‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.41Chapitre 25 sur 163 · L. pityopsittacus, Bec-croisé, perroquet, p. r · texte numérisé non relu

L. pityopsittacus, Bec-croisé, perroquet, p. r

G. Diirbec, Strobilifaga : S. enucleator; r.

G. Bouvreuil, Pyrrhula : P. europœa (P. vulgaris), B. vulgaire; P. rosea

Roselin rose, à Abbeville (M. Bâillon), oiseau de Sibérie; — P. githaqinea Érysthrospize cithagène, Provence, a (P. Roux, d'après un renseignement douteux), oiseau de Nubie a été retrouvé.

G. Gros-bec, Coccothraustes : C. vulgaris [FringiUa coccothraustes).

CoLOMBiiNS. G. Pigeon, Columba : C. palumbus. Ramier; — C.œneas, Colombin ou petit Ramier; — C. livia, Biset; — C. turtur. Tourterelle.

Gallinacés. G. Tetrao. a) Tétras : T. urogaUns, grand Coq de bruyère; —

T. tetrix. Coq de bruyère ou Tétras à queue fourchue, Tétras lyre; f' b

nasia, Gelinotte. — b) : T. lagopus, Lagopède ou Ptarmigan. ■— c) Gangas • (Enas cala, Ganga cata [Pterocles setarius); de Provence, des Pyrénées du Languedoc, et quelquefois d'Auvergne. — d) Francolins : Perdix francolinus — e) Perdrix : P. cinerea, P. grise : les P. damascena ou P. de passade et P. montana, P. de montagne, données comme espèces distinctes par Vieilioi' en

DICT. ENC. 4° S. V.

242 FRANCE (faune).

sont simplement deux variétés. — P. rufa (P. ruber), P. rouge; — P. saxatilis, Bartavelle; — P. petrosa, P. de roche ou Garnbra. — f) Cailles : P. co. turnir, Caille.

G. Faisan, Phasiancs : Ph. colchicus, Faisan de Colchide, depuis longtemps acclimaté en France.

CocREDRS. C'est l'ordre auquel appartiennent les Autruches, les Casoars, les Dinornis fossiles et l'Aptéryx. Il n'y en a aucune espèce faisant partie de la faune de l'Europe, ni vivante ni même fossile.

ÉcHASsiERs. Fam. 1. Rallidés. G. Râle, Râllds : jR. a^uofiVws, Râle d'eau; — R. crex, R. des genêts ou Roi des cailles; — R. porzana, R. Marouette; — R. Peyroiisei {Gallinula pusilla), Rallo-marouet; — jR. Baillonii, râle de Bâillon.

G. Gallinule, Gallinula : G. chloropus, Gallinule ordinaire. G. Foulque, FuLiCA : F. atra, Morelle, Foulque noire; — F. cristata, Foulque à crête; Provence et Corse.

G. Porphyrio, les Talèves : P. hyacinthinus. Poule sultane; de Languedoc (M. Crespon), du Dauphiné (M. de Verneuil), des Bouches du Rhône (M. Lunelj. Fam 2. GalUno-gralles. Point de représentants européens. Fam. 5. Grlidés. G. Grue, Crus : Grus cinerea, Grne cendrée. Fam. 4. Cigognes : C. alba, C. blanche; — C. nigra, C. noire. Fam. 5. Hérons : A. major {A. cinerea), Fléron cendré; — A. purpurea, II. pourpré; — A. egretta, H. aigrette; — A. garzetta, H. garzette. — .4. leranyi. Garde bœuf ibis du Midi, a.; — A. comata {A. ro/Zo/des), H. crabier; — A.stellaris, H. butor; — A. minuta, H. blongios; — A.nyclicorax [Nycticorax]. Fam. 4. Tachydromiens. G. Flammant, Phcemcopterus : P. europœus {P. antiqnoriim) , Flammunt rose; du iMidi.

G. Spatule, Platalea : P. leucorodia, Spatule blanche. Le prétendu P. pyf mea, type du G. Eurinorhynchus , signalé par M. Lesson comme tué aux environs de Paris, est un oiseau à étudier de nouveau.

G. Ibis, Ibis : a) L viriâis (/. falcinellus), Falcinelle éclatant, p. dans le Midi, a. dans le Nord.

G. Courlis, NuMEMUs : iV. arqimta, gr. Courlis; — JS. phœopus, Courlieu;

— iV. tenuirostris, Courlieu à bec grêle, a.

G. ScoLOPAx : a) Bécasses : Riist/cola vulgaris{S. rmticola), Bécasse ordinaire.

— J) Bécassines : S. média <S. major), double Bécassine; — S. gaîlinago, Bécassine ordinaire. — Le S. lamotti, pris à Abbeville (M. Bâillon), est une race ou espèce de Bécassines à 12 pennes caudales au lieu de 14; — S. pygmea {S. peregrina) Abbeville (M. Bâillon 1, a. — c) Barge, Limosa {G. Limicula de Vieillot] : L. laponica {L. rufa), B. rousse; — L. melanura, B. égocepbale;

— L. Terek, Térékie cendrée. — d) Calidris, Sanderling : C. rufa {C. arenaria), Canderling des sables.

G. Phalarope, Phalaropus : Ph. cinereus {Ph. hyperboreus), Phalarope hyperboré; Ph. rufus {P. platyrhynchus), Ph. dentelé.

G. Recurvirostre, Reccrvirostra : jR. avocetta, Avocette.

G. Échasse, Himantopus : H.alhicoUis (H. melanoplerus), Echasse blanche.

G. Maubêche, Tringa : a) Totanus, Chevalier: T. fuscus, Chevalier brun; — T. glottis,.Ch. gris; — T.calidris, Gambette; — T. stagnalis, Ch. stagnat'ile;

— T. glareolus, Ch. Sylvain; — T. ochropus, Ch. cul-blanc; — T. hypolew cas, Gingnette vulgaire ; — T. macularia, G. Grivelée, r. — h) Arenaria ou

FRANCE (fauine). 2i5

StrepsUas, Tourne-pierre : A. interpres {S. collaris) Tringa proprement dit Bécasseau; — T. ferruginea [T. cinerea), Maubèche; — T. maritima, M. marilime; — T. subarcuata, Cocorli; — T. cinclus [T. variabïlis)^ Pélidne; — r. eloroides [T. ptatyrlujncha), P. platyrhynque ; — T. pusilla [T. minuta), P. minule; — T. Temminckii (T. temmia), P. temmia; — [T. rufescens. — (/) Combattant : T. pugnax [Machetes pugnax). Combattant ordinaire.

G. Pluvier, Charadrios : C. phiviaUs, P. doré ; — C. morineUus, P. Guignard; — C hiaticula, P. rebaudet ou à collier; — C. minor, P. gravelotte; — C. cantianus, P. à demi-collier.

G. Vanneau, Vaîsellus : V. cristatus, Y. huppé; — F. helveticus (F. melanogaster) .

G. Edicnème, Œdicnemcs : OE. europœus (CE. crepitans),E. criard. G. Outarde^ Otis : 0. tarda, grosse Outarde; — 0. houhara, lloubara ondulée, esp. d'Algérie; a, en Languedoc (M. Crespon, dans son catalogue II, p. 34; il n'en parle plus dans sa faune que comme douteuse) ; — 0. tetrax, Canepetière.

G. Tachydrome, Tachydromus : T. galUcus {Cursorius isabellinus) , Courevite^ G. Iluîtrier, IIœjiatopds : H. ostralegus, Iluîtrier pie. G. Tournepierre, Strepsilas : S. interpres, T. vulgaire. G. Glaréole, Glareola : G. austriaca {G. torqiiata). Perdrix de mer. Hérault

Palmipèdes. Fam. 1. Macroptères. G. Larus : a) Sfercomrms, Stercoraire (Lestris)!? S. catarrhactes, Goéland brun de Buffon; — C. crepidatus [h. parasiticus), Labbe à longue queue; — S. pomarinus. — h) Lanis, Mouette ou Goéland : L. ehnrneus, M. blanche ou Sénateur; — L. canus, M. aux pieds bleus; — l. tridactylus, M. tridactyle; — L. ridihundus^ M. rieuse; — L. marinus, G. à manteau noir, G. marin; — - L. argentatus, G. à manteau bleu; — L. flavipes [L. fiiscus), G. aux pieds jaunes; — I. glaucus, G. bourgmestre; — L. Payraadei, G. de Payreaudeau (L. Audouinii); de Corse- — L. tenuirostris ; côtes du Languedoc, a. (M. Crespon); — L. melanocephalus ^ G. mélanocéphale, ibid., et Provence, a. (M. de Verneuil) tous les printemps;

— L. minutus, G. pygmée; ibid. (M. Crespon).

G. Sterne ou Hirondelle de mer, Sterna : S. Boysii {S. cantiacia), H. cau'^ek •

— S. caspia, S. tschegrava; — S. îeucoptera, Guifette noire; — S. Dougallu] S. de Dougal; — S. nigra, Guifette fissipède; ~ S. minuta, Snaine; — S. hirundo, S. hirondelle; — S. Delamotte {S. leucopareia), Guifette hybride- S. anglica, S. Hansel, de la Manche (M. Bâillon). '

Fam. 2. Siphorhiniens. G. Pétrel, Procellaria : a) Fulmars : P. qlacialis P. glacial. — G. Puffinus : — P. major, P. majeur; — P. cinerem P. cendrée; — P. Angîorum, P. des Anglais, Picardie (M. Bâillon), .Méditerranée (M. Crespon); — P. obscurus {Puffinus obscura], P. obscur. ~ G Tha- LASsiDROME, Tludassidroma ; T. Leachii {P. pelayica), T. leucorlioa, T culblanc, Picardie (M. Bâillon) ; Anjou (M. Millet) ; Oiseau de tempête.

Fam. 5. Cryptorhiniens ou Totipalmes. G. Cormoran, Phal icocoRAX (Car ho): P. carbo [C cormoramis) . C. ordinaire; — C. crassirostris; de Picardie' (M. Bâillon), espèce encore douteuse ;—C. Huppé, H. graculus;~C. cristatus d'après M. Temminck, le C Demarestii, de Corse (M. Payreaudeau) n'en diffère pas. ''

G. Fou, SuLA : S. hassana, F. de Bassan.

244 FRANCE (faune).

G. Pélican, Pelecanus : P. onocrotalus, P. blanc.

Fam. 4- Microptères. G. Harle, Mergus : M. merganser, Harle bièvre. — M. serrator, H. huppé; — M. cucullatus, H. couronné; a. (31. Temminck), Oiseau de l'Amérique septentrionale; — M. albelliis, II. piette.

G. Oie, Anser : A. c/nerens {A. férus), Oie cendrée; — A. segetum, 0. des moissons; — A. brachyrhynchus, 0. à bec court, Picardie (M. Bâillon) ; — A. alhifrons, 0. rieuse; — A. erythropus {A. leucopsis), 0. bernache; — A. torquatus (A. bernicla), 0. cravant; — A. ruficoUis, 0. kcourovw; — A. œgyptiaciis, 0. d'Egypte; Marseille (P. Roux); Clermont (M. Culliat-Chas:«is), étang de Remilly, près Metz (31. Holandre),a. 3Iais peut-être d'après des individus échappés à la domesticité. Quelques autres espèces d'Oies et de Canards sont dans le même cas. — A. hyperhoreus, 0. de neige; Arles (31. Véran), a.

G. Cygne, Cycnls : C férus (C. musicus), C. sauvage; — C. Beivickii, C. de Bewick (Yarrel) (f. 203), de la Picardie, plus petit que le précédent, jo. r; — C. olor, C. tubercule; a., se mêle quelquefois aux troupes de C. sauvages. Il est de la mer Baltique. On le croit la souche de nos C domestiques en Europe.

G. Canard, Anas : A. moUissima, C. cider. Dans le Nord, où il est commun, n fournit l'édredon. — A. spectabilis, C à tête grise; — A. perspicillata, C marchand; — A. fiisca, double Macreuse; — A. nigra, 3Iacreuse; — A. gku

cialis, C. miclou; — A. marila, 3Iilouinaa; — A. ferina, C. milouin;

A. clungula, C. garrot; — A. fuligula, C. morillon; — A. yrca {A. leucophthalmos), FuUégule nysoca; — A. histrionica, C. histrion; — A. rujîna, Siffleur huppé; — A. boschas, C. sauvage; — A. tadorna, C. tadorne; — i. stepera, C. ridemie; — A. acuta, Pilet; — A. pene/ops, Siftleur; — A. clypeata, Souchet; — A. querquedula, Criquart; — A. crecca, SarceWe- — A. leucocephala, T., C. couronné; côte du Languedoc, a (M. Crespon); — A. rutila, G. kasarka, a.

G. Grèbe, Podiceps : P. cristatus, G. huppé; — P. minor,G. castagneux; — P. rubricoUis, G. cou-gris; — P. cornutus, G. cornu; — P. auritus, G. i oreilles.

G. Plongeon, Colvjibus : C septentrionalis, P. cat-marin; —C. glacialis, P. imbrim ; — C articus, P. lumme.

G. Uria, Uria: Uria arra, Guillemot arra, a.; — V. iroile, G. à capuchon;— [/. lacrymans, G. bridé, a., près d'Abbeville (M. Bâillon); — U. grylle, petit G. noir; — [/. Francsii {U. Brunnichii), probablement le même que le Guillemot arra.

G. Mergule, Merculus : M. aile [U. aile), petit Guillemot, M. nain.

G. Macareux, Fratercula {Mormon) : F. artica {M. fratercula),M. moine, c. Oc. et 3Iéd.

G. Pingouin, Alga : A. torda, P. torda c. Oc. et 3Iéd., a; A. impennis, P. brachyptère, a.

g 2. Oiseaux fossiles. Les Oiseaux fossiles, dont les ossements portent le nom d'OrnlthoUthes, sont loin d'être aussi bien connus que les Mammifères. Quoiqu'on en ait trouvé, soit en Angleterre, soit en Allemagne, dans des terrains secondaires, il n'en a pas encore été rencontré en France dans les mêmes formations, mais ceux de nos terrains tertiaires sont plus nombreux que dans aucun autre pays.

CuYier en a signalé de divers groupes dans les gypses des environs de Paris.

On y reconnaît des espèces des genres : Haliœtm, Buteo, Strix, CotumiXy JSumenius, Tringa, Scolopax, Pelidna, Pelicanus et plusieurs Passereaux.

MM. P. Gervais et Alph. Miliie Edwards ont étudié les Oiseaux fossiles. Les terrains d'Auvergne en recèlent aussi de différentes espèces, et, parmi eux, les os d'une espèce de Flammant qu'on ne saurait encore distinguer du riammant actuel {Phœnicoptenis ruher). Avec eux on trouve des œufs plus ou moins bien conservés et même des empreintes de plumes.

Les terrains supérieurs ou diluviens de l'Auvergne, du Languedoc et de quelques autres localités, ont fourni des Oiseaux plus ou moins semblables à ceux de l'époque actuelle (Pie, Perdrix, Coq, etc.), mais dont l'identité spécifique ne saurait être constatée. En effet, entre des Oiseaux du même genre il est impossible, dans la majorité des cas, de reconnaître sur le squelette des caractères réellement spécifiques : c'est aux plumes, au bec, aux squames des tarses, qu'il faudrait demander ces caractères, et la fossilisation n'a conservé ni les uns ni les autres.

Dans tous les cas, la forme des os d'Oiseaux et leur nature fistuleuse les rendent très-reconnaissables et ne permettent pas de les confondre avec ceux des Mammifères, des Reptiles ou des Poissons.

