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III. Famille des Scopélidls. Ces poissons, que Cuvier classait parmi les Salmonidés, mais pour lesquels on a établi depuis cet auteur une famille distincte, ont comme les Salmonidés une nageoire adipeuse, mais elle est peu développée. Nous en possédons six geni'es qui sont les suivants :
1° Genre Aulope {Aulopns Cuv.), Les poissons de ce genre ont le corps recouvert d'écaillés assez grandes ; leur tête est longue et leurs mâchoires sont armées de dents petites et disposées par bandes. Les palatins, le vomer, les pharyngiens et la langue sont aussi pourvus de semblables organes. Ces animaux n'ont pas de veine natatoire ; leurs appendices pyloriques sont peu nombreux. La Méditerranée en possède une espèce qui fréquente nos côtes de Provence et des Alpes- Maritimes, c'est l'Aulope filam.enleux [Aulopus filamentosus) , poisson singulier par la forme de son corps et dont les écailles, de forme presque rectangulaire, sont dentelées sur leur bord libre.
2" Genre Sauras {Saurus Cuv.). Les poissons de ce genre ont la bouche largement fendue et armée sur les mâchoires, les palatins et la langue, de dents^ fines, nombreuses et recourbées en arrière. On en trouve une espèce sur nos côtes de la Méditerranée, c'est le Saurus grisâtre {Sauriis griseus).
3° Genre Scopelus {Scopelus Cuv.). Les Scopèles ont le corps plus ou moins comprimé et recouvert de très-grandes écailles. Leurs mâchoires, les ptérygoïdiens, les palatins et la langue sont recouverts de dents fines et serrées. Leur nageoire adipeuse présente des traces de rayons. Quant à leur vessie natatoire, elle est peu développée. Ce genre, comme les précédents, ne fournit à notre faune méditerranéenne qu'une seule espèce, c'est le Scopèle de Humboldt (Scopelus Himiboltii), petit poisson de trois ou quatre pouces de longueur, qui fréquente les côtes de Provence et des Alpes-Maritimes.
4" Genre Odontostome (Orfontostom^/s Cocco). Corps comprimé et dépourvud'écaillés ; incisif pourvu de dents longues, recourbées et aiguës ; maxillaire inférieur, vomer et palatins armés de semblables organes, longs, comprimés et à extrémité lancéolée. Nageoire adipeuse petite, et dont les rayons sont transparents.
L'Odontostome Balbo (Odontostomiishyalinus), petit poisson que l'on prend, mais très-rarement, sur la côte de Nice, appartient à ce genre.
5" Genre Paralépis {Paralepis Risso). Ces poissons ont le corps recouvert d'écaillés peu adhérentes, leur bouche est grande et leurs mâchoires, leurs palatins et leurs plérygoïdiens sont pourvus de dents petites et d'inégale grandeur. Espèce unique : le Paralépis corégonoïde [Paralepis coregonoides), poisson qui se trouve sur les côtes du département des Alpes-Maritimes où il est assez rare et ne se prend qu'au printemps.
IV. Faîiille des Sternoptichidés. Ces poissons, que Cuvier rangeait, de même que les précédents, parmi les Salmonidés, constituent aujourd'hui une famille distincte. Ils ont le corps haut, comprimé et recouvert d'écaillés assez grandes. Leur bouche est fendue obliquement et leur intermaxillaire est soudé au maxillaire. Les Sternoptichidés ont deux nageoires dorsales dont la seconde est plutôt membraneuse qu'adipeuse. Nous n'en possédons qu'ime espèce sur nos côtes métiiterranéennes et encore y est-elle très-rare; elle fait partie du genre Chauliodus [Chaidiodns Bloch) ; c'est le Chauliode de Sloane {Chauliodus Sloani) signalé par Risso comme appartenant à la faune de Nice.
V. Famille des Clupéidés. Cette famille est une des plus importantes au point de vue alimentaire, c'est elle qui nous fournit les Aloses, les Harengs, les
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Sardines, etc., etc., poissons dont la pèche se fait en grand dans toute l'étendue de nos eaux françaises. La plupart de ses nombreuses espèces habitent la mer, quelques-unes, comme les Aloses, remontent par bandes innombrables le cours de certains fleuves, où l'on en fait, à certaines époques de l'année, une pêche assez lucrative. Les Clupéidés ont le corps allongé, comprimé et revêtu de grandes écailles ; leur carène A'entrale est le plus souvent tranchante. Ces poissons ont une vessie natatoire et de nombreux appendices pyloriques.
Genre Alose {Alosa Cuvier). Les Aloses ont le corps élevé, comprimé latéralement, tranchant sur toute la longueur de la carène ventrale qui est dentelée. Elles n'ont qu'une nageoire dorsale; leur bouche est large; leur incisif profondément échancré ; leur mâchoire supérieure seule est pourvue de dents fines . et aiguës. jN'ous possédons sur nos côtes deux espèces d'Aloses, la première est l'Alose commune {Alosa vulgaris), poisson qui peut atteindre trois pieds de longueur. La seconde espèce est l'Alose finte {Alosa finta), qui a beaucoup d'analogie avec l'Alose commune, et qui remonte comme elle au printemps le cours de nos grands fleuves. La cliair de ces poissons est très-estimée et devient excellente lorsque le poisson a séjourné pennant quelque temps dans les eaux douces.
Genre Clupe {Clupea Cuvier). Les Clupes ont le corps proportionnellement plus allongé que celui des Aloses, comme celui de ces derniers poissons, il est revêtu de grandes écailles; sa carène venirale est aussi tranchante et dentelée. Les dents de ces poissons sont petites et nombreuses ; elles manquent quelquefois, soit sur les mâchoires, soit sur les pièces osseuses qui constituent la cavité buccale.
A ce genre appartiennent : 1° Hareng commun {Clupea harangus), poisson migrateur dont les bandes innombrables atteignent les côtes de France, baignées par la Manche et l'océan Atlantique vers la saison d'automne ; — 2° l'Esprot {Clupea sprattus), espèce assez abondante dans les mers du Nord plus rare à mesure que l'on redescend nos côtes de l'ouest, sur lesquelles il est peu fréquent de les rencontrer plus bas que La Rochelle ; — 5° le Harengule blanquette {Clupea latulus), petit poisson de l'Océan et de la Manche, surtout abondant sur nos côtes de Picardie et de Normandie, sur lesquelles on le désigne sous les noms de Blanquette, Œillet, Flessie, etc., etc. ; — 4° la Sardine {Clupea pilchardus), poisson qui se trouve sur toutes nos côtes de France, et dont on fait des pêches si abondantes en automne, sur les côtes de Normandie, de Bretao-ne, de Provence et de Languedoc; — 5° laMelette de la Méditerranée {Clupea mediterranea), espèce de petite taille, assez commune sur nos côtes de Provence et de Languedoc.
Genre Anchois {Engraulis Cuvier). Corps recouvert d'écaillés assez o-randesmâchoire supérieure dépassant l'inférieure, et armées toutes deux, ainsi que le vomer, les palatins et les ptérygoïdiens, de dents nombreuses et aiguës. Nous possédons une espèce de ce genre, c'est l'Anchois {Engraulis encrasicholus), pois son si abondant sur toutes nos côtes, principalement sur celle de la Méditerranée mer dans laquelle on en fait une pèche régulière, et qui fournit de si beaux bénéfices aux matelots qui la pratiquent.
VL Famille des Alépocéphalidés. Ces poissons, queRisso classait parmi les Clupéidés, constituent dans les auteurs modernes une famille distincte ne rOn fermant qu'un seul genre, le genre Alépocéphale, représenté sur nos côtes par
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une seule espèce, l'Alépocéphale à bec {Alepocephalus l'ostratus), poisson extrêmement rare et signalé par Risso sur la côte de Nice.
VII. Famille des Stomatidés. Elle est représentée sur nos côtes par le genre Stoniias (Sto»î/as Cuvier). Les Stomatidés habitent la haute mer, ce sont des poissons au corps allongé, comprimé et recouvert de très-petites écailles. Leurs mâchoires, les palatins, le vomer, les os branchiaux et la langue sont armés de dents aiguës et tranchantes ; ces organes sont plus forts sur l'incisif et le maxillaire inférieur que sur les autres pièces. Ces poissons ne se rapprochent qu'accidentellement des côtes, aussi les deux espèces qui ont été signalées par les auteurs dans la Méditerranée ne se trouvent-elles qu'à de rares intervalles sur les côtes de Nice. Ce sont : le Stomias barbu [Stomias barbatiis) et le Stomias Boa (Stomias boa), poissons remarquables par la forme de leur corps qui est recouvert de très-petites écailles, et qui portent au-dessous de la région hyoïdienne un long barbillon charnu, frangé à son extrémité libre.
VIII. Famille des Esocidés. La famille des Esocidés ne comprend qu'un seul genre dont toutes les espèces habitent les eaux douces. Ce sont des poissons au corps allongé, arrondi sur le dos, légèrement comprimé sur les flancs et recouvert d'ccailles de moyenne grandeur. On les reconnaît facilement à la forme de leur tète qui est longue et aplatie, ainsi qu'à leur bouche, largement fendue. Leur mâchoire inférieure dépasse la supérieure ; elle est armée, ainsi que l'os intermaxillaire, de dents fortes, pointues, et d'inégale grandeur. Le palais est pourvu de semblables organes, ceux qui sont implantés sur le vomer et l'os hyoïde sont beaucoup plus petits. La nageoire dorsale de ces poissons est trèsreportée en arrière.
Genre Brochet [Esox Linné). Ce genre ne nous fournit qu'une seule espèce, le Brochet [Esox lucius), poisson d'une voracité extrême, très-abondant dans nos cours d'eau, nos fleuves, nos rivièi^es et nos lacs, et dont le poids peut atteindre vingt-cinq livres et au-dessus.
IX. Famille des Scombrésocidés. Les Scombrésocidés ont le corps allongé et recouvert de petites écailles. Leur museau est très-proéminent, leur intermaxillaire étant très-développé. Leurs mâchoires sont armées de petites dents trèsnombreuses et très-fines. Deux genres de cette famille sont représentés sur nos côtes.
1» Genre Orphie [Belone Cuvier). Tête longue, museau allongé en forme de rostre ; mâchoire inférieure plus longue que la supériem-e. Nageoires dorsale et anale reportées en arrière. Le squelette de ces poissons présente la singulière particularité d'avoir ses différentes parties colorées en vert. Nous possédons sur nos côtes deux espèces de ce genre ; la première est propre à l'océan Atlantique, c'est rOrphie vulgaire [Belone vulgaris), poisson assez abondant sur nos côtes de la Manche et de l'océan Atlantique; la seconde est l'Orphie aiguille {Belone acus), espèce qui habite la Méditerranée et qui est extrêmement abondante sur toutes nos côtes méridionales.
