FOLIE IMPULSIVE
tal, il faut savoir provoquer leurs confidences par un interrogatoire habile, et arriver ainsi à connaître leurs scrupules et les incertitudes de leur esprit, qui vous mettront sur la voie du diagnostic. Le pronostic est toujours grave, cependant on cite des guérisons. Berger rapporte deux faits de rétablissement complet après un traitement par l'hydrothérapie et le bromure de potassium. Legrand du Saulle ne veut voir, dans toutes les guérisons qui ont été constatées, que des rémissions très-longues, de trois à cinq ans, par exemple.
Traitement. On comprend que le traitement de cette affection doit être surtout moral. La séquestration du malade dans une maison d'aliénés est ici contre-indiquée, car l'isolement serait funeste. Il faut, au contraire, combattre le désœuvrement, imposer énergiqiœment au malade, qui d'ailleurs est le plus souvent plein de bonne volonté, des occupations absorbantes : aux femmes pensives, les soins du ménage, l'étude assidue de la musique ou des langues étrangères, l'équitation, etc.; aux hommes, la menuiserie, le tour ou la serrurerie; il faut les obliger à devenir chasseurs, à apprendre l'escrime. A l'un et à l'autre sexe, le médecin conseillera les longs voyages ; il les enverra parcourir à pied, s'il est possible, une partie de la Suisse ou de l'Italie, etc. En résumé, un seul but est à atteindre : combattre à outrance l'oisiveté des malades.
Quant au traitement physique, il consistera en toniques, ferrugineux, etc., si l'état général l'exige; enfin, l'hydrothérapie sous toutes les formes (bains, douches, affusions froides, enveloppements dans les draps mouillés) et le bromure de potassium, dont se sont servis plusieurs praticiens, ont rendu de véritables services et d'excellents résultats. Ant. Ritti,
Bibliographie. — Esquirol. Traité des maladies mentales, t. I. Article De la monomanie raisonnante ou sans délire. — Parchappe. Symptomatologie de la folie. In Annales rnédicojjsijckologiques, 1850 et 1851. — Delasiauve. De la mnnomanie au point de vue psychologique et léyal. In Annales médieo-psychologiques, 1853 et 1854. — Du même. Des pseudomonomanies ou folies -partielles diffuses. In Annales médico-psychologiques, 1859. — Baillarger. Monomanie avec conscience, de l'apparition fréquente de certaines monomanies à V époque de la puberté. In Archives cliniques des inaladies mentales et nerveuses, p. 140, 48G1. — Marcé. Traité des maladies mentales. Paris, 1862. Cliap. des Monomanies. — l'ALRET. De la folie raisonnante ou folie morale. Paris, 186tj. — Baillarger, Falret, Lunier, Delasiauve. Discussion sur la monomanie raisonnante, à la Société médico-psychologique, In Annales médico-psychologiques, t. VIII, 1866. — Morel. Du délire émotif, névrose du système nerveux ganglionnaire viscéral. In Archives générales de médecine, 1806. — Griesjnger. Ueber einen tuetiig bekannten psychopatischen Zustand. In Archiv fur Psychiatrie und Nervenkrankheiten, p. 626, 1868-1869. — Legrand du Saulle. La folie du doute avec délire du toucher. Paris, 1875. — Bi-rgeu (Oscar). Die Grûbelsucht, ein psychopathisches Symptom. In Archiv fiir Psychiatrie, p. 217, 1876. — Ritti (Ant.). De la folie du doute avec délire du toucher. In Gazelle hebdomadaire, n° 42, 1877. A. R.
FOLIE ÉPiDÉniQUE. Voij. Épidémiques (Folies).
FOLIE ÉPILEPTIQUE. Voy. ÉPILEPSIE.
FOLIE EROTIQUE. Yoy. MoNOMANIE, NïMPHOMAJSIE et SaTïRIASIS. FOLIE HÉRÉOITAIRE. Voy. HÉRÉDITAIRE (Folie).
