‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.41Chapitre 145 sur 163 · FRANCE (PATHOLOGIE · texte numérisé non relu

FRANCE (PATHOLOGIE

On l'a dit, et c'est très-vrai, nous no sommes pas poufcela un peuple ivrogne, ■et, en tous cas, nous sommes loin d'être le pcuplû le plus ivrogne de l'Europe, ce que nous devons certainement à l'abondance du vin qui coule de nos coteaux gaulois. On consomme, dans le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande, plus de 6 litres d'alcool par tète ; en Suède, plus de 10 litres ; en Russie, plus de 10 litres (Saint-Pétersbourg, en 1859, 20 lit. 65); en Danemark, 16 litres; en Prusse, 7 litres. Mais il n'en est pas moins avéré qu'il y a excès alcoolique sur certains points de notre territoire, d'une façonliabituelle, et que ces excès sont d'autant plus funestes que l'alcool en usage y est souvent d'une provenance particulièrement antipathique à l'hygiène. Il faut peut-être joindre à l'action de l'alcool, au point de vue des conséquences pathologiques, les dispositions nationales ; nous supportons moins bien l'alcool que les peuples d'origine germanique et de climats septentrionaux ; nous n'avons pas non plus l'habitude de le mettre en présence, dans l'estomac, d'une masse considérable d'aliments de digestion laborieuse.

Quoi qu'il en soit, ValcooUsme tient une grande, trop grande place dans la pathologie française, et il reproduit fort exactement, dans le temps et selon les lieux, la physionomie de Ihygiène en ce qui concerne la consommation des boissons spiritueuses, mais particulièrement des eaux-de-vie.

M. Lunier termine le remarquable travail auquel nous avons déjà emprunté quelques-uns de ses résultats numériques (De la production et de la consommation des boissons alcooliques en France. Paris, 1877) par une élude statistique de l'influence de ces boissons sur la santé physique et intellectuelle des populations. Cette étude est conçue dans un esprit qui se confond trop exactement avec celui que nous apportons à la rédaction de cet article, pour que nous négligions d'en reproduire ici la substance. Nous ne pourrons, malheureusement, reproduire de même les cartes par lesquelles, à l'aide de teintes graduées, l'auteur fait saisir d'un seul coup d'oeil les divers aspects de la pathologie alcoolique dans notre pays.

a. L'ivresse, pensons-nous, est bien une modalité pathologique. La loi du 5 février 1873 nous permet aujourd'hui d'apprécier jusqu'à un certain point cette première expression de l'alcoolisme, en tant qu'il est j^ossible de relever la proportion totale et par départements dos inculpés pour ivresse publique. La moyenne annuelle (1874-1876) a été de 83 664. Mais « les cas d'ivresse poursuivis, c'est-à-dire à peu près exclusivement les cas d'i\ressc tapageuse et brutale, sont de beaucoup plus fréquents dans les départements qui consomment des boissons spiritueuses, et principalement des alcools d'industrie, que dans ceux qui récoltent du vin. Dans les premiers, la proportion des inculpés sur 10000 habitants varie de 82 à 21 ; dans les autres, elle oscille entre 20 et 2. Il n'y a d'exception que pour quelques départements qui renferment de grandes agglomérations ouvrières, ou une population flottante ou de passage relativement considérable, comme la Seine, le Rhône, la Loire et les Al|.es-Maritimes. »

Comme on le verra dans le tableau ci-après, les départements qui occupent le premier rang (de 82,4 à 74,2 inculpés sur 10 000 habitants), sont le Finistère, la Seine-Inférieure, la Seine; ceux qui viennent en second lieu, avec 40 à 28 inculpés pour 10000 babitants, sont : Côles-du-Nord, Morbihan, llle-ct-Vilaine, Eure, Eure-et-Loir, Oise, Seine-et-Oise, Maine-et-Loire, Marne, Meurthe-et-Moselle, Rhône, Loire. Enfin, au dernier rang, avec 8 à 2,55 inculpés, nous trouvons : les deux Gharentes, Dordogne, Lot, Lot-et-Garonne,

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