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5° Pression atmosphérique. La question de l'utilité, pour la climatologie médicale, des études barométriques, est, au moment où nous écrivons, l'objet d'une controverse entre Marié Davy et l'honorable promoteur de « l'observation personnelle », affranchie de l'instrumentation. Plus royaliste que le roi, le savant directeur de Montsouris suggère à Pietra-Santa même l'abandon du baromètre, dont la hauteur, selon lui, « n'a absoluriient aucune action sur la santé. » Je ik sais si les dépressions barométriques ont causé au laborieux météorologiste quelques déceptions ; mais nous pensons que, pour la physiologie animale, aucune circonstance du monde extérieur n'est indifférente, c'est seulement du plus au moins. Il est peut-être hardi d'affirmer que les variations des éléments météoriques « ont plus d'influence sur la santé que ces éléments eux-mêmes. » Dans tous les cas, il paraît bon d'avoir fixé l'état habituel, je ne dis pas : normal, de ceux-ci, pour pouvoir remarquer et apprécier leurs écarts. L'opinion radicale de Marié Davy, d'ailleurs, n'a pas tardé à trouver un contradicteur dans les colonnes de ce même Journal dliygiène qui l'avait enregistrée : les mouvements « les plus ordinaires » du baromètre peuvent rester sans influence, c'est possible; mais il en doit être autrement des grandes et brusques oscillations, si les rapports démontrés par Paul Bert entre la pression atmosphérique et l'état des gaz du sang ont quelque exactitude. Marié Davy réplique que, dans les plus fortes tempêtes, le baromètre de Montsouris, où la moyenne est de 755 millimètres, ne descend pas au-dessous de 720, et que les baisses les plus rapides ne dépassent pas 20 millimètres en 24 heures; beaucoup moins que la baisse obtenue par un voyageur qui se rend en chemin de fer de Paris à Clermont. Ce qui ne nous convainc nullement; dès qu'une baisse de 20 centimètres produit des modifications sérieuses sur l'économie, et le fait est hors de doute, nous ne pouvons
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croire qu'une dépression dix fois moindre soit indifférente; il ne reste qu'à trouver le moyen de l'apprécier et de la démontrera
Fonssagrives passe si rapidement sur les variations à proprement parler climatiques de la pression de l'air, que l'on pourrait croire qu'il était préalablement de l'avis du directeur de Montsouris. Il est même remarquable qu'en établissant des séries de villes d'après l'altitude il arrive à déterminer leur salubrité relative, non par les effets avantageux ou défavorables de la pression plus ou moins forte de leur atmosphère, mais par une circonstance qu'il a, dans le début, justement écartée de la climatologie, à savoir selon qu'elles ont plus ou moins à souffrir « des eaux stagnantes et des émanations miasmatiques qui s'en dégagent. » Nous pensons qu'il convient d'envisager plus explicitement la pression en elle-même.
Moyennes et oscillations barométriques. La hauteur moyenne du baromètre au niveau de la mer, à zéro, non corrigée de la pesanteur, serait, d'après Schouw et Poggendorf (in Kaemtz et Ch. Martins) : pour Paris, 761,41; pour Dunkerque, 760,49; pour Avignon, 762,02; pour Marseille, 762,14. (On sait que la pression diminue comme la latitude augmente entre le 30^ et le 50^ degré.) La moyenne réelle de Paris est de 756,4 (Bouvard) ou 756,6 (Le Yerrier).
Les oscillations barométriques mensuelles et diurnes sont soumises à certaines lois que Ch. Martins formule ainsi pour la France : 1" l'amplitude des oscillations mensuelles croit avec la latitude, sauf pour les climats maritimes (zone ouest) où les oscillations sont, d'ailleurs, plus grandes que dans l'est; 2'^ l'amplitude des oscillations diurnes diminue de l'équateur au pôle et en allant vers la mer; c'est le contraire des oscillations mensuelles ; 3" il y a souvent antagonisme entre les oscillations mensuelles moyennes du baromètre et celles du thermomètre; il y a, au contraire, parallélisme entre celles-ci et les oscillations barométriques diurnes.
Arago a trouvé dans les tableaux du capitaine Lamarche (1839-1840) la preuve que l'influence de la mer affaiblit l'amplitude de la période barométrique diurne descendante, de neuf heures du matin à trois heures après midi. A Toulouse, par 43° 56' de latitude nord, la colonne mercurielle descend, pendant ce temps, de l'"'",2; à Marseille, par 43" 17', de 0'^'",8; A Paris, latitude 48° 50', elle descend de 0'"",8; à Cherbourg, par 49° 38', de 0'"'",4, et à La Chapelle (près Dieppe), 49° 55' latitude, de 0'"'",36.
C'est sur les moyennes des oscillations barométriques mensuelles que Kaemtz et Bravais font reposer le tracé des lignes isobarométriques. Celle de ces lignes qui nous intéresse particulièrement est celle dont Kaemtz déci'it ainsi le trajet : « La ligne isobarométrique de 22'"'", 56 coupe la côte orientale de l'Amérique dans le voisinage de Boston, la côte occidentale de l'Europe au nord de l'embouchure de la Loire; se relève toujours vers le nord et atteint sa limite boréale dans le voisinage de Krasnojarsk en Sibérie. » Au nord de nous passe l'isobaro-
* Les observations, déjà assez nombreuses, des hyg-iénistes qui ont cherché à déterminer la composition de l'air du sol (Petlenkofer, von Fleck, von Fodor, etc.), prouvent que les variations barométrii|ues influent considérablement sur l'activité des échanges gazeux entre le sol et l'atmosphère. La dépression barométrique, spécialement, favorise l'issue de l'acide carbonique du sol. On sait aujourd'hui quelle est l'importance de ce domaine encore peu exploré de l'hygiène. 11 est impossible que des phénomènes barométriques, qui sont en étroite relation avec les fermentations et oxydations dans le sous-sol, n'aient pas également de sérieux rapports avec la santé humaine. Rien qu'à ce point de vue, il conviendrait de noter les oscillations du baromètre.
FRA.NCE (climatologie). 455
métrique de 27°"", 07, qui de Londres gagne la Suède méridionale; au sud, l'isobarométrique de 18""™, 05 traverse la partie septentrionale de la péninsule Ibérique.
AMPLITUDE MOYENNE DES OSCILLATIONS BAROMETRIQUES PENDANT l'aNNÉE, l'hIVER ET l'ÉTÉ.
(Kaemtz).