2° Genre Scombrésoce [Scombresox Lacép.), Les Scombrésoces ont, comme les poissons du genre précédent, la tête terminée en avant par une sorte de rostre. Comme chez les Orphies, leur mâchoire inférieure dépasse la supérieure. Us se distinguent cependant de ces poissons par la présence de 'fausses pinules en arrière de leurs nageoires dorsale et anale. L'une des espèces de ce genre, faisant partie de notre faune française, est le Scombrésoce campérien [Scombresox camperii), poisson très-abondant sur les côtes de l'océan Atlantique. L'autre
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espèce habite la Méditerranée, c'est le Scombrésoce de Rondelet; il diffère du précédent par le nombre de ses fausses pinules qui est moins considérable, et par l'absence de vessie natatoire, organe qui prend, au contraire, un grand développement chez le Scombrésoce campérien.
X. Famille des Exocetidés. Les Exocetidés se reconnaissent à première vue au grand développement que prennent leurs nageoires pectorales dont les rayons sont sous-tendus par des replis membraneux de la peau, disposition anatomique qui les transforme en sortes d'ailes, et permet à ces poissons de se maintenir pendant quelque temps au-dessus de la surface des flots. Leur corps, ainsi que les parties latérales de leur tète, sont recouverts d'écaillés assez grandes. Leur tète est aplatie supérieurement, leur museau est court, et leurs mâchoires sont armées de dents fines et granuleuses. Leur vessie natatoire est assez développée, et leur tube digestif dépourvu d'appendices pyloriques.
INous possédons sur nos côtes quatre espèces de cette famille; elles constituent le genre Exocet {Exocœtiis Artedi). Ces espèces sont : 1» l'Exocet fuyard [E.rocœlus evolans), qui habite la Méditerranée et l'océan Atlantique ; — 2° l'Exocet volant [Exocœtus volitans), qui ne se trouve que dans la Méditerranée; — 5" l'Exocet sauteur [Exocœtus exsiliens), qui se prend dans la Manche et l'océan Atlantique; — 4" l'Exocet de Rondelet {Exocœtus Rondeletii), qui se trouve comme l'Exocet volant dans la Méditerranée et que l'on prend de temps à autres sur les plages du Languedoc.
XL Famille des Siluridés. Cette famille, qui comprend un grand nombre d'espèces habitant les eaux douces, espèces réparties en plusieurs genres disséminés sur tous les points du globe, était représentée autrefois dans notre faune française par le Silure [Silurus glanis), le plus grand des poissons d'eau douce de l'Europe. Nous devons le rayer provisoirement de notre liste des espèces françaises, car les rives du fleuve le plus rapproché de nous, dans lequel on le péchait, le Rhin, a cessé de nous appartenir. Les essais d'acclimatation de cette espèce tentés dans nos différents cours d'eau n'ont donné jusqu'ici aucun résultat satisfaisant.
XII. Famille des Gadidés. Cette famille, qui est l'une des plus importantes delà Classe des poissons, comprend un grand nombre d'espèces recherchées pour la délicatesse de leur chair. Le foie des Gadidés fournit, en outre, une huile trèsestimée, non-seulement dans l'industrie, mais encore dans la thérapeutique, où elle rend, le plus souvent, des services incontestables. Les œufs de ces poissons servent d'appât pour la pêche de la Sardine et du Hareng, et les débris de leur corps sont utilisés comme engrais par les agriculteurs.
Les Gades ont le corps allongé et recouvert d'écaillés petites et molles. Leur tête est grande, leur bouche large, et leurs mâchoires armées de dents nombreuses, petites et serrées, que l'on désigne généralement par dents en velours, organes que l'on retrouve le plus souvent sur le vomer. Les dents sont quelquefois d'inégale grandeur. Les nageoires ventrales des Gadidés sont placées sous les pectorales; leurs nageoires ventrales et anales sont le plus souvent au nombre de deux, quelquefois de trois, rarement elles sont uniques. Chez beaucoup d'espèces, les appendices pyloriques sont nombreux. Les poissons de cette famille constituent plusieurs genres, qui sont : 1° Genre Gade [Gadus Linné). Corps recouvert d'écaillés petites et adhérentes; tête généralement allongée et portant le plus souvent un barbillon à la ma'choire inférieure. 3/àchoires et vomer armés de dents inégales. Trois nageoires
dorsales ; deux nageoires anales. Les espèces de ce genre sont : la Morue vulgaire {Gadns morrhua), dont la pêche se fait en grand sur toutes les côtes septentrionales de l'Europe, mais plus spécialement dans le voisinage de celles d'Amérique, au banc de Terre-Neuve. On prend aussi une assez grande quantité de Morues dans la Manche et sur nos côtes de l'Atlantique. Eglefin {Gadus ceglefinus), que l'on prend quelquefois dans la Manche ; — le Merlan {Gadîis merlangus), poisson très-abondant pendant l'automne sur toutes nos côtes de l'Océan. Citons encore le Capélan [Gadus minutus), petite espèce qui se prend sur toutes les côtes de l'Europe ; — le Tacaud [Gadus luscus), qui fréquente l'Océan et la Méditerranée; — le Poutassou [Gadus poutassou), que l'on a quelquefois confondu avec le Merlan commun et qui habite la Manche, l'Océan et la Méditerranée, où il est cependant peu abondant ; — le Merlan jaune (Gflc??/s poUachius), rare sur nos côtes, aussi bien sur celles de la Manche et de l'Océan que sur celles de la Méditerranée; — enfin, le Charbonnier [Gadus carhonarius), dont on fait une pêche assez abondante sur nos côtes de Picardie, de Normandie et de Bretagne.
2° Genre Mora [Mora Risso). Deux nageoires dorsales, deux nageoires anales- Dents en cardes aux mâchoires, au vomer, aux palatins, aux pharyngiens et sur la langue. L'unique espèce que nous fournisse ce genre est le Mora [Mora Mediterranea), poisson de peu de valeur au point de vue alimentaire et qui se tient presque toujours dans les eaux profondes.
3" Genre Merlus [Merluccius Cuvier). Corps recouvert de petites écailles; deux nageoires dorsales, une seule nageoire anale. Pas de barbillons. Mâchoires et vomer garnis de dents fortes. A ce genre appartient la Merluche vulgaire [Merluccius vulgaris) , poisson atteignant d'aussi fortes proportions que la Jlorue, et que l'on prend sur les côtes de l'ouest de l'Europe, ainsi que dans la Méditerranée, où il est très-abondant.
4" Genre Uraleptus [Uraleptus Costa). Ces poissons ont les mâchoires armées de dents fortes et recourbées. Comme ceux du genre précédent, ils ont deux nageoires dorsales, une seule anale, et leur mâchoire inférieure est dépourvue de barbillon. Ce quatrième groupe de la famille des Gadidés nous fournit 1 Uraleptus 3Iaraldi [Uraleptus Maraldï), poisson très-rare dans nos eaux méditerranéennes. 11 a été signalé par Risso sur la côte de Nice.
5" Genre Phycis (Pftî/cis Ârtedi). Dents petites et nombreuses sur les mâchoires et le vomer. Nageoires dorsales et anale comme dans le genre précédent. Un barbillon à la mâchoire inférieure. Deux espèces de ce genre se trouvent sur nos côtes du nord, de l'ouest et du sud. Ce sont : Le Merlus barbu [Phycis furcatus), et la Tanche de mer [Phycis Mediterranea) .
6° Genre Molve [Molva Niissou) . Dents des mâchoires et du vomer disposées par bandes. Deux nageoires dorsales, une nageoire anale. Un barbillon à la mâchoire inf(!rieure. Des deux espèces de ce genre faisant partie de notre faune, l'une se trouve sur nos côtes de la mer du Nord, de la Manche et de l'océan Atlantique, c'est la Blolve vulgaire [Molva vulgaris) ; l'autre, la Molve allongée [Molva elongata), est une espèce propre à la Méditerranée, elle figure dans ï'ichthyologie de Nice.
7" Genre Jlotelle [Motella Cuvier). Les Motelles ont le corps cylindrique; leur tête est déprimée, et leurs mâchoires ainsi que le vomer portent des dents d'inégale grandeur et disposées sur un seul rang. Leurs nageoires dorsales sont au nombre de deux; leur anale est très-longue. Leurs mâchoires sont armées
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de barbillons. Nos côtes sont fréquentées par deux espèces appartenant à ce -genre. La première est la Motelle vulgaire {Motelln vulgaris) ; elle se prend communément sur nos côtés de l'Océan, de la Manche et de la Méditerranée; on ■la reconnaît aisément à son museau obtus et arrondi, pourvu des trois barbillons, dont l'un est placé au-dessous de la mâchoire inférieure, tandis que les deux autres se trouvent de chaque côté des -narines. La seconde espèce est la Motelle à cinq barbillons [Motella qinnque cirrata), qui porte deux barbillons de chaque côté, l'un placé tout près de l'orifice des narines, l'autre près de l'extrémité du museau; le cinquième occupe, comme dans l'espèce précédente, le milieu de la symphyse du menton.
8'^ Genre Lotte [Lota Cuvier). Ces poissons ont les mâchoires armées de dents en cardes et pourvues d'un barbillon situé au-dessous de la symphyse du menton. La Lotte commune [Lota vulgaris) appartient à ce genre, c'est un poisson assez rare dans nos cours d'eau, plus abondant, au contraire, dans certains lacs, tel que celui du Bourget. Sa taille peut atteindre 0'",40 ou 0"',oO; sa chair est très-estimée.
9» Genre Raniceps {Raniceps Cuvier). Tête déprimée; deux nageoires dorsales, dont l'antérieure est très-petite; rayons des nageoires ventrales assez longs. Dents en cardes et d'inégale grandeur aux mâchoires et au vomer. Une seule espèce, le Raniceps vulgaire {Raniceps trifurcatus), poisson excessivement rare sur nos côtes delà Manche et de la mer du Nord.
