‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.41Chapitre 151 sur 163 · PROPORTION · texte numérisé non relu

PROPORTION

AUX IIÔPITAUS.

r. lOOO ENTRÉES.

8,4oô

Nous consacrerons quelques lignes à l'histoire de la Slomatite ulcéreuse des soldats et à la Méningite cérébro-spinale épidémique, ([ui sont deux des formes les plus spéciales à l'armée. La plupart des détails qui vont suivre sont empruntés au Traité des maladies et épidémies des armées, de M. A. Laveran.

Stomatite tdcéreiise. Desgenettes et Larrey, auxquels nous devons les premières observations exactes sur la stomatite ulcéreuse, la séparaient déjà nettement du scorbut et l'attribuaient, Desgenettes aux fatigues, aux alternatives brusques de chaud et de fioid ; lui et Larrey, à l'usage de l'eau de neige fondue. Ils l'observaient sur l'armée d'Italie, en 1793.

En 1810, à l'armée d'Espagne, le docteur Monlgarni constata une maladie qu'on peut rapprocher de la stomatite ulcéreuse. Bretonneau signale, dans son Traité de la diphthérite, une épidémie qui régnait à Tours, en 1818, sur la légion de Vendée, qu'il appelle diphthérite buccale, mais dont la description, même par l'illustre clinicien, répond bien plus à la stomatite ulcéreuse qu'à la diphthéric, qui sévissait d'ailleurs en même temps dans la même localité. En 1829, la stomatite régna épidémiquement dans un grand nombre de garnisons du Midi : à Toulouse, àMontauban, Foix, Carcassonne, Perpignan, Narbonne, Béziers, Montpellier, Marseille, Âix ; à l'hôpital de Narbonne, 150 hommes du 27« de ligne furent traités pour stomatite ulcéreuse. Caffort, à qui nous devons une relation de cette épidémie, sépare complètement la stomatite ulcéreuse de la stomatite gangreneuse et de la diphthérite.

La même année, Payen et Gourdon, l'observaient à l'hôpital militaire de Toulon, pendant l'été, sur le S'^ de ligne, caserne au fort Lamalgue, et en recon naissaient parfaitement la nature. M. Léonard en a décrit une épidémie qi* régnait, en 1835, sur le 55" de ligne rentrant d'Algérie (Rec. de mém. di PICT. ENC. 4" s. V. 34

8r>0 FRANGE (pathologie).

méd. milit. 1855. XXXVIII, 296). Malapert, un peu plus lard {Rec. etc. 4838,. XLY. 280), en étudiait spécialement l'étiologie, dans laquelle il pensait que l'encombrement jouait le ]}rincipal rôle.

Ces indications historiques prouvent que la stomatite ulcéreuse des soldats n'était pas précisément inconnue lorsque M. J. Bergeron (De la stomatite ulcéreuse des soldats. In Rec. deme'm. de méd. milit. 1858) crut l'avoir découverte, en 1855, à l'hôpital militaire du Roule, où les médecins militaires, alors occupés en Crimée, faisaient défaut. Du 1" juin 1855 au 51 décembre de cette année, 122 cas furent admis à l'hôpital du Roule, indépendamment des cas plus légers, traités à l'infirmerie, et de quelques autres qui furent dirigés sur le Yal-de-

Grâce.

De 1859 à 1865, M. L. Colin a observé 44 cas de stomatite dans son service, répartis sur les quatre années et ne formant pas épidémie. M. Laveran assiste, en 1869, à l'hôpital Saint-Martin, à une petite épidémie de cette affection, venue de la caserne du Prince-Eugène. Enfin, M. Feuvrier (iîec. demém.deméd. milit. 1873) a décrit une épidémie de stomatite ulcéreuse sur le 59*^ de ligne,, à Âuxerre, en 1871, qui fournit 145 malades, sur un effectif de moins de 900 hommes.

La stomatite ulcéreuse n'est pas exclusive à l'armée française, comme le supposait M. Bergeron. M. le docteur Merchie affiime qu'elle est plus fréquente, dans l'armée belge, que cet auteur ne l'a pensé. Elle se rencontre aussi dans l'armée portugaise, et il n'est pas impossible qu'on la trouve ailleurs, si l'on se donne la peine de la chercher.

