ÉCART
Octobre
Novembre
Décembn^ . ........
Février
liars
Avril
Mai
Juin
Juillet
Août. .,••.••....
Septembre
L'avantage est, on le voit, en faveur de l'année 1873-74.
Si l'on fait la somme des degrés mojens diurnes fournis par chaque mois, on trouve que l'infériorité de 1874-75 est de 515 degrés de novembre à septembre, et seulement de 305 degrés de novembre en juin.
Je ne me suis pas aperçu que la luminosité du ciel français ait été, ailleurs qu'à Paris, soumise à des observations méthodiques. Peut-être la partie instrumentale de ces recherches présente-t-elle quelques difficultés. On ne saurait douter, cependant, que des résultats obtenus sur ce point en des stations différentes et convenablement choisies ne soient capables d'être l'occasion de comparaisons instructives. C'est, évidemment, un champ à explorer. On s'habitue trop à ne voir, dans les rayons solaires, que la chaleur qu'ils nous apportent ; il y a autre chose, à savoir la lumière et les propriétés chimiques particulières des rayons simples, qui constituent le faisceau lumineux. La curiosité scientifique moderne s'est déjà emparée de cette idée fertile en découvertes et d'importantes applications en ont été tirées pour le règne végétal. Il est permis de croire que l'on n'obtiendrait pas de moins curieuses révélations si les efforts se dirigeaient vers l'action de la lumière sur la modalité vitale des animaux et de l'homme en particulier.
§. in. Climats partiels français. Les grands traits de la climatologie générale de notre pays, que nous venons d'esquisser, ont pu faire voir combien est légitime le principe de division que nous avons posé dès les premières lignes de ce travail. Les météorologistes l'ont ainsi compris depuis longtemps et, d'ailleurs, des distinctions naturelles se présentent d'elles-mêmes dans l'ensemble climatologique de la France, comme on l'a déjà remarqué.
Nous n'avons pas la prétention d'apporter une classification nouvelle et qui nous soit propre. Plusieurs classifications existent et toutes ont le mérite d'avoir évité de partager le territoire en zones limitées par les degrés de latitude, de ne s'être même pas établies simplement sur la considération des lignes isothermes. Si important que soit l'élément température, il ne saurait servir de base à une classification à l'exclusion des autres ; l'expression vraie du climat est dans tous les éléments climatologiques et dans leur rapports naturels, comme les traits du visage et leur agencement constituent la physionomie d'un homme.
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Le massif granitique central partage tout d'abord la France en deux zones de climats offrant une opposition tranchée (E. Reclus). Le versant du nord appartient à l'Europe occidentale ; le versant du sud présente, dans son climat comme dans certains aspects et quelques productions du sol, expression vivante du climat, des caractères dans lesquels il est difficile de ne pas reconnaître quelque chose d'africain *. La zone nord à son tour, emprunte aux faits naturels sa division en deux zones secondaires, orientale et occidentale ; à vrai dire, la ligne de démarcation entre elles n'est proprement nulle part; le climat change de l'est à l'ouest d'une façon graduée, sans accident brusque. Le climat de l'est est cont'menlaU essentiellement terrestre ; ses caractères portent l'empreinte mar- ([uée des conditions qui relèvent du sol, telle que sa nature géologique, son altitude et surtout sa configuration. D'ordinaire il est excessif. A l'ouest, sur une bande territoriale d'une longueur variable, parfois assez étendue, le climat est maritime (E. Reclus) ou marin (Kaemtz et Bravais). Toutefois, le sens de ce mot est poxir ainsi dire spécial au littoral atlantique français ; tout pays littoral n'a pas nécessairement un climat tel que celui-ci ; les mêmes conditions ne se reproduisent bien que sur l'Angleterre et surtoiit l'Irlande. Elles consistent ; dans l'élévation de la moyenne thermique annuelle relativement à la température moyenne des contrées situées à la même latitude, à l'est ; dans l'atténuation des écarts de température et, par conséquent, dans Végalitédu climat; dans la prédominance des pluies d'automne et des vents d'ouest, dans le degré élevé de l'humidité moyenne et la fréquence des brouillards.
