‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.41Chapitre 21 sur 163 · II. Mo.NOCOTYLÉDONES · texte numérisé non relu

II. Mo.NOCOTYLÉDONES

Alismacées. Cette petite famille est en France représentée par deux groupes distiaets : les Alismées, dont les ovules occupent l'angle interne des carpelles; les Butomées, où les placentas répondent aux faces latérales et non aux bords des ovaires.

Les Alismées sont des Alisma, des Damasonium et des Sagittaria. On distinguecinq Alisma; le plus vulgaire etleplus célèbre jadis comme médicament, est le Plantain d'eau (i.P/rt/?^rt(/o L. , qui est remarquable par l'odeur chlorée de sa souche et se trouve partout dans les marais, les étangs, les fossés. Les i. natans L. et rammculoides L., espèces plus rares, se trouvent surtout dans le centre et dans l'ouest. Les A. arcuatum Mich. et parnassifoUum L. sont des espèces rares et qui ue se trouvent que dans quelques localités fort restreintes. Le seul

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Damasonium de notre flore (D. stellatum Pers.) est une plante aquatique du centre, du nord et de l'ouest; on le trouve moins abondamment dans l'est jusqu'à Lyon. Le Sagittaria sagittœfoUa L., ou Flèclie-d'eaii, est partout commun dans les marais et les cours d'eau. On a introduit dans plusieurs localités du centre et du midi quelques grandes espèces de Sagittaria de l'Amérique du nord.

La série des Butomées n'est représentée que par le Jonc fleuri {Biitonms iimbellatus L.), herbe aquatique abondante dans tous les lieux marécageux et ■sur le bord des rivières, autrefois aussi usitée comme médicament.

Liliacées. Cette grande famille comprend en France cinq^ groupes principaux, eux-mêmes décomposés pour la plupart en tribus ou séries secondaires ; ■ce sont les Liliacées proprement dites, les Asparagées, les Smilacées, les Apbyllanthées et les Colchicées ou Mélanthées.

Parmi les Liliées, nous trouvons d'abord un beau groupe représenté chez nous par les genres Liliiini, Fritillarin, Tidipa, Lloydia et L'ropeia/i/în, caractérisé par ses graines aplaties et disciformes ; d'où le nom de Discospermées. Les Lis spontanés sont au nombre de quatre : les Lilium Martagon L., croceiim Chaix, pyrenaicum Gouan et pomponium L. Les trois derniers sont des plantes du midi ou des montagnes. Le premier se trouve dans la Côte-d'Or, les Vosges, la Lorraine et l'Alsace, puis dans la Creuse, les Alpes et les Pyrénées. Le Lis blanc (L. candidum L.), l'espèce autrefois médicinale par excellence, si remarquable par son parfum, est une plante introduite; on la dit spontanée en Corse et subspontanée dans le Daupliiné ; elle est cultivée dans tous les jardins, du nord au midi. Une Frilillaire est dans le même cas, le Fritillaria imperiali'i L. Les F. pyrenaica L., involucrata All. et delphinensis Godr. sont des plantes alpines, relativement rares , tandis que le F. Meleagris L. abonde dans les marais et les prairies humides de presque toute la France, quoiqu'on ne le trouve guère aux environs immédiats de Paris. On a compté jusqu'à une douzaine de Tulipes indigènes, la plupart du midi, comme les Tidipa CeJsiana DC, gallica Lois., pnecox Ten., Didieri Jord., Ocidus-solis S.-Am., Clusiana DC. Le T. syJvestris est, au contraire, une espèce commune dans les bois et les champs de presque toutes nos provinces. Le T. Gesneriana et quelques autres espèces exotiques sont partout cultivées dans nos jardins. Le Lhot/dia serotina PiEicHB. est le Phalangium serotinum de Lamarck ; c'est une petite plante bulbeuse du Dauphiné. VUropetalum serotinum Gawl. est bien voisin des Jacinthes ; c'est le Hyacinthus serotinus L., qui se trouve en Provence et dans les Pyrénées.

