‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.39Chapitre 29 sur 89 · L. Hs · texte numérisé non relu

L. Hs

FO^TEXELLE (JuLiA de). U serait difficile de trouver dans les annales <de la science un travailleur plus infatigable que cet homme méritant ; car depuis l'année 1802, qui est celle de son doctorat, jusqu'à l'année 1842, qui est celle de sa mort, il n'a pas cessé de confier à la presse une foule de productions, qui ont certainement contribué à la vulgarisation des connaissances humaines. Que dans cet espace de quarante ans, on consulte les recueils scientifiques, la Bibliothèque physico-économique, VÉclectique, \e Journal de chimie médicale, les Annales de la Société de médecine de Montpellier, le Journal universel des sciences médicales, la Revue médicale, le Journal de pharmacie, les Archives générales de médecine, la Biographie universelle, etc., etc.; et l'on trouvera à chaque pas, pour ainsi dire, le traces de Julia de Fontenelle. Il ne peut être mis au rang des hommes que le génie a touchés, mais il a un droit incontestable à notre respect pour avoir été l'interprète intelligent, zélé et probe du mouvement scientifique de son siècle, saisissant tout au passage : chimie scientifique, chimie industrielle, physique pure et chimie appliquée, médecine, arts manufacturiers, histoire naturelle, agriculture, eaux minérales, viticulture, arts d'agrément, histoire, littérature, etc., etc.

Julia de Fontenelle était né à Narbonne, chef-lieu d'arrondissement du département de l'Aude, le 20 octobre 1790. Il fut reçu docteur à la Faculté de Montpellier, en l'an XI; le sujet de la thèse dit assez les tendances scientifiques du récipiendaire : Dissertation physique et chimique sur Vair atmosphérique, suivie de l'examen des principaux météores aqueux (in-4'' de 79 pages). Je vois par cette thèse que le jeune docteur se nommait Julia, tout court, et que

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son père, Pierre Julia, était négociant à Narbonne. Nous ne savons l'origine de cetteadjonction : De Fontenelle.

J. S. E. Julia, de Narbonne, plus tard Julia de Fontenelle, est mort dans le mois de février 1842; il avait occupé les places de professeur de chimie et de commissaire examinateur à la marine. A. C.

I. Recherches sur Vanliseptic'déde quelques végétaux. Montpellier, 18t3, in-8°. — II. Mémoire sur l'existence de la gélatine dans V urine humaine. Montpellier, 1814, in-S». — III. Dissertation sur les eaux minérales connues sous le nom de a Bains de Bennes. » Toulouse, 1814, in-S", 80 pp. — IV. Œnologie. Lettre à M. le baron de Malaret. Toulouse, 1821, in-4°. — V. Bapport sur le danger du déboisement des montagnes de la Clappe. Narbonne, 1821, in-S». — YI. Examen de l'appareil du rapport de M. Dispan sur l'appareil Gervais. Toulouse, 1822, in-8'', 61 pp. — YII. Rapport sur la fabrication de l'acier. Paris, 1825, in-8°. — VIII. Becherches historiques, chimiques et médicales sur l'air marécageux, Paris, 1823, in-8''. — IX. Becherches sur la fermentation vineuse. Paris, 1823, in-S». — X. Notice sur M. de Lacépède. Paris, 1825, in-8°. — XI. Notice historique sur M. le comte Berthollet. Paris, 1826, in-8°. — XII. Bechei-chcs chimiques et médicales sur les combustions humaines spontanées. Paris, 1828, in-8°. — XIII. Recherches médico-légales sur l'incertitude des signes de la mort. Paris, 1835, in-8'>. — XIV. Nouveau dictionnaire de botanique médicale et pharmaceutique. Paris, 1856 (3° édit.), 2 vol. in-8°. — XV. Guide pour les recherches et observations microscopiques. Paris, 1857, in-S". — XVI. Histoire naturelle des fables de La Fontaine. Paris, 1841, in-18. — XVII. Dans les Annales de Chimie, un Mémoire. sur la culture de la soude dans le Languedoc (t. XLIX, p. 267) ; un Nouveau procédé pour teindre le coton rouge en amarante (t. L, p. 147); une Description d'un nouvel appareil pour la distillation du vin [t. LVIII, p. 291) ; nne Analyse des eaux minérales de Molitx (t. XVII, 2" série, p. 535) ; une Note sur un phénomène d'incandescence particulier à la baryte (t. XXXVII, 2* série, p. 235), etc., etc. — XVIII. Dans la collection in-18 de Roret, au moins vingt Manuels, servant de guides aux bijoutiers, tanneurs, blanchisseurs, nageurs, chamoisiers, papetiers, verriers, herboristes, épiciers, chapeliers, perruquiers, fabrican's et épuratews d'huiles, vinaigriers, etc., etc. Un Manuel complet des sorciers ou la magie blanche dévoilée ; un Manuel de physique amusante ; un Manuel de chimie médicale; un Manuel complet, théorique et pratique de pharmacie populaire, etc., etc.

