COMBIEN
En 1847 il y avait en France : 51 praticiens (dont près de 50 docteurs et 21 officiers de santé). En 1866 — 48 — 52 — 16 —
En 1876 40 — 30 — 10 —
Ainsi, le Morbihan est toujours au premier rang, parce qu'il est en même temps le département qui a le moins de praticiens en général et aussi le moins de docteurs en médecine. Dans ce département, comme dans plusieurs départements bretons, les vrais praticiens occupés, ce sont les religieux, et séculiers et réguliers, qui, combinant les onguents aux patenôtres, répondent mieux à l'état DICT. ENC. 4° s. V. 28
454 FRANCE (démographie). .
mental de ces ignorantes populations et font une concurrence victorieuse aux diplômés : si bien qu'on ne rencontre qu'wn docteur et 0,36 officiers de santé par 10 000 habitants. On voit que les Hautes-Alpes, le Cher, les Côtes-du-Nord n'ont guère plus de 2 médecins par i 0 000 habitants ; mais dans le Cher, il y a relativement plus de docteurs (aussi sous ce rapport occupe-t-il le 15« rang) et peu d'officiers de santé: à peine un et demi (1,44) par 100 000 habitants (20,24—18,8=1,44). Au contraire, le Gers est de tous nos départements celui qui compte le plus de praticiens, près de 9 (8,8) par 10 000 habitants, soit I praticien pour I 1 50 personnes ; à la vérité, près de la moitié (87,8 — 41 ,5 ou 46,5 pour 100) sont des officiers de santé. Sous ce rapport, le Gers et la Corse sont fort remarquables ; tous deux ont un très-grand nombre de praticiens ; mais, en ces contrées, on préfère manifestement la quantité à la qualité, car la moitié ou même les deux tiers des praticiens sont officiers de santé.
En outre, les trois dernières lignes de ce tableau montrent la diminution progressive du nombre des praticiens qui, en 30 ans, s'élève à plus de 20 pour 100, et porte presque exclusivement sur les officiers de santé*. Voilà le mouvement général et moyen pour la France entière, mais sans doute il n'a pas été identique en chaque département ; il n'est pas sans intérêt de savoir les différences les plus caractérisées.
Les départements qui, d'après le document officiel, ont présenté cette diminution au maximum sont : l'Aube, où la population médicale aurait baissé de
100 à 54 ! ! les Pyrénées-Orientales à 60 ; la Seine à 6 1 ; la Vienne, l'Yonne, le Calvados à 70, etc., en dix ans! Mais, je le répète, malgré le caractère officiel de ces données, leurs résultats violents, heurtés, me paraissent peu vraisemblables, et sonl souvent contredits par les Annuaires (publications privées, il est vrai).
Les départements où cette population médicale a augmenté sont : Loiret,
101 (donc accroissement de 1 pour 100); Lot-et-Garonne, 102; Savoie, 102,5; Alpes-Maritimes, avec Marne, 103; Ain, 104; Cantal, 105; Finistère, 106; Allier, 107 ; Puy-de-Dôme, 112.
Cependant, le Cantal est le seul qui ait vu croître la proportion de ses officiers de santé dans le rapport de 100 : 1 14 !
Partout ailleurs, ces praticiens sont en décroissance : de 100, ils sont réduits à 30 dans la Haute-Loire, la Charente-Inférieure et l'Aube ; à 33 dans le Lot et la Lozère; à 35-40 dans la Loire, la Seine, l'Yonne; ils sont réduits à 45-50 pour 100 dans le Gard, les Alpes -Maritimes, Saône-et-Loire, la Dordogne, la Vienne ; à 50-55 dans les Pyrénées-Orientales, le Cher, les Bouches-du-Uhône, le Calvados, l'Aude, l'Ariége ; à 55-60 dans le Lot-et-Garonne, Seine-et-Marne, l'Aveyron, la Charente, l'Hérault, la Côte-d'Or, Seine-et-Oise, Mayenne, la Haute- Vienne, Tarn-et-Garonne, etc. En France, de 100 ils sont réduits à 68.
Les départements où leur diminution a été la moins prononcée sont : le Nord et le Morbihan où 100, en 1866, sont devenus 75 en 1876 ; la Corse, 76; Indre et Deux-Sèvres, 77 ; Maine-et-Loire, 80 ; Corrèze et Somme, 82 ; Orne avec Eure- "■t-Loir, 84; Sarthe, 88; Puy-de-Dôme, 89 ; Marne, 94; Loire-Inférieure, 93; et .atin le Cantal, où nous avons dit qu'ils se sont accrus de 100 à 1 14. Quant
* On remarquera qu'ici c'est une diminution relative pour 100 000 habitants, mais la diminution se manileste même sur les chiffres absolus , au moins pour les praticiens et surtout les officiers : en 1847 on a relevé 18 099 praticiens (dont 10 643 docteurs) ; en (866, 17 192 (dont 11 525 docteurs) ; en 1876, 14 729 (15 032 avec Alsace-Lorraine), dont 10 972 docteurs.
