‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.39Chapitre 48 sur 89 · FORDYCE · texte numérisé non relu

FORDYCE

royal des médecins de cette ville. Il ne fit qu'un court séjour à Londres et alla ensuite se fixer à Liverpool ; il mourut à Chester, le 9 octobre 1807. On a de lui :

Ihree Letterson Médical Subjects, addressed to the Rev. Gilbert Ford ; containing : i" An Accoimt of the Effecls of an Aloctic Medicine in the Goût andother Chronical Complaints ; 2' A Practice which has been Snccessful in the Individual Prévention of the laie Epidémie; 5° An Account of the Sédative Properties of the Granulated Préparations of Tin in sortie Affections of the Mind. Loiidon, 1805, iii-S". L. Hn.

FORDTCE. Nom porté par plusieurs médecins d'Ecosse, parmi lesquels :

Fordyce (William). Né à Âberdeen en 17'24, lit ses études médicales à l'Université de cette ville, partit comme volontaire dans les armées britanniques et fut nommé chirurj^ien militaire. De retour à Londres, il exerça longtemps la médecine, et fut anobli par une ordonnance royale. Il s'est surtout occupé des maladies vénériennes et a publié plusieurs ouvrages sur celle affection. Il est mort le 4 décembre 1792. Nous connaissons de lui :

I. An Attempt to Discover the Yirtuesofthe Salsaparilla -Hoot in the Venereal Disease. In Médical Observations and Inquirics. Londres, t. 1, 1757. — II. A Review of the Venereal Disease and ils Remédies. Londres, in-8°, 17G7, 1772, 1777, 1785; tiad. en allemand. Allenbourg, 1709, in-S", — III. A A'eit) Inquiry into the Causes, Sijitiptoms and Cure of Pulrid and Inflammatory Fevers ; wilh an Appendix on the Hectic Fever, and on the Ulceraled and ■ Malignant Sore Throat. Londres, in-8°, 1273, 1777 ; trad. en allemand, Leipzig, 1774, in-8". — IV. Fragmenta chirurgica et mcdica. Londres, 1784, in-8°. — V. Letter to sir John Sinclair, on the Antiseptical Virtues of the Muriatic Acid in Pulrid Fevers. Londres, 1790,

jf^.go' YI. The Great Importance and proper Method of Cullivating and Curing R/tubarb

in Rvitain, for Médical Uses. Londres, 1792, in-8». A. D.

Fordyce (George). Neveu du précédent, né en 1736 à Aberdeen, était le fils d'un professeur de l'Université de cette ville. Doué d'une très-grande facilité pour l'étude, il fut, dit-on, reçu maître es arts à l'âge de quatorze ans, en 1 750. Placé l'année suivante dans l'officine d'un de ses oncles établi à Uppingham, il se rendit ensuite à Edimbourg, se fit remarquer du célèbre Cullen, et devint l'élève favori de ce professeur. Reçu docteur en 1758, il voyagea en Hollande, se fixa près de deux ans à Leyde, et revint en Angleterre s'établir à Londres. 11 ouvrit des cours sur diverses brandies de l'art médical, et attira bientôt un assez o-rand nombre d'élèves. Sa pratique augmentait cbaque jour, et il fut nommé en 1770 médecin de l'hôpital Sainl-Thomas. Un mémoire qu'il publia sur la température des animaux et celle de l'homme attira sur lui l'attention des savants. \Ln 1776, il fut nommé membre de la Société royale et, en 1787, membre du collège des médecins. Il a publié aussi un certain nombre de mémoires sur les fièvres. Il mourut à Londres le 25 mai 1802. Nous citerons de lui :

I. Dissertatio de catarrho. Edimbourg, 1758, in-4\ — II. Eléments of the Practice oj Phtisie. Part. II. Containing the Uistory and, Method of treating Fevers and Internai Inflammations. Londres, 17G7, in-8°. — Part. I. Containing the Internai Uistory of the Iluman Rody. Londres, 1770, 1777, 1784, 1791, in-S" ; trad. en allemand, breslau 1797, in-8°. — III. î\olcs of D' Fordyce's Course of Lectures on the Pralicc of Physic, wilh Référence tho the Eléments. Londres, in-3, in-S". — IV. The Croonian Lecture on Muscular Motion. In î'hilosophical Transactions. Londres, 1787. — V, A Trealiseon the Digestion of Food. Londres, 1791, in-S», — VI. Observations on tlte Small-Pox, and the Course of Fever. In Médical and Chirurgical Transactions, t. I, p. 1 1792. — VII. An Attempt to improve the Evidence of Medicine. ibid., p. 245. — VllI. Dissertation on Simple Elever, or one Fever consisling of one Paroxysm only. Londres, 1794, 18D0, in-8°. — IX. 11= Dissertation. Part. I. Containing the Hislory and Metliod of Treatment of a Regular Tcrtian Intermillent Fever. Londres, 1795, in-8°. Containinr/ the Uistory and Metliod of Treatment of a Regular continued Fever, Supposing il is lefl to Pursue ils Ordinary Course. Londres, 1798, in-8'; édition Irad. en français

