du fœtus dont la mère est morte de pustule maligne, inoculé à d'autres animaux, ne reproduit pas la maladie primitive.

Cependant nous nous trouvons en face d'un fait encore inexplicable et contradictoire, à propos de la variole, si, comme on tend chaque jour à l'admettre davantage , l'agent virulent consiste dans une granulation , un micrococciis {voy. Fermentation) ; il n'en est pas moins vrai que des fœtus dans l'utérus ont été atteints de variole, ainsi que le prouvent de nombreuses observations. Ici la question reste en suspens.

Après avoir reconnu le passage par diffusion et endosmose des substances liquides normales contenues dans le plasma sanguin, on a cherché si à l'aide de la physiologie expérimentale il ne serait pas possible d'étudier le passage de la mère au fœtus, des matières étrangères solubles dans les humeurs du corps.

Benicke, Gusserow, Zweifel, Fehling, se sont livrés à de nombreuses recherches à ce sujet.

Benicke dans ses expériences employa l'acide salicylique, et pour réactif le sesquioxyde de fer.

25 femmes enceintes séjournant à la Maternité de l'Université de Berlin prirent, plus ou moins longtemps avant l'accouchement, de l'acide salicylique à la dose de l^^SO <à 2 grammes.

Aussitôt après l'accouchement, on procédait à l'analyse de l'urine fœtale et maternelle. L'examen de l'urine était continué pendant plusieurs jours consécutifs. Dans 3 cas seulement la vessie du fœtus fut trouvée vide aussitôt après l'expulsion.

Voici les conclusions principales de Benicke :

1" Les échanges entre la mère et l'enfant sont très-rapides ; l'acide salicylique ne se retrouve chez l'enfant que s'il est absorbé quarante minutes au moins avant l'accouchement; quand l'absorption n'a eu lieu que depuis un quart d'heure, on n'en rencontre point ; encore n'apparaît-il dans l'urine de l'enfant que deux heures plus tard.

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2° L'élimination de l'acide salicylique se fait dans l'organisme fœtal bien plus rapidement après la naissance que pendant la vie intra-utérine.

3° L'élimination est plus rapide chez la mère que chez l'enfant.

4° L'acide salicylique ne se retrouve pas dans le liquide amniotique.

Gusserow, expérimentant sur des lapines, des chiennes, n'a jamais retrouvé, ni dans le liquide amniotique, ni dans l'urine du fœtus, l'iode qu'il administrait aux mères sous forme de teinture ; il en conclut que, si une transmission a lieu, elle doit être extrêmement lente.

Renouvelant l'expérience sur des femmes auxquelles il faisait prendre pendant la ijrossesse de l'iodure de potassium, il observa qu'un usage continu d'au moins quatorze jours du médicament était nécessaire pour qu'on pût le retrouver dans l'urine du fœtus.

Donc pour l'iodure de potassium également le passage est très-lent.

Max Runge, après avoir constaté également le passage du salicylate de soude et de l'iodure de potassium, s'élève contre la quatrième conclusion de Benicke et dit que, dans deux cas, il a pu trouver l'iodure de potassium dans le liquide amniotique.

Fehling, opérant sur des chiennes, des lapines et des femmes, a corroboré les assertions de Benicke et de Gusserow, tout en les modifiant.

Pour lui, le passage n'est ni aussi rapide que le veut Benicke, ni aussi lent que le prétend Gusserow.

Il a constaté de plus que le cyanoferrure de potassium, qu'il employait conjointement avec le salicylate de soude, présentait un équivalent endosmotique plus considérable que le salicylate.

Les observations intéressantes citées tout récemment dans le cours d'une discussion qui eut lieu à la Société obstétricale de New- York, à propos de l'influence des médicaments sur le fœtus, tendent à prouver également le passage des substances dissoutes, du sang de la mère dans celui du fœtus.

Gillette rapporta 6 cas dans lesquels des injections hypodermiques de solution de morphine ayant été pratiquées à la mère pendant le travail, il fut possible de constater sur les enfants, au moment de* leur expulsion, les effets physiologiques de la morphine, tels que : cyanose, pupille réduite aux dimensions d'un petit point, pouls très-lent (70), respiration hésitante, etc.

Thomas, d'accord avec Gillette, rapporte qu'après avoir donné de la morphine il a pu constater, dans un cas, que le pouls tomba de 141 à 119, et dans un autre, de 152 à 118.