Les Jacinthes ont donné leur nom à un deuxième groupe {Hyacinthées) qui comprend en outre les Scilles, les Gagea, les Ornithogales, les Aulx, les Erythronium et les Muscari. Trois Jacinthes sont indiquées comme indigènes, les Hyacinthus amethystinus L., fastigiatus Bertol., albulus Jord., espèces du midi. VH. orientalis L. a probablement été naturalisé près de Grasse et de Toulon, mais c'est une espèce introduite. Les Scilles, comprenant les Adenoscilla, Endymion et Urginea, sont représentées par douze espèces. L'une d'entre elles intéresse surtout la médecine, c'est le Scilla maritima L., l'un des médicaments indigènes les plus employés. On la trouve sur les bords de la mer, dans la région méditerranéenne. Le S. undulata K. n'a été vu qu'en Corse, de même que le S. obtusifolia Poir., espèce non médicinale. Le S. nutans Sji. {Endymion nutans Dum.) est une des plantes vernales les plus communes du centre et

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de l'ouest ; elle se trouve aussi dans la Bourgogne, la Champagne, la Lozère. Les S. verna Hcds. et lilio-hyacinthus L., non usités, sont des espèces subalpines, principalement pyréne'ennes. Les S. amœna L., hjacintlwides L, et italica L. sont de la Provence. Le S. avtnmnalis L. est commun dans le midi, l'ouest, le centre, en Alsace : il manque dans la zone jurassique. Le 8. bifolia L. {Adenoscilla bifolia Gren.) est une petite plante qui habite tout le pays, sauf la région méditerranéenne, à ce qu'on pense, aussi bien dans les plaines que dans les montagnes, comme on le 'voit dans les Pyrénées et les Alpes. On a distingué chez nous une demi-douzaine et plus de Gagea ; ils sont sans utilité. Les Ornithogales ne sont plus employés ; il y en a une dizaine d'espèces, dont une très-commune partout dans les champs, les plaines et les coteaux pierreux, les vignes: c'est la Belle-de-onze-heures (0. nmhellatwn L.). Les Aulx [Alliim] sont très-nombreux ; on en compte une quarantaine d'espèces. Toutes ont les mêmes propriétés, l'odeur infecte que l'on connaît et un suc irritant qui disparaît en majeure partie par la cuisson, pour laisser place à une substance sucrée. Mais les plus utiles des espèces économiques et médicinales sont de& plantes introduites, naturalisées ou cultivées. Citons surtout l'Ail commun {AUiurn sativum L.), le Poireau {A. Porrum L.), VA. Ampeloprasum L., l'Echalote [A. ascalonicum L.), l'Oignon de cuisine {A. Cepa L.), tous probablement originaires du midi et de l'Orient. L'i. Victorialis L., qui fournissait jadis un des faux Nards indigènes, est une espèce de montagnes, trouvée dans les Pyrénées, les Alpes, l'Auvergne, le Cantal, les Vosges. VA. ursinum L., jadis usité, habite toute la France, sauf la région méditerranéenne. L'i. Schœnoprasum L., plante potagère, autrefois surtout, croît en Corse, dans les Pyrénées, les Alpes et remonte jusqu'en Bourgogne et en Bretagne. L'i. Scorodoprasum, cultivé assez souvent sous le nom de Bocambole, se trouve dans les localités sablonneuses du centre, de l'est et du midi. Le genre Erythronhm n'est représenté que par une espèce, YE. dens-canis L., qui croît sur les montagnes, en Auvergne, dans les Pyrénées et les Alpes, mais qui descend ver& la plaine, dans les Landes, et dans le centre, jusqu'à la Corrèze et la Creuse. On énumère cinq Mu^cari dans notre flore ; trois d'entre eux sont des espèces communes, les M. botryoïdes PC, comosinn Mill., racemosîini L., mais aujourd'hui non employées.

Le petit groupe des Asphodélées comprend chez nous trois genres : les Asphodèles, les Phalangium et les Hcmérocalles. Très-nombreux comme espèces, suivant certains auteurs, les Asphodehis ont une bulbe souvent riche en matière amylacée, transformable en sucre. Le plus connu est VA. albus W., qui croît dans les montagnes basses de la chaîne des Alpes et des Pyrénées, sur les bords de la Méditerranée et de l'Océan. L'A. luteus (type d'un genre Asphodeiine) est une plante exotique, introduite seulement dans nos jardins. Les Phalangimn, comprenant les Paradisia et les Simethis, sont représentés par quatre espèces : les P. ramoswn Lamk, Liliago Schreb., Liliastrum Bertol., phmifoliiim Pers. Nous avons deux Ilémérocalles, l'un à fleurs fauves [Hemerocalïtë fuira L.), l'autre à fleurs jaunes {H. fuira L.), cultivés dans les jardins, sous le nom de Lis jaunes, très-odorants, jadis employés, spontanés à ce qu'il paraît dans la Gascogne, le Doubs, etc.

