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V. — EMBRANCHEMENT DES CŒLENTERES

De même que les Échinodermes, les Coelentérés sont des animaux exclusivement marins, à l'exception, toutefois, des seuls genres Hydra et Cordylophora, qui vivent dans nos eaux douces. Leur aire géographique est généralement trèsétendue, mais on les rencontre toujours en plus grand nombre dans les mers chaudes du globe que dans nos régions tempérées ; à tel point que Schmarda a pu qualifier l'océan Indien le domaine des Hydraires, et la zone tropicale de l'océan Pacifique le domaine des Coralliaires^

Nous menlionnerons successivement les principales espèces de Méduses et de Coralliaires (les deux seules classes que renferme l'embranchement des Cœlentérés), fréquentant nos mers.

MÉDUSES. Les Méduses habitent généralement la haute mer, où elles forment

* En réalité, Schmarda [Die geographische Verbreitung der Thiere... Wien, 1855, Bd. II, et Zoologie. Wien, 1877, Bd. I, p. 200) appelle l'océan Indien le domaine des Hydraires et des Buccinides, l'océan Pacifique le domaine des Coralliaires et des Holothuries.

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à de certaines saisons des bancs flottants très-étendus ; elles ne se tiennent pas toujours à la surface de la mer, les unes s'y montrent la imit, d'autres espèces le jour, et les Béroés, au moment du crépuscule du matin ; leur présence sur nos côtes est subordonnée à certaines conditions saisonnières encore peu connues, ou déterminée par les courants ; il leur arrive parfois d'être jetées sur la plage en quantité énorme (Vélelles, etc.). Sauf les Siphotioijhores, qui sont, en général, beaucoup moins nombreux dans les, mers septentrionales, les autres Méduses {Clénophores, Discophores, et particulièrement la célèbre Médusa (Aurélia aurita L.) sont à peu près également répandues dans la Méditerranée et l'Océan. On ne les connaît pas à l'état fossile; cependant on a cru reconn;iître quelques empreintes de Rhizostomes dans la pierre lithographique de Solenliofcn.

Cténophores. Parmi les espèces qui viennent quelquefois sur nos côtes méditerranéennes : Chiaja muUicornis Ëàvi . {Eucharis multicornis AVill.), Césium Veneris Less. ou Ceinture de Vénus, remarquable par sa longueur, Geyenbauria cordata Kôll. [CalUanira diploptera Délie Ch.), Lesueuria vitrea Edvv. et Beroe Forskall Edvv. (B. ovatus Lam. — B. rufescens Auct.) ; ce dernier a été découvert dans la baie de Nice; sur les bords de l'Atlantique on a signalé Euramphaea vexilligera Gegenb. [Mnemia elegans Sars), Beroe punctata Cliam., Pleurobrachia [Cydippe) pdeus Flem., déjà décrit par Gronovius, en 1748, et divers autres. Les Cténophores sont des Méduses à reproduction directe, c'està-dire qu'on ne leur connaît pas d'état hydraire ou polypoïde, comme dans les deux ordres qui suivent, dont les représentants offrent le phénomène de la génération alternante.

DiscoPHORES. Ces belles Méduses, chez lesquelles la forme discoïde ou canipanulaire est typique, sont représentées sur nos côtes par V Aurélia aurita L., VOceania pileata Forb., VAequorea Forskalina Pér., en grande abondance, le grand Rhizostonia Aldrovandi Pér. Les., qui se rencontrent dans les deux mers; on trouve en outre sur les côtes de l'Atlantique et particulièrement de la Manche : Aequorea allantophora Pér. Les., Aurélia Suriray Pér., A. campanula Pér., Dinema Slahberi\. Bened. [Saphenia dinemaYorh.), Dianœa viridula Lamk., Cyanea Lamarki Pér., Oceania phosphorica Pér., 0. dinema Pér., et enlin Rhizostonia Cuvieri Pér. Les., très-commun, dont la bave est fort urticaiite, comme celle de son congénère Rh. Aldrovandi Pér. Les.; une goutte qui en saute dans les yeux, au moment où on le retire de la mer, provoque une vive conjonctivite, et même sur la peau son contact détermine une urlication au niveau des parties sensibles et, en tout cas, de petites élevures indolores assez semblables à la chair de poule. Sur les côtes de la Méditerranée se montrent en assez grande abondance Charybdœa marsupialis Pér. Les., Aglaura hemistoma Pér. Les., Laodicea crucigera Less., Foveolia mollicina Pér., F. bunogaster Pér., F. lineolata Pér., Aequorea Risso Pér. Les., Mesonema cœlum-prensile Esch., Oceania lineoalataVév., 0. flavidula Pér., 0. Lesueuri Pér., Cyanea Lusitanica Pér., Diancea gibbosa Lnunk, Liriope proboscidalis Less., Pelagia nociiluca Pér. Les., toutes espèces qu'on a particulièrement observées et étudiées à Nice; VAequorea violacea Edw. a été découvert à Cette par M. Milne-Edwards ; on pourrait encore signaler comme se rapprochant de notre littoral méditerranéen diverses espèces de Cladonema, Steenstrupia, Tliaiimantia, Chrysaora, etc.

SiPHOKOPHOuEs. Les Siphonophorcs constituent des colonies ou plutôt des polypiers flottants, à formes variées, souvent fort gracieuses, qui se rapprochent de nos côtes, surtout dans la Méditerranée, où elles sont plus nombreuses que

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dans rAllanlique ; nous mentionnerons particulièrement les Yclelles, parmi lesquelles Velella limhosa Lam., de toutes la plus commune, et V.spirans Eschr., qui dans leur jeune âge sont des Rataria, et dont les bourgeons sexuels, en se détachant de la colonie, donnent naissance à de petites méduses discoïdes nommées Chnjsomitra; Porpita mediterranea Escli., puis Halistemum riibnim Yogi, Rhizophysa filiformis Forsk., Phijsoplwm hydwslatica Forsk., Athoryhia rosacea Eschr., espèces assez communes i^ur les côtes de la Méditerrauee ; Forskalia {Stephanomia) proliféra Edw., F. {Steph.) contorta Edw., Agalma rubra Yogt, Hippodius Meus Quoy et Gaim., Galeorica aurantiaca Yogt, Âbyla trigona Yogt., assez abondants surtout dans la mer de Nice et de Ydlefranche; le Forskalia contorta Edw. est du reste l'uïi des premiers Siphonophores qui aient été trouvés dans nos mers. M. Yogt a rencontré un exemplau-e -seulement d' Agalma punctata Yogt dans le golfe de Nice. De son côté l'Atlantique renferme plusieurs Physalia, entre autres le Ph. Olfersii Nob., observé à La Rochelle par M. de Quatrefages, et le Ph. pelagica Lamk souvent rejeté sur les côtes du golfe de Gascogne par les tempêtes d'automne, le Praya diphyes Bl. et V Abyla pentagona Eschr., dont les bourgeons sexuels, devenus libres, ne sont autre chose que la méduse connue sous le nom d'Eudnxia cuboïdes ; ces deux dernières espèces se rencontrent également dans la Méditerranée.

