‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.41Chapitre 49 sur 163 · ans ... . 282 15-80 ans ... . 618 r · texte numérisé non relu

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1000 1000 1000 ioon looo looo

Il faut d'abord remarquer que la seule période normale qu'il nous est donné d'étudier est celle de 1851-1866 : car les census de 1872 et 1876, venant après la terrible guerre de 1870-1871, ne peuvent donner que des rapports troublés : grand déficit d'adultes et, par suite, un nombre relatif plus grand d'eniants et de vieillards. Cependant, malgré la brièveté de cette période, on y voit nettement ce trait si caractéristique de notre population : accroissement de nos vieillards et diminution au moins relative de nos enfants, ce qui est en parfaite concordance avec l'amoindrissement de notre natalité.

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Composition comparée de la population par grands gr-oupes d'âges dans diverses collectivités françaises et étrangères. On comprend d'ailleurs toute l'importance de cette composition de la population selon ces trois grands groupes d'âges, puisque la vraie force d'une population dépend bien moins du nombre de ses vivants que du nombre de ses adultes aux âges de travail et de reproduction. Sous ce rapport, la France a une composition de population qui s'éloigne singulièrement de la plupart des autres nations ; le tableau suivant met ces différences en lumière.

TABLEA.U. — Des diverses populations de l'europe par trois grands groupes d'aces.

SUR -1000 habitants de chaque pays, combien de chaque AGE

DÉSIGNATION

0 à 15 ans.

15 à CO ans.

60 ans et au delà.

Total.

Francp 1837-1868 ...

lOOO

wm

inoo

lOiiO

— vers 1770 . .

— département du Gers, I857-18(i« . . .

— — Calvados, id. . . .

— — Gironde, id. . . .

— — Finistère, id. . . .

— — Hte-Vienne, id. . . .

— Paris, 1S66 (20 arrondissements) . .

— — 1856 (ancien, 12 arrond.). . .

— — 1817 (ancien)

Beleiaue

Bavière, 1871

HolJande

Suisse, 1870

Italie, 1871

Suède

Saxe

Espagne

Angleterre

Prusse, 1867-1871

Hongrie ...

États-Unis avant( blancs . .

l'abolition de! hommes de couleurs, libres, l'esclavage . . (esclaves

Ainsi, sur 1000 habitants, nous ne constatons que !275 enfants de moins de 15 ans, alors qu'il s'en trouve 555 à 554 en Prusse et en Anglelerre ! Mais nous possédons 617 adultes de 15 à 60 ans, alors que la Prusse n'en compte que 577 et l'Angleterre 573 ; enfin nous avons 108 vieillards au delà de 60 ans et l'Angleterre îS ; la Prusse seulement ÇO. On comprend combien ces différences sont profondes; combien elles changent la force des groupes sociaux de chaque nation, par exemple la Prusse a 40 adultes de moins par 1000; mais encore ces adultes en moindre nombre doivent pourvoir à la subsistance d'un bien plus grand nombre d'enfants (78). Il y a là une cause de faiblesse manifeste, au moins en considérant le moment actuel : car il faut aussitôt ajouter qu'il y a aussi une espérance, et des plus légitimes, pour l'avenir, espérance telle qu'en Angleterre 1000 habitants, au commencement du siècle, en ont produit 2530 aujourd'hui, et nous moins de 1450 ! Quoi qu'il en soit, on comprend la haute importance de l'étude comparée des populations par groupes d'âges.

Nous venons de résumer ce que nous savons de notre population française.

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depuis le commencement du siècle, comparée (sur les points où cette comparaison nous a paru possible) avec les nations étrangères. Cependant, dans cette étude, nous avons dû nous limiter aux grandes lignes : il faudrait maintenant faire pénétrer l'analyse plus avant. Mais, d'une part, il y a bien peu de temps que nous pouvons compter sur quelque précision dans les détails de l'enquête ; et, d'autre part, la guerre franco-prussienne et les changements qui l'ont suivie nous enlèvent les moyens de suivre les autres traits que présente la population française pendant un assez grand nombre de périodes décennales comparables. C'est pourquoi nous ne pouvons continuer l'étude de ces variations successives. Nous devrons donc, pour les traits les plus délicats, nous borner à dire l'état de la population française dans la période la plus récente possible (en la choisissant normale) ; pour cette époque nous avons choisi la période décennale normale et encore assez récente, de juillet 1856 à juillet 1866, comprenant les trois dénombrements 1866, 1861, 1866, c'est-à-dire les trois derniers dénombrements de la France entière, avant la perte de l'Alsace et de la Lorraine, qu'à beaucoup de titres nous tenions à faire entrer dans notre étude. C'est donc la moyenne des données de ces trois census qui va servir de base à notre analyse de la population française. Cependant si, en général, ces trois census sont comparables en ce qui concerne les divisions les plus naturelles : sexe, âge, état civil, etc., il est d'autres notions où ils le sont bien moins, ou même aucunement. En général, il nous a paru que le dernier dénombrement de l'empire (1866) était le moins médiocre et aussi le moins pauvre en détails analytiques concernant les professions, les infirmités, le degré d'instruction, etc. C'est donc à lui surtout que nous allons emprunter ces notions.

