‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.40Chapitre 18 sur 75 · FRANCE (climatologie · texte numérisé non relu

FRANCE (climatologie

villes et de recueillir des résultats applicables à la vie de Thonime en pleins champs, ce qui est le cas des populations rurales et des soldats en campagne. 11 est difficile, sans doute, qu'un médecin militaire en expédition se fasse suivre d'un attirail météorologique un peu complet; mais la simplification est possible et il y aurait dans le public scientifique beaucoup d'indulgence, eu égard à la situation. Et même notre armée occupe divers camps permanents où la physiologie humaine est beaucoup plus accessible aux agents atmosphériques que dans l'intérieur des villes ; là, du moins, on pourr.iit instituer des recherches méthodiques et prolongées de météorologie rurale. Les allures de la climatologie eussent pu, autrefois, éclairer de quelque jour les aspects divers de la constitution médicale du camp de Chàlons : Goffj-es en a peu profité dans ses communications relatives aux années i 857 à 186i {Recueil de mémoires de médecine, de chirurgie et de pharmacie militaires, 'b" série, t. Xlll et XIV). Le camp de Chàlons, il faut le dire, était la parodie de ces sorte^ d'institutions et servait à beaucoup d'autres choses qu'à l'entraînement de l'armée {voy. Lewal : La réforme de l'armée. P.iris, 1871).

^ IL Climat de la Fiîaixce. Ce serait aller contre notre principe et, du reste, tenter l'impossible, que d'essayer de répondre par une formule simple à cette question : le climat de la France. On aurait, de plus, fait une œuvre bien inutile en répandant par une unique moyenne thermique, une seule moyenne barométrique, etc. La France, qui ne représente guère plus du millième delà surface terrestre, est cependant suffisamment grande pour constituer une scène climatologique complexe et à tableaux variés. Cette complexité croît en raison de l'intérêt que nous présente cette petite parcelle du monde.

Par sa latitude et, de fait, par l'observation, elle est entièrement dans la zone des climats tempérés. C'est là le point de départ d'une multitude de lois et d'incidents. Elle a donc les quatre saisons bien distinctes et régulièrement alternantes : Printemps, Été, Automne, Hiver; avec toutes les circonstances climatologiques qui s'y rattachent directement : les oscillations saisonnières et journalières de la températui'e, dépendant de l'angle d'incidence des rayons du soleil ; les variations de pression, dépendant de l'état thermique et des mouvements de l'atmosphère; la direction changeante des vents; la distribution un peu capricieuse des pluies, essentiellement subordonnée aux oscillations thermiques et à la direction des vents, qui relèvent eux-mêmes de celles-ci; les alternances plus ou moins accentuées des phases d'activité ou de sommeil de la végétation et peut-être de la vie sous toutes ses formes.

Comme dans tous les pays tempérés, l'équilibre thermique y est extrêmement délicat, et les lois, que la théorie ferait concevoir, sujettes à mille exceptions. Remarquons que la France a précisément toutes les conditions de voisinage ou de configui'ation qui font varier, sur place ou par rapport à l'ensemble, les lois conçues à priori. Les rapports avec le soleil, la part que prend notre terre française aux révolutions du globe, sont incontestablement le fond du tableau climatologique; mais ce qui vit dans le tableau dépend absolument des conditions propres au pays. Dans une bonne partie du territoire, les saisons correspondent assez bien aux divisions du calendrier et approchent de l'égalité de durée; la moyenne thermique du printemps et celle de l'automne se ressemblent infiniment ; l'hiver et l'été se distinguent des autres par l'élévation des extrêmes de température au-dessus ou au-dessous de zéro. Mais rien de tout cela ne persiste, uniforme et durable, dès que l'on se porte vers quelque point où les influences

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de voisinage ou de configuration se font sentir. La France, c'est une situation exceptionnelle et peut-être heureuse, est à la fois largement accole'e au monde Européen et debout entre deux mers, ouverte sur l'immensité Océanique et regardant par-dessus les flots de la Méditerranée. A l'Est, dans la profondeur du pays, le climat va en se fondant dans celui de la masse continentale, qui est excessif; à l'Ouest, il subit le contre-coup des mouvements de l'Atlantique, qui atténuent les extrêmes ; au Sud, le grand lac Méditerranéen influence à peine l'atmosphère, mais il est un trait-d'union entre la France, l'Espagne, l'Italie et l'Afrique, réunissant un certain nombre de contrées dans un climat qui est, à bien prendre les choses, une sorte d'intermédiaire entre les climats chauds et les climats tempérés, et n'est ni l'un ni l'autre.

