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Fig. 26.
Peut-être quelques-uns de ces jeunes gens de taille élevée descendent-ils des Yolces, dont l'origine germanique ne semble pîis entièrement invraisemblable, lorsque d'une part on sait par saint Jérôme que les Galates d'Asie Mineure pcarlaient la même langue que les Trévires, anciens habitants de Trêves, ville de la Prusse rhénane, et que d'autre part on sait qu'au nombre de ces Galates se trouvaient des Tectosages, fraction des Yolces Tectosages des environs de Toulouse, émigrés des Gaules successivement en Germanie, jusqu'en Asie Mineure. Peut-être aussi quehjues-uns de ces grands jeunes gens du département de l'Hérault descendent-ils des Wisigoths qui, après la bataille de Youillé, se retirèrent sur le littoral méditerranéen compris entre le Rhône et les Pyrénées dans une ré^xow aloi^s cippelée Se|)timanie, et plus tard Gothie; car on sait par Jornandès et Procope que les Goths étaient de grande taille (S. Hie-
FRANCE (anthropologie]
ronym., t. IV, l^pai's, p. 255, Coramentarium in epist. ad Galatas, 1. 1, cap. m, éd. en 5 vol. in-fol. Paris, 1706. — Jornandès, DeGetar., cap. m, p. 427, coll. Nisard. — Procope. De Bello Vandalico, § 2, t. I, p. 512).
TABLEAD DES RECRUES AYANT AU MOINS LA TAILLE DE 1°,732 (TAILLE DE CUIRASSIER), SUR UN CONTINGENT DE 10 000 HOMMES, DE 1836 A 1840.
(Boudin,
Doui)s 1560
Somme 1534
Nord 1344
Jura 12S9
Meurthe 12i7
Bas -Rhin 1-2-27
Ain 1183
Oise 1128
Aube' 1)27
Haute-Marne 1112
Pas-de-Calais 1108
Aisne 1099
Manche 1089
Loiret 1067
Haut-RIiin 1048
Seine-et-Marne . . . 1048
Meuse 1042
Marne 1025
Rhône lOli
Moselle 1006
Haute-Saône 9;i8
Seine-et-Oise 983
isére 974
Yonne 958
Côte-d'Or 952
Charente-Inférieure. . 947
Ardennes 893
Seine-Inférieure ... 881
Calvados 858
Méin. de ta Soc. d'anlhr., t. 11, p. 250.)
Hérault
Deux-Sèvres ....
Saône-et-Loire. . .
Eure
Seine
toire
Vosges
Eure-et-Loir. . . .
Orne
Aveyron
Loir-et-Cher. . . .
Ardèclie
Var
Gard
Corse
Loire-Inférieure . .
Maine-et-Loirs. . .
Ciier
Aude
Gironde
Hautes-Pyiénées . .
Pyrénées-Orientales.
Gers
Indre-et-Loire . . .
Vaucluse
ladre
Vienne ......
Sarihe
Ariée-e
Nièvre 543
Tarn-et-Gaionne . .
Tarn
Basï es-Pyrénées . .
Mayenne
Drôme
Cantal
Haute-Garonne. .■ ,
Vendée
Lozère
Lot-et-Garonne . , Bouches-du-Rhône .
Lot
Basses-Alpes. . . , Haute-Loire . . . ,
Creuse
Côles-du-Nord . .
Morbihan . . . . ,
Corrèze
Puy-de-Dôme. . .
Charente
Dordogne ....
Allier. .....
Hautes-Alpes . .
Ille-et-Vilaine . .
Finistère
Landes
Haute-Vienne . .
M. Bertillon a fait remarquer qu'en général les jeunes gens de différentes tailles se trouvent répartis suivant une série régulière de groupes croissants, c'est-à-dire comprenant des individus de plus en plus nombreux depuis la taille la plus inférieure jusqu'à la taille moyenne, qui correspond au groupe maximum, puis de groupes décroissants, c'esl-à-dire comprenant les individus de moins en moins nombreux depuis cette taille moyenne jusqu'à la taille la plus élevée. Cette régularité sériale semblerait indiquer une population bomogène formée d'une seule race ou de plusieurs races intimement mêlées. Ce statisticien a également fait remarquer que quelquefois la série présentant deux groupes maxima paraît témoigner de la persistance de deux éléments ethniques encore distincts, de statures différentes. La série des tailles des jeunes gens du déparlement du Doubs de 1851 à 1860 présentait ainsi deux maxima, l'un à l'",625, l'autre à 1"%752. Ainsi que je l'ai rappelé, ces deux maxima paraissent tenir à la coexistence d'une part de descendants des Séquanes, vraisemblablement de race celtique, de taille peu élevée, habitant cette région à l'époque de la conquête romaine, d'autre part à des descendants de Burgundions à la taille gigantesque, vraisemblablement de race germanique, immigrés dans la partie orientale de notre pays au commencement du cinquième siècle. Malgré la coexistence de ces deux peuples depuis quatorze siècles, leur mélange est loin d'être complet (Bertillon, Lagneau, Bull. Soc. d'anthr.,t. IV, p. 257 à 240, et 546, 1865).
FRANCE (anthropologie). 41
La remarque statistique, qui a révélé à M. Bertillon la dualité ethnique de la population du département du Doubs, peut être faite également pour celles d'autres départements. Dans le tableau suivant, extrait d'un tableau beaucoup plus considérable donné par Boudin (Étud. ethn. sur la taille et le poids de l'homme, /.c, p. 20, etc.), sans indiquer les nombres sériaires de la plupart des départements appartenant à des provinces à population plus ou moins homogènes comme la Bretagne, comme le centre de la France, habités principalement par des descendants de Celtes, et présentant des séries de tailles régulièrement croissantes et décroissantes, n'offrant qu'un groupe moyen maximum, je me suis borné à indiquer les nombres relatifs, d'abord à l'ensemble de la France présentant ainsi un seul groupe moyen maximum, puis à quelques départements de l'ancienne Bourgogne, de la Normandie et du Nord, occupés par des populations composées au moins de deux races différentes, présentant deux maxima dans la série des tailles de leurs jeunes gens. Dans ces deinières régions, à la race celtique, anciennement existante, sont venus se mêler des immigrés burgundions, normands, belges et francks de race germanique.
TABLEAU DU NOMBRE DES JEUNES GENS DE CHAQUE TAaLE SUR UN CONTINGENT DE 10 000 HOMMES
(Classes de 1856 à 18i0 inclusivement.)
CM
en S
-ca
-eo