Analyse du premier grand tableau numérique de la population française en général de 1801 à 1876. Conscrits fournis par 1000 naissances mâles. Cependant, avant de quitter ces études d'ensemble de la population française depuis le commencement du siècle, signalons les autres données que nous avons pu résumer dans notre premier grand tableau numérique pour la France entière (p. 416). On voit que nous y donnons, en nombres absolus, la population française pour chaque année successive. Les dénombrements effectifs ne la fournissant que de cinq en cinq ans, et plus rarement avant 1831, nous avons dû l'établir par des interpolations dont on trouvera la méthode et la justilication dans le premier fascicule de la première année (1877) des in)i. de démographie, p. 11. On y verra pourquoi nous n'avons pu adopter les nombres divers et contradictoires qui se rencontrent de temps à autre dans les préfaces et les appendices des rédacteurs anonymes de la Statistique de France. Nos nombres nous ont servi à calculer, en chaque année, les trois grands mouvements fondamentaux des populations : Nuptialité, Natalité, Mortalité, donnés dans les colonnes [3] [4] et [5]. 11 suffit de les parcourir de l'œil pour avoir une idée sommaire de ces mouvements de 1801 à 1876- Dans la colonne [7] nous avons donné, d'abord la population spécifique, ou par K^ : 1° effective du commencement de la période; 2° moyenne de la période décennale écoulée, et ensuite le croît de fait et le croît physiologique de cette période. Dans la colonne suivante les nombres absolus moyens annuels des mariages, des naissances vivantes, des décès. Puis, dans la colonne suivante [9], le nombre des conscrits depuis 1816, c'est-à-dire les jeunes Français (âgés de plus de vingt ans révolus); non compris les fils d'étrangers établis sur notre territoire, dont les nombres,

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relevés seulement depuis la guerre, oscillent entre 1600 et 2500 (j'en trouve 2o05 en 1876- Comptes rendus du recrutement). A ces conscrits il faut ajouter les insoumis (reconnus plus tard) ; ils sont en nombres fort variables, depuis 57 en 1864, jusqu'à 2384 en 1872, soit une moyenne d'environ 425 par année. Si donc, à l'exemple de plusieurs statisticiens, on veut avoir une idée du déchet que les enfants mâles subissent de la naissance à la conscription (soit à vingt ans et demi), il faut d'abord savoir que les fils d'étrangers comptent comme naissances et non comme conscrits. On verra donc qu'il faut ajouter à nos conscrits deux à trois mille jeunes hommes de vingt ans révolus tant pour les insoumis (c'est-à-dire ceux qui ne se sont pas fait inscrire sur les listes des conscrits) que pour les fils d'étrangers. Cependant, dans la colonne [9], nous avons donné les nombres officiels des conscrits dénoncés par les comptes rendus du recrutement, et dans la colonne suivante [10] leur nombre proportionnel par 1000 naissances mâles vivantes qui les ont fournis, c'est-à-dire survenus vingt ans auparavant (et non vingt-et-un ans comme l'ont fait quelques-uns). Mais on saura que pour les insoumis et surtout pour les fils d'étrangers, il faut augmenter ces rapports de la colonne [10] d'environ 6 survivants à vingt ans. En outre, dans la période 1361-70, une moyenne annuelle de près de 7000 (6917) a été fournie par la Savoie et Nice annexées, lesquelles proviennent de naissances survenues vingt ans auparavant et non comptées dans nos relevés de naissances mâles ; c'est pourquoi, pour la période 1861-70, nous avons, dans une colonnette adjacente, donné les conscrits avec, et sans les Savoyards et Niçois nouvellement adjoints. Cela convenu, on voit que nos conscrits ou survivants à vingt ans et demi sur les naissances qui les ont produits, sont au nombre de 638 à 607 pour 1000 naissances vivantes survenues dans la période 1841-50; en moyenne 626, et mieux 632, en ajoutant les jeunes gens fils d'étrangers et les omis ou insoumis. Dans les tables de survie que nous avons publiées * pour la période 1849-50, nous avons trouvé sur des données et par des procédés entièrement différents, environ 640 garçons survivants à vingt ans et demi. On voit que la vérification expérimentale s'éloigne bien peu des résultats de la théorie. Mais nous aurons à revenir sur tous ces sujets, soit au cours de cet article, soit aux articles Population et surtout Survie {construction des tables de survie, etc.).