VAphyllanlhes monspeliensis L., type pour certains auteurs d'une famille des Aphyllanthées, est une petite plante du midi, depuis les Pyrénées jusqu'à la Provence et le Daiiphiné; elle est aujourd'hui inusitée.

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Les Asparagées, distinctes seulement des Lilie'es par leur péricarpe charnu, sont représentées en France par sept genres : les Asperges, les Fragons, les Muguets, les Polijgonntum, les Streptopiis, les Maianthemum, les Parisettes. Nous avons cinq Asperges indigènes; la plus utile est l'A. commune {Asparagus officinalis L.), si abondamment cultivée comme légume; elle croît naturellement dans les sables maritimes de la côte de nos deux mers et présente là des caractères de variété qui l'ont fait nommer A- maritimus ; mais l'A. campestris, qui se trouve dans les prairies sablonneuses et les bois de l'intérieur, appartient, à ce qu'on pense, à la même espèce. Les A. acutifoUus L., scaber Brign., tenuifoUus Lamk sont des plantes méridionales et peu employées. L'i. alhus L. ne se trouve qu'en Corse, et VA. amarus, parfois cultivé chez nous, n'est pas indigène. Nous avons deux Fragons : le Riiscus hijpoglossum L. (qui est la même espèce que le jR. hjpophyUanthns), lequel ne se trouve que sur les bords de la Méditerranée, et le F. Petit-Houx [R. aculeatus L.). qui est une plante commune des bois calcaires et des lieux stériles de presque toutes nos provinces. Ces deux plantes sont encore assez usitées comme remèdes. Notre seul Muguet, le M. de mai (Convallaria majalis L.) , recherché comme sternutatoire par les anciens, aujourd'hui tant cultivé pour ses fleurs seulement, est une espèce extrêmement commune partout dans les bois. On rapportait jadis les Sceaux-de-Salomon au même genre; ce sont des Polygonatiim, dont nous avons trois espèces : les P. vxilgare Desf. et multiflorum All., plantes vulgaires dans tous les bois, surtout là où le sol est calcaire, et le P. verticillatmn All., limité aux bois des montagnes du sud-est, principalement des Vosges, de l'Auvergne, du Dauphiné et de la Provence. C'est dans les montagnes escarpées des mêmes régions que croît notre seul Streptopus, le S. amplexifolius DC, plante sans utilité pour la médecine. Le Maianthemum bifolium DC, petite plante du nord de l'Europe, se trouve chez nous au nord, à l'est et au centre, dans les prairies et les bois montagneux. Le genre Parisette n'est également représenté que par une espèce, jadis médicinale, le Paris quadrifoha L., qui abonde dans presque tous nos bois sombres et humides.

Les Colchicées, autrefois reléguées dans une famille distincte, mais qui doivent être placées dans le même groupe naturel que les Liliacées, nous présentent six genres français, dont deux très-importants pour la médecine : les Colchiques et les Yaraires. Les Narfhecium, Tofieldia, Merendera et Bidbocodimn sont beaucoup plus rares et offrent moins d'intérêt au point de vue pratique. On admet chez nous quatre Colchiques, les Colchiciim alpinum DC, arenarium KiT., parvulum Ten. et autiimnale L. Ce dernier, seul commun par tous les prés humides, est aussi le seul dont les bulbes et les semences soient d'un usage général en médecine. Nous n'avons de Yaraires indigènes que le Veratritm album L., l'espèce à l'Hellébore blanc, qui croît dans les montagnes des Alpes, du Jura, de l'Auvergne et des Pyrénées. Le V. nigrumu existe chez nous que cultivé, et à plus forte raison le V. viride, dont l'usage ne s'est répandu que depuis peu, et qui est d'origine américaine. Le ISarthecium ossifragum llvDs. {Abama ossifraga DC), dont le nom spécifique rappelle les prétendues propriétés, est une herbe de l'ouest et du midi. Les autres Colchicées, au nombre de trois [Tofieldia caUjculata Walenb., Meremlera Bidbocodium Ra.m., Bulboeodium vernum L.), sont des espèces alpine» on subalpine».