Il nous reste encore à mentionner diverses espèces rangées autrefois dans les Hydroïdes, mais qui ne sont que la forme polypoïde agame de certaines méduses ; il est vrai de dire que l'on connaît de ces formes, telles que les Sertulaires, les Plumulaires, etc., dont on n'a pas encore découvert la phase médusaire ou sexuée. •Quoi qu'il en soit, nous citerons le Clythia {Campanida) Johnsfoni Aid., obset vé -àMarseille par M. Marion, et dont les hydrosomes sont fixés par de longs hydrorhizes sur Tes cirrhes de l'Antedon phalangium Mail . ; cet hydroïde a été signalé également «ur les côtes de la Normandie ; VEudendrium ramewm Pall., trouvé à Marseille ; Je Tubularia solitaris Rapp, trouvé par Rapp sur le littoral languedocien; les Sertularia cupressoïdes L. et S. abietina L., communs sur le littoral de l'Atlantique, VEleutlieria di:hotoma Quatref. [Clavatella proliféra Hincks), petit liydroïdequi se déplace par une sorte de reptation, comme beaucoup de ses congénères, et que M. de Quatrefages a vu pour la première fois aux îles Ghausey ; VAntenmdaria antennina Laur., le Plumularia falcala, le Clava [Coryne) squamala 0. F. MuU , qui sont communs à la Méditerranée et à l'Océan; enfui une nouvelle espèce trouvée récemment à Antibes par M. Allman, le Stephanoscyphus mirabilis AUm., qui vit enfoui dans la substance de diverses éponges cornées, et que M. Allman considère même comme le type d'un nouveau groupe, celui des Thécome'duses.

GORALLIÂIRES OU ANTHOZOAIRES. Les Cœlentérés qui font partie de cette classe sont extrêmement nombreux en espèces; on en compte environ 1000 vivantes et 1400 fossiles. Leur aire géographique est très-étendue, mais dans les régions septentrionales on ne rencontre guère que des Anthozoaires nus, tandis que dans les régions tempérées ces derniers coexistent avec les espèces munies d'un polypier spongieux, coriace ou corné; les vrais coraux, ceux qui sont pourvus d'un squelette calcaire, ne forment dans nos mers (Méditerranée) que des touffes peu nombreuses, des arborisations relativement basses, qui sont loin de présenter l'importance des récifs que l'on rencontre dans l'Océan Indien et surtout dans la zone tropicale du Pacifique. Pour en revenir aux mers qui baignent la France, il

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n'y a pas à s'étonner, d'après ce qui précède, que le littoral de l'Océan compte surtout beaucoup d'Actinies et peu de Gorgones et de Polypiers (Madréporaires), tandis que la Méditerranée offre précisément la proportion inverse. Ajoutons enfin que les Coralliaires ne vivent pas à une aussi grande profondeur qu'on le croit généralement ; les vrais coraux des mers profondes appartiennent à quelques genres de Madréporaires, tels que Amphihelia, Caryophyllia, etc., qui ont plusieurs représentants sur nos côtes.

A l'exception des Actiniaires, les animaux de cette classe sont fixés, ce qui explique les phénomènes de cantonnement qu'on y observe, mais leur dispersion est assurée par la mobilité, de durée plus ou moins longue, de leurs larves ciliées; si le corail rouge {CoraUium ruhrum L.) ne se rencontre que dans la Méditerranée, il n'en est pas moins vrai, d'un autre côté, que les espèces communes à plusieurs mers, notamment à l'Océan et à la Méditerranée, ne sont pas rares, comme on le verra dans l'émimération ci-dessous.

On rencontre les Anthozoaires à l'état fossile dans la plupart des terrains, et l'on peut juger de leur importance d'après les puissantes formations coralliaires qui remontent aux époques paléozoïque et jurassique.

On peut diviser les Coralliaires en trois sous-classes :

1° llydics. On comprend dans cette sous-classe les Hydres d'eau douce, petits polypiers que leur organisation rapproche des Corynes, IlydracLinies, Glavides, etc., que nous avons vues ne représenter que la forme polypoïde des Méduses. Les espèces du genre Hydra [H. viridis L., H. fusca L. et H.grisea L.) se rencontrent dans les eaux douces de toute l'Europe, fixées sur les plantes aquatiques ; le Cordylophora lacustris Allm. n'était pas connu en France il y a peu d'années encore; il a été découvert récemment par M. Perrier dans les bassins mêmes du Muséum d'histoire naturelle de Paris; il forme des colonies lamifiées, revêtues d'un polypier chitineux, qui le rapproche singulièrement des llydraires marins.

2° Podaetîniaîres. Nuls dans la Méditerranée, très-répandus dans les mers septentrionales, ces Cœlentérés sont représentés sur les côtes de la Manche par le Lucernaria ccmipanulata Lam., le L. auricula Fabr. ou petite Lucernaire et le L. octoradiata Sars, particulièrement abondant à Roscoff; ces animaux sont remarquables par leur forme en cloche renversée, d'où leur nom, et par leur faculté de reproduction extraordinaire; on les a quelquefois comparés à des Méduses fixées, et ils forment effectivement le passage des Anthozoaires aux Méduses.

5° Cnidaîres. La sous-classe des Cnidaires renferme trois ordres, les Madréporaires, les Zoanthaires et les Alcyonaires, dont les représentants sur notre littoral sont assez nombreux.

Madréporaires. Les Madréporaires sont plus nombreux sur les côtes méditerranéennes que dans l'Océan; nous signalerons comme propres à ces côtes : F'abeUum anthophyllum Ehrb., Paracyathus pulchellus Phil., Desmophyllum coslatitm Edw., de la famille des Turbinolides, de même que Caryophyllia borealis FI., qui s'y trouve représenté par la variété C. clavus Sacchi; Amphilielia ocîdaia L., le corail blanc officinal des anciennes pharmacies, de la famille des Oculinides ; Cladocora cespitosa L., de la famille des Aslréides ; enfin Astroides calycidaris Pall., Balanophyllia italica Mich. et Dendrophyllia

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ramea Edw., remarquable par son polypier rameux, tous Irois de la famille de&

Eupsammides.