XIII. Fashlle des ophidiidés. Les O^hidiidés sont des Poissons de mer dont la distribution géographique est assez étendue, car on en trouve sur presque tous les points du globe. Ils ont le corps allongé, comprimé et généralement recouvert d'une peau dépourvue d'écaillés, ou contenant ces organes dans son épaisseur. Leurs nageoires ventrales manquent toujours ou sont très rudimentaires ; leurs pectorales manquent rarement ; quant à leurs nageoires dorsales, caudale et anale, elles sont continues et bordent une grande étendue des parties supérieure, postérieure et inférieure de leur corps. Ces poissons ont une vessie natatoire, et leurs appendices pyloriques sont peu nombreux ou manquent totalement.
1° Genre Oligope {Oligopus Risso). Les Oligopes ont les nageoires ventrales réduites à un seul rayon. Leurs mâchoires sont armées de dents petites et disposées par bandes ; en avant de cette bande se trouve une rangée de dents plus fortes et très-aiguës. Leur corps est recouvert d'écaillés très-petites. Ce genre ne nous fournit qu'une espèce, qui n'a encore été seulement signalée jusqu'ici que sur la côte de Nice ; c'est l'Oligope noir [Oligopus ater) de Risso. Ce poisson vit au milieu des récifs à une certaine distance de la côte.
2° Genre Fierasfer {Fierasfer Cuvier). Les Poissons de ce genre n'ont point de nageoires ventrales. Ils ont les mâchoires armées de dents petites, serrées et disposées par bandes au devant desquelles s'en trouvent quelquefois de plus fortes simulant des canines. L'espèce que nous possédons est le Fierasfer imberbe {Fierasfer imberbis), qui ne porte pas de dents caniniformes, et dont la bouche est dépourvue de barbillons. Ce poisson vit à l'état de parasite chez les Holothuries.
'ù" Genre Donzelle {Ophidium Linné). Les Donzelles ont les écailles cachées dans l'épaisseur de la peau. Leurs dents sont disposées par bandes sur les mâchoires, les palatins et le vomcr. Leurs nageoires abdominales sont représentées par deux petits filaments. Les deux espèces de ce genre qui font partie de
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notre faune méditerrane'enne sont : la Donzelle commune (Ophidium barbatum), qui porte au-dessous de la gorge une paire de longs tentacules fourchus^ et la Donzelle brune {Ophidium vassalli).
XIY. Famille des ammodïtidés. Les Ammodytidés, que quelques auteurs réunissent à la famille précédente, ont le corps allongé et recouvert de petites écailles. Leurs nageoires ventrales avortant; leurs mâchoires manquent de dents; leur tube digestif est dépourvu de cœurs pyloriques. Ces poissons n'ont pas de vessie natatoire.
Genre Equille {Ammodytes Linné). Ce genre nous fournit deux espèces : IMe Lançon {Ammodytes lanceoîatus), poisson très-commun sur les côtes de la Manche et de la mer du Nord; 2" l'Equille {Ammodytes tobianus), qui habite aussi la Manche et la mer du Nord, mais se trouve en outre dans la Méditerranée. La chair de ce poisson, comme celle de l'espèce précédente, sert d'appât pour la pêche des Maquereaux et des Pleuronectes.
XY. Famille des pleurokectidés. Les Pleuronectidés sont des Poissons à la chair blanche et délicate, on les désigne vulgairement sous le nom de Poissons plats. Leur coi-ps a la forme d'un disque bordé supérieurement par la nageoire dorsale, inférieurement par la nageoire anale. Les nageoires ventrales sont situées sous la gorge et en avant des pectorales, dont la présence n'est pas constante. Lorsque les Pleuronectidés sont jeunes, leur corps est symétrique et leur tète, comme chez tous les autres poissons osseux, porte un œil sur chacune de se* faces latérales ; mais peu à peu, par suite d'une sorte d'adaptation au genre de vie de l'animal, l'un des yeux s'enfonce dans la cloison membraneuse interorbitaire, pour sortir de l'autre côté de la face, en même temps qu'il se produit une déformation de tous les os de cette région. L'animal se tenant presque continuellement au fond des eaux et caché dans le sable ou dans la vase, l'un des côtés de son corps se décolore, tandis que l'autre revêt les couleurs les plus variées. Quelques-unes des espèces de cette famille remontent parfois de la mer dans les fleuves.
Les Pleuronectidés qui fréquentent nos côtes ont été répartis en plusieurs genres qui sont :
i" Genre Rhombe {Rhombus Cuvier). Corps recouvert de petites écailles ou de tubercules surmontés d'une pointe. Tête assez grande ; mâchoires armées de dents en velours, organes que l'on retrouve aussi sur le vomer. Nageoire dorsale commençant au-dessus du museau un peu en avant de l'œil. L'espèce la plus connue de ce genre est le Turbot {Rhoiubiis maximus), poisson qui habite nos côtes de la Manche, de l'océan Atlantique et de la Méditerranée, et atteint parfois d'assez fortes proportions. Viennent ensuite la Barbue {Rhombus lœvis)^ qui se prend sur toutes nos côtes, comme l'espèce précédente, et dont la chair est aussi très-estimée ; — le Rhombe Cardine {Rhombus megastoma), espèce très-commune dans les parties froides de l'océan Atlantique ainsi que dans la mer du Nord, mais qui se trouve aussi dans la Manche, où elle est cependant assez rare sur nos côtes; — le Targeur {Rhombus punctatus), aussi rare que le précédent sur nos côtes du Nord, se prend quelquefois dans l'océan Atlantique.
^'^ Genre Phrynorhombe {Phrynorhombus Gunther). Comme ceux du genre précédent ces poissons ont les yeux reportés à gauche ; leur bouche est armée de dents en cardes. Une seule espèce fréquente nos côtes, la Limandelle {Phrynorhombus Mnîmacî//f/iM.s), poisson atteignant quelquefois de fortes proportions, et
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qui est surtout assez commun sur nos côtes de Languedoc, de Provence et des Alpes-Maritimes.
3° Genre Arnoglosse [Arnoglossus Bleek). Les écailles des Arnoglosses sont plus grandes que dans les genres précédents ; leurs mâchoires sont armées de petites dents. Nous en possédons trois espèces : la première, l' Arnoglosse transparent (Arnoglossus Interna), se trouve dans l'Océan, mais est surtout abondante sur nos côtes méridionales de la Méditerranée; la seconde est l'Arnoglosse bosquien [Arnoglossus boscii), propre à cette dernière mer, ainsi que notre troisième espèce, l'Arnoglosse de Grohmann {Arnoglossus Grohmanni), surtout commune sur nos plages de Languedoc.
A° Genre Gythare [Citharus Bleek). Les écailles des poissons de ce genre sont peu adhérentes ; les dents qui arment leurs mâchoires sont d'inégale grandeur. Le Gythare linguatule est la seule espèce que nous ayons à signaler comme lui appartenant, elle est assez commune sur nos côtes méditerranéennes.
5° Genre Rhomboïdichthys {Wiomboidichthys Bleek). Ces Pleuronectes ont la bouche peu fendue, et les dents de leurs mâchoires sont petites, serrées et disposées sur deux rangées. Risso signale parmi les espèces de A^ice l'Argus {Rhomboidichthys podas), mais il fait remarquer que ce poisson est très-rare dans ces parages.
6° Genre Plie [Platessa Cuv.). Les Plies ont des écailles très-petites, ce n'est que par exception que leur peau est dépourvue de ces organes ; leurs màchoii'es sont armées de dents peu nombreuses, tranchantes et disposées sur une seule rangée. Nous possédons sur nos côtes les espèces suivantes : 1^ La Plie franche {Platessa vulgaris), très-commune dans la mer du Nord, la Manche et l'Atlantique, inconnue dans la Méditerranée. 2° La Plie large {Platessa lata), extrêmement rare sur nos côtes et qui n'est probablement qu'une variété de l'espèce précédente. 3" La Pôle (P/atessa jjo/a), très-rare sur nos côtes du Nord. 4° La Limande {Platessa limanda), commune dans la Manche et l'Océan, rare au contraire dans la Méditerranée. 5° Le Flet [Platessa flesus), qui habite les mêmes parages que le poisson précédent et remonte le cours des fleuves de notre versant septentrional, quelquefois à une grande distance de leur embouchure. 6° enfin, la Plane [Platessa passer), espèce des plus communes sur nos côtes de la Méditerranée et encore inconnue dans l'ancien Atlantique.
Genre Sole [Solea Cuv.). Les Soles ont les yeux reportés sur le côté droit de la tête; leurs mâchoires sont armées de dents en velours, mais seulement du côté opposé à celui sur lequel se montrent les yeux. Le vomer et les palatins sont privés de dents. Les écailles qui recouvrent le corps sont très-adhérentes, de forme allongée et cténoïdes. Le plus commun des poissons de ce genre est la Sole vulgaire {Solea vulgaris), qui se prend sur toutes nos côtes. Nous avons dans la Méditerranée: la Sole de Klein {Solea Klei7iii), qui se prend ainsi que la Sole ocellée {Solea ocellata) aux environs de Nice ; la Sole jaune {Solea lutea) et la Sole monochir {Solea monochir) sont aussi des espèces Méditerranéennes, ainsi que la Sole lascaris {Solea variegata), qui, outre les côtes des Alpes Maritimes, fréqdente aussi celles de Provence et de Languedoc.
Ordre des Malacopiérigiens apodes. Familie DES MURÉDINÉS. Les Murédinés ont le corps allongé, serpentiforme et recouvert d'une peau visqueuse, lisse ou pourvue d'écaillés imperceptibles cachées dans son éj)aisseur. L'intermaxilJair(> de ces poissons est plus ou moins soudé nu vonicr et leurs niaxil-
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laires supérieurs sont proportionnellement Irès-développés. Ces malacoptérygiens sont de'pourvus de nageoires ventrales, et leurs nageoires pectorales manquent quelquefois; ils n'ont pas d'appendices pyloriques. Quelques-unes de leurs espèces habitent la mer, d'autres fréquentent alternativement la mer et les eaux douces.
1° Genre Anguille {Anguilla Thunberg). Écailles cachées dans l'épaisseur de la peau; mâchoires et vomer garnis de dents en carde; ouvertures branchiales petites. La nageoire dorsale qui naît assez loin en arrière du crâne se réunit, ainsi que l'anale, à la nageoire caudale qui est arrondie. Ces poissons vivent dans nos eaux douces qu'ils quittent pour aller reproduire à la mer. Au printemps, les jeunes Anguilles quittent la mer pour remonter dans les fleuves. Les différentes Anguilles cantonnées dans les eaux douces y prospèrent, mais ne s'y reproduisent jamais. Ce genre fournit à nos eaux douces : l'Anguille commune (Anguilla vulyaris) ; — l'Anguille à large bec {Anguilla latirostris) ; — l'Anguille à bec moyen [Anguilla mediorostris) ; — l'Anguille à bec oblong {Anguilla oblongirostris) ; — l'Anguille à long bec {Anguilla acutirostris). Quelques-unes de ces espèces présentent ;i peu de différence entre elles que l'on pourrait les considérer comme de simples variétés.