M. A. Laveran distingue absolument la stomatite des soldats de la dipluhérite et en nie la contagiosité; en quoi il nous semble avoir deux fois raison. Il accepte, avec Malapert, Bergeron et Feuvrier, l'encombrement comme la principale cause de cette forme morbide. Nous aurions quelque peine à suivre cet épidémiologiste distingué dans cette direction étiologique. L'encombrement est très-facilement accusé d'une foule de désastres de la vie militaire, même lorsqu'il n'existe pas et que l'on prend la vie eu couimun pour l'encombrement. 11 est cependant assez difficile d'expliquer, par cette condition d'hygiène, des épidémies qui éclatent préférablement eu été, c'est-à-dire alors que les soldats échappent le plus à l'air confiné des casernes, et qui se sont montrées sur des armées en expédition, dans des circonstances où le vice principal des abris n'était pas le manque d'air. A vrai dire, nous n'avons rien de précis à mettre à la place de cette détermination étiologique ; mais une maladie si peu spécifique pourrait bien résulter de causes complexes ; ici, encore, nous retrouverions le fait déjà signalé, que la misère existe à plusieurs égards chez les troupes, et l'on s'expliquerait que la stomatite ulcéreuse rapproche dans une même souffrance les soldats et les enfants « appartenant aux classes pauvres, mal soignés, mal nourris, mal logés. »

Méningite cérébro-spinale. L'histoire a suffisamment prouvé la prédilection malheureuse de la méningite cérébro-spinale épidémique pour les soldats, pour que l'on soit autorisé à en faire presque une maladie militaire. De nos 57 épidémies françaises, 59 sévirent exclusivement sur les troupes, 6 eurent leur principal développement sur les troupes et seulement des cas disséminés dans la population civile, 5 régnèrent simultanément sur les troupes et la population, 7 seulement furent exclusives à l'élément civil. Remarquons toutefois, avec MM. Laveran, que son extension à la population non militaire porte pi'iucipale-

FRANCE (pATiiotoGiE). 851

ment sur les enfants, dont nous avons déjà vu la pathologie se rencontrer avec celle des soldats. Ce qui ne nous semble pas une raison suffisante pour rapprocher, comme le font ces deux savants auteurs, la méningite des fièvres éruptives.

Nous éviterons, le plus possible, de faire double emploi avec le remarquable article Mémingite de ce Dictionnaire, dû à notre éminent collaborateur et maître, M. L. Laveran.

Rappelons simplement, après Yieusseux, de Genève, qui, en 1805, décrivit la méningite cérébro-spinale sans la nommer, les médecins français qui, au commencement de ce siècle, recueillaient les premiers éléments de l'hiîtoire de cette maladie : J.-B. Comte, à Grenoble, en 1814 ; Rampont, à Metz, en 1815; Pratbernon, à Yesoul (population civile), en 1822.

C'est en 1857 que la méningite inaugura, en France, la série assez longue de ses manifestations épidémiques, avec tendance à la généralisation. Cette phase s'étend jusqu'en 18i9 (Hirsch) ou même jusqu'en 1851, en comptant l'épidémie qui éclata, le 5 janvier, sur la garnison de Toulon, pour s'étendre ensuite aux marias et un peu à la population civile, et dont nous trouvons la mention, sans nom d'observateur, dans les articles de MM. Laveran. Depuis lors, la méningite é[ii(.iémique paraît éteinte en France, ou du moins sommeiller, et c'est à peine si, de loin en loin, quelque observateur en rapporte un cas isolé, qui devient par là même une sorte de curiosité scientifique dont il ne faut rien conclure. Nous ne parlons pas, bien entendu, des cas que nous avons observés en 1867 et en 1868, dont M. Allix a vu les analogues à Sétif en 1868, et qiii avaient, avec le typhus exanthématique, des rapports que nous avons cherché ailleurs à mettre en relief (J. Arnould : Origines et affinités du typhus. Fans, 1869j.

Mais cette phase épidémique se divise en deux périodes, séparées par un intervalle d'accalmie. La première période comprend les années 1857 à 18i2; la seconde va de 1846 à 1851.