Comme espèces communes aux deux mers, nous mentionnerons Paracyathiis

striatus Pliil., Caryophyllia borealis FI., qui dans l'Océan se présente sous sa

forme C Smithii. On signale encore pour le littoral océanien un Desmophyl-

lum crista-galU et un Dendrophyllia cornigera, qui ne sont peut-être que des

variétés des espèces nommées plus haut.

ZoAKTHAiREs. Outre les Antipathaires, qui ne sont guère représentés, sur notre

littoral méditerranéen, que par V Antipathes siibpimiata Ellis et VA. larix Ellis, spécial à la Corse, ce groupe renferme les Actinies ou Anémones de mer, si connues pour la richesse de leurs couleurs. Très-nombreuses sur les côtes de

l'Atlantique, moins cependant que dans les régions plus septentrionales, les Actinies vivent dans les creux des rochers et ne se rencontrent jamais à une grande profondeur dans la mer ; elles ne dépassent pas la zone littorale, dite des Nullipores ou des grands Buccins (de 28 à 72 mètres), et qui succède à celle dite des Laminaires (de 0 à 28 mètres) ; au delà, diins la zone dite des Brachiopodes et des Coraux (de 72 à 184 mètres), vivent les Polypiers ou Madréporaires.

Les côtes méditerranéennes, peu riches en Actinies, nous offrent cependant le Saccanthus purpiireus Edw., des environs de Nice, le Calliactis effœta L.,. trouvé à Marseille, le Cerianthus cytindricus Ren., et plusieurs autres espèces qui lui sont communes avec le littoral de l'Océan : Cerianthus menibranaceus Cmel., Anemonia sidcata Pemi., Actinia equina L., ou petite Actinie pourpre, Cereus pedonculatus Penn. {C. hellis Ellisj, Sagartia viduata Mull. var. troglodytes Joh., Adamsia palliata Boh. Enlln, parmi les nombreuses Actinies dont M. Fischer {Comptes rendus de VAcad. des se, t. LXXIX, p. 1207, 1874) a donné le catalogue pour les côtes de la Manche et de l'Atlantique (y compris les îles anglo-normandes), nous citerons : Edwardsia Harassei Quatref., E. timida Quatref., E. Beautempsii Quatref., trouvées toutes trois aux îles Chausey, près de Granville, par M. de Quatiefages ; Ediuardsia callimorpha Gosse, Halcampa chrysanthellum Peach, Peachia undata Gosse, P. triphylla Gosse, Aitapsia Couchi Cocks, Metridium dianthus Ellis., Segartia nivea Gosse, S. vemista Gos^se ; deux espèces nouvelles : S. ignea Fisch., S. erythrochila Fisclr.. et plusieurs autres du même genre: Chitonactis coronata Gosse, Bunodes verrucosus Penn., B. Balli Cocks, B. biscayensis Fisch., espèce nouvelle découverte par M. Fischer au cap Breton; Tealia felina L., Corynactis viridis Allm. ; Palythoa Couchi Johnst., P. sulcata Gosse,

N'oublions pas que sur quelques-unes de nos côtes, surtout de la Méditerranée, et à Rochefort, les Actinies, malgré leurs propriétés urticantes, sont d'un usage alimentaire.

Alcvoîsâires. Bien représentés sur le littoral méditerranéen, les Alcyonaires, encore appelés Octactiniaires, parce que les ouvertures buccales des zooïdes de ces polypiers sont munies de huit tentacules, sont moins nombreux sur les côtes de l'Océan. C'est de cet ordre que fait partie le corail rouge [Coi'allium rubrum L., C. nobile Pall.), si commun sur les côtes de l'Algérie, de l'Espagne et de la Sicile, et dont on ne rencontre que des touffes basses assez isolées sur les roches sous-marines des côtes de la Provence. Les autres espèces de Gorgonides qu'on trouve sur le littoral méditerranéen sont ; le Muricea violaceaLam., le il/, jjlacomus L., qui a été également arraché sur les fonds rocheux du Cap-Breton, dans-

ie golfe de Gosgogne, leGorgonia Bertoloni Lamk, le G. vernicosa Pall., qui se retrouve avec d'autres Gorgones dans le goHe de Gasgogne; enfin le Gorgonella sarmentosa\a\. Les Pennatulides (Alcyonnaires libres) du littoral méditerranéen Pall. sont : Veretillum cynomorium Pall., Pennatula ruhra Ëllis, /*. phosphorea Ellis., Pavonia quadrancjularis Pall., etc. Enfin on rencontre dans la Méditerranée, entre autres Alcyonidcs, Alcyoniwn dlgitatuni L. , A. palmatmn Pall. var. acaula, caractérisés par leur polypier digité plutôt qu'arborescent, Cornularia cormiscopia Schweig., C. crassa Edw. et RInzonexia rosea Dana. Il nous reste à signaler pour les côtes de l'Océan Pterogorgia rhizomorpha, Verelillum pusillum Phil., une Pennatulide de Palerme, et deux autres espèces déjà citées pour la Méditerranée, Pennatula phosphorea Ellis. et Pavonia qiiadrangularis Pall., enfin plusieurs Alcyonium.

On connaît les usages industriels du corail rouge et ceux du corail noir fournis par certaines Gorgones et par les Antipathaires.

Yl. — EMBRANCHEMENT DES PROTOZOAIRES OU SARCODAIRES.

Les Protozoaires comprennent les Spongiaires et une foule d'organismes qu'on peut considérer comme situés à la limite du règne animal, si bien qu'un assez grand nombre de ces êtres, tels que les Monades, les Volovociens, les Englènes, les Noctiluques, etc., sont même rapportés par plusieurs auteurs au règne végétal. Le moyen d'éviter ces difficultés serait peut-être de ranger ces organismes dans un règne intermédiaire entre les animaux et les végétaux, celui des Psychodiaires de Bory de Saint-Vincent ou celui des Protistes du savant naturaliste allemand Haeckel. 11 ne nous appartient pas de discuter ici cette question; nous laisserons donc provisoirement, à l'exemple d'un grand nombre de naturaiistes, tels que Gervais et van Beneden, Milne- Edwards, Schmarda, etc., ces organismes dans les hifusoires et les Rhizopodes ; nous considérerons également comme faisant partie du règne animal les Grégarines, en même temps que nous en exclurons les Schizomycètes et les Myxomycètes, qui sont des Champignons, et par s\xiie\Q?> Bactériens ou Vibrioniens [Micrococciis, Bacterium, Vibrio, Spirilhim, Spiroc/jœta) , que Nsegeli et Hoffmann rangent précisément dans lesSchizomycètes.