Une découverte fort curieuse a été faite dans les terrains tertiaires les plus inférieurs, c'est celle d'un oiseau gigantesque des groupes des Brévipennes ou Coureurs auquel on a donné le nom générique de Gastornis; il en a été découvert des débris dans les argiles des Moulineaux, au Bas-Meudon, près Paris, et M. le docteur Lemoine en r. constaté la présence dans plusieurs localités des environs de Reims. Lartet a décrit d'autre part, sous le nom de Pelagornis, une espèce de la famille des Totipalmes (?) qui dépassait en dimension celles qui vivent actuellement. Enfin M. Alph. Edwards s'est occupé d'une manière spéciale des Oiseaux fossiles de la France, et il leur a consacré un ouvrage dont on trouvera la mention dans l'index bibliographique faisant suite à ce paragraphe.

BiDLioGRAPHiE. — Espèces actuelles. — Brisson. Ornithologie. Paris, 1770, 6 vol. in-4°. — Daubentox (Junior). Planches enluminées : Oiseaux de la faune française, av. pi. — II, Gi- BARDiN. Tableau élémentaire d'ornithologie, in-S". — Temminck. Planches coloriées in-lol.

— Du MÈJiE. Manuel d'ornithologie ou tableau systématique des oiseaux qui se trouvent en Europe. Paris, 1820-1825, 4 vol. in-4°. — ^YEll^•Eu. Atlas des oiseaux d'Europe de Temminck.

— Bonaparte. Énumération des oiseaux d'Europe. Paris, 1 vol. in-12. — Govin. Oiseaux d Europe, in-folio. Londres. — Degla.nd et Gerbe. Ornithologie européenne ou catal. des oiseaux observés en Europe. Paris, 1867, 2 vol. in-S".

Espèces fossiles. — G. Cuvier. Oss. foss. — P. Gerv. Zool. et pal. fr. — Du mè.me. Zool. et pal. gén. — Edwards (Alph.). Oiseaux foss. de la France. Paris, 1867-1871, 4 vol. in-4° dont 2 d'atlas. '

CLASSE DES REPTILES. Les Reptiles sont des vertébrés à température variable dont le corps est protégé par des écailles de nature épidermoïde. Ils sont de la catégorie des animaux de cet embranchement que l'on appelle allantoïdiens parce qu'ils possèdent pendant la vie embryonnaire une vésicule allantoïde et un amnios ; ce qui est aussi le caractère des Mammifères et des Oiseaux • toutefois leur allantoïde ne fournit jamais de placenta comme celle de là plupart des espèces de la première de ces deux classes. Leur circulation est incomplètement double, en ce sens que le sang veineux se mêle plus ou moin*^ complètement dans le cœur au sang aorlique, les deux ventricules étant confondus en un seul ou presque confondus. Leurs globules sanguins sont de forme elliptique, et leur respiration s'accomplit toujours dans des poumons.

246 FRANCE (faune).

Les Reptiles, dont la peau ne porte ni poils ni plumes, ont des allures lourdes, à moins qu'une température élevée ne vienne exciter leur activité vitale ; ih sont ovipares ou ovo-vivipares.

On trouve des Reptiles dans toutes les régions tempérées et surtout dans les régions chaudes. Dépourvus qu'ils sont de téguments, ils ne peuvent s'étendre jusqu'aux pôles et leur nombre diminue à mesure que l'on se rapproche des régions glaciaires.

La plupart des ' auteurs les partagent maintenant en quatre ordres : les Chéloniens, les Grocodiliens, les Ophidiens et les Sauriens. Les Crocodiliens, malgré leurs allures plus semblables à celles des Sauriens, se rapprochent davantage des Chéloniens, auxquels ils ressemblent surtout par la conformation de leurs organes génitaux mâles, et les Ophidiens ont d'autre part plus d'analogie avec les Sauriens, ayant comme eux la verge partagée en deux parties, ce qui les a fait appeler Bispéniens par de Blainville, tandis que les Chéloniens et les Crocodiliens n'ont qu'un seul pénis simplement fendu en dessous comme s'il était hypospadié.

Nous possédons en France et dans toute l'Europe des représentants des trois des grands groupes de Reptiles aujourd'hui existants, et c'est l'ordre des Ophidiens qui, sans être pour cela fort riche, nous fournit le plus d'espèces. Mais il s'en faut beaucoup que ce soient là les seuls animaux de cette classe qui aient vécu sur notre sol ou fréquenté les mers qui l'occupaient autrefois ou en baignaient les contours.

Les Crocodiliens, qui ne fournissent depuis l'époque tertiaire supérieure aucune espèce à notre faune, ont été abondants à tous les âges de cette même période et, antérieurement, les faunes secondaires en ont possédé de ti-ès-varié^ dans leurs caractères et dont plusieurs atteignaient des dimensions considérables.

Nos rares Chéloniens d'aujourd'hui ont été précédés par des Tortues souvent très-différentes des nôtres, et dont on trouve les débris dans les terrains tertiaires ainsi que dans une grande partie de ceux qu'on a appelés terrains secondaires. Il a existé, mais durant la série tertiaire seulement, des Ophidiens dont quelquesuns dépassaient notablement les nôtres en dimensions, et les Sauriens ont été plus abondants pendant les temps tertiaires qu'ils ne le sont de nos jours. Ils ont été plus nombreux lors des dépôts des roches crétacées, jurassiques, liasiques et triasiques, qu'ils ne l'ont été depuis, et leurs caractères étaient alors très-différents de ceux des genres qui ont apparu depuis. Dans certains cas cette différence est telle que l'on a dû créer, pour y classer une partie des Reptiles de la période secondaire, des groupes ayant la valeur d'ordres qui ont été ajoutés à la liste de ceux que nous avons énumérés plus haut. Si, pour ne parler que des Sauriens des temps secondaires que l'on découvre parmi les fossiles européens, les Mosasauriens, les Dinosauriens et d'autres encore, peuvent être associés aux Sauriens proprement dits, les Ptérodactyles, dont les membres étaient disposés pour le vol, le5 Plésiosaures, les Simosaures, les Pliosaures, tous susceptibles d'être distingués les uns des autres au moyen de particularités, importantes, et les Ichthyosaures, qui fréquentaient la haute mer à la façon des Cétacés, sont regardés par la plupart des naturalistes modernes comme méritant Je devenir le type d'autant d'ordres particuliers. Ainsi que nous l'avons dit, beaucoup de ces animaux atteignaient des dimensions considérables : il a vécu en

FRANCE (faune). 247

Amérique certains Dinosauriens dont la hanteur dépassait celle des plus grands éléphants vivants ou fossiles.

Ordre des Guéloniens. La Tortue ordinaire ( Testudo grœca) habitait autrefois certaines parties du Midi de la France; on en trouve, par exemple, des débris osseux dans les boues des bords du Lez, à peu de distance de Montpellier. — Des Emydes ou Chéloniens de marais existent encore sur plusieurs points de notre pays. Il y en a dans la région qui vient d'être indiquée, dans le département de la Gironde et en des endroits peu éloignés, en Sologne, etc. Autrefois, cette sorte d'Emydes qui appartient au genre Cistudo {C luteria) était plus répandue encore ; nous en possédons des débris qui ont été extraits d'une tourbière peu éloignée de Clioisy-le-Roy ; on en a rencontré en Angleterre ef jusqu'en Suède.

Des espèces marines du même ordre viennent aussi sur nos côtes, particulièrement la Gaouanne [Chelonia caouanna) ; la Ghélonée franche (C. mydas) et le Caret (C. imhricala) sont beaucoup plus rares. Il en est de même du Luth {Sphargis coriacea), qui se montre jusque dans la Méditerranée et que nous voyons aussi de temps en temps sur les côtes de l'Océan. La carapace du Luth n'est pas conformée comme celle des autres Ghéioniens et peut-être elle ne hii répond pas anatomiquement : P. Gervais en a donné la description détaillée dans un mémoire qui a paru en 1873 dans les Nouvelles Archives du Muséum.

Les Chéloniens de la période tertiaire sont variés en espèces ; ils appiu^tiennent aussi à des genres fort différents les uns des autres. Notons parmi eux des Trionyx^ genre présentement étranger à l'Europe, mais que l'on connaît dans les fleuves d'un grand nombre de régions. Certaines Tortues terrestres étaient de forte taille et comparables sous ce rapport à la Tortue éléphantine.

Ordre des Crocodii.iens. Il a été dit précédemment que ces Reptiles ne vivaient plus sur aucun point de l'Europe et que pendant l'époque quaternaire ilsavaient déjà disparu de nos contrées. 11 en existe toutefois sur les autres continents, et ils y constituent plusieurs genres dont les principaux sont assez faciles à distinguer les uns des autres. Ces genres ont reçu les noms de Crocodile, Caïman et Gavial. Le premier fournit des espèces à l'Afrique, à Madagascar, à l'Asie Méridionale, à l'Amérique et à l'Australie. On n'observe le second qu'en Amérique, et l'Inde est la patrie exclusive du troisième. De même que les Chéloniens, nos Crocodiliens tertiaires ont été de formes différentes les uns des autres ; mais ce sont surtout ceux de la période secondaire qui se sont fait remarquer par la singularité de leurs dispositions anatomiques. A part le Crocodile macrorhynque {crocodilus macrorhyncluis) et quelques autres assez peu différents de celui-là, dont les vertèbres ont le corps concavo-convexe à la manière de celles des Crocodiles actuels ou tertiaires, tous les ont biplanes ou le plus souvent biconcaves. Nous citerons parmi les principaux les genres et espèces dont les noms suivent :

Hypselosaunis priscus, Matheron (terrain crétacé supérieur lacustre des Bouches-d u-Rhône) .

Neustosaurus c/igondarum. Eug. Raspail (terrain néocomien de Gigondas, dans le département de Vaucluse).

Teleosauriis cadomensis, E. Geoffroy (terrain oolithique de Gaen),et autres espèces analogues ou genres peu différents dont les débris sont répandus nonseulement en Normandie, mais sur d'autres points de la France, dénommés par MM. Eud. Deslongchamps, Sauvage, etc.

Steneosaurus rostro minor ou deuxième Gavial d'Honfleur de Guvier : le

seul des Crocodiliens de cette e'poqne dont les premières vertèbres soient convexo-concaves.

Divers genres et espèces des calcaires lithographiques de Cirin (département de l'Aisne), animaux dont le prof. Jourdan, de Lyon, a fait exécuter des figures.

Zcinclodon, grande vipère de la partie inférieure du jurassique, ou peut-être mieux de la partie supérieure du trias (environs de Lodève) M. P. Gervais a doiuîé quelques détails au sujet des débris présentement connus de ce Reptile.

Ordre des Ophidiens. Les Ophidiens ou véritables Serpents ont le corps allongé; ils manquent de pattes ainsi que d'épaules et de bassin ; leur bouche habituellement dilatable est pourvue de dents peu différentes par leur mode d'implantation de celles dites pleurodontes et qui sont placées indépendamment de celles portées par le maxillaire inférieur, sur les os maxillaires supérieurs, les palatins, les ptérygoïdiens, quelquefois même sur les intermaxillaii*es, ce qui se voit, par exemple, chez les Pythons. Ces animaux n'ont pas les paupières mobiles et leur tympan est caché sous la peau.

On rencontre de très-grands Ophidiens dans les pays chauds, les Boas et les Pythons, par exemple, et il en a autrefois existé de tels dans- notre pays. Les espèces de certains genres produisent un venin redoutable, sécrété par des glandes particulières comparables à des glandes salivaires et placées comme le sont ordinairement ces derniers organes sur les côtés de la bouche. C'est le cas des Crotales, Ophidiens propres à l'Amérique, qui sont les plus dangereux de tous les animaux de cet ordre, des Trigonocéphales, des Bothrops, des Cérastes, ainsi que des différents autres genres de Vipères qui seuls ont des espèces dans notre pays.

Le principal caractère des serpents venimeux de ce premier groupe est d'avoir les os maxillaires plus ou moins courts et armés de dents en crochets percées d'un tube, de manière que le poison qui les traverse puisse être ainsi inoculé aux animaux sur lesquels ces serpents se jettent. Dumeril et Bibron ont nommé Solénoglyphes, par allusion au mode de conformation de leurs dents venimeuses, les Ophidiens de ce premier groupe.

D'autres Reptiles, presque aussi redoutables que ceux dont nous venons de parler, ont les dents en crochet et fendues longitudinalement en avant, par suite du défaut de soudure des deux bords de la lame d'ivoire dont ces organes sont formés, bords dont la suture s'opère dans presque toute leur longueur chez les Solénoglyphes. Les uns sont terrestres comme les Najas ou serpents à coiffe, les Elaps et autres ; il en existe jusqu'en Australie, mais l'Europe en est dépourvue. D'autres sont aquatiques et vivent particulièrement dans les eaux de la mer, comme les Platures, les Pelamys, les Hydrophis, etc. On les rencontre particulièrement dans l'Océan indien et sur les côtes de l'Océanie, ainsi que sur celles de l'Australie. Ces Ophidiens à dents antérieures fendues ont été appelés du nom commun de Protéroglyphes, mais en réalité ils appartiennent au même grand groupe que les Solénoglyphes, dont ils ne constituent qu'une sous-division.

Dumeril et Bibron regardaient comme formant une troisième catégorie d'Ophidiens, de valeur égale à celles dont il vient d'être question, les Opistoglyphes, espèces nombreuses dont les maxillaires supérieurs sont de forme ordinaire, mais qui, au lieu d'avoir des crochets à la partie antérieure de ces os, ont quelques-unes des dents postérieures cannelées plus ou moins largement, ce qui tient à l'écartement plus grand encore que dans les Protéroglyphes des

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deux bords de la lame d'ivoire constituant les dents. Les espèces de la division des Opistoglyphes sont venimeuses, sans toutefois l'être autant que celles des deux premières tribus, et elles tendent de plus en plus à ressembler aux serpents dont les dents ne distillent jamais de venin, tels que les Colubridés.

Les Opbidiens qui constituent la division des Aglypbes sont les plus nombreux de tous. Lorsque leur grande taille ne leur donne pas une apparence exceptionnelle, comme cela arrive, par exemple, aux Pythons et aux P)0as,ds ressemblent beaucoup à nos couleuvres. On les a toutefois partagés en un nombre considérable de genres, en tenant compte des particularités secondaires qui les distinguent les uns des autres. C'est à cette division qu'appartiennent la plupart des Ophidiens faisant partie de la faune française.

Le sous-ordre, Aglyphodontes, est représenté, soit en France, soit en Algérie, par les quatre genres suivants :

1» G. Elaphe, Elaphus: E. quadriradiatus, E. à quatre raies du midi de la France; —E. Esculapii, Couleuvre d'Esculupe, également du midi de la France.

2» G. Tropidoinote, Tropidonotus : T. natria, couleuvre à collier, répandue presque partout; — T. chersoïdes, T. Ciiersoïde habitant l'Agérie,

3° G. Priops, Periops : P. hippocrepi><, P. fer à cheval, d'Algérie.

i° G. Zamems, Zamenis : Z. Vetie et jaune, Z. Viridi flavus,de France.

D'autres seipents, inférieurs à ceux-là par leur structure, ont le corps plus ou moins vermiforme, et il en est parmi eux qui semblent se rattacher à certains égards aux Orvets, qui sont des Sauriens, comme les Typhlops ou serpents

aveugles.

Une de leurs espèces, Typhlops vermicidaire, se rencontre dans l'Ein-ope, mais dans la partie orientale seulement. On la cite dans l'île de Chypre, dans l'Archipel et eu 3Iorée.

