L. Hn
FOI -l'Aï LLAl\fT (Les deux). Ils font honneur à la science numismatique, qui leur doit des travaux du premier ordre. Nous les plaçons à la lettre F, parce que l'orthographe que nous donnons à leur nom est la vraie et se démontre par des actes officiels qui sont à notre disposition.
Fo^^-Tailiant (Jean). Est né à Beauvais le 24 mai 1632. Devenu orphelin dès l'âge de trois ans, il trouva un second père dans l'un de ses oncles maternels, qui prit le plus grand soin de son éducation. 11 se fit recevoir docteur en médecine ; mais où..., aucune notice ne le dit ; bien certainement ce ne fut pas à Paris. Quoi qu'il en soit, après avoir pratiqué quelque temps son art, il se tourna complètement du côté de la numismatique où l'entraînait un goût décidé. Nous le voyons, protégé par Colberl, qui voulait augmenter la collection des médailles du cabinet du roi, visiter l'Italie tout entière, la Sicile et la Grèce, et len rapporter un si grand nombre de médailles, que les vitrines royales furent les mieux garnies de toutes celles de l'Europe. Spon [Voyage d'Italie, t. I, p. 9)
FRACANZANO. 775
a raconté ies péripéties de ce voyage de Foy-Vaillant, lequel traqué, pris par des corsaires de la Méditerranée, ne put sauver son trésor qu'en le confiant à ses intestins. Ces mésaventures n'empêchèrent pas l'ardent numismate de recommencer ses excursions, et il fit douze lois le voyage de Rome et d'Italie, visita deux fois l'Angleterre et la Hollande, parcourut l'Egypte et la Perse. Il mourut à Paris, dans les bâtiments de l'Arsenal, le 25 octobre 1706, à l'âge de soixantequatorze ans. Il avait été membre de l'Académie des inscriptions et médailles. Ses ouvrages sont :
I. Seleucidarum imperiinn, seu historia Syriœ, ad fidein nuviismatum accommodata. Paris, 1681, 111-4°, etc. — II. Numismata œrea hnperatorum, Augustarum et Cœsarum, in coloniis, municipiis, et urbibus jure latlo donatis, ex omni jnodulo percussa. Paris, 1688, iiilol., etc. — m. Numis}7iata imperatorum romanorum prœstantiora a Julio Cœsare ad Postumum et Tyrannos. Paris, 1692, in-8% etc. — IV. Historia Ptolemœorwn JEgijpti regum. Amsterd., 1701, in-fol. — V. Nummi antiqui familiarum romanarum perpetuis interpretatwnibus illustrati. Amsterd., 1703, in-fol. — VI. Arsacidarum imperium, sive regum Parthorum historia.... Achœmenidarum historia. Paris, 1725, in-4°. Œuvre posthume.
Foy-Vaîliant (Jean-François). Fils du précédent, né à Rome le 17 février 1665. Il marcha sur les traces de son père, et devint pareillement membre de l'Acadéînie des inscriptions et médailles. Reçu docteur en médecine à la Faculté de Paris, le 6 février 1691, il mourut le 19 octobre 1708, et fut enterré à côté de son illustre père dans l'église de Saint-Benoit. Outre quelques thèses qu'il a composées et soutenues aux écoles de Paris, et un Traité sur la nature et r usage du café, dont le manuscrit fut perdu par la maladresse d'un ami, J. F. Foy-Vaillant a laissé quatre dissertations numismatiques, dont deux ont été insérées dans les Mémoires de Trévoux (janv. 1705 et janv. 1705). A. C.
FRACAj\ZA]\0 (Antonio), en latin Fracantianus , natif de Vicence, fit ses études médicales à l'Université de Padoue et y prit le bonnet de docteur. Fort jeune encore, il fut chargé, en 1529, de professer la logique à Padoue; dix ans plus tard il fut chargé de la première chaire extraordinaire de médecine théorique, qu'il remplit avec succès jusqu'en 1546. II fut nommé ensuite titulaire de la chaire de médecine pratique, qu'il partagea avec Paul Crasso, et acquit une telle réputation que l'Université de Bologne lui offrit, en 1562, des émoluments très-considérables pour occuper la même chaire. Il accepta, et son départ entrahia à sa suite un grand nombre d'élèves. Tiraboschi a prouvé que c'est bien en 1562, et non en 1555, comme le voulaient Papadopoli, Angiolgabriello et Astruc, que Fracanzano se rendit à Bologne. II n'y resta guère que deux ans, et en 1564 il revint à Padoue, où il mourut en 1569, avec le titre de premier professeur de médecine. Il eut pour successeur le fameux Mercuriali.