2" Genre Congre {Conger Cuv.). Peau dépourvue d'écaillés; maxillaires garnis de dents fines et disposées par bandes, intermaxillaire dépourvu de ces organes. Nageoire dorsale naissant à peu de distance de la région occipitale; nageoire caudale pointue.
A ce genre appartient le Congre vulgaire {Conger vulgaris), espèce trèscommune sur toutes nos côtes de la Manche, de l'Océan et de la Méditerranée. La Méditerranée possède en outre trois autres espèces de Congres, dont l'une, le Congre des Baléares {Conger balearica), se prend aussi dans l'océan Atlantique, mais très-loin de nos côtes. Les deux autres sont : le Congre myre [Conger myrus) , assez commun sur nos côtes des Alpes-Maritimes ainsi que sur celles d'Algérie; enfin, le Congre Mystax {Conger mystax), espèce très-abondante dans le voisinage de nos plages du Languedoc.
5° Genre Ncttastome {ISettastoma Rafinesque). Ces Murédinés ont le corps allongé et effilé dans la région caudale. Leurs mâchoires et leur vomer sont armés de petites dents fines et serrées. Nageoires impaires continues; pas de nageoires pectorales. Le Nettastome sorcière {Nettastoma melanurum), poisson méditerranéen, appartient à ce genre et fréquente les eaux de Nice, où il est cependant très-rare.
4" Genre Ophisure (Oyj/tiswrM^ Lacép.). Corps cylindrique, allongé etdépourvu de nageoire caudale; nageoires pectorales peu développées. Dents des incisifs disposées sur deux rangées et assez fortes, ainsi que celles de la partie antérieure du maxillaire inférieur; dents latérales des maxillaires implantées sur un seul rang. Espèce unique et assez rare de nos côtes méditerranéennes : l'Ophisure serpent {Ophisurus serpens).
5° Genre Murène [Murœna Thunberg). Corps allongé et recouvert d'une peau dépourvue d'écaillés. Ouvertures branchiales étroites. Pas de nageoires pectorales; nageoires dorsale, caudale et auale continues. Dents fortes et pointues. La Murène hélane {Murœna helena), qui est assez commune sur les côtes d'Italie, est au contraire très-rare dans nos eaux. Nous ferons la même remarque à propos de la Murène de Crislini {Murœna Cristini), que l'on prend quelquefois sur nos côtes des Alpcs-Maiilimci, de Provence et de Languedoc.
FRANCE (faune). ^^^
Ordre des Sturoniens. Famille DES ÂciPExsÉRiDÉs. Cette famille comprend des poissons dont le squelette est cartilagineux; la peau qui recouvre leur corps est granuleuse et porte cinq rangées de plaques osseuses, disposées dans le sens de la longueur et formant une sorte de cuirasse. La tête des Acipenséridés, protégée comme le corps par de fortes plaques osseuses, se prolonge en avant par un museau aplati, au-dessous duquel se trouve la bouche, qui est pourvue de lèvres épaisses et protractiles, et en avant de laquelle se trouvent plusieurs barbillons. Les mâchoires de ces poissons sont dépourvues de dents. Leurs nageoires sont assez développées; leur dorsale est située au-dessus de l'anale et leur caudale est hétérocerque. Les Esturgeons, que quelques auteurs classent parmi les Ganoïdes, habitent généralement la mer, ils remontent aussi le cours des fleuves et de leurs afOnents ; leur intestin est disposé en spirale et leur bulbe artériel est pourvu de valvules.
Genre Esturgeon [Acipenser Linné). Plaques osseuses s'étendant sur toule la longueur du corps ; les régions qui sont dépourvues de ces organes présentent de petits tubercules rugueux. On prend dans nos grands fleuve une espèce appartenant à ce genre; c'est l'Esturgeon commun {Acipenser slurio), poisson qui atteint de fortes proportions el, dont la chair est très-estimée; ses œafs servent à préparer le Caviar, et l'on tire de son corps une grande quantité d'ichthyocolle.
Ordre des Lopliobranches. Famille DES SïNGNATHiDÉs. Ces poissons ont le corps plus ou moins allongé, de forme cyluidrique, ou comprimé latéralement. Leur tête se termine par un museau plus ou moins effilé, et leurs branchies, communiquant avec l'extérieur par une petite ouverture reportée assez haut en arrière de la tête, sont disposées en houppes le long des arcs branchiaux. Ils n'ont qu'une nageoire dorsale, leurs pectorales sont petites, leurs ventrales sont toujours absentes; quant à la caudale et à l'anale, elles manquent quelquefois. Les mâles sont pourvus, à la partie antérieure de la région caudale, d'une poche plus ou moins marquée dans laquelle la femelle dépose des œufs, et oii ils restent jusqu'à l'éclosion. Lorsque cette poche fait défaut, les oeufs sont appliqués contre la face inférieure du corps du mâle, oii ils se tiennent fixés au moyen d'un enduit blanchâtre très-adhérent.
Genre Siphonostome {Slphonostoma Rafiuesque). Corps allongé; plaques dermiques à arêtes distinctes. Museau effilé en sorte de tube à l'extrémité duquel se trouve la bouche. Nageoire dorsale développée. Queue non préhensile. Le Siphonostome typhle {Siphonoatoma typhle), ({ui appartient à ce genre, se trouve sur toutes nos côtes. Le mâle est pourvu d'une poche incubatrice pour les œufs.
Genre Syngnathe (Syngnathus Artedi). Corps très-allongé. Nageoire dorsale placée au-dessus de l'anus; pectorale et caudale développées. Mâle pourvu d'une poche ovigère. Trois espèces : 1" l'Aiguille de mer {Syngnatus acus), commune sur toutes nos côtes; 2» le Syngnathe phlegon {Syngnathus pldegon), qui ne se prend que sur les plages de la Méditerranée, principalement aux environs de Nice ; o° enfin le Syngnathus abaster, des côtes de Nice.
Genre Nérophis {Nerophis Rafiuesque). Corps arrondi et très-allongé. Pas de nageoires pectorales, caudale quelquefois absente, souvent rudimentaire, pas de nageoire anale. Poche ovigère du mâle rudimentaire. Oiiatre espèces : le Nérophis équorécu {Nerophys œquoreus], le Nérophis o^JiiJiun {A'erophis
284 FRANCE (faune).
ophidion), et le Nérophis lumbric {Nerophis lumhriciformis) , habitent la mer du Nord, la Manche, l'Oce'an et la Méditerranée ; la cinquième, le Nérophis papacin (Nerophis papacinus) fréquente les côtes de Nice.
Genre Hippocampe {Hippocampus Cuv.). Les poissons de ce genre ont le corps comprimé et composé d'anneaux anguleux, pourvus de tubercules, et généralement au nombre de dix à douze. Leur région caudale est moins haute que le Ironc; elle est allongée et préhensile. Leur tête rappelle par sa forme celle du cheval; leurs nageoires dorsale et pectorale sont bien développées; ils n'ont pas de nageoire caudale. Le mâle est pourvu d'une poche ovigère. C'est à ce genre qu'appartient l'Hippocampe {Hippocampus brevirostris), poisson si curieux par sa forme et la gracieuseté de ses mouvements, et que l'on désigne généralement sur nos côtes sous le nom de Cheval marin. II habite la Méditerranée, l'Océan et la Manche.
Ordre des Plectognathes. I. Famille DES ScLÉRODERMES. La famille des Sclérodermes comprend des poissons aux formes très-bizarres, et dont le corps est recouvert d'une peau plus ou moins épaisse contenant, dans son épaisseur, des plaques osseuses tantôt serrées les unes contre les autres de manière à former une véritable cuirasse, d'autres fois espacées et rendant la peau granuleuse et très-rude au toucher.
Les branchies de ces poissons sont pectinées ; leurs nageoires dorsales, pectorales et anales, sont généralement peu développées, et leurs ventrales sont quelquefois absentes ou simplement représentées par des épines ; ils ont toujours une vessie natatoire.
Les dents des Sclérodermes sont peu nombreuses et le plus souvent tranchantes sur leur bord libre.
Genre Baliste {Balistes Artedi). Peau contenant dans son épaisseur un grand nombre de petites plaques granuleuses et juxtaposées. Mâchoires armées de dents tranchantes, coniques et disposées sur deux rangées au maxillaire supérieur, sur une seule rangée à l'inférieur. Deux nageoires dorsales; dos armé d'épines droites. Ce genre ne nous fournit qu'une espèce, le Baliste caprisque {Baliste capriscus), encore ce poisson est-il rare sur nos côtes de l'Océan et de la Jléditerrannée, sur lesquelles il n'est entraîné qu'accidentellement par les courants venant des parties tropicales de l'océan Atlantique.
Genre Ostracion {Ostracion Linné). Les Ostracions ont le corps recouvert de plaques ossifiées et formant par leur juxtaposition une sorte de coffre. Ils n'ont pas de nageoires abdominales. La portion caudale de leur corps est mobile. Les espèces qui constituent ce genre sont, comme celles du genre précédent, propres aux mers tropicales, et l'Ostracion à quatre cornes [Ostracion quadricornis), que l'on ne prend qu'à de rares intervalles sur nos côtes de l'Océan, n'y est jeté qu'accidentellement par les courants sous-marins.
II. Famille des Gymnodoktes. Les Gymnodontes ont les mâchoires garnies d'une sorte de tissu dentaire très-dense, tranchant sur son bord libre et susceptible de se diviser en lamelles, simplement juxtaposées ou souvent soudées sur la ligne médiane. Leur région dorsale est dépourvue de piquants, et ils n'ont pas de nageoires ventrales. Nous possédons sur nos côtes les deux genres suivants :
Genre Télrodon {Tetrodon Cuv.). Corps de forme globuleuse et recouvert d'une peau pourvue de petits tubercules surmontés d'une épine; œsophage
FliA.NCli (kaunk). '285
pourvu d'une grande poche aérienne; mâchoires divisées par une suture médiane. Une vessie natatoire.
On renconte quelquefois sur nos côtes un poisson de ce genre, c'est le Tétradon de Pennant ( Tetradon Pennantii) , il y vient dans les mêmes conditions que les espèces appartenant à la famille précédente.
