MORTALITÉ. SORTIES DÉFINITIVES. TOTAL
.oTO 2,06 2,49 4,55
Les pertes par phthisie sont très-probablement plus élevées dans les armées étrangères que dans la nôtre. Ely estimait celles de l'armée anglaise à près de 8 Dour 1000 hommes par an; celles de l'armée autrichienne iraient encore au delà 9 à 10. En Prusse, il y a peu de décès phthisiques dans l'armée ; mais les sorties par réformes sont très-élevées, ce qui diminue à la fois les chiffres funéraires nhtliisiques et la proportion des décès généraux. Là-bas, les médecins ont la coutume, fort louable assurément, de renvoyer sans retard tout homme sujet aux bronchites et paraissant incliner tant soit peu vers la tuberculose. En France on attend, souvent à tort, que le mal soit confirmé. La pratique allemande rend, service à l'armée et sauve probablement bien des hommes qui, rendus à la vie de foyer, échappent à l'évolution ultérieure de la phthisie à laquelle ils étaient réservés en restant au régiment.
La phthisie frappe déjà sévèrement les jeunes soldats, mais elle est bien plus rude aux anciens et peut passer pour l'expression la plus vraie de l'usure militaire • ce qui, soit dit en passant, est contradictoire de la spécificité. En 1875, laléihalité phthisique, qui était de 1,27 pour 1000 pour toute l'armée, se décomposait ainsi qu'il suit :
DÉCÈS PHTmSIQUES.
Pour 1000.
Troupe 1,23
Sous-ofliciers 1,59
Ofliciers 2,00
Gendarmes 2,60
Ce sont donc les militaires les plus âgés et les plus anciens de services qui paient le plus lourd tribut. Remarquons encore que ce sont ceux-là, sous-ofliciers, officiers, gendarmes, qui échappent le plus complètement à la vie en commun et aux influences spécifiques. Les gendarmes, en effet, qui meurent tant de phthisie, ont d'ailleurs une mortalité générale inférieure à celle de l'armée. En 1875, elle était de 7,48 pour 1000, contre 8,68 dans l'armée à l'intérieur. La phthisie cause donc plus du tiers de tous leurs décès. (Nous avons le regret de ne nous appuyer que sur une année, la statistique médicale de l'armée ayant renoncé à comprendre la gendarmerie départementale dans ses
FRANGE (pathologie). 867
•travaux ultérieurs, à cause de diverses difficultés. Mais le sens de nos déductions se trouve confirmé par la haute léthalité phthisique, bien connue, de la garde de Paris) .
A la faveur du cadre ouvert, depuis 1875, dans la statistique médicale de l'armée, pour détailler par corps d'armée et par groupe de maladies le chiffre des entrées aux hôpitaux, nous pouvons établir le tableau ci-dessous, qui semble devoir être assez instructif quant à l'influence des diverses régions climatiques de notre pays et de l'Algérie sur le développement de la phthisie pulmonaire.
TUBERCCLOSE DANS l'aRMÉE (eN 1875 ET 1876)
(La moyenne des entrées, pour toute l'armée, a été de 2,50 pour 101)0 hommes en 1873
. et 2,29 en 1876)
MRPS D ARMEE.