Fracanzano s'est principalement occupe des maladies vénériennes ; il avait fait trois ou quatre cours sur ce sujet à Padoue et un autre à Bologne en 1565; ces cours furent recueillis par un de ses élèves, probablement Pierre Angelo Agatho, et publiés une première fois sous ce titre : Antonii Fracaniiani, doctoris tempestate nostra celeherrimi, de morho gallico fragmenta quœdam elegantissima ex îectionibus anni l^Q'5 Bononiœ. Padoue, 1565, in-4'*. Mais un autre disciple de Fracanzano, Camille Cocchi, trouvant la pensée du maître mal rendue dans cette édition, en publia une autre, qui ne diffère que fort peu de la précédente : Antonii Fracaniiani, Vicentini, viri hoc seculo clarissimi, etc., de morho gallico liber, uunc recens a mendis quibus in prima editione circumfluebat, ac a tenebris in lucem revocatus, a Camillo Cocchio, Viter-
776 FRACASSINI.
biensi. Bologne, 1564, in-4"; Venise, 1565, in-8". Cet ouvrage a été réimprimé dans V Aphrodisiacns de Luisini. Fracanzano, d'abord ennemi des frictions mercurielles, dut y revenir et en reconnaît fianchement l'utilité; il préconise des pommades mercurielles, mais rejette absolument la squine et la salsepareille.; pour lui le gayac serait le meilleur des remèdes, mais il a l'inconvcnient d'échauffer le sang et d'occasionner quelquefois l'épilepsie. On a encore de Fracanzano d'autres ouvrages, bien moins importants, il est vrai :
I. Consiliamedica. Francfort, 1598, in-fol. (publié dans le recueil de Scholtz). — IL l^ctiones -practicœ. Ulm, 167G, in-8° (avec le Consilia medica de G.-J. Velschius). L. Hn.
FRACASSATI ou FRACASSATO (Charles). Médecin et anatomiste italien, né à Bologne, florissait au dix-seplième siècle. Il fut professeur de médecine d'abord à l'Université de sa ville natale, puis à Pise. Ami intime de Malpighi, il s'occupa comme lui principalement d'anatomie, et ses œuvres furent imprimées avec celles de Malpighi, qu'elles sont loin de valoir du reste. Érudit plutôt qu'observateur, il s'est égaré bien des fois; on lui doit cependant quelques idées nouvelles et surtout des expériences curieuses sur l'infusion de substances médicamenteuses dans les veines des animaux. S'étant imaginé qu'il serait possible de guérir les apoplectiques en faisant pénétrer par les veines quelques substances capables d'aller dissoudre dans le cerveau le caillot sanguin qui s'y est formé, Malpighi fit des expériences sur les animaux en même temps que Fracassati, et, si les résultats furent négatifs au point de vue de la dissolution du caillot apoplectique, ils n'en sont pas moins intéressants à d'autres égards. On trouve dans les Transactions philosophiques de Londres deux Mémoires de notre auteur, dont l'un est destiné à décrire les effets que produit dans les veines l'injection de l'acide nitrique étendu d'eau ; l'autre fait connaître les différentes couleurs que prend le sang refroidi lorsqu'on le laisse séjourner. Voici, du reste, le titre des ouvrages de Fracassati :
I. Oratio in funere B. Massarii. Bologne, 1655, in-4''. — II. Prœlectio medica in aphorismos Hippocratis. Bologne, 1659, in-4''. — III. Dissertalio epistolica responsoria de cerebro ad Marcelluin Malpighiiim, in Malpighd et Fracassati tétras anatomicarum episl. Bologne, 1065, in-12; Amsterdam, 1669, in-12 ; reçus, in Uangel et Leclerc, Bibl. anat. —
IV. Exercitalio epistolica de lingua, ad J. A. Borellum (avec l'ouvrage précédent). —
V. Experiments upon Blood groivn Cold. In Philos. Transact., 1667, p. 495; — IV. M. Malpighi and G. Fracassati Observations about the Epiploon, or the Double Membrane which covers the Entrais of Animais. Ibid., 1667, p. 552. L. Hn.
FRACASSi:%iï (Antonio). Médecin à Vérone, membre de l'Académie de Bologne et de la Société des Conjecturants de la même ville, l'un des soutiens de Viatro-mécanicisme en Italie, vivait au dix-huitième siècle. Disciple de Hoffmann, il définit la vie : Progressiviis ac circularis fluidorum motus, quisolidorum reciproca contractione ac relaxatione pendet, ac proficiscitur. 11 est l'auteur de trois ouvrages peu importants ; nous n'y relèverons que la théorie sur les nerfs : à l'état de santé ils éprouvent des oscillations uniformes et régulières ; l'irrégularité et la dysharmonie de ces oscillations constituent l'essence de l'hypochondrie, laquelle ne diffère pas, au fond, de l'hystérie. (Dezeim.) Voici le titre des trois ouvrages de Fracassini :
'I. Tractatus theoretico-praclicns de febribus. Venise, 1750, in-4'' ; Vérone, 1766, in-4°. — II. Natura niorbi hijpochondriaci ejusque curationis mechanica investigatio. Vérone, 1756, in-4''. — III. Opiiscula pliysioiogico-pathologica, dissertationes très exhibentia. L De affectionibus infanlice ac pueritiœ. 11. De affeclionibus senectutis. 111. De vision/s sensorio. Vérone, 1765, in-4''. L. Hn.