POUK CHAQ'.'E CATEGORIE DE CRIME CONTRE LES
personnes.
propriétés.
On remarquera, eu ce qui concerne le se.ve féminin, que (les gens sans aveu otés) ce sont les femmes des professions non ouvrières, qui ont le plus d'accusées, puis celles des manufaclui^es de tissus, tandis que celles des autres industries manufacturières, dont la criminalité masculine l'emporte, sont remarquables par leur faible contingent aux poursuites. D'ailleurs, cette opposition «ntre la criminalité relative des deux sexes dans les groupes professionnels se rencontre souvent! En général, ce sont les classes qui, par leur condition sociale, ont le plus à redouter les suites des grossesses hors mariage, qui sont amenées à pratiquer plus l'avortement et l'infanticide et qui, oar là, «n-ossisseiit le plus la criminalité féminine.
U en résulte que si l'on veut diminuer le contingent de crimes des femmes les lois et les moeurs doivent s'efforcer d'alléger pour elles le poids écrasant de la maternité hors mariag.e ou au moins et selon toute équité, de le faire partager entre les deux auteurs, et proportionnellement à leur force respective; car c'est ce poids, hors de toute proportion avec la faute et avec la force de la femme, qui fait que si souvent (bien plus souvent que ne le disent les annales judiciaires {Voij. art. Mortalité, p. 755 et suiv., et art. Mort-kés).
L'analyse par nature de crime nous entraînerait trop loin. D'ailleurs, chaque catégorie professionnelle est nécessairement amenée plus souvent aux crimes que sa position met à sa portée. C'est ainsi que les serviteurs commettent le plus d'abus de confiance et de vols domestiques, que les fonctionnaires se rendent surtout coupables de concussions, les commerçants de faux, les classes ouvrières d'arts et métiers, de violence. Cependant M. Bertrand remarque avec raison, et non sans surprise, que si les classes agricoles doivent à leur profession, à leur travail isolé, une moindre aptitude à être accusées ou criminelles, pourtant lorsqu'on analyse la nature et les causes de leurs crimes, on est frappé de voir combien d'entre eux sont dictés par des motifs particulièrement odieux : par la cupidité d'abord, les dissensions et brutalités domestiques, la vengeance, etc. Ainsi, c'est la cupidité qui les met au premier rang pour les parricides la cupidité ou la vengeance qui les place encore au second rang (et très-pr^ du
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premier) pour les assassinats, les incendies, etc., etc. Ce sont là des passions sauvages qui, sans aucun doute, seront amendées par les progrès de l'instruction et de l'éducation publique, digne objet de la sollicitude de notre jeune République !
Il nous reste quelques autres détails, moins importants peut-être, mais encore utiles à relater.
Accroissement comparé de la population urbaine (en France toute agglpmération est dite urbaine, ou ville, lorsqu'elle comprend un total de plus de 2000 habitants), et de la population rurale. En 1851, par 1000 habitants, on comptait 2 55 citadins et 745 ruraux; ces 255 citadins se sont élevés, par un croit continu, à 305, tandis que les ruraux se sont relalivement abaissés à 695; encore y a-t-il lieu d'observer, d'une part, que l'annexion des Savoies et de Nice a diminué la proportion des citadins, et, de l'autre, que, par le croît naturel de la population, un certain nombre de bourgs qui, n'ayant pas tout à fait 2000 habitants en 1851, étaient classés parmi les ruraux, mais qui, ayant dépassé ce chiffre en 1866, ont dû être compris parmi les citadins. 11 y a même quelques départements où la population urbaine a diminué tandis qu'elle s'est accrue dans les campagnes : dans les Deux-Sèvres, elle s'est accrue de 16 par 1000 ruraux dans les campagnes, et a décru de 6 par 1000 citadins dans les villes ; dans l'Aveyronelle a gagné dans les campagnes près de 20, et a perdu 31 dans les villes; dans les Hautes-Pyrénées le gain a été de 13 dans les campagnes et la perte de 63 dans les villes; et dans les Vosges, le croît a été de 28 dans les campagnes et la perte de 83 dans les villes.
Nationalité et lieu de naissance. Sur 1000 habitants recensés, on a compté en 1861 : 986,7 citoyens français, et 13,3 étrangers, et en 1866, 983,3 français et 16,7 étrangers.
Sur 1000 de ces étrangers, on comptait : 434 belges, 1 66 allemands, 157 italiens, 67 suisses, 51 espagnols, 47 anglais et 76 divers.
Mais ces étrangers sont très-inégalement départis : Ainsi 65 pour 100 des Belges sur territoire français sont dans le département du Nord ; 12 pour 100 dans celui de la Seine; 7 à 8 dans les Ardennes, etc. De même, plus du tiers des Italiens habitant la France sont dans les Bouches-du-Rhône ; le sixième dans le Var, etc. Ainsi la proportion des étrangers qui habitent nos divers départements est fort variable. Le Nord en a 133 par 1000; les Bouches-du-Rhône, 77; les Ardennes, 73 ; la Moselle, 57 ; la Seine et le Var, 55.
En outre, la population des départements peut, sous le rapport de son origine, se diviser en plusieurs catégories : ceux qui sont nés dans le département qu'ils habitent lors du census, ceux nés dans un autre département, et enfin ceux nés au dehors du territoire français. Voici par ordre croissant du nombre des natifs de chaque département, les vingt départements extrêmes.
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