‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.39Chapitre 69 sur 89 · CL · texte numérisé non relu

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FORMULAIRE

CONTRE-POISOXS.

Acides concentrés

Acide cyanhydrique, cyanures . .

Alcalis concentrés

Alcaloïdes en général, opium et ses préparations

Alcool. Éiher. Chloroforme . . .

Arsenicales (préparations). . . .

Anlimoniales (préparations). . .

Canthîrides

Champignons

Chlore et hypochloritcs

Cuivre (préparations)

Iode et brome

Mercurielles (préparations) . . .

Phosphore

Ploml) (préparations)

Zinc. Étain. Bismuth. Fer. Argent, Or (préparations)

Eau. — Magnésie calcinée. — Eau de savon. — Blanc d'Espagne.

— Carbonates alcalins. — Lait. — Huile. — Boissons mucilagineuses. — Blancs d'œufs battus.

Vomitifs. — Faire respirer de l'eau chlorée, de l'eau ammoniacale. — Douches. — Glace sur la tèle. — Sinapismes. — Saignées. — Sangsues.

Eau vinaigrée. — Limonades acides. — Huiles. — Boissons et fermentations émollienles.

Vomilifs. — Décoction de noiK de galle. — Tannin. — Café noir. — Thé. — Décoction de quinquina gris et d'écorces astringentes. — Solution d'iodure de potassium ioduré. — Charbon.

Eau. — Ammoniaque. — Affûtions d'eau froide. — Inhalations d'osygène, d'ammoniaque.

Vomitifs. — Hydrate de magnésie gélatineux. — Hydrate de fer gélatineux. — A défaut de ces substances : eau de chaux.

— Eaux sulfureuses. — Lait. — Huile.

Vomilifs. — Tannin. — Noix de galle. — Quinquina. — Chêne (écorcc). — Café vert. — Magnésie. — Opium contre les vomissements.

Camphre. — Boissons laiteuses ou mucilagineuses. — Lavements huileux.

Vomitifs. — Purgatifs. — Potions éthérées. — Bains. — Fomentations émollienles. — Sinapismes.

Eau en quantité. — Eau ammoniacale.

Vomitifs. — Eau albumineuse. — Eau sulfurée. — Fer et zinc métalliques. — Fer réduit. — Persulfure de fer hydraié.

Amidon (empois). — Lait. — Albumine,

Vomitifs. — Eau albumineuse (quatre à six blancs d'œufs dans un litre d'eau). — Eaux minéralss hydrosuUurées. — Lait. — Magnésie. — Mélange de soufre et de miel.

Boissons albumineuses et mucilagineuses avec magnésie, préparées avec de l'eau bouillie. — Essence de térébenthine.

Sulfate de soude et sulfate de magnésie. — Eau albumineuse. Eau de puits. — Eaux sulfureuses. — Limonade sulfurique ou lartrique.

Comme pour les préparations mercurielles.

Antidotes multiples. 1" Antidote à l'hydrate ferrique contre les empoisonnements par les acides, les préparations arsenicales, les sels métalliques à acides minéraux, l'iode, le brome, les alcaloïdes et leurs sels.

% Versez dans 100 d'une solution de sulfate ferrique (à 45" B) un mélange de 80 parties magnésie calcinée et de 40 parties charbon en suspension dans 800 d'eau commune (Jeannel). On administre 50 à 100 gr. de ce mélange, qui est inefficace contre les alcalis minéraux, le phosphore, les hypochlorites, l'acide cyanhydrique, les cyanures et l'émétique.

S" Antidote au sulfure de fer

eau de

ii" AnilUOie au sunuie ue ICI.

Versez dans une solution de 159 gr. sulfate de fer cristallisé, pour 700 d'^ distillée, un mélange de 110 parties sulfhydrate de soude cristallisé et ae 29 magnésie calcinée pour 600 d'eau distillée. Le magma composé résultant de ce mélange est inefficace contre les préparations arsenicales, les sels alcaloïdiques et l'émétique (Jeannel).

5° Dans les cas d'empoisonnement par l'émétique ou les alcalis végétaux, employer le tannin et les préparations astringentes. A. Vidau.

DICI. ENC. 4' s. III.

