EXEMPTÉS POUR MAUVAISE DENTURE, SUR 100 000 EXAMINÉS
DEPAnTEMENTS ARMOnlCO-BnETONS.
Finisterre .... 60
Moibihan 119
Mayenne 133
Côtes-du-Noid . . 137
I)le-et-Vilaine . . 175
Moyenne.
DErARTEMENTS CELTIQUES DD CEM AUX ALPES.
Puy-de-Dôme. . .
Haute-Loire . . .
Rhône
Cantal
Corrèze
Loire
Drôme ......
Allier
Ain
Lozère. . . .
Ardéehe . . .
Saône-et-Loire Isère ....
Hautes-Alpe= .
Aveyron . . .
Niè.vre .
Cher.
Moyenne.
iSô
DEPARTEMEKIS LIGURES.
Basses-Alpes . . . 514
Var 531
Bouches-du-Rhône 741
Moyenne.
DEPARTEMENTS NOHMAXliS ET BELGES.
Nord 351
Aisne 8U
Pas-de-Calais . . 939
Seine-et-Marne . 1013
Ardennes .... 1061
Eure-et-Loir. . . 1267
Orne 1357
Somme 1727
Calvados .... 1733
Seine-et-Oise . . 2120
Oise 2623
Seine-Inférieure. 3110
Eure 5014
Moyenne .
Malgré les très-notables différences présentées par ces différents groupes, il faut reconnaître que les conditions ethniques ne sont pas les seules à avoir de l'influence sur la fréquence relative de la carie dentaire. Ainsi que l'a fait remarquer M. d'Omalius d'ilalloy {Bull. Soc. d\inthrop., 2« série, t. II, p. 101, 1867), en Alsace, les habitants, quoique la plupart d'origine germanique, présentent peu de caries dentaires : 104 exemptés seulement dans le dépai'tement du Haut-Rhin. Toutefois il est bon d'observer que ces Germains d'Alsace descendent pour la plupart des Tribocces et paraissent se rattacher aux Germains du sud-ouest brachycéphales, et non pas aux Germains du nord, dolichocéphales comme lesFrancks mérovingiens.
Pareillement, on ne peut s'expliquer ethnologiquement comment le département de la Dordogne présente la proportion maxima d'exemptés pour mauvaise denture, soit 6760, bien qu'il soit si près des déparlements du centre de l'ancienne Celtique, en présentant une très-faible proportion.
Dans la plupart des départements, de 1837 à 1849, la répartition des exemptions pour hernies qui, de 217 sur 100 000 examinés dans le département de la Meuse, s'élève à 5120 dans celui de la Vendée, semble avoir peu de rapport avec Tethnogénie des populations. Cependant Boudin insistait sur l'utilité qu'il y aurait à examiner si l'hérédité et la race n'exerçaient pas une influence prononcée sur cette infirmité qui se montrait fréquente dans les départements les
FRANCE (anthropologie). 89
mieux partagés sous le rapport de la taille et relativement l'are dans la Bretagne et dans la région centrale de la France. (Traité de géogr. et stat.méd., t. II, p. 551, et suiv.) En effet, tandis que pour la France entière la moyenne des jeunes gens affectés de hernies..est de 2104 sur 100 000 examinés, les Bretons des quatre départements d'IUe-et-Yilaine, du Morbihan, du Finisterre et des Côtesdu-Nord n'en comptent que 868, et les habitants d'un groupe de 11 départements situés au centre de la France, dans l'ancienne Celtique, n'en présentent que 1300. Quant aux départements normands du Calvados, de la Seine-Inférieure, de l'Orne et de l'Eure, ils offrent une moyenne de 2501 exemptés, plus de deux fois plus considérable que celle des départements bretons, qui, quoique limitrophes, se trouvent dans des conditions ethnologiques différentes. On peut, en outre, remarquer que le département de la Manche, qui, sous le rapport de la taille, de la mauvaise denture, se montre intermédiaire entre la Bretagne et les autres départements de la Normandie, de même pour les hernies se rapproche beaucoup des départements véritablement bretons, car il ne présente que 945 exemptés. Au contraire le département de la Loire-Inférieure qui, outre les Armoricains-Bretons, fut anciennement colonisé par des Saxons, des Normands et autres immigrants, compte un nombre assez élevé de hernieux, quoique troisfois moindre que celui offert par le département voisin, celui de la Vendée.