II. EMBRANCHEMENT DES MOLLUSQUES
Comme toutes les contrées situées sous les latitudes centrales, la France n'offre pas de particularités bien remarquables pour ce qui concerne l'embranchement des Mollusques; en réalité la iaune malacogique y est relativement pauvre, et si certains genres, à ne parler que des terrestres et des fluviatilcs y sont largement représentés, certains autres, au contraire, surtout parnii les marins, y font absolument défaut, du moins en ce qui touche ]'(•• Mollusques vivants. Du reste, il n'est guère possible de spécifier, car si^ d'une part, la Méditerranée est beaucoup plus riche que l'Océan et laJIanck' d'autre part, on y rencontre de temps en temps des espèces, qui ne se tiennent d'ordinaire que dans la haute mer [Janthine, Carinaire, Seiche, Calmar, etc ■
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et qui, rejetées sur nos côtes par les tempêtes, ne peuvent pas être considérées comme faisant véritablement partie de notre faune. Quoi qu'il en soit, à ne considérer les Mollusques de France qu'au point de vue de la distribution o-éoTraidiique, ce sont les Gastéropodes-Platijpodes et les Lamellibranches qui offrent les espèces les plus nombreuses. Du reste, ainsi que le fait remarquer M. Fischer {Sur la distribution hypsométrique des Mollusques vivants dans les Pyrénées centrales, in Comptes rendus de l'Acad. des Sci., t. LXXXI, p. 624, 1875), les Mollusques terrestres, privés des moyens de locomotion des Arthropodes, el soumis plus que ces derniers à l'intluence de la végétation, doivent présenter dès lors un mode de distribution analogue à celle des plantes, et ce savant auteur est arrivé ainsi à caractériser pour les Alpes et les Pyrénées, cinq zones de Mollusques d'après la prédominance de certains types dans chacune de ces rét^ions; c'est surtout le genre Hélix qui a servi de base à la délimitation de ces zones. D'autre part, en ce qui concerne les Mollusques marins, on peut, avec le même auteur [Sur les caractères de la zone littorale dans la Manclie, l'Océan et la Méditerranée, in Comptes rendus de VAcad. des Sci., t. LAXVlil, p. 1716, 1874), diviser nos côtes maritimes en quatre ou cinq zones, caractérisées chacune par la prédominance ou l'absence de telle ou telle espèce, appartenant surtout aux génies Littorine, Patelle, Moule ou Trocjue, et qui avaient été déjà indiquées, quoique avec moins de précision, trente ans auparavant, par Fdw. Forbes, le savant naturaliste anglais {On the Light thrown on Geology bij Submarine Researches, in The Edinb. New Philosoph. Journ., April 1844). D après les observations suivies qu'a faites cet auteur, les Mollusques accompliraient, en outre, à l'état de larve, certaines migrations en masse, dans le but tie rechercher les zones de profondeur, (jui offrent les conditions les plus favor.ibles à leur développement; ce qui pourrait expliquer, jusqu'à un certain point, la présence sur nos côtes d'uu grand nombre d'espèces communes à la Méditerranée et à l'Océau; cependant, dans un certain nombre de cas, cette explication semble devoir être cberchée plutôt dans l'examen des faunes antérieures à l'époque quaternaire, alors plus uniformes pour nos régions.
Du re^le nous ne quitterons pas ces généralités sans dire un mot des Mollusques fossiles si abondants en France.
Les Ci'iÂalopodes sont représentés depuis les couches géologiques les pins aucicnnes jusqu'à l'époque actuelle; en effet, on trouve des Nautilides dès le silurien et le dévonien; les Nautiles, en particulier, se rencontrent à travers toute la séiie des terrains et les mers chaudes en renferment encore des espèces vivantes. Les Orthocér alites s'étendent depuis le silurien jusque dans la houille; les Cératites apparaissent dans le trias qu'elles ne dépassent guère. Les Animonitides, qui forment, avec les Nautilides, l'ordre des Céphalopodes Tétrabranches, ont tait leur apparition, d'une part, dans la houille avec les Goniatites, d'autre part, dans le trias avec les Ammonites, si largement représentées ultérieurement dans le jurassique, et dont les formes variées ont été d'une gi'anil.^. utilité pour caractériser les différents étages de ce terrain; ces derniers fossiles persistent jusque dans le crétacé supérieur, où ils ont accompagnés par 'es repr 'Sentants des genres Hamite, Scaphite, Turrilite et Bacuhte. Quant ,iiix Bélenimtes, qui composent l'ordre des Céphalopodes Dibranches, elles ont ('Lé surtout abondantes à l'époque jurassique.
Les Peropodes et les Gastéropodes ne sont guère représentés qu'aux époques .silurienuc et dévonienne, les premiers par le genre Comdaria, et les seconds,
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par le genre BeUérophon . Qy^Ani auK Gastémpodes-Platypodes, de beaucoup les plus nombreux, on les trouve dans tous les terrains; cependant ceux qui sont munis de sipbon (carnivores), paraissent appartenir à des époques m -ms anciennes que ceux qui en sont dépourvus (herbivores), et nous citerons comme particulièrement caractéristique, le genre Cerithiunu si répandu dans la pierre à bâtir des environs de Paris. Enfin, les Gastéropodes {Dentales) se rencontrent dans tous les terrains depuis le dévonien jusqu'à nos jours.
De leur côté les Lamellibranches ont existé dès les époques les plus anciennes; nous mentionnerons seulement les Avicides, propres surtout aux terrains paléozoïques et au trias, les Gryphées si caractéristiques du lias, et les Hippurites, abondantes dans le Crétacé supérieur.
Enfin, parmi les Brachiopodes, il importe particulièrement de citer les Térehrahdes, qu'on rencontre dans tous les terrains jusqu'à l'époque actuelle et qui forment des bancs considérables dans le muschelknlk.
Pour ce qui concerne les Mollusques vivants, nous le diviserons en deux groupes : d'une part, les Mollusques terrestres' et fliiviatiles ; d'autre part, les Mollusques marins, en nous bornant à mentionner dans chacune des classes qu'ils renferment, les genres et les espèces les plus intéressants.
Molluiques terrestres et fluvJatiles. A Texceptiou de quelques genres purement tluviatiles faisant partie de la classe des Lamellibranches, tous les Mollusques terrestres et fluviatiles appartiennent à l'ordre des Gastéropodes-Platijpodes.
Gastéropodes Platypodes. La Faune française renferme un assez grand nombre de Mollusques de cet ordre; les uns, tels que les Eelix, Bidimes, Clausilies, Limaces, Limacelles, etc., sont exclusivement terrestres, tandis que les autres, Planorbes, Physes, Limnées , Pcdndines, etc., habitent les eaux douces, stagnantes ou courantes.
Dans les terrestres, le genre Hélix est le plus largement représenté; on en compte environ cent cinquante espèces, répandues dans toutes les régions, jusque dans les parties les plus élevées des Alpes et des Pyrénées, ce qui a permis à M. Fischer d'établir pour ces montagnes plusieurs zones d'altitude caractérisées chacune par la prédominance d'une espèce spéciale. Ainsi dans la première zone (de 500 à 1000 mètres), VHelix carthusiana Mull. serait commune aux deux chaînes; la deuxième zone (de 1000 à L200 mètres) au contraire seraii caractérisée dans les Alpes par ÏH. obvoluta Mull., et dans les Pyrénées par l'H. a^persa L. ; dans la troisième zone (de 1200 à 1500 mètres), l'espèce dominante serait pour les Alpes ÏH. Fontenillei Mich., et pour les Pyrénées VH. limbata Drap. ; \H. sylvatica Drap., qui se retrouve dans les Cévennes et le lura, caractériserait de son côté la quatrième zone (de 1500 à 2000 mètres) des Alpes et serait remplacé à la même altitude dans les Pyrénées par VH. nemoralis L. ; enfin la cinquième zone (de 2000 à 2500 mètres) aurait pour espèces dominantes, dans les A\pesV H. glacialis Thom., et dans les Pyrénées VH. carascalensis Fabr. Ces altitudes représentent la limite extrême de chacune des espèces que nous avons énumérées, qu'elles coexistent ou non dans les zones inférieures. Parmi les autres espèces, moins caractéristiques, qui les accompagnent dans ces zones, nous signalerons principalement dans les Alpes les H fruticum Mull., H. personata Lamk , H. montana Fér., H. incarnata Mull., H. pulchella Mull., H. ruderata Stud., H. hispîda L., H. ciliata Stud., H. edentida Drap.,
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H. holosericea Stud., //. alpina Fer., //. pomatia L., H. zonata Fer., H. arhustorum L. et E. depilata Drap., et dans les Pyrénées les H. riipestris Stud., H. ericetorum Gniel., H. nubigena Charp., et VH. pyrenaica Drap, des Pyrénées-Orientales. Quelques-unes de ces espèces, telles que H. aspersa L., H. nemoralis L., H. carthusiana Mull., H. arhuslorum L., H. pomatia L., H. fruticinn Mull., etc., habitent également les plaines avec les H. hortensis Mull., //. pleheia Drap., E. cornea Drap., etc. Quant à la région méditerranéenne, elle renferme un certain nombre d'espèces spéciales, parmi lesquelles il importe de citer : E. naticoicles Drap., E. melanostoma Dj'ap., E. rermiculata Mull. et E. conoidea Drap., E. Pisana Mull. et E. splemlida Drap.; mentionnons pour terminer l"Jî. arenosa Zicgl. qui n'a encore été trouvé qu'à Biarritz.
On connaît en France une quinzaine d'espèces du genre Zonites, dont les plus répandues sont : Z. nitidus Mull., Z. nitens Gmel., Z. fidvus Mull., qui remonte dans les Alpes et les Pyrénées jusqu'à plus de 1500 mètres, et Z. cristallinus Mull., dont on trouve des exemplaires dans les Alpes jusqu'à 1500 mètres. Citons encore le Z. candidissimus Drap., spécial à la Provence, le Z.o//i'etori<m Gmel., des régions méridionale et occidentale, leZ. ce//ar/»s Mull., des provinces septentrionales et moyennes et qu'on retrouve dans les Pyrénées dans la zone comprise entre 1200 et 1500 mètres; le Z. striatulus Gray et le Z. d'iaphanus Stud., communs à toutes les régions montagneuses, le Z. purus Aid., propre, à nos départements du nord, le Z. lucidtis Drap, et le Z. algirus L. du midi ; enfin le Z. petronella Fisch. est cantonné dans les Alpes à une altitude comprise entre 2000 et 2500 mètres.
Le genre Bulime, qui renferme tant de belles espèces exotiques, n'est représenté en France que par les onze espèces suivantes : Bulimus tridens Mull.,
B. suhcylindricus L., B. obsciirus Drap., B. Menkeanus Pfeif., B. quadridens Mull., B. acicida Mull., répandus un pe«i partout, B. niso Risso, B. folUcidns Gronov., B. decoUatus L., propres à la région méditerranéenne, B. détritus Mull. et B. montaniis Drap., qui n'habitent que les régions montagneuses.
D'après les travaux les plus récents et principalement le mémoire de M. Boiirguignat {Ami. des Se. not. 6* sér., t. V et VI, 1877), nous possédons en France environ 86 espèces de Clausilies, parmi lesquelles nous mentionnerons : 1" sur notre littoral méditerranéen : Clausilia Eerculea Bourg., C- bidens L., C. solida Drap., C. Enhalia Bourg., C. virgata Cristof. ; 2° dans le centre C laminata Mont, et C. seqitanica Mab. ; 5" dans les régions montagneuses de l'est et du nord-est, C. fimbriata Ziegl., C. punctata Mich., C. ventricosa Drap.,
C. earthusiana Bourg., C. pliealula Drap., C. plicata Drap. ; 4° dans la chaîne des Pyrénées et ses dépendances, C. abietina Dup., C. pyrendiea Charp., Cpumicata Pal. Signalons encore C. Mongermonti Bourg., des environs de Saint- Jean de Maurienne en Savoie; C. gibbosa Bourg, et C. plagia Bourg., spéciales, la première aux environs de Neuf-Brisach, la seconde aux environs de Colmar, de Mulhouse, etc , dans le Haut-Bhin; enfin C. galliea Bourg., répandu dans toute la France, ainsi que beaucoup d'autres espèces pour la connaissance desquelles nous renvoyons au mémoire cité plus haut.
Le genre Piipa est représenté en France par environ cinquante espèces, parmi lesquelles les P. eylindraeea Costa, P. perversa L. et le P. muscorum L., sont les plus répandus. Les P. Farinesii Desm. et P. megaeheilos Crist. se rencontrent dans toute la chaîne des Pyrénées, le premier entre! 000 et 1200 mètres, le second entre 1500 et 2000 mètres.
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Les Vertigo, qui sont si voisins, ne renferment que neuf espèces; nous citerons entre autres le F. antivertkjo Drap., le V. pmilJa Mull., le V. pygmœa Drap., le V. edentula Drap, et le F. columella Benz, qui n'a encore été trouvé qu'aux environs de Toulouse.
. Parmi les Vitrines, mentionnons le V. pellucida Mull., qui habite le nord et le centre de la France et se retrouve dans les Alpes, entre 2000 et 2500 mètres, où il est accompagné des V.glacialis Fisch. et F. ïiivalis Fisch.; puis le F. major Fér., qui est cantonné dans nos divers départements du midi ; les F. setnilimax Fér. et F. diaphana Drap., répandus dans toutes les régions montagneuses, enfin le F. pyrenaïca Fér., signalé dans les Pyrénées, à 5 ou 600 mètres au-dessus des Eaux-Bonnes. La Faune française possède environ cinq espèces du genre Siiccinea, à savoir : S. Pfeifferi Rossm., répandu dans toute la France, S.piitris L., S. oblonga Drap., qu'on rencontre dans les Alpes jusqu à 1000 mètres d'altitude, S. arenaria Busch., commun aux Alpes et aux Pyrénées, entre 1000 et 1200 mètres, et S. longiscopa Mor., qui habite spécialement la région méditerranéenne.
Le genre Testacella n'est représenté que par le T. haliotiden Drap., qui habite la France méridionale et moyenne et s'élève assez haut sur les montagnes; il importe encore de mentionner le T. Mogei Fér., espèce exotique, dont on a signalé la présence à Dieppe, où elle a été vraisemblablement apportée par les navires. Quant à nos deux espèces de Parmacella [P. Gervaisii Moq.-Tand. et P. Valenciennei Web.), elles sont spéciales aux plaines arides de la Grau.
La fumille des Limaciens compte en France un assez grand nombre d'espèces réparties dans les trois genres Limax, Geomalaciis et Limacella [voy. Jous- SEAUME, Mém. de la Soc. zool. de France, t. I). Parmi les Limax, que l'on désigne indistinctement sous les noms vulgaires de Loche., Licoche, Limace, citons : L. riifus L. [Arioii empiricorum Fér.), L. hortensis Fér., répandus partout, L. fuscatus Fér., spécial aux régions septentrionale et séquanienne, L. brunneiis Drap., des contrées méridionales, L. melanocephalus Fér., de la région sous-alpine des montagnes du Dauphiné, L. albus Fér., commmi aux Alpes et aux Pyrénées, et L. ater Fér., propre aux Hautes-Pyrénées, à une altitude de 1800 mètres. — Quant au genre Geomalacus qui relie entre eux les Limax et les Limacella, il n'est représenté que par le G. Bayani Jouss., qui n'a encore été signalé qu'aux environs de Paris. — Enfin mentionnons dans le genre Limacella : L. collina Norm. et L. fulva A^orm., tous deux propres à la région septentrionale, L. maxirna L., répandu partout, et qui monte dans les Pyrénées jusqu'à 1200 mètres, L. clnereo-nigra Wolf, spécial aux grandes forêts (Fontainebleau, Montmorency, Isle-Adam, etc.), L. variegata Drap., commun dans les caves et les celliers, L. marginata MulL, espèce du Languedoc, qui se retrouve dans la chaîne des PyTtnées entre 1200 et 1500 mètres d'altitude, L. alpina Fér., propre aux régions élevées des Hautes-Alpes, enfin L. agrestis L., très-répandu dans les champs et les jardins et dont on retrouve dans les Pyrénées la variété sylvatica jusqu'à une hauteur de 2000 mètres ; cette dernière espèce est souvent très-nuisible à l'agriculture ; elle sécrète abondamment un mucus visqueux et filant, qui lui a fait donner le nom de Loche filante.