Genre môle {Ortliagoriscus Schneider). Les Môles ont le corps comprimé, tronqué dans sa région caudale et recouvert d'une peau granuleuse. Leurs mâchoires sont formées d'une seule pièce. Ils n'ont pas de nageoires ventrales, et leurs nageoires dorsale, caudale et anale, sont continues. Les Môles n'ont pas de vessie natatoire. Nous possédons sur nos côtes deux espèces de poissons de ce genre, on les désigne vulgairement sous le nom de poissons lune. La première est la Môle commune [Orthagoricus mola) ; la seconde est la Môle oblongue [Ortliagoriscus oblonga); on les prend toutes deux, mais assez rarement cependant, sur nos côtes de la Manche, de l'Océan et de la Méditerranée.
Ordre des Sélaciens. Sous-ordre des Ckiméiiens. Famille des Ghimé- RiDÉs. Cette famille est composée de poissons qui ont le corps allongé, comprimé latéralement et terminé en arrière par une région caudale très-effilée. Leur tête est forte, et leurs yeux, démesurément grands, brillent de l'éclat Je plus vif lorsque l'animal est vivant. Leurs mâchoires sont pourvues de dents décomposables, en lamelle ; il y a deux paires de ces organes à la mâchoire supérieure, l'inférieure n'en porte qu'un seul de chaque côté. L'intestin de ces poissons est disposé en spirale comme celui des autres Plagiostomes ; leurs œufs sont enveloppés par une coque cornée et velue.
Genre Chimère [Chimœra Linné). Les chimères ont le museau conique et saillant ; elles ont deux nageoires dorsales, dont la première est armée d'une forte épine denticulée ; la seconde, très-longue, se confond en arrière avec la nageoire caudale.
Nous possédons dans nos eaux la Chimère arctique {Chimœra monstrosa), poisson que l'on désigne sur nos côtes de l'océan Atlantique, de la Manche et de la Méditerranée, sous le nom de Chat de mer.
Sous-ordre des Plagiostomes. I. Famille des scvllidés. Ces animaux, que l'on nomme vulgairement Chiens de mer et Roussettes, ont le corps allono^é, fusiforme et recouvert d'une peau granuleuse. Leur tête est aplatie supérieurement et terminée en avant par un museau court et obtus, au-dessous duquel se trouve la bouche, qui est grande et armée de dents petites, triangulaires et présentant de chaque côté de la pointe principale une ou plusieurs paires de dentelures très-aiguës. Leurs nageoires dorsales sont au nombre de deux ; ils ont des évents situés en arrière des yeux, qui sont dépourvus de membrane' nictitante.
Les Scyllidés sont représentés sur nos côtes par les deux genres suivants :
1° Genre Roussette [Scyllium Cm.). Les Roussettes présentent, outre les caractères communs aux poissons de la même famille, deux nageoires dorsales pourvues de piquants; l'anale se trouve placée au-dessous °du corps, distante des deux nageoires du dos.
Nous possédons sur nos côtes deux espèces de Roussettes; ce sont : la Grande Roussette {Scyllium canicula), poisson très-commun sur nos côtes del'Atlanti que, ainsi que sur celles de la Jléditerranée, et la Petite Roussette l Scyllium catulus), qui diffère surtout de la précédente par la forme de ses ventrales qui
28 1) l-'i!ANCI-] (fau.m:).
sont coupées plus carrément, et un corps plus trapu, parsemé de taches pluij
grandes et plus rares.
Genre Pristiure (i-*r/sfà<r»s Bonap.). Les Pristiures ont le museau très-allongé et se distinguent surtout des poissons du genre précédent par leur nageoire caudale, qui est pourvue de chaque côté de son bord supérieur de petites épines disposées comme les dents d'une scie. Les dents de ces poissons sont petites et pourvues de trois pointes. La seule espèce de ce genre qui fréquente nos côtes est le Squale à bouche noire {Pr istiiirus melanostomus), qxieVoni^rend dans l'océan Atlantique, la Manche et la mer Méditerranée.
IL Famille des Carcharidés. Ces Squales, vulgairement désignés sous le nom de Requins, ont les yeux pourvus d'une membrane nictitante. Leurs nageoires dorsales sont au nombre de deux et dépourvues d'épines. Leurs dernières fentes branchiales sont placées au-dessus de la racine de leurs nageoires pectorales ; ils n'ont pas d'évents. Leurs dents diffèrent considérablement de formes chez les différentes espèces que nous possédons sur nos côtes, espèces que l'on a réparties entre les quatre genres suivants :
!*> Genre Carcharias [Carcharias Cu\.). Corps fusiforme; museau très-aliongé et pourvu d'une bouche très-grande, dont les mâchoires sont armées de fortes dents triangulaires et finement dentelées sur leurs bords. Certaines espèces de ce genre sont très-communes sur nos côtes ; leur corps atteint souvent de trèsfortes proportions. Ce sont : le Squale bleu [Carcharias glaucus), et le Requin commun [Carcharias laniia), qui habitent toutes nos mers.
2° Gem^e Milandre [Galeus Guy.). Les Milandres ont les évents très-petits; leurs mâchoires sont armées de dents lisses et tranchantes sur le bord interne, dentelées sur le côté externe. Ils sont représentés sur nos côtes par le JJiJandre chien [Galeus canis], poisson plus abondant sur nos côtes de l'ouest que sur celles de la Méditerranée.
5° Genre Marteau [Zygœna Cuvier). Les poissons de ce genre sont Irèsreconnaissables par la forme de leur tète qui présente de chaque côté deux énormes prolongements tronqués à leur extrém.ité et portant les yeux qui sont pourvus d'une membrane nictitante. Les dents qui arment leurs mâchoires se terminent par une pointe très-forte et très-aiguë; elles sont munies sur le côté externe de leur base d'une sorte de talon.
Le Squale marteau [Zygœna ynalleus) est le seul représentant des animaux de ce genre dans notre faune ichthyologique, on le rencontre smv toutes nos côtes, mais il y est peu commun.
4" Genre Emissole [Mustelus Cuvier). Les Emissoles ont les dents en forme de pavés. Leurs évents sont très-grands. La Mustèle vulgaire [Musteliis vulgaris), qui appartient à ce genre, est une espèce vivipare très-remaïquable au point de vue de sa parturition ; le jeune fœtus adhère, en effet, par une sorte de placenta, à l'utérus de la femelle, et n'en est chassé qu'après être arrivé à un degré assez pariait de développement.
III. Famille des Lamjnidés. Ces Squales ont deux nageoires dorsales, dont la première est située entre les nageoires pectorales et les ventrales ; ils ont deux petits évents ; leurs yeux sont dépourvus de membrane nictitante ; leurs fentes branchiales sont situées en avant des nageoires pectorales. Leur bouche, qui est grande, est armée de dents dont la forme varie suivant les genres.
1» Genre Lamie [Lamna Cuvier). Les Lamies ont les dents très-fortes, et présentant une grnde pointe triangulaire à bords lisses, de chaquea côtés de la-
quelle se Iroiivenl deux luLeicules peu élevés et dont le soiiiniel est plus ou moins aigu suivant la région de la bouche où on les examine. C'est à ce genre qu'appartient le Squale nez [Lamna cornubica), appelé ainsi à cause de la l'orme de son museau qui est très-saillant. Ce poisson est très-commun sur nos côtes de l'Océan et de la Méditerranée ; son corps atteint de fortes proportions. La Lamie est d'une voracité extrême.
2" Genre Oxyrhine {Oxyrhina Agassiz). Ces poissons diffèrent de ceux du genre précédent par la position de leur première dorsale, qui commence un peu en arrière des pectorales, ainsi que par la forme de leurs dents, qui sont fortes, triangulaires et à bords légèrement sinueux. L'Oxyrhine de de Spallanzani {Oxyrhina Spallanzanii), espèce de nos côtes de l'Atlantique et de la Méditerranée, atteint de fortes proportions.
5" Genre Carcharodon {Carcharodon Smith). Les Carcharodons ne le cèdent en rien sous le rapport de la taille aux poissons des genres précédents ; leurs mâchoires sont armées de dents très-fortes, triangulaires et finement dentelées sur leurs bords.
Le Carcharodon de Rondelet [Carcharodon Rondeletii), espèce de ce genre, fréquente nos côtes de l'ouest et du midi de la France.
4° Genre Odontaspis {Odontaspis Agassiz). Les Odontaspides ont les dents de grandeur variabie, suivant la place qu'elles occupent. La dent médiane, qui est fort petite, est suivie à la mâchoire supérieure de deux dents très-fortes, auxquelles succèdent d'autres organes de même nature à peine plus grands que la dent médiane; celles qui viennent ensuite sont beaucoup plus fortes et vont en décroissant peu à peu, à mesure qu'elles sont plus rapprochées de la commissure buccale. La mâchoire inférieure de ces poissons porte, comme la supérieure, une dent médiane; celles qui la suivent à droite et à gauche sont très- fortes et leur série va en décroissant de hauteur jusqu'à l'angle des deux mâchoires.
Le Squale féroce (Odontaspis ferox), poisson de ce genre, habite nos eaux méditerranéennes, où il est cependant assez rare; son espèce a été aussi signalée par Guichenot sur les côtes d'Algérie, où elle semble être plus commune.
5° Genre Renard (i/ojj/rts Rafinesque). Ces Squales ont le corps de forme conique. Le lobe supérieur de leur nageoire caudale est excessivement développé ; ils n'ont pas d'évents et leurs yeux sont dépourvus de membrane nictitante. Les dents qui arment les mâchoires de ces poissons sont peu élevées et triangulaires; leur bord antérieur est convexe, leur bord postérieur légèrement concave. Nos mers possèdent une espèce de ce genre: le Squale renard (Alopias vidpes), poisson aux mouvements rapides et dont la voracité est extrême.
6° Genre Pèlerin (Selache Cmiev) . Les poissons de ce genre diffèrent beaucoup comme forme de ceux des genres précédents. Leur tête est terminée en avant par un museau allongé en forme de trompe, et les cloisons de leurs fentes branchiales, qui sont très-larges, constituent de chaque côté de la tète de lar<^es feuillets flottants assez semblables aux replis des manteaux dont s'enveloppent les pèlerins. Les dents de ces squales sont aussi très-différentes comme forme do celles de toutes les espèces que nous avons signalées jusqu'ici. Elles sont petites, coniques, arquées en arrière, et disposées sur plusieurs rangées serrées les unes contre les autres. Les arcs branchiaux sont pourvus de sortes de fanons ayant tout à fait la structure des dents.