FOXTEXELiiE (Eau MINÉRALE de) , athemiale , bicarbonatée ferrugineuse faible, carbonique faible. Dans le département de la Vendée, dans l'arrondissement et à 4 kilomètres de la Roche-sur-Yon, en face de l'abbaye qui lui a donné son nom, émerge une source dont l'eau est limpide, claire, transparente et sans odeur ; son goût est manifestement ferrugineux ; elle est traversée par des bulles gazeuses assez rares et d'un assez gros volume ; sa température est de 150 ^^ 140 centigrade. Son analyse chimique exacte n'est pas connue, mais l'examen sommaire qu'en a fait Cadet lui a indiqué que l'eau de Fontenelle a une grande analogie de composition élémentaire avec celle de Forges de la Seine- Inférieure {voy. ce mot).

L'eau de Fontenelle est employée exclusivement en boisson par beaucoup de personnes du voisinage qui viennent lui demander la guérison d'affections produites ou entretenues par un état de pauvreté trop grande du sang, comme cela existe dans l'anémie et dans la chlorose. A. R.

FOXTEXELLES (Eau MINÉRALE de), athermale, sulfurée calcique faible^ sulfureuse faible. Dans le département de la Vienne, dans l'aiTondissement de Loudun, émerge une source dont l'eau est limpide et claire ; son odeur et sa saveur sont manifestement hépatiques ; sa température est de 13°, 7 centigrade. Son analyse chimique a été faite par Poirier avec de l'eau transportée, ce qui ne lui a pas permis de doser les gaz qu'elle renferme ; il a trouvé dans 1 000 grammes de l'eau de Fontenelles les principes fixes suivants :

FONTEYN (bibliographie). 405

Sulfure de calcium 0,0068

Chlorure de calcium 0,063"2

Sulfate de soude 0,U8oO

— chaux O.OlàO

Carbonate de chaux 0,0620

— magnésie 0,0160

Nitrate de potasse 0,0000

Silice 0,0150

Matières organiques 0,C050

Perte 0,0020

Total des matières fixes O,ô0C0

L'eau de la source de Fontenelles s'emploie en boisson surtout par quelque personnes de la contrée, qui souffrent de catarrhes chi-oniques des voies aériennes ou uro-poiétiques. Les malades qui viennent se traiter de dermatoses ont l'habitude d'ajouter à leur cure interne des lotions sur les points affectés de l'enveloppe cutanée. A. R.

FO\TEXETTES (Loois de). Médecin à Poitiers, né dans le Berry en 1612, mort en 1G61. Hippocrate dépensé, ou la version paraphrasée de ses Aphorismes, en vers françois (Paris, 1654, in-4°), tel est le titre d'un livre singulier tombé de la plume de ce rimailleur, et qui est dédié à Guy-Patin. L'auteur a eu le soin, pour qu'on puisse retrouver dans ce salmigondis la pensée du père de la médecine, de placer en regard de ses vers le texte des parties d'aphorismes qui s'y rapportent. Voici, par exemple, comment est rendu le fameux aphorisme : Extremis morbis, extrenia ad ungiiem remédia :

A bon chat (comme on dit) bo?i rat, A bon assaut meilkur combat :

Ainsi, quand un mal est extrême Remède doit estre de mesme.

Ainsi va le reste. A. G.

FOj\TET]\i (Nicolas). Connu sons le nom de Fontanus, est né à Amsterdam au commencement du dix-septième siècle. 11 exerça la médecine, la chirurgie et les accouchements, et s'est fait aussi connaître comme professeur d'anatomie. Gomme accoucheur, il se servait surtout avec habileté du crochet ; comme chirurgien, on lui doit une observation curieuse d'extirpation de l'utérus, que les auteurs actuels ne semblent pas connaître; une observation de laryngotomie suivie de succès, une résection d'une partie de poumon avec guérison, etc. Nous connaissons de lui :