Mêmes accidents et mêmes nuancements énormes, si nous considérons l'influence de l'ossature du pays. A la marge continentale du territoire, elle présente des saillies puissantes qui portent le sol à des hauteurs où le climat s'identifie avec celui des régions glaciales ; elle renferme le colosse des monts Européens, le Mont-Blanc. Si l'on jette les yeux sur une carte en relief du sol français, on remarque aisément que la masse saillante, appelée massif central , sépare nettement le Nord du Midi et empèclie entre les climats partiels les transitions insensibles; sans compter qu'elle brise ou dévie les vents et qu'elle condense on précipite les vapeurs. Ici, des plateaux élevés, arides, découverts, à climat âpre dans lesjours chauds comme dans les hivers; là, des plaines basses, des dunes ou des plages, où la terre et l'eau sont en perpétuel conflit ; ailleurs, de hautes falaises où le ciel, qui se tenait élevé au-dessus de la mer, semble être en contact avec le sol et le noyer dans sa brume.

Ces accidents de terrain, concurremment avec d'autres modificateurs, altèrent naturellement la pression barométrique locale, vraie. Normalement, et abstraction faite des altitudes, notre pays appartient encore à une zone de fortes pressions barométriques (le maximum est entre 50 et 55 degrés de latitude). Néanmoins, il y a des points du territoire, encore fréquentés par la vie en société (exemple : Briançon), où le baromètre tombe à une moyenne de 0'", 650 ou même 0">,640. C'est cependant une donnée intéressante pour la physiologie pratique.

Nous n'aurons pas fixé une connaissance bien importante, ni féconde, en disant que le climat de la France est constant sur quelques points, excessif sur d'autres, le plus généralement variable. Il faut, évidemment, analyser et localiser. La distinction, tout au moins, du climat de la France en plusieurs climats de régions, s'impose d'elle-même; les bases ne manquent point, du reste, et reposent sur tout un ensemble de caractères de premier ordre.

Cependant, nous commencerons par essayer une esquisse d'ensemble. Il n'est pas impossible de tracer les grands linéaments de la météorologie française, ce qui ne revient pas tout à fait à créer des traits communs illusoires et à chercher des moyennes sans réalité. Ce procédé concède quelque chose aux hafiitudes et à la curiosité générale. Ses résultats, je l'espère, ne laisseront pas que d'être instructifs.

1° Température. L'Occident de l'Europe est réchauffé par les courants d'eau tiède (un bras du Gidf-Stream) et par les contre-alizés venus de l'Equateur. Les côtes de France, à l'Ouest, sont de celles sur lesquelles les flots des mers tropicales viennent s'étaler largement. L'immense fournaise du Sahara nous envoie, d'autre part, ses vents à peine attiédis, par-dessus le Tell Algérien et la Méditerranée. La France reçoit donc de la chaleur par le Midi, l'Ouest et même le Nord; l'Est seul nous envoie parfois ses vents continentaux, secs, chauds en

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été, olacés en hiver. Toutefois les Alpes se dressent comme de puissantes barrières en travers de ces vents et nous en atténuent les souffles rigoureux. Notre pays bénéficie, principalement sur une large bande de territoire à l'Ouest, de ce lait invariable : l'uniformisation des climats par la mer.