Comme la plupart des organismes inférieurs qui constituent l'embranchement des Sarcodaires se trouvent à peu près également répandus sur toute la surface du globe, comme d'autre part ils sont extrêmement nombreux, nous nous bornerons à nommer les espèces les plus intéressantes, souvent, il est vrai, sans en indiquer l'habitat, sauf pour les Éponges, plus localisées en raison même de leur fixité. Du reste, ceux d'entre les Protozoaires qui sont parasites suivent la distribution géographique des animaux qui les portent, et il suffira de signaler ces derniers.

SPONGIAIRES- A l'exception des Spongilles qu'on rencontre dans les eaux douces, tous les Spongiaires sont marins ; on les ti ouve répandus dans toutes les mers du globe, fixés sur les rochers du littoral, depuis un mètre au-dessous du niveau des basses marées jusque dans les plus grandes profondeurs ; il en est qui sont fixés sur les coquilles d'huîtres ou d'autres mollusques, qu'elles dissolvent à la longue, ou qu'elles perforent, comme, par exemple, les Clionides.

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Les Spongiaires ont joué un rôle assez important dans les formations anciennes; on les trouve déjà dans le silurien, mais ils ont été particulièrement abondants dans les terrains tertiaires, dans les assises crétacées, dans le silex; comme exemple nous pourrons citer les Palesponges de l'époque silurienne, les Stromatopores de la même époque, genre qui a duré jusqu'à la fin de la période secondaire, les Cleonides fossiles du bassin de Paris, etc.; mentionnons encore pour la France les Poudingues siliceux qui surmontent la craie grossière en Touraine, sorte de roche blanche, friable, remplie de Zoophytes siliceux en fragments, qui ont conservé à peu près leur position relative et dont les surfaces sont assez nettes et bien conservées. « J'y ai distingué, dit Desjardins, cinq espèces non décrites de Spongiaires en lames minces, couvertes d'oscules suj' une on sur leurs deux faces... »

D'après les recherches les plus modernes, on peut diviser les Spongiaires en neuf ordres, qui sont tous représentés sur nos côtes, à l'exception peut-être des Gumminées ou Eponges coriaces, dont nous n'avons trouvé citée qu'une espèce incertaine, Guminina mimosa Giard, trouvée à Wimereux, et qui avait été à tort prise pour un Halisarca.

i" Calcisponges ou Éponges calcaires. Le littoral méditerranéen nous offre plusieurs espèces de cet ordre : Sycon raphanus 0, Schm., Vte viridis 0. Schm., Leucoselmia èoiî^yoïf/esBo'werb., signalées toutes trois à Cette; Leuconia primigenia H.Teck., espèce cosmopolite qu'on rencontre jusqu'en Australie; sur lelittoral de l'Océan, on rencontre : Sycon coronata Hseck., assez commun à Saint- Vaast, Sycandra {Grantin) compressa Hseck., des côtes de la Jlanche. Sycortis ciliata Haeck., trouvé à Wimereux, enfin une espèce de l'Adriatique, Sycon quadrangidata 0. Schm., puis Leucandra nivea Ha3ck., Ascetta coriacea H;£ck., Ascandra pinns Hseck., A. ciliata Haeck., A. reticulum Haeck., A. contorta Hœck., espèces très-communes sur les côtes de l'Atlantique et surtout de la Manche.

2" PoTAMOspoxGES ou EpoNGEs d'eau DOUCE. On trouve souvent, nageant à la surface de nos eaux douces, Spongilla fluvialilis Lieb., l'espèce la plus ordinaire, Sp. lacustris Gmel. {Ephidactis lacustris Lam.), signalé par Lecoq au lac Pavin (Puy-de-Dôme), Sp. ramosa Lieb., commun dans les eaux stagnantes.

o" Hexactixellides ou CoRALLiospoiNGES. A cct ordrc appartiennent Holtenia {Pheronema) Carpenteri^ . T., des îles Féroë, péché à Marseille par JL Marion, Hyalonema lusitaniciim Gray, de l'Atlantique.

4''Cor.Tici':ES ou Sphérospoinges. Citons ici Geodia gigas 0. Schm., trouvé à Cette, Geodia Audouini, pèche au cap Breton, dans le golfe de Gascogne.

5" AcAîsTHOSPOAGES. Lcs Acautliospouges sont représentés sur le littoral méditerranéen par Tethya lyncurium 0. Schm., SteUeta anceps 0. Schm. et Esperia sentinella 0. Schm.; sur le littoral de la Manche par Desmncidonfruticosa Bowerb., Hymeniacidon caruncuia Bowerb. et Tethya cranium Schm.

6" Halicho.n'dries. Les Halichondries sont très-communes sur les côtes de l'Atlantique ; nous citerons dans le nombre : Isodyctia cinerea Grant var. rosect Bowerb., Halichondria ocidata Johnst., éponge ramifiée, et d'autres du mêmegenre; Vioa {Cliona) celata 0. Schm., excessivement commun . sur l'huître pied de cheval (Ostrea hippopus), dont il crible les valves ; cette espèce se rencontre également sur le littoral méditerranéen, en même temps que plusieurs Reniera , épons,es Vivant en partie dans l'eau saumtàtre, fi. porrecta 0. Schm...

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R. amhigiia 0. Schm., B. accoinmodata 0. Schm., qu'on rencontre quelquefois dans les étangs près de GetLe, et plusieurs Saberites, qui se trouvent parfois dans ces mêmes étangs : S. paludum 0. Schm., S. villosus 0. Schm., S. lobatus •0. Schm., S. fruticosus 0. Schm.

7" Céraospo^ges ou Éco.nges cornées. Cet ordre , dont font partie les Etispongia, qui fournissent les éponges employées aux usages domestiques, est représenté sur le littoral méditerranéen par le Spongilla nitella 0. Schm., et sur le littoral océanien par le Verongia rosea Barr., découvert par M. Barrois à Saint-Vaast.

8° Halîsarcines ou Sarcosponges. Nous n'avons à citer ici que Halisarca Dujardini Johnst, des côtes de la Manche, et //. lobularis 0. Schm., commun sur les rochers du littoral de nos deux mers.

INFUSOIRES. « Les Infusoires se montrent partout, disent Gervais et Van Beneden [Zoologie médicale, t. II, p. 410) : depuis lu cime des montagnes jusqu'aux plus profonds abîmes, dans l'air comme dans l'eau, dans le sol aussi bien que dans les plantes ou dans les animaux, partout enfin où il y a de l'espace et de l'air... Sous les pôles ou sous l'équateur, en été comme en hiver, dans i'air sec ou sur la terre humide, ils vivent, se répandent et se propagent; il y en a jusque dans nos tissus et dans nos humeurs... » On rencontre des Infusoires dans les Hautes-Alpes, jusque dans les neiges éternelles, où ils ont été probablement apportés par les vents et où ils continuent à vivre, malgré l'absence de tout autre '^tre vivant ; d'autres vivent dans les cavernes les plus obscures, dans les flaques des mines les plus profondes; les Opalines se tiennent dans l'intestin des Batraciens , des Vers, des Planaires ; les Bursaires dans l'intestin des Salamandres et des Cbétopodes marins; le Pîagiotome dans les Vers et les Insectes ; les Hématozoaires d;ins le sang de divers animaux ; d'autres, comme les Coîacium, les Vorticelles, les Trichodines, sont ectop;»rasites ; enfin, on rencontre des Infusoires partout où il y a décomposition ou putréfaction de liquides azotés, de substances molles humides, etc.