Certains points de cette région fournissent aussi des Ophidiens appartenant à d'autres genres que les nôtres ; nous en mentionnerons deux : VEryxjaculus, petite espèce de la division des Boas, et le Trigonocephalus halys, qui s'étend jusqu'en Sibérie.

Les anciens paraissent avoir connu dans le midi de l'Europe et sur d'autres parties du pourtour de la Méditerranée un plus grand nombre de serpents que ceux que nous y connaissons maintenant; ils ont attribué à quelques-uns d'entre eux des qualités nuisibles qu'il serait intéressant de constater ; mais peut-être les préjugés qui avaient alors cours et que nous voyons subsister à propos de l'Orvet se sont- ils mêlés à ce que leurs récits renferment d'exact. On doit également supposer qu'ils ne distinguaient pas les véritables Ophidiens des Sauriens serpentiformes ; toute une synonymie, et une synonymie difficile, puisque les documents nous manquent souvent pour la bien faire, devra être tentée à cet égard lorsqu'on sera mieux renseigné au sujet des animaux dont il s'agit.

Ordre des Sauriens. Les Sauriens {voy. ce mot) sont des Reptiles habituellement quadrupèdes, mais parfois aussi apodes; il est, dans ces deux cas, facile de les distinguer des Chéloniens ou des Crocodiliens et même des Ophidiens , animaux auxquels ils tiennent de plus près qu'aux précédents, quoiqu'ils s'en éloignent par des caractères certains, tels la fixité des os de leurs mâchoires, la présence habituelle de paupières et même, lorsqu'ils sont dépourvus de membres, la présence d'une épaule ainsi que d'un bassin plus ou moins développés. Comme les Ophidiens, les Sauriens sont tous bispéniens.

Cet ordre, qui fournit de nombreuses espèces à toutes les parties chaudes du

250 FRANCE (FAy>E).

globe, n'est que faiblement représenté en Europe, et, en ce qui concerne la France, ses membres ne rentrent que dans trois des familles qui le constituent, celle des Lacertidés ou Lézards, des Scincidés ou Scinques et des Ascolabotes ou Geckos ; ils sont d'ailleurs peu variés et une de leurs particularités est de s'engourdir en hiver. On peut, il est vrai, ajouter quelques noms à la liijte qui en a été dressée, si l'on y inscrit aussi certaines espèces propres à la péninsule ibérique ou aux parties orientales de notre continent. Le Caméléon, très-répandu en Algérie et en Egypte, est cité comme existant dans les parties les plus méridionales de l'Espagne.

Un Agamidé du genre des Stellions habite la Crimée et d'autres parties de l'Europe orientale, et ces pays nourrissent aussi le Scheltopusick [Pseiidopus Pallasii), Saurien serpentiforme, dont les caractères sont des plus curieux. Il y a des Scinques du genre Gongylus en Sicile, et une espèce apode de la même famille, VOphioniorus miliaris, s'observe en Grèce, en Turquie et dans la Russie méridionale. Ajoutons que l'Algérie est mieux fournie en Sauriens qu'aucune des régions européennes, et que l'on y rencontre, entre autres genres caractéristiques, ceux des Varans, des Uromastyx ou Fouette-queue et des Agames. La faune algérienne comprend aussi plusieurs sortes de Geckos ; elle est plus riche en Lacertidés que la nôtre, et l'on y remarque en outre deux espèces d'Amphisbénidés, le Trognophis {Trogonophis Weigmanni) et le Blanus (Blanuscinereus), qui existe aussi en Portugal, en Espagne et dans l'île de Rhodes. Dans la région saharienne (Souf, Tuggurth, Tmasin, etc.), elle possède le Scinque des boutiques {Scinciis officinaUs), qui vit aussi au Maroc, dans la Haute Egypte, en Abyssinie et jusqu'en Sénégambie. On sait que ce Saurien était employé autrefois comme produit pharmaceutique et qu'il faisait partie de la thériaque de Venise.

Lacertidés. Parmi les Sauriens de cette famille qui font partie de la faune française, nous devons citer d'abord le Lézard ocellé (Lacerta oceîlata). On ne le trouve que dans des provinces du Midi. C'est notre plus grande espèce; il atleiul en effet, fréquemment, 0"%50 en longueur. 11 est vert, piqueté de noir, et présente sur les flancs de grandes taches bleues. Ce Lacertien se retrouve avec les mêmes caractères dans toute la région méditerranéenne. — Le Lézard vert {Lacerta viridis) est vert ou brun verdâtre, piqueté de jaune; dans certains cas il présente de chaque côté, le long des flancs, une raie de couleur blanche : c'est alors le L. hilineata de quelques auteurs, dans lesquels on doit voir non une espèce distincte, mais une simple variété. Sa longueur moyenne est de 0,'"52; il est plus répandu que le précédent. — Le Lézard oxycéphale (I. oxycephala) est blanc verdâtre en dessous ; sa tête est déprimée et son museau pointu. On ne le signale encore qu'en Corse. — Le Lézard des murailles (I. muralis) est, au contraire, commun partout; il présente de nombreuses variétés toutes reconnaissables au sillon qu'elles portent sous la gorge, à leur tète peu acuminée et à leur plaque naso-frénale généralement double. — Le Lézard vivipare {Lacerta vivipara) est brun noir sur le dos avec une ligne médiane noire, son ventre est orangé et tacheté de noir ; ses flancs présentent une bande noire bordée de blanc : il offre la singulière propriété d'être ovo-vivipare. Cette espèce n'est pas très-répandue ; on en a fait un genre à part sous le nom de Zootoca.

Les Psammodromes [Psammodromus) sont aussi des Lacertidés, mais ils tHffèrent des vrais Lézards par quelques caractères secondaires. Le Reptile qui

FRANCE (faune). 251

sert de type à ce genre est le Psammodrome d'Ed^vards (P. Edwardisianus) du littoral de la Méditerranée.

Scincidés. C'est aux groupe des Scinques qu'appartiennent le Seps clialcide {Seps chaJcides) et l'Orvet fragile {Anguis fragilis) appelé Lauveau, Serpent de verre, etc. Le premier de ces Reptiles, que l'on ne rencontre en France que dans les départements méridionaux, possède deux paires de pattes, mais elles sont petites et comme rudimentaires; en outre chacune d'elles ne porte que trois doigts. Le second manque de membres, extérieurement du moins, ou n'en a que de tout à fait rudimentaires qui disparaissent peu de temps oprès la naissance, de telle manière que l'épaule et le bassin sont les seuls représentants de ces organes. 11 vit dans toute l'étendue de notre pays, et on le rencontre depuis les bords de la Méditerranée jusqu'en Suède et en Sibérie. C'est un Reptile absolument inoffensif, malgré les reproches qu'on lui adresse partout et les accusations souvent bizarres dont il est l'objet.

Le troisième groupe des Sauriens dont nous ayons à parler est celui des Geckotidés, ou Ascolabotes, Reptiles à vertèbres bi-concaves, à la manière de celles de certains anciens animaux du même ordre, au lieu d'être procseliennes. Comme celle de tous les Vertébrés du même ordre, ils ont la peau verruqueuse, le corps et la tète aplatis, et leurs doigts, qui sont élargis sur toute leur longueur, sont garnis en dessous de lamelles imbriquées simples ou doubles leur permettant d'adhérer aux surfaces verticales ou de marcher sous les plafonds. Les bords de la Méditerranée fournissent le Platydactyle des murailles (Platijdactyiiis muralis), l'Hémidactyle verruculeux {Hemidactyles verruculatus), le Phyllodactyle d'Europe [Phyllodachjlus europœus), le Gymnodactyle mauritanique [Gymnodactylus mauritaniens) d'Algérie et le Sténodactylo mauritanique (Sienodactyhis mauntanicus) de la même localité, mais c'est particulièrement le PI. des murailles qui est surtout commun dans nos villes du littoral de la Provence et du Roussillon, à Menton, Nice, Marseille, Cette, Port-Vendres, Collioure, etc. Les œufs de Geckos sont presque sphériques et entourés d'une coquille calcaire de couleur blanche.

Sauriens fossiles. En France , comme ailleurs , les débris de Sauriens que l'on trouve enfouis dans les terrains tertiaires indiquent des espèces peu différentes de celles d'à présent et qui, en général, rentrent dans les mêmes familles ou paraissent s'en éloigner d'une manière peu considérable. Au contraire, les Reptiles des âges antérieurs, soit ceux des périodes crétacée, oolithique, liasique, triasique, soit ceux du carbonifère, qui sont d'ailleurs moins nombreux que les autres, ont possédé une organisation tout à fait différente. Leur taille était en général de beaucoup supérieure, et il en est parmi eux qui égalaient à cet égard les plus grands Mammifères ; en outre leurs caractères les éloignaient, dans la plupart des cas, des genres qui leur ont succédé. Ils avaient des allures ainsi qu'un genre de vie tout autres, et il en est qui sont assez différents, non-seulement sous ce double rapport, mais même par leur construction anatomique, pour qu'on ait dû établir, en vue de les y classer, des ordres à part. C'est ce qui a été fait pour les Ptérodactyles, les Simosauriens, les Plésiosaures et surtout les Ichthyosaures, animaux pélagiens que l'on peut regarder comme ayant tenu la place des Mammifères cétacés dont l'apparition n'avait point encore eu lieu.

Sauriens de la période tertiaire. Les principaux gisements où il en a - été rencontré des débris sont ceux d'Apt, de la Limagne, de Sansans (Gers) et

252 FRANCE (faune).

du Quercy (Lot-et-Garonne), etc. On les a rapportés aux espèces suivantes : Lacerla (plusieurs espèces). — Agama GaUiœ 11. Filhol. — Plestiodon caâurcense H. F. — Dracœnosaurus Croiseti P. Gerv. — Anguis (plusieurs espèces),

Placosaurus rugosus P. G. — Iguana europœaR. F. — Varanus marga-

riticeps P. G. — Varenopsis Cayluxi H. F. — Les Yaraniens paraissent avoir déjà existé lors du dépôt des terrains oocènes les plus inférieurs (orthrocène). Le docteur Lemoine a découvert dans les mêmes terrains un genre dont les caractères différaient certainement d'une manière notable de ceux des autres Sauriens propres à la même période pour se rapprocher, du moins d'après ce que nous savons, des Simosauriens ; l'espèce a été dénommée, par P. Gervais, Simœdosaurus Lemoinii.

CLASSE DES BATRACIENS. Ces animaux, longtemps classés avec les Reptiles et dont plusieurs, les Salamandres et les Tritons, par exemple, ont même été réunis génériquement aux Lézards, en ont d'abord été séparés comme ordre à la suite des observations de Hermann, professeur français de Strasbourg-, et c'est de Blainville qui leur a assigné leur véritable valeur taxonomique en montrant qu'ils devaient constituer non pas un ordre, mais une classe à part. Or cette classe devint la cinquième de l'embranchement des Vertébrés. En effet, les Batiaciens diffèrent des Reptiles ordinaires par des caractères de leur squelette, celui entre autres de posséder deux condyles occipitaux ; ils ont la peau nue, manquent d'organes de copulation et subissent, soit à l'intérieur du corps de leur mère, soit le plus souvent après leur éclosion ou leur naissance, des métamorphoses telles que, d'abord privés de poumons et ne respirant que par des branchies, ils perdent bientôt ces dernières en respirant l'air atmosphérique, leurs poumons ayant pris un développement suffisant. L'examen de leur mode de développement est venu plus récemment conlirmer ce mode de classification. Les Batraciens, que de Blainville appelait des Vertébrés ichtliyoïdes, sont, comme les Poissons, des animaux dépourvus d'anmios et d'allantoïde,etce fait important indique qu'ils ont plus d'analogie avec les Vertébrés de la cinquième classe qu'avec ceux des trois premières dont l'anatomiste célèbi'e que nous venons de citer taisait ses Ornithoïdes.

H existe trois grandes divisions parmi les Batraciens :

1" Les Anoures, dont la métamorphose est telle qu'ils perdent jusqu'à la queue dont ils étaient d'abord pourvus; ce sont les Rainettes, les Grenouilles et les Crapauds. 2° Les Urodèles, Batraciens à queue persistante et dont les branchies ne se flétrissent pas toujours, quoiqu'ils acquièrent des poumons; lorsqu'ils présentent à la fois ces deux sortes d'organes respiratoires, on les nomme Pérennibranches; ce sont alors de véritables amphibies. 5° Les Péromèles ou Cécilies, dont le corps est serpentiforme, la queue fort courte. Ils ont été longtemps rangés parmi les Ophidiens, mais l'examen de leui-s caractères ne laisse aucun doute sur leurs affinités avec les Batraciens.

Il n'existe pas de représentants de la famille des Céciliés en Europe, mais les Anoures et les Urodèles sont représentés sur ce continent par un certain nombre d'espèces

Ordre des Anoures. Les Batraciens de cet ordre sont les plus parfaits des animaux de la même classe en ce sens que leurs métamorphoses sont plus complètes que celles des autres. Ils sont plus ou moins nombreux dans les pays tempérés et plus abondants encore dans les pays chauds où la variété de leurs carac-

FRANCE (faune). 2^5

tères devient alors très-remarquable. On en a constitue' deux grandes divisions : ceux qui ont une langue bien développée {phrijnoglosses) et ceux qui manquent de cet organe {phry^iaglosses) . Nous n'avons aucun représentant des Anoures privés de langue, dont il n'y a d'ailleurs que deux genres connus : les A. d'Amérique et les Dactylèthres de l'Afrique. Les pbrynoglosses, que l'on partage en Hylaiformes ou Rainettes, Raniformes ou Grenouilles, et Bufoniformes ou Crapauds, nous fournissent, au contraire, chacun une ou plusieurs espèces .

Le joli Batracien appelé Rainette {Hyla viridis), qui a pour caractères d'être pourvu de dents à la mâchoire supérieure et d'avoir les doigts terminés par des pelotes préhensiles, ce qui lui permet de se fixer sur les arbres et même sur leurs feuilles, représente les hyléformes dans la faune européenne ; il s'étend jusqu'en Suède, et on le retrouve dans le nord de l'Afrique ainsi que dans une partie de l'Asie.

Les raniformes sont d'autres Anoures pourvus de dents aux maxillaires supéi'Jeures, mais qui n'ont pas les doigts terminés par des pelotes; ils nous fournissent la Grenouille ordinaire {Hana viridis), dont on sépare le jR. agilis Thomas, et R. oxyrliina, Steenstrup, espèces ou variétés également alimentaires. La Grenouille rousse ou des bois [R. temporaria Linné) est facile à distinguer des espèces précédentes. — Un autre genre est celui des Pclodytes, dont l'espèce unique est le P. ponctué {Pelodytes punctatus) qui se tient de préférence sous les pierres. — L'Alyte accoucheur (Alytes obstetricans) est le type d'un troisième genre européen. Le mâle porte sur lui les œufs, attachés à ses propres jambes, comme de petites grappes, et c'est là qu'ils opèrent les premières phases de leur développement ; il se rend ensuite à l'eau, les œufs se détachent, et ils ne tardent pas à éclore. Cette particularité a rendu facile l'étude embryogénique des Alytes.

Le Sonneur [Bombinator igneus) est marqué en dessous de jaune orangé presque de couleur de feu, mêlé à de larges taches bleuâtres.

A la même division appartiennent les Pélobates, dont le crâne est protégé par une voûte osseuse et qui portent au métatarse un tubercule corné de forme tranchante. Il y en a deux espèces dont la plus grosse est le Pélobate cultripède {Pélobates cuUripes) , animal des parties marécageuses du littoral maritime de certaines parties de la France, telles que la Bretagne et le midi de la France ; Bugès a donné à son égard des détails anatomiques intéressants, dans son 3Iémoire sur les Batraciens. L'autre espèce ou le Pélobate brun (P. fusons) devient moins forte et sa carapace céphalique n'est pas aussi développée; elle est plus répandue. C'est un des Anoures que l'on prend aux environs de Paris.