Lignes isothermes. Le tracé des lignes isothermes de degré en degré, sur la carte de France, reflète au mieux ces grandes influences. Ces lignes vont en s abaissant de l'Ouest à VEst, mais d'autant moins qu'oli les considère plus au Sud, où elles se rapprochent sensiblement des parallèles. L'isotherme de 14"*, en particulier, qui corrrespond au versant français des Pyrénées et à notre côte Méditerranéenne, semble d'abord prendre, en partant de Bayonne pour se diriger à l'Est, la direction commune : N.-O., S.-E.; en approchant de Perpignan, elle se relève au Nord et dessine une courbe au-dessus du 45^ parallèle, comme si elle était refoulée par les chaudes bouffées de l'atmosphère Africaine. Il convient . de remarquer qu'ici ce n'est point précisément une influence marine, mais plutôt une action atmosphérique. Le climat Méditerranéen, comme nous le verrons, est chaud, mais n'est point un climat maritime. Il faudrait plutôt voir l'influence marine à l'extrémité occidentale de cette même isotherme de 14", en ce que la température de la mer, à ce niveau, tend déjà à abaisser celle de la terre, au lieu de l'élever comme cela arrive sur des points plus septentrionaux et, par leur latitude, naturellement plus froids que le courant du golfe.

On sait que les lignes isothermes représentent une pure fiction pour la plupart des lieux, puisqu'elles ne donnent la tempéraiure moyenne que pour une altitude égale à 0 mètre. Or, ce qu'il nous importe de savoir, ce n'est pas la température qu'aurait, au niveau de la mer, un lieu qui n'y est pas réellement, mais bien la température vraie qu'il possède à son altitude effective. Cependant, le tracé des lignes isothermes est d'une bonne pratique parce que, s'il fallait joindre par des lignes les points d'égale température réelle sur toute l'étendue du territoire, on n'arriverait pas à des courbes supportables, ni, du reste, significatives, quant à l'idée que l'on cherche à prendre de l'ensemble. Au lieu de ces zig-zags étranges, les isothermes régulières expriment des faits généraux d'une haute importance €t sont d'une lecture éminemment facile. 11 y a plus. De graves soupçons d'inexactitude pèsent sur presque toutes les observations tbermométriques (et udométriques) recueillies jusqu'aujourd'hui en France. Les moyennes thermiques sont très-ordinairemeut trop fortes, d'un degré peut-être. «J'ai vu vingt fois, a bien voulu m'écrire M. Renou, les thermomètres dans les villes, abrités en apparence convenablement, donner des nombres plus élevés que le thermomètre-fronde tourné en plein soleil. Le mouvement produisant de la chaleur, il n'y a rien à objectera cette comparaison... Les innombrables comparaisons que j'ai faites des nombres obtenus dans les lieux d'observation avec ceux que donne le ibermomètre-fronde ne laissent aucun doute sur la valeur des nombres généralement recueillis. On peut dire qu'à mesure que l'observateur a plus de valeur la pluie augmente, la température diminue. » Dans ces conditions, les lignes isothermes sont d'une grande ressource; elles permettent d'obtenir par le calcul la moyenne thermique vraie d'un lieu donné, et dans tous les cas un chiffre qui serve de contrôle aux moyennes obtenues par l'observation instrumentale. Ce calcul a pour base les notions suivantes: dans nos pays, la température décroit de 1° en hiver pour 220 mètres d'élévation verticale, en élé pour 140 mètres, en moyenne de 1° pour 180 mètres; connaissant l'isotherme et l'altitude du lieu, rien n'est donc plus facile que d'en déterminer la moyenne thermique annuelle, estivale ou hivernale.

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La France est comprise entre les isothermes de 9" et de 1 5° (abstraction faite de la Corse, dont la moyenne est de 20°). L'isotherme de 11" passe un peu au Nord de Bourges, c'est-à-dire traverse le pays à peu près par le milieu. Or, au sud de cette ligne, les isothermes de 12°, 15", 14°, ont une portion de leiu' tracé entièrement en France, tandis qu'au Nord l'isotherme de 10' est seule dans ce cas et que celle de 9° ne fait qu'affleurer la frontière. Les isothermes se rapprochent donc dans la moitié méridionale. Ce que l'on vérifiera aisément à la simple inspection de la carte ci-jointe. 11 est, du reste, à remarquer que ce rapprochement est plus particulièrement accentué au sud du massif central, véritable arête de division, si l'on voulait ranger les climats partiels français en deux ordres : climats français du Nord ; climaLs du Midi.