Les Infusoires peuvent se ranger en cinq groupes ou ordi^es, dans chacun desquels nous ne citerons que les types principaux :

1° Hypotriches. Parmi les formes les plus communes, habitant à la fois les eaux douces et la mer, on peut mentionner VHaspidisca Lynceus Ebrb., ÏEuplotes patella Ehrb., VE. Charon Ehrb. et VE. cithara Duj.; ÏOnychodromus grandis Stein, V Oxy tricha pellionella Ehrb., le Stylonchia pustidata Ehrh., le St. mytiliis Ehrb., l'un des plus grands infusoires connus, vivant dans les eaux stagnantes, VUrostyJa grandis Ehrb., surtout dans les eaux marécageuses, VOxytricha gïbba Duj., VO. incrassala Duj., YO. ambigua Duj., VO. ruhra Duj., VO. radians Duj., VAspidisca crassa Duj., VErvilia monostyla Ehrb., le Trochilia sigmoïdes Duj., dans'la mer, enfin le Keronia polyporum Ehrb., en parasite sur les hydres d'eau douce.

2" Hétérotriches. Dans les Hétérotriches, nous mentionnerons les Tintinniis Ehrb., leFreya elegans Glap., qu'on trouve dans la mer; le Stentor polymoi'phus 0. F. MulL, qui est coloré en vert par de la chlorophylle, le St. ccendeus Ehrb., vivipare, le St. Midîeri Ehrb., et plusieurs autres espèces de ce genre, toutes visibles à l'œil nu; elles vivent sur l'herbe ou dans l'eau, et se multiplient parfois à un tel point que celle-ci en devient verte ou brune; \e Plagiotoma blattarum St., qui vit dans l'intestin des mites, le P. lum-

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brici Diij., qvù vit dans les lombrics, le P. actiniarumDay, qui habite la cavité abdominale des actinies ; citons encore le Spirostomum ambiguum Ehrb., qu'on trouve dans les eaux pures entre les herbes, le Balantidiiim [Paramecium) coli St., du côlon de l'homme, observé en France sur des animaux seulement, et le B. duodeni St., parasite du Ra7ia escidenta.

Z° HoLOTRicHES. Les Ilolotriches comprennent le Colpoda cucullus MulL, abondant dans les infusions de foin et ne présentant que 1/12 de millim. de diamètre, VAIyscum sultans Duj., qu'on trouve dans les mêmes conditions, le Paramecium Aurélia Mull., commun dans les infusions d'ime foule de plantes, le Trachelocerca biceps Ehvh., le Glaucoma scintillans^\\vh., commun partout, jusque sur les hautes montagnes, même dans les eaux thermales, les Cyclidium glaucoma }ihû\., LoxophjUum Meleagris Mull., Glaucoma viridis Duj., Acomia vitrea Duj., Pleuronema crassa Duj. {Paramecium chrysalis Ehrb.), Nassida viridis Duj., Holophrya brunnea Dii]., Acineria acutaDa]., TracJtelius strictus Daj., Tr. faix duj., Tr. anaticulaDw']., Trichoda angulata Duj., Enchelys ovata Duj., E. triquetra Duj., E. corrugata iJuj., E. subangidaia Duj.jjE'. nodulataDu.]. [Pantolrichum enchelys Ehrb.), E. s pathu la MiiU. {Spntliidium JiyalinumDnj.), Coleps hirtus Eiib., partout abondants dans les eaux stagnantes; les Dileptus anser Ehrb., D. folium Duj., Lovodes rostrum Ehrb., surtout répandus dans les rivières et les fleuves; les Acomia cyclidium Duj., Pleuronema marina Duj., Panophrys chrysalis Duj., P. rubra Duj., Trachelius teres\)\x\., Tr. lamella Da] , Acineria incurvata Duj., Uronema marina Duj., espèces marines, toutes découvertes par Dujardin dans la Méditerranée, Trichoda païens Ehrb., remarquable par sa grande taille (l™'^,50) et répandu sur toutes nos côtes; les Leucophrys striatus Duj., L. nodulata Duj., vivant en parasites dans les lombrics, et plusieurs autres parasites : Opalina lumbrici Duj., 0. nciidum Duj., 0. ranarum Duj.

4" Péritriches ou hrusoiREs CILIÉS. VOphrydium versatile Ehrb. est certainement l'un des représeutants les plus intéressants de cet ordre; c'est lui qui forme à la surface des eaux stagnantes ces accumulations, ces boules verti^s qui varient des dimensions d'un pois jusqu'à celles du poing ; le Halteria grandinella Duj. est également très-commun dans les eaux stagnantes ; le Licnophora Aiierbarhii Ehrb. vit sur le Planaria tuberculata; enfin cet ordre renferme les Vorticelles, qui, de même que les Carchesium, forment des enduits blanchâtres ou grisâtres sur les pierres et les plantes aquatiques; d'autres vivei t dans les eaux impures ou comme parasites sur des Batraciens ; nous citerons : Vorticella microstoma Ehrb., F. lunaris Mull., V. ramosissima Duj. [Carchesium polypinum Ehrb.), V. citrina Mull., V. Mans Mull, V. nebulifera Ehrb., qui se rencontre abondamment sur les Sertulaires et les Campanulaires de nos côtes, et Epistylis anastatica¥A)vh., qu'on trouve surtout sur les plantes aquatiques, dans les eaux limpides. Enfin le Vaginicola inquilina Lamk. vit dans la mer, tandis que les F. cristallina Ehrb. et F. ovata Duj. se rencontrent dans les eaux douces tranquilles.