FOREEST.-, 611

parBiDAULTCE ViLLiERS. Paris, 1829, in-S". — X. 111° Disserlalion. Conlaining on Inqniry inlo the Effer.ts of Ihe Remédies wliich liave been Employed with a View lo Camj off a Regular Continued Fever, witlioul Leaving il lo Piiraue ils Ordinarg Course. Londres, 1799, in-8°. — IX. IV» Dissertation. Coiitaining the History of Remédies ta be Employed in Irregnlar Intermitting Fevers. Londres, 1802, in-8°. — XII. Y* Dissertation Conlaining the History of and Remédies lo be Employed in Irregular Continued Fevers together with the General Conclusions to the four Preceding and présent Dissertations. Londres, 1803, in-S". — XIII. Some Observations upon the Combination of Medicine. In Médical and Chirurgical Transactions. Londres, t. II, 1802; trad. en français. Paris, 1811, in-8. — XIV. Ces dissertations précédentes ont été réimprimées sous le titre : Five Dissertations on Fever, Boston, 1815, in-8" ; 2" édit. Pliiladelphie, 1848, in-8''. A. D.

FOREEST (Peter van), de son nom latinisé Forestus. Célèbre médecin hollandais, naquit à Alkmaar en 1522; il était petit-lils, neveu, frère et oncle de médecins. 11 lit ses humanités dans sa ville natale et en 1551 se rendit à Louvain oii il continua ses études; comme il avait beaucoup de goût pour la médecine, il étudia cette science sous la diretion de Triverus et de Jeremias Brachelius, qui était un ardent admirateur d'Hippocrate. Il quitta Louvain en 1559 et, l'année suivante, entreprit un grand voyage en Italie; il visita successivement Ferrare, Venise et Padoue, où il fut reçu très-amicalement par Yesale, puis se rendit à Bologne et y suivit pendant trois ans les leçons de Benoît de Faenza, Jacques Erigius, Elidius et Ghini; c'est dans cette dernière université qu'il prit le bonnet de docteur, le 28 novembre 1545, c'est-à-dire à l'âge de vingt et un ans; c'est également à Bologne qu'il se lia avec le célèbre Valerius Cordius. Enlin en 1544 il passa à Rome et suivit les leçons que faisait son compatriote G. Ilorst au lit des malades dans le Nosocomium Mariœ consolationis. De Rome il se rendit à Paris où il écouta les leçons de Guido Guidi et de Jacques Dubois. Ce dernier l'engagea à se fixer à Pluviers, en Beauce, mais il y était établi depuis un an à peine, qu'il retourna dans sa patrie sur les instances de sa famille (1546). 11 s'établit à Alkmaar, où il ne tarda pas à acquérir la réputation d'un habile praticien et combattit avec succès, en 1551, mie épidémie de variole et de rougeole; quelques années après, en 1557, la ville de Delft étant ravagée par une épidémie meurtrière, Foreest s'y rendit et combattit avec dévouement et succès la terrible maladie (fièvre pestilentielle). Les habitants de Delft résolurent de le retenir chez eux et l'y déterminèrent moyennant une forte pension. D'après quelques auteurs, il alla en 1575 ouvrir des cours de médecine à Leyde, mais refusa le poste de professeur qui lui était offert et revint s'établir à Delft. Eu somme, il passa trente-huit années de son existence dans cette dernière ville. Il se retira enfin (1595)) à Alkmaar, où il mourut en 1597, à l'âge de soixante-quinze ans.