Ch. Marlins (in Patria) donne les températures moyennes suivantes de quelques villes, supposées au niveau de la mer : Pau, 14°, 7; Toulouse, 13°, 4; Marseille, 14°, 3; Orange, 13°, 5; Lyon, 12°, 7; Genève, 11°, 8; Strasbourg, 10°, 6; Paris, 11°; Metz, 10°, 7. La plupart de ces évaluations sont fort exagérées ; elles doivent probablement être rectifiées ainsi qu'il suit : Pau, 14°; Toulouse, 13°, 4; Marseille, 14°, 2; Orange, 15°; Lyon, 11°, 5; Genève, 11°; Strasbourg, 9°, 8; Paris, 10°,2; Metz, 9°,6.

En appliquant la règle précédemment indiquée, le calcul donne pour température annuelle moyenne, environ :

Paris (Renou) 9,9*

Vendôme (id.) 10,43

Lille 9,08

Le Havre 10,2

Fécainp (Marchand) 10,1*

Brest 11,3

A'anles 11, o

LaRoclielle 11,8

Bordeaux 12,6

Bayonue 14,2

Pau 15,1

Perpignan 14,1 ^

Marseille (terrasse) 14

Kice 14

Genève 8,75'

Briancon 5,7

Lyon 9,6

Orléans 10,1

Toui= 10,75

Bourges 10,35

Dijon 9,15

Kancy 8,7

Mézièies 8,5

Besançon 9,5

Strasbourg 9,05

Metz 8,7

Moulins 10,03

Limoges 10,50

Clermont-Feriand 9,3

Toulouse 12,63

Montpellier 15,6*

Valence 11,7

' Déterminé depuis trente ans par M. Renou.

* Moyenne de vingt années d'observations.

'" Le docteur Fine obtient le même chiffre par l'observation directe, hors de la ville.

'L'observation directe, fort bien menée, a donné 8°,9.

" Conforme au chiffre de l'observation par Ch. Martins.

Nous compléterons par une exposition succincte les détails l'eprésentés dans la carte dont M. P»cnou a eu l'extrême obligeance de nous faire le croquis et qui est essentiellement, sauf quelques indications en plus, celle du même auteur, reproduite dans la Géographie de la France d'Elisée Reclus.

Les lignes isothermes, de degré en degré, sont ainsi disposées sur le territoire français :

L'isotherme de 9° émerge de la côte Anglaise au niveau de Colchester, traverse obliquement la mer du NoFd, de l'Ouest à l'Est et du Nord au Sud, rencontre le continent vers Ostende, passe au sud de Gand, touche à Bruxelles et, laissant au

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nord Liège et Coblenz, s'enfonce dans l'est en suivant la direction de Bruxelles à Manheim. Cette ligne est entièrement hors de France, mais affleure les frontières du Nord.

L'isotherme de 10", venant de Portsmouth, pe'nètre en France entre Le Havre et Dieppe (un peu au nord de Fécamp), touche à Rouen, passe au nord de Paris, près de Lagny, d'Arcis-sur-Aube ; longe les limites sud du département de Meurthe-

Fig. 1.

et-Moselle et coupe le 48" degré de latitude un peu après avoir franchi le Rhin.

La ligne de 11°, presque parallèle à la précédente, en France, mais encore plus inclinée vers le sud, dans son extrémité orientale, nous aborde par la pointe du Cotentin, au-dessous de Cherbourg, coupe la Loire entre Tours et Blois, puis de nouveau entre Nevers et Moulins, traverse les monts de laCôte-d"Or, la Saône entre Chalon et Mâcon, puis gagne Genève oii elle se rapproche beaucoup du 46*^ parallèle.

L'isotherme de 12° est déjà bien différente des précédentes. Elle n'a l'incliuaison Sud-Est que dans la première moitié de son tracé sur notre territoire. A partir

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de ce point, elle se relève vers le Nord-Est. Elle a rencontré notre côte occidentale entre l'embouchure de la Charente et l'estuaire de la Gironde, à peu près sur le 46'^ degré de latitude; passe au sud d'Angoulème, va droit à la rencontre du 45^ parallèle qu'elle touche entre le Mont-Dore et le Cantal, puis se relève dès lors pour traverser le Rhône entre Vienne et Valence, et les Alpes à peu près par 45°,5 de latitude nord^

L'isotherme de 15" entre en France et en sort à peu près à la même latitude, 44", 75. Elle dessine seulement, d'Agen aux Cévenncs, une légère courbe à concavité septentrionale.

