XIX* SIÈCLE
Age.
O-lo. .
Vivants.
Décès.
Mortalité.
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30,00 à 33, Ot)
• D'après Duvillard déjà cité (Analyse des tableaux de l'influence de la petite vérole, etc., p. 125), ces mêmes groupes proportionnels de vivants et de morts devie.nneiil : 1° pour 1000 vivants : 312,1 — 509,9 — 1 78 ; et 2» pour 1000 décès •: 47 I — 23 1 ,9 — 297, 1 . Le lecteur peut facilement s'assurer -que leur adoption ne changerait rien à nos conclusions ultimes, mais modifierait seulement la valeur de nos chiffres. Nous avons dit plus liaut pourquoi r.ous ne les adoptons pas.
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On voit donc qu'à tous les âges la mortalité s'est atténuée très-notablement, même en adoptant pour le siècle passé la moindre mortalité générale qu'on lui ait attribué (30 décès annuels par 1000 viv.); que cette atténuation est considérable, qu'elle a son maximum pour le groupe des enfants de 0 à 15 ans, àoe pour lequel cetle diminution est dans le rapport de 171 ou au moins de 146 à 100. Chez les jeunes adultes de 15 à 50, l'atténuation a encore été de 167 ou comme 135 à 100 ; enfin la vieillesse elle-même a participé quelque peu à ce dégrèvement, bien que dans la moindre proportion 123 ou 105 à 100. En terminant ce sujet, nous ferons remarquer que la mortalité plus élevée du siècle passé pèse surtout sur les jeunes, et même les très-jeunes. Moheau admet (p. 217), sans doute sur bons documents, que 1/4 des garçons (250 par 1000) et 1/5 des filles (200 par 1000) succombaient dès la première année de leur vie, et que pour 1000 enfants, dont l'âge est échelonné entre 1 an révolu et 5 ans, ou en 4 ans, on comptait encore le tiers (553 sur 1000) décédés, ce qui constituait pne moyenne annuelle de 83 décès par 1000 vivants de cet âge. Aujourd'hui (1857- 1866), nous ne perdons dans la première année de leur vie, que 192 garçons et seulement 165 filles (ensemble 178,5) sur 1000 naissances vivantes de chaque groupe, et dans les quatre années suivantes, à peine 127 sur 1000 enfants (soit 127/4, ou 31,7 moyenne annuelle) de un an révolu à cinq ans.
Cependant cette lourde mortalité va s'atténuant assez vite ; sans doute, de 15 à 50 ans, nous la voyons encore plus forte que la nôtre, quoique déjà dans le rapport moyen bien moindre de 150 : 100; mais, au delà de 50 ans, la mortalité passée en diffère beaucoup moins de la nôtre, et seulement dans le rapport moyen de 1 14 : 100.
Dès lors, vu cette rapide atténuation d'un siècle à l'autre de la mortalité relative des plus âgés, on peut se demander, dans le cas où nous eussions pu pousser plus loin cette analyse comparative pour les âges plus élevés, et où la mortalité relative de ces hauts âges eût continué à s'amoindrir dans le siècle passé, si non-seulement les deux dangers de mort ne fussent pas bientôt devenus égaux, mais encore si celui du siècle passé ne lut pas devenu inférieur à la mortalité actuelle pour nos plus âgés ? de sorte que le nombre relatif, par exemple, des octogénaires, des nonagénaires, des centenaires restés parmi- les vivants eût été plus grand que de nos jours? Plusieurs l'ont cru, mais sans preuves valables ; d'ailleurs les anciens « actes » constatant les âges faisaient souvent défaut; c'est pourquoi en considérant, d'un côté, le penchant de beaucoup de vieillards à se glorifier de leur grand âge et par suite à se vieillir volontiers, et de l'autre, ce que l'amour du merveilleux faisait volontiers dire à l'entourage, on ne saurait admettre ces prétentions qu'avec beaucoup de réserve et de doute.
