‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.40Chapitre 46 sur 75 · ORANGE (1814-1839). PARIS · texte numérisé non relu

ORANGE (1814-1839). PARIS

Janvier . .

Février . .

Mars . . .

Avril . . .

Mai. . . .

Juin. • . .

Juillet. . .

Août. . . .

Septembre.

Octobre . .

Novembre .

Décembre . Année. . .

Jours d'intervalle.

Jours de pluie consécutifs.

Jours d'intervalle.

Jours de pluie consécutifs.

La moyenne des jours de neige a été, par an

Genève (21 ans) Grenoble (6 ans) Orange ....

îlarseille. . . .

9,6 Berzé-la-Ville . . .

18,0 Paris (Cotte). . . .

4,9 Metz

2,6 Strasbourg (14 ans)

Somme toute, sous le rapport hyétométrique, la France jouit de conditions moyennes, aussi bien que sous le rapport de la température. Même à ne considérer que l'Europe, elle est moins arrosée que l'Angleterre et l'est plus que l'Allemagne et la Russie. D'après Kaemtz, il y a en moyenne 152 jours de pluie par an en Angleterre et dans la France occidentale; 147 dans l'intérieur de la France; 141 dans les plaines de l'Allemagne; 112 à Bude; 90 à Kasan et seulement 60 en Sibérie. D'autre part, inême sur lés hauteurs, nos grandes averses n'ont rien de comparable à ces effroyables ondées qui s'abattent sur les monts Indiens du Malabar, sur les Garrows, et qui portent jusqu'à 6 et même 15 mètres la hauteur annuelle de l'eau tombée.

FRANCE (climatologie). 451

Brouillards. La plupart de nos villes maritimes, et même de celles de la zone Atlantique déjà avancées dans les terres, sont fréquemment plongées dans un brouillard plus ou moins intense. Les bords de la Méditerranée, ici encore, font une heureuse exception ; la plupart de ses villes ignorent le brouillard. En revanche, la vallée du Rhône reprend, sous ce rapport, une part des attributs du climat occidental. A vrai dire, nos grands fleuves assurent tous des brouillards fréquents aux cités placées sur leur cours : la Seine à Paris et à Rouen , la Loire à Blois, Angers, etc. ; la Garonne à Bordeaux. Souvent, comme on voit, l'influence maritime et le voisinage du fleuve s'ajoutent. A Lille, où l'influence marine est à peu près seule, Meurein compte, de 1861 à 1865, une moyenne de 256 jours de brouillard par an; dans la même période, la moyenne des jours de pluie fut de 210; l'humidité peut à bon droit passer pour la caractéristique de ce climat. Marmy et Quesnoy insistent sur le rôle important que jouent les brouillards dans la climatologie de Lyon. Paris n'a le plus souvent que des brumes; cependant, on y conserve le souvenir de quelques brouillards assez intenses pour avoir rendu la circulation des voitures et des piétons dangereuse dans la soirée. Lorsque pareille obscurité a lieu par le brouillard même en plein midi, comme à Londres, Kaemtz pense que le fait est dû au mélange de la fumée avec lui.

Les brouillards se montrent, surtout dans l'Est, beaucoup plus souvent dans la saison froide que dans la saison chaude.

C'est, du reste, une observation qui ne se fait que par à peu près, le plus ordinairement. Elle mériterait, sans doute, plus d'attention de la part des météorologistes.

On peut faire une réflexion semblable sur les rosées et sur les gelées blanches, qui ne sont que de la rosée surprise par le rayonnement nocturne ; les unes et les autres appartiennent à la classe des météores aqueux. Si elles intéressent moins la médecine que l'agriculture, il n'en reste pas moins apparent que les lois de leur fréquence et des conditions de leur formation doivent entrer dans les caractères de la climatologie des pays et relèvent, comme les autres, de l'observation méthodique et prolongée.

Nébulosité du ciel. On pressent que l'état couvert ou serein du ciel est en rapport étroit avec les conditions qui déterminent dans une contrée l'abondance et la fréquence des pluies. 11 suffit de rappeler le ciel si uniformément gris du N,-0., un vrai ciel d'Angleterre, et l'azur lumineux des rives méditerranéennes, parfois si durable qu'il en devient fatigant. La France du N.-E. tient le milieu entre ces deux zones accentuées; grâce à la fréquence du vent d'Est et à l'infériorité relative des pluies d'automne, cette région a de nombreux jours pendant lesquels le ciel est d'une parfaite limpidité et, même en septembre et en octobre, il est assez commun d'y avoir un ciel à peine nébuleux, d'un bleu doux et clair, qui donne un charme particulier à l'automne de ces contrées. Toutes choses éo-ales d'ailleurs, la nébulosité du ciel paraît encore être en raison inverse de l'altitude.