Laissons la parole à Dezeimeris : « C'est être fort injuste envers un des médecins dont les écrits ont conservé le plus longtemps l'utilité qu'ils eurent à l'époque de leur publication, de dire, comme on le fait dans la Biographie médicale, que Foreest na nullement contribué aux progrès de la pathologie ni à ceuv de l'art de guérir. La véritable pathologie, celle qui se fonde sur l'expérience et non sur des hypothèses, serait bien avancée aujourd'hui, si, au lieu de cette multitude prodigieuse d'ouvrages systématiijues, dont les bibliothèques de médecine sont encombrées, il y avait eu un pareil nombre d'utiles recueils d'observations, tel qu'est celui que nous devons à Foreest; et ce n'est pas un faible mérite h cet excellent praticien d'avoir compris, dans un temps où le véritable esprit philosophique était chose inconnue, que c'était sur des faits particuliers que devait être basée la science, ou plutôt que la science ne pouvait être-

612 FORESTIER (les).

qu'un résumé de ces faits. On consulte encore, et l'on consultera longtemps, les œuvres de Foreest, tandis qu'on ne lit pas un seul des écrivains systématiques de la même époque, si ce n'est pour prendre une connaissance historique des erreurs qui prévalaient alors, et des fausses routes dans lesquelles la médecine s'est si longtemps égarée. » il est malheureux que les ouvrages de ce savant éminent soient écrits dans un latin un peu barbare.

On connaît de Foreest, le Hippocrate néerlandais, comme l'ont appelé quelques-uns de ses compatriotes :

I. Ohservatinnnm et curalionum inedicinalium de fcbribus cp/ieineris cl continuis lihri II, in qidbus earum caussœ, signa, piognoses, curalio, graphice depinguntur. Anvers, 1584, in-S"; Leyde, 1589, 1591, lô9.), 1595, in-8°. — II. Pe incerto et fallaci urinarum judicio quo uromantes ad pernicicm miiltorum œgrotantium ulunlur ; et qualia sint observanda ei, qui recle de urina sit judicatum. Leyde, 1589, 1593, in-8°. Trad. allem. Nuremberg, IGGl, in-8°. — UI. De febribus intevmitlentibus hecticis et compositis libri III. Leyde, 1586, 1589, 1591. in-S". — IV. De febribus publiée grassantibus ; de symptomatibus febrium. Leyde, 1588, 1591, in-8°. — V. De capitis et ventris et morbis et symplomatibus. Leyde, 1590, 1C02, in-8°. — VI. De morbis oculorum, auriuni, nariuni, labiorum, gingivarum, dentiuni, oris, linguœ, de faucium gulturisque et gulœ adfectibus et asperœ arteriœ. Leyde, 1591, 1602, in-8». — VII. De pectoris pulmonisque vitiis ac morbis; de cordis ac quibusdam mamillaium adfectibus. Leyde, 1602, in-8"'. — VIII. De ventriculi adfectibus. Leyde, 159't, 1606, iii-8°. — IX. De liepalis molis ac adfectibus. de lienis morbis et de scorbuto, novo morbo. Leyde, 1595, 1611, in-8". — X. De mesenterii et intestinorum adfectibus, colicis et iliacis doluribus, vcrmibus ; de diversis alvi profluviofum quivibus, de sedis et ani vitiis et adfectibus. Leyde, 1596, in-8°. — XI. De rtnum adfectibus et morbis. de vesicce morbis et adfectibus. I,eyde, 1596, in-8''. — XII. De pénis, virgœ, scroti, iestium adfectibus et viliis, deque hominum diversis speciebus. Leyde, 1597, in-8°. — XIII. De muliernni morbis. Leyde, 1599, in-8°. — XIV. Arthritis et adfectus partium externorum. Leyde, 1603, in-8''. — XV. De venenis, de fucis. Leyde, 1606, in-S". — XVI. De lue venerea. Leyde, 1608, in-8°. — XVII. Observationum cliirurgicarum libri V. Leyde, IGIO, in-8°. — XVIII. Observationum et curationum cliirurgicarum libri IV. Francfort, 1611, 1634, in-fol. — XIX. Tous ces recueils d'observations ont été réunis sous le titre : Observationum et curationum medicinalium libri XXV lU. Francfort, in-loL; t. 1,11,1602; t. III, 1004; t. IV, 1603; t. V, 1611 et 163i. Rouen, 1614, 4 vol. in-fol.; ibid., 1655, in-foJ. Francfort, 1623, in-fol.; ibid., 1660, 1661, 4 vol. in-fol. L. H.v.

FOREST DE LA CROI.V (A.). (( Adjoint aux Écoles de chirurgie et démonstrateur pour les accouchements à l'Hôtel-Dieu d'Orléans, sa patrie. » Voici tout ce que nous avons pu trouver sur ce praticien, qui est auteur d'un ouvrage estimé portant ce titre :

Cours abréyé d'accouchements par demandes et par réponses^ en faveur des sages-femmes de la campagne; 1782, in-8°. A. C.