Quant à l'extension territoriale, Hirsch constate que les épidémies ont particulièrement visité les quatre points cardinaux de notre pays, la zone frontière, en épargnant le centre, quoique Bourges et Orléans aient été comprises dans les ravages du fléau. Peut-être faut-il tenir compte, en ceci, de ce fait que les garnisons sont plus communes et plus fortes dans la zone périphérique que dans le centre du pays. La plus grande extension s'est montrée dans le bassin de la Loire, puis dans ceux du Rhône et du Rhin ; le moins éprouvé a été celui de la Seine. Les 47 épidémies relevées par Hirsch ont régné dans o6 départements, parmi lesquels : 9 départements dans le bassin de la Loire, avec 12 épidémies; 7, dans le bassin du Rhône, avec 8 épidémies; 5, dans le bassin du Rhin, 6 épidémies; enfin, 3, dans le bassin de la Seine ayant fourni 4 épidémies.

MM. Laveran ont bien fait ressortir la ténacité des foyers vis-à-vis des groupes infectés, et leur transport en des localités diverses et quelquefois très-éloignées, par les régiments en puissance du mal. C'est ainsi qu'en 1837, le 26"= et le 62« de ligne le transportèrent de Perpignan et de Montpellier à Constantine, d'où le 17*^ léger le remmena avec lui à Douera; que le 3^ bataillon de ce même 62"" le porta de Pont-Saint-Esprit à Marseille; que le 18* léger en fut suivi de Rayonne à Rocliefort, de Rochefort à Versailles, et de là à Chartres, où il avait détaché deux compagnies. De même, en 1846, le 9*^ hussards l'apporte de Lille à Lunéville ; le 14^ de ligne, de Verdun à Dijon. La garnison de Stras-

852 FRANCE (pATiioLocit:).

bourg, en 1841-1842, en infecte les localités voisines"; Bouxwiller, lllkirch, Wissemboiirg, Wasselonne, llaguenau, Schlesstadt. Comme quand il s'agit du typhus, l'activité du fléau allait en s'amoindrissant par l'éloignement du foyer principal et par la dissémination des groupes en possession du principe infectieux. Il n'en va pas ainsi des maladies éruptives. En d'autres termes, celles-ci se comportent comme les virus, tandis que la méningite s'est comportée à la façon des maladies purement miasmatiques, infectieuses, du typhus, pour en dire le type dont la méningite se rapproche le plus sous ce rapport.

On sait qu'après la France, l'Europe et même l'Amérique ont eu leur tour dans les coups de la méningite cérébro-spinale. La maladie a atteint jusqu'au 60'degré de latitude, ce quifait dire justement à Hirsch que les conditions de climat lui sont indifférentes, puisqu'elle se plaît aussi aux confins du Sahara algérien.

Il n'en est pas de même des influences saisonnières. La méningite a régné presque exclusivement dans la saison froide, l'hiver surtout et le printemps. De 52 épidémies de France et de Suisse, on en compte :

25 en hivei',

15 en hiver et prinlemps,

5 au piinteinps,

2 en été,

2 en automne, liivur et printemps, 1 en automne et hiver, 1 au printemps et en été, 5 pendant toute Tannée.

Mais les exceptions sont assez nombreuses pour qu'on ne puisse être tenté d'accorder au froid une influence étiologique directe. Michel Lévy avait tout d'abord reconnu la grande inJépendance que ce fléau possède réellement vis-àvis des circonstances météorologiques : « Le froid et le chaud, la pluie et le soleil n'y font rien. Notre statistique générale présente deux maxima qui correspondent aux plus grandes chaleurs de l'été et aux premiers froids de l'hiver. Dans les épidémies antérieures, on a vu la méningite sévir en hiver, en été et plus fréquemment au printemps. » Et comme Broussais relevait pour ses théories cette dernière circonstance : « M. Broussais insiste sur l'influence des premiers rayons du soleil printannier, agissant sur les corps prédisposés des jeunes soldats, et il croit expliquer ainsi la prédominance de la maladie en cette saison, qui est, avec l'hiver, l'époque d'arrivée des jeunes recrues. Si cette influence est décisive, pourquoi ne produit-elle pas, tous les ans, le même

effet? ))

L'influence du froid est indirecte et non nécessaire ; probablement encore, comme dans le typhus, en favorisant la condensation humaine, la constitution et l'intensité des foyers, en épaississant l'infection, si l'on peut dire. Il se passa à Strasbourg et dans quelques autres lieux, un fait d'une haute signification : l'épidémie atteignait sa plus grande sévérité sur la garnison, pendant les froids de l'hiver, et c'était au moment où, avec l'arrivée d'une température printannière douce, la maladie allait en disparaissant chez les soldats, qu'elle gagnait la population civile. Aux premiers beaux jours, les soldats restent beaucoup dehors et dispersent leurs foyers ; la population des villes ne modifie pas encore notablement, les pauvres surtout, ses habitudes d'intérieur ; elle est toute prête pour la constitution de petits foyers, s'il lui arrive quelque portion de l'atmosphère infectée ; ce qui ne manque guère dans les quartiers avoisinant les casernes.

