IV. — EMBRANCHEMENTS DES ÉCHINODERMES
Les Échinodermes, animaux essentiellement marins, sont représentés sur les côtes de la France par un nombre d'espèces relativement peu considérable ; en effet les Échinides sont surtout répandus dans l'océan Indien, les Holothuries dans l'océan Indien et l'océan Pacifique, et les Stellérides, de leur côté, sont plus nombreux dans les mers chaudes que dans nos régions tempérées, et il est à remarquer en outre que l'hémisphère occidental est moins riche en Échinodermes ([ue l'hémisphère oriental. Cet embranchemeut présente quelques phénomènes de localisation remarquables, et pour ne citer qu'un exemple relatif à nos mers, VOphiùiaster attenuatus Gray est absolument spécial à la Méditerranée, dont les côtes sont du reste plus riches en espèces que celles de la Manche eî (le l'Océan. Cependant un assez grand nombre d'espèces sont communes à la Méditerranée et à l'Atlantique, et ce fait s'explique aisément par la mobilité de^ larves, qui nagent librement pendant un temps parfois fort long, ou se trouvent entraînées au loin par les courants ; il vient infirmer une fois de plus, d'autre part, la tbéorie jadis en vogue, d'après laquelle aucune espèce d'animaux sédentaires ne serait commune aux deux mers.
Les Échinodermes, principalement les Crinoïdes, se rencontrent, en France, à l'état fossile; on trouve des Astérides et des Ophiurides dès le silurien infélieur, avant même l'apparition des Crinoïdes, dont les représentants sont si variés et si nombreux dans tous les terrains paléozoïques, et aident si bien à en caractériser les diverses couches; les Crinoïdes sont moins nombreux à l'époque secondaire, et actuellement nos mers n'en renferment plus que quelques formes vivantes. Les Echinides également font leur apparition dans le silurien, mais ils ne présentent la forme typique des Oursins actuels qu'à partir de l'époque secondaire et sont surtout extrêmement nombreux à l'époque tertiaire, dans l'oolithe. Enfin les Holothuries semblent avoir existé dès l'époque jurassique, comme le témoignent les corpuscules calcaires fossiles que l'on rencontre dans ces terrains et qui proviennent de leur peau. Nous n'insisterons pas autrement sur les Échinodermes fossiles, et mentionnerons rapidement les principales espèces vivantes des côtes de Fiance.
HOLOTHURIDES. La famille des Synaptides est représentée dans nos mers par le Synapta Duvernœa Quatref., découvert sur les côtes de la Manche par :\I. de Quatrefages, par le S. inhœrens 0. F. Mull. et le S. digitata Mntg, qui se rencontrent sur tout notre littoral, par le Chirodota nidis Esch., trouvé par P. Gervais sur les côtes du Languedoc ; à côté des Synaptides, mentionnons : le Mulpadia holothurioïdes Cuv. de l'Atlantique et le Hoplodactyla mediterranea