Dans un autre cas, ou avait injecté successivement, deux fois, une solution de 2 milligrammes d'atropine, trois heures avant l'accouchement; l'enfant, extrait à l'aide du forceps, avait les pupilles très-dilatées et sans réaction à la lumière.

11 semble, d'après de nombreuses observations, que les poisons minéraux absorbés par la mère passent également dans l'organisiae fœtal.

Clouet donne des observations qui tendent à prouver que le phosphore avalé par la mère passe dans le fœtus.

Mareska et Lados, cités par Cazeaux, ont retrouvé de l'arsenic, et Constantin Paul et Baker du plomb dans le fœtus.

Le passage des matériaux gazeux de la mère au fœtus, soupçonné depuis longtemps, n'a été démontré que tout dernièrement pai' Zweifel, ainsi que nous le dirons à propos de la respiration.

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Zweifel et Fehling ont recherché si des gaz étrangers passent également. Le fait a été reconnu exact et pour le chloroforme, par Zweifel et Fehling, et pour l'acide carbonique, par Fehling.

Si les expériences de Zweifel relatives à la présence du chloroforme dans le corps du fœtus ne sont pas à l'abri de toute contradiction, la suivante, qui appartient à Fehling, nous paraît indiscutable.

Une femme éclamptique, anesthésiée à l'aide du chloroforme, huit heures avant l'accouchement, temps pendant lequel on a employé 120 centimètres cubes de chloroforme, expulsa au bout de ce temps le fœtus enveloppé dans ses membranes, sans que le médecin qui assistait cette femme s'en aperçût. Le fœtus était mort probablement, dit Fehling, parce qu'il était resté dans l'œuf entre les cuisses de sa mère. L'analyse du corps du fœtus décela d'une façon très-nette la présence du chloroforme.

Dans une autre circonstance, Fehling eut encore l'occasion de constater le passage du chloroforme dans le corps du fœtus.

Expérimentant sur des lapins à l'aide de l'oxyde de carbone, le même observateur constata le passage de ce gaz, qu'il retrouva dans le fœtus, soit à l'aide de procédés optiques, soit à l'aide de procédés chimiques. Il a constaté de plus que le gaz oxyde de carbone, pour traverser des membranes animales, ne doit pas être nécessairement lié aux globules sanguins, mais qu'il les traverse comme chez l'animal gravide par simple diffusion.

En résumé, le placenta est véritablement et exclusivement l'organe indispensable à la nutrition du fœtus. C'est grâce à lui que le sang absorbe les matériaux nécessaires : oxygène, albumine, graisse, sels, nécessaires à la formation et au développement des organes ainsi qu'à leur fonctionnement, lequel du reste est très-rudimentaire.

Ainsi que le font très-justement remarquer Beaunis et Bouchard, il n'y a chez le fœtus ni digestion proprement dite, ni absorption alimentaire ; il se trouve dans le cas d'un animal dans lequel on injecterait directement dans le sang les principes nutritifs, tels que les peptones et les sels minéraux.

Respiration. L'héviatose existe chez le fœtus, mais elle est indirecte, dépendant non du fœtus lui-même, mais de ses annexes.

Avant de prouver l'affirmative de ce fait, il est nécessaire de donner ici un résumé rapide de l'historique de cette question si discutée, si controversée par tous les physiologistes.

Depuis qu'Hippocrate, sans s'expliquer autrement, a dit que l'enfant « tire nourriture et A'ent au ventre de sa mère » , presque tous les physiologistes ont admis la respiration du fœtus. Mais tandis que les uns, comme Duvei'ney, Vallisneri, Cheselden, Hérissant, Boerhaave, Jampert, Muller, pensaient que la respiration a lieu au niveau du placenta et comparaient cet organe au poumon, d'autres ont admis une respiration pulmonaire, analogue à la respiration branchiale. C'est ainsi que Schultze, se fondant sur ce fait erroné que le liquide amniotique contient de l'oxygène à l'état libre, s'appuyant sur les observations mal interprétées de Vesale, Winslow, Rœderer et Haller, admit la respiration pulmonaire. Schweighaiiser, au lieu de considérer le placenta comme l'analogue du poumon, lui donna une destination diamétralement opposée ; il lui attribua pour fonction de convertir en sang veineux la partie encore artérielle de 'celui qui est rapporté par les artères ombilicales, afin de le rendre propre à la sécrétion de la bile.