Il n'est guère utile de redire ici la cause du réchauffement des rives européennes de l'Atlantique et des propriétés spéciales de leur atmosphère. On sait que le Gulfstream, ce fleuve océanique de 25 lieues de large et de 9,000 mètres de profondeur, aborde obliquement les côtes de France, déjà divisé en deux bras en venant du large; le bras méridional, qui nous atteint, s'infléchit sur sa direction première, en heurtant nos côtes, puis se dirige vers le nord ; mais il a envoyé un petit bras secondaire tournoyer dans le golfe de Gascogne. Cette énorme masse d'eau tiède échauffe les terres occidentales de l'Europe par le calorique et les vapeurs qu'elle abandonne et par le courant aérien du S.-O. qu'elle amène avec elle : « Baignées par les moites vapeurs d'un autre climat, ces terres jouissent ainsi d'une température bien supérieure à celle qui appartiendrait normalement à leur latitude. » Elles reçoivent les effluves des mers tropicales, quoique trèsadoucies par ce long voyage. La constante humidité de l'atmosphère dans un tel climat est la conséquence de ce mode de réchauffement et elle-même entraîne la
* Cette comparaison ne saurait i)orter que sur l'Afrique septentrionale. Il est plus juste, peut-être, de dire que c'est celle-ci qui ressemble à l'Europe, car « la Berbérie, qu'on appelait autrefois les États barbaresques, c'est-à-dire le Maroc, l'Algérie, la Tunisie et Tripoli, est un pays comparable à l'Espagne, à la Provence, à l'Italie, à la Grèce et à l'Asieîlineure; mais ce n'est pas la mystérieuse Afrique des anciens, le pays des monstres et des merveilles. En un mot, on est là dans une presqu'île de l'Europe, dont Hercule, le Lesseps de la fable, a percé l'isthme entre Ceuta et Gibraltar. Ce n'est pas \a Méditerranée qui sépare les deux parties du monde, c'est le Sahara, et cette barrière est plus sérieuse qu'une mer. Ce que nous avançons là est démontré par l'identité du ciel, des saisons, des sites et des productions sur toutes les côtes de la Méditerranée. » Au nord du Sahara, on a les quatre saisons comme en Europe; l'hiver quelquefois rude, qui revêt les montagnes d'un beau burnous blanc; le printemps, où tout renaît et chanie, où tout est vert et fleuri; l'été, pendant lequel de belles moissons de blé et d'orge ondulent an souffle du sirocco; et enfin, l'automne, l'aride automne, avec ses tourbillons de poussière incommode. (Général Faidhe:be : Le Zénaga des tribus Sénégalaises, Lille, 1877, p, 93,
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fréquence (sinon l'abondance) des pluies tout le long du littoral. Tiède, égal et humide, tel est le climat français de la zone occidentale.