-658 FORMULAIRE

FORMULAIRES ARABES. Les Grecs nous avaient déjà laissé des recueils • de formules pharmaceutiques. Pour ne citer que des noms connus, il suffit de rappeler la Composition des médicaments, selon les genres et selon les lieux, de Galien, et le VIl^ livre de Paul d'Égine, qui traite des médicaments simples et composés. Mais il faut arriver aux Arabes pour trouver des Formulaires proprements dits, c'est-à-dire des écrits expressément consacrés à la description méthodique et complète de la préparation des médicaments composés, à l'effet de servir de guide soit aux établissements publics, soit aux particuliers.

Chez les Arabes, les Formulaires portent communément le nom d' Acmbadiji ou Carabadin, et quelquefois celui de Destour, règle, canon. Le dernier tjtre est celui du Formulaire d'Ebn el-Baïan, Destour Marestâny, Formulaire des hôpitaux.

On procéda souvent à l'instar de Paul d'Égine.

Un des plus anciens traités de médecine qui nous soient parvenus est le Kounnach de Sérapion l'Ancien, qui porte dans la traduction latine le titre de Breviarium oixPractica. Le dernier livre s'occupe exclusivement des médicaments composés. On y rencontre, en plus que chez les Grecs, des généralités préliminaires et plus de méthode dans l'exposition. A côté de formules empruntées aux Grecs, il en est de nouvelles et des médicaments nouveaux. C'est dans Sérapion que l'on peut voir la lutte du sucre et du miel, le premier remplaçant le plus souvent le dernier. Si le miel tient encore bon dans les loochs, le sucre lui est substitué dans les sirops, soit sous la forme molle, soit sous la forme solide. Plus tard, Avicenne suivait encore les mêmes errements. Le cinquième et dernier livre du Canon n'est autre chose qu'un Formulaire. « Je l'ai, dit-il, consacré à la description des médicaments composés, afin qu'il soit comme le formulaire de mon livre. » Chez Avicenne, le sucre est moins envahissant que chez Sérapion, différence qui peut s'expliquer par la différence des contrées respectivement habitées par l'un et l'autre savants. A la suite du Formulaire proprement dit se trouve une nomenclature des médicaments, suivant les maladies, ce qui rappelle, sous une forme sommaire, la composition des médicaments selon les dieux de Galien.

Les nombreux auteurs de Compendiums ont adopté la méthode d'Avicenae, n même temps qu'ils lui empruntaient la substance de leurs écrits.

Une disposition toute particulière est celle du grand corps de médecine d'Abulcasis Ezzahraouy, connu sous le nom de Tesrif, oh la. composition des médicaments occupe la plus large place. De ses trente chapitres, les deux premiers traitent de la médecine théorique et pratique ; viennent ensuite les différentes classes de médicaments composés, puis quelques chapitres où il est question de tout ce qui se rattache aux médicaments simples et aux aliments, enfin le trentième et dernier livre consacré à la chirurgie.

Nous avons établi, dans notre histoire de la médecine arabe, que le moyen âge posséda, sous le titre à'Antidotarium, une traduction latine de tous les chapitres du rgsri/" relatifs à la composition des médicaments. Le chapitre de la préparation des simples se produisit à part, sous le titre de Liber Servitoris.

A côté de ces Formulaires, annexes et compléments de traités de médecine, on écrivit un grand nombre d'ouvrages ayant pour objet spécial la préparation des médicaments composés et où l'on ne s'occupe guère des simples qu'au point ^e vue des synonymies et des succédanés.

Nous en signalerons deux, cependant, où simples et composés sont réunis. Ce

FORMULAIRE. 659

sont le Menhadj el Beyan, d'Eben Djzela, et le Tedklra, do Daoud el Antaky, tous deux rédigés sous forme alphabétique, et qui sont représentés dans nos collections. Les autres, dont il nous reste à parler, sont rédigés sous la forme didactique habituelle à ces sortes d'ouvrages.

Certains Formulaires portent la qualification de 3Ia7'estâny, ce qui annonce qu'ils étaient destinés aux hôpitaux. Le service de la pharmacie s'y faisait, paraît-il, par des subalternes, sous la direction du médecin en chef. Telle était la position de Mésué le père, qui resta une trentaine d'années attaché à riiôpital de DJondisabour, « triturant les drogues » et ne sachant pas même lire.