Un autre genre européen ne vit que dans les îles de la Méditerranée ou dans le nord de l'Afrique, c'est celui des Discoglosses {Discoglossns pictus) que nous voyons en Corse, mais que l'on ne trouve nulle part dans la France continentale.

Les autres Batraciens, de la famille des Anoures, manquent de dents à l'une et à l'autre mâchoire, et ils ont les doigts de forme ordinaire. Ils pondent en lono^s chapelets où les œufs sont placés sur deux rangs. Ce sont les Bufoniformes, dont un seul genre, celui des Crapauds [G. Bufo), nous fournit deux ou trois espèces. Leur peau est garnie de nombreuses glandes sécrétrices, en forme de verrues dont le venin peut avoir une action funeste sur certains animaux, surtout si l'on en emploie la partie active après l'avoir séparée des substances qui l'accom-

254 FllAiNCE (faune).

pagnent'. Les espèces Bufoniformes faisant partie de notre faune sont : le Crapaud commun (Bufo vulgaris, aussi appelé B. cinereiis) ; le Crapaud vert {B. viridis ou variabilis), qui se reconnaît au premier abord à la ligne jaunâtre qu'il porte le long de l'épine dorsale ; on le nomme habituellement rayon vert. Crapaud des joncs ou Calamités. Divers auteurs en séparent spécifiquement sous ce dernier nom [Bufo calamita Laurenti), et comme constituant une espèce à part, une forme dans laquelle d'autres ne voient qu'une variété du Crapaud vert. Pour M. V. Falio le Calamité constitue réellement une espèce distincte.

Anodres fossiles. On connaît des Batraciens anoures ayant vécu pendant l'époque tertiaire. Il s'en rencontre de très-bien conservés dans les lignites des bords du Rhin; la France en fournit aussi. M. P. Gervais a signalé, du reste, deux grenouilles dans le terrain miocène inférieur d'Armissan (Aude) ; on en connaît dans les marnes des proïcènes d'Aix (Bouches-du-Rhône) : Rana aquensis ou Dumerili, et Cuvier a signalé dans les plâtrières de Montmartre, près Paris, un animal de la même division qui a été regardé comme une espèce de Bombinator? Des Anoures rappelant les Pélobates par certains os de leur crâne font partie des fossiles recueillis à Sansans (Gers), et il y en a de très-singuliers dans les phosphorites du Quercy, gisements qui sont si riches en débris de Vertébrés aériens de toutes sortes.

Certains individus de ces derniers ont conservé leur aspect extérieur, et leur peau est pour ainsi dire intacte, vitrifiée qu'elle a été par l'envahissement du phosphate de chaux qui s'est substitué à ses principes organiques. M. L. Filhol attribue ces curieux débris de la faune tertiaire à deux genres, et il leur donne les noms de Bana plicata et Bufo servatus.

M. de l'Isle regarde comme devant devenir le type d'un genre à part le Bufoniforme fossile trouvé à Durfort (Gard) dans le même gisement que VElephas meridionalis dont le squelette monté existe au Muséum; il l'appelle P/atospks Gervaisii.

Ordre des urodèles. Si nous passons maintenant à l'ordre des Urodèles, nous remarquons parmi les animaux faisant partie de la faune de notre pays diverses espèces de Salamandrides, animaux dont les vertèbres sont concavo-convexes, du moins dans l'âge adulte; il n'existe en effet, chez nous, aucun Urodèle ayant les vertèbres biconcaves, et l'on ne peut citer dans les faunes tertiaires de l'Europe, comme étant dans ce cas, que VAndrias Scheuzeri, espèce gigantesque de Salamandres, comparable à celle qui habite actuellement le Japon.

La Salamandre tachetée {Salamandra maculosa) a le corps d'un noir luisant, marqué de grandes taches jaune vif en dessus et en dessous, elle atteint 0,18 de long, est comme cylindrique et a la queue ronde; ses glandes cutanées sont fort développées. Elle est ovo-vivipare. Lorsque ses petits viennent au monde, ils sont grisâtres et leurs taches jaunes sont peu apparentes ; à cet état, ils possèdent des branchies, et leur queue, qui est comprimée, est pourvue d'une forte crête natatoire : ce sont alors des animaux aquatiques ; les adultes ou les jeunes qui ont subi leur métamorphose se tiennent à terre, dans les endroits humides des forêts, soit sous les feuilles mortes, soit dans les constructions destinées aux passage des eaux. Cette espèce est assez répandue et fait plusieurs petits à chaque portée. Funk a donné la monographie de ce Batracien dans un ouvrage fait avec le plus grand soin. On distingue de l'espèce précédente, mais peut-

* Voir les articles Crapaud et Salamandre de ce Dictionnaire.

FRANCE (fauke). 255

être à tort, la Salamandre de Corse [S. Corsica) et de Sardaigne, qui n'en est sans doute qu'une simple variété. — La Salamandre noire (S. alra) des montagnes de la Savoie, de celles de la Suisse, du Tyrol et de plusieurs chaînes avoisinantes, se distingue par la couleur entièrement noire ou noirâtre et par le manque de taches jaunes ; elle a la peau lisse et sa forme est à peu près la même que celle des précédentes. Les Salamandres de cette espèce naissent après avoir subi, dans l'oviducte de leur mère, les métamorphoses que les autres accomplissent dans l'eau, mais, par une singularité qui mérite d'être signalée, il n'y a qu'un seul petit pour chaque portée, bien qu'il descende plusieurs œufs dans chacun des oviductes, ce qui tient à ce que cet œuf est le seul qui soit mis en rapport avec les zoospermes qu'il reçoit d'une sorte de poche copulatrice située auprès de l'ouverture du cloaque. Les autres Salamandrides de France ' rentrent dans la tribu des Tritons. Le moins différent de celles qui précèdent est le Triton marbré [Trito marmoratus), que divers auteurs placent dans un sous-genre à part sous le nom de Geotriton. Il est élégamment marbré de bruu, de vert et de jaune, mais sans grandes plaques comparables cà celle de la Salamandre terrestre, et sa taille approche de celle de cette dernière; après avoir perdu ses branchies, il vit de préférence sous les pierres et dans les réduits humides; sans être commun nulle part, il se trouve dans un assez grand nombre de localités.

I/Enprocte de Rusconi (Euproctus Rusconii) est bien reconnaissable à la forme de son crâne et il présente d'autres caractères encore. On l'a d'abord observé en Sardaigne, et c'est M. Gêné qui l'a le premier décrit sous le nom qui vient d'être rappelé; il existe dans d'autres pays, particulièrement dans les Pyrénées. Cet urodèle a reçu des auteurs plusieurs dénominations, il a été appelé T. glacialis par M. Philippe, T. cinereiis, rugosus, punctulatus, Bibronia, et Repayidus par A. Diimeril; enfin, T. asper par M. Alf. Dugès; c'est aussi le Molge platijcephaîa d'Otto.

Le Tritonàcrête {Trito cristatiis) est une des espèces les plus répandues, nonseulement en France, mais dans le reste de l'Europe ; ou la prend depuis les bords de la Méditerranée jusqu'en Suède. Le mâle est pourvu d'une forte crête pendant le temps des amours; sa couleur générale est noirâtre et il a le dessous du corps orangé; c'est une de nos plus grandes espèces.

Le Triton ponctué {T riton pundatiis) ne diffère pas d'une manière considérable de l'espèce que nous venons de décrire. De même que le Triton à crête, il est commun dans un grand nombre de localités; sa femelle a reçu deLatreille' qui l'avait prise pour une espèce distincte, le nom de Triton abdominal. Un autre Triton, surtout propre à l'Angleterre, a été décrit sous le nom de T. Bibronii; il a été signalé en France, mais sans certitude. Un autre que Laurenti appelait T. alpestris s'y rencontre plus sûrement et il a été signalé aux environs de Paris ainsi que dans plusieurs pays voisins du nôtre, tels que Ja Belgique, l'Allemagne et la Suisse; il se fait remarquer par la vivacité de ses couleurs. Quant mxT vittatus Gray et Blasii de l'Isle, ils ont besoin d'être étudiés de nouveau. La palraature des pattes postérieures dans le sexe mâle, surtout pendant le temps des amours, est un bon signe distinctif du Triton palmipède [T palmatus), qm est le plus commun des animaux de cette famille et le plus petit de

« Le Triton Poireti P. Gerv., dont on a fait le penre Glossifaga, n'a encore été observé qu en Algene Vo.r pour les caractères crâniens et ceux des Tritons de France : P Gerv Zool. et pal. franc., p. 499, pi, 65 ueiv..

256 FRANCE (fau>e).

ceux qui vivent chez nous. D'après Otth, il faut en distinguer, sous la dénomination de Triton lobé {T. lohutus Otthj, un Triton qui habite aussi notre pays, mais qui s'en distingue par quelques caraclères; M. V. Fatio accepte cette manière de voir, et il associe le Triton lobé au Triton palmipède pour en faire un petit genre qui a été appelé Lissotriton par Ch. Bonaparte.

Quelques Tritons appartenant à l'Europe méridionale constituent des espèces encore différentes de celles-là; on en signale particulièrement en Espagne et en Portugal, il en existe aussi en Italie. Les Batraciens de cette famille sont plus nombreux dans l'Amérique septentrionale qu'ailleurs, et ils y sont de forme plus variée. On n'en connaît pas dans les régions intertropicales et australes.

Quelques traces de Batraciens urodèles ont été constatées dans les terrains tertiaires, et parmi elles il en est qui indiquent une espèce à vertèbres biconcaves grands comme la Salamandre gigantesque du .lapon et du Thibet. C est VAndriati Scheuzeri, signalé dans le courant du dernier siècle comme provenant de l'homme fossile, mais dont Cuvier a reconnu la véritable nature. Des fossiles de cette grande Salamandre ont été trouvés à Œningen, en Suisse, dans un terrain tertiaire moyen d'origine lacustre.

Faut-il ranger parmi les Urodèles de la division des Tritons, comme le fait M. Gaudry, le petit animal fort semblable, du reste, par son apparence, aux animaux de cette famille, qui a laissé des squelettes dans les schistes permiens des environs d'Autun.Nous ne saurions partager cette manière de voir, qui touche, comme chacun peut s'en faire une idée, à l'un des points les plus délicats de la fdiation des êtres organisés. Nous n'objecterons pas à ce savant paléontologiste l'immense intervalle de temps existant entre la faune permienne et les faunes tertiaires, ni, ce qui pourtant n'est pas moins digne d'attention, la difficulté d'admettre un aussi grand intervalle de temps entre l'existence du Protriton ou Triton permien et les Tritons actuels ou tertiaires ; mais je ferai remarquer que les os du Prolriton, étudiés au microscope, n'ont pas la structure de ceux des Tritons véritables et, en outre, que ses vertèbres diffèrent à la fois de celles des derniers en ce qu'elles ne possèdent ni la forme concavo-convexe, propre aux Tritons lorsque ceux-ci sont arrivés à l'âge adulte, ni celle particulière aux Batraciens lorsqu'ils n'ont pas encore entièrement accompli leurs métamorphoses. A notre avis, c'est des autres Batraciens paléozoïqueset non des Urodèles des temps géologiques modernes que l'on doit rapprocher les Protritons.

Les Batraciens paléozoïques s'éloignent notablement par leurs caractères de ceux des époques récentes et, par une singularité digne d'être remarquée, on ne connaît encore dans les dépôts jurassiques qu'un genre de ce groupes ; il est des assises les plus inférieures de la série secondaire, c'est-à-dire du trias, et il y en a eu pendant que les terrains carbonifères se déposaient. Les Batraciens de cette époque ont été parfois nommés Dlnobatraciens, parce que beaucoup d'entre eux ont dépassé en dimension ceux qui vivent de nos jours. C'était en particulier le cas des Labyrhinthodons ou Mastodonsaures, qui ont laissé par endroits leurs pistes, c'est-à-dire les empreintes de leurs pieds moulées pendant la marche dans l'argile et conservées en relief à la surface inférieure des couches de grès qui ont recouvert ces argiles. Il s'en rencontre un gisement considérable dans les grès bigarrés du Larzac, à peu de distance de Lodève (Hérault). Des animaux analogues ont été signalés soit d'après leurs pistes, soit d'après des os ou des dents en Lorraine, en Alsace, à Saint- Valbert, près Luxeuil, par M. Daubrée, et sur divers points de l'Allemagne ou de l'Angleterre. Le genre carbonifère et

FRANCE (faune). 257

Tpevmxen àes Archegosaurus a été observé à Saarbruck, ainsi qu'à Laybach, dans le terrain carbonifère; le genre Actinodus (Gaudry), lequel ne parait pas devoir en être distingué, et l'espèce qui lui sert de type est sans doute très-voisine de V Archeqosaure laticeps, si elle n'est identique avec lui.

M. P. Gervais a fait mention de pistes plus petites que cellesde Labyrinthodons ordinaires trouvées dans le grès bigarré deMontagnols (Aveyron) par M. le docteur Reynès, savant naturaliste enlevé récemment aux sciences naturelles qu'il cultivait avec autant d'ardeur que de talent.

CLASSE DES POISSONS. Le nombre considérable des espèces qui forment cette classe et l'importance que beaucoup d'entre elles ont dans l'alimentation nous engagent à entrer à leur égard dans des détails plus circonstanciés que ceux qui viennent d'être donnés relativement aux deux classes précédentes. L'ordre suivant lequel il en sera question est celui-ci : Acanthoptérygiens ^ Malacoptérycjiens abdominaux , Malacopoptérygiens siihbrachiens , Malacoptérygien s apodes, Sturioniens, Lophohr anches , Ptectognatlws, Sélaciens, Cyclostomes et Heptocardiens. Il est bien entendu que telle n'est pas la classification naturelle de ces animaux, qui sera discutée à propos des Poissons fossiles dont nous parlerons dans un article spécial et surtout dans l'article Poissons (voy. ce mot) de ce Dictionnaire. En l'adoptant nous avons surtout voulu nous rapprocher de Cuvier, dont les travaux relatifs aux Poissons sont restés classiques, et, comme elle répond mieux au but que nous nous pz'oposons, c'est elle que nous avons cru devoir préférer.

Ordre des Aeantiioptér^g^lens. Cet ordre comprend un assez grand nombre de familles ; nous commencerons par celle des Percidés.

L Famille des Peucidés. Cette famille, qui se compose en grande partie d'espèces marines, comprend aussi quelques Poissons habitant nos eaux douces Les Percidés ont le corps allongé et recouvert d'écaillés cténoïdes • leurs nageoires ventrales sont placées au-dessous des pectorales ; les dents au! arment leurs maxillaires, les intermaxillaires, les palatins et le vomer sont petites et aiguës, on les désigne sous le nom de dents en cardes ou en velours L'operculede ces Poissons est dentelé ou épineux, et leurs rayons branchiostéo^es sont au nombre de cinq à sept. Ils ont le canal intestinal court et dépourvu d'appendices pyloriques.

1" Genre Perche {Perça Linné). Ce genre est représenté dans nos eaux douces par deux espèces qui ne sont probablement que deux variétés. La première est la Perche commune {Perça fluviatilis), poisson aux vives couleurs et que l'on prend généralement comme type des Acanthoptérygiens. Il habite tous les cours d'eau et les lacs de l'Europe. La seconde espèce est la Perche des Vosges • on la prend dans les lacs et les étangs du N.-E. de la France, principalement dans ceux de Longemer et de Gérardmer.