Nous n'avons qu'une Salsepareille indigène, le Smilax aspera L., plante sarmenteuse du midi, à laquelle on a adjoint comme variété le S. mauritanica

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Desf. ; on la trouve dans toute la région des Oliviers et en outre sur les côtes de l'Océan, tout à fait au sud-ouest du pays.

Amaryll idées. Ces plantes, qu'on a définies des Liliacées à ovaire infère, sont assez peu nombreuses chez nous et n'ont guère d'intérêt médical ; elles appartiennent à cinq genres : Narcissiis, Galanthus, Leucoium, Amaryllis, Pancratium. On n'admet pas moins de vingt Narcisses dans notre flore, sans compter les hybrides qui sont assez nombreux. Les plus communs sont les Narcisstis poeticus L. et Pseiido-Narcissiis L. Le premier abonde dans les pâturages des montagnes, dans les prairies fraîches et humides. Son odeur le faisait rechercher comme médicament ; on le cultive beaucoup dans nos jardins. Le dernier, remarquable par le grand développement de sa couronne jaune, habite en quantité les bois, les prairies des montagnes, les pâtm^ages et les taillis. Les N. hiflonis Curt., Jonquilla L., odorus L., Tazetta L., plantes cultivées comme ornementales, sont inusitées comme médicaments, beaucoup plus rares que les précédentes ou cantonnées dans une région peu étendue. Le seul Galanthus est \e Perce-Neige {G. Jiivalis L.), plante de l'ouest, du centre , des Alpes et des Pyrénées. Le genre très-voisin Leucoium compte quatre espèces, dont deux limitées à la Corse, les L. longifolium Gw et roseum Lois. Beaucoup moins rares, les i. vernum L. et œstivum L., babiteut, l'un, la Lorraine, les Vosges, le Jura, la Bourgogne, le Dauphiné ; l'autre, le midi et quelques localités plus septentrionales, comme le Bas-Rhin, le Loir-et- Cher. Le seul Amaryllis est 1'^. (Sternhergia) lutea, qu'on trouve près de Toulon etd'Agen. Plusieurs espèces du Cap et de l'Orient sont cultivées assez communément. Nous avons deux Pancratium : le P. illyricum, plante italienne, qui ne se trouve qu'en Corse, et le P. maritimum L., des sables de la côte de la Méditerranée et de la portion méridionale de l'Océan.

Dioscoréacées. Ce petit groupe est représenté d'abord par une plante trèscommune dans nos bois, nos buissons et nos haies, l'IIerbe-à-femme-battue [Tamus communis L.), puis, dit-on, au sommet des Pyrénées, par un véritable Dioscorea. Plusieurs espèces exotiques de ce dernier genre sont cultivées chez nous, notamment celles qu'on voudrait utiliser comme aliments, telles que le D. Batatas, l'Igname de la Chine.

Iridacées. On peut réduire celles de la flore française à quatre genres : Iris, Crocus, Trichonema et Gladiolus. Nous avons, dit-on, quatorze Iris, y compris 1'/. Sisyrinchium L., espèce de Corse, type d'un genre Gynandriris (Parlât.) et 1'/. tuberosa L., type du genre Hermodactylus de Tournefort. C'était, croit-on, un des Hermodactes des anciens, aujourd'hui négligés des médecins. Mais quatre Iris proprement dits ont été ou sont des plantes médicinales, toutes d'ailleurs très-communes dans les jardins ou à l'état sauvage : ce sont 1'/. florentina L., surtout cultivé, indigène, dit-on, en Provence; 1'/. germanica L., qui sert, comme lui, à préparer les pois et la poudre d'Iris ; l'I. jambon (/. fœtidissima L.) et la Flambe des marais (/. Pseudacorus L.), commun sur le bord des eaux. Les I. olbiensisWÉy., lutescens LxjiK, Chamœiris Bertol., gramineaL., Xyphium L. sont des plantes du midi. L'/, ccyphioides Ehiih. est pyrénéen. L'/. siherica L. est de l'est uniquement. L'/. spuria L. appartient aux prairies humides et aux marais de l'ouest et du midi. On a distingué trois Trichonema dans notre flore, notamment le T. Bulhocodium Reichb. [Ixia Bulhocodium L.), qui croît sur les côtes de la Méditerranée et du sudouest. Des cinq Glaïeuls qui se trouvent chez nous , le plus commun est le

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G. segetnm Gawl., abondant dans les moissons d'Angers à Bayonne et sur les bords de la Méditerranée.