Nous avons trouvé, pour trois années (1865-1867) d'observations dans les hôpitaux militaires, les moyennes annuelles qui suivent, relativement à l'état du ciel, noté de zéro (serein) à dix (très-couvert) : Nancy, 5,5; Valencienncs, 5,6 ; Briançon, 5,6; Perpignan, 5,6; Bordeaux, 4,5. L'annuaire de Montsouris marque par le signe qui signifie très-nuageux la moyenne de chaque mois de la saison froide, à Paris, d'octobre 1875 à avril 1874; la saison chaude présente le signe

FRANCE (climatologie).

nuageux pour avril, juin, juillet et aoiît, et très-nuageux t^ovlt mai et septembre. Dans l'année météorologique 1874-1875, on trouve le signe couvert ; 8 fois en octobre 1874; 10 fois en novembre; 17 fois en décembre; 13 fois en janvier 1 8 75 ; 1 5 fois en février ; 1 2 fois en mars ; 4 fois en avril ; 5 fois en mai ; 1 3 fois en juin; 9 fois en juillet; 6 fois en août; 5 fois en septembre. Le signe : ciel beau, se présente 11 lois en avril; c'est le maximum. Il n'existe pas dans les colonnes d'octobre, décembre, février, juin, juillet. La moyenne diurne de cette année-là a été de 6,9. L'observatoire de Montsouris a adopté depuis peu un système de notation par signes, très-commode, et qu'il serait utile de généraliser. Cette circonstance qu'il n'y a que cinq signes au lieu de dix chiffres contribuera peut-être à multiplier et à faire soutenir des observations trop peu complètes jusqu'aujourd'hui.

Nous toucherons de nouveau à ce sujet à propos de la luminosité du ciel de notre pays.

Évaporation de l'eau. L'état hygrométrique de l'air influence les êtres vivants particulièrement au point de vue de la façon dont il favorise ou entrave, non l'exhalation pulmonaire, qui est à peu près constante, mais la transpiration cutanée. Par les temps chauds, l'air saturé de vapeurs rend la chaleur pénible, parce que l'évaporation ne se fait plus; parles températures basses, l'air humide nous cause une impression de froid, parce que, en dehors de l'évaporation, l'air devient plus conducteur de la chaleur et plus capable de nous en prendre. Il convient, toutefois, de noter qu'il est un autre élément qui intervient dans l'évaporation cutanée : c'est la vitesse du vent. Bien que l'on ne puisse assimiler l'évaporation de l'eau du sol à la déperdition aqueuse de l'homme par la peau, il n'est pas moins évident que la mesure directe de la puissance de ce phénomène, à titre de recherche météorologique générale, complète heureusement les renseignements sur l'humidité atmosphérique, fournis par l'hygrométrie, la psychrométrie, etc.

De Gasparin reproduit des résultats d'évaporation qui lui sont communiqués par divers observateurs ; mais il fait ses réserves vis-à-vis de l'exactitude des

chiffres.

ZONE MÉniDIOMALE.

millim.

Arles, une évaporation de 2,256

Rome 2,462

Marseille 2,400

Orange I.SIS

ZONE DC NOHD.

millim.

Utrecht, une évaporation de 669

llontdldier 662

Rotterdam 672

Paris 587

Ou encore, pour des moyennes plus larges :

millim.

millim

Côtes de l'Ouest . . .

Plateau de la France. .

France méridionale. . .

Plaines de la France. .

Bordeaux 2,043,7 (?)

La Rochelle 628,0

Poitiers 807,8

St-Maurice-le-G 740,7

Toulouse 649,0

Genève 1,210,1

Cavaillon Lons-le-Saulnier.

Pontarlier. . . .

Troyes

Montmorency . .

Moiitdidier . . .

Laon

Lille

Juin, juillet, août et septembre sont les mois pendant lesquels le phénomène atteint à ses plus hautes manifestations: les chiffres de ces mois sont égaux à quatre ou cinq fois ceux de janvier, février, décembre.

FRANCE (climatologie). 455

A Montsouris, celte recherche se fait méthodiquement à l'aide de Vévaporomètre Fiche. C'est un procédé encore peu répandu; nous savons, cependant, que révaporométrie est soigneusement pratiquée à Lille par M. Meurein. Nous nous bornerons à emprunter le tableau suivant à Y Annuaire de Montsouris, pour 1876:

HAUTEUR MENSUELLE d'eAU ÉVAPORÉE PAR L'ÉVAPOROMÈTRE PICHE.

MOIS

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