5'^ Mastigophores ou Flagellâtes. Cet ordre important renferme les Noctiluques, les Peridiniides, les Cryptomonades, les Monades, les Volvocides, etc. Les Noctiluques sont représentés sur notre littoral par le Noctiluca miliaris Sur. , petit animal de la grosseur d'une tête d'épingle, transparent comme du cristal, et apparaissant parfois dans la mer en quantité prodigieuse ; c'est à lui qu'est due en majeure partie dans nos parages le phénomène de la

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phosphorescence. Parmi les Peridiniides, citons le Ceratmin [Peridiniurn) cornuluniYXwh., trouvé dans les étangs de Meudon. Les Cryptomonades vivent soit dans les eaux douces, soit dans les eaux salées ; il en est de même des Monades; ces dernières se rencontrent quelquefois comme entoparasites ou dans les aliments corrompus; nous citerons : Cryptomonas cjlohulus Duj.^ C. inœqualis Duj., qui colore en vert l'eau de mer stagmmte, Monas lens\)ul.^ l'espèce la plus commune, M. globulns Duj., M. gibbosa[)u]., M. vivipara Ehrb., M. Okenii Ehrb., M. prodigiosa Ehrb.; c'est cette dernière espèce qui produit dans les aliments expsés à l'humidité ces taches sanguinolentes connues de toute antiquité; Cercomonas inlestinalis Dav., trouvé par M. Davaine dans les l'èces des typhiques et des cholériques ; C. cassicauda Duj., C viridis Duj., C. acuminata Duj., et plusieurs autres, tous d'eau douce ; Trichomonas vaginalis Donné, qui apparaît dans le mucus vaginal des femmes saines ou malades, dans certaines conditions; Uvella glaucoma Ehrb., Monade d'eau douce; CycUdium nodidosimi Duj., C ahscissum Duj , découverts dans l'eau de Seine; Euglena viridis Ehrb., infusoire qui a la forme d'un fuseau et colore ordinairement euvert l'eau des mares; il vit également dans la mer; Eiigle)ia sangiiinea Ebrh. , colorant en rouge sang les eaux stagnantes, en se multipliant; E. geniciduta Duj.. E. obscura Duj., E. deses Mull., E. acus Elirb., E. spirogyra Ehrb., autres espèces communes dans nos eaux stagnantes; Paranema protracta Duj.^ pris dans l'étang de Plessis-Picquet, près de Paris ; Paranema limpidum Dies. [Astasia limpida Duj.), découvert à Paris dans les eaux douces; Astasia contorta Duj., trouvé dans l'eau salée de l'étang de Thau; Monobia confluens Schn., trouvé par M. Schneider dans la terre humide, etc., etc. Parmi les Volvocides, nous signalerons surtout le Volvo.v globator 0. F. MuU. ou Volvox tournoyant, découvert par Leemvenhoek, le 50 août 1698; par leur multiplication prodigieuse ils colorent l'eau en vert, comme du reste tous les Volvocides, et anparticulier le Chlamidomonas pidvisculus Ehrb., qui s'accumule dans les iniques, dans le fond des citernes, des vases, etc., après les premières pluies chaudes du printemps.

Certains auteurs rangent dans un sixième ordre celui des Cymozoïdes, les- Vibrioniens,({\x\\ vaut mieux rattacher au règne végétal {voy. Bactéries).

GRÉGARINES- H règne encore bien de l'incertitude dans l'histoire de ces petits organismes polymorphes; ce sont tous des parasites, qui vivent dans letube intestinal ou dans la cavité abdominale des animaux des classes inférieures, principalement des Insectes et des Myriapodes ; on en rencontre également chez' les Crustacés, les Annélides marins, dans le système génital du lombric, dans lu cavité abdominale des Turbellariés, des Néniertiens, et même des Holothuries et des Tuniciers; on en trouve même dans les tissus d'animaux supérieurs ou de l'homme ; ils se développent parfois en si grande abondance dans leurs hôtes, qu'ils en déterminent la mort. On peut, dans l'état actuel de la science, diviser les Grégarines en quatre familles :

1" AcANTHOPHORES , Comprenant VActinocephalus Dujardini Schneid., qui est parasite dans le Lithobius forficatus; YEchinocephalus hispidus Schn., parasite dans le même Myriapode; VActinocephalus stelliformis Schn., dansdivers insectes ou dans leurs larves ; le Stylorhynchus oblongatas llamm., qui vil dans VOpatrum sabulosum et peut atteindre une taille de 5 millira., le St. longicollis Schn., très-commun dans l'intestin du Blaps morlisaga, enfin le Hoplc-

FRANCE (fa uni:). M\

rhynchns oligacanlhus St., qu'on trouve surtout dans le tube intestinal du Calopteryx virgo, et le Pixinia nibecula Ilamm., parasite intestinal du Dermeste du lard.

2" DiDYMOPHYiDES. Nous u'avous guère à citer ici que le Didymophyes paradoxa, qui vit dans le canal intestinal du Geotnipes et de VOnthophagus.

3» Grégarinides. Celte famille renferme l'ancien genre si intéressant des Gregarina ; nous mentionnerons : les Clepsidrina [Gregarina) ovata Duf., parasite du Forficula aïo'icidarish.fVnne des premières Grégarines qu'on ait découvertes; C/. Munieri Schn., qui vit dans le Timarcha tenebricosa ; CL hlattarwni Sieb., parasite dans le tube digestif du Periplaneta orientalis; CL polymorpha Hamm., qu'on trouve dans le tube digestif de la larve du Tenebrio moUtor ; le Gregarina clavata KôUik., qui vit dans la larve de VEphemera vulgata; le Porospora {Gregarina) gigantea v. Bened., qui se trouve dans l'intestin du homard ; VEuspora fallax Schn., qui habite la larve d'une Mélolonthide ; VHyalospora Roscoviana Schn., parasite du Petrobus maritimus; le Stenocephahis juli Leid., abondant dans le tube digestif des Jidus sabidosus et J. terrestris, enfin le Gregarina ditiscorum Frantz, parasite des Ditisques, etc.

4" MoNOCYSTiDES. Lcs Mouocystidcs renferment, entre autres, plusieurs espèces parasites de l'homme ; nous signalerons : Monocystis capitata Lind, qui vit sur les cheveux humains, auxquels il donne un aspect rugueuv, s'il s'y trouve en grande quantité; M. hominis Lind, trouvé sur les valvules du cœur chez l'homme ; M. s^phaerica Lind, rencontre dans les reins et les capsules surrénales du chien ; M. Stiedae Lind, qu'on a découvert dans le muscle cardiaque de l'homme et dans le foie du lapin ; M. Hiibneri Lind, qui se développe dans le bois de pin en putréfaction et dans les muscles thoraciques du Geotrupes vernalis et du G. stercoratis ; M. lumbrici Glap., M. eunicae Clap., M. phyllodocae Clap., M. {Urospora Schn.) nemertis Ko 11., parasites dans les vers qui ont servi à les spécifier; Gamocyslis tenax Schn., qui vit dans le tube digestif du Bkifa laponica; Gonospora terebellae Kôll., parasite des térébrelles et de VAudoidnia Lamarki.