Nous ne possédons que quatre espèces du genre Carychium; la plus répandue est le C. minimum Mull., qui monte dans les Vosges jusqu'à 500 mètres et dans les Hautes-Pyrénées jusqu'à 1500 mètres; le C. denticulatum Mull. n'a encore guère été rencontré qu'en Bretagne; le C. Firminii Payr. se trouve spé-
360 FRANCE (faune).
'-iialement en Corse, et le C. myosotis Fer. ne vit i\ue sur les bords de la Médittrranée et de l'Océan.
Pour en finir avec cette longue énuméralion des Platypodos terrestres, mentionnons encore huit espèces du genre Cijclosloma, à savoir : C. elegans Drap., espèce propre aux terrains calcaires, répandue dans toute la France, C. sulcatum Drap., confiné dans la région provençale, C (Pomatias) carthusianum Dup., absolument spécial aux montagnes du Daupliiné , C. septemspirale Raz. et C. obsciirum Diap., communs dans presque toute la France, C. patulum Drap., sp cial à nos côtes maritimes de la Provence et du Languedoc, enfin C. Partioti Moq.-Tand., qui vit sur les rochers dans les Hautes-Pyrénées, entre loOÛ et 2000 mètres d'altitude.
Les Gastéropodes Platjpodes fluviatiles, qui sont signalés comme appartenant à la Faune française, se répartissent dans les sept genres : Planorhis, P/.ysa, Linuiœa, Ancylus, Pahidina, Bithynia et Valvata.
Le genre Planorhis comprend à lui seul plus de vingl-cinq espèces, dont les plus répandues sont: P. corneus L., P. carinatus Mull., P. spinorbis Mnll., P. vortex Mull., P. contortus Mull., P. imbricatiis Mull., P. marginalus Mull., etc. Nous citerons encore le P. nitidus Mull., qui habile les eaux stagnintes dn midi et qu'on retrouve dans les mêmes conditions en Alsace.
Dari> le genre Physa, nou* n'avons tiuère à mentionner comme espèces importantes que le P. fontinalis L., le P. Itypnonim Drap., qui se trouvent purtout, et le P. acuta Drap., dont la variété castanea Lamk. parait spécide à la Garonne et à ses affluents.
Une vingtaine d'espèces représentent en France le genre Limncea; nous nous bornerons à citer comme très-communes L. staynalis Mull., L. palustris Drap., L glulinosa Drap., L. auricularia Drap., L. ovata Drap., etc. Quant au L. limosa L , qui est également très-répandu, il oifie une variété glacialit iju'on rencontre seulement dans les hautes Vosges à HiiO<mèLres, et dans les Pyrénées jusqu'à 2600 mètres; le L. minuta Drap., est au contraire à peu près spécial à la région occidentale et méridionale.
A l'exception de VAncylus lacustris Mull., qui est commun partout et de VA. sinuosiis Mich., qui se trouve dans la région séquanienne , les espèces de ce genre qui ont été signalées en France habitent plus spécialement les montagnes; citons entre autres VA. fluviatilis Blum, VA. riparius Desm , de l'Alsace et des Vosges, et VA. capuloides Jan., de la chaîne des Pyrénées.
Parmi les Paludines, les Paludina impura Drap, et P. vivipara sont Irèscommunes, tandis que les P. achatina Dr.ip. et P. anatina Mich. se rencontrent plus particulièrement dans la région du midi.
Nous possédons environ une douzaine d es|)èces de Bithynia. Nous mentionnerons entre autres les B. tentacidata L., B. viridis Poir., répandus à peu près partout, le B. abbreviata Mich., propre aux régions montagneuses, et le B. marginata Mich., qu'on ne rencontre guère que dans le midi. Le genre voisin Valvata ne compte en France que trois espèces : V. piscinalis L., V. minuta Mull. et V. cristata Mull., qu'on trouve assez communément dans la plupart de nos provinces
Mentionnons encore, pour terminer la série des Gastéropodes Platypodes fluviatiles, le JSeritina fluviatilis Drap, et ses nombreuses variétés répandues dan.s la Fiance entière.
FRANCE (faune). 361
Lamellibranches. -Cet ordre ne renferme relativement qu'un petit nombre d'espèces vivant dans les eaux douces, et appartenant aux genres Cijclas, Pisidium, Anodonta, Unio et Dreissena.
Le genre Cyclas compte en France cinq espèces qui toutes, à l'exception du C. cornea L., très-commun partout, sont propres aux départements du nord [C. rivicola Leacli, C. solida Norm., C. Ryckholti Norm.). Nous ne possédons que six espèces de Pisidium, parmi lesquels P. amnieum MuU., P. cazertanum Poli et P. pusillum Jen. sont les plus répandus.
Le genre Anodonta comprend les cinq espèces suivantes : A. cygnea L., A. analina L., A. complanata Ziegl., A. variabilis Drap, et A. Avonensis Mont., qui se rencontrent dans les diverses parties de la France. Parmi les dix espèces du genre Unio, qui sont signalées comme liabilant la Fiance, citons principalement : U. sinuatus Poir., U. rhomhoideus Schrôt,, V. Bataviis Mont., V. pictorum L., qu'on trouve communément dans nos rivières, et U. tumidus Phil., des rivières du nord de la France, particulièrement le Pdiin, la Meuse, la Moselle, l'Oise, etc. Signalons enfin, comme l'une des espèces les plus intéressantes, le Dreissena polymorpha v. Bened., qu'on a rencontré dans plusieurs de nos grands fleuves, et particulièrement dans l'Escaut, la Somme, l'Oise, la Seine, la Loire, le Rhône, le Hhin, la Moselle, la Meuse, et jusque dans les bassins du Muséum à Paiis ; on considère le Dreissena comme une espèce marine transformée, qui a été am née par des navires.
Mollusques marins. Ainsi que uous l'avons déjà dit au commencement de ce chapitie, le litioral maritime de la France peut se diviser en plusieurs zones de profondeur, caractérisées chacune par la prédommance de certains types de Mollusques; nous ferons remarquer, toutefois, que le développement en profondeur de ces zones n'est pas le même sur tous les points du littoral, influencé qu'il est par la profondeur relative du sol marin; ainsi, tandis que, dans la Manche, les eaux ne dépassent pas 50 mètres de fond et qu'elles atteignent facilement 100 mètres dans la région dite armoricaine, elles arrivent rapidement, dans le golfe de Gascogne, à 200 mètres, et brusquement, pour peu qu'on s'éloigne des côtes, elles accusent une hauteur souvent supérieure à 4500 mètres (voy. Fischer. Essai sur la distribution géographique des Brachiopodes et des Mollusques du litioral océanique de la France, in Actes de la Soc. linn. de Bordeaux, ¥ sér., t II, 1N78). Ajoutons que ces zones ne sont pas absolument identiques sur toute l'élendue de nos côtes, mais elles ne diffèrent généralement qu'en ce que l'espèce dominante est remplacée par une autre espèce voisine et du même genre; c'est ainsi qu'à Trouville la première zone {zone des Littorines) est caractérisée par le Littorina rudis Mat., tandis qu'à Biarritz et dans la Méditerranée, c'est le L. nerildides L. qui est devenu l'espèce dominante; de même pour la troisième zone [zone des Patelles), c'est le Patella vulgata L. qui la caractérise dans l'Océan, tandis que dans la Méditerranée c'est le P. tarentina Lamk, etc.
Mais revenons à notre faune malacologique. Si nous comparons la faune des côtes de l'Océan à celle du littoral médil<;rranéen, nous constaterons une grande similitude dans les espèces qu'elles comprennent, et nous remarquerons, en outre, que la Médiierranée renferme un grand nombre d'espèces spéciales, appartenant à des g?nres différents, dont la plupart ont de nombreux représentants dans les mers chaudes.
36'i FRANCE (faune).
Quant à la question de savoir si le Gulf-Stream a amené sur nos côtes des espèces nouvelles, l'état actuel de nos connaissance n'a pas encore permis de la résoudre, et l'on peut dire, en thèse générale, que les espèces des mers cliaudes, telles que Janthina communis Lamk, J. exigiia Lamk, Cleodora pyramidata Biown, Hyalaea inflexa Les., etc., qu'on rencontre quelquefois sur nos côtes océaniques, sont pélagiques et se rencontrent dans toutes les mers du globe.
Ckphalopodes. Les représentants de cet ordre sur les côtes maritimes de la France se réduisent à un petit nombre d'espèces, qui se répartissent dans neuf genres. Le genre Octopus {Poulpe) comprend quatre espèces; VO. vnlgaris Lamk est le seul qui soit commuu aux deux mers ; VO. cirrhosus Lamk, au contraire, est spécial à la région océanique, tandis que VO. tuhercidatus Bl. et VO- antiquorum Bl. n'ont encore été rencontrés que dans la Méditerranée; ce dernier serait parasite delà coquille de l'Argonaute. — h'Argonaitta Argo L., si répandu dans la mer des Indes, se rencontre quelquefois dans la Méditerranée. — Sur deux espèces du genre Eledona, l'une, E. Pennanti Forb., se rencontre sur le littoral de la Manche, l'autre E. nioschata Lamk {Folpo des Italiens) paraît spéciale à la Méditerranée; cette espèce répand une odeur de musc et passe pour déterminer !a production de l'ambre gris. — Le Philonectis pictus Ver., seul représentant du genre sur nos côtes, a été pris dans la Méditerranée.
Les Ommastrophes sagitlatus Lamk et 0. crassus Laf. appartiennent à nos côtes de l'Atlantique, et on a signalé comme péché à Cette VO. pteropus Sleenstr. — De tous nos Céphalo])odes les Loligo (Calmars) sont les plus nombreux en espèces, lesquelles, à l'exception du L. vulgaris Lamk, qui habite également la Méditerranée, appartiennent toutes à nos côtes de l'Océan et principalement au golfe de Gascogne; tels sont L. Forbsi Sleenstr., L. affinis Laf., L. macrophthalma Laf., L. microcephala Laf., L. Moulinsi Laf., L. pidchra Bl. et L. siihulata Lauik. — Dans le genre Sepiola, meutionnons le S. vidgaris Grant, de la Méditerranée, et les S. Atlanlica D'Orb. et .S. Rondeleti Leach, de l'Océan Atlantique, où se trouve également le Spirula Peroni I^amk. — Enfin dans le genre Sepia {Seiche), nous possédons le S. officinalis L., commun aux deux mers, et les 8. PhilliouœihsiL, S. F ischeri LaL , S. Orhignyana Feh. et S. rupellaria D'Orb., qui paraissent propres à l'Océan.
Ptéropodes. Sur les huit espèces de cet ordre qui sont signtilées comme fréquentant notre littoral, deux : Cleodori a pyramidata Brown et Hyalea inflexa Les. n'ont été rencontrées que dans l'Océan; toutes les autres {Pleurodermon violaceum D'Orb., Cymbidia Peronii Lsucnk, Cleodora cuspidata Gaym.,C/. lanceolaia Per., Creseis acicula Rang, et Hyalea tridentata Lamk) n'existent que dans la Méditerranée, où elles voyagent en troupes nombreuses comme dans les eaux de la région tropicale.
Gastéropodes Hétéropodes. Ce groupe, qui ne compte dans le monde entier que six genres est représenté dans la Méditerranée seulement par VAtlayita Peronii Less., VOxygyrus Keraudrenii Bens., le Carinaria Mediterranea Lamk. et le Fii^ola coronata Forsk.
Gastéropodes Platypodes. De tout l'embranchement des Mollusques, le
groupe des Gastéropodes Platypodes est celui qui comprend sur les côtes françaises le plus grand nombre de représentants. Les catalogues les plus récents n'en signaient pas moins de cinq cents espèces dont la distribution dans nos deux mers offre des particularités assez remarquables; celles dont la présence est signalée sur nos côtes de l'Océan se retrouvent pour la plupart dans les mers boréales, tandis que, dans la Méditerranée, on en rencontre beaucoup qui manquent dans l'Océan et qui appartiennent à des genres dont la majorité vivent dans les mers inlertro[iicaIes, et, comme le dit M. Fischer^ elles attestent par Jeur abondance les communications de cette mer, durant la période miocène, avec des eaux beaucoup plus chaudes. Forcés d'être brefs, nous ne mentionnerons ici que les genres piincipaux avec les espèces les plus typiques.
A l'exception des Littorina neritoides Lamk et L. obtnsata ]j., qui vivent à la fois dans les deux mers, toutes les autres espèces de ce genre (L. littoreah., L. nigro-lineata Gray, L. patula Thorpe, L.vittdta Phil., L. palliataSix^j, etc.) habitent les côtes de l'Océan. Les Ris^ioa, au contraire, semblent également répandus dans l'une et l'autre mer; mentionnons : 1° comme espèces communes à l'Océan et à la Méditerranée, R. pusilla Phil., R. violacea Desm., R. calathus Forb., R. reticulata Mont., R. testae krdià. [R. abijssicola Forb.), R. semistriala Mont, et R. Montagui Peyr.; 2° comme espècs spéciales à l'Océan, R. inconspmia Aid., R. vitrea Mont., R. costata Ad., R.proxima Ald.,jR. labiosa Mont., R. nana Phil., R. gemmula Fisch., etc.; 3" dans la Méditerranée, R. auriscalpiiim h.,R. subcrenulataSchvf., R. cingulata ?h'\\., R. fusca Phil., etc. — Le Rissoina Bruguieri Peyr. , le Sigaretus haliotideus L. , le Fossarus ambigmis L. et \& Lamellarla perspicua L. se trouvent à la fois dans l'Océan et dans la Méditerranée; le Gadinia Gnrnoti Peyr., au contraire, n'est signalé que des environs de Marseille, et le Melanopan buccinoidea Fér., des côtes de Provence. — Le Trvncatella Jidiae Fol. et le Natica Alderi Forb. paraissent spéciaux au golfe de Gascogne; quant aux Natica DUlwyni Peyr. et iV. moniV/fera Lamk , ils se trouvent sur tout le. littoral.
Signalons encore comme également répandus dans les deux mers : Coecum trachea Mont., C. glabrum Mont., Turritella triplicata Broc, T. communis Risso, Eidima microstoma Br., E. subidata Don. et Odostomia Huniboldti Risso; puis, comme spéciaux à l'Océan: Ccecum spinos uni fisch., C. armoricum Fol., Eidima biUneata Âld., E. polita L., Eidimella acicula Phil., E. nitidissinia Mont., Odostomia co)ioïdealjror., 0.pUcata}iloni., 0. obliqua Md., O.albella Lov., etc., et dans la Méditerranée :0.{Turbonil[a) lactea L., où habitent également Cerithium vuJgalum Brug., C. fiiscatum Costa, C. lima Brug. et Dolium gaîea L. Quant aux Cerdhimn reticulatiim Costa, C. lacteum Phil., C- Metaxae Del. Ch. et Cerithiopsis tnbercidaris Mont., ils vivent à la fois dans les deux mers; enfin, le Cerithiopsis pidchella ieifr. et C. Barleei Jeffr. habitent exclusivement l'Océan.
Le genre Cyprœa (Porcelaine), si nombreux en belles espèces des mers chaudes, n'est représenté sur nos côtes que par le C. europœa Mont., qui existe à la lois dans la Manche' et dans la Méditerranée, et les C. lurida L. et C. pyrum L., tous deux de la Méditerranée. Sur trois espèces du genre Ovula, l'une, 0. Patula Peu., est océanique; les deux autres, A. carnea L. et 0. spelta L., sont méditerranéennes, de même que le Cancellaria cancellata L. et le Conns mediterraneus Brug.
Parmi les nombreuses espèces du genre Pleuroioma, nous mentionnerons seu-
564 FRANCE (faune).
lement P. attenuatum Mont, el P. (Mangelia) rugulosum Phil., communs aux deux mers, puis P. Bertrandi Peyr., P. {Defrancia) gracile Mont., de la Méditerranée; enfin, P. striolatum Scacchi, P. brachystomum Phil., de l'Océan, où vivent également les Lachesis minima Mont., Purpura lapillus L., Neptunea antiqua h., N. contraria L., N. Islandica Chemn., iV. gracilis Costa, etc., Ringicula buccinea Broc, R. leptocheila Brug., R. auricula Mén., etc. Quant aux Purpura haemastoma L. et P. patula L., le premier habite à la fois l'Océan et la Méditerranée et le second est spécial à cette dernière mer.