Enfin, l'isotherme de 14", rencontrant la terre un peu au nord de Bayonne, longe le pied des Pyrénées françaises en s'incurvant vers le Sud; remonte pour atteindre la rive Méditerranéenne, qu'elle longe au sud de Narbonne et de Montpellier, coupe le Delta du Rhône, s'infléchit vers Marseille et Toulon, se dirige vers Nice et nous quitte sur 44" de latitude, étant entrée un peu plus au Sud.

Les isothermes du Sud étant presque parallèles aux lignes de la latitude (et même un peu déprimées à l'Ouest), tandis que celles du Nord s'abaissent de plus eu plus au Sud de l'Ouest à l'Est, il en résulte une remarquable convergence de ces courbes dans la partie orientale de notre carte, une sorte de disposition en éventail, à ouverture tournée vers l'Ouest; seulement les rayons supérieurs sont beaucoup plus déployés que les inférieurs. Ainsi se traduit, je le répète, l'influence marine spéciale des flots de l'Atlantique sur la bande occidentale de no treterritoire, au point de vue climatologique.

Isothermes saisonnières. L'Atlas de Berghaus renferme le tracé de l'isothère de 20" et celui de l'isochimène de 5". Notre carte, d'après 31. Renou, présente quelques autres lignes intéressantes.

L'isothère de 20° selon Berghaus part de l'embouchure de la Gironde, passe à Moulins, coupe la Loire, puis la Saône à son confluent avec le Uoubs, enfin le Rhin près de Mulhouse. L'isochimène de 5" pénètre par la presqu'île de l'Armorique, à Saint-Brieuc, du Nord au Sud, descend parallèlement à la mer suivant l'obliquité de la côte Bretonne et Vendéenne jusqu'au niveau de La Rochelle; de là, se dirige vers l'Est, franchit le Rhône à Valence et, obliquant au Sud, se prolonge jusqu'au golfe de Gênes-.

La carte de M. Renou donne l'isothère de 17", qui affleure notre frontière Nord (Dunkcrque), en se dirigeant de l'Ouest à l'Est et un peu du Sud au Nord; et l'isothère de 20", un peu différente de celle de Berghaus : ce serait une ligne légèrement concave, étendue de Lesparre à la rive nord du lac de Genève, en passant un peu au sud de Clermont-Ferrand. L'isothère de 21" appartient à la

1 On trouve, dans les petites cartes de Levasseur, une lifcne assez capricieuse, coupant le territoire en deux parties à peu près égales et que l'on donne pour l'isotherme de 12°, 5, Bien qu'il y ait lieu de suspecter sa valeur, cette ligne présente un intérêt particulier; en voici le trajet sous toutes réserves. Elle entre obliquement, de l'ouest à l'est et du nord au sud, par le département des Côtes-du-^'ord, passe à Saint-Brieuc, se dirigeant vers la Loire qu'elle coupe entre Nantes et Angers, et continue vers le sud jusqu'un peu au nord de Guéret. A partir de ce point, elle remonte au nord, repasse la Loire à Nevers et conserve cette nouvelle direction jusqu'aux environs de Cliàtillon-sur-Seine pour retomber ensuite assez brusquement au sud, de Dijon à Lons-le-Saulnier, traverser le Rhône aux confins des départements de l'Ain et de la Haute-Savoie et sortir de France par le département de Ja Savoie en reprenant la direction du N.-E. (indépendamment de ses sinuosités, ce qui a été dit précédemment porte à croire que le chiffre attribué à celte ligne est au moins trop

élevé d'un degré).

- De Tastes (de Tours) pense que cette ligne pourrait encore être tirée de Glierbourg a ^iice, en passant un peu à l'est de Tcurs,

Dicr. ENC. A" s. IV. 27

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côte Méditerranéenne/relies sont les limites, en somme, peu étendues, clans lesquelles oscille la température moyenne de nos étés, sur toute l'étendue du pays.