I. Institidiones pharmaceuticœ ex Bauderonie et Du Boys, iîi pharmacopœorum gratiam potissimum concinnatœ. Amsterdam, 1633, in-I2. — II. Aplwrismi Hippocratis methodicè expositi, quibus accedit tractatus de extractione fœtus mortui per uncum. Amstei'dam, 1633, in-12. — III. Florilegium medicum, in quo flores universœ medicinœ, tam theorias quant praclicœ, per paries distinctas proponuntur, et raris, uiilibus, illuslribusque quœstionibiis cxornanfur. Opus non solum medicis, veruni et clùrurgis apprime jucundum et necessarium. Amsterdam, 1657, in-12. — IV. Responsionum et curationum medicinahum liber unus. Amsterdam, 1659, in-i2. — V, Auctarium annotationum in praxim artis medicœ Remberli Bodonœi. Amsterdam, 1640, in-S" ; autre édition, 1642, in-12. — VI. Observationum rariarmn analecta. Amsterdam, 1641, in-4° (ce recueil contient vingt-deux observations de chirurgie). — YII. Annotationes ad epitomen anatomiœ Andrece Fesa/ù. Amsterdam, 1642, in-tol. — VIII. Commentarius in Sebastianum Austrium de puerorum morbis. Amsterdam, 1642, in-12 et in-8°. — IX. Fous sive origo febrium, earumque remédia. Amsterdam, 1644, in-12. — X. Sijntag ma medicum de morbis mulierum, in quatuor tomo^ distinctum. Amsterdam, 1645, in-12. — XI. Responsio ad propos itam sibi quœslionem. An manus clavis tr ans fixœ pares sint ferendo corpus inde pendiàum. Amsterdam, in-4*.

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FOXTICKLE OU EXI'TOIRE. Pris dans ce sens, le mot Cautère s'appli- {Tue à un ulcère artificiellement produit et artificiellement entretenu dans un but thérapeutique.

On ne doit établir des cautères que sur des points où la peau est doublée d'un tissu cellulaire abondant. Autrement on risquerait d'atteindre des organes importants ou de provoquer des inflammations propagées redoutables.

Lorsque le cautère est employé contre une affection localisée, on le place, en général, à proximité du point ou de l'organe malade, à la nuque ou le long de la colonne vertébrale dans les maladies des yeux, des oreilles, du rachis ou de la moelle ; à l'épaule, dans la région sous-claviculaire ou même dans les espaces intercostaux pour les alfections de poitrine; au creux épigastrique ou sur la paroi abdominale pour les affections viscérales de l'abdomen.

Quand au contraire, suivant la pratique ancienne, l'exutoire est employé contre une affection générale, une disposition ou une tendance de l'économie, on le place dans les régions où il a le moins d'inconvénients et cause le moins de gêne : tiers supérieur et interne de la jambe, tiers inférieur et interne de la cuisse, empreinte deltoïdienne, surtout du côté gauche. Ce dernier point peut être considéré comme le véritable lieu d'élection du cautère. La marche et la station verticale irritent, élargissent et font souvent saigner l'ulcèi^e placé aux membres inférieurs, tandis que ces inconvénients n'existent pas pour le bras. D'autre part, le malade peut aisément se panser lui-même quand la plaie siège au bras gauche. Pour ces motifs, le bras devra être préféré quand il n'y aura pas de raison valable d'en décider autrement.

Nous renvoyons à l'article Révulsion, Révulsif, la question de savoir quelle est la valeur et l'utilité du cautère. Son emploi dans les affections générales et les diathèses perd chaque jour des partisans et n'est plus guère aujourd'hui qu'un souvenir ; mais beaucoup de praticiens y ont encore recours contre les affections locales, ou contre les localisations de maladies générales. Parfois ils multiplient les exutoires qu'ils disposent par paires au nombre de deux, quatre, six, et cherchent, par des procédés que nous indiquerons, à prolonger et à raviver l'ulcère qui tend à se cicatriser.

On peut établir un cautère de trois manières : 1° Transformer en cautère une plaie préexistante; 2° faire une plaie par l'instrument tranchant et la maintenir à l'état d'ulcère; 5° faire une escharre à l'aide d'un caustique et provoquer la persistance de la plaie qui résulte de sa chute.

Rien que ce dernier moyen soit de beaucoup le meilleur en raison de l'irritation fortement révulsive qui accompagne^ la cautérisation, de la perte de substance déterminée par elle et de la nature ulcéreuse de la plaie au moment de la chute de l'escharre, nous décrirons brièvement les deux premiers procédés.

