DÉCÈS PHTHISIQUES
Pour 100 décès généraux.
Le même auteur estime au chiffre de 4,20, pour 1000 vivants, la proportion des décès phthisiques, en Allemagne. Un relevé que nous avons fait autrefois {Bull, médic. du nord, 1877, p. 190), portant sur quinze villes allemandes, nous donnait une moyenne de 15,32 décès phthisiques, pour 100 décès généraux, et 4,38 phthisiques, pour 1000 habitants. La réputation de Vienne, à cet égardest proverbiale. Cette capitale n'est pas loin d'avoir le quart de ses décès causés
FRANGE \pathologie). 865
par la phthisie (Seitz). Il se présente, pour cette maladie, cette particularité malheureuse que la mortalité donne une idée exacte de sa fréquence, puisqu'elle est d'une gravité invariable ; on pourrait presque en conclure au chiffre absolu de phthisiques, puisqu'elle est mortelle dans l'immense majorité des cas.
Dans les villes françaises, M. Lombard compte que la phthisie cause un neuvième de tous les décès ; la proportion relative des hommes aux femmes phthisiques serait comme 2 4 est à 26. Cette différence est plus faible que ne l'ont signalée la plupart des statisticiens (sauf Clark, qui trouve un résultat inverse) ; Fuller, Barrier, Guersant, Papavoine, et M. Lombard, lui-même la trouvaient d'autant plus forte qu'on l'examinait dans une période plus rapprochée de l'âge d'activité sexuelle. Nous relevons cette loi, attendu que, tout bien considéré, ce n'est pas par elle-même que la période d'activité sexuelle est fatale à la femme, mais parce qu'elle lui rend plus lourd le poids des influences sociales, ainsi que l'exprime-M. Peter dans des termes que nous avons précédemment reproduits. (Peter in Damaschino : Étiologiede la tuberculose, Paris 1872).
Il est regrettable qu'on ne puisse comparer, en France, les décès phthisiques ruraux aux mêmes décès dans les villes. La phthisie, cependant, semble être généralement plus rare à la campagne que dans les villes. 31. Villemin nous apprend qu'en Angleterre, la mortalité phthisique rurale sur 1000 habitants est représentée par 5,50, alors qu'elle est de 4 à Londres, 4,80 à Manchester, 6,40 à Liverpool. En France, M. Bergeret, d'Arbois {La phthisie pulmonaire dans les petites localités; in Ann. d'hygiène pubL, 1867, 2"^ série, XXVIII, 512), assure que la phtliisie est loind'être inconnue dans les campagnes ; mais c'est une impression personnelle, sans démonstration statistique; le but de ce travail n'est, du reste, nullement en rapport avec le titre, et il s'aoit surtout pour l'auteur de démontrer la contagion du tubercule par véhiculation aérienne, ce qui est pour le moins hardi.
Paris a une mortalité phthisique supérieure à la moyenne indiquée par M. Lombard. La proportion reconnue par Ely, pour les années 1865-1869, est de 17,6 pour 100 décès de toute cause, plus d'un sixième l et 4,5 décès pour 1000 habitants. Contrairement aux données et aux opinions les plus générales le relevé par sexe, pour 1868 et 1869, a fait constater une prédominance des décès masculins ; 55,7 décès phthisiques de ce sexe contre 46,5 décès phthisiques féminins. Le maximum appartient h l'âge de vingt-cinq à trente ans. Les mois les plus chargés sont : avril, mars, mai.
A Lille, pour les années 1876 et 1877, nous trouvons 815 et 789 décès phthisiques, soit une moyenne de 801 décès phthisiques par an, qui rapportés aux 162 775 habitants du recensement de 1876, représentent 4,9 décès phthisiques, pour 1000 habitants et, relativement aux 4 941 décès généraux qui expriment la moyenne des deux années, équivalent à 16,2 pour 100 décès généraux, un peu moins d'un sixième. Le trimestre le plus chargé est encore le trimestre verno-estival, ce qui, une fois de plus, contredit les idées duvulo^aire et des poètes sur l'influence de la saison des feuilles mortes.
La phthisie pulmonaire (Stœber et Tourdes, 1864) occupe le premier ranodans les causes de mortalité à Strasbourg : 12,15 décès phthisiques poui' 100 de toute provenance. A Lyon (Marmy et Quesnoy, Mayct), la proportion est de 15,4 pour 100 décès. A Narbonne, elle ne serait que de 8,6 pour 100 (De Martin); à Bordeaux (Marmisse), elle devient 16,2 pour 100 comme à Lille. M. Lombard, résumant ses aperçus statistiques sur les villes de France, s'exprime MCî. iKc. -4- S. V. 55
^gg FRANCE (pathologie).
'n^i • « La phthisie pulmonaire est à son maximum de fréquence dans le nord comparé au midi, dans l'occident comparé à l'orient, tandis qu'elle est plus rare au centre de la France qu'à l'orient ou sur les bords de l'Océan ;
lie est également moins fréquente au midi et sur les bords de la Méditerranée su'r les montagnes que dans la plaine, dans les petites que dans les
grandes villes. » ,,,••,.,.,
L'armée est particulièrement maltraitée par la phthisie pulmonaire. Dans la période octennale de 1862-1869, la moyenne des décès phlhisi^ues a été de 9 25 pour 1000 hommes, le quart de la mortalité totale. En ajoutant les sorties pour la même cause, par réforme ou retraite, le déchet phthisique annuel est de 3 02. Les chiffres ont été les suivants pour les années 1872-1875 :
DÉCHETS PHTHISIQUES DANS l'aRMÉE (puUR 1000 HOMMES).