Population selon les professions. C'est là un sujet difficile et qui serait fort long à traiter, surtout pour la discussion et la critique des groupes professionnels donnés par l'administration, groupes qui sont malheureusement d'une détermination délicate et difficile, et forcément variables avec les points de vue auxquels ils sont faits. Aussi sont-ils plus ou moins modifiés à chaque dénombrement, d'oià il suit que les dénombrements successifs sont imparfaitement comparables. Mais nous pensons qu'une telle discussion ne serait pas à sa place dans ce Dictionnaire des sciences médicales.

Nous n'allons donc donner ici qu'un résumé succinct des grands groupes professionnels, plus particulièrement d'après le dernier dénombrement (1876), nous arrêtant seulement pour quelques détails qui nous paraissent intéresser plus particulièrement les sciences médicales et démographiques, et plutôt empruntés au census de 1866 qui est plus explicite.

Nous nous bornerons à une seule critique, c'est l'absence de toute distinction

1 Journal de Statistique de Paris, mars 1866, et Congrès médical de Bordeaux, 1865.

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d'âges parmi ces groupes professionnels. Cette lacune regrettable diminue smgiilièrement le profit que l'on peut tirer de cette enquête ; il eût été fort désirable que la population lût divisée au moins en six groupes d'âge 015 ans; de \h à 25, de 25 à 45 ans ; de 45 à 55 ans ; de 55 à 65 ans et au delà de 65 ans. Au point de vue économique, comme au point de vue sanitaire, c'est un desideratum de premier ordre. Son importance n'a pas été méconnue par la statistique anglaise, tout à fait supérieure en cette matière. Elle divise les classes professionnelles en groupes d'âges avant 15 ans, de 15-25, 25-35, 35-45, 45-55, 55-65, 65-75, 75-85, 85-«.

Chez nous, les catégories professionnelles sont données en un seul groupe d'âge; or, comme il y a des professions qui renferment beaucoup de jeunes : les acteurs, les forgerons, etc.; d'autres beaucoup de gens âgés : les magistrats, les concierges, etc., par exemple, il en résulte que, lors même que les décès par catégories professionnelles seraient publiés comme le réclament avec raison les hygiénistes, il n'y aurait rien à tirer de ces documents au point de vue sanitaire, car la mortalité générale de chaque catégorie professionnelle serait régie par l'action de deux causes combinées : l'influence de l'âge et celle des conditions sanitaires de la profession. Si, par exemple, on découvrait que la mortalité des magistrats est plus grande que celle des forgerons (ainsi qu'on le trouve en Angleterre lorsqu'on n'analyse pas la mortalité professionnelle âge par âge), ce résultat tiendrait très-vraisemblablement aux âges respectifs des deux groupes professionnels, et non aux conditions sanitaires qui leur sont propres. C'est du moins ce qui est manifeste en Angleterre, au sujet des professions citées, puisque le résultat est inverse pour l'ensemble et pour chaque groupe d'âge étudie isolément.

Cet exemple démontre assez, je pense, combien sont insuffisants les relevés de nos catégories par professions, et nous justifiera de la très-sommaire analyse que nous en donnons.

A ces données, ajoutons que sur 1000 personnes (leur famille comprise) vivant de l'agriculture, il y a 560 propriétaires cultivant eux-mêmes leur terre ; 30 1 fer. miers colons et métayers, et 139 ayant diverses professions agricoles (vignerons, bûcherons, jardiniers, maraîchers, etc.); sur 1000 personnes que nourrit l'industrie, on compte 338 pour la grande [industrie, et 662 pour arts et métiers.

Les professions Jttes libérales peuvent se décomposer ainsi qu'il suit :

iSombres absolus. — Uelatils.

Gendarmerie et police 150.769 85,4

Personnes allachées aux exercices des cultes 229.667 150

Fonctionnaires (employés, magistrats, ingénieurs) 567.541 360,7

Personnes vouées à l'instruction publique et privée, avec leurs

familles et aides 222.641 U5,4

Personnes se rattachant aux fonctions judiciaires, avocats,

buissiers .' 148.905 97,2

Personnes se rattachant aux fonctions médicales, depuis les

docteurs et vétérinaires jusqu'aux herboristes 141.850 92,6

Personnes cultivant les sciences et arts avec leurs familles et

servants 90.052 58,8

Pour l'ensemble des professions dites libérales 1.551.405 1000,0

Les personnes vivant exclusivement de leurs revenus peuvent être divisées en deux catégories :

Les propriétaires, et rentiers de titres divers 1.958.058 909,4

Les pensionnés de l'État 194.850 90,6

FRANCE (démographie).

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