Dans les genres Turbonilla, Baccinum, Nassa, Triton ei F asiolaria, la faune française compte un assez grand nombre d'espèces, parmi lesquelles il importe surtout de citer : Amassa cornicw/mm Olivi et iV. incrassata Mull., qui seuls fréquentent à la fois les deux mers, puis Nassa mutabilis L., N. variabilis Brug., N. gibbosula i.., ^^ neritea L., Buccinum pusio L., B. Borbignyi Peyr. et Fasiolaria lignaria L., qui n'habilent que la Méditerranée; enfin, Nassa semistriata Broc, N. reticulataL., N. pygmaeaLàmk, Triton nodi fer us Lanik, T.cutaceusL., T.corrugatushaimk, TurboniUatricinctahlïv.^ T. interstincta Mont., T. MouIinsianaYisch., T. rufa Phil., T. scalarns ?h\]., T. fenestrata Forh., T. HortensiaeNan?,., etc., qui n'ont encore été rencontrés que dans l'Océan.
Le genre Columbella nous offre environ quatre espèces qui se trouvent toutes dans la Méditerranée, à savoir : C. ruMica L., C. corniculata Lamk, C. minor Scac. et C. scripta L.; ces deux derniers se trouvent également dans l'Océan. — Les deux Fusus {F. corneus L., F. Syracusanus L.) signalés de nos côtes sont propres à la Méditerranée.
Le genre Murex est largt^ment représenté sur les côtes françaises ; on en connaît une douzaine d'espèces réparties ainsi qu'il suit : les M. erinaceus L., M. Edwardsi L. et M. aciculatus Lamk sont communs aux deux mers; les M. lamellosus Yon et M. spadae Lib., paraissent propres à l'Océan, tandis que les M. Brocrhii Mont. {Fusus scaber Auct.), M muricatus Mont., M. cristatus Broc, M. 7'ostratus Oliv. et M scalaroides Bl. n'ont encore été capturés que dans la Méditerranée.
Dans les genres Mitra, Marginella, Scalaria et Janthina, nous mentionnerons : 1" comme se trouvant dans les deux mers : Mitra lutescens Lamk, Marginella minuta Pf., M. clandestina Broc, Scalaria communis Lamk, Se. tenuicostata M \ch., Janthina nitens Menk. ; 2° comme spéciaux à la Méditerranée : Marginella lœv is \)on. {Voluta cyprœola Broc), i¥. miliacea Lamk, M. secalina Brug , Scalaria subdecussata Cantr., Se. lamellqsa Lamk et Janthina bicolor Menk.; 5° comme n'ayant encore été rencontrés que dans l'Océan : Mitra fusca Sw., Scalaria clathratnla Mont., Se. crenata L., Se. Trevelyana Leach, Janthina britannica Leach et J. exigua Lamk.
Citons encore le Turbor ugosusL., répandu sur toutes nos côtes, puis dans les genres Trochus et Phasianella, les Trochus striatus L., Tr.exasperatus Penn., Tr. magus L. el Phasianella tenuis Mich., qui vivent aussi bien dans la Méditerranée que dans l'Océati ; les Trochus cinerarius L.. Tr. tumidus Mont., Tr. obliquatus Gme]., de l'Océan; enfin, Tr. fanulum Gmel., Tr. millegranus Phil., Tr. divaricatus L., Tr. canalicidatus L., Phasianella pulla h., Ph. intertnedia Scac. et Ph. speciosa Muhlf. , qui habitent la Méditerranée. A cette énumération, nous devons encore ajouter : 1" dans l'Océan et la Méditerranée, les Fissurelta graeca L., Emerginida conica Scbum., E. tenera Monter. , et E. elongata Costa ; 2° Fissurella costaria Bast. , de la Méditerranée ; enfin 5" dans l'Océan,
FRANCE (faune). ôlS
les F. reticulata Donov., F. gibha Phil., et Emanjinula adriatica, Costa du goU'e de Gaecogne.
D;ms les genres Chiton et Patella, la Faune fiançaise compte un assez grand nombre d'espèces, parmi lesquelles nous nous contenterons de citer : Chiton iaevis Peau, et Patella lusitanica Gmel., trouvés dans les deux mers; Chilon ruhicundus Costa, Ch. olivaceus Speng., Ch. marginatus Lamk, Ch. sqiiamosus L., Patella cœrulea, L. et P. pelliicida Lamk, qu'on rencontre dans la Méditerranée; puis Chiton fascicularls L., Ch. cancellariiis Sow., Ch. cinereus L. et Ch. fuivus Wood, qui paraissent propres à l'Océan. D'un autre coté, nos deux mers nous olfrent encordes Tornatella fasciata Lamk, Bulla hijdalis L., Aplysia depUans L., tandis que l'Océan renferme plus spécialement Bulla elegans Leacli, B. ittriculata Broc, Aplysia punctata Guv., A. marmorata Bl., Cylichna cylindracea Mont., C. mnbilicata Mont., C. acuminata ¥isch., Seaphandei- lignarius L., Triforis perversa L., PhUine catena Mont., Ph. aperta L., Tritonia lineata Aid., Tr. Hamhergii Cuv. et Tr. pleheia Johnst., et un grand nombre d'espèces des genres Doto et Goniodori.s. — Les Philine scahra Mull., Pleurohranchus auratitiacus Rhso, PL testudinanus Gant, et PI. ocellarius Deile Gli., U inb relia mediterranea Lamk, Theti'^ fimbriata L., Th. leporina Gme\., Glaucus hexapterygiiis Guv., au contraire, paraissent propres à la Méditerranée.
Pour en finir avec les Gastéropodes Plalypodes qui ont été signalés sur nos cùles, nous devons encore une mention aux genres Polycera Doris et Eolis, (.[lû y sont largement représentés ; à l'exception du Doris limbata Cuv., qui se trouve à la fois dans les deux mers, et des Eolis fasciculata Gmel., E. peregrina Lamk., et E. minima Lamk., toutes les espèces de ces genres, ainsi que celles des genres E lys ia, Acteonia, H ermœ a, Dischides, Scissurella, Cyclostrema, Assiminea, Zephyrina, Pelta, Volvul a, hdhiienl ("Océan; nous mentionnerons principalement : Polycera quadrilineata Mull., P. Lessoni D'Oib., P. ocellata Aid., P. horrida Hesse, Doris tuberculata Cuv., D. tornientosa Cuv., D. billamellata L., D. biscayensis Fisch., D. seposita Fisch., D. euhalia Fiscli., D. derelicta Fiscb., Eolis papillosa L., E. coronafa Forb., E. pallidula Laf. , E. cœrulea Mont., E. tricolor Forb., E. elegans Aid. et E. armoricana Hesse; Elysia viridis Mont., E. elegans Quatref., Acteonia senestra Quatref., A. corrugata Aid., A. Cocksi Aid., Hermœa dendr itica A\d., H. bifida}ilont., H. poly chroma Hesse, Dischides bifissus Wood, Scissurella crispata Flem., Cycloslrema Cutlerianmn Clark, C. serpuldides Mont., C nitens Pbil., Assiminea littorina Del. Ch., A Eliœ Pa'ad., Zephyrina pilosa Quatref., Voivula acuminata Âdams. et Peita coronaia Quatref.
Gastéropodes scaphopodes. Ce sous-ordre n'est représenté sur nos côtes françaises que par le genre Dentaliuni, dont les huit espèces se répartissent de la manière suivante : les Dentalium novemcostatum Lamk, et D. panormium Cliemn., se rencontrent à la fois dans les deux mers; les D. filum Sow. et D. [Siphodentalium] Lofotense Sars sont spéciaux à l'Océan, tandis que les D. rubescens Desh. et D. elephantinum L., n'ont encore été trouvés (|ue dans la Méditerranée ; celte dernière espèce habite plus particulièrement l'Océan Indien.
LA3iEi,LiBRv?icuEs. Les Lamellibranches, si riches en espèces d;ins les mers chaudes, n'ont relativement que peu de représentants sur nos côtes. Un "rand nombre des espèces qui font partie de notre Faune sont communes à l'Océan
566 FRANCE (faune).
et à la Méditerranée, mais cette dernière renferme de plus vin certain nombre de genres qu'on ne retrouve que dans les mers intertropicales.
Lamellibranches Siphoniens. Les genres Teredo, Xylopfiaga. Teredina, Pholas, Pholadidea, Saxicava, Saxicavella, Petricola, Gastrochaena, tous Tubicoles, à l'exception des Saxicava, et caractérisés par leur propriété de [erforer les rochers, coquilles, objets en bois, etc., et par cela même dangereux pour les navires et pour les endiguements de certaines de nos côtes, sont représentés dans nos mers par un assez grand nombre d'espèces parmi lesquelles nous citerons : 1° comme répandus surtout notre littoral : Teredo navalis L., Pholas dactylus L., Ph. candida L., Ph. crispata L., Saxicava rugosa var. arctica Gmel., Petricola striata Lamk, Gastrochaena modiolina Lam. et G. diibia Penn.; 2° comme propres à l'Océan : Teredo norvegica SpengL, T. pedicellata Quatref., T. bipennata Tuit., Xylophaga dorsalis Turt., Pholadidea papyracea Turt., Saxicava rugosa L., Saxicavella plicata Mont, et Petricola lilhophaga Retz; enfin 5", comme vivant spécialement sur notre littoral méditerranéen : Teredo Bruguierii Délie Ch., Septaria mediterranea Math., Teredina personata Lamk, Saxicava Guerini Payr., Petricola roccellaria Lamk, P. lamellosa Lamk, P. costellata Lamk, P. ochroleuca Val., Gastrochaena Polii Phil.; d'après les remarques de Valenciennes et de divers autres auteurs, la plupart de ces espèces pénètrent dans les étangs salés des bords de la Méditerranée ou habitent simplement la vase.
Dans les genres Pandora, Neœra, Corbida, Lyonsia et Thracia, les espèces les plus nombreuses se rencontrent exclusivement dans l'Océan ; tels sont : Pandora obtusa Lamk, P. inœquivalvis L., Neœra cuspidata Olivi, iV. abbreviata Forb., Corbula gibba Olivi, Thracia pubescens Pull., Th. papyracea Poli, Th. distorta Mont. ; la xMéditerranée ne reuternie guère que les Corbula mediterranea Costa et Thracia corbuloides Desh. ; enfin on trouve à la fois dans les deux mers : Neœra costellata Desh., Lyonsia norvegica Chemn. et Corbula nucleus Lamk. Le genre Mya est représenté par les M. arenaria L. et M. tnincata L., propres à l'Océan, et le M. [Sphenia] Binghami Turt., qui existe sur tout notre littoral ; le Solemya mediterranea Lamk est spécial à la Méditerranée ; quant au genre Syndesmya, sauf le S. prismatica Mont., qui est commun aux deux mers, ses principales espèces sont confinées dans l'Atlantique : S. alba "Wood, S. tennis Mont., S. intermedia Thomp. et S. ovata Chil.
Le genre So/ew compte sur notre littoral environ six espèces, qui se répartissent de la manière suivante : S. coarctatus L., dans la Méditerranée; S.pellucidus Penn. et S. marginatus dans l'Océan; S. legumen L., S. siliqua L. et S. ensis L., dans les deux mers. Dans le genre voisin Solecurtus, mentionnons : S. strigillatus L., espèce qu'on rencontre assez rarement sur le littoral méditerranéen, S. candidus Ren., S. multistriatus Scac. et S. coarctatus Gniel., qu'on trouve surtout sur nos côtes océaniques. Citons encore les Donax anatinum Lamk., D. trunculus Lamk, Psammobia vespertina L., Ps. Feroensis L., Ps. costulata Turt., communs aux côtes de l'Océan et à celles de la Méditerranée, Donax denticulata L., qu'on ne trouve que dans cette dernière mer, et Donax vittatus Jeffr., D. politus Poli, Psammobia tellinella Lamk., espèces exclusivement océaniennes. Le Scrobicularia piperata Gmel., qui est comestible, se rencontre sur tout notre littoral.
Les genres Tellina et Lutaria renferment comme espèces ré|)andues dans le*deux mers ; Tellina serrata Broc. ( T. Brocchii Cant.), T. fabula Gmel.. T. ba-
FRANGE (faune). 367
laustina h-, T. donacina L., T. tennis Costa, Liitaria eUiptica Lamk; comme spéciaux à la mer Atlantique : Tellina incarnata L., T. Balthica L., Lutaria oblonya Cliemn. ; enfin comme propres au littoral de la Méditerranée : Tellina fracjilis L. et T. planata h., espèce très-commune. Mentionaons encore pour la côte océanique ; Mactra solida L., Coralliophaga lithophageUa Lamk, Tapes decussatns L., T. auretis Gmel, T. pullastra Mont., T. virgineus Gniel., Venus fasciata doao\ . , Cyprina Islandica h., Liicina borealis L., L. divaricata h. , L. flexuosa Mont., lielUa Mac Andrewi Fisch., Cardium paucicostatum Sow., C. norvegicum Sp., Montacuta bideiilata Mont., M ferruginosa Mont., M. substriata Mont., Lepton glabrum Fiscli., L. squaniosiim Mont., L. subtrigonum Jeffr., L. lacerum Jeffr., L nitidnm Turt , Galeomma Turtoni Sow. ; pour le littoral méditerranéen : Amphidesma lactea Lamk, Cytherea rudis Poli, trèsabondant dans le golfe de Marscdle, Venus casina L. {V . cygnus Arad.), V. decussata L., très-commun dans tonte la Méditerranée (les Clovisses des ports de Marseille), F. florida L., V. geographica L., Cardita sulcata Brug., C. caliculata Brug., C. aculeata Poli; puis, parmi les nombreuses espèces du genrj Lucina, L. leucoma Turt., commun dans les environ de Cette et pai ticulièreraent dans l'étang de Tliau, Carditim oblongmn Cliemn. ; enfin, comme reiiréscntants de ces mêmes genres, conmiuns aux côtes de l'Océan et à celle de la Méditerranée : Mactra stiUtoruniL., M. helvaceaCheam., Venenipis irush., Cytherea chioneL., espèce comestible, Venus verrucosa L., V.ovataVe,m\., V. gallinaL., espèces généralement très- répandues, Poronia rubra Mont., Isocardia cor L., Circe minima Mont., Cardita trapeziaL., Lucina reticulata Poli, L. spinifera Mont,, Kellia suborbicularis Uonl., Cardium nodosum T^urt. , C . papillos uni Poli, €■ miniynum Phil., C. tuberculatmn L., C edule L. et Cliama gryphoides L.
Lamellibranches Asiphoniens. Parmi les espèces principales des genres Petunculus, Leda, Nacula et Arca, citons comme répandus également sur toules nos côtes : Petuncutus glicymeris Lamk, P. pilosus Lamk, Leda commutata Phil., Arca lactea L. et i. barbata L. ; dans la Méditerranée on ne trouve guère comme espèce spéciale que 1*^4. diluvii Lam.; dans l'Océan on rencontre les Leda tenuis Phil., Nucula sulcata Brom., iV. nitida Sow., iV. nucleus L., N. tenuis Mont., Arca tetragona Poli et A. petunculoides Scac.
Le genre Mytilus [Moule) nous offre cinq espèces, qui, à l'exception du M. crispus Canlr., spécial à la Méditerranée, sont répandues sur toutes nos côtes: M. (Modiula) barbatus L., M. minimus ?oVi, M. edulisL., M. galloprovincialis Lamk, qu'on a cru longtemps propre au littoral méditerranéen. Mentionnons encore les Modiola adriatica Lamk, Modiolaria marmorata, M. costulata Risso, Pinna pectinata L. et Avicula tarentina Lamk, de nos deux mers, Lithodomus lithophagusL., Modiola phaseolina Phil., Piniia squamosah. de la Méditerranée, €t Lithotomus candigerus Ld^mk, Modiola niodiolus L. , Modiolaria Petagnae Scac. , M. discors L., Crenella rhombea Berk, signalés particulièrement dans l'Océan.