FORESTIER (Les).

Forestier (François-Gabriel). Agronome français, né à la Moutonnière, près deVieuvicq, en 1762, mort à Chartres, le 10 janvier 1832. En 1792, il quitta l'état ecclésiastique qu'il avait embrassé et se fit nommer garde général des eaux et forêts de l'arrondissement de Dreux, et secrétaire de la Société d'agriculture d'Eure-et-Loir. On connaît de lui :

I. Code des eaux et forêts, extrait d'une analyse critique de l'ordonnance de 1609, etc., précédé d'Oi'servations sur le danger d'aliéner les forêts. Chartres et Paris, an IX llSUO), in-S", pi. — II. Cours d' agriculture du département d'Eure-et-Loir. Paris, 1821-2 i, 4 cah. ift-8°, pi. L. Il\.

Forestier (Pierre-Gaspard). Né à Paris en 1775, fit ses études dans sa ville natale, se fit recevoir maître es arts à l'ancienne Université de Paris, étudia la médecine à l'ancien collège de chirurgie et à la Faculté de médecine qui fut

créée ensuite; nommé interne en chirurgie à l'Hôtel-Dieu, avant l'institution des concours d'internat, qui remonte à Tan X, il soutint sa thèse inaugurale en latin à la Faculté de Paris, le 20 fructidor an XI (7 septembre dSOoj. Une fois reçu docteur. Forestier s'établit à Paris et y exerça la médecine pendant de longues années; il ne renonça à la pratique que peu avant sa mort, qui arriva le 12 décembre d847. 11 avait été nommé membre de l'Académie de médecine le d6 aviil 1825. Membre du ceicle médical de la capitale, il a lu diverses observations intéressantes à ses séances. Il s'occupait en outre activement d'hygiène et de médecine légale. Voici l'énumération des principaux travaux de Forestier :

I. Dissert, inaug. med. de viorbls aut noxis puerorum a vitialis depravalisve ■parentum humoribus. Parisiis, an XI (1805), in-4°. — II. Examen impartial de Vopinion de M. Portai sur V enseignement de la médecine et de la chirurgie dans les nouvelles écoles du royaume, etc. Taris, 1820, in-8''. — III. Un mut sur les deux procès-vei-baux dressés après la mort de S. A. R. Monseigneur le duc de Berrg, et conségucnces à tirer par rapport au gouvernement et à la société. Paris, 18"21, in-8°. — IV. Lettre à M. Lejumeau de Kergaradec en réponse à son mémoire sur l'auscultation appliquée à l'étude de la grossesse. Paris, 1825, iii-S". — V. Nouvelles considérations sur l'état actuel de l'art de guérir. Paris, 1823, in-8°. — YI. Oraison funèbre de M. Jean- Charles-Félix Caron, chirurgien en chef de rhospice Cochin . Paris, 1824, in-8°. — Vil. Très-humble supplique au roi, en faveur de la médecine et de la chirurgie. Paris, 1827, in-8°. — Vlll. Observation sur un calcul d'un volume extraordinaire trouvé dans le rein gauche. In Nouveau Journal de médecine, t. VI, p. 97, 1819. — IX. Observations sur des hémorrhagies produites par la rupture des varices des extrémités inférieures. In Journal général de médecine, t. CIX, p. 206, 1829.

Nous dirons encore un mot d'un :

Forestier (Claude- Yital-Apollinaihe), sur lequel nous trouvons quelques détails dans le Journal général de médecine, t. XLIV, p. 224, d8l2. Il naquit à Langogne, département de la Lozère, en 1755, d'un père médecin qui veilla lui-même à son éducation scientifique et médicale. Il compléta ses études à la Faculté de Montpellier et y prit le grade de docteur en médecine. Il vint ensuite se fixer à Versailles, où il fréquenta l'infirmerie royale, dont Brunyer était alors médecin en chef. Ce dernier, indépendamment des leçons cliniques qu'il donnait au lit des malades, exigeait de ses élèves qu'ils fissent des autopsies et étudiassent l'anatomie pathologique. Sous la direction de ce savant maître, Forestier fit des progrès rapides et devint en peu de temps un médecin distingué; il servit en qualité de médecin en second à l'armée de Rochambeau, où il eut pour chef le célèbre Coste. A son retour d'Amérique, il se fixa de nouveau à Versailles, devint médecin ordinaire du comte d'Artois et fut nommé officier municipal de Versailles. Lors de la grande Révolution, il suivit le comte d'Artois à l'étranger, mais s'empressa de rentrer en France sous l'Empire. Nommé médecin de l'Ecole impériale militaire de Saint-Cyr et du lycée de Versailles, il ne négligea pas pour cela ses fonctions de médecin des pauvres. Ce savant médecin, cet homme de bien, mourut prématurément à Versailles, en février 1812. La vie agitée qu'il mena ne lui laissa pas le loisir d'écrii'e; nous ne pouvons que le regretter. L. Hn.