Il importe, au point de vue étiologique, de remarquer la préférence extrême de la méningite pour les soldats, à l'exclusion relative de la population civile, et pour les classes et les quartiers pauvres des villes, quand celle-ci a pris quelque part à l'épidémie. A Aigues-Mortes, il n'y eut pas un seul cas parmi

FRANCE (pathologie). 853

les individus qui possèdent (Schiiizzi) ; il on fut à peu près de même à Rochefort, Strasbourg, Toulon. Dans l'armée, les officiers et les sous-officiers, mieux entretenus que les soldats, échappant, les premiers surtout, à la vie en commun, ne fournirent presque aucun cas. La maladie se montra toujours liée à des conditions de lieu ou de groupe, parfaitement limitées : à Lyon, elle frappait l'infanterie et respectait l'artillerie; ailleurs, il n'y avait qu'une caserne, qu'un régiment, parmi plusieurs de la même garnison, éprouvé par le fléau. Les manifestations épidémiques ne dépendaient évidemment pas d'une inlluence bien généralisée. Y a-t-il dans la vie de caserne, dans les habitations malsaines, dans la misère des classes pauvres, dans les lacunes de l'hygiène des soldats, dans l'encombrement même, comme l'ont compris Gasté, Paul, Tourdes, Corbin, Vital, de quoi expliquer la genèse d'un miasme? C'est possible; mais ces mêmes conditions sont déjà accusées d'engendrer quelques autres principes morbides ; pourquoi ont-elles, de 1837 à 1851, enfanté la méningite cérébrospinale plutôt qu'une autre forme infectieuse? pourquoi ne l'avaient-elles pas provoquée auparavant, alors qu'elles existaient déjà? pourquoi ne la suscitentelles plus, aujourd'hui qu'elles sont loin d'avoir disparu de partout.''

Etant donné un principe infectieux, de telles conditions, qui n'en expliquent pas la genèse, paraissent cependant capables d'en favoriser la dissémination et la multiplication par aptitudes du milieu. C'est un peu la même chose pour beaucoup d'autres maladies spécifiques, et l'on peut dire de chacune d'elles, si l'on envisage la formation du principe morbide, ce que Chauffard a dit de la méningite : « L'étiologie de cette affection est restée enveloppée d'ombres impénétrables. » Heureusement, nous ne sommes pas obligé de remonter si haut. La méningite nous parait avoir prospéré dans des milieux et des conditions analogues à celles où se plaisent les typhus; ses allures de maladie épidémique ont revêtu des caractères de même sens. Nous l'avons vue, personnellement, à Constantine, faire partie des maladies en apparence et anatomiquement banales, d'où allait sortir le typhus, et qui, à la veille de l'éclosion de celui-ci, avaient déjà une physionomie clinique singulière, typhique à bien dire ; nous inclinons donc à la rapprocher des typhus bien plus que de tout autre genre, sans cependant prononcer formellement le mot de typhus cérébro-spinal, employé par Boudin et accepté par M. Jaccoud. 11 ne sera peut-être pas inutile que l'on ait saisi cette occasion de placer dans ce Dictionnaire un correctif à l'opinion, trèsrapidement formulée dans l'article Méxingite, mais reprise ailleurs très-expressément par M. A. Laveran, et d'après laquelle la méningite serait une modification du type ordinaire de quelque maladie éruptive, « une manifestation larvée de la scarlatine. » Bien que professant la plus grande estime pour le talent des auteurs de cette théorie, nous pensons qu'il y a intérêt à la soumettre encore à l'épreuve de la critique et de la comparaison.

Nous résumons ci-dessous les principales phases de l'histoire de la méningite cérébro-spinale, en France.

ANNÉES. LOCALITÉS. AUTEDRS.