Cela fait trois grandes régions climatiques. Mais, dans chacune d'elles, il y a de nouvelles distinctions à introduire et l'on reconnaît aisément de vastes exceptions à la formule générale, tout au moins des spécialisations qui, sans la démentir, méritent une description à part. Nous avons déjà indiqué, sous le rapport des vents et des pluies, de notables différences entre les côtes atlantiques proprement dites et le rivage de la Manche ; il y a là vraiment deux climats distincts, que la différence des moyennes thermiques sépare, du reste, autant que le font d'autres circonstances météoriques. Sur le versant atlantique, on pourrait faire encore un climat intermédiaire entre le maritime nord et le maritime sud; il y a, en effet, entre les deux, la basse vallée de la Loire, d'Angers à Nevers, qui n'est ni froide ni chaude, ni sèche par à-coups, ni humide avec la constance maussade des brumes flamandes ; elle représente comme la moyenne générale de la France, « la région autour de laquelle oscillent les divers phénomènes du climat. » (E. Reclus.) De même, le massif granitique central forme une région où les conditions locales d'altitude, la configuration du sol, modifient profondément les allures de tous les phénomènes qui constituent la climatologie générale de ces latitudes. La région qui s'étend le long de la frontière d'Espagne au pied des Pyrénées françaises, très-influencée par le voisinage océanique, grâce à sa dépression, est déjà en partie aussi méditerranéenne: c'est assurément encore un climat particulier, ayant sa note dominante au milieu des caractères qu'il tient de sa latitude et de sa situation entre deux mers. Nous avons marqué les attributs du climat méditerranéen proprement dit; on ne les retrouve très-exacts que sur une bande de terre assez étroite, étendue de Cette à Nice, au nord de laquelle le relèvement assez brusque du sol, la sculpture de ses rochers, les grandes vallées fluviales, voilent les influences méditerranéennes, tout en en laissant percer de temps à autre le souvenir. Il faudrait bien tracer aussi la physionomie fort anguleuse du climat du versant français des Alpes ; distinguer le climat des départements Jurassiques ou Vosgiens de celui des contrées Lorraines et Bourguignonnes, placées entre les grandes plaines où le voisinage de l'Océan se fait encore sentir et des arêtes déjà vigoureuses du continent européen. On a reconnu les particularités climatiques de la vallée du Rhône et de la Saône ; les vallées de la Moselle et de la Meuse, qui marchent en sens inverse de la Saône et du Rhône, s'éloignent de ce climat déjà un peu méridional et ne sont pas encore absolument le jclimat continental, ni le climat maritime du nord-ouest.
Elisée Reclus fait, à l'égard de ces influences réciproques du climat, des versants et des découpures du sol et des cours d'eau qui le sillonnent, une remarque qui nous paraît aussi juste qu'originale; il ne sera pas déplacé d'en reproduire la substance. « Les eaux courantes rendent visible une partie du climat ; le ciel s'abaisse pour ainsi dire dans les vallées, avec ses vents et ses pluies, et révèle les oscillations de l'atmosphère par les gonflements du flot et les assèchements du lit. On peut reconnaître les lois générales et la succession des saisons dans les allures des rivières qui ne sont pas alimentées par des glaciers ou dont le cours n'est pas en partie souterrain. Ainsi quel contraste plus évident que celui des torrents du littoral méditerranéen et des cours d'eau de toute espèce, ruisseaux et fleuves, qui s'épanchent des collines de Bretagne! Ne voit-on ps aussitôt dans cette opposition du régime hydrologique comme un résumé des
pliénomènes du climat? Sur le versant méridional des Cévennes, tour à tour brûlé par le soleil et lavé par des pluies fort abondantes, les lits des ravines sont pendant la plus grande partie de l'année des chemins pierreux, aux cailloux enduits d'un limon grisâtre, aux flaques vertes séjournant çà et là dans les vasques du rocher mis à nu ; mais la largeur des terrains remaniés par le flot, les branchilles et les feuilles retenues dans les rameaux des arbres qui se penchent sur les berges, témoignent de la puissance des crues qui viennent parfois, surtout en automne, s'abattre sur les campagnes inférieures et changer les ravins altérés en autant de Rhônes. Combien diffèrent de ces « ouadis » du Languedoc les paisibles ruisseaux de la Bretagne et de la Normandie ! Ils croissent avec lenteur, s'abaissent insensiblement, ne sont jamais à sec, ne débordent point en inondations redoutables ; ce sont des cours d'eau modèles »
La péninsule armoricaine est une région à part, sous le rapport de l'orientalion et des habitudes de ses rivières, aussi bien que parle climat ; la Seine et la Loire, d'abord assez rapprochées et parallèles, divergent l'une de l'autre au moment où elles se rapprochent de la Bretagne, comme si elles voulaient laisser son indépendance à son système hydrologique.
Le Pdione jumeau du Rhin à sa naissance, suit bientôt une direction précisément inverse, de même que la Saône, son grand affluent, est la contre-partie de la Moselle, accusant un double versant territorial, deux expositions contraires, des habitudes climatiques divergentes. Des Pyrénées, des Cévennes, des monts avancés des Cévennes, les eaux courantes convergent vers la concavité du o^olfe du Lion; au contraire, sur le grand versant qui s'incline vers l'Atlantique, de l'Adour à la Moselle, toutes les rivières divergent comme les rayons d'un éventail immense, participant à des ensembles de conditions physiques de plus en plus dissemblables.