Citons en outre les Limainflata Lamk, Spondylus gœderopus L., espèces trèscommunes de la Méditerranée, le Pecten inflexus Poli [P. Dumasii Peyr.) et VAnomia eîectrica L., de la même mer; les Lima hians Gmel., L. Loscombei Sow., L. subauriculata Mont., Anomia aculeata Mull., A. patelliformis L., de l'Océan; puis les Lima squamosa Lamk, Anomia ephippium L., et parmi les représentants du grand genre Pecten : P. pusio L., P. varias L., P aperçularis L., P- Jacobaeus L. (coq de Saint- Jacques), P. maximus L., P, testae Biv. {P. furtivus Lov.), qui vivent à la fois dans les deux mers.
368 FRANCE (faune).
EnCiu le genre Ostrea (Huître) compte sur nos côtes un assez grand nombre d'espèces, entre autres : 0. edulis L., 0. hippopxis Lamk, 0. cochlear Poli, qui l'orment des bancs sur diverses parties de notre littoral océanique et méditeiranéen,, les 0. corniiscopiae L., 0. cristata Boni., 0. plicatula Gmel., propres à la Méditerranée, et VO. angulata Lamk , espèce acclimatée dans l'esluaire de la Gironde.
Brachiopopes. Cette classe, qui compte tant de représentants fossiles, n'est 1 lus guère représentée dans les mers actuelles que par environ qualre-vingls espèces, et sur nos côtes par une douzaine de types, qui généralement vivent à une assez grande profondeur, au milieu des Polypiers calcaires ; on rencontre à la fois dans l'Atlantique et dans la Méditerranée le Crania av.oniala M;. 11., le Meçjerlea iruncata L., \'Argiope cistellula Wood, le Terebraluliaa caput serpgntis L., et une espèce fort curieuse, présentant une ressemblance extérieure JVappante avec les Anomia, le Platydia anomoides Scac. [PI. Davidsoni Desl.). Le Waldlteimia cranium Mull. et VArglope decollata ( hemn. n'ont encoie été riMiconlrés que dans l'Océan; le Thecidium mediterr aneiim Hisso, le Crania iostrata Uœv., VArgiope neapolitana Scac. et VA. cuneata Ris-o, dans la Méditerranée, de même que les Terebratida vitrea L. et T. miaor Ses., deux des rares représentants actuels des innombrables Térébralulides des teriains anciens I t particulièrement du muschelkalk. (Pour plus de détails sur la di^lribution géo- ;;raphique des Brachiopodes dans nos mers, Aoy. Suess, Veh. die Wohnsitze von Brachiopode7i, in Sitzungsber . d.Wien. Akad. d. ïf iss., Bd.XXXVlI, n"18, 1859.)
— Nous ne terminerons pas cette revue des Mollusques qui se reixonlrentsur b;s côtes françaises sans dire quelques mots des espèces existant à peu de dislance de ces côtes, à une profondeur comprise entre environ 1800 et iSOO mèires; parmi ces espèces, les unes appartiennent à la Faune actuelle des n;ers circumpolaires, les autres à une Faune spéciale dite des grandes profondeurs, rmuL les représentants sont sensiblement les mè[i;es dans l'Ôcéau glacial et dans l.i Méditerranée. D'après M. Fiscber, le nombre de ces espèces profondes est de cin(|uante-neuf, dont plusieurs se rencontrent à de moindres profondeurs aa I u'ge de notre littoral et parmi lesquelles dix atteignent même les côtes. iXous nous bornerons à citer les espèces principales suivantes, en renvoyant pour le surplus au mémoire de M. Fischer [Act. de la Soc. linn. de Bord., A^sév., t. Jf, 1878):
Pléropodes. — Limacina helicoïdes Jeffr., Hyalea trispinosa Les.
Gastéropodes. — Chiton chiereus L., Turbo fil osusPhïl., Propilidium aacy- 'uides Yoih., Cylichna alba ^vovin,Scaphander punctato-striatus Migh.., Aclœoii cjcilis Jeffr., Seguenzia carinata Jeffr., Cerithium metula Lo\ . , Hela tenella .liiflr , Dentalium candidum Jeffr., D. gigas Jeffr., etc , etc.
Lamellibranches. — Necera obesa Lov., Pecchiolia abyssicola Sars., Leda obyssicola Tor., L. pustidosa Jeffr., Arca glacialis Gray, Idas argenteus Jefir.. i'ecten fenestratus Forb., P. groënlandicus SiOv/.,Amussium lucidum Jeffr., etc.
Brachiopodes. — Terebratida septata Phil., Terehratella Spitzbergensis David., Bhyachonella Sicula Seg.
BRYOZOAIRES- Les Bryozoaires sont des animaux essentiellement aquatique^ l.)nglem|)s pris pour des Polypes, puis rangés par les uns dans les vers, par les i'utres dans (es mollusques, et dont quelques zoologi.stes font un embranchement distinct. Sauf un certain nombre de Plumatelles, de Cristatelles, etc., ils ha-
FHAîsCE (faunk). 369
bitent tous la mer, on on les trouve fixés, par colonies, sur les objets les plus divers, rochers, coquilles de Lamellibranches, coraux, algues, etc. ()n les rencontre dans toutes les mers du globe et ils sont assez bien représentés sur nos côtes, surtout sur celles de l'Océan, où ils semblent plus nombreux que dans l;i Méditerranée et où la faune des Bryozoaires présente un caractère plutôt boréal ; notons cependant que, d'une manière générale, l'hémisphère austral est infiniment plus riche en Bryozoaires que notre hémisphère. Quant à leur distribution bathymétrique, on en trouve des espèces aussi bien dans la zone littorale découverte à la basse marée que dans la zone profonde; M. Joliet, l'auteur de l'un des rares travaux parus en France sur les Bc^ozoaives {Contributions à V histoire naturelle des Bryozoaires des côtes de France. Paris, 1877, in-8), donne la liste ■des espèces vivant exclusivement dans l'une ou l'autre de ces zones et de celles •qui se tiennent dans les deux. Du reste, on rencontre des Bryozoaires à toutes les profondeurs, et, quoique ce détail ne soit pas d'un intérêt direct au point de vue de notre Faune, l'expédition du Challenger en a fait découvrir dans l'Atlantique dans des abîmes de 5500 mètres; remarquons, d'autre part, que l'on trouve des Bryozoaires d'eau douce jusque dans les lacs des Alpes, ii 2000 mètres d'altitude.
Les Bryozoaires existent à l'état fossile dans tous les terrains, depuis le silurien jusqu'à l'époque actuelle, mais ils ont été particulièrement nombreux ;i l'époque jurassique, et on les trouve surtout abondamment dans la craie et dans la molasse.
Nous adopterons pour les Bryozoaires la division en Entoproctes et en Ectoproctes.
Entoproctes. Cette classe ne paraît être représentée que très-pauvrement sur notre littoral méditerranéen; peut-être ce dernier n'a-t-il pas été suffisamment exploré à ce point de vue. M. Joliet signale à Boscoff : le Lozosoma phascolosomatum G. Vogt, qui vit sur un Nématode, le Phascolosoma elongattim, et qui' M. Marion a également vu sur le PJiascolion Stromhi, à .Marseille ; le Pedicellina gracilis Sars, et deux variétés du P. echinata Sars, fixés sur les branches d'un autre Bryozoaire, le Vesicidaria spinosa, sur des hydraires ou sur des alfi^ues dans les flaques d'eau qui ne se vident pas complètement à basse mer. On range ordinairement dans les Entoproctes les Paludicelles, espèces d'eau douce représentées en France par le Paludicella articidata Gerv.
Ectopi'octes. On peut diviser les Ectoproctes en deux ordres : celui des Lophopodes et celui des Stelinatopodes :
1° LoPHOPODES. Les Lophopodes ne renferment guère que des Bryozoaires d'eau douce, représentés dans nos étangs par le Cristatella mucedo Guv. le Plumatella campanulataL^mk, VAlcijonella fluviatilis La.mk, ÏA. fimqosa Pall IcFredericella sw/tana Blumenb., etc.;
2» Stelmatopodes. Les Bryozoaires de cet ordre rentrent dans plusieurs familles que nous allons passer successivement en revue :
Cténostomes. Sur le littoral méditerranéen, on ne rencontre guère que le Serialiaria semico7ivoluta Laiak., qu'on croyait spécial à la Méditerranée et qui il été retrouvé à Roscoff par M. Joliet ; sur les côtes de la Bretagne, on rencontre en outre, le Serialiaria lendigera Johnst., le Vesicularia spinosa Jolmst. le Boivérbankia imbricata Jolmst., fixé sur les fucus et d'auties Brvozoaircs Dicr. KNc. l" s., V. 2i
570 FRANGE (faune).
comme la plupart de ses congénères; le Valkeria discuta Jolinst., le Lagenella nutans Jol., espèce nouvelle, YAvenella fusca Smilt., VAlcyonidium hirsutum iohnsi. , le FlustrellahispidaYiedt'. (Alcyonidiiim hispidum Jolinst.), le Cycloum papillosum Johnst. et le Sarcochytiim polyoum Johnst. ; mais VAlcyonidium gelatinosiim iohnst., commun sur nos auties côtes océaniennes, y fait défaut.
CItilostomes. Comme espèces communes à la Méditerranée et à l'Atlantique,^ nous pouvons citer : Retepora cellulosa Busk, Cellepora pnmicosa Johnst., Irèscommun sur les rochers, où il forme de belles croûtes d'un rouge de chair, Lepralia tnliata Busk, L. innominata Busk, Membranipora pilosa L., Curbasea papyrea Pall., Bugula flabellata Busk, B. avicidaria Busk, qu'on rencontre jusqu'au Spitzberg, Auguinaria spatuîota Busk, Spathipora sertum Fisch., Avicella mediterranea\. Bened., A. avicidaroides \. Bened., Flustra semifron^ Pall., Salicornaria farciminoides Busk, dont les colonies sont fixées principalement sur les Gorgones. Parmi les espèces spéciales à la Méditerranée, nous citerons : Cellaria fislulosa L., Lepralia scripta Reuss, L. Malusii Aud., L. pertusa Johnst., L. lata Busk, et plusieurs autres espèces du même genre ; Membranipora calpensis ^nsk [M. bifoveolatallelï.). Dans l'Atlantique et spécialement dans la Manche, on trouve Eschara cervicornis Busk., qu'on rencontre jusqu'en Norvège et au Groenland, E. [Flustra) foliacea Busk, espèce très-commune et qui sert de support à de nombreux autres Bryozoaires ; Cellepora Skenei Busk, C. ramulosa Busk, C. vitrina Busk, Lepralia Brongniarti Busk, L. reticulata Busk, L. verrucosa Busk, commun sur les roches, L. violacea Busk, L. coccinea Busk, très-commun sur les pierres, sur VAscidia sanguinolenfa et sur les souches des Laminaires, L. linearis Busk, L. variolosa Busk, L. nitida, très-commun sur les roches et sur VAscidia sanguinolenta, iasqne dans les zones profondes, L. PeachiiBnsk, L. Martyi Jol., espèce nouvelle, et |ilusieurs autres espèces de ce genre; Escharipora figularis Johnst., Membranipora Flemingii Busk, M. lineata Busk, qui est propre aux régions arctiques, M . membranacea Busk, M. spinosa Jol., espèce nouvelle; Carbasea indivisa Busk, qui a été décrit comme spécial aux mers de la Nouvelle-Zélande; Bugula plumosa Busk; Bicellaria ciliata Busk, commun sur le Cynthia glacialis, sur le Vesicularia spinosa, sur les Gorgones, etc.; Caberea Boryi Busk, C. Hookeri Busk, Beania mirabilis Johnst., HippotJioa divaricata Busk, Eucratea chelata Johnst. , Canda reptans Busk, Scrupocellaria scruposa Busk. , adhérent aux pierres [»lates. La plupart des espèces qui précèdent se rencontrent également sur nos côtes Sud-Ouest, pour lesquelles nous signalerons toutefois comme spéciales, d'après M. Fischer [Bryozoaires marins du département de la Gironde, etc., in Actes de la Soc. linn. de Bord., t. XXVII, p. 329, 1870) : Terebripora Orbignyana Fisch., Membranipora spinifera Johnst., M. hexagona Busk, il/. Lacroixiiknà., Escharipora punctata Hass., Escharella reticulata Mac Gil., Eschara pavonina HOrb., Lepralia biforis Johnst., L. Pallasiana Mon., L. spinifera Busk, Hipjiothoa longicauda Fisch. , enfin une espèce essentiellement africaine, le Ciqmlaria Oweni, découvert récemment dans les draguages exécutés au cap Breton, par MM. Fischer et de Folin.
Cyclostomes. Parmi les Cyclostomes, nous signalerons les Pustulipora (leflexa Johnst., Diastopora obelia Johnst., communs aux côtes de la Méditerranée et de la Manche, le Tubulipora verrucosa et le T. transversa Lamk (T. serpens Johnst.), spéciaux au littoral méditerranéen, enfin les Crisidia ccrnnta Johnst., Cnsm oculeata Johnst., C. eburnea Johnst., C. denticulata Johnst. ,
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Aledo major Johnst., A. granulata Johnst., A. dilatans Johnst., Disco- ■porella crassiusada Smitt., TuhuUpora flahellaris Johnst., T. hispida Johnst., T. patina Johnst., l'un des plus communs, toutes espèces propres au littoral de l'Atlantique et surtout de la Manche; enfin, Entalophora proboscidea Edw., Proboscina tubigera D'Orb., propres au littoral sud-ouest de la France.
TUNIGIERS- Groupe d'animaux dont on connaît actuellement environ 300 espèces, et <|u'on peut rattacher aux Mollusques, à moins d'en faire avec quelques zoologistes modernes un embranchement distinct.
Les Tuniciers sont tous marins ; on en rencontre depuis les mers e'quatoriaies jusque dans les mers polaires, et ils sont assez nombreux sur nos côtes. Les uns vivent fixés sur le littoral (Ascidies), les autres nagent librement dans la haute mer, où ils forment souvent des colonies ou des chaînes fort longues {Thaliacés). Nous allons rapidement passer en revue les espèces principales de ces deux oidres, en renvoyant, pour l'énumération complète des Tuniciers de France, aux ouvrages spéciaux, et pour les Synascidies des côtes de la Manche et les Synascidies du département de la Gironde, particulièrement au mémoire de M. Giard {Arch. de zool. expérim., t. I, II, 1872-1875) et à celui de M. Fischer [Act. de la Soc. linn. de Bord., t. XXX, 1876).
I. A<i>eidies. On a divisé cet ordre en deux groupes distincts, comprenant, l'un les Ascidies simples et agrégées, l'autre les Ascidies composées ou Synascidies.
1° Ascidies composées. Ce i:ous-ordre renferme les Ascidies qui se réunissent en colonies, c'est-à-dire se groupent autour de cloaques communs. Elles paraissent être beaucoup plus nombreuses sur nos côtes océaniques que dans la Méditerranée; du reste, cette dernière mer n'a été que ti ès-imparfaitement explorée à ce point de vue.
Parmi les espèces des genres Botryllus et BotryUoides, nous mentionnerons les Botryllus violaceus Edw., B. smaragdus Edw., B. Marioni Giard, B. hivittatus Edw., B. pruinosus Giard, BotryUoides albicans Edw., B. rubrum EJw., répandus sur tout notre littoral océanique, tandis que les Botryllus polycyclus Sav., B. gemmeus Sav., B. calendula Giard, B. Schlosseri Sav., B. minutus Sav., B. aureolineatus Giard, B. morio Giard, B. rubigo Giard, BotryUoides rotiferum Edw., B. protractum Giard, B. clavelina Giard, B. insigne Giard, paraissent propres à la Manche, et parmi les espèces des genres Didemnum, Pseudodidemnum, Eucœlium, Diazona, Leptoclinum : Didemnum sargassicola Giaid, D. niveum Giard, Leptoclinum asperu7n Edyv . , L. durumEdw., L. Lacazei Giard, L. gelatinosum Edw., Pseudodidemnum gelatinosum Edw., qu'on rencontre plus spécialement dans la Manche; le Diazona violacea Sav., signalé dans la Méditerranée; enfui les Didemnum cinerewm Giard, Pseudodidemnum cristallinum Giard, Leptoclinum maculosum Edw., L. fulgens Edw., L. perforatum Giurd, Eucœlium parasiticum Giard, toutes espèces communes à la Manche et à l'Océan. Les Leptoclinum Lacazei, L. maculosum et L. gelatinosum, se rencontrent principalement dans les eaux profondes.