La transformation d'un vésicatoire en cautère, sans cautérisation, est une mauvaise pratique qui mérite d'être rejetée. La surface d'un vésicatoire en suppuration est constituée par le derme presque intact. Si on cherche à y creuser un ulcère central par l'application d'un pois à cautère, on ne réussit que lentement, péniblement à faire une petite excavation toujours prête à se combler.

Pour transformer une plaie préexistante, un ulcère, la surface d'un moxa, l'un des orifices d'un séton en cautère, il suffit d'y placer un ou plusieurs pois qu'on pourra enduire d'une pommade épispatique à la cantharide ou au garou si la suppuration menace de se tarir.

L'établissement du cautère, à l'aide du bistouri, est des plus simples. U

FONTICULE. ^Od

suffit de faire à la peau une plaie simple ou cruciale qai pénèti-e jusqu'au tissu cellulo-graisseux et dont l'étendue permette l'introduction entre ses lèvres, d'une boulette de charpie pressée, grosse comme un gros pois. Le tout sera maintenu par une compresse et une bande. Au bout de trois ou quatre jours, on aura un ulcère creux en pleine suppuration et n'ayant plus qu'à être entretenu.

Tous les caustiques qui agissent sur la peau revêtue de son épiderme peuvent servir à faire un cautère, mais le fer rouge étant trop effrayant, la potasse trop diffluente, les caustiques liquides, difficiles à limiter et très-douloureux, on a été conduit à employer de préférence la pâte de Vienne. Le caustique Filhos pourrait convenir en frottant le crayon pendant quelques minutes à la surface du derme, et, faute de pâte de Vienne, il y aurait lieu de revenir à la pierre à cautère, en usant des précautions convenables pour l'empêcher de fuser au loin. Si même on avait affaire à un malade trop pusillanime, on pourrait avec avantage se servir du cautère électrique dont l'innocente apparence et l'énergique action détournent la défiance et diminuent la douleur.

Voici comment on procédera avec la pâte de Vienne : la peau étant rasée, s'il y a lieu, on la recouvre d'un emplâtre de diachylon percé à son centre, d'un trou de forme et de dimension égale à celle qu'on veut donner au cautère. Sur ce trou qui laisse la peau découverte, on applique une couche de pâte de Vienne ayant 1 à 2 millimètres d'épaisseur. Le tout est recouvert d'une nouvelle plaque de diachylon maintenue au besoin par une bande. Au bout de dix à douze minutes, la peau est cautérisée. On enlève le diachylon et la pâte de Vienne ; ou lave la surface avec de l'eau tiède acidulée, ou de l'eau tiède pure pour enlever les parcelles éparses de caustiques; il ne reste plus qu'à attendre, en la favorisant, la chute de l'escharre. Elle se détachera spontanément au bout de dix à quinze jours. Cette séparation sera facilitée par l'application de cataplasmes émoUients ; si on était pressé d'accroître l'action révulsive, on pourrait, suivant la pratique de Boyer, fendre l'escharre et placer un pois entre ses bords réséqués avec des ciseaux.

Quelque soit le procédé employé, dès que l'ulcère suppurant est établi, on peut adopter diverses manières d'agir : laisser la plaie guérir, sauf à faire une nouvelle application dans un point voisin si besoin est ; c'est une sorte de cautère volant; attendre que la suppuration menace de tarir et appliquer sur la plaie une très-mince couche de pâte caustique qu'on laisse en place quelques minutes et qu'on renouvellera chaque fois qu'on verra la suppuration diminuer; ou bien enfui suivre la méthode commune qui consiste à entretenir l'ulcère en appliquant à sa surface et en pressant sur elle un ou plusieurs corps étrangers arrondis qu'on nomme pois à cautère et dont \e nombre est déterminé par l'étendue de la plaie. Le plus souvent on n'en met qu'un.

Ces pois à cautère sont plus ou moins soignés. Les plus simples sont de vulgaires pois secs. On en a fabriqués en racine d'iris, en bois de gaïac, de buis, en ivoire ramolli, en caoutchouc vulcanisé, en mélanges médicamenteux agglomérés avec de la gomme et destinés à être dissous et absorbés dans la plaie. Tous ceux qui sont fiibriqués sont traversés d'un étroit canal qui permet d'abord de les conserver en chapelets, ensuite d'assurer leur fixité à la surface du cautère en les maintenant avec un fil double qu'on attache à distance, soit au pansement, soit à une mouche d'emplâtre agglutinatif.

Le pansement doit être renouvelé au moins une fois par vingt-quatre heures. Le voisinage de l'ulcère et sa surface seront tenus avec une grande propreté ; le

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