FORCE CENTRIFUGE
pièces adaptées à la nature des expériences que l'on se propose d'exécuter. Le rectangle ABGD se compose d'un cadre de fer et d'une tige cylindrique de laiton que l'on peut enlever à volonté. Des sphères de même masse ou de masses différentes sont traversées par cette tige, de manière à pouvoir glisser librement d'une extrémité à l'autre.
Fis. 2.
1" Les deux sphères E,E' sont de même masse et reliées par un fil inextensible dont la longueur est moindre que la moitié de AB. — Si les deux sphères sont placées à égale distance de l'axe de rotation, elles sont également sollicitées et en sens inverse par la force centrifuge ; elles conservent invariablement leur position primitive quelle que soit la vitesse de rotation. — Si l'une des sphères est plus éloignée que l'autre de l'axe de rotation, le système tout entier est entrauié par l'action prédominante de la force centrifuge correspondant à la sphère la plus écartée de l'axe; les deux sphères vont, l'une après l'autre, heurter le même montant du cadre.
2° Les deux sphères reliées par un fil inextensible n'ont pas la même masse. — Si les deux sphères sont placées à la même distance de l'axe de rotation, la plus lourde entrahie le système tout entier. — Pour que les deux sphères conservent leur position initiale pendant toute la durée de la rotation, il suffit et il faut que leurs distances à l'axe soient inversement proportionnelles à leurs masses ; cette dernière expérience montie que, le temps de la révolution restant le même, la force centrifuge est, comme l'indique l'équation (4), proportionnelle au produit de la masse du corps par le rayon de la circonférence décrite.
Fixée sur le support de l'axe de rotation de la figure 2, la pièce (I, fig. 3) sert à montrer l'action de la force centrifuge sur les liquides. Deux ballons de verre à long col placés obliquement communiquent a^ec un réservoir central rempli d'eau ou d'un liquide quelconque. Sollicité par la force centrifuge, le liquide s'échappe du réservoir central, s'engage dans les cols des ballons, s'élève à une hauteur variable avec la vitesse du mouvement de rotation, monte
DICT. EKC. 4" s. lU.
418 FORCES (physiologie).
dans les ballons si la vitesse est suffisante et redescend instantanément dans le
réservoir quand le mouvement s'arrête.
Fig. 5.
La pièce (II ng. 5) se compose de deux tubes inclinés renfermant : — l'un de l'eau et une balle de liège qui flotte sur le liquide ; — l'autre de l'eau et une balle de plomb qui reste nécessairement à la partie la plus déclive du tube. Pendant le mouvement de rotation, l'eau et les deux balles sont sollicitées par la force centrifuge vers la partie la plus élevée du tube. Mais la balle de liège, plus légère que l'eau, se rapprocbe de l'axe de rotation et s'appuie contre la face inférieure du liquide, tandis que la balle de plomb, dont la masse est supérieure à celle d'un égal volume d'eau, traverse le liquide et se meut vers la partie la plus élevée du tube. — Si l'un des tubes contient différents liquides sans action chimique réciproque, ces liquides se déplacent, se traversent mutuellement pendant le mouvement de rotation et se disposent dans un ordre tel que celui dont la densité est la plus considérable occupe la position la plus élevée. Si l'on place, sur le support de l'axe tournant, un vase V (fig. 4) contenant de l'eau, le liquide s'élève le long des parois du vase pendant le mouvement de rotation et se creuse, en son centre, d'une cavité conique dont la profondeur augmente avec la vitesse communiquée à l'appareil.
La force centrifuge agit aussi sur les masses gazeuses. Désaguliers a profité de cette action pour construire un ventilateur à force centrifuge employé dans l'industrie, notamment comme machine soufflante dans beaucoup de fonderies, de forges, et dont l'agriculture a profité pour opérer le nettoyage du blé. Un appareil de ce genre fonctionne à l'hôpital Lariboisière pour Fig. 4. la ventilation des salles. J. G.
FORCES. § I. Physiologie. En présence du développement d'un germe ou d'un être complet s'opérant dans une direction déterminée, une première idée dut se présenter naturellement à l'esprit des observateurs : un travail de cette nature traduit l'action et l'influence d'une force unique dont l'agrégat organisé est le support.— Dès lors les activités des divers organes de l'économie devinrent à leurs yeux des attributs de cette force se manifestant sur des supports spéciaux ; tout leur parut ainsi simplifié. Du moment, en effet, où ils étaient régis, commandés par une seule et même force, les travaux particuliers des divers organes, quelles que fussent les différences de composition et de texture, devaient nécessairement s'accomplir dans une même direction, converger harmoniquement vers un même but. Pour quelques-uns, pour les meilleurs sans doute, ce fut là d'abord une simple conception abstraite; mais l'esprit humain est ainsi fait qu'il se laisse facilement entraîner à peisonnlfier, àdouer d'une existence réelle, indépendante, les résultats des notions abstraites qu'il produit. De là découla naturellement l'idée d'une barrière insurmontable élevée entre le règne minéral et le rèirne or'^a-