1857. Dax, Mugron, Tartas (Landes) Lamolhe, Lespès {Rec. des trav. de la Soc, de

méd. de Bordeaux, 1858).

» Bayonne Lalanne (Soc. de méd. de Toiiluuse, 1842, lOo).

1) Fois, Narbonne Broussais {Histoire des méningites cérébro-spi-

nales. Paris, 1843).

» Bordeaux Beriiet in Broussais [Hist., etc.).

» La Rochelle (Transact. of the Med. Society of the state of

Pennsylvania, 18o7).

êbA FRANCE (pathologie).

ANNÉES. LOCALITÊ-i. ACTEURS.

1858. Plaine de Hers (environ de Toulouse) . lîiTnard {Soc. de méd. de Toulouse, J838).

» Toulon Léonard in Broussais.

» Rochefort (Ijagn?, garnison, civil) . . . Lefèvre {Annales marit. et' colon., 1840). Lesson

{Revue méd., 1839.

» Versailles Faure-Villars {Recueil de mém. de méd. milit.,

XLVIII ; et Histoire des méningites).

1S38-39. iNismes Durand {Recueil de mém. de méd. milit., XLIX).

1839. Bordeaux . Bernet /?« Broussais. — Gsi>sdiui {Rec. de mém. de

méd. milit., XLVIII).

l839-iO. Avignon Gérard (Jo(/rw. des conn. méd., 1842). — Chaul-

fanl {Revue méd., 1842).

1840. Laval Maitiu in Broussais.

» Metz Gasté {Mélanges [de méd. — Résumé sur les nié-

ningites. Metz, 1811).

» Strasbourg Tounles {Gazette méd. de Strasbourg, 1842). —

\Vunschendorfr(Ëssrt/ sur la méningite encéph.

racliid. épidém. Strasbourg, 1841). — Forgel

{Gaz. méd. de Paris, 1842).

1840-41. Le Mans Broussais.

>' Châieau-Gonthier îd.

» Poitiers Barilleau {Bull, de l'Acad. de méd., 1844).

Tours, RamboMJIet Chevallier in Broussais.

» Blois Broussais.

» Caen, Cherbourg; Félix in Broussais.

» Perpignan Paul in Broussais.

" -Montbri'on Broussais.

» Marseille Boudin {Traité de géographie et de statist. méd.

Paris, 1857).

* Brest Guépralte {Clinique de Montpellier, 1843).

1841. Schlesstadt ........... ■ Misller {Gaz. méd. de Strasbourg, 1841).

1841. Joigny Mathieu in Broussais.

* Nancy Rollet {De la méningite céréb. rachid. Paris,

1844). — Simonin {Rech. sur Nancy, 18c4).

» Versailles Faure-Villars {loc. cit.).

1841-42. Ancenis Garnier in Broussais.

1842. Colmar Martin in Broussais.

» Aigues-Mortes ^h'ûizzi {Relation hisior. de la méningite céréb.

spin. épid. Montpellier, 1842).

» Lyon Peysson in Brou.^sais.

» Toulouse P&pis (Sec. de méd. de Toulouse, 1844).

» Paris .' , I macbe {Gaz. des hôpit., 1842).

* .^inles Mahot {Journ. de méd. du départ, de la Loire-

Inférieure, XIX, 88).

«46-47. Avignon Béchet {De la méningite purulente épidémique.

Paris, 1832).

* Lyon . Mouchet {Gaz. méd. de Paris, 1847).

" Nismes Falol {Gaz. méd. de Montpellier, të^iS).

* Toulouse Roque d'Orbcastel {Soc. de médec. de Toulouse,

■1847-48. Metz Boudin {Arch. gén. de méd., 1849, et Traité de

géograph., etc.).

» Paris Michel Lévy {Gaz. méd. de Paris, 1S49).

1848. Saint-Etienne Poggiali {Arch. génér. de méd., 1830).

» Orléans. Corbin {Gaz. méd. de Paris, 1848).

» Lille, Lunéville Maillot {Gaz. méd. de Paris, 1848).

1848 49. Corbeil Piorry {Gaz. des hôpitaux. 1849).

» Petit-Bourg (Colonia) Ferrus {Gaz. des hôpit., I8i9).