FRANCE (démographie). 435
aux docteurs en médecine, ils ont diminué dans 43 départements. Ceux qui en ont le plus perdu sont: la Seine, où il n'en reste que 66 sur 100 en 1866; Seine-Inférieure, 72; le Cher, 75; la Vienne et les Pyrénées-Orientales, 75; la Lozère et l'Aube, 78 ; la Corrèze, 80 ; la Haute- Vienne et le Calvados, 81 , etc.
Au contraire, la proportion des docteurs s'est accrue dans 40 à 42 départements. En nombre presque stationnaire dans l'Orne, la Sarthe, la Mayenne, ils ont augmenté de I à 10 pour 100 dans 26 autres, et plus encore dans les Landes, la Marne, les Hautes-Pyrénées, où leur croît a été comme 100 : 113; en Finistère, Allier et Haute-Garonne, où de 100 ils sont devenus 1 15 ; dans l'Ain, 117; le Puy-de-Dôme avec Lot-et-Garonne, 120; Loiret, 121; Alpes- Maritimes, 123; Corse, 163, où ils vont remplaçant peu à peu les officiers de santé qui y sont si nombreux.
Cette étude, que j'ai dû rendre très-succincte, se prêterait à de nombreuses et importantes remarques, si les documents étaient plus certains. Je n'en énoncerai que quelques-unes :
On constatera d'abord combien est différente la distribution du personnel médical ; il y a des départements, comme le Gers, où il y a un médecin par 1 150 personnes, et d'autres, comme le Morbihan, la Haute-Loire, où il n'y en a qu'wn par 7500 à 7000 personnes, ou encore pour 5009 comme le Cher !
La plupart des départements méridionaux sont singulièrement riches en médecins, tels le Gers, la Corse, tout le bassin de la Garonne et de la Gironde, la partie inférieure et maritime du bassin du Rhône : les Bouches-du-Rhône, le Var, Vaucluse, Basses-Alpes; mais pour beaucoup ce sont surtout les ofticiers de santé qui contribuent à ces excédants. C'est ce qui est surtout remarquable en Corse, dans les Landes, le Gers, les Pyrénées, surtout les Hautes-Pyrénées.
Reprenons Vanahjse générale des professions. Les autres branches des professions appliquées aux soins de la santé se composent :
De 5077 vétérinaires, 1372 (dont 113 femmes) dentistes non-médecins, de 15 027 sages-femmes, de 7256 pharmaciens et herboristes (dont 629 femmes); 168 directeurs et employés d'établissements d'eaux minérales, 522 (dont 159 femmes) directeurs et employés (non-médecins) des maisons de santé, plus 858 autres employés (non-médecins) à titres divers.
Ce personnel de santé groupe autour de lui et nourrit à titres divers (famille : femmes et enfants, aides, serviteurs), un personnel (y compris les 43 188 titulaires) de 139 798 personnes, soit un peu moins de 37 personnes par 10 000 habitants.
De même, en 1866, le monde judiciaire, comprenant 59 215 titulaires exerçant directement la profession : de magistrats, 9172; d'avocat set agréés 6476; d'officiers ministériels (notaires, avoués, huissiers) 19 025; plus agents d'affaires et autres (749) 4544, dont 16 femmes. Ce groupe professionnel emploie et nourrit 177 528 personnes, dont 86 076 du sexe féminin (épouses, filles, et servantes au nombre de 27 551).
La profession de V enseignement emploie 1° dans les établissements publics : 59 474 chefs de service (dont 16 955 femmes) entretenus aux frais de l'État, qui avec leur personnel d'aides, d'employés, de 5924 ; d'ouvriers, 2022 ; de serviteurs, 7705 ; et font ensemble un groupe de 150 514 dont 74 127 femmes, comprenant 5196 servantes; 2° les établissements privés comptent 15 706 chefs de service, dont 8570 femmes, et occupent à titre d'employés, 6264
d'ouvriers, 1245; de serviteurs, 6730, dont 4755 servantes, et ensemble la profession fait vivre 42 375 personnes par une coopération directe ou indirecte, soit 1,11 par 10 000 personnes.
Clergé. Je relèverai encore le personnel du clergé à cette époque : 1° pour le clergé catholique :
a. Le clergé Hit séculier (archevêques, cvêques, chanoines, curés desservants, chapelains, aumôniers de la marine ou de l'armée)
Plus leur famille (dont 14 1 16 femmes)
Occupant un personnel (dont 550 femmes)
Et indux'ctemsnt les familles dt; ceux-ci (ilont 775 femmes). . Servis par un personnel domestiijue (dont 27 835 femmes) . .