L'isûchimène de 2° s'étend de Lille à Genève, en passant un peu à l'ouest de Chàlons-sur-Marne et d'Epinal : elle n'est donc pas absolument la limite inleiieure des températures moyennes hivernales ; je pense que cette limite est bien près d'être représentée par l'isochimène de 1". La ligne des hivers de 6" représente la limite supérieure; cette isochimèue coupe la presqu'île de Bretagne, de Saint- Brieuc à Vannes, descend vers Rayonne, excentriquement à la côte, puis se dirige vers l'Est, très-voisine de l'isotherme de 14" et dès lors absolument parallèle à celle-ci.

« Les lignes isothères et les lignes isochimènes s'écartent de plus en plus en s'éloignant de la mer. » (l'est une remarque d'Elisée lîeclus que nos tracés confirment sommairement. Nous serions tenté d'appeler davantage l'attention sur la disi>osilion des isothères et des isochimènes par rapport aux isothermes. La direction des isothères montre que le continent hausse la température moyenne des étés et que lu mer l'atténue ; celle des isocliimènes met en évidence l'effet cxaclomenl inverse et plus prononcé du continent et de la iiier sur les hivers. Le pays entre Besançon et Genève a le même été que les bords de l'estuaire de la Gironde ; en revanche, l'hiver de Saint-Brieuc est aussi doux que celui de Bayonne, de Perpignan et de la côte entre Montpellier, Marseille et même Nice. D'autre part, rien ne caractérise mieux que ces tracés la propriété dévolue à rmduence continentale de rendre le climat excessif : il y a un point, entre Besançon et Genève, où l'isochimène <le !2" coupe l'isothère de 20", où par conséquent l'été de Bordeaux succède à l'hiver de Dunkerque; sur le littoral, c'est l'isothère de J7° qui coupe l'isochimène de 2", et l'isothère de 20° ne se rencontre qu'avec l'isochimène de 6°.

M, Fonssagrives a e^timé qu'il serait rationnel de tracer aussi les lignes d'égal printemps {isoères) et d'égal automne {isometopores). Nous ne saurions y contredire, puisque nous avons reconnu qu'il est nécessaire de détailler. Toutefois, indépendanmient de la nouveauté, et par conséquent d'une certaine bizarrerie des termes, chacun remarquera que les saisons intermédiaires, dans les climats qui ne sont que tempérés et pas encore froids, n'ont pas une importance absolue. Selon réminent collaborateur que nous venons de citer, l'isoère de 10" passe par Falmoulh, Gherbourg, Paris. Màcon, Ghà!ons-sur-Marne, Strasbourg, Carlsruhe, Manhcim, Trêves, Vienne; l'isométopore de 10" traverse Londres, Amsterdam, Trêves, Genève, Lausanne, Vienne, etc. On ne dit pas que ces lignes aient été tracées pour des villes supposées au niveau de la mer, mais le fait parait probablr. L'isométopore de 10", « plus sud, mais peu distante de l'isotherme de 10", se trouve entre elle et l'isoère du même degré, qui est un peu plus sud. » Sans discuter les chiffres mêmes, retenons le fait général. Voilà trois lignes qui se rapprochent intiuiment, ce qui en diminue l'importance, mais surtout prouve que les moyennes de printemps et d'automne ne s'éloignent pas beaucoup de la moyeime annuelle. Elles s'en éloignent cependant; le printemps un peu en relard, l'automne un peu au-dessus. C'est que, dans nos climats à grandes alternances, le moment le plus chaud de l'année n'est pas celui où le soleil est au solstice, mais quelques semaines plus tard, et que, l'échauffement de l'atmosphère se aisant lentement, la décroissance de la température affecte une semblable lenteur. A égale distunce de l'été, il fait plus chaud après qu'avant; ou encore, le printemps est la fin de l'hiver, tandis que l'automne est la fin de l'été.

LTG:<ES ISOTHÈRES et ISOCHIMÈNES en FRANCE

aOTENNES MOYENNES

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