La seule espèce de ce genre que nous possédions est le Squale pèlerin (Sela-
■288 FUANCi-: (i-aune).
che maxhna), poisson de Irès-lortc taille et très-rare sur nos côtes depuis quelques années.
IV. Famille des Notidanidés. LesNotidanidés, vulgairement désignés sous le nom de Grisets, n'ont qu'une seule nageoire dorsale ; ils sont pourvus d'évents très-petits et n'ont pas de membrane nictitante. Le Griset de nos côtes {JSotidanus griseus] est remarquable par la forme de ses dents, qui sont très-différentes aux deux mâchoires. Celles de la portion antérieure de la mâchoire supérieure sont petites et coniques, puis ces organes changent insensiblement de forme, de manière à présenter d'abord sur leur bord antérieur une forte pointe suivie de plusieurs dentelures assez fortes. Les dents les plus externes sont petites et en forme de pavés allongés. Les dents de la mâchoire inférieure sont allongées dans le sens de leur base et portent de nombreuses dentelures. La dent médiane de cette mâchoire se fait remarquer par sa forme symétrique; les dents externes ressemblent à celles de la mâchoire supérieure.
V. Famille des Spinacioés. Nous avons pour classer les poissons de cette famille de très-bons caractères tirés de la forme de leurs dents, lis sont pourvus de deux nageoires dorsales armées chacune d'un aiguillon, et n'ont pas de nageoire anale. Les Spiiiacidés, sont représentés sur nos côtes par un certain nombre d'espèces que Ion classe dans les six genres suivants :
1" Genre Acanthias {AcanthiasBonaip.). Ces poissons ont les dents semblables aux deux mâchoires, ces organes portent une petite pointe très-aiguë et rejetée en dehors. L'aiguillât {Acanthias vulgaris) et l'Acanthias de de Blainville [Acanthias Blainvillei) se trouvent l'un et l'autre sur nos côtes de la Méditerranée, de l'océan Atlantique, de la Manche et de la mer du Nord. La première de ces espèces ne diffère de la seconde que par de légers caractères.
2° Genre Spinax {Spinax Muller et lïenle). Dents déforme différente aux deux mâchoires ; celles de la supérieure pourvues de trois pointes dont la médiane est la plus forte, celles de l'inférieure en forme de carré dont le côté supérieur est tranchant et armé d'une pointe rejetée en dehors. Le Sagre [Spinax 7iiger), dont l'espèce fréquente nos côtes méditerranéennes, habite aussi l'océan Atlantique, mais il n'a pas encore été signalé sur nos côtes de l'Ouest.
3" Genre Leiche [Scymnus Cuvier). Ces Squales sont très-remarquables par la forme de leurs dents qui sont dissemblables aux deux mâchoires. Celles de la mâchoire supérieure sont en forme de cône très-élevé et leur pointe est déjetée en dehors ; celles de la mâchoire inférieure, et dont la base est profondément échancrée, sont plates et triangulaires, leurs bords tranchants sont finement denticulés. Le Squale Leiche [Scymnus lichia), qui appartient à ce genre, habite la Méditerranée et l'Océan; c'est une espèce tjès-rare sur nos côtes.
A° Genre lluma.n\,in [Centrina Cuvier). Les Humantins ont les dents supérieures en forme de cône allongé ; celles de la mâchoire inférieure sont très-serrées les unes contre les autres, triangulaires et finement denticulées sur leurs bords.
Le Squale Humantin [Centrina Salviani) se prend sur nos côtes de la Méditerranée et de l'Océan, mais il y est assez rare.
5° Genre Echinorhine [EchinorhinushhlmiWe). Poissons très-reconaaissables à la grande dimension des scutelles dont leur peau est pourvue, ainsi qu'à la forme de leurs dents qui sont implantées par une large base et dont les bords latéraux,sont armés de dentelures assez aiguës.
Le Squale bouclé [Echinorhinus spinosus) habite toutes nos mers; il est cependant assez rare.
FRANCE (faune). 289
\I. Famille des Sqcatinidés. Les poissons de cette famille ont le corps trèsaplati; leurs nageoires sont aussi plus larges que celles des autres Squales. Ils se rapprochent assez des Raies comme aspect général, mais leurs autres caractères ne permettent pas de les séparer du grand sous-ordre des Squales. Celte famille ne comprend qu'un seul genre, qui est représenté sur nos côtes par une espèce assez commune.
Genre Ange (Squatina Duméril). Tête et corps fortement déprimés; bouche reportée en avant et armée sur ses mâchoires de dents de forme triangulaire et à sommet très-aigu; fentes branchiales reportées en dessous. L'espèce qui fréquente nos eaux est le Squale Ange {Squatina angélus); elle figure quelquefois sur nos marchés.
Sous-ordre des Raies. Famille des Pristidés. Les Pristidés, plus généralement désignés sous le nom de Scies, nom qui rappelle la forme du rostre qui termine en avant la tête de ces poissons, ont le corps allongé comme celui des Squales. Leurs fentes branchiales sont reportées au-dessous de la gorge ; ils ont des évents et leurs yeux sont dépourvus de membrane nictitante.
Genre Scie {Pristis Lath.). Museau prolongé en une sorte de rostre, armé sur ses bords latéraux de fortes dents plates et en forme de triangle dont le sommet est très-aigu. Mâchoires armées de dents en pavés. Deux nageoires dorsales.
La Scie {Pristis antiquorum), qui habite l'Océan et la Méditerranée, se prend quelquefois dans le voisinage de nos côtes ; c'est un poisson qui atteint de fortes proportions.
VU. Famille des Torpédinés. Les Torpilles ont la partie antérieure du corps disposée en forme de disque ; leur région caudale est courte et épaisse. Leurs nageoires dorsales occupent la région caudale. Entre les cartilages céphaliques et les bords latéraux de la partie antérieui'e du corps de ces poissons se trouve un organe électrique caché sous la peau.
Genre Torpille {Torpédo Duméril). Les Torpilles ont la bouche reportée en dessous et armée de petites dents petites et pointues ; leurs yeux occupent au contraire la face supérieure du disque. Les trois espèces de ce genre que nous possédons habitent l'océan Atlantique et la Méditerranée. Ce sont :
La Torpille commune {Torpédo narke), la Torpille stupéfiante {Torpédo hebetans), et la Torpille marbrée {Torpédo marmorata) Ces trois espèces se prennent aussi dans la Manche, mais elles y sont très-rares.
YllI. Famille des Uajidés. Les Laies ont le corps en forme de disque trèsaplati ; leur région caudale est grêle et plus ou moins allongée. De chaque côté du disque se trouvent les nageoires pectorales qui s'étendent depuis le museau jusqu'aux nageoires ventrales. Comme chez les Torpilles la région caudale porte les nageoires dorsales qui sont généralement très-petites. La peau de ces poissons est poui'vue, chez quelques espèces, de tubercules de dentine surmontés d'une pointe. Les dents qui arment les mâchoires diffèrent souvent de forme suivant le sexe auquel appartient le poisson.
Genre Laie {Raja Cuvier). Dents en pavés, lisses et pourvues d'un petit tubercule ])iquant. Aageoire caudale très-petite ou rudimentaire. Ce genre nous fournit de nombreuses espèces dont la chair est très-estimée ; leur foie fournit une huile aussi estimée en thérapeutique que celle que l'on retire du foie des Squales. Ces espèces sont les suivantes :
La Raie bouclée {Raja clavata), qui se trouve en abondance sur touies nos dict. enc. i' s V. jq
gôtgg. la Raie tachetée {Raja maculata), qui habite la Manche, l'océan
Atlantique et la Méditerranée; — la Raie ponctuée {Raja pmictata); — la Raie ondulée {Raja iindulata) ; la Raie noire {Raja atra); — la Raie Miralet [Raja miraletus) ; — la Raie râpe {Raja radula) ; — la Raie bordée {Raja marqinata) ; — la Raie oxyrhinque {Raja oxyrhinchiis) ; — la Raie à museau pointu {Raja macrorhynchiis), — qui fréquentent seulement nos côtes méditerranéennes. La Raie circulaire {Raja circularis) ; — la Raie bâtis {Raja bâtis); — la Raie chardon [Raja fuUonica) ; — la Raie chagrinée {Raja chagrinea), qui habitent la Manche, l'Océan et la Méditerranée ; enfin la Raie tachetée {Raja maculata) et la Raie vomer {Raja vomer) , qui habitent les côtes du nord de l'Europe, et se trouvent aussi quelquefois, mais très-rarement cependant, sur nos côtes de la Manche.
IX. Famille des TRycoNioÉs. Ces poissons ressemblent beaucoup aux Raies par la forme générale de leurs corps ; leurs nageoires pectorales se rejoignent à la partie antérieure du disque et forment une sorte de pointe plus ou moins aiguë suivant les espèces. Leur région caudale, qui est très-longue et très-grèle, est souvent dépourvue de nageoire; elle est toujours armée de piquants plus ou moins développés et dont les bords latéraux sont dentés en scie.
Genre Trygon {Trygon Adans.). Les poissons de ce genre sont généralement désignés sous le nom de Pastenagues; leurs dents sont en forme de pavés surmontés d'une pointe; leur queue est armée d'un fort aiguillon. Nous possédons deux espèces de ce genre sur nos côtes du midi de la France ; ce sont : 1» la Pastenague commune {Trygon pastinaca) ; 2° la Pastenague marine {Trygon thalassia), signalée aux environs de Nice et que l'on prend aussi, ainsi que la Pastenague violacée {Trygon violaceus), sur nos côtes algériennes. La Pastenague commune se prend aussi dans l'Océan.
Genre Ptéroplatée {Pteroplatea Mull. et Henle). Le disque de ces Trygonidés est plus allongé que celui des poissons du genre précédent, leur région caudale est beaucoup plus courte et porte, comme chez les Pastenagues, un aiguillon dentelé sur ses bords. Nos côtes méditerranéennes sont fréquentées par la Ptéroplatée à grandes nageoires {Pteroplatea altavela).
X. Famille des Myliobatidés. Les Myliobatidés, comme les Trygonidés, ont les nageoires pectorales très-développées et dépourvues de rayons à la partie antérieure du corps où elles se rejoignent pour former la pointe du disque. Les dents de ces poissons sont plates et disposées comme les pierres d'une mosaïque; leur queue est très-longue et munie d'un aiguillon; leur nageoire dorsale est très-petite.
L'aigle de mer {MyJiohatis aquUa), espèce appartenant au genre qui nous occupe, fréquente nos côtes de l'Atlantique, ainsi que celles de la Méditerranée où elle est plus commune.