Un poisson assez semblable à nos Perches, mais classé par les naturalistes dans un genre voisin, le genre Lucie perça, habite quelques-uns de nos cours d'eau où il a été acclimaté depuis quelques années seulement. Il est encore peu abondant : c'est la Sandre, poisson très-commun dans l'Allemagne, la Pmssie et le nord de l'Europe.

2" Genre Gremille {Acerina Cuvier). Ce genre ne comprend qu'une seule espèce, la Gremille {Acerina cermia), que l'on appelle aussi Perche goujonnière Goujon perchât, etc., etc. Ce poisson n'a qu'une seule nageoire dorsale et Je'

DICT. ENC. 4:= s. V. jy

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parties latérales de sa tête sont marquées de fossettes profondes ; il est assez abondant dans l'O. et l'E. de la France. On le prend la Gremille dans Rhin, la Seine, le Rhône et les rivières qui y portent leurs eaux.

3" Genre Apron [Aspro Cuvier). L'Apron commun [Aspro vulgaris) se trouve en France dans le Rhône et ses affluents. C'est un poisson de petite taille, dont le corps est allongé et presque cylindrique.

4" Genre Labrax {Labrax Cuvier). Ce genre n'est représenté sur nos côtes que par une seule espèce, le Bar (Labrax lupus), poisson atteignant souvent une forte taille et dont la chair est très-estimée. Les pêcheurs de la Méditerranée le désignent sous le nom de Loup. Le Bar ressemble beaucoup à la Perche comme aspect extérieur; mais il se distingue des poissons du genre auquel elle appartient par la présence de dents en velours sur la langue. Il habite la 3Iéditerranée et l'Océan.

5" Genre Âpogon [Apogon Lacép.). L'Apogon roi des Mulets [Apogon rex mullorum) fréquente, mais très-rarement, nos côtes de la Jléditerranée; c'est un poisson de haute mer, dont le corps est recouvert de grandes écailles qui se détachent et tombent facilement. 11 n'a jamais été signalé dans l'Océan.

7° Genre Anthias {Anthias Bloch.). Les poissons du genre Anthias ont le corps élevé comprimé et pourvu d'une seule nageoire dorsale; leurs mâchoires sont ornées de dents d'inégale grandeur, leur langue est lisse. Il est représenté sur nos côtes par le Barbier {Anthias sacer), l'un des plus beaux poissons de la Méditerranée. Son corps est d'iài rouge vif à reflets dorés; les parties latérales de sa tête et sa gorge sont parcourues par des bandes jaunâtres et marquées de taches vertes séparées par des bandes de môme couleur.

7° Geni'e Serran {Serranus Cuvier). Les Serrans sont caractérisés par une seule nageoire dorsale, un opercule muni d'épines, un préopercule finement dentelé, et des mâchoires garnies de dents d'inégale grandeur ; les palatins et le vomer sont aussi pourvus de ces organes. Ces poissons sont hermaphrodites et plusieurs de leurs espèces fréquentent nos côtes. La plus commune de toutes est le Serran commun {Serranus cabrilla), qui se trouve dans la Méditerranée, l'Océan atlantique et la Manche. Viennent ensuite : le Serran écriture {Serranus scriba) , qui habite la Méditerranée où il est très-abondant ; on le trouve sur tous les marchés du midi de la France ; le Serran hépate {Serranus hepatus), espèce méditerranéenne comme la précédente et désignée par les pêcheurs provençaux et languedociens sous le nom de Petaïre. Citons encore le Serran argus {Serranus argus), le Serran à bandes {Serranus fasciatus) et le Serran jaune {Serranus flavus) , qui ne sont peut-être que des variétés des espèces précédentes et que l'on pêche sur nos côtes méditerranéennes, principalement dans les parages de Cette et de Nice.

8° Genre Mérou {Merou Cuvier). Genre très-voisin des Serrans proprement dits, dont une espèce, le Mérou {Serranus gigas), se prend sur toutes les côtes de la Méditerranée et remonte parfois dans l'Océan atlantique jusque dans le golfe de Gascogne. On ne le prend qu'accidentellement plus au N. La chair de ce poisson est très-estimée; il se rapproche des côtes au printemps, et certains individus pris à cette époque peuvent atteindre le poids de 5 ou 6 kilogrammes.

9° Genre Polyprion {Polyprion Cuvier). Un poisson de ce genre, le Cernier {Pohjprion cernlum), se rencontre assez rarement sur nos côtes de la Méditerranée ainsi que sur celles de l'Océan. Il atteint une taille considérable et peut

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peser jusqu'à huit ou dix kilogrammes. Sa chair blanche et tendre est assez recherchée.

11. Famille des Trachinidés. Cette famille est représentée sur nos côtes par deux genres. Les poissons qui la composent ont le corps allongé et recouvert d'écaillés cycloïdes; leurs nageoires ventrales sont placées sous la gorge et leurs nageoires dorsales sont au nombre de deux. Ils ont les dents en velours.

1° Genre Uranoscope [Urnnoscopus Linné). La seule espèce de ce genre qui fréquente nos côtes, l'Uranoscope vulgaire [Uranoscopus Scaber), a le corps recouvert de petites écailles; ^:a tète assez renflée a les yeux rejetés en dessus. On la trouve seulement dans la Méditerranée où elle est très-commune dans le voisinage de nos côtes. Ce poisson vit dans la vase, sa chair, qui est de mauvais goût, est peu recherchée.

2° Genre Vive [Trachinns Linné). Ces poissons ont la tète comprimée et rugueuse et leurs yeux sont plus reportés sur les côtés que dans le genre précédent. Nous trouvons sur nos côtes la Vive commune {Trachinus draco), appelée aussi par nos pêcheurs Grande Vive, Dragon de mer, etc. , etc. Elle est assez commune dans la Méditerranée ; l'habitude qu'a ce poisson de se cacher dans le sable, ne laissant sortir que la partie supérieure de sa tête et de son dos, dont la nageoire est armée d'un piquant très-fort, en fait un poisson très-redouté de pêcheurs qui ont l'habitude de marcher nu-pieds sur les plages sablonneuses.

m. Famille des Sphïrénidés. Cette famille n'est représentée sur nos côtes que par une seule espèce appartenant au genre Sphyrène [Sphyrœna Bloch.). Ce poisson, auquel on donne vulgairement le nom de Brochet de mer, est assez rare dans la Méditerranée ; il a été signalé aussi dans l'Océan atlantique, mais n'a pas encore été pris dans la Manche. Son corps allongé et recouvei't de petites écailles atteint des dimensions assez fortes et peut mesurer jusqu'à trois pieds de longueur. Sa chair est blanche etdéhcate.

IV. Famille des Mullidés. Les MuUidés ont le corps allongé, peu comprimé et recou\ert de grandes écailles; ils sont pourvus de deux nageoires dorsales espacées l'une de l'autre et portent sous la gorge, dans le voisinage de la symphyse du maxillaire inférieur, deux longs barbillons.

I" Genre Mulet {Mullus Linné). Ce genre est représenté sur nos côtes par deux espèces. Ces poissons ont la mâchoire supérieure dépourvue de dents; leur mâclion-e inférieure est au contraire garnie des dents en velours et l'on voit des organes de même nature en forme de pavés sur le vomer. La première de ces espèces, le Surmulet [Mullus surmuletus), est assez rare sur nos côtes delà Méditerranée, de l'Océan de la Manche; on la prend aussi dans la mer du Nord et jusque dans la Baltique; la seconde est le Rouget barbet [Mullus harhatus), rare sur nos côtes de l'Atlantique et de la Manche, très abondant au contraire dans la Méditerranée, où il est désigné sous le nom de Roidjet. Ce poisson, dont la chair est très-estimée, est une des espèces les plus anciennement connues; il faisait autrefois les caprices des patriciens romains, qui payaient un seul de ces animaux jusqu'à 6000 sesterces (1168 francs environ de notre monnaie courante), et les faisaient passer vivants sous les yeux de leurs convives, qui admiraient avec délices les changements de couleurs par lesquels une agonie lente et douloureuse faisait passer le poisson.

V. Famille des Triglidiïs. Les Triglidés, qui rentrent dans le groupe des Acanthoptérygiens à joues cuirassées de Guvier, ont le corps allongé, quelquefois

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lisse, le plus souvent recouvert d'écaillés grandes et rugueuses. Leur tête est volumineuse, de forme irrégulière et garnie de saillies surmontées d'épines. Ils ont deux nageoires dorsales ; leurs pectorales sont souvent très-développées en forme d'ailes et se terminent en avant par des rayons libres servant d'organes de tact. Cette famille ne comprend pas moins de neuf genres renfermant un orand nombre d'espèces dont une seule habite nos eaux douces. Ces genres sont les suivants :

1° Genre Chabot {Cottiis Linné). Les Chabots ont les mâchoires armées de dents fines et pointues. Une espèce de ce genre habite nos eaux douces : c'est le Chabot commun {Cottus gobio) que l'on trouve en abondance dans presque tous les cours d'eau de l'Europe; il est très-commun en France où il porte les noms de Séchot, Godet, Linotte, Caboche, etc., etc. Ce poisson n'a aucune valeur alimentaire.

Les espèces marines sont : le Cotte scorpion {Cottus scorpius), qui fréquente nos plages de l'Océan et de la Manche ; il remonte aussi jusque dans la mer du Nord. Le corps de ce poisson est ordinairement dépourvu d'écaillés ; certains sujets présentent cependant quelques-uns de ces organes sur la ligne latérale où ils sont peu nombreux et armés d'épines. Vient ensuite le Chaboisseau à longues épines [Cottus buhalis), qui est très-abondant sur nos côtes de l'O. et du N. Cette espèce qui ressemble assez à la précédente en diffère surtout par la coloration. La troisième espèce est le Chaboisseau à quatre cornes [Cottus quadricornis) , poisson très-rare sur nos côtes de la mer du Nord et de la Manche et qui n'a pas encore été signalé dans l'Océan atlantique et dans la d terranée.

2° Genre Trigle [Trigla Linné). Les poissons de ce genre ont le corps fusiforme et terminé en avant par une tête large, de forme presque cubique, très-aplatie dans sa région faciale. Les plaques céphaliques sont rugueuses et armées d'épines. Il en est de même des parties du corps situées au-dessus de l'insertion des nageoires pectorales. Les mâchoires de ces poissons ainsi que la partie antérieure de leur vomer sont garnies de dents en velours.

Les espèces de ce genre qui fréquentent nos côtes et que Ton voit le plus communément sur nos marchés sont: l^le Trigle grondin [Trigla cucidlus) que l'on appelle aussi Coucou, poisson très-abondant dans l'Océan atlantique, la Manche et la mer du Nord; sa tête et son corps sont d'un beau rouge vif, son ventre est blanc, ses nageoires sont aussi teintées de brillantes couleurs ; la dorsale et la caudale sont rouges, les pectorales jaunes, et l'anale blanche à la base est jaune à son bord libre. La chair de ce poisson est très-estimée ; 2" le Trigle camard [Trigla lineata), appelé aussi Belugan à Nice, Ibrougna sur les côtes du Languedoc ; cette espèce atteint 40 centimètres environ en longueur; on là prend sur toutes nos côtes; 3° le Trigle hirondelle [Trigla hirundo), commun dans la Méditerranée, l'Océan et la Manche; 4" le Trigle de Bloch [Trigla Blochii) ; 5« le Trigle lyre ( Trigla lijra) ; 6° le Trigle gournau ( Trigla gurnardus), habitant toutes nos côtes; 7° le Trigle morrude [Trigla obscura), assez commun dans la Méditerranée, surtout aux environs de Nice ; 8" enfin le Trigle caviglione [Trigla caviglione) qui fréquente nos côtes de Provence.

La chair de tous ces poissons rend de grands services au point de vue alimentaire.

3° Genre Véristédion [Peristedion, Lacép.). Ce genre n'est représenté sur nos côtes que par uns seule espèce, le Malarmat (Peristedion malarmat) ; elle est

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assez commune dans la Méditerranée, plus rare au contraire dans l'Océan et sur nos côtes de la Manche.

¥ Genre Aspidophore {Aspidophorus Lacép.). Un poisson de ce genre, l'Aspidophore européen {Aspidophorus europœus), se prend quelquefois dans la Manche et la mer du Nord ainsi que sur les côtes de l'Océan atlantique.

5° Genre Dactyloptère {Dactyloptem Cuvier). Ce genre fournit à notre faune ichthyologique le Dactyloptère yo\mt{Dactylopterus volitans), poisson singulier par la forme de son corps et le développement de ses nageoires pectorales qui lui permettent de s'élever au-dessus des flots lorsqu'il est poursuivi par quelque poisson carnassier ou quelque mammifère marin.

YI. Famille des gastérostéidés. Cette famille est représentée dans nos eaux douces par un assez grand nombre d'espèces dont quelques-unes sont encore mal définies ; on les a divisées en deux groupes : les Épinoches et les Épinochettes, groupes constituant le genre Épinoche. Ces poissons vivent aussi dans les eaux saumâtres. Lue autre espèce essentiellement marine, le Gastré, pour laquelle on a fait un genre à part, se trouve sur nos côtes de la Manche et de l'Océan ; sa taille est beaucoup plus grande que celle de nos espèces d'eau douce.

1° Genre Épinoche {Gastewsleus Cuvier). Il comprend quinze espèces qui sont : l°L'Épinoche aiguillonnée {Gast. acideatus); 2° l'Epinoche neustrienne [Gast. neustrianus) ; 5° l'Epinoche demi-armée {Gast. semiannatas) ; A" l'Epinoche demi-cuirassée {Gast. semi-loricatus) ; 5° l'Epinoche à queue lisse (Gast. leiurus); i3''VÉTpinochenrgentée (Gast. argentatissimus); 7° l'Epinoche de Bâillon (Gasf. Baï/o«z) ; 8" l'Epinoche élégante {Gast. elegans); 9" l'Epinoche à quatre épines {Gast. quadrispinosa) ; 10° l'Epinoche nimoise {Gast. nemausensis) ; 1 J" l'Epinochette piquante {Gast. pungitius); 12" l'Epinochette bourguignonne {Gast. burgundianus); 15" l'Epinochette lisse {Gast. lœvis) ; 14° l'Epinochette lorraine {Gast. lothuringus); lo" l'Epinochette à tète courte (Grts^ hreviceps). Notre colonie algérienne possède aussi une espèce d'Épinoche signalée pour la première fois par M. le professeur P. Gervais : c'est l'Epinoche algérienne {Gast. algeriensis) .

2° Genre Gastré {Spinaehia). Ce genre, comme nous l'avons dit, ne renferme qu'une seule espèce, le Gastré {Gast. spinaehia), que quelques auteurs font rentrer dans le genre précédent.

Vil. Famille dessciénoïdes. Cette famille est représentée sur les côtes deFrance par trois genres qui sont : 1° le genre Sciène {Sciœna Cuvier) dont une espèce, la Sciène aigle (Sciœna aquila), rare dans la Jlanche et l'océan Atlantique, se trouve abondamment dans le voisinage de nos côtes méditerranéennes. On la désigne généralement sous le nom de Maigre, son corps atteint jusqu'à cinq pieds de longueur et sa chair est très-agréable; 2° le genre Ombrine {Umbrina Cuvier) représenté dans les mêmes parages par l'Ombrine commune {Umbrina cirrhosa) ; a" le genre Corb {Corviua Cuvier), dont une espèce fréquente nos côtes de Provence et de Languedoc, c'est le Corb noir {Corvina nigra), dont la pêche se fait en été et dont la chair à une réelle valeur alimentaire.