Bien que les médecins préparassent habituellement leurs médicaments, nous apercevons cependant de bonne heure des individus qui nous sont donnés comme pharmaciens. Tel était Abou Koreich, sous les premiers Abbassides, bien qu il s'occupât indûment de médecine. Plus tard, la distinction des deux professions s'accentua davantage, et nous connaissons des Formulaires spécialement composés pour les pharmaciens.

Le plus ancien Formulaire dont il soit fait mention est celui de Sahour ben Sahl, contemporain de Mésué, qui mourut en 868 de notre ère. Il était divisé en vingt-deux chapitres. Il n'en est arrivé jusqu'à nous, à notre connaissance, qu'un abrégé incomplet, qui existe à Munich sous le numéro 808, et qui nous est dit avoir été composé d'après l'exemplaire du célèbre hôpital El Adhedy, fondé à Bagdad par Adhad eddoulah. Ce Formulaire, dit Ebn Abi Ossaibiah, fut généralement employé dans les hôpitaux et les officines jusqu'à l'apparition de celui d'Amin eddoulah Ebn ettalmid.

Amin eddoulah, tout chrétien qu'il était, n'en était pas moins chargé de l'hôpital El Adhedy et chef des médecins de Bagdad, jouissant de la considération générale et de la faveur du souverain. Il mourut à Bagdad, presque centenaire, en l'année 1165, ayant écrit trois ouvrages sur les médicaments, dont un grand formulaire, Acrabadin Kebir, celui dont nous avons parlé. Beaucoup d'autres Formulaires sont mentionnés, dont nous nous abstiendrons de parler. Plusieurs même sont arrivés jusqu'à nous.

Ainsi que lUous l'avons déjà dit, la pharmacie s'exerçait indépendamment de la médecine, et quelques Formulaires sont spécialement à l'adresse des pharmaciens.

Le numéro 1068 de l'ancien fonds arabe de Paris s'étend longuement sur les devoirs professionnels des pharmaciens, qui ne doivent pas, dit-il, exercer la médecine, mais se donner à leurs clients comme de simples marchands de médicaments.

Les auteurs de ces écrits ont l'habitude, dans leur introduction, de motiver leur publication nouvelle par les défectuosités et les lacunes de leurs devanciers. On arrive ainsi par avoir des traités aussi complets que possible et que l'on peut considérer comme de véritables pharmacopées.

L'ouvrage le plus recommandable en ce genre qui soit arrivé à notre connaissance est le Menhadj eddokkan {Manuel de l'officine), de Cohen cl Attar. Cet auteur était Israélite et écrivait au Caire, dans le milieu du treizième siècle de notre ère. Il existe des exemplaires du Menhadj à Oxford, à Leyde, à Florence, à Munich et à Paris, Des vingt-cinq chapitres dont il se compose, nous passerons sous silence la majeure partie de ceux qui sont consacrés aux diverses classes de médicaments composés, et nous citerons les autres pour donner une idée de l'esprit du livre. Le 1" chapitre traite des devoirs du pharmacien, le

660 FORMYLE.

2*^ des sirops et des juleps, le 5<^ des robs, le 20'= des succédanés, le 21* des synonymies, le 22* des poids et mesures, le 23* des conseils aux pharmaciens, le 24^ de la récolte et de la conservation des simples, le 25* de l'épreuve des médicaments simples et composés.

Notons, en passant, que les pharmaciens étaient fréquemment surveillés par le Mohtasseb, sorte de préfet de police, qui se préoccupait tout particulièrement des sophistications.

On a reproché aux Arabes la polypharmacie et la complication de leurs formules; mais c'est là un reproche immérité, car ils n'ont fait, en cela, que suivre les errements des Grecs. Pour s'en convaincre, il suffit de lire Galien ou Paul d'Égine, chez lesquels on trouve ces grandes compositions, telles que la thériaque, le mithridate, les oxymels, les hieras, etc., où l'on faisait entrer de trente à soixante médicaments simples. On trouve une quantité de formules plus monstrueuses encore dans le Dispensaire de Nicolas, qui parfois enchérit sur les Grecs. L. Leclerc.