Les Amarœcium simulans Giard, A. punctum Giard, qui porte de nombreuses grégarines parasites, affectionnent également les mers un peu profondes, de même que V AsteUivm perspicmim Giard, du reste commun sur tout le littoral
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de la Manche; citons encore comme spéciales à cette dernière VAmarœcium albicans Edw., VA. proliferum Edw., VAstelUum nigricans Giard, le Fragarium elegans Giard et VAplidium fallax Johnst. ; les Amarœchini densum Giard, A. ISordmanni Edw., Morchellium argus Edw., Polyclinum sabulosum Giard, Astellium spongiforme Giard et ApUdium zostericola Giard, sont répandus sur toutes nos côtes de l'Atlantique et de la Manche. Pour en finir avec les Synascidies, nous signalerons encore le Circinalium concrescens Giard, espèce fort curieuse, trouvée dans la Manche par M. Giard, et VA. ficus L. [Alcyonium pulmonaria EUis), vulgairement appelée figue de mer, qui vit de piét'érence dans les grands fonds.
2° Ascidies agrégées. Nous n'avons guère à nommer ici que le Perophora Listeri Wiegm., spécial à la Manche, et le P. fragilis Giard, espèce nouvelle trouvée par M. Giard, dans la même mer, à une assez grande profondeur, et, dans le genre Clavellina, le C. Savignyana Edw. des côtes de l'Océan, les C pumilio Edw. et C. producta Edw., spéciaux à la Manche, enfin le C. lepadiformis Sav., répandu sur tout le littoral de la Manche et de l'Océan.
3" Ascidies simples. Nous nous bornerons à mentionner Ascidia (Ciona) Intestinalis L., Phallusia {Cynthia) ampuUoides v. Bened., Ph. [Ascidia) sanguinolenta L., Ctjnthia glacialis Sav., C. agregata Rathk. et Molgula tubulosa Forb., surtout répandus dans la Manche; Phallusia grossularia Sav., espèce qui vit en quantité prodigieuse sur les huîtres et envahit même les homards vivants; Phallusia mamillata Sâ\ . , qui porte comme parasites des Borlasia, P. gelatinosa Risso, Cynthia papillosa L., tous propres à la Méditerranée, où habite également le C. mlcrocomius Cuv., qui se mange sur nos côtes méditeiTanéennes, malgré son goût acre et amer.
II. Thalîacés. Parmi les espèces qui se rapprochent de nos côtes, citons Pyrosoma giganteum Les. et P. elegans Les., spéciaux à la Méditerranée, où ils nagent à la surface dj la mer en masses parfois très-considérables ; ils présentent des phénomènes de génération alternante et sont lumineux; le DoUolum Troscheli Kvohn, ou Barillet en langage vulgaire, forme asexuée du DoUolum denticulatum Quoy et Gaym., est également propre à la Méditerranée. Enfin, on rencontre dans nos mers plusieurs Salpa, tuniciers très-curieux par leur mode particulier de génération alternante; ainsi las S. democratica Forsk., .S. runcinata Cham., etc., Salpes solitaires, ne sont que Tune des phases des S. muer onala Y orsk., S fusiformis Cuv., etc., réunions d'individus agrégés en lonirues chaînes.
m. — EMBRANCHEMENT DZS VERS
On fait rentrer dans le grand embi-anchîntionl de Vers une foule d'animaux à moeurs et à genre de vie fort différents, dont les uns vivent librement soit sur la terre, soit dans les eaux douces, soit dans la mer, tandis que les autres sont ou demi-parasites on csseahellcm^nl parasites. Nous exposerons d'ailleurs aux chapitres spéciaux consacrés à chacune des clauses de V ers les considérations générales relatives à l.i distribution géographique, dans nos provinces ou sur notre littoral maritime, des espèces qu'elles renferment. Quant aux nombreux parasites [Cestoïdes, Trématoles, Neimloies, de), quelle que
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soit la classe à laquelle ils appartiennent, ils sont soumis, pour ce qui concerne leur dissémination, à des conditions à peu près identiques, et ce que nous dirons des uns pourra également s'appliquer aux autres.
D'une manière générale, les A'ers parasites suivent la distribution géographique des hôtes qui les portent, et il paraît tout naturel de renvoyer aux chapitres où il est traité de ces derniers ; mais la question est plus complexe qu'elle ne le paraît de prime abord ; en effet, comme le dit M. Villot {Rech. sur les helminthes libres ou parasites des côtes de la Bretagne, in Arch. de zool. expérim., t. IV, 1875), « les conditions d'habitat du parasite se confondent souvent, il est vrai, avec celles de l'hôte qui le nourrit, de sorte que l'on peut conclure de la présence de l'un à l'existence de l'autre dans un pays donné, mais c'est une question de savoir si, dans toutes les régions..., le même parasite a toujours le même hôte ou la même série d'hôtes. Or..., dans la plupart des cas, il ne saurait en être ainsi. Parmi les causes qui tendent constamment à modifier l'habitat des Vers parasites, se placent en première ligne les migrations que peuvent effectuer leurs hôtes. Les oiseaux, par exemple, en accomplissant leurs longs voyages, si régulièrement périodiques, doivent être pour les nombreux helminthes qu'ils nourrissent de merveilleux agents de dissémination; mais celle-ci n'a pas seulement pour effet d'agrandir singulièrement l'aire de chaque espèce parasite, et d'augmenter le nombre des êtres qui peuvent devenir ses hôtes : elle doit aussi donner lieu à des mutations, à des substitutions d'espèces, de genres ou même de familles, qui méritent au plus haut degré de fixer l'attention dts observateurs... ». Ces considérations peuvent s'appliquer évidemment à la France, quoique sur une moindre échelle, et on peut en tii-er encore cette conclusion que : pour un grand nombre d'espèces l'habitat est extrêmement vaste et dépasse de beaucoup nos régions. On comprendra dès lors combien il serait superflu de donner une énumération complète des nombreux Vers parasites tant de l'homme que des autres animaux, qui ont été observés en France : nous nous bornerons donc à signaler dans chaque ordre les espèces les plus intéressantes.
ANNËLIDES OU CHÉTOPODES- La classe des Annélides renferme des Vers marins et d'autres qui habitent soit les eaux douces, soit la terre humide ; elle ne comprend qu'un très-petit nombre de parasites.
Les Annélides marins sont représentés sur les côtes de France par un grand nombre d'espèces ; on général^ leur distribution géographique est très-éteudue : on en rencontre dans toutes les mers du globe. « Ce cosmopolitisme, dit M. de Quatrefages {Note sur la distrib. ge'ogr. des Annélides, in Comptes rendus de VAcad. des sciences., t. LIX, p. 179, 1864), semble s'étendre non-seulement aux grands genres qui refiroduisent le mieux le type gén('ral, mais encore aux sous-types les plus exceptionnels et aux genres qui sembleraient devoir être les plus caractéiistiques. Sous ce rapport, les Annélides s'écartent de ce qu'ont montré tous les autres groupes étudiés au point de vue géographique. Mais, si les genres présentent une tendance si remarquable à la diffusion, il n'en est pas de même des espèces, qui offrent au contraire une tendance marquée au cantonnement, ttndancc qui ne se retrouve au même degré dans aucune classe d'animaux. )) A l'époque où M. de Quatrefages écrivait son excellente monographie sur les Annélides [Histoire naturelle des Annelés marins et d'eau douce, Paris, 1865, 2 vol. in-8), on ne connaissait guère d'espèce commune à nos côtes
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de l'Océan et de la Méditerranée; d'après les relevés faits avec tant de soin par MM. Marion et Bobretzky (Étude des Annélides du golfe de Marseille, in Annal, des sciences nat., zooL, 6" sér., t. II, 1875), il y aurait actuellement une vingtaine d'espèces communes aux deux mers ; il est hors de doute que de nouvelles explorations viendront augmenter ce nombre, et ces explorations sont d'autant plus nécessaires que les Annélides qui liantent notre littoral ne sont encore qu'imparfaitement connus.
D'après une autre remarque de M. de Quatrefages, la nature des côtes influe également sur le développement de la faune des Annélides ; tandis que les côtes granitiques et schisteuses sont très-riches tant en espèces qu'en individus, les côtes calcaires, au contraire, paraissent remarquablement pauvres sous ce double rapport.
Quant aux Annélides non marins, on peut dire d'une manière générale que, comme leurs congénères, ils sont représentés sur toute la surface du globe, mais leur mode de distribution géographique n'est pas le même; les genres sont beaucoup moins cosmopolites. Ajoutons que les Annélides des pays chauds sont, le plus souvent, plus grands et plus beaux que ceux de nos contrées.
Nous passerons en revue les Vers de cette classe, suivant l'ordre naturel des groupes qu'elle renferme.
I. niotobranches. Les Notobranches, tous marins ou arénicoles, peuvent se diviser en 17 familles, toutes représentées sur nos côtes :
i° Aphroditides. Les seules espèces communes à la Méditerranée et à l'Océan sont : Aphrodite aculeata L. et Polynoe lœvis Aud. Edw. ; comme espèces spéciales à la Méditerranée, citons : Aphrodite sericea Sav., A. aurata Risso, A. echinus Quatr. [Pontogenia c/irysocoma Clap.), Pholoe synophthalmiaC\.\\}., Hermione hystrix Sav., Polynoe areolata Grub., P. dorsalis Quatr., P. sciitdlata Risso, P. clypeata Grnb., P. elegans Grub., P. torquata Glap., P. extenuata Grub., Evarne antilope M. Int., Hermadion fragile Clap., Lepidonotus clam Mont, et Psammolyce arenosa Glap. ; enfin, on trouve spécialement dans l'Océan et la Manche : Aphrodite alla K-inb., A. longicornis Kinb., Hermione fallax Quatr., Polynoe squamata L., P. cœndea Kinb., P. cirrhata Fabr., P. phlogom Sav., P. fuscescens Quatr., P. moiesto Quatr., P. ^o&ostomaSchm., P. foliosa Quatr., P. elegans Grub., Lepidonotus Leachii Quatr., L. tumedoins Qaatr., L. scolopendrinus Sav., Sthenelais Edwardsi Quatr., Sth. Audoidni Quatr., deux espèces d'un genre exotique; Sigalion Mathildœ Aud. Edw., Psammolyce Herminiae Aud. Edw., P. flava Kinb.
2° Palmyrides. Cette famille n'est représentée dans nos mers que par le Chrysopetalum fragile Ehl., propre à la Méditerranée.
3" Amphinomides . Nous n'avons à signaler ici q\\' Eiiphrosyne foliosa Aud. Edw., pour la Manche, et E. Audouini Costa, pour la Méditerranée.
4" Eunycidei. L'intéressant genre Eunyce est représenté sur notre littoral par ÏE. Harassi Aud. Edw. et VE. torquata Quatr., qu'on trouve dans les deux mers, VE. Roussei Quatr., espèce pélagique, venue de la Martinique, trouvée par M. de Quatrefages sur nos côtes de l'Atlantique, et les E. Rissoi Val., E. Sicilieii'iis Grub., E. Claparedi Quatr., qu'on trouve particulièrement dans a Méditerranée; citons encore : Staiirocsphilm rubrovittatus Grub., Marphysa sanguinea, qui habite dins la terre vaseuse des prairies de Zoitera mirina, Onuphis tubicola Mail., répandus à la fois dans la Méditerranée et l'Atlantique;
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MarphysabellikuA. Edw., Diopatm gallica Quatr. et/). {Onuphis) eremita Aud. Edw., des côtes de l'Océan ; enfin, Marphjsa Grunwaldi Risso etitf. /a//aa: Mar., des côtes méditerranéennes.
5» Lumbriconéréides. Parmi les espèces des genres Lumbriconereis, Notocirrus, ISematonereis, OEnone et Plioceras, mentionnons L. hiimilis Quatre!., L. obscura Quatref., L. fallax Quatref., Notocirrus Edwardsi Clap., Nematonereis pectinifera Quatref., OEnone Orbigmji Quatref., Plioceras multicirrhata Clap., propres à l'Atlantique; Lumbriconereis coccmm Ren., L. maculata Edw., L. LatreiUei Aud. Edw., Notocirrus geniculatus Clap., Neinatonereis Grubei Quatref. , qu'on rencontre spécialement dans la Méditerranée ; ISematonereis unicornis Schm., commun aux deux mers ; enfin le genre Lysidice offre sur nos côtes : L. Valentina Sav., de la Méditerranée, L. torquata Quatref. et L. Olympia Sav., de l'Atlantique, et L. ninetta Aud. Edw., des deux mers. C'est à ce genre qu'appartient le seul Annélide comestible, le L. palolo Quatref. {Palolo viridis Me. Don.), qu'on mange dans les îles Fidji.
6" Néréides. Nous signalerons ici comme espèces répandues sur tout notre littoral : Ne7-eis Dumerili Aud. Edw., N. cultr i fer a Gruh. et Arabella quadristriata Grub., comme espèces propres au littoral méditerranéen : Nereis ventilahrum Aud. Edw. et N. Ehlersiana Clap., puis, comme répandus particulièrement dans l'Atlantique et la Manche, les Lycartis brevicornis Aud. Edw., Nereis jmlsatoria Sav., N. fulva Sav.,iV. bilineata iohnst., N. viridis Quatref., N.fucata Sav., N. M arioni \nd. Edw., Nereilepas lobulatus Sàw., Heteronereis podophylla Sav., H. venusta Quatref.
7" Glycérides. Nous n'avons guère à citer dans cette famille que : Glycera Roucuii Aud. Edw., G. tessellata Grub., Goniada emerita Aud. Edw., spéciaux à la Méditerranée; Glycera Meckeli And. Edw. et G. fallax Quatref., des côtes occidentales de la France.
8" Nephthyides. Mentionnons ici le Nephthys Hambergi Aud. Edw. (JV. scolopendroïdes Del. Ch.), qui afiectionne les côtes granitiques de l'Océan et qu'on rencontre de plus dans la Méditerranée, le N. Cuvieri Quatref., qui se tient surtout sur les côtes calcaires de la Manche, enfin le Portelia rosea Quatre!'., •également spécial à cette dernière mer.
9° Phyllodocides. Les genres Eulalia, Phyllodoce, Lacydonia, Eteone et Alciope, sont représentés sur notre littoral par les Eulalia clavigera Aud. Edw., E. saxicola Quatref., Ë. impostii Aud. Eàw ., Phyllodoce laminosa Sav., P. maculata Mull., Eteone foliosa Quatref., Et. Geoffroyi Aud. Edw., Alciope Reynaudi Aud. Edw., espèces surtout océaniennes; par les Eulalia pallida Clap., E. macroceros Grub., E. velifera Clap., E. obtecta Ehl., Lacydonia miranda Mar., qu'on rencontre dans la Méditerranée; la seule espèce commune aux deux mers •est y Eteone picta Quatref.
10° Hésionides. Cette famille n'a de représentants que dans la Méditerranée: Hesione festiva Risso, Gyptis propinqua Mar., Magalia perarenata Uar.,Fallacia pantherina Risso, Podarke viridescens Ehl., P. sicula Del. Ch., Oxydromus propinquus Mar.
1 1" Syllides. Les Syllides sont largement représentés sur notre littoral ; nous signalerons comme espèces communes aux deux mers : Syllides pulliger Clap., Syllis variegatus Gmb., S. gracilis Grub., Sphaerosyllis hystrixCh^., Odontosyllis gibba Clap.; sur les côtes de la Manche et de l'Atlantique on peut citer : Syllida armata Quatref., Prionognathus ciliatus Kef., Brania pusilla Duj.