VIII. Famille des sparidés. Les Sparidés se nourrissent de substances végétales et animales, quelques-unes de leurs espèces remontent le cours des rivières à certaines époques de l'année ; la dentition de ces poissons diffère assez suivant les genres pour qu'on puisse y trouver de très-bons caractères pour leur classification :

1" Genre Sargue {Sargus Linné), espèces : Sargue de Rondelet {Sargus Ronde-

262 FRANCE (faune).

/efii), habit. MéditeiTanée, océan Atlantique ; — Sargue de Salvien [Sargus Salviani) ; — Petit sargue {Sargus annnlaris) ; — Sargue vieille [Sargus vetula).

2° Genre Daurade {Chrisopophris Cuvier) ; espèce: Daurade vulgaire {Chrysophrys aurata), hab. Méditerranée, océan Atlantique.

o<* Genre Pagre (Pagrus Cuvier) ; espèces : Pagre vulgaire [Pagrus vulgaris), Méd., Océan; — Pagre orphe [Pagrus orphus), rare dans la Méd. et l'Océan.

¥ Genre Pagel [Pagellus Cuvier) ; espèces : Pagel commun [Pagellus erythrinm), hab. Méd., Océan; — Pagel à dents aiguës (Pagellus centrodontus),luh . Méd., Océan, Manche, mer du iVord; — Pagel acarne {Pagelius acarne) ,hah. Méd., Océan; — Pagel bogueravel [Pagellus bogaraveo). hab. Méd., Océan; — Pagel morme [Pagellus mormyrus), habit. Médit, (peu commun sur nos côtes).

5" Genre Dentex [Denlex Cuvier). Ce genre est représenté sur nos côtes de la Méditerranée et de l'Océan par deux espèces, qui sont : le Dentex vulgaire [Dentex vulgaris) et le Dentex à gros yeux [Dentex macrophthalmus) . Ces poissons sont assez rares.

6° Genre Ciautbère [Cantharus Cuvier). Des deux espèces de ce genre qui fréquentent nos eaux, l'une est très-commune dans la Manche et l'océan Atlantique, très-rare au contraire dans la Méditerranée : c'est le Canthère commun [Cayitharus vidgaris). L'autre, le Canthère orbicuîaire [Cantharus orhïcularis), n'a encore été signalée que dans la 3Iéditerranée.

. 7° Genre Bogue [Box Cuvier). Le genre Bogue nous fournit deux espèces assez communes dans la Méditerranée et qui remontent quelquefois dans l'océan Atlantique jusque sur nos côtes de l'ouest ; ce sont : le Bogue commun [Box vulgaris) et la Saupe [Boxsulpa), qui a le corps plus élevé que celui du poisson précédent et dont les couleurs sont des plus harmonieuses.

8° Genre Oblade [Oblata Cuvier). Ce genre ne renferme qu'une seule espèce, commune dans la Méditerranée et les parages de l'Atlantique voisins de celle mer, c'est l'Oblade commune [Oblata melanura) qui vit au milieu des rochers avoisinant les côtes.

XIX. Famille des ménidés. Ces poissons ont le corps oblong et comprimé ; leur tête est petite et leur bouche protactile ; nous en possédons deux genres :

1° Genre Mendole [Mœna Cuvier). Les quatre espèces de ce genre, la Mendole commune [Mœna vulgaris), la Mendole d'Osbeck [Mœna Osbeckii), la Mendole Vomérine [Mœna vomerlna) et la Mendole jusclc [Mœna jusculum), sont assez communes sur nos plages sablonneuses de Provence et de Languedoc, sauf la Mendole juscle qui est assez rare.

2° Genre Picarel [Smaris Cuvier). Quatre espèces méditerranéennes : le Picarel commun [Smaris vidgaris); — le Picarel raartin pêcheur [Smaris alcedo) ; — le Picarel de Mauri [Smaris Maurii) ; — et le Picarel insidiateur [Smaris insidiator), plus rare que les précédents et qui s'avance dans l'océan Atlantique jusque dans les parages de l'ile Madère.

X. Famille des scombéroïdes. Nous arrivons à la famille des Scombéroïdes dont les nombreux représentants ont une si grande utilité au point de vue alimentaire. La fécondité de quelques-unes des espèces de ce groupe est vraiment prodigieuse et les marins qui se livrent h leur pêche trouvent dans cette industrie la source d'inépuisables richesses. Les Scombéroides ont été répartis en un grand nombre de genres; nous allons énumérer ceux de ces "enres qui sont représentés sur nos côtes et les espèces qu'ils renferment :

1° Genre Scombre [Scomber Cuvier), comprenant plusieurs espèces dont la

plus importante de toutes est le Maquereau commun {Scomher scomher), dont la pèche se fait en grand au moment des passages et à certaines époques de l'année sur toutes nos côtes de la Manche de l'Océan et de la Méditerranée. Vient ensuite le Maquereau pneumatophore {Scomher pneumatophonis) qui hahite aussi l'océan Atlantique et la Méditerranée ; enfui le Maquereau colias [Scomber coUas) qui ressemble beaucoup au précédent et se trouve dans les mêmes parages.

2" Genre Thon {TJnjnmis Cuvier). Le genre Thon, comprenant des espèces de forte taille dont la plus connue, le Thon commun [Thynnus vulgaris), est trèscommune dans la Méditerranée, plus rare au contraire dans l'océan Atlantique et la Manche. Les autres espèces de ce genre sont : le Thon à Pectorales courtes {Thynnus brachypteims), assez semblable au précédent, mais dont les nageoires dorsales, pectorales et anales, sont plus courtes; on le prend surtout dans la Méditerranée. La Tlionine commune {Thynnus thunina). La Thonine à pectorales courtes {Thynnus hrevipennis), toutes deu.x: delà Méditerranée. La Bonite à ventre rayé ( Thynnus pelamys) , plus petite que le Thon ordinaire ; ce poisson se pêche dans la Méditerranée et l'océan Atlantique, il est rare dans la Manche. Enfin le Germon {Thynnus alalonga). Ce poisson, très-abondant dans l'océan Atlantique (surtout dans le golfe de Gascogne), très-rare dans la Manche et la 3Iéditerranée, ressemble assez au Thon commun; il en diffère cependant par la forme de ses pectorales qui sont très-allongées, et son corps atteint un poids moyen de soixante ou quatre-vingts livres.

3" Genre Pélamyde {Pelamys Cuvier). Ce genre, qui ne renferme encore que cinq espèces, a deux représentants sur nos côtes; ce sont : 1° la Pélamyde commune {Pelamys sarda) que l'on prend dans toute la Méditerranée et les mers qui en dépendent, ainsi que dans l'océan Atlantique; son corps peut atteindre une longueur de 60 centimètres environ; — 2° la Pélamyde unicolore (Pe/«mî/s?«î«co/or), beaucoup plus rare que la précédente, mais qui paraît cependant de temps à autre sur nos marchés.

¥ Genre Auxide {Auxis Cuvier). L'espèce que nous possédons est l'Auxide vulgaire {auxis vulgarls) ; ce poisson se prend dans l'océan Atlantique et la mer Méditerranée.

S** Genre Echéneis {Echeneis Linné). Les poissons de ce genre ont été quelquefois classés parmi les Malacoptérygiens ; ils sont remarquables par la forme de leur tète qui présente à sa partie supérieure une sorte de disque mobile permettant au poisson de s'attacher sur le corps d'autres poissons, quelquefois même à la coque des vaisseaux, et de se faire transporter, ainsi fixés, à de grandes distances sans la moindre dépense de forces. Nous possédons deux espèces d'Echéneis sur nos côtes, la plus commune est le Rémore {Echeneis rémora) qui habite l'Océan et n'a pas encore été signalée dans la Méditerranée. La seconde est VEcheneis Naucrates, que l'on prend dans la Méditerranée et dans l'Océan ; elle se distingue surtout de la précédente par sa coloration.

6° Genre Naucrates {Naucrates Cuvier). Ce genre ne comprend qu'une seule espèce répandue dans toutes les mers des régions tempérées et tropicales du globe : le Pilote {Naucrates ductor] qui se prend sur toutes nos côtes.

7° Genre Liche {Lichia Cuvier). Les Liches sont des poissons au corps oblong et comprimé ; leur tête est courte et leurs mâchoires, leurs palatins et leur vomer sont armés de dents en velours. Trois espèces de ce genre ont été signalées par les auteurs dans nos eaux françaises ; ce sont : la Lyche glaycos

264 FRANGE (faune).

{Lichia glaycos) qui habite la Méditerranée et nos côtes de l'ouest baignées par l'océan Atlantique ; — la Liche amie (Liclna amia), assez rare sur nos plages de Provence et de Languedoc, mais non encore signalée sur celles de l'Océan, où on la rencontre pourtant sur toutes les côtes de l'ouest du continent africain. La troisième espèce est la Liche vadigo [Lichia vadigo) signalée par Risso sur les côtes des Alpes-Maritimes. Ce dernier poisson se l'encontre quelquefois, mais assez rarement pourtant, sur nos côtes de Provence et de Languedoc.

8" Genre Saurel [Trachurus Cuvier). L'espèce unique de ce genre, le Saurel [Caranx trachurus), appelé aussi Maquereau bâtard, se trouve dans presque toutes les mers du globe. C'est comme le Maquereau un poisson migrateur ; il apparaît sur nos côtes vers le mois de mars.

8° Genre Capros {Capros Lacépède). N'est représenté dans la Méditerranée que par une seule espèce qui se l'encontre quelquefois dans l'océan Atlantique. On la désigne vulgairement sous le nom de Sanglier [Capros aper).

9° Genre Zeus [Zeus Artedi). La Dorée (Zews faber], poisson remarquable pai' ses couleurs et par la forme de son corps, est très-abondante dans la Méditerranée, plus rare au contraire sur nos côtes de l'Atlantique. Ce genre nous fournit encore le Zeuspungio, espèce peu différente de la précédente.

10° Genre Lampris [Lainpris Retzius). Genre composé d'une seule espèce qui habite la Méditerranée et les parties nord de l'océan Atlantique, c'est le Lampris tacheté [Lampris guitatus), poisson très-rare sur nos côtes du midi de la France, et dont nous ne possédons encore aucun exemplaire pris dans l'Océan.

11° Genre Coryphène [Corijphœna Artedi). La Coryphcne hippurus [Corijphœna hippurus), abondante dans les parties les plus méridionales de la Méditerranée, se prend quelquefois sur nos plages françaises baignées par cette mer. Une seconde espèce de Coryphène, la Coryphène pélagique [Coryph. pelagica), désignée autrefois par Cuvier sousHe nom de Coryphène des Açores, se prend aussi sur nos côtes méditerranéennes; elle diffère de la première par la longueur de sa tête, qui est plus considérable, et la vivacité de ses couleurs.

12° Genre Castagnole [Brama Schneider). Un beau poisson de ce genre, la Castagnole [Brama raii), appelé aussi Brème de mer, très-commun sur les côtes d'Espagne et de Portugal, se rencontre plus rarement sur nos eaux de l'ouest et du sud de la France. La longueur du corps de ce poisson peut attemdre 70 ou 80 centimètres, son poids peut s'élever jusqu'à 5 et même 6 kilogrammes. La bouche de la Castagnole est armée de dents fortes et aiguës.

15° Genre Gentrolophe [Centrolophus Lacépède). Une seule espèce de ce genre, le Centrolophe pompile [Centrolophus pompilus), peu commune dans la Méditerranée et l'Océan, ne se prend qu'accidentellement sur nos côtes de la Manche.

14° Genre Astroderme [Astrodermus Bonelli). Nous possédons sur nos côtes méditerranéennes la seule espèce de ce genre, l'Astroderme élégant [Astrodermus elegans). Elle y est très-rare.

15» Genre Stromatée [Stromateus Artedi). Stromatée fiatole [Stramateus fiatola) signalée par Piisso dans l'Ichihyologie de Nice.

IX. Famille des Xiphiidés. Les Xiphiidés se rapprochent beaucoup des Scombéroïdes; leur caractère le plus saillant est d'avoir la mâchoire supérieure prolongée en une sorte de rostre plus ou moins aigu. Le premier genre de cette famille, le genre Xiphias [Xiphias Cuvier), est constitué par les Espadons, dont

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l'espèce la plus répandue est l'Espadon vulgaire {Xiphias gladim), poisson trèscommun dans la Méditerranée, l'océan Atlantique et la Manche. Sa chair est Irès-délicate.

Le second genre, différant du premier par la présence de nageoires dorsales, est le genre fétraptère (Tef/r/pieras, hafinesque) dont nous possédons aussi une espèce : le Belone {Tetrapterus belone) ; ce poisson est propre à la Méditerranée.

XII. Famille des Trichiuridés. Ces poissons, comme ceux des trois familles dont nous parlerons ensuite, sont remarquables par la forme de leur corps qui, très-allongé et comprimé latéralement, leur donne l'aspect d'un long ruban, le plus souvent teinté des couleurs les plus vives.

Les Trichiuridés comprennent deux genres : le genre Trichiure (Trichiurus Gouan) et le genre Lépidope {Lepidopus Gouan). Le Trichiure de l'Atlantique, qui appartient au premier de ces groupes, est quelquefois amené sur nos côtes de l'ouest par les courants venus des parties chaudes de cet Océan. Le Lépidope argenté [Lepidopus aryyreiis), vulgairement appelé Jarretière d'argent, qui rentre dans le second de ces genres, est une espèce plus connue que la précédente; on la prend, quoique rarement, pendant les mois d'avril et de mai, dans la Méditerranée, l'Océan et la Manche.

XIII. Famille des Trachyptérides. Cette femille est représentée sur nos côtes par deux genres : les genres Trachyptère et Gymnètre.

1" Genre Trachyptère {Trachypterus Gouan). Espèces : Trachyptère faux [Trachypterus faix), habite la Méditerranée; — Trachyptère Spinola {Trachypterus spinolœ) , hàbïle la Méditerranée ; — Trachyptère de Bonelli [Trachypterus Bonellii), habite la Méditerranée et les côtes de Corse; — Trachyptères à rayons lisses [Trachypterus leiopterus), Méditerranée, côtes de Provence, de Languedoc, etc.

Les poissons de ces différentes espèces sont extrêmement rares ; leur fragilité est extrême et ils sont encore peu connus des naturalistes.

2° Genre Gymnètre [Gymnetrus Bloch). Espèces : Gymnètre de Banks [Gymnetrus Banksii), très-rare sur les côtesdela Manche; — Gymnètre épée [Gymnetrus yladius) de la Méditerranée, côte de Nice.

XIV. Famille des Lophotidés. Genre \jO^\\oie[Lophotes, Giorna). Une espèce de ce genre propre à la Méditerranée est le Lophote [Lophotes cepedianus), poisson rare sur les côtes de jNice.

XV. Famille des Cépolidés. Genre Cépole (CepoZa Linné). Espèce : le Cépole rougeàtre {Cepola rubescens), poisson commun sur toutes les côtes occidentales et méridionales d'Europe. Nos pêcheurs le désignent généralement sous les noms de Flamme, Ruban rouge. Demoiselle, etc., etc.

XVI. Famille des 3Iugilidés. Les poissons de cette famille ont une grande valeur au point de vue alimentaire ; leur chair est délicate et de bon goût. Nous en possédons six espèces sur nos côtes ; ce sont : le Muge capiton [Mugil capilo), très-abondant dans la Manche, l'Océan et la Méditerranée ; — le Muge céphale [Mugil cephalus) qui passe quelquefois de la Méditerranée dans l'Océan, mais ne s'aventure guère plus loin que les îles Jladères ; — le Jluge doré [Mugil auratus); le Muge sauteur [Mugil saliens); — le Muge labéon [Mugil labeo). Ces trois dernières espèces sont méditerranéennes.