FORET (Chirumgie). Instrument destiné à pratiquer des perforations. Les instruments de ce genre ont reçu plus particulièrement le non de perforatifs ou de perforateurs.

Les forets imaginés par Gruithuisen, Civiale, Leroy (d'Étiolles), et qui ont été le point de dej)art de beaucoup d'instruments analogues connus sous les noms d'évideurs, d'excavateurs, etc., ont été décrits à l'article Lithotritie.

614 FORGES (Eaux minérales de).

Le perlbralif généralement usité pour trouer les os est une pyramide d'acier à plusieurs angles, qu'on enfonce dans le tissu osseux en la faisant agir à la manière du trépan. On a imaginé pour la perforation des os dans les cas de pseudarthroses ou de cals vicieux différents instruments, dont les uns ne sont que de petits trépans, mais dont d'autres sont de véiitables forets : tel esl\e perforateur de Brainard, employé dans le traitement des pseudarthroses et qui se compose d'une tige pointue, avec laquelle on transperce l'extrémité des fragments osseux. Le même instrument et d'autres analogues, dont on peut varier la forme et qu'on l'emplace quelquefois par le trocart, servent à trouer le cal difforme, dans le but de Tenflammer, de le ramollir et d'en permettre, ainsi le redressement. La perforation de l'apophyse mastoïde qu'on pratique d'ordinaire avec le trépan peut l'être aussi par un simple perforateur. D.

FORET. Voij. Rurale (Hygiène).

FORGE (Louis de la), médecin du dix-septième siècle, naquit à Paris et exerça la médecine à Saumur. Grand admirateur de Descartes, il cultiva avec succès la philosophie et fit sur le Traité de Vhomme de ce célèbre philosophe des notes qui parurent annexées à l'ouvrage même à Amsterdam (1677, in-4). Il a du reste écrit lui-même un traité de psychologie, qui a pour titre :

Tractalus de mente humana, ejus facuUatibus et funclionibiLS, necnon de ejusdem iinione cum corpore, secundum principia Renati Descartes. Parisiis, 1CC6, in-4"'; Amstelodami, 16G9, 10-4°; Brems, 1674, in-4"'. L. Hx.

FORGEROlVS. Voy. Fer.

FORGEiS (Eau MINÉRALE de). Voy. Chapelle-sur-Erdre (La).

FORGES-LES-EAUX (Eaux iMikérales de). Athemiales , crénatées ferrugineuses faibles, carboniques faibles, dans le département de la Seine-Inférieure, dans l'arrondissement de Neufchàtel en Bray, est un chef-lieu de canton peuplé de 1800 habitants et une station des chemins de fer de Rouen à Amiens et de Paris à Dieppe par Gisors et Gournay, à 160 mètres au-dessus du niveau de la mer. La température moyenne des mois de la saison minérale, qui commence e 15 juin et finit le 50 septembre, est de 19° centigrade. L'Epte, l'AndelIe et la Béthune sont les cours d'eau qui arrosent Forges et y entretiennent de la fraîcheur et de l'humidité pendant les matinées et pendant les soirées, qui nécessitent alors l'usage de vêtements épais et chauds. La température du milieu de la journée est quelquefois assez élevée, mais elle est facile à supporter en général, en raison des haies boisées qui donnent de l'ombre, et aussi à cause de la brise marine qui se fait sentir à Forges, distant seulement de 10 à 12 lieues de la mer. Les promenades et les excursions sont nombreuses et variées. Celles qui sont le plus suivies sont le mont Grippon, les ruines de l'abbaye deBeaubec, la Rosière, le bois de l'Épinay, la chapelle du Mesnil, où se fait tous les ans le 1" septembre un pèlerinage contre la fièvre et la peur, Catillon, le panorama de la Ferté, les châteaux du Fossé, de Riberpré, du marquis des Roys, du Héron, de Mesnière, de Bure, où Henri IV visitait la belle Gabrielle, et enfin les ruines du fameux château d'Arqués, les hauteurs de Gaillefontaine et l'ancienne résidence du général Hoche, le magnifique point de vue de Louvicamp, l'église des Noyers et l'antique monastère de Clair -Ruissel, etc.