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Jusqu'en 1822, toutes les preuves accumulées sur lesquelles reposaient ces différentes théories avaient été indirectes, c'est-à-dire ne reposaient que sur des raisonnements et nullement sur des faits sérieux.

A partir de cette époque, on commença à étudier les caractères du sang de la veine ombilicale et des artères ombilicales, recherchant surtout une différence dans la coloration.

Bohn, le premier, a dit avoir vu sur des fœtus de chien une coloration différente dans les deux ordres de vaisseaux.

Hoboken rapporte que sur des fœtus humains il vit le sang rouge clair dans la veifle et rouge pourpre dans l'artère ombilicale.

G. T. Schûtz et Authenrieth, après maintes expériences, disent n'avoir jamais constaté de différences dans la coloration du sang de la veine ou des artères.

Bichat, dans son Anatomie générale, axï'we à la même conclusion que les deux auteurs qui précèdent.

MuUer, qui dans son édition de 1855 parle d'une certaine respiration placentaire, professe une opinion absolument contraire dans son édition de 1840, et s'élève avec force contre toute respiration placentaire. Les sucs nutritifs sont directement transmis au fœtus par le sang maternel : donc la respiration est inutile.

Pour Bischoff, le fœtus se comporte comme un organe maternel; il n'a pas besoin de respirer et ne respire pas. Les organes de la mère ne respirent point, mais ils ont besoin d'un sang qui ait respiré ; de même le fœtus ne respire pas, mais il a besoin du sang artériel de la mère. Le défaut de respiration, dit-il encore, concorde avec le défaut de chaleur propre du fœtus.

Schiitz et Authenrieth avaient annoncé que la température prise sur des fœtus de lapins aussitôt après leur extraction était de 3 degrés Béaumur audessous de celle de la mère.

Bârensprung trouve la température du nouveau-né, tantôt inférieure, tantôt égale, tantôt supérieure à celle des voies génitales de la mère.

Schâfer constate que généralement la température des nouveau-nés dépasse celle du vagin et de l'utérus de 0,1 à 0,3 de degré.

Andral, Wurster, Fehling et Alexeef, par des recherches thermométriques précises, vinrent confirmer ces résultats et démontrer que la différence de température est plus accusée dans certains cas, puisqu'on peut la rencontrer de 0,5 à 0,7 de degré plus élevée chez le fœtus que chez la mère.

Schwartz, tout en n'ayant constaté aucune difféi'cnce de coloration dans les deux ordres de vaisseaux, admet cependant la respiration, se fondant et sur la présence de l'urée et de l'acide urique dans l'urine et sur l'activité musculaire et nerveuse du fœtus.

Pllueger amoncelle les meilleures raisons pour prouver que le fœtus l'espire, mais il n'en donne pas la preuve directe.

Longet se range sous la bannière de Bischoff, pour nier la respiration du fœtus. « Les physiologistes qui ont tant agité cette question auraient dû, avant de chercher dans le fœtus des organes respiratoires, constater l'existence d'une respiration et la nécessité de cette fonction. On ne peut douter qu'ils ne se soient laissé guider par de fausses analogies entre les organes des embryons d'oiseaux et les organes des embryons des mammifères. Ils auraient reconnu que chez ceux-ci l'absorption des liquides puisés dans un sang qui a déjà respiré rend une nouvelle respiration inutile. Le fœtus des mammifères, au point de vue de

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la nuLrition, n'a pour ainsi dire pas de vie individuelle. L'assimilation; la formation histologlque et organique, lui sont particulières; mais la nutrition, la préparation des aliments, des liquides et des sucs nutritifs lui sont communs avec tous les tissus, tous les organes de la mère. »

Schrœder admet la respiration placentaire, qui est prouvée, dit-il, par ce fait que, dès qu'on interrompt la circulation funiculaire, le fœtus exécute des mouvements respiratoires; vient-on à lui transmettre alors de l'oxygène par une voie artificielle, aussitôt les mouvements respiratoires cessent, le fœtus redevient apnéique. Donc, conclut Schrœder, le fœtus respire aussitôt que l'oxygène lui fait défaut, et pendant la vie intra-utérine c'est le placenta qui lui transmet cet oxygène.

Ainsi qu'il résulte de cet exposé, en niant ou en affirmant la respiration du fœtus pendant la vie intra-utérine, aucun auteur n'a fourni une preuve directe; les uns niant une chose qui leur paraissait inutile, les autres admettant cette même chose parce qu'elle leur paraissait vraisemblable.