XVII. Famille des Athérinidés. Ces poissons ont certaines analogies avec les Mugilidés. Le genre Athérine [Atherina Artedi) est représenté sur nos côtes par l'Athérine sauclet [Atherina hepsetus), de la Méditerranée; — l'Athérine

2fi6 FRANCE (faune).

prêtre {Atherina preshyter) qui hal)ite l'Océan et la Manche, et que Guichenot a signalée sur les côtes d'Algérie ; — l'Athérine niochon [Atherina mocho), rare dans les mêmes parages. Enfin le Tjol (Atherina Boijerï), poisson très-abondant dans la Méditerranée, et que l'on rencontre quelquefois sur les côtes d'Espagne, au delà du détroit de Gibraltar.

XVIII. Famille des Tétragouridés. Genre Tétragonure [Tetragonurus\Xi%?>o). Une espèce de ce genre, singulière par ses caractères anatomiques et encore imparfaitement connue, habite les eaux profondes de la Méditerranée. On l'a signalée sur les côtes de Nice, c'est le Tétragonure de Cuvier {Tetragonurus Cuvieri).

XIX. Famille des Ble.nnidés. Cette famille comprend un très-grand nombre d'espèces, pour la plupart marines, mais dont quelques-unes habitent les eaux douces. Ce sont des poissons aux formes bizarres, et dont le corps est recouvert d'une peau visqueuse, lisse ou pourvue de petites écailles; quelques-uns sont ovipares.

Les Blennies fréquentant les eaux françaises appartiennent à six genres, qui sont : 1» le genre Anarrhique {Annrrhicus Linné), composé de deux espèces habitant les côtes les plus septentrionales des continents européen et américain, mais dont une seule, l'Anarrhiqueloup [Anarrhiciis lupus), se trouve accidentellement sur les cotes de France, dans le voisinage du Pas-de-Calais ou sur les bords de la Manche ; 2" le genre Blennie {Blennius Artedi) ; les espèces de ce genre qui habitent la Méditerranée et l'océan Atlantique sont les suivantes : la Blennie galtorugine {Blennius gattorugine); — la Blenuie papillion {Blennius papilio) ; — la Blemnie de Montagu {Blennius Montagui) ; — h Blennie pholis {Blennius pholis) ; — la Blennie paon {Blennius pavo) ; — h Blennie tentaculaire {Blennius tentacularis) . Ces deux dernières espèces se trouvent seulement sur nos côtes méditerranéennes. Quant aux espèces de ce genre qui se rencontrent dans les eaux douces, nous n'avons à citer que la Blennie caguette [Blennius cagnota), espèce que l'on rencontre dans le midi de la France, principalement dans les cours d'eau des départements du Var, du Tarn, de l'Hérault et du Gard, et la Blennie alpestre qui habite la Savoie dans les ruisseaux qui versent leurs eaux au lac du Bourget ; 5° le genre Glinus (Clinus Cuvier), représenté sur nos côtes méditerranéennes par le Clinus argenté [Clinus argentatus) , l'une des espèces vivipares de ce groupe; 4° le Genre Centronote (Centronotus B loch), dont nne espèce, la Gonelle vulgaire {Centronotus gunellus), fréquente les côtes du nord de l'Europe, mais se,prend aussi sur celles de l'ouest jusque dans les eaux d'Espagne; 5" le genre Trypterygium {Trypterygium Bisso), espèce unique habitant nos plages méditerranéennes : le Trypterygium nase (Trypterygium nasus); 6° le genre Zoarcès (Zoarcès Cuvier), composé d'espèces abondantes seulement dans les eaux profondes de l'océan Atlantique, mais dont le Zoarcès vivipare {Zoarcès viviparus) se rend quelquefois dans la Manche où on le prend sur les côtes de France ainsi que sur celles des îles Britanniques.

XX. Famille des Gobioïdes. Les représentants de cette famille sont assez nombreux sur nos côtes ; ce sont des poissons très-reconnaissables à la disposition de leurs nageoires ventrales qui, très-rapprochées l'une de l'autre, constituent par leur juxtaposition une sorte de disque formant ventouse qui permet à ces animaux de se fixer sur les corps sous-marins. Le genre Gobie {Gobius Artedi) ne comprend pas moins de cent espèces répandues sur tous les points du globe. Quelques-unes fréquentent nos côtes ; ce sont :

FRANCE (faune). ^"'

Le Gobie noir {GoUus niger), assez abondant sur nos côtes de la Manche, de l'Atlanti.iue et de la Méditerranée ; - le Gobie de Rutl.ensparre {Go- Uus Ruthensparri), qui habite les mêmes localités que le précèdent saut la Méditerranée; — le Gobie buhotte {Gobius minntus), qui se pi^nd sui toutes nos côtes; — le Gobie réticulé {Gobius reticulatns) , que Ion na encore signalé que sur nos côtes du midi de la France, quoiqu'il se trouve aussi dans l'océan Atlantique, mais seulement dans la haute mer; le Gobie doré {Gobius auratus), des environs de Nice et des côtes du Languedoc; — le Gobie paganel {Gobius pacjaneUus) habitant toutes nos côtes; — enfin le Gobie céphalote {Gobius cephalotes) , et le Gobie à haute dorsale {Gobius ijazo), tous deux de la Méditerranée et assez communs dans les eaux françaises. .

XXL Famille des Cycloptéridés. Les poissons de cette famille, que Luvier joignait aux précédents pour former son groupe des Discoboles, qu'il rangeait parmi les Acanthoptérygiens abdominaux, ont, comme les Gobiésocidés, les nageoires ventrales réunies par leur bord interne et formant une sorte de disque. Les Cycloptéridés ont été répartis en deux genres qui sont : L^ Le genre Cycloptère {Cijclopterus Linné), représenté dans nos eaux marines parle Cycloptère lumpe {Cyclopterus liimpus), poisson repoussant à cause de l'aspect de son corps qui est recouvert d'une peau visqueuse et garnie de tubercules ; 2' le genre Liparis (Liparis Arled'i), dont une espèce, le Liparis vulgaire {Liparis vulgaris), que l'on prend plus fréquemment sur les côtes du nord de l'Europe, redescend quelquefois dans la Manche où on le prend à de rares intervalles sur nos côtes de France.

XXIl. Famille des Gobiésocidés. Parmi les nombreux genres de la famille des Gobiésocidés, un seul fait partie de notre faune française, c'est le genre Lepadogaster {Lepadogaster Gouan), comprenant des poissons au corps large et déprimé dans sa région antérieure, comprimé latéralement dans sa région caudale. Leur tête est allongée, et les mâchoires inégales en longueur sont armées de dents petites et nombreuses. Leurs nageoires ventrales, comme celles des Cycloptères, forment une espèce de disque. La plus connue des espèces de ce genre est le Lepadogaster de Gouan {Lepadogaster Gouanii), qui habite la Méditerranée, l'océan Atlantique et la Manche. La seconde est le Lepadogaster double tache {Lepadogaster bimaculatus) , petit poisson de cinq ou six pouces de longueur et dont l'aspect varie tellement, que les auteurs qui en ont tenu compte pour leur détermination se sont laissé entraîner à en faire un grand nombre d'espèces distinctes. Le Lepadogaster de Gouan habite la Méditerranée où il est assez abondant; on le prend aussi dans la Manche, mais il y est beaucoup plus rare. La troisième espèce de ce genre est le Lepadogaster de De Candolle {Lepadog Candollii) ; on la prend dans les mêmes parages que les précédentes.

XXIII. Famille des Gallionymidés. Ces poissons, que l'on classait autrefois parmi les Gobioïdes, constituent aujourd'hui une famille à part. Ils ont la tête très-déprimée et de forme oblongue ; leurs mâchoires sont armées de dents en velours ; leur peau est dépourvue d'écaillés. L'espèce la plus répandue est le Callionyme lyre {Callionymus hjra), qui se trouve sur toutes nos côtes. Les trois autres espèces qui font partie de notre foune française habitent la Méditerranée; ce sont : le Callionyme guitare {Callionymus cythara), le Callionyme lacert {Callionymus lacerta) et le Callionyme bélène {Callionymus belenus).

268 FRANCE (faune).

Ces trois dernières espèces n'ont pas encore été signalées sur nos côtes de l'Océan et de la 3Ianche,

XXIV. Famille des Lophioïdes. La famille des Lophioïdes est composée de poissons aux formes bizarres. Elle ne comprend pas moins de huit genres, dont un seul, le genre Baudroie {Lophlus Linné), est représenté sur nos cotes par deux espèces. La plus répandue de ces espèces, la Baudroie commune [Lophius piscatorius) , se trouve dans la Méditerranée, l'océan Atlantique, la Manche, la mer du Nord, etc., etc. ; l'autre, qui ne ditfère de la première que par quelques caractères secondaires et qui n'en est peut-être qu'une variété, est propre à la Méditerranée ; on la désigne sous le nom de Baudroie budegasse [Lophius budegassa) .

XXV. Famille des Labridés. Les Labridés sont des poissons au corps allongé et recouvert d'écaillés cycloides plus ou moins grandes. Leur tète, plus ou moins allongée, est écailleuse ou nue suivant les genres ; leurs lèvres sont généralement épaisses et leurs mâchoires armées de dents coniques, assez fortes et disposées sur une ou plusieurs rangées, doublées quelquefois même en arrière par des dents tuberculeuses. Leur palais est dépourvu de ces organes; mais les pharyngiens en portent, et ils sont larges et aplatis. Ces poissons ont une vessie natatoire, et leurs caecums pyloriques sont au nombre de deux lorsqu'ils existent. Les Labridés sont représentés sur nos côtes par quatre genres : le premier, le genre Labre [Labrus Linné), comprend plusieurs espèces qui sont : le Labre varié [Labrus mixtus), abondant sur toutes nos côtes; — la A'ieille commune [Labrus maculahis) ; — le Labre tourde [Labrus turdus) ; — le Labre paré [Labrus œstivus) ; — le Labre merle [Labrus merula) ; — le Crénilabre méditerranéen [Crenilabrus mediterraneus) ; — le Crénilabre petite tanche [Crenilabrus tinca) , tous cinq de la Méditerranée ; — le Crénilabre de Bâillon [Crenilabrus Baillonii), qui habite l'Océan, la Manche et la mer du Nord. Le second genre est le geni'e Acantholabre [Acantholabrus Cuvier) ; il nous fournit deux espèces qui sont : 1° l' Acantholabre de Couch [Acantholabrus Couchii], poisson rare sur nos côtes de la Manche et de l'océan Atlantique ; la seconde qui, outre ces différentes régions, habite aussi la Méditerranée ; 2^' l'Acantholabre de Palloni [Acantholabrus Palloni). Le troisième genre de la famille des Labridés est le genre Cténolabre [Ctenolabrus Valenciennes) ; ses espèces sont : le Cténolabre des roches [Ctenolabrus rupestris], qui fréquente toutes nos côtes, et le Cténolabre bordé [Ctenolabrus marginatus).

Le quatrième genre est le genre Julis [Julis Cuvier), dont une espèce, la Girelle commune [Julis vulgaris), se prend dans l'Océan et la Méditerranée. A côté d'elle vient se ranger la Girelle paon [Julis pavo), poisson abondant dans cette dernière mer, mais ne remontant que rarement dans l'océan Atlantique jusque dans le voisinage des îles Madère. Nous devons aussi rattacher aux poissons précédents la Girelle de Giofredi [Julis Giofredi), que l'on prend quelquefois, mais à de rares intervalles, sur nos côtes du Languedoc.

XXVI. Famille des Centriscidés. Pour terminer l'énumération des espèces composant notre faune et appartenant à l'ordre des Acanthoptérygiens, parlons de la famille des Centriscidés. Ces poissons ont le corps comprimé latéralement, arrondi sur le dos, tranchant sur la ligne ventrale; leur tête se termine par un museau allongé en forme de tube à l'extrémité duquel se trouve la bouche qui est petite et dépourvue de dents. La première nageoire dorsale porte une longue et forte épine articulée sur des plaques osseuses rejoignant U base des pectorales.

FRANCE (faune). 269

La seule espèce de cette famille qui fréquente nos côtes est le Centrisque bécasse [Centriscus scolopax) ; elle est commune dans la Méditerranée, plus rare, au contraire, dans l'Océan et la Manche.

Ordre des Malacoptéryngiens abdominaux. I. F.VMILLE DES CypiU-

NiDÉs. Les Cyprinidés sont des poissons d'eau douce; ils ont en général le corps épais, plus ou moins comprimé et recouvert d'écaillés le plus souvent très- (^randes. Leur bouche est généralement petite, leurs mâchoires peu résistantes et dépourvues de dents, organes que l'on ne trouve que sur les pharyngiens où ils sont disposées sur une ou plusieurs rangées. Leur nageoire dorsale est unique, et leurs ventrales sont insérées en arrière des pectorales. Leur tube di- <Testif ne présente pas de caecums pyloriques, et leur vessie natatoire, généralement faraude, est quelquefois dédoublée en une ou plusieurs cavités. La famille des Cvprinidés comprend plusieurs genres qui sont :

1» Genre Loche {Cobitia Artedi). Les Loches ont le corps allongé et presque cylindrique, leurs lèvres épaisses sont dépourvues de barbillons. Nous possédons dans nos eaux trois espèces appartenant à ce genre ; ce sont : la Loche franche (Cobitis barhatula) ; — la Loche épineuse [Cobitis tœnia); — la Loche d'étang [Cobitis fnssilis). Les deux premières espèces sont assez répandues, la troisième ne se trouve que dans nos départements du Nord ; elle a pourtant été signalée depuis peu dans le département de Maine-et-Loire.

2° Genre Gonjon {Gobio Cuvier). Gorps arrondi et allongé; bouche munie de deux barbillons aux angles; dents pharyngiennes disposées sur trois rangs. Nous ne possédons qu'une seule espèce de ce genre, c'est le Goujon commun (Gobiiat fluviatilis ), poisson si recherché pour la délicatesse de sa chair.

5" Genre Barbeau (Barbus Guv.). Bouche munie de quatre barbillons; mâchoire supérieure dépassant l'inférieure; dents pharyngiennes disposées sur trois rangs. Nos eaux nourrissent deux espèces de Barbeaux, le plus répandu est le Barbeau commun [Barbus fliiviatilis), il se trouve dans presijue tous nos cours d'eau. La seconde espèce est le Barbeau méridional [Barbus méridional is), confiné dans quelques-uns de nos départements du midi de la France ; on le trouve en particulier dans le Lez auprès de Montpellier. L'Algérie possède aussi trois espèces appartenant au genre qui nous occupe; ce sont : le Barbeau de la Galle [Barbus Ca//ensis), le Barbeau de Sétd [Barbus Setivimensis), et le Barbeau à longue tète [Barbus longiceps). Ces poissons, qui ne sont probablement que des variétés d'une même espèce, se rapprochent beaucoup comme forme et comme coloration de notre Barbeau méridional.

Les œufs des Barbeaux passent pour indigestes et même vénéneux.

0° Genre Tanche [Tinca Cuvier). Bouche pourvue de deux barbillons dans le voisinage de la commissure; quatre dents pharyngiennes d'un côté, cinq de l'autre ; corps recouvert d'écaillés petites. Une seule espèce, la Tanche commune [Tinca communis). On rencontre dans quelques cours d'eau une variété de ce poisson désignée par les pêcheurs sous le nom de Tanche dorée. M. Lunel a fait de curieuses observations sur l'envasement de ces poissons qui rappelle, quoique moins complet, celui des Bolti [G. Chromis) vivant dans les cours d'eau africains.

