‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.40Chapitre 19 sur 75 · DU DE · texte numérisé non relu

DU DE

PIIINTEMPS. L'aDTOMNE.

Montpelliei- 12,6 14,3

Marseille 12,80 14,96

Toulon 12,1 1S,0

Poitiers 11,2 12,4

byon 10,9 12.84

Bourges. . , 10,43 11, 53

Isothermes mensuelles. La détermination des moyennes des mois pour toute la France et leur comparaison à l'aide de courbes serait une conséquence rigoureuse de nos principes; il conviendrait d'écrire l'isotherme de Janvier, de Février, de Mars... (je n'essaie pas de faire un mot nouveau pour désigner ces lignes, ce qui serait cependant on ne peut plus facile). On pourrait aller plus loin encore dans le menu des renseignements et des notations graphiques. Mais nous craignons que la méthode ne perde de ses avantages par la multiplication des tracés; son but est de parler aux yeux, elle ne leur dit pkis rien et les fati- <Tue, (juand les lignes sont trop compliquées. Nous envisagerons ultérieurement d'une autre façon les moyennes thermométriques mensuelles, en comparant non plus les zones territoriales, mais les mois entre eux. Pour le moment, nous nous bornerons à l'étude de deux de ces lignes d'égale température mensuelle, qui nous paraissent particulièrement intéressantes et significatives et que nous avons fait reporter sur la carte delà page 416, en les empruntant à la Géographie d'Elisée Reclus. 11 s'agit d'un mois de janvier moyen de 2° et du mois de juillet de iS", 6, c'est-à-dire de lignes joignant les points pour lesquels ces mois ont ces températures moyennes.

La ligne isothermique de 2" pour le mois de janvier coupe la Tamise entre son embouchure et Londres, traverse la Manche obliquement, pénètre en France par Dieppe, descend par Paris, Orléans, un peu à l'est de Blois, Tours, La Piochelle, Bordeaux, s'infléchit dès lors pour éviter le massif Pyrénéen, gagne Toulouse, Carcassonne, remonte au nord de Montpellier et de Nîmes jusqu'à Valence, ayant ainsi contourné le massif central ; de là retourne brusquement au sud par Avif^non et Marseille; enfin, se dirige sur Nice parallèlement au littoral {voij. la carte d'Elisée Reclus in Géographie de la France, page 20).

Lalio-ne qui joindrait les points oii la température moyenne de juillet est de 18", 6 forme avec la précédente un X gigantesque dont le point d'entre-croi.sementdes branches est à Paris. Cette courbe passe de l'Océan dans les terres au niveau de la Roche-sur- Yon, traverse la Loire entre Angers et Tours, se dirige obliquement sur Paris, Soissons, Mézières, et, hors de la frontière, Liège, Cologne, etc. Elle est généralement parallèle, à grande distance, au littoral delà Manche, du Pas-de-Calais et de la mer du Nord, de Brest à Amsterdam (Elisée Reclus, même carie).

La signification de ces lignes est fort claire. La première montre que la région française du nord et de l'ouest n'a pas plus froid en janvier que la région méridionale, de Valence à Marseille, à la condition de toucher à la bande littorale atlantique. La seconde prouve que le degré élevé de la latitude n'empêche pas les terres du nord d'avoir des étés très-chauds, du moment qu'elles sont continentales, et que, plus au midi, l'acuité de la chaleur est atténuée par la praximité de rocéan.

420 FRANCE (climatologie).

Températures extrêmes en France. Par la force des choses, l'immense majorité des observatoires météorologiques sont dans les villes, et même dans les plus grandes. Or, on sait, et Fonssagrives a soin d'y insister, que les groupes humains considérables, sortes de fourmilières colossales, ont une chaleur propre qui s'ajoute à la chaleur cosmique. Il serait intéressant de multiplier les observations en pleine campagne; la météorologie agricole serait au mieux dans ces conditions, et d'ailleurs, au point de vue médical, on poursuivrait ainsi la recherche des rapports de la météorologie avec la santé du plus grand nombre, puisque nous avons encore, en Finance, 22,000,000 de ruraux contre 14,000,000 de citadins (recensement de 1872). Quelques-unes des observations dont il va être question paraissent répondre plus spécialement à ce desideratum; à vrai dire, elles ont pu, en partie, être faites sans instruments, et c'est peut-être pour cela qu'elles traduisent la situation météorologique du pays en dehors des grands centres habités.

La température la plus haute aurait été observée à Orange en juillet 1850, par de Gasparin; le thermomètre atteignit 40°, 2. La température la plus basse, — 28", 1, s'observa à Mulhouse, le 5 février de la même année. Donc une oscillation énorme de 68 degrés en un an.

A Paris, on observa 40" en 1720 ; 37" 7, le 14 juillet 1757; 40°, le 26 aoiît 1765; 59", 4, le 14 août 1775; 58", 7, le 16 juillet 1782 ; 58", 4 (Cotteà Montjnorency), le 8 juillet 1795; 56", 61e 18 août 1842; 57"à Montsouris le 8 août 1875 et 58", 4 le 9 juillet 1874. En remarquant que, de nos jours, on n'observe plus les hautes températures parfois notées il y a plus d'un siècle, on est porté à suspecter les instruments employés parles ancêtres de la météorologie française, aussi bien que leurs procédés. 11 y a, du reste, des motifs directs de défiance.