1849. Bourges Boudin {loc. cit.).

1837-38. Algérie. Constantine Vital {Clinique méd. de l'hûpit. milit. de Con-

stantine).

1839-40. Id. Constantine Bertherand {Médecine et hyg. des Arabes. Paris.

183.5). — Guyon {Gaz. méd. de Paris, \&ii). 1841. Id. Blidab, Douera, Alger. . . . Bertherand, Guyon.

1841-42. Id. Constantine, Alger Bertherand, Guyon.

H^!' ^''- Constantine Guyon, Boudin.

îo^'^' ^'^' f'hilippeville. Douera Boudin. — .Magail (ficc. rfe me'jn. f/p j/u'rf. m//., LIX).

1846-47. Id. Provinces d'Alger et de Constantine Besseron {Gaz. méd. de Paris, 1847). — Lagrave

{Recueil de méd. milit., 2° série, IX).

Maladies des armées en campagne. Nous ne faisons qu'indiquer cette divi-

FRANCE (pathologie). 855

■sion, dont le développement nous entraînerait probablement hors de notre cadre. Les armées en campagne sont le terrain classique des ravages du typhus, de la dysenterie (guerres du premier Empire, guerre de Crimée), du scorbut (guerre de Crimée; camp de Boulogne en 1855-1856). Elles trament avec elles le choléra, si quelque fraction de troupes le leur a apporté (Dobrudscha, 1854; Crimée ; Maroc, 1859). L'armée française, en particulier, a subi et manifesté au plus haut degré V imprégnation lellurique, dans la conquête et l'occupation de l'Algérie, en Crimée, en Italie, en Chine. Une expédition malencontreuse l'a , même naguère conduite au berceau de la fièvre jaune, comme Bonaparte l'avait débarquée aux rives où règne la peste. Les éventualités militaires éiargissent indéfiniment les horizons de la pathologie de l'armée ; mais, si nous les poursuivions, ce ne serait plus la pathologie de la France.

B. Maladies des marins. La même réflexion est applicable à la pathologie nautique propre, que nous ne ferons, en conséquence, qu'indiquer à grands traits.

Le typhus est si familier aux marins qu'on Ta appelé fièvre des vaisseaux, aussi bien que fièvre des prisons, fièvre des camps. L'hygiène actuelle en préserve d'ordinaire nos marins, « mais, dit M. Fonssagrives {Traité d'hygiène navale, 2« éd. Paris, 1877), il tend toujours à reparaître dès qu'on se relâche d'une vigilance assidue. «

Le scorbut maritime est également classique, quoique bien moins terrible

aujourd'hui qu'autrefois, grâce aux progrès de l'hygiène des navires : une

meilleure disposition des logements dans les navires; moins d'entassement;

plus de propreté ; une nourriture meilleure ; des traversées moins longues, etc.,

sont autant de conditions heureuses qui ont sinon dompté complètement le

scorbut, du moins en ont singulièrement atténué la rigueur. Dans notre marine

de guerre, le scorbut est devenu presque aussi rare que sur la flotte anglaise de

l'État où, pour la période de 1856 à 1872, il n'y a que 18 scorbutiques par

an, sur 50 000 marins. Nous embarquons du lime-juice, comme les Anglais ;

mais, paraît-il, nous savons moins bien nous en servir et quelques-uns de nos

médecins attendent le scorbut pour en distribuer, tandis que c'est un moyen

prophylactique qu'il faut employer avant. La marine de commerce des deux

nations est encore, au contraire, fort maltraitée par le scorbut, celle des Anglais

plus encore que la nôtre. D'ailleurs, pour les uns et les autres, les chances de

scorbut sont d'autant plus grandes que les vaisseaux s'avancent davantage vers

le Nord et y séjournent plus ; la maladie est en permanence ou en imminence

sur les navires de Terre-Neuve.