Tous ces accidents, reliefs du sol, découpures, vallées plus ou moins en pente, inclinaison générale, altitude absolue, orientation des versants, direction des côtes, sous le rapport desquels la France se présente si riche et si variée et jusqu'à l'état de nudité ou de revêtement du sol par les grands arbres el les forêts étendues, sont la cause des divergences climatiques et de la multiplicité des types de climat dans notre pays. On a toujours raison de faire en cette matière des distinctions nombreuses. Nous nous servirons tout à l'heure de la classification des climats français de Ch. Martins, empruntée par J. Rochard dans l'article climat du Nouveau Diction, de méd. et de cliir. pratiq. t. VIII, 1868. Cette classification, fort louable au point de vue des bases sur lesquelles elle s'appuie, a pour nous ce droit à être conservée qu'elle est déjà entrée dans les habitudes scientifiques et que l'on risquerait quelque confusion en la modifiant Il n'en est pas moins acquis que plus d'un type de cette classification est susceptible de dédoublement et que l'on peut légitimement élever le nombre des variétés admises jusqu'ici. El. Reclus reconnaît sept zones de climats distincts C'était déjà le procédé de son frère, Onésime Reclus, qui leur attribue les caractères suivants :
Le climat vosgien on autrasien, climat continental, dépend des vents de l'est et du nord-est venus de la Russie, de la Sibérie même, par les plaines de l'Allemagne. La neige y abonde en hiver ; le printemps y est doux, rapidement fécond et imprimant à la végétation une puissance singulière ; « sous ce climat, l'été est superbe, l'automne fort beau, le ciel presque toujours clair, » ce qu'il faut entendre, non de l'absence de nébulosité, mais de la rareté des brumes et
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des brouillards. Le climat austrasien règne à Strasbourg, dans l'Alsace, dans une bonne partie de la Lorraine, dans les Ardennes. La température moyenne de Strasbourg est de 9°, 8, environ 1 degré de moins que celle de Paris.
Le climat séquanien ou neustrien, climat maritime, domine du cap de la Hague à la Belgique, sur les bassins de la Seine, de la Somme, de l'Escaut et des petits fleuves côtiers normands, artésiens, picards, flamands. Les vents de la Manche en font un climat très-tempéré. Paris ne connaît pas les très-grands froids, Lille moins encore ; il est des années, dans cette dernière ville surtout, où l'hiver se passe en pluies et en ternes et vilains jours. « Le printemps, triste saison, y lutte à fortunes diverses contre l'hiver humide et froid, contre l'été sec etbrûlant.L'étépeut se montrer fort chaud, pi^esque torride ; l'automne est beau.
« Le long de la côte, du cap de la Hague à la Loire, et le long des petits fleuves qui débouchent sur ce trajet dans la mer, le climat breton ou armoricain, le plus maritime des sept climats français, est aussi égal d'un bout de Tannée à l'autre que mélancolique par ses vents, ses pluies fines, ses cieux obscurcis et bas, reposant sur des landes, des mamelons de schiste et de granit ou sur Ihorizon estompé d'une mer sourdement impatiente ou violemment agitée. Les froids de l'hiver y font si peu de tort que des arbres provençaux y vivent en pleine terre au bord des anses, dans les presqu'îles et dans les îles. Le grenadier, par exemple, avec l'aloès, le magnolia, le camélia et le laurier rose. La température moyenne de Brest et de Vannes approche de 12 degrés. »
Le climat girondin, au point de vue de l'extension territoriale, enferme une portion du bassin de la Loire, une grande partie de celui de la Gironde, les bassins de la Sèvre, de la Charente, de l'Adour; il est limité par les Pyrénées et le soulèvement du centre. C'est encore un climat maritime, mais déjà quelle différence d'avec les climats neustrien et breton ! Le chaud et brillant soleil des latitudes méridionales l'emporte sur réchauffement à la vapeur des côtes bretonnes et normandes ; tandis que la Loire-Inférieure a encore les prairies, les sillons, comme en Normandie, et seulement quelques vignobles, le soleil du midi, à mesure que l'on s'avance vers le sud, parfume les eaux-de-vie de Cognac, mûrit les grands vins du Bordelais et, plus loin encore, élude l'hiver pour quelques-unes de ces villes que recherchent les privilégiés de la fortune au moment où ils se reconnaissent égaux aux autres hommes devant la tuberculose. « Peu ou pas de neige dans la froide saison, des pluies de printemps, des étés chauds, de longs et superbes automnes, c'est la marche des saisons de Nantes à Bayonne et de la mer aux montagnes. La température moyenne annuelle de Bordeaux dépasse 13 degrés: celle de Pau, toute locale, serait de 16«,63.)) Celle de Toulouse (Rive) serait de 15°,8.