RADIOLAIRES OU POLYCISTINES. A l'exception des Actinophryides, tous les Radiolaires sont marins ; on les rencontre dans toutes les mers du globe, nageant souvent à la surface de l'eau au moyen da leurs prolongements sarcodiques ou de leurs cils; d'autres sont même hydrostatiques, grâce à des gouttelettes huileuses qui les empêchent de plonger. Leur apparition en masses sur nos côtes ne dépend pas toujours du vent dominant ou des autres conditions atmosphériques. — On en tiouve à l'état fossile, surtout dans les terrains tertiaires.

Nous citerons seulement : CoUosphaera spinom Ilaeck.et Sphaerozoon italicum Haeck. , communs dans la Méditerranée ; Tetrapyle octantha Mull. , Haliomma hexacanthmn Mull., Acanthometrn pelliicida Mull., Cladococciis arborescem Mull., toutes espèces méditerranéennes, sans compter une foule d'autres communes à la Méditerranée et à l'Océan. Les Actinophrys Eichliorni llaeck., A. viridis Arch. et plusieurs espèces du même genre vivent dans le; eaux douces.

RHIZOPODES. Les Rhizopodes habitent les eaux douces et les mers de toute la surface du globe, et s'accumulent souvent au point de former des couches épaisses de coquilles microscopiques; un grand nombre de ces petits animaux, entre autres les Difflugia, les Layena, les MUiola, les Lttiiola, les Nonio'.

DICT. E.\C. i' S. V. Qj

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nina, etc., vivent dans les eaux saumâtres; chez ceux-ci le test est toujours plus mince ou même corné. Les espèces maritimes ne se tiennent pas toutes à la même profondeur; ainsi, tandis que les Bidimines el les Textulaires ne s'éloignent jamais beaucoup de la surface de l'eau, les Orbulines et les Globigérines, par exemple, vivent dans les mers profondes ; d'autre part, on rencontre des RotalUles dans toutes les zones de profondeur.

On connaît environ 900 espèces vivantes et 1800 espèces fossiles de Rhizopodes ; ces dernières se rencontrent surtout dans les terrains crétacés et dans les terrains tertiaires; tout le monde connaît les calcaires àForaminifères, tels que le calcaire à Miliolines des environs de Paris, le calcaire grossier des brèches de Gentilly, le calcaire à Alvéolines de l'ouest de la France, le calcaire à Nummulites des bords de la Méditerranée, fournissant tous d'excellentes pierres à bâtir :

1" FoRAMiMFÈREs. Lcs Foramiuifères appartiennent aux familles des Connlines, Nonlonines {Nummulites), Uvellines, Rotalides, Orbuîinides, etc. Nous mentionnerons d'une manière spéciale : Pavonina flabelldides d'Orb., Fromlicularia annularis d'Orb., JSodosaria hispida d'Orb., iV. pynda d'Oib., Lagena vidgaris Will., L. laevis Mont., L. striata Walk., Entosolenia costata Will., E. rîiarginata Mont., Dentalina inornata d'Orb., D. commuais d'Orb., Cristellaria crepidula Ficht., Polymorphina lactea Ad., P. compressa d'Orb., espèce des faluns et du crag, Uvigerina pygmaea d'Orb., Orbidina universa d'Orb., Texhdaria variabilis Will., Borelis Haneri d'Orb., PolystomeUa aculeata d'Orb., Cassididina globidosa Egger, Plecanium serratum Reuss, Glohigerina bidloïdes à'Orh., Planorbulina mediterranensis d'Orb., Truncatidina lobalida Turt., Pulvimdina concamerata Jlont., JSonionina crassida Turt., iV. eJegans Will., N. stellifera d'Orb. des Canaiùes, qui sont les formes les plus répandues sur nos côtes {Voy. en outre Fischer, Foraminif. marins du dép. de la Giroiide, etc., in Act. de la Soc. linn. de Bord., t. XXYII, 1870); Glohigerina echinoïdes d'Orb., Truncatulina variabilis Turt., espèces surtout méditerranéennes, Polytrema miniacea d'Orb. et Orbiculina compressa d'Orb., espèces des mers chaudes, trouvées par M. Fischer sur les côtes de l'Océan, Dendrina europaea Esch., espèce nouvelle découverte par le même auteur dans le golfe de Gascogne, et représentant un type de Sarcodaire de l'époque secondaire, et Clavulina communis d'Orb., fossile dans les faluns et représentant chez nous un genre des mers chaudes.

2° RiiizopoDEs iMPERFORÉs. lls rentrent dans les familles des Miliolides, des Arcellides, des Cornuspirides, des Gromides et des Psammœbides {Lituolides); les espèces les plus intéressantes sont : Miliola vulgaris J)uj., M. depressa Duj., M. trigonida Lamk, M. subrotunda Mont., Spiroloculina nitida d'Orb., Biloculina ringens Will. , Lituola canariensis d'Orb. , Quinqueloculina obliqua Reuss, qui vivent sur notre littoral maritime; Arcella vulgaris Ehrb., A. aculeata Ehrb., Difflugia globulosa Duj., Trinema acinus Duj., Eughjpha tubercidata Duj., E. alveolata Duj., qu'on rencontre dans les eaux stagnantes ; Cornmpira planorbisU. Sch., C. f ol iacea Vhi\. , Gromia oviformis Duj., Gr. fluvial dis Duj., espèce flnviatile, Gr. terricola Leidy, espèce terrestre, etc.

o" Rhizopodes nus. Cet ordre comprend deux familles : 1" les Acinétides* [ou Infusoires suceurs de Claparède), souvent parasites d'autres animaux aquatiques ; nous nous bornerons à nommer les genres Acineta, Podophrya, Trichophnja, Solenophrya, Actinolophus ; '^''lesAmoebides, parmi lesquels nous citerons seulement Amoeba verrucosa Ehrb., A. princeps Ehrb., A. marina Duj., A.

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radiosa Ehrb. , A. porrecta Schultze, une des espèces les plus répandues, A. terricola Greeff, A. haematobia, trouvé dans le sang de la grenouille, s'il ne s'agit pas simplement de globules blancs du sang; Amphizonella digitata Greeff, A. (lava Gr., qui habitent entre les grains de sable, dans la terre, etc., etc.

Quant au Bathyhius de Huxley, aux Coccolithes et aux Coccosphères, des fonds marins, leur nature animale est vivement contestée ; le Bathyhius, que beaucoup de savants prennent pour des masses de protoplasme amorphe, n'est peut-être pas autre chose qu'un précipité gélatineux de sulfate de chaux, et les Coccolithes semblerjient être des algues unicellulaires dont les Coccosphères seraient les sporanges. L. Hahn et Ed. Lefèvre.