Aroidée!<. On a distingué parmi celles qui vivent dans notre pays deux tribus : celle des Euaroidées et celle des Âcoroïdées.

Trois genres se rapportent à la première : les Arum, Arisarum et Cnlla. Cinq Arum sont indigènes, les A. pictum L. et muscivorum h., espèces de la Corse et des îles voisines; VA. Dracunculus L., autrefois célèbre comme médicament, et qui se trouve dans le midi, morne dans l'ouest, où la plante a sans doute été introduite. Restent deux espèces beaucoup plus communes, dangereuses par l'âcreté de leur suc, jadis employées : VA. maculatum L., le vulgaire Pied-de-Yeau ou Gouet, qui pousse partout au printemps, dans les bois, les haies ; et VA. itaJicum Mili.., qui habite en abondance les régions occidentale et méridionale. V Arisarum vulgare Reichb. {Arum Arisarum L.) est une herbe assez commune dans toute la région méditerranéenne. Le Calla palustris L., espèce aquatique, cultivée dans nos jardins, se trouve dans les <îtangs et les marais de l'est, en Alsace, en Lorraine et dans les Vosges.

La seule Acoroïdée de France est l'ancien Roseau odorant des pharmacies, VAcorus Calamus L., qui croît dans les ruisseaux, les rivières et les marais de l'est, de l'ouest, des Alpes et des Pyrénées. L'Acore à feuilles de graminée, plante asiatique, a été introduite chez nous, de même que beaucoup d'Aroidées exotiques, cultivées soit dans les jardins, soit dans les serres,'telles qnelesZantedeschia[Richardia], Colocasia, ProteinophaUus,AmorphophaHus, Typhonium, etc.

Typhncées. Cette petite famille, formée de plantes aquatiques, est représentée par des Massettes {Typlia) et des Sparganium. Les Typha ont été utilisés pour l'espèce de bourre soyeuse qui forme une grande partie de leurs fruits composés. On s'est servi surtout du T. latifolia L. et du T. anyustifolia L., partout très-communs. Quatre autres espèces, les T. minima Hopp., Shuttleworfhii Sond., glauca Godr. et gracilis Godr., sont relativement fort rares et ne se trouvent que dans des endroits fort limités. Les Sparganium .nmplex IIuds. et ramosum IIuds. sont communs partout dans les eaux stagnantes. Les .S. minimum Fries et natans L. sont des espèces rares et localisées, surtout le premier qui ne croît chez nous que dans les lacs des Vosges.

Orchidées. On sait que dans cette famille, qui rend peu de services à la médecine, les genres indigènes ont été fort multipliés ; ils étaient presque tons compris autrefois dans le genre Orcliis. On admet aujourd'liui dans notre pays cinq séries d'Orchidées : les Ophrydées, les Malaxidées, les Gastrodiées, les Néottiées et les Cypripédiées.

Six genres représentent les Ophrydées : ce sont les Orchis, Ophrys, Herminium, Nigrifella, Aceras et Serapias. Le premier, sans compter les hybrides qui sont nombreux, comprend vingt-huit espèces, dont deux appartenaient, pour certains auteurs, au genre Platanthera et quatre au genre Gymnadenia. Quelques-unes sont partout très-communes ; ce sont celles qui, quand elles ont des pseudo-bulhes souterrains d'un certain volume, ont servi à fournir le Salep. Parmi elles, il faut citer : les 0. militaris L., simia Lamk, Slorio L., mascuIaL., laxiflora L.mK, latifolia L., mandata L., toutes espèces communes des bois ou des prairies. Plusieurs Ophrys servent, dit-on, aux mêmes usages. Sur les dix espèces admises, trois sont partout très-communes : les 0. apifera HuDS., arachnites Reichb., aranifera IIuds. Le seul Herminium est VH. monorchis R. Br. (//. chmdestinum Gren. et Godr.). Les deux NigriteUa fran-

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çais (N. suaveolens Koch et angiistifolia Reichb. ) sont des sommets jurassiques. On compte six Aceras, si l'on comprend dans ce genre, à l'exemple des auteurs de la Flore de France, les Satyrium et Anacamptis. Les A. antropophora R. Rr- et hircina LI^'DL. sont remarquables, l'un, par la forme « d'homme pendu » de son labelle floral, l'autre, par son odeur fétide. Les trois Serapias français sont, outre leurs nombreux hybrides, les S. cordigera L., Lingua L., et hngipetala Poll., espèces du midi et de l'ouest.