FORMT (Samuel). Maître-chirurgien de Montpellier, servit en cette qualité dans les guerres d'Henri IV contre la Ligue et assista au siège de Paris en 1590. La paix conclue, il retourna dans sa patrie et y pratiqua la chirurgie avec succès pendant une soixantaine d'années. « Quand Lazare Rivière publia, en 1646, son Recueil cl observations de médecine, Formy lui en communiqua cinquante et une qui furent imprimées à la suite de ce recueil, et parmi lesquelles il y en a plusieurs de remarquables. La quinzième donne une méthode de réduire les hernies, qui se rapproche beaucoup de celle proposée par Ribes en 1835 {Gazette médicale). La vingt- deuxième est relative à un énorme thrombus des lèvres de la vulve, suivi de gangrène, à la suite d'un accouchement laborieux. La vingtcinquième, loupe volumineuse guérie par la suppuration qu'on y provoqua. La vingt-septième, abcès des reins qui sont convertis en deux sacs membraneux pleins de pus » (Dezeimeris). Formy a en outre publié un traité qui renferme un grand nombre de remarques critiques sur l'état de la chirurgie au commencement du dix-septième siècle ; il y attaque surtout les écrits de Jacques de Marque et redresse différentes erreurs de cet auteur. Entre autres préceptes utiles, il donne celui d'appliquer sur les ulcères des bandages compressifs pour en favoriser la cicatrisation ; il décrit en outre plusieurs instruments et appareils nouveaux. Voici le titre de cet ouvrage, dont il ne signa que la seconde édition :

Traité chirurgical des bandes, lacs, emplâtres, compresses, attelles et bandages. Montpellier, 1651, in-8»; ibid., 1653, in-8°. L. Hn.

FORMlXE. On a donné ce nom au radical acide de l'acide formique, CHO, radical qui se trouve dans tous les dérivés de cet acide et qui peut être envisagé comme du méthyle CH^ où 2 atomes d'hydrogène ont été remplacés par un atome d'oxygène. Dans cette manière de voir, l'acide formique n'est autre chose que l'hydrate de formyle, de même que l'acide acétique est l'hydrate d'acétyle, etc. ; la formiamide devient de l'azoture de formyle, etc. Il est encore un composé qui nous intéresse ; c'est l'hydrure de formyle.

Hydrure de formyle ou Aldéhyde formique [Aldéhyde méthjliqiie) . CH-Q. On n'a pas encore réussi à obtenir ce corps à l'état de pureté ; il se trouve toujours mélangé avec l'alcool méthylique; on le prépare en faisant passer un courant d'air

FORNI. 661

chargé de vapeurs alcooliques suruue spirale de platine chauffée au rouge. Des vapeurs très-irritantes se dégagent ; elles se condensent dans un récipient refroidi. Le liquide obtenu présente toutes les propriétés des aldéhydes ; en présence de Tammoniaque, il réduit le nitrate d'argent et forme un miroir métallique ; en même temps, il se produit de l'acide formique qui lui-même se transforme en acide carbonique et en eau.

Avec la potasse, l'hydrure de lormyle donne un liquide brunâtre, d'une odeur qui rappelle celle de la résine d'aldéhyde acétique. Un courant d'hydrogène détermine dans l'hydrure de formyle la formation de gouttes huileuses douées d'une odeur alliacée; en ajoutant la moitié de son volume d'acide chlorhydrique au mélange, et laissant refroidir, on obtient une masse cristalline qui n'est autre chose que de l'aldéhyde formique sulfurée : CH^S, corps qui semble identique avec un autre obtenu par M . Gii^ard en traitant le sulfure de carbone par l'hydrogène naissant.

Le nom de formyle a été donné encore au groupe (GH)"', radical du chloroforme (CHCl^) {Voy. Form-ïlène). L. Hahx.

FORMYLÈXE. Nom donné au groupe (CH)'" qui forme le radical du chloroforme (Cil)'" C\% du sous-formiate d'élhyle ou étlier de Kay (CH)"' (G^H^O'^)^ etc.

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