ARC Y
GOYET
Hauteur de la sympliyse. .
— du maxillaire au niveau delà 2'molaire
Epaisseur à la symphyse. .
— du maxillaire au
niveau de la 2' molaire . . .
Après cet exposé des caractères ethniques, on comprend que ce développement considérable des arcs surciliers, ce prognathisme remarquable, le développement anléro-postérieur de la canine, le volume croissant de la première à la troisième molaire, la saillie mentonnière presque nulle, et quelques autres conformations rappelant celles présentées par certains singes anthropomorphes, aient dii frapper quelques observateurs, ainsi que l'a rappelé M. Broca {Conyr. intern. iVanthrop. et d'archéol. de Paris en 1867, p. 396, etc., 1868.)
Dans la série des êtres constituant le règne animal, ce type humain, incontestablement et uniquement humain, peut, à quelques égards, combler la lacune existant entre les autres races humaines, et les espèces simiennes supérieures ; mais, ainsi que je le faisais remarquer à propos de la mâchoire de la Naulette {Bull, (le la Soc. d'anthr., 2" série, 1. 1, p. 612, etc.), il n'autorise nullement à admettre que l'homme descend du singe, ni même que l'homme et le singe descendent d'un ancêtre commun, ainsi que certaines théories transformistes pourraient porter à le faire croire. Cet ancêtre commun, ce précurseur de l'homme inconnu,
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iiidécrit, est purement hypothétic|ue ; et depuis l'apparition des singes dans les derniers âges paléontologiques, dans les dernières strates géologiques, rien ne témoigne d'une transformation quelconque de leurs caractères ostéologiques pouvant faire supposer une tiliation généalogique entre eux et les humains, dont, depuis les temps préhistoriques les plus reculés, la paléontologie humaine, puis les documents archéologiques, graphiques et historiques, attestent la permanence de caractères.
De nombreux anthropologistes , entre autres MM. Schaaffhausen ( Bull. Soc. iVanthr., t. IV, p. 316, etc.), Pruner Bey,' Broca {Bull. Soc. d'anth., 2* sér., t. I, p. 590 et 595), Huxley (De la place de l'homme dans la nature, trad. franc, de Daily, p. 507, fig. 54, 1868), de Quatrefages et Hamy {Cran. Ethn. : 1. c, p. 59), Hamy (1. c. : Bev. d'anthr., t. 1, p. 682, 1872)', ont insisté sur certains rapports ostéologiques paraissant exister entre ces anciens humains dolichocéphales prognathes de la race de Néandertijal et certains Australiens, Néo-Calédoniens et Gonds des montagnes des Indes, de races trèsinférieures.
Parmi les crânes anciens précédemment mentionnés, quelques-uns diffèrent notablement des autres, tel est celui que M. Eugène Bertrand a trouvé à Clichy. Selon MM. de Quatrefages et Hamy, ainsi que suivant M. Pruner Bey, contrairement à l'opinion de M. Broca, ce crâne proviendrait d'une femme. Les auteurs des Crania Ethnica le rapprochent d'un crâne recueilli par M. Sven Nilsson à Stœngenœs en Suède dans des couches coquillières fort anciennes du Bohuslœn, et du ci'âne de l'Olmo, extrait par M. Gocchi, des argiles postpliocènes, près d'Arezzo, en Italie, dernier crâne que M. C. Vogt paraît regarder comme appartenant à une race entièrement distincte (S. Nilsson, Les habitants primitifs delà Scandinavie, l''*' part., traduct. franc., 1868, in-8", p. 155-159. — Cocclii, L'uomo fossile nell'italia centrale, br. av. pi. in-4°. Jlilan, 1867. — Hamy, Le crâne de l'Olmo : Bull. Soc. anthr., 2'^ sér., t. III, p. 112, etc. — Vogt, Su alcuni antichi cranii umani rinvenuti in Italia, br. in-8''. TorinOj 1866, etc. : Bull. Soc. d'anthr., 2« sér., t. I, p. 82, 92, etc.).
Ces crânes qui présentent une moindre saillie des arcs surciliers, un front moins oblique et moins aplati, un occiput plus globuleux, une dolichocéphalie moins considérable, selon MM. de Quatrefages et Hamy, ne paraîtraient devoir ces contours plus arrondis et moins accentués qu'au sexe féminin des individus dont ils proviennent; les crânes de Canstadt, d'Eguisheim, de Brux et de Néanderthal provenant au contraire d'individus de même race, mais de sexe masculin. S'agit-il d'une différence sexuelle, d'une diversité de races, ou simplement du mélange de la race dont la caractéristique anthropologique vient d'être indiquée, avec une des races qui seront ultérieurement décrites?
La race ancienne, dont le crâne de Néanderthal présente les caractères les plus accusés, est désignée par les auteurs des Crania Ethnica sous la dénomination de Première race humaine fossile ou Bace de Canstadt, localité où l'on a vu qu'en 1700 fut exhumé le premier crâne de cette race, tour à tour désignée sous la qualification de néanderthaloïde, sous la dénomination de dolichocéphale paléolithique, et, ainsi que l'indiquent ces savants, sous celle de dolichoplatycéphale (loc. cit., p. 15). Cette race me paraît surtout mériter cette dernière dénomination, qui, si elle ne rappelle pas le crâne de Canstadt, le premier recueilli de cette race, si elle ne rappelle pas celui de Néanderthal, le plus caractéristique