576 FRANCE (faune).
Sijllis om/ca Quatre!'., Grubea fusifera Quatref'., Gr. clavata Clap., Hetewsyllis brachiata [Ch^., SphaerosyUis erinacea Clap., Idiosyllis armoricana Clap., Schmardia Chauseyana Quatref., Dvjardinia roiifera Qualref., D. antennata Schm.;\ enfin, parmi les espèces nie'diterranéennes, mentionnons : Syllis auriia Clap., S. Krohnii Ehl., S. sexoculata Ehl., S. torquata Mar., /S. simillima Clap., S. spongicola Grub,, Exogone maculosa Edw., Grubea teiinicirrhata Clap., espèce assez rare, Xenosyllis scabra Ehl., EurysijlUs tuherculala Elil., Anoplosyllis fvlvalWdii., Evf^yllis lamelliyera Mar., Trypanosyllis /iro/mii Clap., Tr. cœliaca Clap., Odontosyllis fulyurans Clap., 0. ctenostoma Clap. et PterosylHs lineolata Clap.
{'i^Levccdorides. Parmi les nombreux représentants du genre Leiicodore, nous nous bornerons à signaler : L. andaxQwa[veî.,L. ciliatus Jobnsl., I. dubiiis Uerst., qu'on rencontre dans la Manche.
15° Nerinides. Citons ccmme propres à nos côtes océaniques : Aonisfoliacea Aud. Edw., Uncinin ciliata Kef., 3hlagoceros Girardi Quatref.,. M. {Spio) vid garis iohtts{., XolobrancJnis teiracervs Schm., Pygospio élégant (^lap., Nerine coniocephala Jobnst., \er intéressant qui chemine dans le sable.^ Spio fvUgmosus Clap., Prionospio Maîmgreni Clap., Polydora Agassizi Clap.^ P. hophira Clap., espèces principalement méditeiranéennes.
14° Cirratvlides. La seule espèce que l'on trouve à la fois dans l'Océan et la Méditerranée, c'est YHeterocîrrits saxicola Grub.; la Méditerranée renferme en outre le Cirratnhis chryscdetma Clap., YAiidoninia fiUgeraïle]. Ch-, \eSacconrriis papiUccerens Bobr., espèce qu'on a trouvée en premier lieu à Sébastopol, et le Heterocirrus frontifilis Grub. ; dans l'Océan on rencontre : Cirratulus medma Johnst., C filiformis Kef., Cirrhineris bioculata Kef., C. bella visUte Blainv., Heterocirrus ater (}uatvd.
15° Ariciides. Comme espèces méditerranéennes, nous n'avons guère à citer que les Aricia laevigata Grub. -et A. Œrstedti Clap.; toutes les autres espèces^ A. Cuvieri knà. Edw., A. Latreillei Aud. Edw., Scoloplus elongatus Quatref.,. Se. armiger Mull., Orbinia sertidata Sav., habitent l'Atlantique.
lO"» Ophéliides. Mentionnons seulement VOphelia bicornis Sav., spécial à l'Océan.
17° Arénicolides. Dans le genre Arenicola, on connaît sur nos côtes sablonneuses, surtout de la Manche, VAre7iicoïa ecaudata Johnst. et VA. piscaioruriv Lamk, qui sert d'amorce aux pêcheurs.
II. C'i'phalobranches. A l'exception des Phenisides, l'ordre des Céphalobranches ne renferme que des Annélides tubicoles.
1° Serpidides. Cette vaste famille est surtout riche en espèces méditerranéennes ; nous nous bornerons à citer parmi ces dernières : Protida Rudolphii Risse, Pr, intestinum Lamk, Apomatus ampulliferus Phil., A. similis Mar., Psygmobranchusprotensus?\n\.,Ps. cinerens Phil., Ps. intricalusL.,Ps. intermédius Mar., Spirorbis cornu-arietis Phil., Sp. Beneti Mar., qui vit fixé sur Y Antedon phalangium, Serpida intestimim Lamk, S. echinata Gmel., S. cii^pera Phil., S. uncinata Phi]., S. vermicularis L., S. Philippi Môrch., etc., etc., Eupomatus uncinatiis Phil., Vermilia fimbriata Del. Ch,, V. cristallina Phil.r F. infnndibidnm Phil., F. poîytrema Phil., etc.; parmi les espèces propres à l'Océan, citons : Psyamobranchus simpler Quatref., Amphicorina cursoria
FRANCE (faune). 377
Qualref., A- desiderata QualreP., Filigrana implexa'Bevk, F. Lyftteri Ilnxl., Spirorhis covimunis Fiera., espèce extrêmement commune, Serpula fascicularis Lamk, plusieurs Vermilia, etc.
'2" SahelUdes. Les Sabellides de nos côtes sont également très-nombreux ; nous mentionnerons seulement : Spirographis elegans Qualref., Sp. Spallanznnii Viv., Dasychoue Lucidlanahcl. Ch., Leptochone œsthetica Clap., Hahella cucidlm Quatref., S. stichophthalmos Gmb.,etc., Sabellides octocirrhata Sars, Oria Armandi Clap., Amphigle)ia mediterranea Quatref., qu'on trouve sur notre littoral méditerranéen; Spirographis brevispira Quatref., Sabella peniiillus Guv., S. flabellala Sav.,S. vesictdosa Johnst., etc., Fabricia amphicora Khrb., etc., propres à nos côtes del l'Atlantique ; le Sabella {Potamilla) reniformis Leuck. est commun aux deux mers.
3° Pectinarides, Citons ici : Pectinaria belgica Lamk, commun sur les plages sablonneuses de l'Océan; P. castnnea Risso, P. nigrescens Risso, découverts par Risso à Nice.
¥ Tërébellides. Cette famille renferme les Terebella Meckeli Del. Ch., Heteroterebella sangtdnea (^lap., Idalia lapidaria L., propres à la 3Iéditerranée ; les Terebella conchilcga Gniel., T. nebulosa Mont., T. abbreviata Quatref., PJujselia Scylla Sav.. Phenacia terebelloides Quatref., Ph. setosa Quatref., Ilelerophyselia Bosci Quatref., qui habitent spécialement le littoral de la Manche et de l'Océan.
5° Hermellides. On peut signaler dans cette famille : Hermella alveolata h., E. crassissima Lamk, espèces surtout océaniennes; H. Savignyi Quâiref. et H. Rissoi Grub., qui vivent dans la Méditerranée.
6° Phérusides. Cette famille renferme les seuls Annélides Céphalobranchesnon tubicoles; mentionnons : Chloraema Digardini Quatref., qui vit en parasite sur les oursins ; Siphonostoma uncinatum Aud. Edw., Pherusa obscvra Quatref., de notre littoral océanique, et Siphonostoma diplochaïtos Otto, Pherusa barbata Aud. Edw., de nos côtes méditerranéennes.
III. Abranches. Cet ordre d'Annélides renferme à la fois des espèces marines et terrestres ou d'eau douce.
1° Chétoptérides. Cette famille est représentée sur les côtes de la Normandie par le Chœtopterus Valencinii Quatrel., dans le golfe de Gascogne, par le Ch. Sarsii Quatref., et enfin, dans la Méditerranée, par le Ch. pergamentaceus Cnv.
2° Maldanides. Parmi les Maldanides, nous nous bornerons à mentionner r Clymen lumbricoides Aud. Edw., Cl. zostericola Quatref., espèce très-communede même que la suivante : Cl. manthus Sav.; Leiocephahs coronatus Quatref.,, L. ebiensis Aud. Edw., Clymenides sulfureus Clap., Arenia crnenta Quatref.. A. fragilis Quatref., Ancistria minima Quatref., etc., tous spéciaux aux côtesde la Manche et de l'Océan.
5° Polyophthalmides. Nous ne trouvons guère mentionnés pour nos côtes que le Polyophthalmus agilis Quatref., du golfe de Gascogne, et le P. pictiis Diij., de la Méditerranée.
4° Lumbricides ou Vers de terre. Nous possédons en France un assez grand nombre de Lumbricus, Jjabitant de préférence la terre humide; nous nous bornerons à citer : L. agricola Hoffm. {L. terrestris L.), L. commnnis Hoffm., i. herculem Sav., L. phosphorescens Hoffm., qui répand de la lumière dans
^78 FRANCE (faune).
l'obscurité, L. fœtidus Sav., de petite taille, qui se'crète une humeur jaune fétide dans l'intervalle des anneaux et se trouve surtout abondamment dans le fumier; nommons encore le Phreonjctes Menkeanus Floffm., qui vit dans les sources, et les Pontoscolex, communs dans les sables du littoral maritime.
5" Tubificides. Cette famille renferme des espèces d'eau douce et des espèces marines ; le Tubifex papillosus Clap. habite les côtes de la Manche, en compagnie du Clitellio aler Clap. ; le T. Bonneti Clap. paraît affectionner à la fois les -eaux douces et les eaux salées ; le T. rividorum Lamk se trouve dans nos eaux courantes; le Tubifex umbellifer Ray Lank., d'abord découvert dans le lac Onega, se trouve dans les bassins du Muséum de Paris, en compagnie des Dreissena et des Cordylophores ; enfin les Linnbriculus variegatus 0. F. Mull. et X. limosus Leidy sont limicoles.
6° Enchytréides . L'espèce la plus importante est VEnchytrœus vermicularis Mull., qui vit dans le bois pourri, sous les feuilles en putréfaction, dans la terre des jardins et des vases à fleurs ; VF. albida Henle se comporte d'une façon analogue ; VE. galba Hoffm. et YE. latus Leydig habitent dans l'herbe humide ; le Chcetogaster limncei Baer vit en parasite sur les limnées, les ,physes, etc. ; le Dero digitata Mull. se rencontre surtout dans les fossés, les flaques, etc., le D. obtusa Mull. a été trouvé dans les bassins du Muséum.
7° Naïdes. Les représentants de cette famille en France sont assez nombreux ; nous nous bornerons à signaler les espèces les plus importantes : Nais (Stylaria) proboscidea Mull., parasite dans la cavité respii atoire des limnces ; N. furcata MuW., parasite dans les tubes des alcyonelles et des plumatellcs; N. filiformis MulL, N. elinguis Mull., etc., qui habitent surtout dans les endroits très-humides, dans le voisinage des ruisseaux, dans les fossés, etc.
On peut rapprocher des groupes pr-écédents le CtenodrUiis pardalis Clap., ■espèce marine, observée à Sainl-Vaast, mais dont on ne coimaît pas encore l'état sexué.
GËPHTRIEKS. Les Géphyriens sont tous marins; ils vivent dans la vase et le sable du littoral, dans les interstices des pierres, au milieu des polypiers de Gorgones, dans les coquilles de divers mollusques, etc., et fuient en général la lumière. Leurs mœurs sont essentiellement sédentaires et, comme les Annélides marins, ils nous offrent des phénomènes de cantonnement remarquables; du reste, ce que nous avons dit au sujet des Annélides peut jusqu'à un certain point s'appliquer aux Géphyriens, ou du moins au grand genre cosmopolite Siponcle, qui renferme près de soixante espèces sur cent vingt Géphyriens connus ; en d'autres termes, les espèces communes à des mers éloignées l'une •de l'autre sont rares; on cite cependant trois ou quatre espèces communes à la Méditerranée et à l'Océan.
Du reste, notre littoral n'est pas riche en Géphyriens; ils sont plus nombreux et plus beaux dans les mers chaudes que dans celles des régions tempérées ou froides.
Parmi les GÉPHYRIE^■s armés, nous n'avons à citer comme propre-, h nos côtes que VEchiurus Gfert/im Quatref. , espèce commune aux environs de Saint- Vaast, VEch. Pallasii Guér., rencontré par M. de Quatrefages dans la même localité, le Bonellia viridis Roi., trouvé à Marseille et sur les côtes de la Corse et dont le corps, d'un vert vif, laisse exsuder un liquide verdàtre ; enfin le Sternaspis thaiassemoides Otto, propre à la Méditerranée, mais retrouvé par M. de Quatrefages
FRANCE (faune). 379
à La Rochelle et par MM. Fischer et de Folin au cap Breton, dans le golfe de
Gascogne.
Les Géphyriens inermes sont représentés dans nos mers par le Sipunculus gigas Quatief., des côtes de la Bretagne, le S. obscurus Quatref., commun sur les côtes de l'Océan, le S. vidgaris Blainv., trouvé à Dieppe, le S. piinctatissimus Gosse, des îles Chausey, le S. elongatus Quatref. [Phascoloma elongatum Kef.), commun à la Méditerranée et à l'Océan, et qui sert souvent de support k un Bryozoaire, le Loxosoma pliascolosomatimi C. Vogt, le S. 7iudi(s L., trèsrépandu sur notre littoral méditerranéen, le S. ruhrofimhriatus Blanch., tnmvé à iNice, le S. tiiberculatus ^\m\\ . {Phascoloma gramdatum Leuck.), de nos côtes méridionales; le Phascoloma margaritaceum Sars, rencontré par M. Marion à Marseille et signalé en outre à Roscoff, le l'hascolion Stromhl Mont., de Marseille, portant comme le précédent des io^osoma ; ïAspidosiplion acutatum Mull., assez commun dans le golfe de Marseille, enfin le Petalostoma minutumKeL, découvert à Saint- Vaast.
ROTATEURS. <^"es Vers, dont on connaît environ deux cents espèces, sont l'épandus sur tout le globe ; le plus grand nombre vit dans les eaux douces, quelques-uns dans la mer, où on peut les confondre quelquefois avec certaines larves d'Annélides ; il en est qui sont amphibies, d'autres, comme le CaUidlna eonstricta Duj., vivent dans la vase; enfin on en rencontre jusque dans les neiges éternelles qui couvrent les Alpes; tel est le Phdodina roseola Ehrb. Parmi les espèces vivant en France, nous ne mentionnerons que les plus importantes de chaque famille.
FLOSCCLA.RIDES. Lcs Flosculavides sont assez bien représentés dans nos régions, «t on peut citer : le Floscularia proboscidea Ehrb., trouvé par Dujardin dans les eaux stagnantes ou peu agitées des environs de Paris, de la forêt de Fontainebleau, etc., le Plygma melicerta Ehrb., commun dans les étangs de Meudon, le Lacinidaria socialis L. et le Megalotrocha flavicans Ehrb., qu'on rencontre dans la Seine et divers autres cours d'eau, le Melicerta ringens L., qui se tient sur les feuilles des Ceratophyllum et des Myriophyllum, enfin le Limnias ceratophylli Schr. [Melicerta biloba Ehrb.), qui a une manière de vivre analogue.
Philodinides. Parmi les représentants de cette famille nous signalerons seulement : Callidina eonstricta Duj., trouvé par Dujardin près de Toulouse, Rotifer vulgaris Oken (R. redivivus Guv.), très-commun dans toute la France, et qui peut supporter une dessiccation plus ou moins prolongée.
Brachionides. Cette famille compte en France un assez grand nombre d'espèces. Citons : Pterodina patina Mull., P. clypeata Mull., •plusieurs Anurea Khrh., Brachionus urceolaris Mull., 5. Bakeri MuW., tous communs dans les eaux douces limpides ; Lepade lia ovalis Ehrb., L. oblonga Ehrb., L.rotundata Duj., Euchlamis lima Ehrb., Salpina mucronata Ehrb., qu'on rencontre surtout dans les eaux plus ou moins stagnantes; Colurus uncinatus Ehrb. [Colurella uncinata Bory St-Vinc), une des espèces les plus communes dans les eaux douces, où on la trouve entre les herbes, et dans l'eau conservée dans les bocaux; enfin Monura colurus Ehrb , espèce marine, propre au littoral méditerranéen.
Hydatines. Nous mentionnerons entre autres espèces de cette famille : Ratuhs carinatus Lamk, assez commun dans nos fleuves, Polyarthra platyp-
380 FRANCE (faune).
tera Ehrb., trouvé par Dujardin dans l'étang duPlessis-Picquet, pi'ès de Paris; Enteroplea hydatina Ehrb., qui paraît être le mâle de Hydaiina senta Mull., tous deux communs dans les eaux stagnantes; Notommata vermiadaris Duj. et plusieurs espèces du mènie genre, surtout fréquents dans la Seine ; Plagiognathcf felis Mull., P. lacinulata Mull., Lindia torulosa l)uj., qu'on trouve tréquemment dans les eaux stagnantes et dans les fossés; Furcularia gracilis Ehrh.r qui vit avec plusieurs espèces voisines dans nos eaux douces, enfin F. marina Ehrb., trouvé par Dujardin dans la Méditerranée à côté de quelques espèces congénères.