FORGES (Eaux Mi.NÉr.ALEs de), 615

Trois sources, connues depuis 1578, émergent à Forges; Elles étaient d'abord reçues dans un seul bassin, et on les désignait sous le nom à'eau de Jouvence. Depuis le séjour qu'y firent Louis XIII, Anne d'Autriche et le cardinal de Richelieu, en 1652, leurs griffons ont été captés séparément, et on les désigne sous le nom de source Royale, de source Reinette, de source Cardinale. Leur eau sort de la terre au voisinage d'une tourbière pyriteuse et dans un caveau, à ciel ouvert, d'où elle se rend dans trois bacs se déversant dans un quatrième. Un canal voûté la conduit dans le grand réservoir des bains. Une série d'arcades dominent le caveau des sources, dont le débit constant est d'environ 56 720 litres en 24 heures.

1" Source Royale. Toutes les sources de Forges-les-Eaux sont à gauche de l'établissement; elles ont leurs bassins distincts à 2'", 60 en contre-bas du sol, dans un petit prétoire carré, dallé de micaschiste, auquel on descend par quelques marches. Les bacs des sources Royale et Reinette sont à 65 centimètres l'un de l'autre, celui de la soLirce Cardinale est le long du mur de soutènement des terres. L'eau des trois sources a des caractères physiques et chimiques qui Se ressemblent, mais ces eaux cessent d'être analogues lorsqu'on les boit. Ainsi la source Royale, qui est claire,' limpide, inodore et transparente lorsqu'elle a laissé déposer sur les parois intérieures de son bassin et du conduit qui la mène au quatrième réservoir une couche notable de rouille, a une saveur ferrugineuse qui la fait distinguer aisément de la source Reinette, moins saplde qu'elle, et de la source Cardinale, dont le goût est francli(!ment atramentaire. L'eau des trois sources a une température à peu près identique, elle fait monter ou s'abaisser la colonne du thermomètre centigrade à 7° pendant toutes les saisons de l'année. Le rendement de la source Royale en 24 heures est de 10 800 litres. M. Wurtz a trouvé une quantité notable d'acide carbonique libre dans l'eau de chacune des sources, et cependant elle est à peine traversée par quelques bulles gazeuses.

M. Henry (Ossian) a fait en 1845 l'analyse chimique des trois sources de Forges. Nous en donnons le tableau après la description de la source Cardinale.

2° Source Reinette. Son eau est habituellement fort claire, mais elle se trouve parfois troublée, ainsi que Linand l'a constaté le premier. Cet auteur dit, ■et Marteau et Monnet l'ont répété après s'être assurés du fait, « que tous les jours, entre 6 et 7 heures du soir, elle se brouille de manière que l'eau est toute rougeàtre, chargée de llocons roux plus ou moins gros, qui se changent en une eau rousse quand on vient à les remuer dans la main. » MM. les docteurs Cisseville et Caulet, derniers inspecteurs de Forges, font remarquer, après Robert (1814), qu'ils n'ont point constaté cette régularité dans l'apparition et l'existence de ces flocons. La saveur de la source Reinette est la moins ferrugineuse de la station; sa température est aussi de 7" centigrade. Son débit en 24 heures est de 21 000 litres; elle est plus abondante de près de moitié que les deux autres sources réunies. L'analyse de la source Reinette est après le paragraphe consacré à la source Cardinale.

5" Source Cardinale. La surface de l'eau du bassin de cette source ne ressemble pas à celle des deux autres. Elle est recouverte d'une pellicule irisée miroitant au soleil, que l'on a décorée du nom de crème de la source Cardinale. Cette eau est limpide et transparente sous cette pellicule, elle a un goût ferrugineux très-prononcé. C'est la plus froide, elle n'a que 6** centigrade ; mais elle est la moins abondante, puisqu'elle ne donne que 4520 litres en vingt-quatre heures.

616 FORGES (Eaux minérales de).

Voici les principes que M. Henry a trouvés dans 1000 grammes de l'eau de chacune des sources de Forges-les-Eaux :

SOURCE SOl'RCE SODIICE

ROYALE. REIXETTE. CARDINALE.