Dans une première série d'expériences, Zweifel, en constatant la présence de l'oxygène dans le sang du fœtus, a prouvé pour la première fois d'une façon indiscutable l'existence de l'hématose chez le fœtus. Dans une seconde série d'expériences, Zweifel lit plus, il saisit sur le fait le phénomène.

Il constatî\, à l'aide du spectroscope, la présence de l'oxyhémoglobine dans le sang des vaisseaux ombilicaux de fœtus n'ayant pas encore respiré.

Les raies d'absorption sont très-visibles, se conservent très-longtemps (plus de 24 heures) dans des portions de cordon ombilical lié pendant l'accouchement, et avant que le fœtus ait respiré. La persistance des raies d'absorption est extrêmement curieuse, car elle est bien moindre pour le sang de l'adulte.

Cette expérience, dit Zweifel, démontre d'une façon péremptoire l'hématose placentaire. Car le fœtus soustrait à l'influence atmosphérique ne peut recevoir de l'oxygène que de l'organisme maternel et le lieu où se fait cet échange ne peut exister ailleurs qu'au niveau du placenta.

Pensant qu'en raison delà persistance des raies d'absorption de l'hémoglobine, constatées sur le sang des asphyxiés, on pourrait attaquer et les expériences et son raisonnement, Zweifel entreprit de nouvelles recherches.

Sur des lapines pleines qu'il faisait respirer artificiellement ou qu'il rendait apnéiques, les petits ayant été extraits de la cavité abdominale avec le plus grand soin, en évitant surtout de troubler la circulation inter-utéro-placentaire, et placés dans de l'eau chaude et salée, il vit très-distinctement, quand on faisait respirer la mère, le sang de la veine ombilicale rouge et celui des artères noir.

Quand la mère était rendue apnéique , le sang ne tardait pas à présenter d'abord une coloration uniforme dans les deux ordres de vaisseaux, puis après un temps plus ou moins long le sang devenait plus noir dans la veine que dans les artères. Ce fait intéressant est expliqué par Zweifel et Zuntz de la façon suivante : quand le sang de la mère est plus oxygéné que celui du fœtus, l'oxygène passe à travers l'épithélium des villosités choriales de l'organisme maternel dans l'organisme fœtal. Quant au contraire, par suite de l'apnée, le san^ maternel devient moins riche en oxygène que celui du fœtus, le phénomène inverse se passe; non-seulement le fœtus ne reçoit plus d'oxygène, mais le san^delà mère lui en soustrait {voy. p. 526).

L'existence d'une véritable respiration se faisant au niveau des villosités plamcT. ENc. i^ s. 11. 53

514 FŒTUS (anatomie et physiologie).

centaires est donc constatée, et par l'analyse chimique et par l'c'tude optique.

Le fœtus par l'intermédiaire du placenta absorbe directement de l'oxygène et se débarrasse de son acide carbonique. ^

La totalité des globules sanguins maternels est à la circulation fœtale ce que l'air extérieur est à la circulation pulmonaire. L'échange se fait de globule à globule, absolument comme dans l'expérience suivante due à Gréhant :

Un poisson étant placé dans du sang préalablement battu et défibriné et oxygéné, deux faits peuvent être aisément constatés : 1" le poisson continue à vivre, 2° après un certain laps de temps la masse de sang, qui était rouge, ne tarde pas à se foncer pour devenir enfin tout à fait noir, A ce moment, des phénomènes asphyxiques se manifestent sur le poisson. Agite-t-on de nouveau ce sang à l'air libre, on le voit reprendre sa teinte l'ouge, les globules sanguins ayant puisé de l'oxygène dans l'air, il est redevenu respirable pour le poisson. Cette expérience prouve de la façon la plus claire l'échange d'oxygène et d'acide carboni(jue entre les globules sanguins.

Si l'hématose existe chez le foetus, elle est peu active et peu intense. Le sang du fœtus contient beaucoup moins d'hémoglobine que le sang de la mère.

Et comme dans un sang pauvre, en hémoglobine une faible différence dans les proportions de ce corps détermine déjà une grande différence de coloration, il est permis de conclure, dit Zuntz, de la très-faible différence de coloration, observée entre le sang de la veine ombilicale et celui des artères, que vraisemblablement les oxydations sont plus ftiibles chez le fœtus que chez l'adulte.