Le cours supérieur de la Loire et de ses tributaires, de la Dordogne, du Lot, du Tarn et des tori-ents qui atteignent la rive droite du Khône au-dessus de Lyon, appartiennent, dit avec raison 0. Reclus, à une région que son altitude fait plus froide que ne le voudrait sa situation sous le soleil. Le plateau central, en effet, est coupé par le 45*= degré de latitude ; il se trouve donc à égale distance du pôle et de l'équateur et devrait être le type du climat tempéré. En réalité, il est excessif, a des hivers très-longs et très-fioids, qui empiètent sur le printemps ou l'automne, avec des neiges persistantes, et des étés très-chauds dans les gorges, bien que les plateaux soient rafraîchis par intermittence au souffle de vents violents et par des matinées et des soirées froides. De là, la légitimité de la création de ce type spécial ; le climat auvergnat, ou
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limousin, climat continental mais avec exagération des caractères. Le Puy, Mande, Saint-Flour, Rodez, obéissent à ce climat qui est, selon 0. Reclus, « encore mal observé. » Nous retrouveions plus loin quelques caractères curieux du climat des hauts plateaux de cette région, appelés causses.
«Le climat r/iorfanée>z rattache le climat continental du plateau central au climat non moins continental de l'Alsace et de la Lorraine. On pourrait l'appeler aussi bien climat hourgidcjnon, car il s'étend sur la Saône, plus que sur le Rhône, et mieux encore climat lyonnais, de la grande ville oii se lient les deux bassins qui lui appartiennent. » Les étés y sont chauds, les hivers parfois très-rigoureux, surtout quand on s'élève sur les pentes du Jura. La température moyenne annuelle y est entre 11" et 12".
« Qu'on aille de Toulouse à Cette ou de Lyon à Marseille, on voit vers Carcassonne ou vers Montélimart les teintes du paysage passer du vert au jaune et au blanc, les prairies diminuer et roussir hors des zones iniguées ; les roches s'illuminent, la poussière saupoudre les feuilles jusqu'à faire courber les menues tiges, et le terne olivier s'abrite contre des mamelons pierreux, en vue de plaines sèches et de monts décharnés. On vient de passer du climat girondin ou du climat rhodanien sous le climat provençal ou méditerranéen...)) L'auteur fait entre l'est et l'ouest de cette zone une distinction justifiable ; il y a un peu plus d'oliviers et plus de mistral à l'ouest, un peu moins de froids durables, des orangers et le palmier, avant-coureur du Sahara, à l'est; c'est ici que «les villes d'hiver se réchauffent au soleil», comme les villes d'été se rafraîchissent aux bords du Rhin ou à la base des Pyrénées ; pourtant, ce n'est pas toujours le soleil «sans vent», le ciel «sans ride», que l'on vante si uniformément et auxquels il serait bien agréable de croire. Nice elle-même, si heureusement protégée par son amphithéâtre de sommets du côté du nord, la ville des fleurs, aussi chaude que Rome et plus chaude que Florence, Nice « a aussi ses désagréments de climat. Les vents y sont d'une extième inconstance et parfois d'une violence insupportable; à la fin de l'hiver, au commencement du printemps, quand le mistral soufdc avec fureur, la poussière noirâtre que l'air soulève en tourbillons ne le cède guère en intensité aux pluies de cendres des volcans. Le veut du sud-est, qui est le sirocco, fatigue aussi, mais par sa moite humidité, disposant à la langueur. » (Elisée Reclus.) La moyenne annuelle de Montpellier (que nous avons vu varier selon les auteurs), ainsi que celle de Nîmes, oscille entre lo^-Tj et 14" pour 0. Reclus; celle de Marseille est de 14^*, celle de Toulon de 14", 5, celle de Perpignan et d'ilyères de 15", celle de Nice de 15°, 5 à 1G°, celle de Menton et de Cannes, encore plus favorisées que Nice, de plus de 16", A Menton le climat local est si uniforme que, dans certains hivers, la température la plus basse est de 8 degrés au-dessus de zéro, tandis qu'en été la chaleur, tempérée par la brise marine, est moins élevée qu'à Paris et même que sur les bords de la Baltique.