ÂLBKtiTiDES. Nous ii'avons guère à citer ici que : Albertia vermicvlaris Duj., ver parasite dans la cavité viscérale des lombrics et dans l'intestin des limaces; Seison nebaliae Grube, parasite sur le Aebalia et sur divers autres Crustacés.
Parmi les Echinodères, groupe d'animaux qui semble former la Iransitiotk entre les vers et les articulés, nous signalerons : Echinodera Dujardinii Clap. et E. setigera Greeff, qui rampent sur le fond de la mer.
NÉMATOIDES- Les vers qui rentrent dans cette classe sont libres ou parasites ; on en rencontre dans les eaux courantes et stagnantes, dans la mer, dans la vase, dans la terre humide, sur les substances organiques en voie de décomposition ; parmi les parasites, il en est qui ne le sont que temporairement {Gordiacés, etc.), et pendant leur phase de liberté ils ne se distinguent par aucun caractère des Nématoïdes non parasites qui pullulent partout, et ce qui vient encore ajouter à la difficulté, c'est leur petitesse microscopique dans la plupart des cas. Dès lors il n'y a pas lieu de s'étonner que l'évolution complète des Nématoïdes parasites ne soit encore qu'imparfaitement connue pour un grand nombre d'entre eux.
Nous ne dirons rien ici des Chétognathes, qui ne sont représentés dans nos mers que par quelques espèces, libres à tous les âges du reste, du seul genre Sagitta, pour passer immédiatement à l'ordre des Nématodes.
■[" iMéntatodes. Nous nous occuperons tout d'abord des Nématodes non parasites marins et d'eau douce, assez richement représentés dans notre faune, et ayant du reste, en général, une distribution géographique assez étendue. Pour l'énumération des espèces marines, nous avons surtout consulté l'excellent mémoire de M. Villot [Faune helminthologiqiie de la Bretagne, in Archives de zooL expérien., t. IV, p. 451, 1875) et ceux de M. Marion [Recli. zool. et anat. sur les Némato'ides non parasites marins, in Ann. des se. nat., zool.., 5*^ sér.,. t. Xlll, p. 14, 1870, et Révision des Nématoïdes du golfe de Marseille, in Compt. rend, de VAcad. des se., t. LXXX, p. 499, 1875). D'après les rechercher de ces auteurs et celles d'Eberth, qui a surtout exploré les environs de Nice, on peut citer comme communs à la Méditerranée et à la Manche les Leplosomatum coronatum Eb., L. Zolae Mar., Enoplus communis Bast., Eurystoma ornalum Eb., Symplocostoma longicollis Bast., Discophora cirrhata Eb.
Parmi les espèces spéciales à la Manche, trois se trouvent également dans la Baltique; ce sont : Anticoma limalis Bast., Oncholaimiis vulgaris Bast. et 0. fuscus Bast.; les espèces qu'on n'a encore trouvées qu'à Boscoff sont : Leplosomatum Roscovianum Vill., L. magnum Vill., L. minutum Vill., Enoplus acutus \i\l., Phanoderma parvum y ii\.. Anticoma tenuicaudata Vill., i.o^fMsa Vill., Spira Schneideri Vil,, et Chromadora cincta Vill.
FRANGE (faune;. 581
Enfin, les espèces propres au littoral de la Méditerranée sont au nombre de trente-sept : Lasiomitus tenuicoîlis Kb., L. subrotundm Eb., L. er.ilis Mar., L. B'ierstedti Eb., Symplocostoma Panll Mar., S. tenuicolUs Eb., Anticoma macrosoma Mar., A. acuminata, Phanodenna laticoUis Mar., P. luberculatum Eb., Eurystoma spectabile Mar., Eiioplus minor Mar., E. obtmocaudatus Eb., E. strialus Eb., E. macrophthalmus Eb., E. cœnilem Eb., Leptosomatum filiforme Eb., L. dorylaimus Mar., L. montredonense Mar., L. setigerum Eb., //. bacillatum Eb., L. longissimum Eb., L. subidatum Eb., Enchelidium acuminalum Eb., Oncliolalmus megastomaEh., O.papillosus Eb., Rkabdotoderma Morstatli Mar., Nscticonema Prinzi Mar,, Acanlhopharynx perarmata Mar., tI. striata Eb., ^. micans Eb., ^4. s triatipunctata Mar., A. affinisMar.
Quant aux Nématoïdes non parasites qui ne vivent pas dans la mer, nous signalerons seulement : le Dorylaiinm stagnalis Duj., qui habite la vase, de même que le Trilobus gracilis Bast.; le Tr. pellucidus Bast., espèce des étangs de l'Angleterre, plusieurs espèces de Monhystera Bast., et parmi les espèces de l'intéressante famille des Angidllulides , le Rhabditis aceti Duj. {Leptodera ^)xophila Schn.) ou anguillule du vinaigre, le Rh. tritici Duj. (Tylenchus tritici. i\eedh.) ou anguillule du blé, celle qui produit la nielle, le Rk. (Tylenchus] dipsaci Kùhn) ou anguillule du chardon à foulon, et plusieurs autres espèces de ce genre, enfin le Tylenchus Davainii Bast., qui vit sur les radicelles de la mousse et sur les racines du gazon.
On rattache ordinairement aux Nématodes le genre Chœlosoma, représente «dans nos mers parle Ch. ophicephahim Clap., trouvé à Saint-Vaast.
Quant aux Nématodes parasites, ceux qui atteignent l'bonmie sont extrêmement rares dans nos climats, et nous n'avons guère à mentionner que i'Oxyuris vermicularis L. et l'ascaris lumbricoides L., de la famille des Ascarides, et le Trichina spiralis Ow. et Leuck,, de la famille des Trichotra- «hélides. L'histoire de ces Vers parasites a été ou sera faite aux mots correspondants dans ce Dictionnaire. Nous ferons seulement observer ici que l'on ne connaît avec certitude que les migrations de l'un d'entre eux, la Trichine, qui est vivipare.
— Si les Nématodes parasites de l'homme sont si peu nombreux, il n'en est pas de même de ceux qui sont parasites sur d'autres animaux : aussi dans cette foule de vers nous bornerons-nous à mentionner quelques-unes des espèces les plus intéressantes de chaque famille, en l'envoyant pour l'éniimération complète aux ouvrages spéciaux.
Dans la famille des Strongylides, nous citerons VOhillanus tricuspis J^euck., qui vit en parasite dans la muqueuse stomacale du chat -, le Cucullanus elegans Zed., dans la perche, et dont l'embryon émigré chez les Cyclopides ; le Sclerotomum equinum Duj., très-commun dans l'intestin du cheval et dans les anévrysmesdes vaisseaux intestinaux qu'il détermine, paraît-il; le Se tetracanlhum Mehl., qui habite également l'intestin du même anima! ; le Dochmius trigonocephalus Rnd., assez commun dans le chien et dans le renard, et qui, à l'état iihre, vit dans les flaques d'eau; le D. (Ophiostoma) lubaeformis Zed., trouve dans l'intestin des cliats, et le Z). radiatus Und., parasite du bœuf; le Stron- <jylus paradoxus Mehl., qui vit dans les bronches du porc, le Str. filaria Bud., dans celles du mouton, le Str. commutatus Dies., qui habite la trachée et les bronches du lièvre et du lapin, le Str. nodularis Frôl., commun dans les canards, plusieurs espèces de StronqyJns trouvées snr nos côtes dans le mar-
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souin; Je Filaroides mustelarum Rud., qu'on renconlre dans les poumons et les sinus frontaux du putois.
La famille des Trichotrachélides, qui renferme déjà la Trichine, dont nous avons parlé plus haut, nous offre comme espèces intéressantes : le Trichocephaliis dixpar Rud., qu'on trouve très-souvent dans le côlon de l'homme, et qui a passé pendant un certain temps pour représenter l'état adulte de la trichine, le Tr.affinis Rud., parasite du mouton, le Tr. unguiculatus Rud., parasite du lièvre et du lapin, le Tr. nodosus Rud. , qui vit dans les rats et les souris ; le Trichosoma tenuissimiim Dles., qu'on rencontre dans le duodénum du pigeon, le Tr. plica Rud., trouvé dans la vessie du renard, le Tr. cmssicflM(/a Bellingh., dans la vessie du rat, et dont le mâle, qui est très-petit, vit, selon Leuckart, dans l'utérus de la femelle ; le Tr. mûris Crepl., parasite dans le gros intestin de la souris.
Parmi les espèces de la famille des Spirurides, nous devons mentionner : le Spiroptera megastoma Rud., parasite dans l'estomac du porc, le Sp. {Lyorhynchus) denticulata Rud., dans l'estomac de l'anguille, le Sp. strumosa Rud., dans l'estomac de la taupe, le St. obtusa Rud., dans l'estomac de la souris, etc.
Dans la famille des Fdarides, dont fait partie la fameuse Filalre de Médine, nous signalerons : Ichthyonema globiceps v. Bened., qu'on a trouvé dans VUranoscopiis scaber à Nice; Filaria papillosa Rud., qui vit dans le péritoine du cheval, de l'àne, du mulet ; F. muscnli Rud., dans la souris.
La famille des Ascarides, dont nous avons déjà nommé les deux espèces parasites de l'homme, V Ascaride lombricoide et Y Oxyure vermiculaire, nous offre un grand nombre de vers intéressants, parmi lesquels nous mentionnerons seulement : YOxyuris curvula Rud., assez commun dans le caecum du cheval; YO. spirotheca Gyôry et YO. hydrophili 0. Gai., parasites de YHydrophilus piceiis ; YO. hydroi 0. Gai., parasite de YHydrous caraboides ; YO. hydrobii 0. Gai., qui vil dans l'intestin de YHydrobius fuscipes; YO. ornata Diij., qui habite le canal intestinal des tritons et des grenouilles; YO. blattae llaram. et YO. blatticola 0. Gai, communs dans les blattes; YHeterakis vesiculari^ Rud., parasite dans le caecum du poulet; YH. macuîosa Rud., dans le pigeon; Y Ascaris megalocephala Cloq., fréquent dans l'intestin grêle du cheval et du bœuf; YA. 7nystax Zed., dans l'intestin du chat; Y A. aciis Rud., dans le brochet; Y A. simplex Rud., dans le dauphin et le marsouin; Y A. semiteres Zed. et Y A. spiculigera Rud., tous deux parasites dans des oiseaux de rivage, etc., etc.; dans des genres voisins on peut citer : Pharyngodun acanthuriis Dies., découvert par Dujardin à Saint-Malo dans le Podarçis muralis ; Dactritis globosa Duj., qui vit dans les saumons; D. hians Duj., parasite du crabe, de même que le Stelmius prœcinctus Duj.
La famille des Anguillidides renferme également plusieurs vers parasites, que nous devons signaler ici : V Angiostoma limacis Duj., parasite de la limace rouge, et le Leptodera flexilis Duj., parasite de la limace grise, etc.
Gordiacés. Les Gordiacés sont des demi-parasites; leurs métamorphoses sont assez compliquées : ainsi la larve des Gordius, d'abord enkystée dans une larve d'insecte, s'enkyste ensuite dans le poisson qui a mangé cette larve, puis à un moment donné, au printemps, le jeune Gordius quitte son kyste et est expulsé avec les fèces du poisson ; après un séjour plus ou moins long dans la vase, le Gordius, devenu adulte, recherche un nouvel hôte, généralement un articulé. Le G. aquaticus Duj., vulgairement appelé Dragonneau, se rencontre
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souvent dans les eaux à faible courant ou même stagnantes; on l'a retrouvé clans rAmérique du }sord; le G- tolosanus Duj. [G. suhbifurcus Sieb.) a été pris pour la première fois dans les eaux courantes, près de Toulouse; ces deux espèces ont été observées, paraît-il, à l'état parasite. Citons encore les G. impressus Schn., G. suhareolatus Vill., propres aux régions montagneuses ; G. gratianopolensis Dies., rencontré pour la première fois dans les eaux courantes des environs de Grenoble; G. Irïlohus Vill., de l'île Jersey.
Les Mermis, voisins des Gordiiis, vivent à peu près dans les mêmes conditions qu'eux, mais leurs métamorphoses sont moins compliquées ; nous citerons le M. albicans Lieb., qui, à l'état libre, habite souvent la terre humide et en sort quelquefois après les pluies d'orages en telle quantité, qu'il a fait accréditer la fable des pluies de vers; on l'a vu émigver dans les chenilles des Tinea evonymella ; et le M. nigrescens Duj., qui, pendant les fortes chahurs de l'été, émigré en masse hors des insectes et a donné lieu à la même fable que le précédent. On range encore dans cet ordre le Sphaerularia bombi Duf., qui. habite en parasite dans l'abdomen de plusieurs bourdons.
Acanthocéphales. Cet ordre ne renferme que le genre Echinorhynchus, dont l'espèce la plus intéressante pour nous, VE. gigas Goeze, se rencontre fréquemment dans l'intestin grêle du sanglier et du cochon, et dont l'embryon se trouverait, d'après Schneider, dans la larve du hanneton; cette espèce s'observe en outre chez l'homme, mais aucun fait de ce genre n'a été observé en France jusqu'à présent; mentionnons encore l'jE'. inflalus Crep\., VE. polymorp/iHS Brems., VE. crassicolUs Vill., 1'^. longicollh Vill.. tous parasites dans desoiseaux de rivage et observés par M. Villot à Roscoff ; enfin VE. slriatus Goeze, espèce très-curieuse par sa ressemblance extérieure avec certains Distomes épineux, particulièrement leDistama feror, et qui, placé la tête en bas, a tout à fait l'aspect d'un Amphipode; cette espèce vit, comme la plupart de ses congénères, dans les oiseaux marins.
GOTTLIDES. Les Cotjlides étant pour la plupart des parasites, et offrant par cela même une distribution géographique variable et quelque peu accidentelle, comme nous l'avons expliqué plus haut, une longue énumération de ces vers serait sans intérêt au point de vue de notre Faune. Aussi nous bornerons -nous à signaler les espèces les plus intéressantes de ces parasites, en insistant surtout sur ceux dont l'homme est susceptible d'être atteint. Les Cotylides comprennent trois ordres : les Hirudinées, les Cestoïdes et les Trématodes.
1° Hirudinées OU Bdellaires. La plupart des vers qui rentrent dans cet ordre ne sont parasites que temporairement; nous signalerons, parmi les Sangsues {Giiathobdellides) , VHirudo officinalis, variété de VH. medicinalis L, élevée en France dans des marais spéciaux; VH. verbana Car., qu'on trouve à Nice, d'après Risso, et qui n'est peut-être également qu'une variété du précédent; VE. marginata Risso, des environs de Nice; VHaemiopis vorax Moq.-Tand., qui habite les fossés, les étangs, etc. , et pénètre quelquefois dans la cavité buccale des chevaux ou des bestiaux, et s'attache particulièrement à leur pharynx ; VAulastom?<m^?//o Moq.-Tand., qui a le même habitat et se nourrit spécialement de mollusques ; le Trocheta subviridis Dutroch., assez répandu dans les ruisseaux et les fossés; il fait la chasse aux lombrics sur la terre humide; le ISephelis vulgaris Moq.-Tand., qui se nourrit de mollusques; diverses Glossiphonies, etc. On peut
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signaler dans les familles voisines plusieurs Clepsines, ectoparasites de mollusques d'eau douce, etc. ; les IchlhyobdeUes, parasites de poissons de mer et d'eau douce, entre autres les Branchellion Sav.; parmi les Histriobdellides, V Histriob délia homari v. Bened., entoparasite du homard; enfin le Malacobdella V alenciennaei Blainv., qui vit sur divers mollusques marins, en particulier sur le Mya tnincata, et le Malacobd. grossa Blainv., parasite des Cytherea, etc.