Trois plantes représentent le groupe des Malaxidées ; ce sont le Malaxis pcdudosa S\v., le Liparis Lœselii Rich. et le Corallorhiza innata R. Rr., espèces assez rares et sans utilité au point de vue médical.

La seule Gastrodiée est VEpipogimn Gmelini Rich., espèce rare, du Jura, de la Hobneck, des Alpes et du Dauphiné.

Nous avons sept genres de Néottiées, tous très-curieux, mais sans intérêt pratique. Trois sont chez nous monotypes : le Neottia Nidus-avis Rich., de couleur brunâtre ; le Limodorwyi ahortivum Sw., plante parasite, violacée, parfois mangée comme l'Asperge: le Goodyera repens R. Rr., qui vit dans les bois de Pins, dans les Pyrénées, les Alpes, les Vosges, les Landes et jusqu'à Fontainebleau. Nous avons trois Cephalanthera, dont un à fleurs rouges et deux à fleurs blanches; deux Listera, les L. cordata R. Rr. et ovata R. Rr., ce dernier, commun dans les pâturages et les bois. Nos Epipactis sont au nombre de quatre : les E. atrorubens IIoffm., microphylla Sw., latifoUa All. et pa/wstris Cr., ces deux derniers très-vulgaires. Nos deux Spiranthea indigènes sont le S. œstivaîis Rich. et le S. autiimnaUs Rich., espèces sans utilité.

Notre seule Cypripédiée est le Sabot-de-Vénus [Cypripedium Calceolus L.), rare en Lorraine et en Alsace, dans le Jura, plus abondant dans les Pyrénées, le Dauphiné, etc. Les Orchidées étrangères introduites chez nous sont à peu près toutes les plantes de serre. On sait que la Vanille, cultivée en serre chaude, peut donner cliez nous d'abondantes récoltes de fruits.

Six petits groupes de Monocotylédones aquatiques sont représentés chez nous par un nombre peu considérable de types ; ce sont les Hydrocharidées, Juncaginées, Potamées, Naiadées, Zostérées et Lemnacées.

Hydrocharidées. Deux plantes de ce petit groupe sont indigènes. L'une est ÏHydrocharis Morsus-ranœ L., qui existe dans tout l'ouest, le nord et le nordest, et manque dans presque tout le centre, au sud de Paris et dans le midi, L'auti-e est une plante essentiellement méridionale, le fameux Vallisneria spiralis L., qui abonde dans tout le canal du midi et s'observe aussi dans le Rhône. Deux autres espèces ont été introduites : le Stratiodes aloides L., qui se trouve (et ordinairement représenté par des pieds d'un sexe unique) dan? les fossés des départements du Nord, du Pas-de-Calais etc.; et VElodea canadensis 3Iichx, apporté, on ne sait comment, en Allemagne, en Angleterre et en Fi'ance, il n'y a que peu d'années, et qui encombre les pièces et cours d'eau où quelques fragments seulement de la plante ont été déposés. Nous n'avons vu fleurir ici que le pied femelle.

Juncaginées. Les deux genres Triglochin et Scheiichzeria représentent chez nous ce groupe. Du premier on décrit trois espèces, et il y en a peut-être quelques autres dans le nord. La plus commune est le T. palustre L., abondant dans les marais et les prairies humides, les fossés, partout, sauf dans la région méditerranéenne. Les T. maritimum L. et Barrelieri Lois, aiment les eaux salées ou saumàtres. Le premier se rencontre non-seulement sur les

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bords de nos deux mers, mais encore dans les eaux salées de l'intérieur, et où se trouve du sel gemme, comme cà Dieuze et à Salins. Le dernier se trouve aussi sur les côtes de l'Océan, depuis la Bretagne jusqu'à Bayonne, et sur celles de la Méditerranée, sur la terre ferme, comme en Corse. Le Scheuchzeria palustris L., espèce des marais tourbeux, croit dans les lacs des Pyrénées, des Alpes, du Jura et aussi dans la Côte-d'Or et les Yosges.