Crénale de protoxyde de fer 0.06:0 0,0220 0.0080

— manganèse traces. traces. traces.

Bicarbonate de chaux j ^ ,

— magnésie ) '

Chlorure de sodium 0,0170 0,0540 0,0120

— magnéMum 0,0080 0,0300 0,0050

Sulfate de chaux 0,0240 0,0100 0,0400

— magnésie ) '

Nitrate de magnésie indices. » »

Silice et alumine 0.0340 0,0380 0,0330

Sel ammoniacal traces. traces. traces.

Total des MAiiÈnES fixes 0,2554 0,2605 0,2701

i acide carbonique libre 1/4 du vol. 1/6* l/5°

azote )

5 peu. peu. peu.

oxygène j '^ '^ '^

Le bassin de chacune des trois sources de Forges est plus ou moins incrusté d'un sédiment rouge, ocracé, globuleux, qui prend dans les rigoles un aspect particulier qui a lait faire à M. Henry les rétlexions suivantes : « Ce n'est pas un amas rouge ocracé seulement, dit-il, mais une réunion de flocons ferrugineux rouges ou roses très-épais, quelques-uns même sont tout à fait blancs et comme soyeux. Vient-on à recueillir ces flocons, qui se divisent avec une grande facilité, on y aperçoit à l'aide du microscope une réunion de conferves parfoitement organisées au milieu d'une masse grisâtre amorphe, et de parties ferrugineuses n'offrant également aucune forme. »

La maison des bains de Forges est un bâtiment rectangulaire élevé sur pilotis, construit au milieu d'un parc traversé par l'Andelle. Une grande salle de bal ou de concert, contiguë à une belle salle de billard, une bibliothèque pourvue de plusieurs milliers de volumes et un salon pour la lecture des journaux, occupent le rez-de-chaussée, dont les faces latérales, formant ailes, abritent seize cabinets de bains, de douches, huit pour chaque sexe, et la pièce consacrée à l'hydrothérapie. Un réservoir de briques, alimenté par l'eau des trois sources, se trouve aussi sous le bâtiment, et une pompe aspirante et foulante fait monter son eau à un récipient de zinc établi en dehors et au-dessus des ailes, d'où elle se rend à une chaudière où elle est chauffée directement et au contact de l'air. L'incrustation de la chaudière et l'analyse chimique ont prouvé que ce moyen d'élever la température de l'eau est mauvais, puisqu'il la prive de la plus grande partie des sels de fer qu'elle tient en dissolution et qui sont bientôt précipités.

Mode d'admiiMstration et doses. L'eau de Forges se prend en boisson, en douches et en bains chauds et froids. C'est toujours le matin à jeun, et immédiatement au lever, que les malades doivent aller boire leur eau aux sources mêmes. Ces eaux sont ingérées en général pures et à la température des sources; quelques personnes cependant, qui ont reçu le conseil de boire les eaux de la Royale et surtout de la Cardinale, doivent quelquefois couper l'eau de ces deux sources par de l'eau de la Reinette, que l'on a fait préalablement chauffer. La dose journalière varie de deux ou trois verres jusqu'à dix et même douze verres, pris à une demi-heure d'intervalle l'un de l'autre. Le déjeuner ne doit avoir lieu qu'une heure après l'administration du dernier verre. La durée des bains est d'une demi-heure à une heure, la durée des douches de

FORGES (Eaux minérales de). 617

qninze à vingt minutes. Les eaux de Forges s'emploient enfin en injections, en affusions et sous toutes les formes qui constituent une cure hydrotliérapique complète.