Si Pou voulait spécifier davantage encore et que l'on sacrifiât l'habitude, lâcheuse du reste, d'attacher à l'idée de climats ou d'espèces climatiques celle (le zone géographique, une et déterminée, on créerait avec avantage un huitième climat : le climat de montagnes français, qui comprendrait, à la vérité, des points du territoire distants les uns des autres, appartenant soit aux Alpes, soit aux Pyrénées, soit même aux grandes saillies du centre, mais qui fixerait à coup sur des caractères communs et bien tranchés, sous le rapport du régime thermique, del'hyétologie, de la pression, des allures de la vitalité, soit
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dans le vèjiiie végétal, soit chez les animaux ou même l'homme, saiii ou malade. Nous n'osons commettre ici cette innovation, si légitime qu'elle paraisse, dans la crainte d'apporter quelque trouble dans l'esprit du lecteur. Nous reviendrons sur les distinctions nécessaires, à l'occasion du climat rhodanien, celui qui les réclame le plus impérieusement ; souvent déjà, et le fait se représentera plus loin, nous avons relevé les attributs spéciaux de notre climat de montagnes. Peut-être que le sentiment que nous éprouvons ici se répandra clans la science et qu'un jour cette huitième espèce prendra rang parmi les autres sans étonner personnel
La division des climats français de M. Ch. Martins, adoptée par J. Rochard, est pour ainsi dire classique. Les cartes de M. E. Levasseur en reproduisent hi répartition géoi^raphique. Toutefois, il est à remarquer que la ré-ion du Massif central y porte une mention à part et se détache par une ligne secondaire de l'étendue considérable que laisse au climat girondin le silence des observateurs sur le climat de l'Auvergne plutôt qu'un motif emprunté à la nature des choses. La classification de Ch. Martins partage le territoire en deux portions d'étendue très-inégale, l'une à l'ouest, l'autre à l'est, par une ligne qui court du nord au sud, de Mézières à Carcassonne, flexueuse mais verticale jusqu'à Viviers et obliquant à l'est à partir de ce point. La portion occidentale comprend deux climats, séparés l'un de l'autre par une ligne qui suit généralement le cours de la Loire, de son emboucliure jusqu'à iXevers, pour gagner de là, do l'ouest à l'est directement, la vallée de la S;iône : au nord de cette ligne, c'est le climat Séqiianien; au sud, le climat Girondin. La bande de l'est comprend, du nord au sud, le climat Vosgien, le climat Rhodanien et le climat Méditerranéen représenté géographiquement par un triangle à base très-large, qui est la côte, et un sommet peu élevé, dont Viviers marque la place précise. Conservons cette classification, puisqu'elle existe, mais en rappelant qu'il ne faut y rattacher aucune pensée de démarcation territoriale.