Potamées. On a réuni dans ce petit groupe trois genres indigènes : les Potamogeton, dont on compte chez nous une vingtaine d'espèces ; les Zanichellia, au nombre de deux, et VAlthenia filifonnis L. Cette petite plante des eaux sauniiltres n'a été trouvée que près de Montpellier, dans les étangs de la Camargue et dans quelques autres localités provençales. Nos deux Zanichellia sont le Z. dentata W., qui croit dans les mares des plaines et des montagnes de l'intérieur et sur les bords de nos deux mers; et le Z. palustris L., qui, plus rare dans le midi, se trouve près de la mer, dans les eaux stagnantes de tout l'ouest. Les plus vulgaires de nos Potamots [Potamogeton] sont les P. lucens L., gramineus L., perfoliatus L., fluitans L., natans L., crispus L., pectinatus L. On ne les utilise plus en médecine. Le P. marinus L. ne se trouve pas chez nous sur les bords de la mer, mais seulement jusqu'ici dans un lac des Alpes. Quelques espèces sont très-rares, com.me le P. nitens Web., trouvé dans la Haute-Vienne; le P. spathulatus Schrad., qui ne vient qu'en Alsace; le P. prœlongus, observé dans le Calvados, et qui, peut-être, y a été introduit.

Naiadées. Ce sont un Naias, le N. major Roth, et un Caulinia {C. fragilis W.), le Naias minor d'Allioni. Le premier, auquel se rapporte en partie le N. marina L., se trouve dans presque toute la France, au fond des étangs, des rivières, etc. Le second recherche, au contraire, du nord au midi, les eaux limpides des rivières.

Zostérëes. Toutes ces plantes sont marines. Quelques-unes d'entre elles se retrouvent dans les eaux des sources salées de l'intérieur. Tel est un des Ruppia indigènes, le R. rostellata Koch, qu'on observe dans la Meurlhe, mais qui est plus abondant sur les bords de l'Océan. Là se voit aussi le R. maritima L., plus abondant toutefois sur les rivages de la Méditerranée. Le R. brachypus Gay ne s'est vu que près de Toulon. Les deux Zostera français sont le Z. marina L., abondant sur les côtes de nos deux mers et qui sert en économie domestique ; et le Z. nana Roth, beaucoup plus rare, mais qui s'est néanmoins rencontré et sur l'Océan et sur la Méditerranée. Le Posidonia Caulini Kœn. est une plante méditerranéenne; on le trouve à Toulon, et les bords de la mer sont au printemps, à Nice, tout couverts de ses fruits. Le Cijmodocea œquorea DC, confondu probablement avec la plante précédente, a pu être indiqué chez nous ; mais il paraît que ce n'est pas une plante de notre pays.

Lemnacées. Nous avons cinq anciens Lemna représentant, outre les espèces proprement dites de ce genre, les Telmatophace et les Wolfia. Le L. minor L. est le plus commun de tous, à la surface de toutes les eaux stagnantes. Après lui viennent le L. trisulca L., qui habite les fossés et les mares, et le L. [Telmatophace) polyrhiza L., vivant aussi sur les eaux stagnantes. Le L. gihha L., qu'on trouve dans des conditions analogues, a été aussi rapporté aux Telmatophace. Le L. [Wolfia] arhiza, la plus petite des Phanérogames, est aussi la plus rare de nos Lemnacées ; on l'a trouvée en Bretagne, en Anjou, en Touraine.

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Joncées. Ce sont chez nous des Joncs et des Luzules, les premiers au nombre de plus de trente; les dernières au nombre d'une douzaine. l:\osJuncus n'ont plus d'utilité comme médicaments. Quelques-uns sont très-communs presque partout, sur le bord des eaux, dans les prés humides. Tels sont les J. sylvaticus Reichb., îamprocarpus Ehrh., conglomeratiis L., effitsiisL., obtitsifolius Ehrh., conipressus Jacq., etc. Le J. squarrosus L. est une espèce de nos terrains sablonneux et siliceux ou tourbeux. Le J. bufonius L. est une petite plante qui abonde dans tous nos terrains humides et inondés l'hiver. Les J. multifloms Desf., hicephalus A'iv., Jagenavius Gay, paniculalus Woi^vt, aie. appartiennent au midi; les J. marilimiis Lamk, aciitusL., aux rivages de nos deux mers; les J. articus AV., Jacquini L., trifidiis h., alpinusV^'., à nos régions montagneuses. Nos Luzula sont, les uns très-communs partout, comme es L. sylvatica Gavjd., campestris DC, pilosa W. {vernalis Ehrh.), Forsteri DG., ou propres à des régions assez limitées de notre pays, comme les L. flavescens Gaud., Desvanxu K., spadicea DC., nivea DC, lutea DC, multifloru Lej., pediformis DC, et spicata DC, espèces des montagnes, la plupart alpines.