Emploi thérapeutique. La présence du cvénate de fer explique aisément l'action reconstituante et tonique des eaux de Forges. La petite quantité de gaz et, en particulier, d'acide carbonique libre, qu'elles renferment, la faible proportion des sels qu'elles tiennent en dissolution, rendent un compte moins satisfaisant de leur efficacité sur l'estomac et sur l'intestin dans les dyspepsies qui ne sont pas produites par une anémie ou une chlorose. Le médecin n'est guère mieux renseigné sur le motif de leur effet diurétique, cependant incontestable, pas plus que sur la sédation marquée qu'elles déterminent dans les troubles nerveux, quelle que soit leur provenance. Les buveurs, en effet, sont presque toujours moins étonnés de voir leurs forces et leurs couleurs revenir que de sentir l'augmentation presque toujours immédiate de leur appétit, qui va quelquefois jusqu'à la boulimie et s'observe chez tous les malades, quelle que soit l'affection qui les a amenés à Forges. Il est rare cependant que des indigestions avertissent les buveurs de leur intempérance accidentelle. Nous avons signalé la diurèse qu'occasionnent les eaux de Forges, et nous voulons y revenir pour appeler spécialement l'attention sur cette vertu, qui se rencontre rarement à un tel degré dans les eaux ferrugineuses, et qui est utilement mise à profit chez ceux qui viennent se traiter à Forges d'accidents siégeant dans les voies uro-poïétiques. M. le docteur Caulet attribue la propriété sédative des eaux de Forges au fer qu'elles contiennent; il se fonde, pour soutenir cette opinion, sur les travaux de Ilutchinson, qui ont montré que les Anglais ont souvent guéri par le fer les névralgies, le tic douloureux de la face, le tétanos même, etc. ; sur l'ouvrage d'Elliotson, où il dit qu'il a administré jusqu'à 500 grammes de fer à un tétanique qui s'en trouva bien, et sur les publications de Giacomini et de Yalleix qui ont vanté tour à tour les préparations martiales dans les névralgies. Pour nous, nous ne pouvons nous empêcher de reconnaître une action sédative .spéciale aux eaux de Forges, en dehors de leur minéralisation ferrugineuse, et nous sommes confirmé dans cette croyance par la comparaison des autres eaux qui contiennent des principes chalybés et même, comme Forges, du fer à l'état de crénate et d'apocrénate, et qui, loin d'être calmantes, sont excitantes, au contraire. « Les eaux de Forges agissent aussi efficacement que d'assez fortes doses de bromure de potassium, ajoute M. Caulet, et cela un temps très-court après leur ingestion. » Ce ne sont point de semblables résultats que donnent les préparations martiales, ou les eaux ferrugineuses, qui ne montrent leur efficacité qu'au bout de quelques jours, ou même de quelques semaines. Il faut que le fer agisse sur le sang avant d'arriver aux nerfs, et c'est le contraire qui a lieu à Forges, où les nerfs sont calmés longtemps avant que le sang soit reconstitué. Ce que nous venons de dire des propriétés physiologiques des eaux de Forges nous dispense d'entrer dans de longs détails sur leurs vertus thérapeutiques. Ainsi ces eaux conviennent à tous les anémiques et à tous les chlorotiques, à tous les dysjieptiques, à tous les graveleux et à tous les névrosiques, alors surtout que la constitution de ces malades ou de ces diathésiques a besoin d'être soutenue et tonifiée. Celui qui dirige la cure doit se souvenir alors qu'il a à sa disposition une gamme chalybée qui manque dans beaucoup d'autres stations, et qu'il peut conseiller les eaux de la source Reinette, qui sont les moins actives, les eaux de la source Royale, qui le sont davantage, et enfin les eaux de la source

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Cardinale, qui ont une efficacité reconstituante, diurétique et sédative plus marquée.

Les eaux de Forges sont contre-indiquées toutes les fois qu'il est dangereux d'augmenter la plasticité du sang, comme chez les pléthoriques, les congestionnés et les apoplectiques.

La (hirée de la cure varie d'un à deux mois.

On exporte trop peu les eaux de Forges-les-Eaux, qui conservent bien à distance leurs principes ferrugineux. A. Rotureau.

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FORGES-SUR-BRISS OU FORGES-LES-BAIXS (EaUX 31I>ÉRALES De). Aihermales, amétallites, non gazeuses. Dans le département de Seine-et-Oise, sur le chemin de fer de Sceaux et d'Orsay, station de Limours, émergent trois sources désignées sous les noms de source Fromant, de source VuUel et de source Vittoz. Ces sources à peine minéralisées, ainsi que va le démontrer l'analyse, ont les mêmes propriétés physiques, chimiques et thérapeutiques : ainsi elles sont d'une clarté, d'une limpidité et d'une transparence parfaites, elles n'ont ni odeur ni goût prononcés, elles ne laissent dégager aucune bulle gazetise, elles ont une température de 15°, 8 centigi\ades. M. Henry (Ossian) a fait en 1842 leur analyse; il a trouvé dans 1000 grammes d'eau les principes suivants:

souncE

FROMANT.

Carbonate de soude I n iw

— magnésie ) '

Sulfate de chaux i „

— magnésie ) '

Chlorure de sodium ) . ,„

— magnésium ) '

Matière organique indét.

socr.CE

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