Si la température est plus élevée chez le fœtus que chez la mère, bien que chez lui les processus d'oxydation soient moins actifs, cela tient à ce que la faible quantité de chaleur qu'il produit lui-même vient s'ajouter à celle qu'il reçoit de la mère, chez lui le rayonnement calorifique étant à peu près nul et l'évaporation impossible.

Ajoutons enfin que cette faible quantité d'oxygène nécessaire au fœtus s'explique par le fait d'une nutrition spéciale, et par l'absence à peu près complète de toute activité musculaire, hormis celle du cœur.

Sécrétions. En raisoii du mode de nutrition existant chez le fœtus, en raison du peu de ti'avail qu'il produit, du peu de forces qu'il dépense, les processus d'oxydation et de désassimilation sont peu marqués, et par cela même les sécrétions et les excrétions fort peu abondantes.

Peau. La peau ne commence guère à fonctionner qu'à partir du cinquième mois, à ce moment les glandes sébacées sécrètent une matière pai"ticulière qui, en s'unissant aux cellules épidermiques, forme l'enduit sébacé, vernix casesoUr qu'on trouve en si grande abondance quelquefois sur certaines parties du corps.

Wislicenus a démontré qu'au point de vue chimique le vernix caseosa n'est presque autre chose que de la graisse pure et ne constitue pas, comme plusieurs auteurs le supposaient, un savon ammoniacal dû à la transformation du carbonate d'ammoniaque, contenu dans le liquide amniotique.

L. Prochownick, après avoir constaté la présence de l'urée et du chlore dans le liquide amniotique, croit pouvoir affirmer que ces substances ne viennent pas seulement du rein, mais encore et en plus grande quantité de la peau. Ce fait semble indiquer le fonctionnement des glandes sudoripares.

Muqueuses. Seule la muqueuse de l'appareil digestif sécrète d'une façon appréciable, pendant la vie intra-utérine. Vers le cinquième mois, un peu de mucus apparaît dans la cavité stomacale; quant à la muqueuse intestinale, le

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produit qu'elle sécrète se trouve mélangé avec celui qui résulte de la sécrétion biliaire et pancréatique.

Le développement énorme du foie, dès le deuxième et le troisième mois, la nature et la quantité du sang qu'il reçoit, expliquent la précocité de la sécrétion biliaire qui commence vers le troisième mois. A partir du cinquième mois, la portion supérieure de l'intestin grêle est remplie d'une matière dans laquelle les réactions chimiques décèlent la présence de la matière colorante et des acides de la bile.

Dans les derniers mois de la grossesse, le gros intestin est rempli d'une matière brune ou verdâtre, le méconium, formé du mélange de la sécrétion biliaire avec la sécrétion intestinale. Si quelquefois on y trouve du vernix caseosa (graisse, duvet, lames épidermiques), ces substances proviennent de la déglutition accidentelle du liquide amniotique.

Séreuses. Les membranes séreuses ne restent pas inactives pendant la gestation; le liquide céphalo-rachidien existe en assez grande abondance au moment de la naissance. Cette sécrétion peut même être exagérée, sous l'influence de certaines causes, ainsi qu'on le remarque dans les cas d'hydrocéphalie et d'hydrorachis {voy. Hydrocéphalie, Hvdrorachis et Hydrothorax).

Corps de Wolff et reins. On admet généralement que pendant le premier tiers ou la première moitié de la grossesse, les corps de Wolff remplacent' les reins et sécrètent. Leur volume relativement très-considérable dans les premiers mois, leur structure anatomique dans laquelle on reconnaît des éléments analogues aux glomérules de Malpighi, leur ont fait donner par Jacobson et Barthe le nom de reins primordiaux {vorj. Corps de Wolff). Quand vers la fin de la première moitié de la grossesse leur rôle cesse, les reins à leur tour fonctionnent et sécrètent. Ce point est admis par tous les auteurs.

Mais la sécrétion est-elle assez abondante pour que le fœtus excrète, même dans le liquide amniotique ? Telle est la question si controversée, et sur laquelle les auteurs ne sont nullement d'accord. Pour les uns, le foetus urine pendant tout le cours de la grossesse, et en si grande abondance que vers la fin de la grossesse c'est la principale source, sinon la source unique du liquide amniotique. Pour d'autres, le fœtus n'urine pas plus dans le liquide amniotique qu'il n'y excrète son méconium, et ils considèrent comme un fait accidentel l'excrétion urinaire pendant la gestation. Entre ces deux opinions extrêmes, s'en trouvent d'intermédiaires qui se rapprochent plus ou moins soit de l'une, soit de l'autre. En présence de cet état de choses, il nous paraît indispensable de donner les principales raisons invoquées par les partisans de l'un et l'autre camp.