Cypéracées. Parmi les représentants nombreux en France de cette riche famille, on compte des genres appartenant à trois tribus ou séries : les Caricinées, qui comptent un Ehjna et près d'une centaine de Laiches {Carex) ; les Cypérées, avec les deux genres Cyperus et Schœmis ; puis les sept genres Cladium, Eriophorum, Fuirena, Scirpus, Eleocharis, Fimbristylis, Rhynchosjjora, constituant la tribu des Scirpées.

Nos Laiches sont, comme nos Joncs, les unes rares et limitées à quelques localités restreintes, les autres partout très-communes, dans les prairies, ou les bois ou sur le bord des eaux. Sur les cent espèces, il y en a une trentaine dans ce cas : les Carex panicea L., pallescens L., glauca Scop., prcecox hcQ., pilulifera L., digitataL., sylvatica Hdds., flava L., Œderi Ehrh., distans L., pseudocyperus L., ampidlacea Good., vesicaria L., paludosa Good., 7'iparia CcRT., hirta L., ericetorum L., remota L., panicidata L., divulsa Good., muricata L., vulpina L., disticha Huds., divisa Huds., pulicaris L., dioica L., etc. Une trentaine d'auti-es sont spéciales au midi, aux montagnes ou aux rivages des deux mers. Les C arenaria L., l'espèce la plus importante au poiat de vue médical, parce qu'on a eu l'idée d'en faire une fausse Salsepareille, est le C. arenaria L., très-commun sur toutes les côtes de l'Océan, dans les sables, plus rares à l'intérieur, mais s'avançant jusqu'au centre et même à l'ouest jusqu'en Champagne. VElyna spicata Scurad. est une plante du sommet des Alpes et des Pyrénées.

De nos dix Cyperus, un seul a joué un certain rôle en médecine ; c'est le Souchet long (C longus L.), commun dans la région méditerranéenne, plus rare dans le centre et remontant jusqu'à Paris. Le C fuscus L. se trouve dans tout le pays, dans les sables humides, de même que le C. flavescens L. Les autres sont plus rares et presque tous du midi. Nos deux Schœnus (S. nigricans L. et S. ferrugineus L.) habitent les marais tourbeux ou les sables maritimes. Plusieurs Cyperus exotiques ont été introduits dans nos cultures, notamment, parmi les espèces utiles, le Papyrus des anciens (C. Papyrus L.), que l'on voit souvent dans nos jardins, et le C. esculentus, dont la portion soutei'raine comestible prend également bien peu de développement.

Parmi les Scirpées, nous avons un Cladiion, le C. Mariscus 11. Br., plante

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des marais, et six Linaigvettes {Eriophorum), dont les deux plus communes {E. latifoliinn Hopp. et E. angiistifoUum Roth) fournissent leurs aigrettes soyeuses pour remplacer le coton et la ouate. Le Fuirena pubescens K. ne se trouve qu'en Corse. Nos Scirpes sont nombreux. Parmi une vingtaine d'espèces, toutes des localités humides, deux ou trois seulement sont communes partout, principalement le S. lacitstris L., le Jonc des rempailleurs de chaises. Nous avons cinq Elœocharis, dont un très-vulgaire, VE. palustris L.; un Fimbristylis, le jp. laxa Yahl, de l'embouchure du Yar; deux lihynchospora, les R. alba Yahl et fusca Rœu. et Sch., toutes plantes sans usage au point de vue médical.

Graminées. Cette grande famille ne compte pas en France moins de soixantedix-huit genres, si du moins l'on conserve ceux-ci tels qu'ils sont admis dans la répartition actuelle. De même on y trouve dix-huit tribus représentées par un ou plusieurs de ces genres. Quelques-unes d'entre elles semblent n'exister qu'à l'état de plantes introduites ; nous reviendrons sur ce point. Pour le moment, voici le tableau des tribus, avec les genres français qu'elles renferment, suivis d'un chiffre qui indique le nombre de leurs espèces dans notre pays.

I. Andropogonées. 1. Andropogon L. (7), 2. Sorghum Pers. (1), 3. Erianthus RicH. (1).

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