FOLIE HYPOCHo:%'DRiAQUE. Voy. Hypochondrie. FOLIE HYSTÉRIQUE. Voy, Hystérie.
FOLIE IMPULSIVE. FOLIE IXSTIXCTITE. Yoy. HÉRÉDITAIRE (Folie), Manie; et Monomanie.
FOLIE PAR INTOXICATION. 5i9
FOLIES PAR lî^TOXiCATiOX. Sous ce nom, Morel a, dans sa classification étiologique des maladies mentales, établi un groupe distinct d'aliénations dues à l'ingestion des diverses substances ébriantes et toxiques {Traité des Maladies mentales, 1860). Il se fondait en cela sur les relations intimes qui existent entre la nature de la cause et le trouble fonctionnel ou la lésion de l'organe ; ce qui est vrai et il faut reconnaître que, chez le même individu, l'ingestion de certaines substances amène toujours des faits similaires, détermine toujours les mêmes hallucinations. De plus la répétition fréquente de la même habitude, l'ingestion de liqueurs alcooliques, par exemple, suscite chez les individus des perturbations identiques du système nerveux. Ce sont chez tous un délire spécial, des hallucinations caractéristiques, les mêmes troubles du système digestif, les tremblements des membres, des anesthésies partielles, etc. Il en est de même pour les autres substances toxiques, qui sei'ont énumérées tout à l'heure. Un autre signe caractéristique ^e ce groupe d'aliénations, c'est que les causes qui les engendrent n'exercent pas seulement leur in/îuence sur les individus qui y étaient exposés, mais ont une action manifeste sur l'état physique et mental des enfants qui sont fécondés dans la péi^iode où leurs parents se livrent à l'usage excessif des différentes substances toxiques. Cela est surtout vrai de l'alcool et de l'opium.
Morel divise les folies par intoxications en trois classes :
Dans la première classe rentrent les maladies produites par les substances narcotiques employées pour se procurer des sensations factices, telles que l'alcool, l'opium et d'autres narcotiques employés chez certains peuples. Ces substances, absorbées périodiquement, amènent des manifestations délirantes spéciales, et ces troubles particuliers du système nerveux présentent le même caractère chez tous les individus exposés à la même cause. {Voy. Alcoolisme, Haschich, Opium, etc.) Il faut ranger dans la même classe les troubles mentaux produits par l'intoxication chronique du plomb, du mercure, du phosphore, etc. [Voy. ces différents mots.)
Dans la deuxième classe, Morel range les perturbations nerveuses produites sous l'influence d'une nourriture insuffisante ou altérée. Ici, craignant de mal interpréter sa pensée, il nous semble utile de citer textuellement l'auteur : « Lorsque les conditions générales de l'alimentation sont changées, dit-il, lorsque les substances qui en font la base sont viciées, on observe des aberrations qui se traduisent, dans le premier cas, sous la forme de débilités progressives de l'intelligence et d'abâtardissement de la race, et dans le deuxième, sous la l'orme de maladies nerveuses spéciales, manifestations délirantes, hallucinations identiques, tendances au- suicide similaires. Ces différents états nerveux épidémiques, qui ont régné autrefois sous le nom d'ergotisme, mal des ardents, ne reconnaissaient pas d'autres causes, et il est probable que la pellagre, qui se signale par la cachexie, la profonde altération des fonctions digestives et nutritives, se rattache à des éléments étiologiques de même nature. » {Traité des mal. ment., p. 263.)
La troisième classe enfin comprend les maladies produites par des influences paludéennes ou par la constitution géologique du sol, telles que les folies à la suite des fièvres intermittentes et le crétinisme.
Ce groupe est certainement un des plus naturels de la classification de Morel; car ce ne sont pas seulement les causes des affections qu'il renferme, mais encore la marche et l'évolution de leurs symptômes, qui, étant bien doter-