‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V.41Chapitre 48 sur 163 · CENS · texte numérisé non relu

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Ainsi, on constate qu'au début du siècle on comptait dans la population française seulement 950 bommes pour 1000 femmes, et moins encore (945) au premier dénombrement après les guerres impériales, en 1821- Puis on voit cette population mâle se restaurer progressivement, pour arriver à l'égalité en 1861 ; et même, en 1866, elle commence à dépasser la population féminine (1005) ; mais voilà que la guerre 1870-1871 la fait rétrograder à 992. Or, cette lente restauration des mâles pendant la paix est un fait très-général, de même que leur subite rétrogradation après les guerres. On sait que la natalité masculine l'emporte sur la féminine de 5 pour 100 environ; on aurait pu croire que la mortalité plus grande des petits garçons effaçait cette différence, mais la lente restauration des mâles en temps de paix prouve qu'il n'en est pas tout à fait ainsi, et qu'il reste un petit excédant masculin que la première guerre ne tardera pas à niveler et même à changer en un déficit. On peut se faire une idée du croît différentiel des deux sexes par ce qui s'est passé de 1856 à 1866, d'après les trois dénombrements les moins mauvais que nous ayons ; et partant, sur une période

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de calme relatif : de 1856 à 1861 et, en restituant les armées hors du territoire systématiquement omises, on trouve par 1000 liabitants un accroissement annuel de 3,2 hommes, de 2,6 femmes, et de 3 pour les deux sexes pris ensemble ; de 1861 à 1866, un croît de 5,4 pour les hommes, de 3,3 pour les femmes et de 4,4 pour les deux sexes pris ensemble. En moyenne, pendant la période décennale 1856-1866, l'accroissement a été de 4,3 pour les hommes, de 3,3 pour les femmes, et de 3,6 pour les deux sexes pris ensemble ; et cela malgré la guerre d'Italie (1859) contre l'Autriche et l'expédition du Mexique (1863-1866), faisant nécessairement rétrograder le croît différentiel du sexe mâle.

Ce mouvement relatif des deux sexes n'est pas le seul à remarquer. 11 y en a d'autres, peut-être plus spéciaux à la France : c'est la diminution relative du nombre des célibataires partant de 1806 et se continuant presque régulièrement jusqu'à nos jours, diminution qui porte à la fois, et sur les impubères, puisque le nombre des enfants diminue (en 15 ans de 342 à 520, etc.), et plus encore sur les nubiles, puisque le nombre relatif des époux croît continûment de 368 à 404 ! et comme conséquence, croît aussi du nombre des veufs de 46 à 55, et des veuves de 86 à lOO et plus, mais ce croît est un des fruits de la guerre.

Quoi qu'il en soit, voici des mouvements intestins que l'on peut juger comme caractérisant notre nation. Ils ne semblent porter que sur quelques unités; mais il ne faut pas oublier que, ne considérant que 1000 de chaque sexe, une différence d'une unité en dénonce une de 16 000 à 18 000; en outre, la continuité remarquable de ces mouvements, se révélant malgré l'imperfection de nos dénombrements, prouve qu'ils sont le résultat de causes constantes, inhérentes à notre nation.

Croît comparé des divers groupes d'âges en France. Cependant, depuis 1851, ayant le détail des âges, nous pouvons chercher à apprécier les mouvements de chaque grand groupe d'âge en séparant les âges producteurs, 15 à 60 ans, des impubères, 0 à 15, et des vieillards, ou improducteurs ou même consommateurs, surtout les enfants : car les vieillards, outre qu'ils peuvent encore produire quelque chose, peuvent être regardés comme consommant leur épargne (et seulement une partie de cette épargne). Voici le tableau résumant ce travail :

POPCLATION FRANÇAISE PAR GRANDS GROCPES d'aGES ; PAR 1000 PERSONNES ON COMPTAIT EN :

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