Cependant, je dois constater que ce nombre relativement plus grand de centenaires se retrouve encore aujourd'hui dans plusieurs pays peu avancés : telles la Russie {voy. cet article, p. 783), l'Ecosse, telle surtout l'Algérie, pour laquelle M. le docteur Bertherand a fait sur le grand nombre de centenaires quelques enquêtes curieuses qui montrent que cette longévité des gens âgés en Russie, en Ecosse ou en Algérie n'est pas due à une influence de thermomètre. Est-ce par suite de la facilité que le manque de pièces authentiques donne aux vieillards de s'attribuer un grand âge? Ou est-ce parce que, dans ces pays, la population appelée à vieillir est l'élue d'un nombre bien plus considérable de naissances dont une mort prématurée, des plus fréquentes, a éliminé tous ceux non munis d'une vitalité exceptionnelle ? Fraude ou sélection, il a paru
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constant à plusieurs savants que ces populations, un peu primitives, renfermaient un plus grand nombre de centenaires. C'est un point de mince importance pour les collectivités; mais, j'en conviens, fort séduisant pour les individus possédés de l'ambition de vieillir, et aussi d'un haut intérêt pour la biologie.
Croît {Accroissement ou décroissement). Le croît d'une population est souvent apprécié d'après la comparaison (par soustraction ou par division) (les naissances et des décès. On constate, par exemple, que pour 1000 décès, la France du dix-huitième siècle comptait en moyenne 1 172 naissances, tandis que de notre temps il n'y en a plus que I 145; le bénéfice qui était de 172 par 1000 décès, n'est plus que de U5; le rapport de ces deux valeurs est de 1 185 : 1000; mais il faut avouer que ce mode d'appréciation a le défaut de ne tenir compte, ni du temps, ni du nombre des vivants nécessaires pour produire un tel accroissement, et, à cause de cela, il est absolument fallacieux. En effet, les valeurs ci-dessus signifient seulement que 1000 décès étaient remplacés, au dix-huitième siècle, par I 172 naissances et au dix-neuvième par I 145 ; mais ce remplacement ne dit pas la vitesse de l'accroissement, car il ne se fait pas en temps égaux, ou, ce qui revient au même, sur un nombre identique de vivants. Ainsi l'ancienne France, pour fournir annuellement 1000 décès contre 1 172 naissances, avait besoin de 28 600 vivants, tandis que la France d'aujourd'hui, pour compter annuellement 1000 décès contre I 145 naissances exige 43 400 vivants, ce qui, ramené à l'unité des temps et de collectivité, donne un accroissement annuel de 3,34 jMc an et par iOOO -vivants pour notre France actuelle, tandis que, au siècle passé, il s'élevait à 6,02, soit près de deux fois (1,8 fois) plus fort qu'en notre temps.
Mouvement migratoire. Cependant, nous avons vu avec quelle lenteur s'est accrue noire population française : c'est que ce croit annuel était incessamment affaibli par des calamités publiques de toute sorte : épidémies, famines, guerres, et peut-être aussi par une émigration plus grande. Moheau parle, dans son curieux livre, du goût prononcé des Français pour le changement de pays : k II semble, dit-il, qu'eu France l'expatriation soit une maladie nationale (p. 244). » Il admet, d'après diverses données, qu'annuellement, pa/' les seules voies m.aritimes de son temps, il sort de France environ 4600 personnes. Par terre, l'évaluation est plus difficile : il y a des années où. l'on compte plus de 4000 miliciens déserteurs. En totalisant tous ces émigrants et déserteurs, il en estime le montant annuel à 13 000, soit 5,5 par 10 000. Comme conséquence de ce mouvement, l'Italie, la Hollande, la Prusse comptaient un grand nombre d'immigrants français. Et, d'après le même auteur, l'immigration des étrangers en France était faible et bien loin de compenser son émigration. Il semble, au moins en ce qui concerne l'émigration française, que les temps sont bien changés, et, bien que la comptabilité sur ce point nous manque absolument, on estime généralement que nous sommes aujourd'hui un des pays les moins disposés à l'émigration.
CoiNCLUSioN sur la population française du milieu du dix-huitième siècle. Il résulte de l'étude que nous venons de faire de notre ancienne France comparée à celle de nos jours, que ce qu'on appelle en démographie les mouvements de population .(mariages, naissances, morts et migrations) étaient plus rapides :
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