Citons, pour terminer l'énumération des espèces rentrant dans le groupe des Plagiostomes, un Myliobate du genre Céphaloptère {Cephaloptera Dura.) : le Céphaloplère de Giorna {Cephaloptera giorna), qui se prend dans les mêmes parages que le Myliobate Aigle; c'est une espèce remarquable par les fortes proportions qu'atteignent certains individus.
Ordre des Cyclostomes. Famille DES Petromyzonidés. Ces poissons ont le corps cylindrique et allongé ; ils portent de chaque côté de la région du cou sept ouverfures branchiales arrondies communiquant avec un canal central
FRA^JCE (faune). 291
unique qui s'ouvre dans la cavité buccale en avant de l'œsophage. Bouche en forme de ventouse munie de lèvres épaisses et garnie, à l'intérieur, d'un grand nombre de dents pointues, cornées et d'inégale grandeur. Nageoires dorsales au nombre de deux, une nageoire caudale, pectorales et ventrales nulles.
Ces poissons subissent une métamorphose ; leur squelette est fibreux, leur intestin spiral, et ils sont dépourvus de vessie natatoire.
Genre Lamproie {Petromyzon Dum.). La caractéristique que nous venons d'établir pour les poissons de la famille des Petromyzonidés est applicable au seul genre que comprenne cette famille, qui est représentée sur nos côtes par la Lamproie marine {Petromyzon marinus), appelée aussi grande Lamproie. Cette «spèce atteint près de deux pieds de longueur; elle fréquente nos côtes de la mer du Nord, de la Manche, de l'Océan atlantique et de la Méditerranée. Au printemps, un certain nombre d'individus s'engagent dans nos fleuves et remontent le cours de leurs eaux souvent assez loin de l'embouchure.
La seconde espèce est la Lamproie fluviatile {Petromyzon fliwiatilis) , poisson dont la taille est de beaucoup supéi'ieure à celle de la Lamproie marine et dont la chair est très-recherchée à cause de sa délicatesse ; on la prend dans presque tous nos grands cours d'eau.
La troisième espèce est la Lamproie de Planer (Petromyzon Planer i), dont la larve désignée sous le nom d'Ammocète a passé pendant longtemps pour une espèce distincte. La Lamproie de Planer, dont les noms vulgaires sont Sept-œil, Sucet, Lamproyon, Chatouille, etc., etc., ne dépasse guère cinq ou six pouce:> en longueur ; elle se trouve dans les mêmes eaux que l'espèce précédente.
Ordre des Leptocardiens. Famille DES Branchiostomidés. Cette famille est la seule du genre qui nous occupe ; elle ne comprend encore que deux genres dont un seul, le genre Branchiostome [Branchiostoma Costa), est représenté sur nos côtes sablonneuses et dans les étangs salés qui bordent notre littoral par un petit poisson au corps lancéolé, que Von désigne sous le nom de Branchiostome [Branchiostoma lanceolatum) . C'est le plus imparfait de tous les animaux de la classe des poissons.
Bibliographie {Poissons). — Belon. Histoire naturelle des étranges poissons marins. Paris, 1551, in-4°. — Rosdelet. Histoire des Poissons. Lyon, 1558, 111-4°. — Lacépède. Histoire des Poisso7is, cinq vol. in-4°. — Id. Histoire des Poissons, 10 vol. in-12. Risso.
Ichttiyologie de I^ice ou Histoire naturelle des Poissons des Alpes Maritimes. Paris, 1810 1 vol. in-8°. — G. Cdvier. Règne animal, tome II. Paris, 1829. — Cuvier et Valencieknes,' Histoire des Poissons, 24 vol. Paris, 1828-1845. — De Blainville. Faune Française. - P. Gebvais. Zoologie et Paléontologie française 1" édit. in-4''. Paris, 1859. —H. Gervais et R. BouLART. Les Poissons d'Eau douce et d'Eau de mer, 5 vol. grand iii-8°. Paris, 1877.
Ici se termine l'énumération des espèces de Vertébrées faisant partie de la Faune française. Nous ne donnerons pas l'énumération des espèces fossiles de poissons dont les débris sont enfouis dans le sol de la France, nous réservant de traiter ce sujet dans un article spécial, {voy. Poissoas).
P. ET H. Gervais.
IL ANIMAUX INVERTEBRES. La connaissance des animaux qui vivent sur notre sol devrait être la base de l'enseignement de l'histoire naturelle, un des premiers éléments de l'instruction de l'enfant et de l'adolescent ; malheureusement il n'en est rien, l'étude des sciences naturelles est systématiquement négli<^ée : un
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bachelier a le droit d'ignorer les premiers éléments d'une branche entière des connaissances humaines, car on ne l'interroge pas sur ces matières. 11 ne faut donc pas s'étonner que les naturalistes français n'aient jamais songé à écrire des livres que personne n'était engagé à ouvrir : aussi n'existe-t-il aucun ouvrage qui puisse donner même un aperçu général de la Faune de notre pays. Peut-être sur les animaux vertébrés, relativement peu nombreux, les curieux des choses de la nature trouveront-ils quelques renseignements dans des ouvrages coûteux où souvent la représentation des animaux, lorsqu'elle existe, est insuffisante et incomplète ; mais sur les animaux invertébrés, la pénurie des écrits généraux est telle que l'on reste confondu ; ce n'est pas à dire que de louables efforts n'aient été faits pour combler cette lacune. MM. Mulsant et Rey, par exemple, ont entrepris de faire l'histoire naturelle des Coléoptères de France. S'ils ont poussé loin leur œuvre, dont l'apparition remonte à 1839, à l'heure présente elle n'est point terminée ; leurs nombreux volumes, ne renfermant pas les portraits des animaux dont ils écrivent l'histoire, ne s'adressent qu'à des entomologistes de profession. MM. Fairmaire et Laboulbène ont commencé une Faune entomologique française, mais le premier volume seul a paru (1 854) et n'aura pas de suivants ; il ne comprend :^ue les carabiques. M. Albert Fauvel a commencé une œuvre, mieux comprise peut-être, sous le titre àe, Faune gallo-rhénane, mais elle embrasse non-seulement la France, mais encore la Belgique, la Hollande, le Luxembourg, la Prusse rhénane, le Nassau et le Valais ; l'auteur, dont les connaissances sur les Coléoptères, et surtout sur une famille des plus nombreuses et des plus difficiles à observer, sont très-appréciées, pourra-t-il mener jusqu'au bout cette tâche immense? M. Bedel, entomologiste expérimenté, entreprend lui aussi la publjication d'une Faune des Coléoptères des bassins de la Seine et de la Somme, mais elle n'est encore qu'à ses débuts. L'ordre des Orthoptères, celui des Névroptères, l'ordre des Hyménoptères, celui des Hémiptères, l'ordre des Diptères, n'ont point trouvé leur historien, et dans une foule de cas, pour arriver à déterminer certains insectes indigènes, il faut feuilleter de volumineux recueils, fouiller de nombreux mémoires et surtout consulter des ouvrages étrangers. Les Lépidoptères sont des êtres privilégiés qui ont su attirer à eux ; nous possédons une bonne Faune des Lépidoptères de France due à M. Berce et à laquelle il ne manque plus, pour être achevée, que le volume (6^ vol.) consacré aux Papillons infiniment petits, aux Miciolépidoptères ; des figures coloriées viennent en aide et favorisent singulièrement les déterminations.
Toutefois, il est juste de reconnaître que, si nous n'avons pas de traités complets, nous avons, dans quelques cas, des catalogues qui rendent quelques services ; ain-i nous avons le Catalogue des Coléoptères de France du docteur Grenier, celui des Hyménoptères du docteur Dours, celui des Hémiptères de M. Puton, celui des Lépidoptères de M. Berce, et un certain nombre de catalogues régionaux (A. Constant, Catalogue des Lépidoptères du départem. de Saôneet-Loire; Millière, Catalogue raisonné des Lépidoptères des Alpes-Maritimes, etc.).
Nous devons aussi tenir compte des Faunes régionales, comme, par exemple, de V Histoire naturelle des Diptères du nord de la France, de Macquart, qui est remplie d'excellentes descriptions.
Si les Myriapodes ont été laissés dans l'oubli, par contre, les Arachnides de France ont été l'objet des recherches, des observations et des études de M. Eugène Simon, qui leur a consacré sa vie; cinq volumes de osn excellent
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ouvrage, les Arachnides de France, ont déjà paru; la compétence de l'auteur est un sur aarant de sa valeur.
La Faune des mers qui baignent notre littoral n'est malheureusement pas décrite ; nous ne connaissons pas encore les Crustacés qui vivent sur nos côtes ; on en découvre tous les jours qui vivent parasites dans les conditions les plus variées; M. Hesse, de Brest, a l'ait connaître des formes, des mœurs, des métamorphoses bien étranges. Nous ne connaissons pas davantage la Faune des Mollusques, des Annélides, des Zoophytes qui habitent nos mers; personne n'ayant songé à imiter les ouvrages que possède l'Angleterre, celui qui voudra se consacrer à l'étude de ces animaux devra compulser les centaines de mémoires qu'une bibliotlièque d'un ou deux grands établissements publics est seule à posséder. Seul, M. Petit de la Saussaye a publié le catalogue des Mollusques marins qui vivent sur les côtes de la France.
Sur les Mollusques terrestres et fluviatiles, les efforts se sont concentrés, et nous signalerons les travaux de MM. Bupuy, Moquin-Tandon, Drouet, Grateloup, qui se rapportent à la France entière; contentons-nous de dire que les Faunes régionales ont trouvé de nombreux descripteurs.
Un des grands efforts des naturalistes français devra certainement se porter sur l'étude des animaux qui peuplent notre sol ; il y a là une grande œuvre à accomplir à laquelle le concours de l'Etat ne doit pas être marchandé.
Ces considérations étant développées, il convient peut-être d'établir les conditions du problème et d'exposer les difficultés de la solution.