On a noté comme très-chauds dans toute la France les étés de 1811, 1818, 1822, 1852, 1854, 1842, 1857. En 1822, les moyennes à Paris furent: juin 21", 2; juillet 18", 9; août 19» ; à Alais: 25", 27°, 2; 27",7 ; la sécheresse fut extrême. A Strasbourg, on eut: moyenne de juin: 21", 4; de juillet 19", 1; d'août 17", 9. A Paris, en 1842 : juin 2iJ",4 ; juillet 19",5; août 22",5; à Alais 22", 6; 25", 5 ; 25", 5. A Genève et à Toulouse, cet été ne présente rien de remarquable. En dix ans, de 1855 à 1864, à Lyon, Drian observa le maximum 55", 9 le 17 juillet 1860, et le minimum — 20", 2 le 21 décembre 1859; en tout un écart de 54", 1 (J. Marmy et F. Quesnoy).

Parmi les hivers rigoureux, rappelons quelques-uns qui ont été de vrais désastres. Yan Swinden [Lettre à Cotte, in Journal de physique, tome L, page 227) donnedes détails sur l'hiver de 1709. Le 15 et le 14 janvier de cette année, au lever du soleil, La Hire nota à l'observatoire — 21", 2; le 20 janvier — 20", 4 et le 21 janvier — 20", 6. Peut-être y eut-il jusqu'à — 25°. A Montpellier, il fit grand froid tout le mois de janvier et Pon observa — 16", 1, le 11 de ce mois. Cotte [Journal (le physique, t. XXXIV) signale hs hivers de 1776, 1788-89. Dans ce dernier qui resta rigoureLix depuis le 25 novembre jusqu'au 10 février, on observa — 22" àParis, — 21", 5 à Andanville près d'Etampes, — 12" au Havre (décembre et janvier). Le Rhône, en facedeYalence,restagelépendantl5jours,de la surface au fond. Les noyers périrent à Angoulème ; les orangers, les oliviers, dans le Midi. La vigne fut gelée partout et l'on dut couper les ceps à ras de terre. Dans l'hiver delSlO à 1820, ily eut — 11" et — 12à Alais, du 11 au 14 janvier(d'Hombies-Firmas). Les effets en furent désastreux sur les chênes-verts, les figuiers.

FRANCE (climatologie), -iSl

les oliviers. Il y eut à Montpellier— 11»; à Toulouse — 13»,8 ; à Marseille — '17»,5; à Ilyèrcs— 11»,9. En 1829-1850, du l7 novembreau [o mars, on observa 77 jours de gelée. La neige préserva les soucbes des arbres, mais les jeunes branches furent gelées (d'Hombres-Firmas). Le froid de ces quatre hivers fut intense au Midi comme au Nord; en 1815, 1818, 1821 et quelques autres années, l'hiver ne fut dur qu'à la zone septentrionale.

Ces basses températures sont extraordinaires pour la France et surtout pour sa portion Méditerranéenne. Nous savons cependant que, de l'autre coté de laMé diterranée et bien plus au sud, l'Algérie a aussi une climatologie excessive : on y subit parfois, à quelque distance du rivage, des hivers intenses, quoique heureusement de courte durée ; à Laghouat, entre 35 et 34 degrés de latitude, il y a des séries de jours de gelée, et, si la culture des orangers y est impossible, c'est autant à cause de cette circonstance qu'en raison des degrés élevés auxquels monte le thermomètre dans la saison d'été.

Les archives de l'Observatoire de Paris conservent, dans les chiffres extrêmes des hivers, celui de — 25", 5 auquel le thermomètre serait descendu le 25 janvierl795; ceux de — 19", le 20 janvier 1858, et de — 21°,3, le9 décembre 1871. L'hiver de 1875 à 1876 comptera probablement aussi parmi les plus sévères.

Nous trouverons ailleurs l'occasion d'étudier les séries de jours de gelée à Paris. Pour le moment, nous pouvons évaluera 65", 5 l'écart de température de tout un siècle, dans cette localité. Le plus habituellement, pour toute la France, l'écart ne dépasse pas 50° en un an, et souvent est inférieur à 45°.

La température minimum observée à Nice est de — 9",6, d'après Schouw ; à Montpellier — 16",1, d'après Fuster (cités par Kaemtz). Le maximum à Nice aurait été de 55", 4 (Scliouw). En somme, pour cette localité, écart absolu de 45" [voij. plus loin: Climat Médilerranéen) .

Températures moyennes et oscillations thermiques. C'est un exercice de calcul assez stérile que celui qui a pour but de trouver la moyenne annuelle et même les moyennes saisonnières de la France, prise dans son ensemble. Une fois déterminée la zone thermique à laquelle nous appartenons, cette moyenne beaucoup trop générale n'est plus qu'une curiosité. Les savants y ont donné satisfaction, néanmoins. Ch. Martius fixe à 12" environ la température moyenne annuelle de la France. Cependant, d'après les observations de Cotte, recueillies de 116 villes pendant 40 ans, cette moyenne ne dépasserait pas 11", 4. Fuster (C/tnique médicale) l'abaisse même à 10", 8 ; ce qui, pour le dire en passant, donne exactement à la France entière la moyenne de sa capitale, Paris (si l'on accepte le chiffre de l'Observatoire, probablement trop fort).

Entre ces deux derniers calculateurs, les moyennes saisonnières de tout le pays diffèrent également, dans les limites ci-dessous :

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