§ V. Démographie de la France, .l'ai à faire connaître la population française, d'une part, dans ses éléments constituants ; c'est en quelque sorte son anatomie; et d'autre part, dans les mouvements intestins de ses rénovations intérieures, c'est sa physiologie.

Pour l'aiiatoraie, il me faut dire sa composition selon les sexes, les âges, les états civils, les professions, « les habitats « ; puis donner la force respective de chacun de ces groupes, soit isolément, soit par rapport à chacun de ses élémentt constitutifs. En effet la valeur, et surtout la fonction des citoyens, varient suivant leur âge, leur sexe, leur condition de célibataire, d'époux ou de veuf; suivant leur profession, leur habitation (villes ou campagnes), leur station topographique ou géographique; elle varie encore suivant leur fortune, leur consommation, leur santé, leur instruction et leur moralité. Cette analyse des vivants, composant chaque groupe de la collectivité étudiée, constitue donc bien l'anatomie du corps social, son étude à l'état de repos, ou la démographie statique.

Pour la physiologie, j'aurai à déterminer l'activité par laquelle s'entretient s'accroît, ou décline la collectivité française. Pour cela il faudra étudier ce qu'on appelle « les mouvem.ents de la population », ou la démographie dynamique. J'aurai à faire connaître :

1° La proportion des mariages ou matrimonialité, et mieux nuptialité;

2° La proportion des naissances ou natalité;

5" La proportion des décès ou mortalité;

4° L'intensité des mouvements migratoires.

Ces mouvements doivent y être étudiés, non-seulement pour l'ensemble de la population, mais encore isolément, et comparativement pour chacune des grandes catégories dont elle se compose ; — catégories physiologiques : selon les groupes sexuels, les groupes d'âges, les groupes ethniques (Normands, Bretons, etc.); — catégories sociales : groupes professionnels, groupes d'état civil (célibataires, époux ou veufs), les habitats (villes ou campagnes) ; — enfin, selon les divisions géographiques (départements, arrondissements, cantons et communes), ei topographiques (montagnes, vallées, littoral, sol palustre, etc.).

Voilà le programme qu'il serait désirable de pouvoir exécuter pour bien faire connaître la population française ; mais en fait nous devrons nous éloigner notablement de cette analyse, que nous signalons pour l'avenir, et aussi pour les savants provinciaux qui sont engagés dans la même voie que nous. Car, pour nous, entreprendre ce travail pour la France entière, ce serait dépasser beaucoup les limites de temps et d'espace que cette encyclopédie peut lé"itimemenl admettre, et souvent même nous heurter à des inconnues comme les divisions par arrondissements, par cantons et par communes. Sans doute, au moyen de

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recliercbes spéciales, les savants domiciliés en chaque département pourront se procurer ces données analytiques dans les archives de ces départements, mais nous ne saurions le faire à Paris.

Nous devrons aussi négliger presque entièrement la considération des groupes ethniques, celle des régions topographiques naturelles et sanitaires, et même les mouvements par groupes professionnels qu'il serait si important de déterminer pour la solution de toutes les questions de morale et d'hygiène professionnelle et d'économie sociale. En outre, pour que ces diverses valeurs de la démographie française prennent toute leur signification, il faudrait pouvoir les comparer : !•* aux valeurs de même ordre dans les diverses nations ; 1" à ces mêmes valeurs, aux principales étapes de son évolution historique, de manière à suivre dans le temps les développements successifs de la nation française parallèlement à l'évolution de sa civilisation et à ses diverses conditions politiques.

Jlalheureusement la plupart des documents nécessaires à ces études nous manquent en ce qui concerne le passé. Ceux que nous possédons, qui sont plutôt historiques, et occasionnellement ethniques, sont soigneusement colligés par notre savant collègue le docteur Lagncau, dans la partie ethnographique.

Quant aux anciens documents purement statistiques ou simplement numériques, ils sont fort rares, et le plus souvent bien hypothétiques; nous ne pourrons donc que les mentionner très-succinctement dès le début de ce travail, au moins pour tous ceux qui sont antérieurs à ce siècle.

Plan et grandes divisions de cette monographie sur la population française. 11 résulte donc de ces préliminaires que nous nous occuperons :

A. De notions sur le développement numérique de la population française avant le commencement du siècle, p. 404 à 418.

B. Des éléments démographiques principaux: État et Mouvements de h ]^0])}ilalion française en général et dans leurs phases successives, depuis le commencement du siècle jusqu'à ce jour (1876), voy. p. 418 à 455).

C. D'une analyse plus détaillée de la population étudiée dans tous ses éléments : âge, sexe, état-civil, dans son état et dans ses mouvements, en chaque département, comparés entre eux et à la France en général, pour la période 1856- 1866 {voy. p. 455 à 547).

A. xvni'^ siècle. Notioïis sur le développement de la population française avant la grande Révolution. Le plus ancien document officiel connu sur la population française est un manuscrit du xn"^ siècle (vers 1328) {Bib. nat., anc. fond, 11° 9470) signalé par Voltaire (Ess. s. l. mœurs 19^ rem.), Dureau de la Malle a cru le découvrir en 1829, et l'a fantastiquement interprète;. Je reproduis ici sommairement l'étude et les conclusions qu'en a tirées Ach. Guillard [Démog., p. 25-50). Cet auteur, un des fondateurs de la démographie et son parrain, a montré que la superficie de la France d'alors était un peu moins des 2/5 de la France actuelle, et qu'en consé(juence, les 2 500 000 feux environ dénoncés par Cet ancien document du règne de Philippe le Bel, évalués suivant l'usage soit à 4, soit à 4 personnes 1/2 par feu, feraient une population soit de 10, soit de 12 millions d'habitants, ce qui, pour le territoire actuel, supposerait environ 17 millions d'habitants.

Cependant, après cette époque, et pendant près de quatre siècles, nos rois bataillent, lèvent des milices, décrètent taxes sur taxes sur le Tiers, sur le vilain « taillable et corvéable à merci », sans même songer à s'enquérir du nombre de

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leurs sujets qui les supportent. Pour ces périodes, je ne puis donc citer que les évaluations de quelques rares érudits qui se sont occupés de ces questions de population. 11 faut arriver à Colbert, en 1698, pour retrouver quelque chose ressemblant peut-être à un vrai dénombrement d'ensemble, exécuté sons la direction d'un de nos plus grands citoyens, Vauban, par les soins plus ou moins consciencieux des intendants. Avant ou après ce dénombrement jusqu'au premier dénombrement de notre siècle, en 1801, se rencontrent chez divers auteurs des évaluations plus ou moins approchées. Nous réunissons toutes ces données dans le tableau suivant :

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