Climat Séquanien. Ch. Marlins lui assigne comme température moyenne annuelle 10", 9. La différence entre la moyenne de l'hiver et celle de l'été est moins forte que d^ms le nord-est; cette différence, étant à Paris de 14°, J , devient à Brest de 10°, 8.
Moyenne de l'hiver ¥ ; — de l'été 1 7°, 5.
11 tombe moyennement 548 millimètres de pluie, sauf dans les localités tout à fait côtières, où la proportion est plus forte. Les pluies d'automne l'emportent sur le littoral ; c'est la caractéristique du climat. A. Paris, ce sont les pluies d'été, preuve de la difficulté d'embrasser une étendue un peu notable de territoire dans la même désignation. Les vents dominants sont le sud-ouesl d'abord et surtout, puis le nord-est. Les variations diurnes du baromètre s'étendent de 0""", 36 à G"'"', 75. Les oscillations mensuelles sont plus fortes que
dans l'est.
Comme type particulier, nous reproduirons d'abord les principaux traits du climat de Paris, dont beaucoup sont épars dans les pages qui précèdent et qu'il convient pourtant de rassembler ici, tant parce qu'ils ont été bien étudiés qu'à cause du droit de la grande cité à une attention spéciale.
* Un important ouvrage, paru depuis que ces lignes ont rté écriles, le Traité de climatologie médicale, de il. Lombard, Paris, 1877, justifie entèrement ces prévisions. iU. Lombard adopte, pour lous les climats, trois grands genres : Climat maritime ou insulaire ; climat ontinenlal; climat de montagnes (Lombard, loc. cit., t. J, p. 291 et fuiv.).
FRANCE (climatologie). 485
La température moyenne annuelle de Paris, trouvée par Iléaumur (1755- 17-40), est de •10°,7; par Messier( 17(33-1785), il»,^; par l'Observatoire (180 i- 1861),10%7ou 10°, 8 (1862-1871). Il est probable que cette dernière évaluation est la plus voisine de la vérité; en effet, les caves de TObservatoire, à '29 mètres de profondeur, marcpient moyennement M ",7-4 : en admettant, selon les indications concordantes des physiciens, un accroissenient de température de 1 degré par profondeur de 32 mètres au-dessous du niveau du sol parisien, à une température de 11", 74 dans les caves de l'Observatoire correspondrait une température moyenne de la surface égale à 10°, 8 environ.
Le tableaii suivant, emprunté à VAnnuaire de Montsouris, donne les températures moyennes mensuelles de Paris par périodes d'année :
MOIS
Janvier. , ....*.
Février
Mars
Avril . .
Mai
Juin
Juillet
Août
Septpmbie
Octobre
Novembre
Décembre
Année
On trouvera dans le même Annuaire les moyennes diurnes déduites de 60 années d'observation, de 1806 à 1870.
La moyenne la plus élevée des extrêmes thermiques, de 1700 à 1871, est de 55°, 1, appartenant à la période 1759-1788. La plus forte moyenne des froids extrêmes, — 11°. 2, appartient à la même période. Il semblerait donc qu'en ?e rapprochant de notre époque les saisons se fussent un peu adoucies, malgré des extrêmes absolus très-accentués dans ces derniers temps. 11 n'y a là, selon toute apparence, que des accidents et non une nouvelle loi de la météorologie.
La moyenne des jours de gelée par an est de 46,5. La moyenne des jours consécutifs de gelée a varié de 12 à 16 ; le chiffre le plus faible se rapporte à la période 1848-1871.
La pression barométrique à midi, à Paris, est représentée par 756'^'",! selon A. Bouvard, ou 756,3 selon Leverrier, avec des oscillations diurnes variant de
— 0"'",8 à -I- 0™"S5 (Leverrier) et des oscillations mensuelles étendues entre
— 15""", 8 et H- 12'"'", 6 (A. Bouvard).
Les moyennes de pluie sont résumées, par périodes d'années et par saison froide ou chaude, dans le tableau ci-dessous {Annuaire de Montsouris).
FRANCE (climatologie).
PÉUIODES.
De 1689 à 17r 171S-17i7.
18iy-lb4S.