5» Genre Carpe [Cyprinus Linné). Corps élevé et recouvert de grandes écailles ; nageoire dorsale très-longue ; nageoire anale courte ; dents pharyngiennes disposées sur trois rangées. Espèces : La Carpe commune [Cyprinus

270 FRANCE (fadne).

carpid), poisson introduit en France sous le règne de François I" et dont la chair est si estime'e; il est très-répandu dans nos cours d'eau, nos étangs et nos bassins. Nous connaissons plusieurs variétés de Carpes que quelques auteurs considèrent à tort comme des espèces; on les désigne sous les noms de Carpe à miroir {Cyprinus rex Cyprinorum); — Carpe à cuir [Cyprinns nudus) ; — Carpe bossue [Cyprinus eîatus); — Carpe reine {Cyprinus regina).La première de ces variétés est pourvue de grandes écailles qui se détachent et tombent facilementla seconde est complètement dépourvue d'écailles ; la Carpe bossue n'est qu'une sorte de monstruosité ; quant à la quatrième variété, la Carpe reine, elle ne diffère de la Carpe ordinaire que par la forme de son corps qui est plus allouoé et par conséquent moins élevé.

On désigne encore sous le nom de Carpe de Kollar (Cyprinus Kollarii) une sorte de Carpe qui vit dans le Rhin et ses affluents. On la trouve en France auprès de Paris, dans l'étang de Saint-Gratien, et on la désigne sous le nom de Carouche blanche. C'est encore probablement une variété de la Carpe commune.

Q" Genre Cyprinopsis (Cyprinopsis Fitzinger). Ces poissons ont la bouche dépourvue de barbillons ; leurs dents pharyngiennes sont disposées sur une seule rangée et au nombre de quatre.

Nos eaux nourrissent trois espèces appartenant à ce genre; ce sont : le Carassin {Cyprinopsis carassius) que l'on rencontre dans nos départements de l'Est; — la Gibèle {Cyprinopsis gibelio), habitant seulement l'Alsace et la Lorraine; — enfin le Poisson rouge ou Cyprin doré {Cyprinopsis auratm), poisson d'ornement introduit seulement depuis le règne de Louis XY et àoni l'espèce s'est tellement répandue qu'on la rencontre dans tous nos bassics et nos

étangs.

7» Genre Bouvière {Rhodeus Agassiz). Poisson au corps épais, comprimé et recouvert d'écailles grandes et finement striées. Bouche petite et sans barbillons ; dents pharyngiennes disposées sur une seule rangée et au nombre de cinq de chaque côté. Ce genre ne fournit qu'une seule espèce :

La liomière {Rhodeus amarus), poisson de très-petite taille et dont les pêcheurs font peu de cas à cause de la saveur amère de sa chair.

8" Genre Brème {Ahramis, Cuvier). Corps comprimé et très-élevé; na"^eoire dorsale petite, anale Irès-développée. Dents pharyngiennes au nombre de cinq de chaque côté et disposées sur un seul rang. Ligne abdominale dépourvue d'écailles entre les nageoires abdominales et l'anale.

Espèces : 1" Brème commune {Abramis brama); — 2» Brème de Géliin [Âbraniis Gehini), se prend seulement dans la Moselle; — 5» Brème de Buo^o^enhagen {Abramis Biiggenhacjii), rare en France où elle ne se prend que dans le Bhin, la Meuse, la Moselle et la Somme; — 4° Brème bordelière (Abramis bjoerkna) ; — Brème rosse {Abramis rutilus), se prend dans la Meuse, la Moselle et le Rhin.

9° Genre Ablette {Alburnus Rondelet). Corps allongé et comprimé latéralement; tète petite, dents pharyngiennes, sur deux rangées, deux sur la ran^^ée interne, cinq sur la rangée externe. Ce genre comprend trois espèces : l'Ablette commune {Alburnus lucidus], répandue dans presque tous nos cours d'eau et l'Ablette spirlin qui se distingue de la première par un corps plus élevé, des yeux plus grands, une nageoire plus haute et une coloration différente. Ce poisson n'est peut-être qu'une variété de l'Ablette commune. Nous pourrions en

FRANGE (faune). 271

dire autant de l'Ablette Hirondelle et de l'Ablette de Fabre, la première habitant le lac Léman et le lac Bourget, la seconde des eaux duPdiône. Ce dernier poisson, malgré la différence qui existe dans la forme de ses dents et la dimension de ses écailles, ne diffère pas essentiellement de notre Ablette commune; nous le considérons donc comme une simple variété.

La troisième espèce est l'ablette Hachette {Alburnus dolabraius), elle habite la Meuse et ses affluents .

10° Genre Rotengle [Scardinius Bonaparte). Corps haut comprimé latéralement et recouvert d'écaillés grandes et adhérentes. Dents pharyngiennes disposées sur deux rangées, la première composée de trois dents, la seconde de cinq. Espèce : le Rotengle {Scardinius erythropthalmus), très-commun dans un grand nombre de nos cours d'eau.

11" Genre Gardon {Leuciscus Rondelet). Corps élevé et comprimé; bouclic sans barbillons ; dents pharyngiennes sur une seule rangée. Espèces : 1° le Gardon commun (Leuciscus rutilvs), très-abondant dans nos eaux et dont on connaît plusieurs variétés désignées sous les noms de Gardon rutiloule, Gardon de Selys, Gardon de Jesse, poissons habitant la Meuse et ses affluents, ainsi que le Gardon Vengeron, cantonné dans les lacs de la Suisse et de la Savoie; — 2" le Gardon pâle {Leuciscus pallens), plus rare que le Gardon commun et différant de ce dernier poisson, non-seulement par sa coloration, mais encore par ses dents pharyngiennes qui sont au nombre de six de chaque côté.

12° Genre Ide [Idus Hœckel). Dents pharyngiennes sur deux rangées, trois sur la rangée externe, cinq sur la rangée interne. Espèce unique, l'ide {Idus melanotus), poisson rare en France où il se trouve seulement dans la Somme, la Meuse, la Moselle et le Rhin et quelques uns de leurs affluents.

13" Genre Chevaine {Squalius Bonaparte). Ce genre comprend des poissons au corps épais et recouvert d'écailles grandes et striées. Leurs dents pharyngiennes sont au nombre de quatorze et disposées sur deux rangées de chaque côté : l'externe a deux dents seulement, l'interne en possède cinq. Les espèces qui le composent sont les suivantes : 1" la Chevaine commune {Sqimlius dobula), commune dans la plupart de nos cours d'eau; — 2° la Chevaine treillagée {Squalius clathrartus) qui habite le midi de la France, et plus spécialement la rivière du Lot; — 5" la Chevaine méridionale {Squalius meridionalis), assez commune dans le Lot-et-Garonne oii on la prend dans le Lot et la Sare ; — 4:9 la Vandoise commune {Squalius leuciscus) , commune dans toutes les rivières où l'eau est vive et limpide ; — 5" la Vandoise bordelaise {SqiicdiusBurdigalensis), espèce peu différente de la Vandoise commune dont elle n'est probablement qu'une variété ; enfm le Blageon {Squalius Agassizii), poisson rare en France où il n'a été signalé que dans l'Ouche, la Durance, la Sorgue, l'Hérault et aussi dans le lac du Bourget.

1-4" Genre Vairon {Fhoxinus Agassiz). Corps presque cylindrique et recouvert d'écailles très-petites. Dents pharyngiennes recourbées et disposées sur deux rangées, cinq à la rangée externe. Espèce unique, le Vairon {Phoxinus Icevis), petit poisson répandu dans tous nos cours d'eau.

15" Genre Chondrostome {Chondrostoma Agassiz). Bouche reportée en dessous, dépourvue de barbillons et munie de lèvres épaisses portant une lame cartilagineuse. Dents pharyngiennes disposées sur un seul rang. Espèces : le Chondrostome Nase {Chondostroma 7iasus), espèce autrefois cantonnée dans nos départements de l'Est, mais habitant depuis peu la Seine où elle a pénétre

272 FRANCE (taune).

depuis le percement du canal faisant communiquer le bassin de ce fleuve avec celui du Rhin. Le Chondrostome de Brème [Chondrostoma Drœmei) qui se prend dans le Lot, la Sare, l'Aude et la Garonne; enfin le Chondrostome du Rhône (Chondrostoma rhodanensis) différant du Chondrostome ordinaire par la forme de sa bouche qui est plus petite et les stries de ses écailles qui sont moins nombreuses. Ces caractères suffisent-ils pour en faire une espèce distincte?

II. Famille des Salmonidés. La famille des Salmonidés fournit à nos eauxdouces de nombreux représentants dont quelques-uns n'abandonnent jamais nos lacs et nos rivières, tandis que d'autres habitent alternativement la mer et les fleuves où ils viennent frayer pendant la saison froide. Elle est aussi représentée sur nos côtes par des genres exclusivement marins.

Les Salmonidés ont le corps allongé et recouvert d'écaillés généralement petites, ils ont pour principal caractère d'avoir la deuxième nageoire dorsale adipeuse, c'e§t-cà-dire formée par une petite éminence graisseuse recouverte par la peau et au centre de laquelle on ne retrouve que dans quelques espèces marines seulement la trace de rayons. Leurs nageoires ventrales sont situées en arrière des pectorales. Leurs mâchoires, les palatins, le voraer et la lanfiue sont généralement pourvus de dents, organes qui fournissent chez ces poissons d'excellents caractères pour la classification des espèces. Les Salmonidés ont une vessie natatoire assez développée. Les espèces qui fréquentent nos côtes et nos eaux douces ont été réparties en plusieurs genres qui sont les suivants :

1» Genre Saumon {Salmo Lin.). Corps allongé, fusiforme et recouvert de petites écailles ; tète grande, opercules striés ; mâchoires, palatins, vomer et langue armés de dents. L'espèce la plus connue de ce genre est le Saumon commun (Salmo salar), poisson à la chair tendre, délicate et légèrement teintée de rose lorsqu'elle a été cuite. Ce Salmonidé ne se trouve que dans les fleuves et les rivières qui font partie du versant septentrional de notre territoire; on a tenté, mais en vain, son acclimatation dans le Rhône, l'Hérault et leurs affluents. On trouve aussi, mais accidentellement seulement, dans le Rhône un autre poisson du genre Saumon; c'est l'Ombre chevalier (Sa/mo salveJinus), espèce propre aux lacs de la Suisse et plus spécialement au lac Léman, et qui ne fréquente presque jamais le cours des rivières.

2° Genre Truite (Trutta Nilsson). Ces poissons, qui ressemblent assez au Saumon par la forme générale de leur corps, s'en distinguent par un opercule non strié. Les dents qui arment leurs mâchoires sont fortes ; il y a aussi de ces organes sur les palatins tt sur le vomer. Quelques auteurs distinguent dans nos eaux douces deux espèces de Truites : la Truite des lacs (Trutta lacustris) et la Truite des rivières {Trutta fario). A l'exemple de M. Lunel, nous confondons ces deux espèces en une seule, et nous la désignons sous le nom de Tridta variahiUs. La Truite, dont la chair est aussi délicate que celle du Saumon, atteint, comme lui, des proportions assez fortes. Son poids peut s'élever jusqu'à trente et même quarante livres. La chair de la Truite est généralement blanche, elle peut cependant, suivant l'époque de l'année et la nature du fond que le poisson habite, prendre une teinte rosée comme celle du Saumon ; ou désigne alors le poisson sous le nom de Truite Saumonée. Quelques auteurs ont voulu, mais à tort, faire de cette variété une espèce distincte.

On trouve encore dans nos eaux douces du versant septentrional une seconde espèce du genre Truite, la Truite argentée (Trutta argentea). Ce poisson, que l'on désigne aussi sous le nom de Truite saumonée, habite la mer et ne remonte

FRANCE (faune). 275

que rarement le cours de nos fleuves. Il semble tenir plutôt du Saumon que de la Truite, et les jeunes individus comme ceux du Saumon descendent à la mer. 5° Genre Éperlan (Osmems Lacép.). Corps allongé, comprimé et recouvert d'écaillés assez grandes ; bouche fendue largement, obliquement et armée de /dents sur les mâchoires, les palatins, le vomer et la langue. L'Éperlan {Osmevus eperlanus) qui appartient à ce genre se trouve sur nos côtes de la Manche et de l'océan Atlantique. A certaines époques de l'année il remonte le cours de la Somme, de la Seine, de la Loire, etc., etc., mais à peu de distance de leur embouchure. Sa chair, qui exhale une odeur particulière et assez comparable à l'essence de la violette, est assez estimée et acquiert surtout une grande délicatesse lorsque le poisson a séjourné quelque temps dans les eaux douces. L'Éperlan atteint une taille moyenne de 12 à 15 centimètres.

4° Genre Ombre {Tliymallus Cuv.). Corps allongé, comprimé et recouvert d'écaillés assez grandes. Bouche petite, et dont les mâchoires, le vomer et les palatins sont armés de dents fines et coniques. L'Ombre des rivières {Thymallus vexillifer) est la seule espèce de ce genre que nous possédions dans nos eaux douces. On le trouve aussi dans le Rhin et ses affluents, dans le Rhône, dans les rivières d'Auvergne, etc. C'est un poisson excellent, d'un poids moyen de une livre, mais qui figure rarement sur nos marchés.

5" Genre Corégone {Coregonus Artedi). Les Corégones ont le corps recouvert 4'écailles relativement petites et très-peu adhérentes. Leur bouche qui est peu fendue est souvent dépourvue de dents, ces organes se détachant avec la plus grande facilité. La Fera (Coregonus fera) abondant dans le lac de Genève ne remonte jamais le cours des rivières, il n'atteint jamais de fortes proportions et son corps dépasse rarement le poids d'une livre ou une livre et demie. Une ■seconde espèce du même genre, et que l'on trouve comme la première dans certains lacs de la Suisse ainsi que sur plusieurs autres points du continent ■européen, ne se rencontre en France que dans le lac du Bourget : c'est le €orégone Lavaret [Coregonus lavaret-as), dont la chair blanche et délicate est très-estimée. La troisième espèce est le Corégone Gravanche {Coregonus hiemalis), qui vit seulement dans le lac de Genève. Les mœurs de ce poisson ont été étudiées avec le plus grand soin par M. G. Lunel.

6" Genre Microstome (Mtcrostoma Cuv.). Les Microstomes ont le corps allono-é et recouvert de grandes écailles. Leur nageoire adipeuse est très-petite ; leur maxillaire inférieur, la partie antérieure de leur vomer et leurs arcs branchiaux sont armés de dents petites et nombreuses. Une seule espèce de ce genre fréquente nos côtes, c'est le Microstome argenté {Microstoma argenteum) qui habite la Méditerranée où elle est assez rare.

7° Genre Argentine [Argentina Cuv.). Ces poissons ont le corps arrondi sur le dos, très-comprimé sur les flancs et recouvert d'écailles assez grandes. Leur bouche est petite; leurs mâchoires sont dépourvues de dents, le vomer, les palatins et quelquefois la langue sont seuls pourvus de ces organes. Ils ont une vessie natatoire assez grande et des appendices pyloriques nombreux Notre faune ichthyologique n'en possède qu'une espèce, l'Argentine de Cuvier [Argentina sphxjrna), poisson très-commun sur les côtes de la Méditerranée, et dont le pigment argenté des écailles et de la vessie natatoire servait autrefois à la fabrication de l'essence d'Orient, composition encore employée de nos jours pour la fabrication des fausses perles. Ce poisson ne dépasse guère 15 ou 20 cen-

timètres en longueur.

DicT, ENc. 4' s. V.

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