Le béribéri se plaît sur les bâtiments plus qu'ailleurs {voy. cet article, par 31. Le Roy de Méricouit). Uhéméralopie, sœur cadette du scorbut, n'y est pas rare. La constipation est « un des fléaux de la vie maritime. »

M. Fonssagrives fiiit remarquer fort ingénieusement que « chaque navire a sa santé. » Il y a des navires à furoncles et à panaris, des navires à érysipèles, à lymphangites, comme il y a des salles d'hôpital renommées pour cette fâcheuse disposition. Le savant professeur a même cherché à établir qu'il existe dans les profondeurs du navire un véritable marais , qu'il propose d'appeler le marais nautique. Cette conception est passible de sérieuses réserves. Dans tous les cas, les marins ont de fréquentes occasions de contracter la fièvre intermittente, la fièvre jaune, ou d'autres maladies infectieuses, telluriques et autres, lorsqu'ils prennent terre sur les rivages des pays chauds, où la navigation les dirige, pré-

8D6 FRANCE (pathologie).

cisément d'une façon plus régulière que partout ailleurs. On sait aussi que c'est la chaleur qui donne lieu à des manifestations d'une intoxication saturnine {colique sèche), due au plomb des réservoirs d'eau, des soudures de robinets, des machines, etc., qui n'eut pas été sensible sous les latitudes tempérées ; circonstance qui a longtemps donné le change sur la nature véritable de la colique sèche.

Nous n'entrerons pas dans le détail des accidents nautiques, traumatismes, chutes à la mer, submersion, empoisonnements, parasitisme, etc.

C. Pathologie des professions libérales. Ce chapitre, que nous serons obligé de laisser fort court, répond cependant à un très-vaste ensemble et dans lequel il serait bien nécessaire, pour l'hygiène surtout, d'introduire des distinctions. M. A. Proust fait judicieusement remarquer que les professions dites libérales n'ont pas absolument le monopole de l'intelligence et qu'un grand industriel, un habile financier, un commerçant, peuvent faire une dépense intellectuelle et d'activité cérébrale tout aussi considérable qu'un artiste ou qu'un homme de lettres. De même, parmi ces professions libérales, il en est chez lesquelles le jeu des fonctions physiques équilibre largement le fonctionnement intellectuel ; un médecin de campagne, qui emploie sa journée à se fatiguer les jambes, un ingénieur qui descend dans les mines, ont une existence plus rapprochée de celle des ouvriers ou des agriculteurs que de la vie sédentaire d'un savant professeur dont la carrière sera couronnée par un siège à l'Institut.

Mais chez les gens que l'on envisage surtout quand on parle de professions libérales , les avocats, les médecins, les professeurs, les lettrés de toute espèce, « le travail de la journée n'est point suivi d'une période de repos, l'esprit reste constamment tendu, et l'exercice perpétuel des facultés cérébrales fait acquérir aux centres intellectuels, une activité toute spéciale et, en même temps, une susceptibilité particulière. 11 en résulte non-seulement un accroissement incontestable des forces vives de l'esprit, mais aussi une diminution sensible de la vie végétative et de la force musculaire. Presque toutes les grandes fonctions de la vie végétative, la digestion, la respiration, la sécrétion s'accomplissent avec moins de vigueur que chez l'homme vivant d'une existence moins cérébrale. Aussi la plupart des lettrés sont-ils dyspeptiques; aussi plusieurs d'entre eux sont-ils atteints d'affections des voies urinaires et des autres infirmités qu'entraîne l'abus de la vie sédentaire. Il est d'ailleurs certain que l'exercice des professions libérales prédispose d'une façon tonte particulière aux maladies organiques des centres nerveux et à l'aliénation mentale. Les hémorrhagies, les ramollissements, les lésions de la moelle épinière, sont proportionnellement beaucoup plus fréquents chez les hommes de cette classe que chez les autres. 11 en est de même de la folie propi'ement dite, ainsi que de la paralysie générale, qui frappe si souvent des cerveaux surmenés, au moment même de leur plus beau développement intellectuel. » (A. Proust, Traité d'hygiène publique et privée. Paris, 1877, p. 522.)

• M. A. Layet établit, d'après Parchappe, les deux tableaux ci-dessous, qui expriment le rapport des prédispositions à la folie, selon les professions :

PROPORTIO.X rUOFESSIONS SUR 1000.

Professions libérales 3,10

Militaires et niaiins 1,99

Domestiques et journaliers 1,53

PROPORTIOK PROFESSIONS SUR 1000.

Rentiers et propriétaires 1,01

Ouvriers de l'industrie 0,66

Commerçants 0,12

FRANCE (pathologie).

PnOFESSIOSS.

rnopoRTiON sun 1000.

Artistes 9,00

Juristes 8,41

Ecclésiastiques 4,13

PnOFESSlONS.

PUOPOUTIOS

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