Les partisans de la sécrétion et de l'excrétion urinaire disent :

Quand il y a imperforation de l'urèthre, on trouve une accumulation énorme de liquide dans la vessie {voy. Dystocie fœtale). Quand les uretères sont mal formés ou manquent, il y a hydronéphrose. Dans la plupart de ces cas le liquide amniotique fait défaut. Plus les enfants sont volumineux, plus le liquide amniotique est abondant. On ne trouve pas d'urée dans le corps du fœtus, donc ce produit est excrété.

A partir du 5" ou du 6" mois, le réseau capillaire des vasa propria, qui se trouve immédiatement sous l'amnios, découvert par Jungbluth et considéré par lui comme la source principale du liquide amniotique pendant la première moitié de la grossesse, est oblitéré, et le liquide amniotique augmente surtout à partir de ce moment.

516 FŒTUS (anatomie et physiologie).

On a trouvé dans le liquide amniotique des cellules provenant du rein et des uretères.

Enfin, la composition chimique du li(piide amniotique prouve que le foetus urine.

Le récent et consciencieux travail de Prochownick, dont nous donnons cidessous les conclusions et les tableaux concernant l'analyse du liquide amniotique humain, paraît de pi'ime abord entraîner la conviction, mais nous verrons plus loin ce que l'on peut penser de ces conclusions.

Conclusions données par Prochownick :

1° Le liquide amniotique provient exclusivement du fœtus, il est le résultat de ses échanges, et par cela même un produit de désassimilation.

2° 11 est excrété par la peau et par les reins.

3° L'excrétion par la peau commence dès le début de la grossesse. Celle par les reins ne commence d'une manière sérieuse et régulière que peu avant la moitié de la grossesse.

4° L'amnios est une membrane séreuse ; dans les conditions normales il n'y a qu'un phénomène de résorption (diffusion par son intermédiaire de l'intérieur vers l'extérieur).

5° La structure et par suite l'importance mécanique et physique des membranes, principalement de l'amnios, se modifie dans le cours de la grossesse, de telle' sorte que la résorption puisse se faire de mieux en mieux.

6° Le degré de concentration du liquide amniotique va en s'accroissant pendant la première moitié de la grossesse, puis il diminue rapidement et dans la dernière période reste sensiblement constant.

1° Le liquide amniotique de la femme renferme de l'urée pendant toutes les périodes de la grossesse, à partir de la 6^ semaine {voy. le tableau p. 519).

8" Cette urée est produite par le fœtus, et est excrétée tant par la peau que par les reins.

9° La quantité d'urée excrétée pendant le o" tiers de la grossesse est certainement proportionnelle à la taille et au poids du fœtus {voy. le tableau p. 519); il est probable que le même rapport persiste pour les autres périodes.

10° De la ô'^ à la 20<^ semaine, on trouve 16 millièmes d'urée pour 100 de liquide, la 38*' semaine, de 15 à 17 millièmes.

Dans la 40'' semaine, 18 à 19 millièmes.

Dans les cas d'hydramnios 22 à 34 millièmes.

Les auteurs qui pensent que le fœtus n'urine pas, répondent :

Dans tous les cas où il y a eu rétention d'urine, il y avait malformation : un fait tératologique ne peut expliquer un fait physiologique. Dans ces cas le liquide amniotique n'a pas toujours fait défaut, loin de là. Le liquide contenu dans la vessie ou dans la poche qui en tenait lieu ne présentait pas la composition cliimique de l'urine du fœtus. Certains enfants dont le méat urinaire est imparfait ne présentent point de distension anormale de la vessie.

La quantité de liquide amniotique n'est nullement en rapport avec le volume du fœtus ; on sait au contraire que dans les cas d'hydropisie de l'amnios les fœtus sont petits et présentent toujours des malformations.

Dans les cas d'hydropisie de l'amnios, on a trouvé jusqu'à la fin de la grossesse les vasa propria perméables, ce qui indique que c'est le système capillaire qui est la source du liquide amniotique.

On trouve peu ou pas d'urée dans le corps du fœtus, parce que les processus de désassimilation sont très-peu accusés.

FOETUS (anatojiie et puysiologie).

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