La France n'est pas comprise dans des limites naturelles; sa frontière est ouverte au nord et à l'est ; mais les fleuves, comme les montagnes, comme la mer elle-même, qui sont des limites vraiment naturelles, ne circonscrivent pas une Faune; toute Faune est en partie commune aux pays voisins. Les auteurs qui ont cherché à décrire les Faunes ont donc été appelés à annexer successivement celles des pays limitrophes et, partant de l'idée première d'établir la Faune de la France, ils se sont trouvés entraînés à faire celle de l'Europe, à y joindre celle du nord de l'Afrique, celle de la Sibérie, du Caucase et de la Syrie, reculant toujours de plus en plus les limites de leur champ d'étude ; il semblerait au premier abord qu'ils se sont laissé séduire par l'idée d'accroître le nombre des espèces dont ils pouvaient inscrire les noms dans leurs catalogues. Il n'en est rien; il n'existe en réalité aucun obstacle qui puisse efficacemen s'opposer au passage d'un insecte, empêcher sa dispersion, entraver même sa multiplication toutes les fois que les milieux où il sera transporté seront favorables; les plus hautes montagnes, les glaciers, les neiges éternelles, n'opposent pas une barrière infranchissable aux Insectes. En 1864, étant en Suisse et séjournant dans la vallée de Zermatt, j'avais été frappé par un fait, c'était de trouver sur les deux versants des montagnes les plus élevées, sur le versant Italien et sur le versant suisse, non-seulement des flores, mais des faunes identiques suivant les altitudes; mon attention attirée, je ne fus pas peu surpris d'en trouver l'expUcation, grâce à une observation des plus importantes. Traversant le col du Cervin ou col dcSaint-Tliéodule, à 5550 mètres d'altitude, j'observai dans les névés une foule de trous réguliers, cylindriques, profonds de quelques centimètres, semblables à ceux que les grosses gouttes d'une pluie d'orage creusent dans la terre poudreuse, au fond desquels gisaient des Insectes, généralement paralysés par le froid ; il s'y rencontrait notamment de grandes Noctuelles du genre Triphœna, et surtout beaucoup de Coléoptères [Aphodius,
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Onthophagiis, etc.) ; la chaleur animale qu'ils possédaient avait été suffisante pour faire fondre la neige autour d'eux. La journe'e était chaude ; le soleil brillait, le temps était calme 4 je pus constater que les Insectes qui avaient heureusement choisi ce jour pour prendre leurs ébats passaient très-facilement d'une vallée dans l'autre au-dessus des névés et des glaciers. Depuis, d'autres observations sont venues corroborer ces faits ; dans leurs ascensions aérostatiques, 3JM. G.Flammarion et G. Tissandier ont rencontré, à la hauteur de 1750 mètres, des Lépidoptères, habitant des plaines, qui voltigeaient tranquillement sans être entraînés par les vents. Les plus hauts sommets des montagnes ne peuvent donc pas servir à la délimination des Faunes. On peut objecter, dans ce cas, qu'il n'est pas étonnant que des Insectes, bon voiliers, puissent se transporter ou être transportés, le vent aidant, à de grandes dislances, mais que la dissémination des Insectes aptères, comme les Carabes, ne pourrait s'expliquer ; ici interviennent certaines influences climatologiques, et nous devons faire remarquer tout d'abord que la distribution des animaux leurj est en grande partie subordonnée et que, par conséquent, dans les montagnes , les variations des faunes sont en rapport avec les altitudes.
Abstraction faite des hautes montagnes, dont nous aurons à indiquer la faune spéciale, et sans étendre d'une manière exagérée les limites de la France, on peut en réalité la diviser, au point de vue de la répartition des animaux invertébrés, en quati'e grandes régions : régions septentrionale, centrale, méridionale et méditerranéenne. La région septentrionale comprend les bassins de la Somme et de la Seine, ceux de la Meuse et de la Moselle. La région centrale renferme le bassin de la Loire et celui du Rhône, jusqu'au bassin de.l'Ardèche inclusivement. La région méridionale est formée par le bassin de la Dordogne, de Ja Garonne et de l'Adour. La région méditerranéenne comprend les bassins de l'Aude, de l'Hérault, du Gard, de la Durance, du Rhône inférieur et du Yai-; la Corse ne saurait être comprise dans cette division, sa faune étant à bien des titres toute spéciale : intimement liée à la faune de l'île de Sardaigne, elle se rapproche de la faune itahenne.
En dehors de ces quatre grandes régions de la France continentale, il faut admettre la région alpestre, région commençant vers 1500 ou 1400 mètres d'altitude et s'arrètant aux neiges éternelles. Les régions septentrionale, centrale et méridionale, dans les parties qui sont couvertes de forets, ont de grandes affinités avec la région alpestre, et sont loin de renfermer des faunes parfaitement homogènes ; les espèces septentrionales descendent souvent fort loin vers le sud, les espèces méridionales remontent quelquefois jusque dans les régions centrale et septentrionale: ainsi, sur les côtes de l'Océan, on retrouve certaines espèces appartenant essentiellement à la faune du midi ; il arrive même parfois que ces espèces établissent de véritables colonies dans certaines localités favorables : la forêt de Fontainebleau, par exemple, donne asile à de nombreux représentants des climats plus chauds.
La région alpestre peut se diviser à son tour en deux régions secondaires : la région subalpine et la région alpine proprement dite, toutes deux correspondant exactement à des zones délimitées et caractérisées par les espèces botaniques qui y croissent. La région subalpine commence à l'altitude de 1500 à 1400 mètres, à la limite des arbres feuillus (chêne, hêtre, bouleau, etc.), et s'arrête à l'altitude de 2000 mètres dans les Alpes, de 2400 mètres dans les Pj-rénées : elle embrasse, par conséquent, toute la zone où poussent les arbres
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résineux. La région alpine proprement dite commence à l'altitude de 2000 et 2400 mètres et s'étend jusqu'aux neiges éternelles, c'est-cà-dire sur toute la zone oià végètent le Rhododendron fernigineum L. et le Sallx herbacea L. La faune de cette dernièj-e région ne compte qu'un petit nombre d'espèces, mais on observe ce que l'on a observé pour les plantes, beaucoup d'entre elles sont identiques à celles qui vivent dans les pays glacés du nord de l'Europe ; elles sont les survivantes de celles qui habitaient notre pays à l'époque glaciaire.
Mais, si nos Alpes et nos Pyrénées donnent asile à des Insectes des contrées les plus septentrionales, nos départements que baigne la Méditerranée nourrissent une foule d'animaux qui vivent également dans les pays chauds qui circonscrivent celte mer, en Algérie comme en Espagne, en Syrie comme en Italie. Aussi ne faut-il pas s'étonner que la faune méditerranéenne soit avec la faune alpestre la plus riche en espèces, la plus remarquable par la variété des types. Pour ne citer que quelques exemples, je rappellerai qu'un Scorpion, le Buthus ou Androctomis occitanus, si commun en Algérie, se trouve dans nos départements des Pyrénées-Orienfales et des Bouches-du-Rliône ; que les Ateuchus, ces insectes Coléoptères qui roulent si patiemment la boule faite de bouse destinée à la nourriture de leurs larves, habitent l'Algérie, l'Italie, l'Espagne et notre région méridionale. Un groupe des plus remarquables parmi les Lépidoptères est celui des Sphingides ; quelques représentants, le Sphinx du laurier rose {Deilephila Nerii), le Sphinx tèle de mort [Acherontia atropos), dont la chenille vit sur les Solanées, peuvent être souvent capturés en France ; classés pendant longtemps parmi les animaux indigènes, on est aujourd'hui généralement d'accord pour admettre qu'ils sont importés d'Espagne et même d'Afrique, et ne sont capables de se perpétuer dans notre pays qu'à la faveur de la clémence de certains hivers.
Il est encore une faune localisée exclusivement dans la région méridionale et la région méditerranéenne qui mérite d'appeler l'attention : c'est la faune souterraine, qui comprend principalement la faune des grottes.
Les Insectes cavernicoles n'ont été découverts en France que depuis une vingtaine d'années, et leur recherche a fait véritablement fureur; si les entomologistes ont été préoccupés surtout d'accroître le nombre des espèces qu'ils pouvaient accumuler dans leurs collections, ils ont incidemment soulevé quelques problèmes des plus intéressants. A l'origine, les Insectes habitant les cavernes ont été considérés comme des animaux absolument aveugles, et le nom d'Anophthalme a été, pour ce motif, donné à un des genres de Coléoptères Carabiques les plus nombreux et les plus répandus ; mais l'observation plus attentive d'un grand nombre d'individus recueillis à toutes les profondeurs dans une même grotte a démontré que ceux qui vivaient au voisinage de l'entrée et étaient impressionnés par la lumière possédaient encore des rudiments d'yeux, tandis que ceux qui habitaient les parties les plus reculées, et par conséquent les plus obscures , devenaient complètement aveugles ; on a pu suivre «^raduellement l'atrophie des organes de la vision. D'autre part, les zoologistes admirent de prime abord l'existence d'un nombre considérable d'espèces, chaque grotte ayant ses espèces propres; la localisation étant poussée à ses dernières limites, peu à peu une réaction des plus vives se manifesta en faveur d'une opinion toute contraire ; les animaux cavernicoles ne furent plus que les descendants de types vivant à l'air libre, même encore actuellement, ne furent plus que des êtres modifiés et adaptés à des conditions biologiques spéciales ; on considéra les Anophthalmes comme étant en réalité de véritables Trechus
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les Treckus proprement dits étant des carabiques vivant à l'air libre. N'est-i pas évident que ces faits de l'atrophie successive de l'appareil de la vision, que ce cantonnement des types dans les grottes d'une même région militent en faveiu' de la doctrine de la transformation des espèces? La découverte d'une faune terricole, dont les représentants ont subi dans leurs organes des modifications de même nature que les habitants des cavernes, et doivent être rangés dans les mêmes genres que ceux-ci, est venue apporter un puissant argument aux partisans de l'école transformiste.
C'est surtout l'exploration des grottes situées dans les Pyrénées (départements des Pyrénées-Orientales, de l'Ariége, des Hautes-Pyrénées, des Basses-Pyrénées, de la Haute-Garonne), dans les Corbières et les Gévennes, qui a enrichi la Faune française d'un nombre considérable d'espèces d'articulés, principalement de Coléoptères, d'Arachnides et de Myriapodes. Les Coléoptères appartiennent au genre Tr échus (Carabides), dont les genres Anophthalmus et Aphœnops, créés tout d'abord sur des types aveugles, sont des subdivisions à peine admissibles ; au genre Adelops (Silphides), extrêmement nombreux en espèces, etc. Il nous est impossible d'entrer dans des détails par trop techniques, nous renverrons aux mémoires spéciaux ^
Pour donner une idée à peu près exacte de la richesse relative de la France dans cette partie de l'histoire naturelle, nous allons maintenant passer successivement en revue les divers groupes d'Invertébrés, en nous bornant d'une part à indiquer l'habitat des espèces caractéristiques et d'autre en part, insistant, autant que possible sur les localisations régionales.