2° Trématojles. Les Trématodes ne comprennent que des parasites, mais il est à remarquer que les larves de plusieurs espèces jouissent d'une phase de liberté durant laquelle ils nagent dans l'eau douce ou même dans la mer ; c'est ainsi que le pro-embryon de la Douve [Dlstoma] ou du Monostome nage librement, puis, par suite de métamorphoses que nous n'avons pas à exposer ici, donne naissance à une série de Cercaires; ceux-ci, en pénétrant dans un bôto, s'y enkystent, puis, si cet hôte est dévoré par un autre animal, le kyste est différé, la douve ou le monostome devient libre ; il se trouve dans son hôte délinitif. Du reste les Trématodes parasites de l'homme sont très-rares dans nos contrées tempérées, et nous n'avons guère à signaler que le Distoma hepaticum L., qui vit dans les voies biliaires, plus communément dans les autres mammifères qu3 dans l'homme, et le D. lanceolatum Mehl., qui offre le même habitat; un grand nombre d'espèces de ce genre se rencontrent chez les oiseaux, les mammifères, les poissons, etc., elles Cercaires correspondants ont généralement pour hôtes des mollusques, des larves de névroptères ou des vers ; il en est de même pour les genres voisins, et, pour ne citer qu'un exemple, le Monostomum flavum Mehl. se rencontre chez les oiseaux aquatiques, et le cercaire correspondant, Cercaria ephemera, a pour hôte des planorbes; nous croyons superflu de citer des espèces des genres Amphistoma, Holostoma, Hemisloma, Polystoma, Biplozoon, Gyrodaciyliis, etc., tous représentés en France, et pour l'énumération desquelles nous renvoyons aux ouvrages spéciaux, de même que pour les nombreux Cercaires qu'on rencontre dans nos eaux douces et sur nos côtes, soit libres, soit parasites. Enfin on rattache aux Trématodes les Myzostoma, dont les diverses espèces M. glabrum Leuck., M. tuberculosum Semp., etc., sont toutes parasites sur les cirrhes de la comatule méditerranéenne.
CESTOIDES. Les Gestoïdes ou Vers rubanés sont tous parasites; ce sont des agrégations d'individus ou deproglotUs, réunis sous l'apparence d'un ver unique; mais pour arriver à cet état ils subissent diverses transformations, que nous ne décrirons pas; celle qui nous intéresse le plus directement est la phase de Ver cystique [Cysticerques, Cœnures, Echinocoques) , parce qu'un grand nombre de Gestoïdes ne nous sont connus qu'à l'un ou à l'autre de ces états. Les Vers rubanéj comprennent six familles, que nous allons passer en revue très-rapidement :
1° CaryophylUdes. Gette famille ne renferme guère que le Caryop'iyllœus mutabilis Rud., que l'on trouve dans le tube intestinal des carpes, et qui a pour cysticerque le Cysticercus lumbriculi , parasite du Lumbriculus varlegatus.
2" Ligulides. Nous mentionnerons ici : Ligula simplicissima Kud., qui vil dans la cavité viscérale des poissons fluvialiles, L. proglottis Wag., trouvé dans le gros intestin du Scymnus nicœensis ; L. digramma Grepl., dont la larve vit dans le Carassiiis vulgaris, et ,qui, à l'état asexué, se trouve dans les oiseaux piscivores; le Schistocephalus dimorphus Grepl., le S. solidus Grepl., le Triaeno-
FRANCE (faune). ' 385
pfionts ncdulosiis Rud., etc., qui se comportent d'une manière analogue; enfin le Stenotaenia Delphini H. Gerv., parasite du Daupliin, nouveau genre et nouvelle espèce faisant la transition entre les Ligulides et les Téniadés.
3» TétrnphyUides. Parmi les nombreuses espèces de cette famille, on peut mentionner : Phyllohothrium lactuca v. Bened., parasite dans le tube digestif de Miistela vulgaris ; P. thridax v. Bened., dans le tube digestif du Squatina angélus ; les Echeneibothrium v. Bened., parasites dans les raies et les squales; Antkohothrhim auriculatum Rud., dans l'intestin des raies et des squales; A. musteli v. Bened.; les Tetrabothriiim Rud., dont beaucoup ne sont connus qu'à l'état larvaire; les Rhynchobothrium Rud,, la plupart parasites dans les poissons de mer ; le Tetrarhjnchus lingualis Cuv., parasite des plies dans son jeune âge, vivant dans le canal intestinal dès raies à l'état adulte ; les T. tetraboihrhunx. Bened., T. longicollis v. Bened., qui se comportent d'une manière semblable ; à l'état cyslicercGïde les Tetrarhynchus sont représentés par les Anthocephcdus Rud. (Floriceps Cuv.). On peut rapproclier des espèces précédentes celles du nouveau genre Ophryocotyle établi par Friis en d8G9, VO.proteus Friis et VO. Lacazii Vill., les seuls connus, trouvés par M. Villot dans des oiseaux de rivage.
i" Diphyllides. La famille des Diphyliides ne renferme guère que YEchiyiohotlirium typus v. Bened., qui vit dans les raies, QiVE. affine Dies., observé à Nice dans le gros intestin des Raja aspera, R. radula, etc.
5" Dibothrides ou Bothriocéphalides. Cette famille contient le plus grand des vers rubanés parasites de l'homme, le Rotliriocephaliis latns Brems. {Dibothrium latum Rud.), beaucoup plus commun en Suisse, en Pologne et en Russie qu'en France, où il n'a été observé que rarement; contrairement à ce (jui arrive pour les Téniadés, l'embryon des Bothriocépiiales jouit d'une phase de liberté, ce qui lui permet une migration active; malheureusement l'hôte intermédiaire, qui existe probablement, n'est pas encore connu. Diverses autres espèces du genre Bothriocephalus se trouvent dans divers poissons de mer ou d'eau douce, dans des oiseaux, etc. A côté des Bothriocéphales on peut citer ÏAmphicotyle typica Dies, qui a été découvert à Nice dans le Centrolophus pompilius. Il y a, du reste, un grand nombre Ae Dibothrides qui ne sont connus qu'à l'état larvaire.
6° Téniadés. Les Ténias qui peuvent atteindre l'homme dans nos régions sont : le Taenia solium L., le T. medio-canellata Kûch., et le T. echinococcus Sieb. ; mais tandis que les deux premières espèces existent chez l'homme à l'état adulte ou strobilaire, dans l'intestin, le T. echinococcus ne s'y rencontre jamais qu'à l'état de larve, de ver cystique [Echinococcus polymorphus), dans divers organes. Une espèce, le T. solium L., peut se trouver chez l'homme à la fois dans l'intestin à l'âge adulte et dans les organes à l'étal larvaire (Ciisticercus cellulosœ), ce qui tient à Lomnivorité de l'espèce humaine. 11 est établi eu effet, que les Ténias adultes et sexués habitent de préférence l'intestin des carnivores, tandis que les larves enkystées se rencontrent surtout chez les herbivores. — Parmi les nombreux Ténias qui hantent les mammifères oiseaux, etc., nous ne citerons plus que : le T. cœnurus Sieb., des chiens de berger, qui à l'état vésiculaire [Cœnurus cerebralis) se trouve dans le cerveau des n'outons: le T. serrata Goeze, des chiens de chasse, dont le cyslicerque [Cysticercus pisiformis) se rencontre dans le foie du lièvre et du lapin • le T. crassicollis Rud., du chat, qui a pour cysticerque le C. fasciolaris de' la souris; le T. crassirostris Kral., le T. filum Goeze, le T. inversa Rud le DICT. ENC. 4' s., V. 25
586 FRANCE (f.\une).
T. ericetorum Krab., et plusieurs autres espèces observées par M. Villot à Roscoff dans divers oiseaux de rivage, etc. Un grand nombre de ténias ne sont du reste connus qu'à l'état de larve; tels le Cystic. turhinatus Kœb., et le C. melanocephaliis Kœb., qu'on trouve dans le cerveau de divers mammifères , et qui tous deux ont été observés à Paris.
TURBELLARîÊS- La plupart des Vei's qui rentrent dans cette classe vivent soit dans les eaux douces, soit dans la mer ; il n'y a guère d'exception que pour les PUmainés terrestres (Dendrocèles), qui sont du reste pauvrement représentés en France, comme dans toute l'Europe centrale, par des espèces telles que le Geodesurus bilmeatus Metschn., qui vit dans la tourbe, le Fasciola terrestris 0. F. Mull. {Geoplana terrestris 0. F. Mull.), qui a été trouvé aux environs de Paris et de Montpellier. Il y a des Tui'bellariés marins sur toutes nos côtes, mais on n'observe que peu d'espèces communes à la Méditerranée et à l'Océan, sans toutefois que les phénomènes de cantonnement soient aussi prononcés ici que pour les Annélides et les Géphyriens. Nous allons passer en revue successivement les Némertiens, les Rhabdocèles et les Dendrocèles.
IVémerticns OU Rhyncocèles. Les Némertiens, presque tous mai'ins, sont représentés sur nos côtes par un assez grand nombre d'espèces. Parmi celles du genre Nemertes, nous citerons spécialement les iV. niandilla\)'\es. , IS . octoculata Kef., iV. purpurea Johnst., abondants sur les côtes de la Manche, les iV. ligurica Blanch., N. lactea Grube du littoral méditerranéen, ce dernier commun surtout à Villefranche dans le limon du rivage ; le genre voisin Einplectonema est représenté dans la Manche par VE. camillea Stimp., trouvé à Saint-Vaast par M. de Quatrefages; le Quatrefagea insignis Dies. {Valencinia dubia Quatref.) se rencontre dans le limon sablonneux des îles Chausey avec d'autres espèces arénicoles. Citons encore VOtoloxorrhochma Graeffei Dies., trouvé à Nice par Graeffe, le Loxorrhochma coronattmi Schmarda {Polia coronata Quatref.), commun dans les fentes rocheuses des bords de la Manche, le Polia carcinopliila Kôllik., parasite sur les crabes, commun à Wimereux, VAmphiphorus splendidus Kef. {Borlasia splendida Kef.), abondant sur les côtes de la Manche, oij il vit sur les huîtres, les ascidies, etc. ; le Drepanophorus spectabilis Quatref., trouvé dans le golfe de Marseille par M. Marion, plusieurs espèces de l'important genre Tetrastemma, T. sanguirubnmi Stimp. {Polia sanguirubra Quatref.), r. vermiculum Stimp. (P. hiimilis Quatref.), T. fumosum Dies. (P. fumosa Quatref.), T. dorsale, T. candidum 0. F. Mull., toutes abondantes sur les côtes de l'Atlantique, surtout la dernière espèce, et T. tetrophthalma Délie Ch. ( Borlasia Kefersteinii Mar.), parasite d une Ascidie, lePhallusia mamillata, trouvé à Marseille par M. Marion; le Meckelia somatomus Leuck., trouvé à Cette, le M. aurantiaca Grube, assez rare dans le golfe de Villefranche, où il vit dans les plantes marines, M. annulata Grube, qui vit dans les creux des pierres calcaires dans la même localité; VOtotyphlonemertes Kefersteinii Dies., propre à la Manche; le Prosorhochmus Claparedii Kef., de la Manche, qui est vivipare; le Lobilabrum ostrearium Blainv., également propre à la Manche, oià il habite dans un tube fait de sable à la surface des coquilles d'huître ; les Cephalothrix {Omatoplea) ocellata Kef., C. longissima Kef., C linearisi. Rathke, tous propres à l'Océan et particulièrement à la Manche, de même que les représentants du genre Ommatoplea : 0. peronea Dies., 0. balrnea Dies,, l'un des plus communs.
FRANCE (faune). ô87
0, berea Dies., 0. mufabilis Dies., 0. glaiica Dies., 0- violaceadies.., ces deux derniers rares, trouvés à Saint- Vaast par M. de Quatrelages; enfin les Valencinia longirostris Quatref., des îles Ghausey et Bréliat, F. splendidaQ\ia.[veS., do l'ile Bréhat, l'are du reste, et le Borlasia hermaphroditica Kef., de Saint- Malo.
La seule espèce d'eau douce que nous ayons à citer ici est le Tetrastemma Iiimbricoideum Dug., trouvé par Dugès dans les environs de Montpellier.
Rhabdocèles. Ces Vers d'eau douce ou marins ne sont pas très-nombreux en France; nous pouvons mentionner cependant : Antocells lmsansJ)ag. [Derostomum lineare Dug.), trouvé par Dugès près de Montpellier ; Cntenula leinnne Dug., observé également à Montpellier, espèce à génération alternante, qui se rapproche, à quelques égards, des Gestoules par sa propriété de se diviser enpwglottis; Celldotis bipunctata Leyd., espèce marine du littoral méditerranéen, Monops agilis Schultze, rfutre espèce marine des côtes de la Manche, divers Vortev [V. vittatus Frey et Leuck, etc.), de ces mêmes côtes; Monocells balanl Hall., commensal du Balamis balanoides ; un Vortev d'eau douce (V. Graffii Hall.), trouvé pi'ès de Lille pur M. liai lez [Contrib. à l hist. mit. des Turbsllanés. Th. de la fac. des se. de Paris, 1879, in-4); les Tiirbellafuùformk Dug., commun dansles eaux stagnantes, T.platyura Hemps. et Ehrb., T. squalm Chrb., T. selenopsEhrh., T. notops Dug., qvd ont été rencontrés par Dugès dans les marais des environs de Montpellier; le T. inermis \h\\., espèce nouvelle découverte par M. Hallcz dans les mêmes localités en compagnie de ÏEnterostomum Finqalinum'Chp.; Tgphloplana variabiUsŒvsL, commun dans les prés inondés ; plusieurs espèces marines, le Monotus hyaliniis v. Bened., le Macrostomum Schultzii Clap., qu'on trouve dans la Manche, ainsi que le DinophUus metameroides Hall., espèce nouvelle découverte par Ilallez, les Prostomum Kefersteinii Clap., commun à Saint- Vaast; Pr. SteenstnipiO. Schra. et Pr. Giardli Hdl autre espèce nouvelle rencontrée p.ir M. Hallez à Wimcreux ; enfin le Pr. lineare Oerst., commun dans nos eaux douces, le Pr. depsinoideum Dug., que Duo-ès a trouvé assez abondamment à Montpellier sur les cailloux des ruisseaux le Microstemum gigantetim Hall., commun dans les fossés de Lille oii 31. Hallez a également rencontré le M. lineare Oerst., qui y est beaucoup plus rare.
Dendrocèles. Les Deudrocèles renferment des Vers marins et d'eau douce et, parmi les premiers, quelques espèces communes au littoral méditerranéen et à celui de l'Atlantique, entre autres : Leptoplana tremellaris Œrst., et L. laevigata Dies. Gomme espèces propres à la Méditerranée, nous citerons : Thiisonazoon aurantiacum Œrst., trouvé à Nice, Th. Brocchi Œrst , découvert à Villefrancbe, sous les pierres calcaires, et le Vertumnus {Phenicurus) tetJmUcoZa Otto, parasite sur les Tethys, gros mollusques marins. Sur les côtes de l'At lantique et particulièrement de la Manche, on rencontre spécialement le Stylochus macnlatus Quatref., le Proceros argus Quatref., et le Pr. saiiguinolentm Ouatref., trouvés à Saint-Malo, dans les fucus, le Pr. cristatus Quatref. qui vit dans les fentes des rochers à Saint- Vaast, le Leptoplana elongata Dies.' découvert h Bréhat par M. de Qualrefages; les Vorticeros pulchellum 0. Schm. et V. Schmidtii Hall., trouvés tous deux à Wimereux.
Parmi les Dendrocèles d'eau douce (P/anaria^^m, etc.), nous ne mentionne-
oSS FïlANCE (;faune).
ions que : BdeUura longiceps Leyd. {Planaria longiceps Dug.), commun dans les herbes marécageuses et dans les piscines du Languedoc, et qui se rapproclie, à divers égards, des Hirudinées; Polyceïis nigra 0. F. MuU., P. hrunnea 0. F. Mull., qu'on trouve dans les fossés de toute l'Europe; Dendrocœlum vitta Stimp. [Plan, vitta Dug.), qui vit dans les torrents; Z). angarense Gerslf. {Planaria angarensis Gerstf.), planaij^e géant de nos eaux douces; Pla7iariafmca Dug-, qui peuple les eaux stagnantes; enfin Anoceli>t cœca Stimp. {PL cœca Dug.), surtout répandu dans nos rivières.